mardi 12 mars 2013 - par fatizo

Limites et perversions du symbolique

Nous vivons une époque formidable, une époque ou le symbole a valeur d’exemple voire de réussite.

Mais ne sommes-nous pas avec cette surexploitation du symbole juste dans l’image et l’imposture, dans une période ou les grandes décisions et les actes forts sont exceptions.
Prenons pour exemple l’élection du Pape qui se profile.
 
On nous dit dans tous les médias qu’il serait bien que le nouveau souverain pontil vienne d’Afrique ou d’Amérique Latine, que ce serait un magnifique signe d’ouverture de l’église sur le monde.
Soit, mais ne serait-il pas avant tout nécessaire d’avoir un Pape réformateur, un vrai Pape du XXIème siècle prêt à faire évoluer l’église ?
 
Hors il n’est pas sur que c’est en le choisissant pour sa couleur de peau ou son origine qu’on obtiendra ce résultat.
 
Mais les médias sont à l’image de cette société mondialisée, en manque de repères et d’idées originales, alors ils utilisent les symboles à défaut d’avoir autre chose à nous proposer.
Qui a oublié par exemple l’Obamania ?
 
Regardez comme il est beau et sympa le Président américain. Il vient d’être élu, n’a rien prouvé encore et on lui décerne le Prix Nobel de la Paix.
 
Ah si, il est le premier Président américain black. Un beau symbole !
Lorsqu’en 2007 Nicolas Sarkozy nomme des femmes ministres issues de l’immigration comme Dati, Amara et Yade, tout le monde trouve cela formidable. Un symbole magnifique pour ce Président qui aura été celui qui a le plus flirté avec les idées du FN.
 
Aujourd’hui il ne reste plus rien de la belle image de nos 3 ministres, tout cela par qu’elles n’avaient probablement pas le niveau, mais aussi parce qu’elles furent lâchées et lynchées par leurs « amis » de l’UMP.
 
On pourrait également s’en prendre à l’un des symboles des années 80, S.O.S Racisme. Ce mouvement voulu par Mitterrand n’a servi en réalité qu’à mettre le couvercle sur les réels problèmes d’intégration dans notre pays.
Que reste-t-il 30 ans après de cette main avec son slogan « touche pas à mon pote » ?
 
Eh bien juste des scores du FN qui ne cessent de croître, une droite classique qui se veut « décomplexée », et un discours raciste de plus en plus libre dans notre pays.
 
Et puis il y a ceux qui ont toujours le symbole du drapeau ou de la Marseillaise à mettre en avant pour nous dire qu’ils sont de meilleurs français que les autres.
Sauf que ce sont souvent ceux-là qui cachent leur argent dans les paradis fiscaux ou qui comprennent ceux qui le font.
 
Comme on le voit le symbole n’est bien souvent qu’un leurre, une façon de masquer des manquements graves, des renoncements permanents.
Méfions-nous du symbole, il ne doit pas masquer la réalité. Il n’est et ne doit rester qu’ un moyen de communication ou de promotion, rien de plus.


13 réactions


  • Francis JL 12 mars 2013 08:56

    Bonjour Fatizo,

    ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain, svp.

    Le contraire d’un symbole (qui unit) est diabole (qui divise). En ce sens, les deux contraires de symbolique sont ’diabolique’ et ’orphelin’ (*). La pensée se nourrit de symboles ; la pensée perverse est bâtie sur des diaboles.

    Le libéralisme en tuant tous nos symboles, fait de nous des orphelins culturels.


    • benedicte_gab 12 mars 2013 10:59

      Je ne sais pas d’où vous sortez cette définition, mais un symbole est une représentation conventionnelle et culturelle, qui n’a signification ni d’unité ou de division en soi.

      La symbolique ne pose pas en soi de problème lorqu’elle reste à sa place de représentation et ne prétend pas à être une « réalité en soi », déconnectée de la réalité qu’elle est censée recouvrir à l’origine. Cette déconnexion du symbole de la réalité est bien antérieure au libéralisme dans notre société, toutefois comme pour le langage on entre dans la perversité dès lors qu’un symbole ou terme « considéré comme ayant une valeur positive » est utilisé pour recouvrir une réalité à l’opposé de cette valeur. 
      Il faut arrêter de tout mettre sur le libéralisme, il n’a fait que surfer, amplifier et nourrir les tares existantes de notre société et culture, même s’il en a ajouté quelques unes très certainement. Nous ne sortirons pas de ce libéralisme, si nous en faisons un bouc-émissaire, qui comme le diable, n’aura pour objet que de donner une cause extérieure aux problèmes que nous créons, et à nous considérer comme non-responsables finalement de nos actes individuels et collectifs.


    • Francis JL 12 mars 2013 11:51

      @ benedicte_gab,

      Le néolibéralisme est un non système économique qui ruine la planète et les hommes. Et je me méfie du libéralisme culturel, depuis que j’ai lu Sade et surtout le petit ouvrage pervers jusqu’à la nausée d’Apollinaire. Je ne comprends pas comment on tolère que ses « mémoires d’un jeune Don Juan » soient systématiquement réédités, publiés dans une édition à 2 euros et exposés dans tous les présentoirs des grands magasins : ça fait un pognon fou pour les professionnels parce que les jeunes qui ne savent pas de quoi il retourne, mais qui connaissent le poète de renom, l’achètent en masse. Et ça fait des dégâts considérable.

      Pour symbole, diabole, vous trouverez peut-être une explication .

      Ps. Je ne suis pas catho, je serais plutôt athée, mais je respecte les symboles comme les peuples primitifs respectaient leurs totems.


    • fatizo fatizo 12 mars 2013 17:11

      Bien sur qu’il y a des symboles qui sont porteurs d’un message, qui ont une portée importante .

      Mais l’on vit dans une société du spectacle, d’hypermédiatisation, et là aussi le symbole est travesti , déformé, pour faire passer un message qui est bien souvent totalement vide . 

    • Francis JL 13 mars 2013 09:01

      Les symboles sont comme la plus jolie fille du monde : ils ne peuvent donner que ce qu’ils ont.

      La perversion de la Langue ne met pas en cause la Langue, mais les pervers.


  • Aldous Aldous 12 mars 2013 09:06

    Guantanamo, c’est reglé : Obama est noir !


  • Loatse Loatse 12 mars 2013 12:37

    @L’auteur

    Je suis en partie d’accord avec vous, si un chef d’état, un ministre, un individu n’est choisi que pour la portée symbolique qu’il représente, la déception ne se fera pas attendre..

     si toutes les conditions sont réunies (les compétences) le symbolisme peut être un plus..

    Mais quand certains s’approprient des symboles (tels que le drapeau français), c’est peut être l’occasion de se poser la question de l’absence de ce symbole dans nos esprits... sur le reniement de ce que nous sommes, des humains certes, des citoyens du monde certes mais aussi des français...

    A l’heure du mondialisme, de la construction européenne, il est de bon ton de se revendiquer « citoyen du monde » . Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi bien au contraire, mais avant de revendiquer cette appartenance, il faudrait peut être commencer par se sentir citoyen de quelque part et ne pas renoncer à ce que nous sommes, à notre identité...

    Celle ci est vécue comme un moins, une entrave au vivre ensemble alors qu’elle peut être un plus... Bref ce n’est pas en nous effaçant, en renoncant à nos valeurs, que nous pourrons contribuer à la construction d’un monde meilleur..

    Cette uniformisation voulue, on en voit déjà les premiers effets avec la théorie du genre qui vise à indifférencier les hommes des femmes..

    les guerres à mon avis ne naissent pas du heurt des différences mais bien du refus de reconnaitre le droit à la différence..


    • fatizo fatizo 12 mars 2013 17:15

      Je ne suis pas contre les symboles, mais le problème c’est qu’ils sont utilisés pour nous manipuler , nous faire avaler une soupe bien souvent contraire au message utilisé dans le symbole .

      L’exemple du drapeau et de la Marseillaise en est le plus bel exemple, il a été surutilisé par Sarkozy , un type qui déteste la France et qui a passé son temps à la trahir .

  • mortelune mortelune 12 mars 2013 12:53

    Trop de symboles tuent les symboles. Alors qu’ils sont nécessaires à la vie depuis toujours, leur affluence ne leur confère plus aucune valeur. 



    • fatizo fatizo 12 mars 2013 17:16

      On est bien d’accord, le symbole doit être utilisé avec parcimonie et surtout à bon escient !


  • rosemar rosemar 12 mars 2013 19:32

    Bonsoir fatizo 


    dans le symbole, c’est bien souvent l’image qui prédomine sur tout le reste et c’est dangereux...
    Bravo pour cet article ! une bonne analyse...

    • fatizo fatizo 12 mars 2013 19:49

      Merci Rosemar,


      Je pense que l’utilisation de plus en plus importante des symboles est du à la surexploitation qu’en font les médias . D’ailleurs il arrive même que ce soit eux qui les fabrique .
      Cela évite les réels analyses de fond, on tient une image choc ou un slogan , cela suffit pour faire vendre .

      Belle soirée à toi .

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