lundi 28 octobre 2013 - par alinea

Les solitudes

Cette vie-là, je n'en veux pas, cette vie-ci, je n'en veux plus.

Non, je ne veux pas fermer ma porte à double tour sur une serrure trois pointes chaque fois que je sors promener les chiennes ; non je ne veux pas mettre des barreaux à mes fenêtres ni installer une alarme ; non je ne veux pas haïr les gitans parce que trois d'entre eux m'ont volé et brûlé ma voiture ; non je ne veux pas nourrir une vengeance aussi éternelle qu'impossible pour ce connard de pauvre type qui m'a envoyé une lettre anonyme me traitant de pute et d'écolo parce que je me présentais aux élections et qui m'a, pour prouver sa supériorité sur moi, volé une autre bagnole qu'il a brûlée avec ses potes à la fête du village voisin ( sans preuves, hélas) ; non je ne veux pas mourir de chagrin à cause d'un riche entrepreneur qui a piégé mes veaux et mes vachettes pour les déguster entre amis et qui, devant les gendarmes s'est permis d'imboire son auditoire au point que le dossier s'est endormi entre la poubelle et les archives ! Ni celui, le monstre qui a empoisonné trente mères et dix jeunes taureaux pour en récupérer les massacres ; non je ne veux pas faire le guet jour et nuit pour voir qui me larcine ni imaginer qu'on va me voler mes chevaux ; non je veux plus ne pas pouvoir me plaindre des centaines d'heures passées à réparer mes clôtures, chevaux ou taureaux dehors, épuisée de fatigue et de colère ; non, je ne veux pas finir paranoïaque, haineuse, croupissante dans un asile psychiatrique ; non je ne veux plus qu'on me harcèle, qu'on me diffame, qu'on m'agresse parce que je ne reviens pas  ; non, je ne veux plus aimer sans retour, servir sans merci, aider sans contre-partie, rendre service comme un dû ; je ne veux plus attendre l'effet d'une parole donnée avec autant de légèreté qu'on baille, et qu'on me mente et qu'on me moque ; non je ne veux plus dépenser des milliers d'euros pour me défendre en justice quand personne ne m'écoute, que personne ne m'entend et que tout le monde s'en fout. Non, je ne veux plus qu'on tue la chienne de ma vie, que mes amis me boudent de tant de chagrin incompris, qu'on ne pardonne pas le moindre recul dans mon grand froid, qu'on ne m'accepte que généreuse, gaie, aidante et pleine d'écoute et que sitôt que je vais mal on dise que je suis une emmerdeuse. Non je ne veux plus pleurer chaque matin de chagrin, de tristesse, de colère d'impuissance. Non je ne veux plus que les petits cœurs handicapés me piétinent parce qu'il est facile de me piétiner mais je ne veux plus non plus dire bonjour au chasseur, pauvre con, qui n'a joie qu'à tuer le faisan qu'il a lâché hier, ni à son frère qui a tiré aux oreilles de mes chevaux, les paniquant, laissant la porte ouverte et la clôture baissée, non je ne veux plus rester en silence quand on saccage mon travail, qu'on le traite avec mépris ; je ne veux plus être éloignée des miens à cause d'une conne jalouse ; non je ne veux plus être celle qui assume ce que les autres ne veulent pas assumer tandis qu'ils en récoltent les fruits ; je ne veux plus prêter ce que l'on ne me rend jamais ; je ne veux plus être vue par des yeux conformistes étriqués et mesquins ; je ne veux plus qu'on me fréquente juste pour que je plonge gratis dans les problèmes de la psyché de l'autre et lui donner à puiser dans mon grand sac de compassion et de compréhension. Non je ne veux plus laver les salades, balayer, ranger les chaises, préparer le feu, faire cuire les grillades quand j'ai l'honneur d'être invitée à une fête. Non, je ne veux plus être la conne de service, celle sur qui on peut compter, l'amie de toujours qui fait les déplacements à la gare, à l'aéroport, toujours disponible parce qu'elle n'a rien d'autre à faire que se faire bouffer. Non, je ne veux plus bosser sans être payée, je ne veux plus pardonner, comprendre, compatir, excuser. Je ne veux plus être l'éponge, déclencheur de ruptures sans intention, responsabilisée quand l'abcès perce et que le pue en sort, douloureux mais soulageant, rejetée après comme une cause bien commode.

Je ne veux plus que la roue du temps tourne à l'envers, étouffe les idéaux ébauchés de nos années de jeunesse éblouie et replie sur lui-même le destin farouche des humains innovants tandis qu'elle favorise le conformisme de ceux qui attendent d'en haut, d'ailleurs, le réconfort de leur condition.

Mais, je ne peux pas m'adapter, m'adoucir, m'indifférencier ; je ne peux guère soudain me retrouver normale, acceptée, reconnue comme semblable.

C'est fini.Je suis mûre pour la solitude.

J'ai toujours su que la solitude était une maladie ; celle du canard chez les cygnes plutôt ; j'en avais peur comme une prémonition, les chansons qu'elle me chantait n'était pas douces mais profondes et claires, y succomber fut un parcours héroïque ; c'est du moins ce que je me plaisais à croire.

Il est sûr que ceux qui sans cesse sont en butte aux agressivités de tous acabits se solitudifient progressivement, et deviennent aux yeux des leurs, des parias.

La solitude est une carence d'action, un empêchement et se résume en une routine comme on hiberne pour survivre. De là découlent des méfiances qui enferment finalement. C'est la meilleure manière que l'on a trouvé pour se protéger mais les protections s'usent, s'effilochent et laissent à nu.

Alors on pleure puis on ne pleure plus.

À voir les autres parfois, dans leurs déchirements, le regret d'une chaleur d'un soutient s'estompe devant le réalisme qui ne souffre aucune embellie factice. Approcher le réel et ne pas se mentir, oui c'est être à nu et ce n'est guère valide.

La vieille aigre qui ne se laisse plus attendrir, en a vécu, forcément. Ce n'est pas une excuse, ni celui qui rumine ses remords et regrets mais qui n'attend pas de pardon. Il est rare le solitaire entouré de respect, plein d'expériences initiatrices. L'entourloupe d'un personnage drapé de vêtements chauds et confortables dans son château qui tombe et qui tient haut le drapeau de la conquête de soi.

Non, la solitude est humble et n'est pas exemplaire ; on la boude, on la nie, on la rejette, on n'y jette même pas un œil, par curiosité. Elle fait peur. Oui, elle fait peur parce qu'elle est une conclusion.

La solitude a toutes les causes inhérentes au solitaire, ce qui est flagrant mais paradoxal, c'est que les égoïstes ne sont que rarement seuls ! Eux, savent utiliser les autres pour leur bonheur, et la plupart des gens aiment suivre les chefs, se soumettre aux exploiteurs, penser comme tout le monde, vivre dans la norme, suivre les autoroutes dont le tracé large et facile leur assure un confort qui convient fort bien à leur paresse intellectuelle. La solitude n'atteint pas la norme ! Et il y a tous les modèles ; de la folie la plus consommée à l'orgueil le plus abouti, tout un nuancier de couleurs pas toujours en pastel.

Le solitaire n'est pas sympathique et on l'a vu, il inquiète ; qu'elle soit femme, rivale potentielle, ou qu'il soit homme, comment se fait-il qu'il n'ait pas de femme celui-là ?, on ne lui court pas après ; quelquefois pour demander un service, le solitaire n'ayant pas d'âmes à charge, il est libre et donc a du temps à perdre. Pourtant des âmes à sa charge, il en a souvent, certaines miaulent d'autres aboient ou hennissent ou bêlent : les éleveurs sont souvent des solitaires qui n'ont pas retenu un compagnon ou une compagne dans ce mode de vie trop dur par les temps actuels.

Les moches, les abandonnés se consolent au contact de la douceur généreuse et pleine de gratitude de leurs amies les bêtes.

Les solitaires sont maladroits et ils ne savent pas recevoir ; les donneurs de leçons sont jetés, à juste titre, sans ménagement, mais les pourvoyeurs de douceurs, un film, un livre, un bouquet de fleurs, en restent pour leur frais devant le visage muet, les yeux fuyants, les lèvres plus que closes. Car il ne sait pas demander non plus.

Sinon, chacun la vit à sa façon ; il y a les pervers qui nuisent aux autres, les maniaques qui passent leur temps à mettre de l'ordre, ceux qui se laissent aller et, n'ayant pas grand chose à perdre, vivent sans contraintes imposées : sales dans une maison où tout va à vau l'eau ! C'est le repli devant chaque complication de la vie ! Il y a les ombres invisibles dans les rues de la ville et les ombres de la campagne qui bossent comme des folles sur leur lopin de terre. On ne sait rien de leurs exutoires. On s'en étonne quand on les retrouve mortes.

Il faut dire que la solitude fait perdre les repères puisqu'il n'y a personne pour mettre le holà aux débordements de l'imaginaire ; le solitaire peut s'égarer dans les labyrinthes dessinés par ses démons, il peut se noyer dans les abysses de son inconscient protégé du monde des vivants, il peut suivre avec entêtement un sentier si peu battu par les semelles des gens ordinaires qu'il finit en impasse.

Le solitaire, ce peut être Jean-Claude Roman dans son mensonge, un mauvais Neptune probablement qui le mène en prison où il l'a perdue, semble-t-il, sa solitude.

C'est un mal intérieur qui ronge, une rupture, un manque d'amour, une place non laissée dans la famille, un drame, une erreur d'aiguillage...

J'en connais beaucoup et je n'ai guère envie de rompre le cordon sanitaire qu'ils ont mis autour de leur bêtise, de leur névrose, de leur folie ou de leur déglingue : le solitaire est rarement une oasis comme une récompense après la traversée du désert.

Quelle pitié vous atteint dans la chaleur de votre foyer ? Qu'avez vous à recevoir d'un être exclu ? Qu'avez-vous à donner ?

Un bel égoïsme qui a besoin que tout aille bien pour continuer son train-train sans mauvaise conscience, sans ce sentiment diffus de laisser filer le monde, hors de portée de l'action nécessaire à la mise en route de sa révolution.

Car la souffrance n'est pas belle, elle n'est pas avenante, elle grimace et personne n'a le pouvoir de la changer en joie. L'élan du cœur ne suffit pas ni la religion non plus. L'écoute, la vraie, sincère et simple, est un accident qui survient rarement, surtout aujourd'hui où le monde est bouclé sur lui-même, sur ses lois excluantes, sur ses normes énormes. Il y a de plus en plus de solitudes parce que la société se ferme, enferme et renferme le ferment de la haine. Il y a « eux » et « nous ». Il n'est pas si vieux le temps où pouvaient vaquer les hurluberlus, les marginaux, les originaux, les idiots du village, les handicapés, les orphelins ; aujourd'hui ne vaquent que les voleurs de pauvres, les délinquants, les salauds, qui eux, ne sont jamais seuls.

La solitude est une arme qui n'a qu'un tranchant, celui-ci ne peut se retourner que contre celui qui la tient. Les hommes sont comme les chiens, les conneries ils les font au moins à deux car ce n'est pas le courage qui les étouffe ; l'esseulé est haï parce qu'il vous fout la paix, vit sans vie et s'arrange de ses manques. Mais ils sont nombreux à se retrouver seuls quand la fatalité les plombe et que nulle part, personne n'est dépêché à leur aide, alors, ils sont nombreux à sombrer dans cette dépression qui n'a rien d'atmosphérique parce qu'ils n'ont pas la force d'accepter leur sort ; les fuites alors sont variées parce qu'ils sont tous veules et que toutes les compromissions sont bonnes pour ne pas la rencontrer, la solitude.



34 réactions


  • jack mandon jack mandon 28 octobre 2013 08:11

    Alinea,

    Dans quel pays vis tu ? A quelle époque de l’histoire ?
    Ou bien, ton art littéraire ferait-il l’apologie de la solitude
    à mille mille de toute terre habitée ?
    Jean-Jacques s’interrogeait comme toi dans les rêveries.

    Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit d’un accord unanime."

    Au fond la solitude est le lot de l’humaine condition.

    Elle est créatrice de rêve et d’espace, c’est un moment de respiration.

    et c’est l’occasion pour toi d’être inspirée et d’inviter à la méditation.

    Merci petite soeur


    • Fergus Fergus 28 octobre 2013 14:21

      Bonjour, Jack

      Il n’est de pire solitude que celle de l’individu dans la foule indifférente. L’ermite du causse peut toujours caresser l’espoir de rompre cette solitude en descendant dans la vallée. Celui qui, chaque jour, est confronté au mur de l’égoïsme de ses semblables, a perdu cet espoir.


    • alinea Alinea 28 octobre 2013 17:59

      Bonjour Jack,
      Ici et maintenant ;
      il faut peut-être, de temps en temps seulement, arrêter de chanter les peines ; les esclaves chantent au labeur, un chant nécessaire à leur rythme et à leur respiration : laissons-leur sans se l’approprier.
      « Au fond la solitude est le lot de l’humaine condition. » : es-tu sûr, ? N’est-ce pas un joli conte, comme la folie ! Il y a beaucoup trop de nantis qui causent !! smiley


  • appoline appoline 28 octobre 2013 11:00

    Vous avez essayé les benzodiazépines ? Non ? Faudrait


    • alinea Alinea 28 octobre 2013 18:33

      Vous avez tout compris appoline : vous êtes tellement normale !!


    • hunter hunter 28 octobre 2013 19:43

      Appoline, de la chimie made in Big Pharma, mais enfin, vous n’y pensez pas !

      Non, envisager plutôt quelques volutes de thc, accompagnées de quelques molécules d’une bonne gnole clandestine, comme on en trouve encore !

      Privilégiez les produits traditionnels, les benzodiazépines, c’est que d’la saloperie chimique !

      Adishatz

      H /


    • appoline appoline 29 octobre 2013 11:25

      Moi je disais ça, c’était pour la soulager


  • alinea Alinea 28 octobre 2013 11:15

    Vous semblez sensible au style ! smiley
    Il arrive qu’on écrive sur une « veine » !! ah ah !!


    • alinea Alinea 28 octobre 2013 18:03

      Il ne fallait pas salir la paille ! Quel gâchis !!
      Merci Morvandiau ; j’ai bien aimé votre hommage à l’humilité.
      Les périodes d’anniversaire remuent ; il faut se distraire !


  • volt volt 28 octobre 2013 15:43

    mais peut-être Alinéa qu’il n’est rien de plus « réel » que la persécution, ce roc -

    l’ennui c’est qu’alors tout le freudisme s’écroule, avec ce genre de rêverie, réaliste.
    et puis, loin d’être une conclusion triste, la solitude est aussi un début,
    un constat, 
    fut-elle urbaine ou d’ermite, une lucidité ;
    les illusions prodiguées et reçues cèdent alors la place à d’autres soleils.

    nous serions à la fois un et plusieurs, horreur ..
    un en surface, et plusieurs au fond,
    et en négatif, un au fond et chacun en surface ;
    bref, si l’inconscient collectif semble foutaises d’alchimiste,
    il demeure expérimentalement vérifiable,
    et plus on y descend plus on monte, 
    seulement plus on monte, plus c’est fliqué de près,
    car les pouvoirs alors sont très efficients, 
    et l’espèce se défend du plus brillant par le plus fruste,
    c’est même toute l’histoire de la littérature.

    pourquoi, n’était-ce tous ces meurtriers accomplis, en puissance,
    le dieu juif irait-il insister sur « pas tuer », si ce n’était là, et tout le temps ?
    y’a-t-il une goutte de sang humain ou animal qui coule
    autrement que de main d’homme, et de femme ?
    le tout est donc de savoir dealer avec tout cela, jeux de pouvoir,
    donc de séduction, mais qui peut y résister ? 
    pas facile.

    d’autres, plus philosophes, évoquent une sorte de mise en oeuvre, un usinage à plus d’un,
    « nécessité personnelle du malheur » disent-ils, qu’on se le fabrique,
    qu’une destinée ça se tisse ainsi monsieur.

    j’aime bien moins le rousseau des confessions
    trop boutonneux à mon goût, surtout avec la jante,
    que celui des rêveries beaucoup plus direct ;
    celui de la deuxième rêverie pose une très belle question au lecteur :
    est-il fou à lier, ou vraiment autour c’était aussi moche ?
    je n’ai aucun doute sur la réponse.
    « dieu est un prisonnier », nous explique calmement le dernier pape en date.
    pas con.

    • alinea Alinea 28 octobre 2013 18:10

      Les philosophes sont souvent des cons qui se justifient ; je préfère cela :
      « L’accoutumance au danger fait que l’homme en arrive facilement à ce que celui-ci devienne une part de lui-même. Il se familiarise avec lui et s’habitue au mal. Il a ainsi perdu le bon chemin et l’infortune est la conséquence naturelle de cette situation ».
      Je pense que chaque sans domicile sait cela !


    • Bracam Bracam 29 octobre 2013 00:28

      Espérons que les c..s ne se prennent pas pour des philosophes. Je crains pourtant que ce ne soit le cas. Je n’ai pas eu le courage de vous lire en entier, mais j’y retournerai peut-être (attention à la parole donnée comme on baillerait).


  • marmor 28 octobre 2013 17:17

    Deux bagnoles, les vaches les veaux et les clôtures, plus les insultes anonymes, on vous en veut par chez vous !!
    comme on dit dans mon milieu : n’y a -t-il pas, un homme de votre entourage qui aurait une paire de cojones et qui « prendrait les patins » pour vous defendre ? Car seule et sans répondant, vous ne redresserez pas tous ces fers tordus, sans appliquer de mesure de rétorsions à la hauteur des agressions.
    Oubliez J.J Rousseau et trouvez jhon Rambo ! Oeil pour oeil, dent pour dent et je dirais même, pour un oeil les deux yeux et pour une dent, toute la gueule !


    • alinea Alinea 28 octobre 2013 17:33

      Trop fatiguant. ; je rappelle certains faits que j’ai déjà écrits, dans un autre but, dans ’ anonyme«  !! Je ne suis pas un cas, loin de là : c’est le lot de la femme libre ! c’est sans doute pour cela que beaucoup de femmes préfèrent être  »libérées" !!
      Merci Marmor


  • Constant danslayreur 28 octobre 2013 19:05

    Bonjour Alinea

    Sincèrement désolé mais je n’ai pas du tout aimé.
    A la rigueur si je pouvais avoir la certitude qu’il s’agit d’une fiction oui, le souci c’est que j’ai retrouvé de l’autobiographique que je connais un peu grâce à quelques uns de vos articles.

    Et pourquoi je n’ai pas aimé ? Parce qu’au fur et à mesure que la liste de vos problèmes s’allongeait le malaise se faisait conviction et de plus en plus forte :

    Quand on a autant de problèmes avec autant de gens, soit on est un prophète durement éprouvé par le patron, soit on est sur la pire des voies et c’est de son propre fait.

    Je ne vous juge pas du tout Alinea et croyez-le ou non je garde toute mon estime pour vous intacte, c’est juste que je crois que vous pourriez avoir mieux que la vie que vous vous êtes donnée. 

    Je n’ai pas les clés, mais je sais déjà que vous devriez laisser tomber et Mame Soleil et son monde et ses tarots et ses démons, ce serait un bon début. Vous voulez des réponses, du sens ? Cherchez les ailleurs que chez ... elle.


    • alinea Alinea 28 octobre 2013 19:15

      Constant :
      Je pourrais faire le même en prenant d’autres exemples ! En tirer les mêmes conclusions ! C’est le sort de chacune, rebelle et volontaire. Jadis, on les appelait « sorcières », ces femmes qui connaissent les plantes, qui ne se font pas dominer, qui se fondent dans la nature et qui tirent leurs forces d’ailleurs ! Il y a des exemples d’hommes aussi ; je les connais, personnellement. Cela est une vérité, en tout cas une réalité ! Aimer, ne pas aimer la réalité ? Qu’est-ce que cela veut dire ?


    • alinea Alinea 28 octobre 2013 19:41

      Bon anniversaire Constant !! ( je sais que c’est le 7 mais je ne sais pas si je vous reverrai d’ici là !!) Je vous jure que les sales cons qui, comme partout aujourd’hui, volent parce que c’est plus facile qu’acheter, tuent parce que la vie n’a pas de prix, n’ont rien à voir avec les astres ou les Tarots ! ma vie n’est pas imaginaire et il y a belle lurette que mes démons ne sont plus intérieurs !


    • Constant danslayreur 8 novembre 2013 07:01

      Bonjour Alinea,

      Maintenant que c’est passé, je peux vous remercier smiley
      Vous comprenez je ne pouvais pas prendre le risque que quelqu’un se sente... enfin voila quoi.

      Trop peu de relationnel est authentique ici bas, je m’en voudrais de contribuer à en rajouter une couche smiley


  • cevennevive cevennevive 28 octobre 2013 19:06

    Salut Alinea,


    Aujourd’hui, j’ai eu une journée de m.... Je n’aurais pas dû lire votre article, pourtant si vrai, si poignant. J’ai connu ce sentiment de vacuité révoltée, j’en reconnais le goût et la vanité. Il me fond dessus de temps en temps, mais, pour le moment, j’ai toujours réussi à le chasser (peut-être parce que mon entourage villageois m’aime bien et m’a vue grandir pour certains d’entre eux).

    Bon, nous ne sommes pas gaies pour le moment. Lisons Tintin, Gaston Lagaffe ou Astérix. Moi, parfois cela me réussit. Mais ce qui me fait le plus d’effet, c’est une promenade en forêt. Lorsque j’avais mon chien, c’était encore plus bénéfique.

    Un petit conseil, mais il ne marche pas sur toutes. Lorsque je suis « attaquée » par la vie, par le doute, par les autres, etc, je me dis : « je suis comme le diamant, rien de m’atteint, rien ne peut me rayer, je suis dure et claire comme le diamant... »

    (C’est un comble de se comparer à un diamant lorsque l’on n’est pas du tout intéressée par les bijoux, non ?)

    Je vous embrasse.
    Danielle.



    • alinea Alinea 28 octobre 2013 19:38

      Bonsoir cevennevive :
      J’ai fait le pari d’être dans le concret et d’assumer ce que je dis ; il y a les moments de déchirements, et les moments de bonheur ; il y a, en écho aux galères, des témoignages de sympathie, des gentillesses, des rencontres, des mots ordinaires et bons ; une accumulation est une volonté : ceci est un texte ; pas une complainte, ni une plainte, pas même un témoignage.
      Il n’y a pas d’échec pour celui qui ne tente rien, il n’y a pas de prison pour celui qui ne cherche pas la liberté ; les vrais chemins difficiles sont parcourus dans l’anonymat, et il y en a tant !
      La force intérieure s’aguerrit aux épreuves, la naissance à soi-même est douloureux comme un accouchement et un destin réussi n’est pas obligatoirement une vie réussie aux yeux du commun.
      C’est mon diamant à moi, cette certitude : au bout du compte on trouve ses pairs et on les garde dans la liberté des relations dont l’engagement est tenu secret.
      Mais c’est vrai que là, ponctuellement, je me sens étouffée par les entraves à mes projets : c’est toujours de cette façon que l’on finit par trouver le bon chemin, qui n’est, heureusement ou malheureusement, jamais définitif !! Point de repos, ou comme volé !
      Merci cevennevive si précieuse et profonde ( étonnant pour un Gémeaux ! Ça, c’est pour faire la nique à Constant ! smiley )


  • francesca2 francesca2 28 octobre 2013 19:13

    Les humains ont une constante, à un moment ou à un autre ils sont décevants. 

    Lorsqu’on arrive à l’admettre, tout est plus facile.
    Bon courage à vous, alinea.

    • alinea Alinea 28 octobre 2013 19:24

      francesca : décevants, nous le sommes tous ; on ne tient guère ses promesses quand on les a voulues grandes. On me déçoit autant que je déçois ; en vieillissant, on comprend que cela n’a guère d’importance, que ce sont justes nos idéaux, nos illusions qui fondent.
      Mais l’humain est veule ; la lâcheté est le lot du commun ; et cela fait très mal ! C’est informe, insaisissable et on n’y peut rien. Tous les solitaires que je côtoie, tous différents, on peut en dire, comme le fait Constant, que c’est leurs manques, leurs fautes... mais ne peut-on le dire de tout le monde ? Oui sans doute
      Merci très sincèrement francesca


    • francesca2 francesca2 28 octobre 2013 19:36
      (Alinea, lorsque je parle « d’humain » -j’éxagère sans doute- mais je m’y mets dedans aussi :-0 ).

    • alinea Alinea 28 octobre 2013 19:46

      Je sais bien francesca que vous n’êtes pas du genre à vous hisser artificiellement ! Le contact avec vous est franc et vrai, et c’est pour cette raison que j’y tiens ! C’est en réalité la seule chose qui vaille, car être d’accord a priori peut cacher.. bien des déceptions par la suite, non ? Et je suis du genre à n’être jamais d’accord a priori !!! smiley


  • paco 28 octobre 2013 20:59

     Bonsoir, Alinea.
     Un texte pas piqué des vers. Une énergie de pas tombeuse de bras, faut pas, jamais, pour réussir à écrire tout ça.
     La Pauline qui vous sugère des benzodiademescouilles, riez en.
     Les solitudes, c’est le silence quand les animaux se taisent et que le tel est débranché.
     La solitude, c’est un crachat aux bien-pensants. Mais dure à défendre.
     Etre seul est un combat à mort contre ceux qui ne le sont pas.


    • alinea Alinea 28 octobre 2013 21:09

      Paco, quand je vous lis, j’ai le coeur qui rit ! Peut-être parce que vous êtes un précieux espagnol ! Mais sur ce fil on a aussi, l’Algérie, La Nouvelle-Calédonie ( même française !!) le Liban, L’Italie et.. les Cévennes.. quand je pense qu’il y en a qui rêve de la France aux Français !! comme ça, oui !
      Grosses bises Paco


  • paco 28 octobre 2013 21:21

     Et j’avais oublié de vous dire , un abrazo, muy fuerte.
     ( je fais pas de bises, je pique )


  • paco 29 octobre 2013 07:59

     Alé ! Au boulot, feignasse.
     On est jamais seule quand un chien aboie au loin, qu’un chat se la nuite encore sur un pull fragile, en douce, croyant qu’on l’a pas vu, et je ne parle pas des chevaux et ruminants cornus.
     La solitude est un Himalaya quotidien. Mais on va pas en faire une montagne non plus.
     L’aube est toujours belle. 


  • béatrice 29 octobre 2013 09:23

    J’aime bien votre regard ; non que je sois forcément d’accord sur tout. Dans la solitude, les vérités sont des forteresses qu’un simple sourire peut ébranler.
    Mais surtout, j’aime votre style : vos mots courent , rejaillissent et cascadent dans un flux nerveux et ininterrompu plein de colère et de vie. Merci


    • alinea Alinea 29 octobre 2013 11:20

      « Dans la solitude, les vérités sont des forteresses qu’un simple sourire peut ébranler. »
      C’est très vrai et très joliment dit ; mais il y a aussi des vérités qui ne sont pas des alibis ou des habits de confort, il y a des abîmes, impactés depuis longtemps, et qui se débarrassent du superflu, alors l’impossibilité d’être autre que soi-même isole mais donne en même temps la force nécessaire.
      Et merci pour votre critique si positive : le tracé des lettres comme le « style » sont une partie intégrante d’une personnalité, peu falsifiable, sauf à jouer, ponctuellement !
      Bonne journée béatrice, et bonnes vacances


  • Henri Diacono alias Henri François 29 octobre 2013 09:25

    Beau texte, Alinéa.
    La solitude est « vivable » et largement tonifiante lorsqu’en cheminant le long de la route que vous aurez choisie, à l’écart des cons que vous ne voyez même plus, parfois parsemée de cailloux qui occasionneront des blessures vite cicatrisées, certains « ’humanoïdes », attirés par votre démarche et surtout votre style et vos chansons, ou vos discours, vous suivront sans rien vous demander en échange. Et croyez moi, il vous auront offert sans le vouloir, les plus précieux des trésors, à savoir l’affection et la tendresse.
    En vous quittant pour prendre leur propre piste, un peu plus guillerets grâce à vous, ceux là vous auront, alors, rendue plus allante et plus joyeuse, confortée d’avoir décidé de partir à la découverte de paysages inconnus, en vous écartant de la route que d’autres, parmi les soi-disant puissants, voulez vous entraîner.
    Et c’est ainsi que la solitude est merveilleuse.
    A vous de trouver cette voie que je souhaite identique à celle dans laquelle je me suis engagé, sans même m’en rendre compte, voilà longtemps. Depuis l’adolescence et cela fait un bail !
    Bonne chance et merci à vous.


    • alinea Alinea 29 octobre 2013 11:31

      Merci à vous Henri ; vous savez, le société a ses valeurs qui sont loin d’être superposables aux valeurs de la vie ; le schisme est douloureux, dans les nombreux écueils que le quotidien nous réserve, quand on n’a pas su trouver protection, parce que, ce ne sont ni la provocation ni l’agressivité qui récoltent les haines, mais bien un chemin solitaire qui ne demande rien à personne ; l’insupportable incompréhension et peut-être, un peu, le danger aperçu par celui qui n’a jamais rien mis en doute ! Ma voie est tracée, même si j’aime changer et dérailler(!), il s’y trouve des douceurs, des bonheurs, en pagaille parfois, mais la nuisance laisse des traces plus persistantes : malheureusement, les traumatismes s’incrustent tandis que les joies allègent ! Ce n’est pas le sort des solitaires seulement !!


    • Henri Diacono alias Henri François 29 octobre 2013 18:23

      Content de vous relire et de vous retrouver Morvandiou. Henri Bosco, un auteur qui m’avait ravi à l’âge où l’on cherche sa route et qui est, du moins je le crois, quelque peu oublié de nos jours.


    • alinea Alinea 29 octobre 2013 11:33

      Et bonjour à vous Sabine, et merci pour ces photos que j’ai regardées, comme une voleuse !!


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