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Les véritables racines du déficit ne sont pas celles de Bayrou - AgoraVox le média citoyen
mercredi 10 septembre 2025 - par Jules Seyes

Les véritables racines du déficit ne sont pas celles de Bayrou

Tout a été dit, ou sera dit sur la chute de François Bayrou, une chute qui s’apparente à un de ces suicides politiques français où, au lieu de perdre la vie, le suicidé reçoit une retraite et moult nouveaux privilèges. Devrions-nous regretter le rituel du sepuku ?

Pourtant, avant de jeter à la face du Béarnais les parpaings que mérite son attitude, nous devons nous interroger : ciblons-nous la bonne victime ?

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Réjouissons-nous pour François Bayrou, de son mandat de Premier ministre, il restera l’affaire Betharam et une plantureuse retraite. Au moins, aurons-nous tout appris des mœurs intéressantes d’une école du Sud-Ouest.

Cette terrifiante vacuité explique peut-être les sorties du démissionnaire ces derniers jours. Contre les retraités, les Français coupables de profiter du déficit de l’État, la responsabilité de notre situation budgétaire est partout. Sauf, évidemment, dans les palais de la République !

Avant de commenter l’indécence du propos, nous devons toujours nous rappeler la mission sacrée confiée par notre président : La France doit compter 66 Mio de procureurs et l’heure du réquisitoire sonne.

Foin de Bayrou, revenons à monsieur Macron qui, par l’échec de ce projet de budget, signe la preuve de l’échec de sa gestion du pays.

Après les déficits de l’ère Sarkozy voulus pour sauver les banques de la crise de 2008, le président François Hollande engage le pays dans un effort considérable de réduction des déficits. Cette trajectoire budgétaire est peut-être le seul point positif à retenir du mandat. Elle divise le déficit budgétaire par deux.

L’impopularité de Hollande, s’explique en partie par cette discipline et la méthode choisie, car le gain s’effectue seulement en raison de hausses d’impôts sur les ménages (cf graphique). Un choix douloureux comme on dit, mais où les Français font leur part au contraire des riches ou de la fonction publique d’État !

 

Le président Macron décide de liquider ces efforts dès son arrivée et en 2019, donc avant la COVID, le déficit public repart à la hausse en raison de plusieurs dizaines de milliards de baisse d’impôts accordées aux entreprises et aux riches particuliers. De son côté, l’État n’effectue aucune mesure d’économie sérieuse.

Seule concession, sur les plus de cinquante milliards de hausses d’impôts de l’ère Hollande. Les gilets jaunes obtiennent, après des dizaines de semaines de luttes, des morts, des centaines/milliers de blessés et de condamnations, la rétrocession d’une dizaine de milliards.

Not’bon maître est trop bon !

 

Comme on le constate, le gaspillage du considérable effort accompli par les Français date des premiers jours du mandat où monsieur Macron fait le choix de servir ses amis (Dont la haute fonction publique goinfrée de budgets) au détriment de l’équilibre des comptes.

La COVID servira d’excuse pour la poursuite de ces politiques irresponsables et monsieur Macron masque ses errements dans la gestion de l’affaire. Parler de guerre évite, il est vrai, de se préoccuper d’équilibre des comptes et, vu le génie mathématique en charge de l’économie, la précaution pouvait avoir du sens.

Par chance, la COVID sera soignée le 22 février 2022 par un remède miracle nommé guerre en Ukraine. Inutile de perdre notre temps avec l’écrasante responsabilité de monsieur Macron qui explique à Vladimir Poutine qu’il dénie toute légitimité aux habitants du Donbass et jette ainsi l’allumette sur le baril de poudre accumulé en Ukraine par la politique d’armement à outrance du régime kievien.

Cette correction méritée infligée par les Russes aux néonazis kiéviens sert de prétexte pour de nouveaux errements. Les néoconservateurs tenaient leur guerre pour enfin renvoyer la Russie aux horreurs des années 1990. Y participer avait ce doux charme de permettre d’arroser les amis d’argent public. La dérive des comptes semble ne pas alarmer monsieur Le Maire. Il est vrai que ce génie en tout est occupé à préparer son nouveau roman. Pour une fois, reconnaissons à ce brillant auteur une certaine prescience : les positions pratiquées par ses personnages dans le texte publié telles que nous les retrouvons dans les médias correspondent au traitement imposé à la France par la macronie. Par pudeur, nous n’en dirons pas plus.

Les sanctions provoquent l’inflation, notamment des prix de l’énergie, et pendant que les entreprises d’énergie parasites qui vendent de l’électricité achetée à bas prix à EDF s’enrichissent démesurément par la revente de cette même énergie au prix d’un marché sous tension, l’État rend la situation supportable par un soi-disant bouclier énergétique dont le coût est imputé aux finances publiques.
 

 

On le constate, le déficit dont la Macronie découvre l’existence pour nous l’imputer aujourd’hui vient de loin. Il naît d’une gestion autoritaire seulement préoccupée du court terme et de décisions sur lesquelles les Français n’ont jamais été démocratiquement consultés.

Sans l’intervention désastreuse de monsieur Macron et ses décisions depuis huit ans. Le déficit aurait augmenté de 430 mds. Somme importante dont un gouvernement responsable aurait fait sa priorité pour, enfin, réduire le train de vie de l’État.

 

Il eut refusé les hausses des budgets européens, réduit le mille-feuille administratif, combattu le carrousel à la TVA, pour ne parler que des mesures les plus évidentes.

Il aurait aussi eu la possibilité de mettre l’audiovisuel public au régime sec, ce qui éviterait à ses journalistes de prétendre dicter le prochain vainqueur de l’élection présidentielle. Il eut réduit les subventions à la presse et aux multiples associations dont les dirigeants vivent au détriment de l’argent public.

Et il eut évité d’augmenter le déficit à une époque où les recettes fiscales sont au plus haut !

 

De tout cela, personne n’a parlé. Les racines sont absentes du débat.

Le déficit catastrophique de la France porte un nom : HUIT ans de MACRONISME.

Qu’il parte !
 

 

NB : Certains crieront au manque d’objectivité et au réquisitoire à charge.

Certes, j’assume, telle est la mission confiée par monsieur Macron, il vous revient d’instruire à décharge si vous désirez vous faire son avocat !

Mon unique regret, dont je m’excuse, est l’insuffisante dureté de ce réquisitoire, qui, dans l’océan d’incompétence, d’insupportable copinage du macronisme, se contente de récolter l’écume pour conserver un format court à cet article.



15 réactions


  • Com une outre 10 septembre 2025 11:36

    Et ce n’est pas la nomination de Lecornu qui va stopper la course vers le précipice, je veux bien parier. Peut-être Macron veut-il un record difficile à battre, genre 1500 milliards d’augmentation de la dette en 10 ans, avant son départ (définitif svp).


    • Jules Seyes Jules Seyes 10 septembre 2025 16:01

      @Com une outre
      Cela permettra à son successeur d’anéantir le modèle social francais.
      C’est le but de l’exercice-


  • jjwaDal jjwaDal 10 septembre 2025 20:12

    Ce qu’il a fait correspond en tous points à ce qu’aurait fait un « assassin économique », quelqu’un ayant pour mission de mettre les finances de l’Etat dans le rouge cramoisi et donc de mettre le pays à genoux devant ses créanciers. On oublie vite que son premier geste symbolique aura été de supprimer l’impôt sur la fortune avant de critiquer sévèrement les minimas sociaux. On peut douter qu’il ignore qu’arroser fiscalement les plus riches ne crée que peu d’activité économique, alors qu’augmenter le pouvoir d’achat d’un français, disons jusqu’à 1000 euros par personne fait marcher l’économie par réinjection essentiellement dans des biens et services basiques, essentiellement produits localement. Les dépenses des uns (les moins riches) sont le salaire des autres (encore les moins riches).
    Sauf qu’il a été porté au pouvoir comme la plupart des dirigeants par les plus riches qui se foutent éperdument (étant mentalement apatrides) de la santé d’une société et de sa prospérité. Il est leur débiteur et fait donc la politique que nous avons observé.
    Bien sûr la bureaucratie européenne l’aide grandement dans son entreprise de destruction et notre principal adversaire économique (les USA) contribue à savonner la planche, mais il en rajoute indéniablement.
    On sait ce qui détruit la santé de l’économie française. Mais ceux qui seraient en mesure d’y remédier non ni les pleins pouvoirs (nous ne sommes pas un Etat souverain, pire le vassal servile d’un prédateur qui nous saignera à blanc pour survivre ) ni la volonté (surtout) d’agir là où ce serait utile. Reste à presser les citrons jusqu’à ce que plus de jus ne sortent ou que les citrons braillent dans les rues massivement et alors on s’endettera un peu plus pour calmer le jeu.


  • LeMerou 11 septembre 2025 07:58

    @Jules Seyes.

    Bonjour,

    Nous subissons deux crises.

    La première étant financière

    Le « déficit » selon M. BAYROU serait exclusivement dû aux Français, ce qui en dit long sur la perception des Français par une majorité du monde politique. Alors qu’en fait cette dernière n’est dû qu’à eux.

    Ce n’est pas parce que le gamin, tape du poing, bat le pavé, cri très fort pour demander la lune qu’il faut lui donner.....


    La deuxième est une crise politique.

    Et cette dernière est exclusivement due au corps électoral, aux votants, au Peuple. Qui par lâcheté, naïveté, imbécilité, obéis à des injonctions, les faisant voter contre leur idée première. J’exclu de mon propos les abstentionnistes qui n’ont rien compris du fonctionnement du système électoral, s’abstenir ce n’est ni voter contre, ni marquer son désarroi ou son mécontentement, sa colère, ce n’est RIEN. 

    Et les politiques le savent bien, plus il y a d’abstention plus se faire élire est aisé, les « fidèles » venant voter eux et de pérorer ensuite que l’on est élu démocratiquement, à 51 % .

    Au dernière Présidentielle, le vote blanc c’est 5 % à peine, l’abstention 28 %. Comment les 5% peuvent contester la « représentativité » alors que s’il étaient 33%, l’affaire serait plus entendable et mettrai possiblement à mal le système, du moins cela fournirait de véritables arguments. L’espoir fait vivre aussi......

    Bon, les ministres se suivent par ordre alphabétique, qu’est ce qui va changer, malgré les formules et les grands mots... Pas grand chose je le sent, mais je peux me tromper.


  • Jules Seyes Jules Seyes 11 septembre 2025 09:00

    Le « déficit » selon M. BAYROU serait exclusivement dû aux Français,

    J’ai mis les courbes recettes, dépenses et déficit en tête d’article.
    Elles permettent d’observer l’explosion de la dépense publique.

    Je n’ai pas vu ces sommes dans le portefeuille des francais.

    Quand à la crise politique, elle résulte surtout du vérrouillage du système qui empéche la montée de nouveau partis mouvement.
    Ayant commis nombres d’articles sur le sujet, je ne détaillerais pas.


    • titi titi 11 septembre 2025 11:39

      @Jules Seyes
      "Le « déficit » selon M. BAYROU serait exclusivement dû aux Français,

      "

      Bah c’est à dire que les français ont tout de même tendance à voter pour ceux qui promettent de raser gratis, plutôt que pour ceux qui ont un discours de vérité.

       


  • titi titi 11 septembre 2025 11:24

    @L’auteur

    Dépenser plus que les recettes c’est une tradition francaise.

    Déjà dans les années 20, l’Etat faisait marcher la planche à billets amenant le franc à être dévalué de façon stratosphérique.

    Idem dans les années 50, où il a fallut que De Gaulle remette finances en ordre.

    Depuis, l’Etat dépense toujours plus qu’il ne gagne, mais en essayant quand même de ne pas fâcher les prêteurs.

    L’évènement important c’est la crise du COVID.

    Pas la crise en tant que telle, que tous les autres pays ont traversé, mais les modalités mises en place pour traverser.

    En 2008, lors de la crise de subprimes, Sarkozy avait déjà essayé de « mutualiser » la dette. En gros faire en sorte que les pays européens vertueux apportent leur caution de sérieux à travers la BCE, à nous qui étions déjà incapables d’avoir un budget équilibré en l’absence de crise.

    Cette mutualisation n’a pas eu lieu : la France a du faire avec ses moyens et se démerder pour emprunter seule auprès des banques.

    Pendant le COVID ça a été différent : Macron a obtenu cette mutualisation.

    L’Etat emprunte aux banques, mais la BCE rachète ces dettes aux banques.
    En gros on revient à la situation des années 20.

    Du coup c’est open bar !


  • pemile pemile 11 septembre 2025 12:07

    @Jules Seyes

    Il vient d’où ton graphique ?


  • Dudule 11 septembre 2025 12:23

    Ce graphique est trompeur. Il ne tient pas compte de la croissance depuis 2012. C’est ce que dit la légende : dépense et recette nettes.

    De fait, un autre graphique montrerait que les dépenses en pourcentage du PIB n’ont pas augmentées depuis 2012. Ce sont les recettes qui ont baissées.

    Faire des cadeaux aux riches feignasses étaient censé ruisseler. Ben non, les feignasses ont continué à faire ce qu’ils ont toujours fait : spéculer en bourse et planquer leur magot dans les paradis fiscaux. Parce que ce sont des grosses feignasses, leur donner plus de fric ne change rien.

    Il faut les saigner à blanc (financièrement).

    D’abord parce qu’ils ne servent à rien et que la constitution stipule explicitement que les inégalités sociales ne peuvent être justifiées que par l’utilité commune.

    Ensuite parce qu’ils achètent la presse et orientent le débat démocratique, ce qui est absolument inadmissible.

    Et enfin parce qu’ils ne font ABSOLUMENT RIEN avec leur pognon. Rien de rien. Autant que l’État le prenne et en fasse quelque chose, ça ne peut pas être pire que ses masses colossales de pognon qui tournent dans la spéculation ou s’entassent au Bahamas, ou ailleurs.


    • titi titi 11 septembre 2025 12:36

      @Dudule

      "ce qu’ils ne font ABSOLUMENT RIEN avec leur pognon

      "
      Oui mais c’est le leur.
      Qu’ils n’en fassent rien, ou qu’ils organisent des orgies romaines, ca reste leur argent.

      Dire que notre pays, qui est champion du monde de la pression fiscale, est à la peine parce qu’il ne pressurise pas assez c’est quand même un peu fort.

      Pourquoi nos voisins s’en sortent-ils mieux avec moins d’impôts ?


    • Jules Seyes Jules Seyes 11 septembre 2025 14:48

      @Dudule
      Merci de cette remarque, je referais le graphique en euros constants.


  • lecoindubonsens lecoindubonsens 11 septembre 2025 13:16

    globalement, il me semble incontestable de constater qu’il y a un écart toujours croissant entre « pouvoir de consommer reçu » et « services rendus »

    • qu’il s’agisse des grandes fortunes qui via dividendes et outils financiers bénéficient de contrepartie d’un montant sans rapport avec le mérite personnel des bénéficiaires. Sans nullement contester les grands mérites de certains (travailleurs, intelligents, créatifs, malins, etc.), comment admettre que certains soient 100, 1000, 10 000 fois mieux que d’autres ?
    • qu’il s’agisse des assistés (chômage, RSA, tarifs privilégiés, etc.) qui consomment également plus qu’ils ne donnent en contrepartie

    Donc pas de mystère, si par divers moyens nous consommons plus que nous produisons, l’écart ne peut être que de la dette.


  • agent ananas agent ananas 14 septembre 2025 19:34

    Si on veut aller à la racine, il faut remonter à la Loi Pompidou-Giscard-Rothschild du 4 janvier 1973 ...


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