jeudi 22 février 2007 - par Johan

Menacer la liberté d’expression par la tentation de chacun

Cet article est en réaction à l’article Notre gouvernement fait planer de nouvelles menaces sur la liberté d’expression et Internet... de Quitterie Delmas, responsable UDF.

Avant tout, je voudrais remercier Quitterie Delmas (représentante UDF) d’oser parler de libertés fondamentales. Le sujet semble désuet pour nos hommes politiques, au-dessus de l’exécutif (donc trop souvent au-dessus également du législatif), pourtant vous avez dû vous rendre compte que les internautes y sont sensibles.

Puis j’aimerais réagir en tant qu’auteur d’un mémoire conséquent sur la DADVSI, que je transmettrai (avec ses coquilles) à quiconque m’en fera la demande (sediffuser@hotmail.fr).

L’article de Mme Delmas abordant trois projets distincts, nous respecterons l’ordre qu’elle a choisi par souci de lisibilité. Je vous renvoie à son article riche en liens pertinents.

1 Rapport Tessier sur la presse numérique demandé par le ministre Renaud Donnedieu de Vabres (19 février 2007)

Tout d’abord, et je vais sans doute en surprendre vu le réquisitoire qui a été mené contre eux par Mme Delmas, je n’ai rien contre les labels, ni contre les "contrats pour l’amélioration de la qualité" (grosso modo : labels d’Etat élaborés en concertation et se distinguant par la marque "Approuvé").

Pour faire simple, les labels sont des certifications répondant à un cahier des charges, assurées par un organisme privé ou public, fixant son cahier des charges librement. Le contrôle s’opère contre rémunération, et la crédibilité de l’organisme dépend directement de sa rigueur (avec les risques de dissimulation et de corruption que cela entraîne, certes). Ici, nul n’est forcé d’adhérer au label. Ne pas avoir de label n’entraîne aucune discrimination. Bref, ça tire vers le haut sans couler ceux qui sont hors du système (personne ne trouvera à redire quand il y aura des labels "garanti sans OGM", le consommateur doit pouvoir choisir en confiance et avec discernement, et c’est lui qui accordera ou non sa confiance à tel ou tel label).

Les risques émergent dès que des interrogations sur la probité du contrôleur surviennent, ou que l’obtention d’un label ouvre droit à une subvention (là c’est du pur clientélisme qui gangrène tous nos partis, y compris l’UDF), ou que la non-obtention d’un label entraîne un risque pour la perrenité du site (interdiction, etc.).

En tout cas, je trouve l’idée très bonne, mais je considère que le secteur privé doit jouer un rôle crucial dans cette normalisation, et que les sites non labellisés ne devraient pas subir de conséquence financière ou juridique à leur encontre (laissons l’internaute décider).

Il me semble que la crédibilité d’un article dépend déjà des liens et des références qui y sont faites, exactement comme dans un travail universitaire. Sur AgoraVox, les articles les plus repris, les mieux notés sont généralement les mieux documentés (par exemple, les articles de Forest Ent, j’en passe et des meilleurs).

Bref la labellisation pourrait être un problème, mais ne devrait pas en être un... à part si les bibliothèques, centres de documentation, cités universitaires, cybercafés et autres n’autorisent la navigation qu’auprès des sites labellisés. Cessons là : je ne veux pas donner d’idées que je n’aimerais pas voir mises en oeuvre.

2 Projet de loi sur la prévention de la délinquance (13 février 2007)

En ce qui concerne le projet de loi sur la prévention de la délinquance, ne vous semble-t-il pas étrange que celà arrive juste avant les élections ?

Et si c’était pour empêcher que ne soient buzzées les violences policières qui pourraient suivre les élections ? Ou lutter contre la vidéo-surveillance inversée que permettent les nouvelles technologies ? Ça n’a bien sûr aucunement à voir avec la "Cow-boy attitude" qui règne actuellement chez les forces de l’ordre, qui tendent de plus en plus vers le modèle des SWAT...

3 Projet de décret pour la création d’une commission de déontologie d’Internet (31 janvier 2007)

C’est encore une fois un danger uniquement potentiel. quel sera l’impact réel de cette labellisation, ou de ce refus de labelliser ? C’est la question à laquelle il faut répondre pour comprendre quelle pouvoir sera donné à cet organe, vous l’avez compris, politisé.

Les parents vont-ils utiliser cette accéditation comme référence ?

Les fournisseurs d’accès s’y réfugieront-ils quand leur responsabilité sera mise en cause de tous les côtés ?

Et quid des administrations, des cybercafés, des accès collectifs (comme les réseaux WiFi gratuits coopératifs qui surgissent un peu partout) ?

Conclusion

Bref, vous l’aurez compris, la stratégie est globale, opaque, et pourtant simple :

1 Absence de Safe Harbour, à l’américaine, pour limiter la responsabilité civile et pénale des FAI, des serveurs, des hébergeurs.

2 Multiplication des responsabilités et incriminations, à tous les échelons.

3 "Ceux qui ont à se reprocher" seront nettement plus visibles : ils se verront refuser leur label, ou leur accréditation.

4 Passage de lois rendant tout le monde coupable ou presque (88% des Français avaient en 2005 de la musique copiée chez eux, et la tendance logique est à la hausse).

5 On frappe vite et fort sur le porte-monnaie des fournisseurs de moyens, en leur donnant la possibilité de se dédouaner s’ils restent docilement dans les sentiers battus que l’Etat a tracé pour eux.

6 La synergie entre culpabilité de tous et moyens répressifs permet à l’excécutif de désigner à une Justice débordée les cibles à abattre, à la tête.

Bref, une stratégie diablement efficace.

Nous assistons à un processus original de destruction des droits fondamentaux : on laisse le citoyen les monnayer librement contre de l’argent ou de la sécurité. Si certains droits fondamentaux ne regardent que ceux qui les cèdent (par exemple, la cession de sa vie privée contre des bons d’achats par le système des cartes de fidélité des grands magasins), d’autres sont particuliers puisqu’il n’existent que si tous en ont l’usage. Nous pourrions faire obstacle à la plupart des atteintes aux libertés individuelles qui nous menacent. En n’accordant aucun crédit à la labellisation, en comptant davantage sur notre esprit critique que sur une certification par un tiers...

Le véritable danger à terme est là : l’exclusion des libertés fondamentales du débat public, oserai-je dire des préoccupations des citoyens (en cela la télé-réalité a joué son rôle). Résister à cette érosion est l’affaire de chacun, et l’affaire de tous.

Merci, Mme Delmas, d’avoir contribué par cet article à leur retour sur le devant de la scène.

Crédit Image : Reporters sans frontières.



30 réactions


  • Marsupilami Marsupilami 22 février 2007 13:05

    @ Johan

    Utile contrepoint à l’article de Quitterie.

    Si tous les citoyens étaient autonomes, responsables et avisés, il est évident qu’ils ne tiendraient pas plus compte des sites labellisés que des non-labellisés.

    Mais ce n’est pas le cas. Le risque est grand que, par un réflexe moutonnier et conformiste, la majorité d’entre eux se tournent vers des sites officiellement labellisés qu’ils estimeront plus « sécurisants »... et qui risquent de devenir d’idéales caisses de résonance (et non de raisonance) pour la propagande gouvernementale.


    • TB (---.---.21.162) 22 février 2007 17:03

      Waouh, super commentaire !

      Je suis content d’apprendre que, toi aussi, tu t’apprêtes à voter Bachaud et sa démocratie directe en ajout de la Constitution. çà fait plaisir, si si j’insiste !


  • (---.---.38.189) 22 février 2007 13:07

    Vous venez de caractériser l’action principale qui aura marqué le quinquennat qui s’achève et qui aura brillament été mise en oeuvre par notre ministre de l’intérieur, avec l’appui des grands médias.


  • Quitterie Delmas Quitterie Delmas 22 février 2007 13:14

    Cher Johan, à mon tour de te remercier de nous permettre de voir sous un autre angle cette thématique qui nous tient à coeur. Je suis particulièrement heureuse de voir notre extrême vigilance et solidarité quant à ces dérives potentielles. J’ai été très émue devant mon écran hier suite aux nombreux commentaires. La sauvegarde de notre liberté d’expression est l’affaire de tous. Merci à toi de mettre un peu d’optimisme sur ce sujet très inquiétant. Tous les points de vue sont complémentaires, c’est comme cela que nous serons plus forts pour défendre nos espaces de liberté.


    • TB (---.---.21.162) 22 février 2007 16:46

      J’ai écrit que Quitterie avait raison de dénoncer cette menace au-dessus d’internet mais que Bayrou s’il accède au pouvoir trouvera lui aussi un cheval de Troie pour le contrôler comme le souhaite aujourd’hui un Donnadieu de Vabres ou un Baudis (bref tous ceux qui accèdent au pouvoir, à droite comme à gauche, dans notre pays déjà et depuis toujours anti-démocratique, pas comme en Suisse).

      J’ai écrit aussi et à l’occasion j’aime me repéter :

      Un article sur « internet menacé » écrit par une Quittterie bayrouiste qui lorgne un mandat de députée UDF aux prochaines législatives, permettez-moi de dire que ça sent l’arnaque. Encore une hypocrisie politicienne préparée pour endormir les masses et suggerer « vous voyez je ne suis pas méchante, j’ai même défendu la liberté, votez pour moi, ayez confiance et paf dans le fion » .


    • TB (---.---.21.162) 23 février 2007 00:09

      Oui je vois un autre biais : cela s’appelle Référendums d’Initiatves Citoyennes ou démocratie directe à l’échelle de la nation comme d’une municipalité. 1% de la population électorale peut, moyennant RIC, faire adopter une nouvelle loi ou en faire supprimer une jugée inepte ou liberticide. (système qui existe en Suisse depuis plus de 150 ans et la Suisse se porte bien merci, mieux que la France en tous cas).

      Evidemment, pour reprendre les termes de Marsupilami, la démocratie directe s’adresse aux citoyens « autonomes, responsables et avisés » et non au « réflexe moutonnier et conformiste qui se tournent vers des sites officiellement labellisés qu’ils estimeront plus »sécurisants« ... et qui risquent de devenir d’idéales caisses de résonance (et non de raisonnance) pour la propagande gouvernementale. »

      Pas besoin donc de députéEs exclusivement pour changer et faire bouger les choses ...


    • TB (---.---.21.162) 23 février 2007 11:58

      Que pense Bayrou de la démocratie directe en ajout de la Constitution ? Il serait d’accord sur le principe, c’est à dire x signataires pétitionnaires pour faire adopter ou faire supprimer une loi par référendum. Ok c’est dans son projet de Constitution article 11 .... Sauf que voilà toute la malice et l’hypocrisie de ton ami Bayrou. En Suisse le nombre de signataires exigés est égal à, peu ou prou, 1% de la population inscrite sur les listes électorales. Bayrou la propose, en effet, et tu sais à combien ? à 5% ... !!! Cela s’appelle du grand foutage de gueule car les français n’étant pas habitués à la démocratie directe, même 1% seulement (430 000 signatures) ça va pas être évident au début. Imagines alors pour 2,15 millions !!! C’est pas fini : Bayrou la propose OK encore .... mais à condition de ne pas se mettre en désaccord avec la Constitution Européenne !!! Ici on atteint le sommet du non-sens ! Autant ne rien proposer dans ces conditions. Bayrou est un fils de pub de la plus pourrie qui soit. Je ne voterai jamais pour un homme si malhonnête et vicelard qui t’envoie de gentils sourires, comme sait le faire n’importe quel comédien, devant les caméras du prime and second time.

      Alors franchement, une Quitterie qui s’intéresse à la liberté du net, je n’y crois pas 1 seconde. C’est encore le même pincipe : on enfonce une porte ouverte dont on sait qu’elle suscite l’adhésion de tout le monde et hop on en profite pour s’accaparer toutes les vertus. Je le répète : dénoncer un système ne signifie pas forcément qu’on s’en démarque soi-même ...

      Je voterai pour Bachaud qui propose, lui, clairement les RIC et sans conditions à 1%. Et s’il n’obtient pas les 500, ce sera pour un autre qui propose la même chose qu’Yvan Bachaud


    • ChristianB 21 mars 2007 13:28

      Dire que la saisine directe par le peuple (à 5%) serait un « foutage de gueule » n’est pas juste. J’ai commencé à bidouiller en informatique il y a pas mal d’années. On faisait des programmes en basic. L’internet était à ses débuts et cafouillaient. Aujourd’hui, regardez le nombre de sites personnels, le nombre de blogs, le nombre de forums. Celui qui n’a pas compris que l’internet deviens le média incontournable va devoir revoir sa copie. Je pense que si le sujet concerne beaucoup de gens la fameuse pétition prendra vite de l’ampleur. Si l’individu est pris en compte et identifié numériquement pour le rendre responsable. Il sera obligatoirement pris en compte et sa signature numérique reconnue. Je pense que si 2,5 million de mails arrivent par exemple au conseil constitutionnel, la demande sera prise ne compte. Nous sommes loin du temps où les pétions se faisaient en déambulant sur la place du marché.


  • Briseur d’idoles (---.---.168.182) 22 février 2007 13:16

    Qui menace la liberté d’expression ?

    Toujours les mêmes évidemment !!


  • LaEr (---.---.126.214) 22 février 2007 13:17

    « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre. » Thomas Jefferson


  • (---.---.156.182) 22 février 2007 15:05

    Bonjour Johan.

    La Liberté ! Sommes-nous trop gourmands ? Ou pas assez...

    Peu importe ! Un tournant a été pris avec l’essor du réseau depuis les années 80. Les questions étaient déjà posées, mais rappels-toi nous étions des extra-terrestres...

    Maintennant, c’est trop tard ! Le gouvernement ne la pas compris. Même pas grave. L’immatériel a ses raisons que les lois ne changeront rien.

    Le P2P a déjà gagné ! depuis longtemps déjà. De plus, il est devenu un incontournable protocole aux multiples utilisations. (ex. : Google gére 145 OOO ordi...) L’interdire pour le grand public n’a aucun sens, si ce n’est que d’afficher son ignorance.

    Le label ? Je n’y crois pas. Les dérives nous les connaissons par expérience.

    C’est bien le contrôle de l’information qui est l’enjeu ! Nous qui critiquons la Russie depuis 50 ans ! Nous ne valons pas mieux, c’est triste.

    Je viens de lire la circulaire DADVSI ou plutôt DAVDSI. Un Ovni supplémentaire. Je ne suis pas juriste, et heureusement. Nul n’est censé connaître la loi me convient de mieux en mieux. De toute façon, les lois sont faites pour être détournées, et avec l’info c’est si facile...

    Quant au rapport Tessier... OUF ! et ce n’est qu’un point de vu.

    (déjà posté, sur Notre gouvernement fait planer de nouvelles menaces sur la liberté d’expression et Internet...)

    Quelques réflexions à chaud :

    — 5 à 10 ans de retard ! Il fallait réagir avant, avec cette approche méthodique bien que le technique y soit trop peu abordé pour comprendre cette évolution hors-norme)

    — Si vous êtes assidu à Agora en autres, vous n’apprendrez pas grand-chose ! Mais à lire tout de même.

    — confirmation officielle du malaise des médias, et pas simplement des majors comme Dadvsi prétendait. Les réactions ne vont pas tarder à tomber, bien que les pros sont déjà au courant puisqu’ils ont participé et en subissent les conséquences.

    — Vision extérieure réaliste, vision intérieure opaque, mais assez bien documenté.

    — D’autres secteurs vont maintenant faire leurs bilans... Boum !

    — Augmenter les points de vente, pour gérer les invendus !?

    — Aider l’AFP ? Tiens tiens, ils ont un problème de monopole ?

    — TVA réduite 2,5% ? Pour les CD aussi ?

    — Fini les subventions ! Place aux dons et aux fondations ! Ça me rappelle quelques choses du style Open Source...

    — Un Label certifié conforme ? Patenté mensonge d’État, Internautes en délires, la vérité vraie, le vrai faux, le faux vrai, censuré virtuellement...

    — Pour ceux qui doutent du 5°, ils leurs restent l’UMPS et peut-être même Bayrou...

    — pour ceux qui comprennent le 5°, ils savent que le monde ne sera jamais plus comme nous l’avons connu.

    — Pour ceux qui veulent l’utiliser, ils n’ont rien compris au film...

    — Je rappellerais tout de même à certains, nous n’avons encore rien vu de cette évolution majeure sans précédent. La maîtrise de l’info passe par la maîtrise de la technique et du réseau. Il n’y a pas de sécu et qu’il ne faut jamais mettre tous les œufs dans le même panier.

    — La France se doit d’investir massivement ? Un peu tard, non ? Elle ferait mieux de s’ associer avec des partenaires fiables, si elle veut garder son indépendance. Et l’Open Source reste la seule logique qui lui permettra de combler son retard. Maintenant ! pas dans 10 ans ! Mais pour cela, Dadvsi à la poubelle et vite ! Trés vite, ou bien crevons la bouche fermée... Hélas, j’ai bien peur que nous ne mesurons pas encore l’étendu des dégâts, preuve les amendements...


    • bulu (---.---.1.42) 22 février 2007 17:51

      Tres bon commentaire, j’aurais aime l’ecrire.


  • Cosmic Dancer (---.---.31.236) 22 février 2007 15:19

    @ L’auteur :

    Merci beaucoup, ainsi qu’à Quitterie Delmas pour son article d’hier sur le même sujet.

    Je rappelle qu’en ce moment même, un professeur en collège de ZEP en attente d’une mesure disciplinaire a dû fermer son blog « honnête et rigoureux [qui] a toujours pris le parti de préserver l’anonymat de tous, des élèves du collège jusqu’à celui des professeurs, en passant par les décisions prises au sein de la structure éducative (anonyme elle aussi) » : http://ecotez.free.fr/article.php3?id_article=183


  • Forest Ent Forest Ent 22 février 2007 16:19

    Bien essayé, Johan, mais tu ne peux pas faire rougir un ent. Nous restons verts même quand nous perdons nos parures.

    Je dois dire que je suis très impressionné par la lucidité de cet article, qui formalise enfin clairement un point qui restait pour moi un peu brumeux.

    Tu as tout à fait raison. Faute de pouvoir organiser le net, d’aucuns essayent d’organiser le non-droit sur le net.

    Mais je serais plus sévère que toi sur cette histoire de label. Les économistes disent que la mauvaise monnaie chasse la bonne. Les mauvais labels chassent les bons. C’est comme les « bon pour la santé » que l’on voit sur tous les pots de malbouffe.

    Sous prétexte de nous protéger des mauvais pesticides, une loi a instauré une sorte d’agrément qui fait que l’on n’a plus le droit de prôner l’eau chaude salée comme désherbant. Bien sûr, tout le monde continue à le faire, mais c’est, comme tu le signales, du non-droit organisé.

    Cette démarche ne peut nous amener que des soucis. Il ne faut pas la sous-estimer.


  • Marie Pierre 22 février 2007 16:36

    Vous précisez bien, en argument contre la labellisation, « à part si les bibliothèques, centres de documentation, ». C’est justement le principal risque de la labellisation. Nombreux sont ceux qui, dans les établissements scolaires, attendent une étiquette qui leur retirerait toute responsabilisation.

    Alors, quid des blogs de classes ? Quid de l’enseignement partagé tel qu’il existe actuellement au Québec ? Devront-ils payer pour avoir une certification ?

    On voit bien, dans le secteur agricole et alimentaire, que les produits labellisés répondent à un cahier des charges, mais que le producteur qui le refuse, propose souvent des produits d’aussi bonne qualité, sinon meilleure (et je pense notamment aux maraîchers qui produisent du bio sans en avoir l’étiquette).

    La télé n’est pas labellisée, on y trouve vraiment de tout, à la portée de tous. On voit que les infos les plus suivies sont sur TF1, par suivisme, parce que c’était la première télé. Mais ce n’est plus la télé des 3 Pierre (Dumayet, Desgraupes et Lazareff).


  • Yves (---.---.95.151) 22 février 2007 17:37

    Bonjour ,

    à JOHAN =

    Dans le cadre de la liberté d’expression ... sur AGORAVOX ... ,
    - je signale , qu’aujourd’hui , un long article rédigé par PIERRE R. de Montréal , intitulé « GOUVERNER AVEC OU SANS DIEU » ... , très clair et très bien documenté , consacré au fondamentalisme religieux effarant d’une « certaine Amérique » , en général ... , et de l’Administration BUSH , en particulier ... ,
    - publié dans la rubrique POLITIQUE ... ,
    - a soudainement disparu ... , sans explication ......

    Cet article a t-il été enlevé à la demande d’une censure extérieure ... , de fondamentalistes indisposés par l’exposé de certaines vérités ... ???


    • ZEN zen 22 février 2007 17:54

      @ Yves

      Bravo de réagir. C’est ici le lieu. Cette « disparition » fait déjà grand bruit. Pierre et nous-mêmes nous posons des questions. Il est temps de lever l’équivoque , pour le bien de NOTRE Avox...


    • (---.---.138.115) 22 février 2007 19:16

      « Cet article a t-il été enlevé à la demande d’une censure extérieure ... , de fondamentalistes indisposés par l’exposé de certaines vérités ... ? ? ? »

      Affirmations gratuites et sans fondement, racontez des mensonges il en restera toujours quelque chose. Ce n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler de l’honnêteté intellectuelle !

      D’autant que la rédaction a précisé ses raisons (bonnes ou mauvaises ce n’est pas le l’objet de mon post), relayée par l’auteur sur son article suivant :

      "J’ai fait parvenir une demande à l’équipe de rédaction pour connaître la raison du retrait de l’article. Voici l’explication :

      Votre article « Gouverner avec ou sans Dieu » que nous avons publié ce matin a été retiré en raison de non respect des droits de copyright. De larges extraits d’un texte de Dick Howard (http://pages.globetrotter.net/... ne sont pas crédités et apparaissent comme étant de votre propre plume ;

      Merci de nous donner des explications et de rectifier l’article. " , message complet ici

      Rien à voir donc avec « une censure extérieure » ou de quelconques « fondamentalistes indisposés par l’exposé de certaines vérités » !

      Cela montre bien les dérives possibles qu’il y a à laisser des media citoyens permettre la diffusion d’informations qui peuvent être tronquées voire comme dans ce cas complètement fausses ..

       smiley smiley


    • L'équipe AgoraVox L’équipe AgoraVox 22 février 2007 20:09

      Aucune censure en effet... Voici la réponse que nous avons posté dans l’autre article de l’auteur :

      "Pour tout vous dire, l’article était à deux doigts d’aller à la une... Quand on s’est rendu compte, avec nos vérifications habituelles, qu’il y avait beaucoup de citations non sourcées mélangées au texte. Impossible de faire la différence.

      On a donc envoyé un mail vers 12h et n’ayant pas eu de réponse on l’a enlévé vers 15h je crois.

      Si c’est une erreur de mise en page de votre part, je vous invite à resoumettre le texte en mettant les citations entre guillemets avec la bonne source.

      Je vous rappelle que vous comme nous, sommes responsables juridiquement des articles publiés."


    • Cosmic Dancer (---.---.31.236) 22 février 2007 20:26

      @ La rédaction d’AVox :

      Excusez-moi, mais j’insiste. Dans votre courrier de réponse à l’auteur vous parlez de « larges extraits d’un texte de Dick Howard », dont il suffit de lire l’article intégral pour constater que ce n’est pas le cas.

      Et ce soir vous évoquez « beaucoup de citations non sourcées mélangées au texte ». Pourriez-vous nous préciser à quoi vous faites allusion ?

      Je ne souhaite pas alimenter un affreux doute, précisément, et je ne doute pas que lors de vos vérifications, vous aurez relevé l’ensemble des éléments plagiés.

      Merci.


    • (---.---.138.115) 22 février 2007 23:13

      Toute cette histoire semble tourner au ridicule. Pierre R auteur de l’article disparu est très « ennervé » et risque de partir ce qui serait une perte pour agoravox. Voila son dernier message sur le sujet :

      "par Pierre R. - Montréal (IP:xxx.x1.231.186) le 22 février 2007 à 22H44

      Je viens de faire parvenir ce courriel à la rédaction Votre courriel a été posté à - Thu, 22 Feb 2007 14:31:41 -. L’article aurait été retiré à ou vers 15 h. Je n’ ai reçu qu’un seul de la rédaction. Il est faux de prétendre que j’ai reçu deux courriels de votre part : On a donc envoyé un mail vers 12h et n’ayant pas eu de réponse on l’a enlévé vers 15h je crois. L’expression je crois rend dubitative votre affirmation.

      Vous écrivez : « Quand on s’est rendu compte, avec nos vérifications habituelles, qu’il y avait beaucoup de citations non sourcées mélangées au texte. Impossible de faire la différence ».

      Dans le courriel que j’ai reçu, vous écriviez : « Votre article « Gouverner avec ou sans Dieu » que nous avons publié ce matin a été retiré en raison de non respect des droits de copyright. De larges extraits d’un texte de Dick Howard (http://pages.globetrotter.net/...ne sont pas crédités et apparaissent comme étant de votre propre plume ; Merci de nous donner des explications et de rectifier l’article ».

      D’une citation de Dick Howard, vous remettez maintenant en cause l’économie complète du texte. C’est votre décision.

      Vous écrivez : « Je vous rappelle que vous comme nous, sommes responsables juridiquement des articles publiés ».

      Je vous rappelle que je suis également responsable de ma propre gouverne. Étant en profondeur désaccord avec cette façon de faire, je n’ai d’autre choix que de mettre fin à cette collaboration.

      Pierre R. "

      Ce serait dommage qu’un auteur de plus quitte Agora pour des bêtises. Ne peut on rien faire pour arranger cette sombre affaire pour que Pierre reste parmis nous ?


    • Cosmic Dancer (---.---.31.236) 22 février 2007 23:21

      @ IP 37 :

      Les arguments développés par le comité de rédaction sont suffisamment graves pour exiger qu’ils soient étayés, ou que l’on reconnaisse qu’il fut erroné de faire disparaître l’article. J’avoue que cette histoire me laisse d’autant plus perplexe que, selon la charte éditoriale, les articles sont dûment vérifiés avant publication, non après.

      Je trouve vraiment dommage aussi qu’un auteur décide de ne plus collaborer, mais je le comprends. Il est insultant, sur une telle plateforme, d’être accusé de plagiat. Passe encore sur un blog personnel... Pas sur un journal citoyen. Pas sans étayer cette accusation.

      Attendons demain, en espérant que la lumière soit faite. Alors Pierre aura-t-il peut-être envie de revenir.

      Bonne soirée à vous.


    • mcm (---.---.121.69) 23 février 2007 09:39

      @L’équipe d’agoravox,

      « Aucune censure en effet »

      Régulièrement des articles et des commentaires disparaissent sans aucune explication et vous avez le toupet d’affirmer qu’il n’y a aucune censure !!!!

      Mensonge et hypocrisie ! En fait vous supprimez tous les articles et posts qui ne cadrent pas avec vos opinions, et vous laissez ceux mêmes très mauvais qui corroborent vos opinions.

      J’en veux pour preuve que je n’ai jamais vu sur agoravox un seul article pro FN ou anti IVG.

      Rien ne vous interdit d’obéir à une ligne éditoriale, mais c’est une moquerie que de tromper le lecteur en lui faisant croire à une absence d’orientation.


    • Yves (---.---.95.151) 25 février 2007 14:51

      L’article de PIERRE R. est revenu ... , et c’est le principal ...

      Ceci étant , s’agissant du post ci dessus ( IP xxx 37.138.115 - 22 février à 19h.16 - ) ... je me permets de répliquer à son auteur ANONYME ... :
      - « censure de fondamentalistes » ... = c’était de l’ HUMOUR ... , tout le monde l’aura compris ... , sauf vous ...
      - Mon post est antérieur à celui de Carlo REVELLI ( 22 février 2007 à 23h.13 ) donnant à PIERRE R. l’explication de l’embrouille ... , sur la page de son autre article « ISRAEL , QUI GOUVERNERA DEMAIN » ...
      - Enfin , comme l’ont amplement démontré PIERRE R. et COSMIC-DANCER dans leurs répliques ... , les explications de « l’équipe d’AGORAVOX » pour justifier ce retrait ... étaient foireuses ...


  • Johan Johan 22 février 2007 20:11

    A Tous,

    Merci de vos réactions, je les ai toutes lues attentivement.

    Je voudrais m’excuser auprès de ceux qui m’ont réclamé mon mémoire : m’étant fait dérober mon ordinateur portable, il me faudra quelque délai.

    A bientôt


  • moebius (---.---.221.158) 22 février 2007 21:11

    Oui en effet, pas de censure pas de plaisir...


  • P.C. (---.---.120.87) 23 février 2007 01:18

    Tout d’abord, l’article de Quitterie est execellent, au moins à deux points de vue : c’est une des premières réactions visibles qui présente le triptyque du gouvernement, d’une part, et d’autre part, au vu de la date de publication, je suppose que cette synthèse a démandé un travail important, dans l’urgence. Cela est méritoire, les internautes engagés qui font de la veille, de l’information, voire de la mobilisation, l’auront compris immédiatement. Merci Quitterie, donc.

    Cela étant, je voulais surtout intervenir sur le point 4 de la conclusion de cette tribune : « 4 Passage de lois rendant tout le monde coupable ou presque (88% des Français avaient en 2005 de la musique copiée chez eux, et la tendance logique est à la hausse). »

    Il y a la un point de vue assez _éclairant_. Tous les internautes qui suivent de près les processus législatifs depuis quelques années arrivent nécessairement en analysant les textes produits à se demander ce qui peut bien se passer dans la tête de ceux qui les fabriquent pour qu’ils en arrivent à tant de partialité ou d’aveuglement (j’euphémise).

    On peut alors être amené à faire l’hypothèse que s’est peu à peu installée dans leur esprit une espèce d’évidence plus ou moins inconsciente (j’oxymorise) : la présomption de culpabilité généralisée. Tout se passe comme si l’ensemble des citoyens de ce pays étaient a priori coupables. Et là, tout devient cohérent...

    Je (dois) casse(r) un drm pour lire un dvd : je suis un pirate (jamais il ne leur viendrait à l’esprit que je veuille simplement lire le dvd que j’ai acheté sur mon pc/linux).

    Je publie une vidéo violente : je suis un ignoble happy slapper, ou complice de happy slapper, voire pire même pas complice parce que la complicité de complicité ça coince en droit, et donc ce sera 5 ans (jamais il ne leur viendrait à l’esprit que je veuille simplement témoigner en tant que citoyen, informer mes concitoyens de faits que j’estime ne pas devoir avoir lieu dans une démocratie, par exemple).

    On pourrait trouver de nombreux exemples. Et ce phénomène de suspicion systématique envers les citoyens n’est pas un signe de bonne santé pour une démocratie.

    Pour en revenir à la répression du happy slapping : distinguons -comme d’habitude- la toute petite minorité de ceux qui savent _parfaitement_ ce qu’ils font lorsqu’ils rédigent les projets de lois ou directives, de notre majorité parlementaire victime de suspicite aigüe, voire porteflinguisée pour les plus récalcitrants....

    Hormis donc la minorité de petits malins (j’euphémise derechef), on a de nouveau vu un symptôme désormais classique s’exprimer : La majorité parlementaire a donc décidé de partir en guerre contre le « happy slapping »... En oubliant un détail : Au fait, qu’est-ce que le happy slapping précisément ?

    cf à se sujet les enfilades sur happy slapping vs vidéo lynchage lors des débats. Mais comment peut-on légiférer en utlisant des mots qui ne sont même pas clairement définis ?

    Inéluctablement, à un moment ou à un autre du débat, ça coince. Alors à ce moment, on peut faire une exception pour les journalistes « professionnels » ou pour ceux qui auraient envie d’établir des preuves pour la justice... Mais, quand la chambre est de mauvaise qualité(...je sais...), une rustine ne suffit pas.

    Et notre majorité parlementaire est tellement obnubilée par sa suspicite aigüe, que pas une seconde elle n’imagine que ce faisant, elle menace de cinq ans de prisons d’honnêtes citoyens qui voudraient simplement témoigner ou dénoncer publiquement, sur internet, des faits qu’ils estiment inacceptables. Ou qui voudraient simplement enrichir une encyclopédie (en ligne, au hasard). Et dire que les historiens dans une ou deux générations auraient pu avoir un travail facile.....

    Bref. Tous les gens à qui je parle de l’article « happy slapping » sont incrédules, disent que c’est de la parano, et que bien évidemment le législateur ne vise que le happy slapping...

    Ah oui ?

    Où est-ce écrit dans la loi ?

    Nulle part.

    —  P.C.


    • Forest Ent Forest Ent 23 février 2007 12:04

      Très juste. Et la formule de Johan est excellente. Toutes ces lois d’apparence idiote et incompréhensible ont une logique : organiser le non-droit, faire en sorte qu’au fond on n’ait rien le droit de faire sans que rien ne soit explicitement interdit, mais tout soit suggéré. Mauvais textes remplis de mauvaises intentions. « L’accaparation » du net se met en place.


    • Yves (---.---.95.151) 25 février 2007 15:24

      Oui et , bientôt ... , avec les projets d’un certain candidat à l’élection présidentielle ( qui aimerait bien contrôler les médias ... ) , on atterrira à l’asile ... pour déviationnisme ...... http://www.groupeinfoasiles.org/


  • ChristianB 21 mars 2007 13:11

    Contrôler, contrôler.....

    La censure ne peut être que limitée, même si quelquefois cela dure longtemps. Le peuple met quelquefois du temps, mais il arrive toujours à ses fins. Il y a eu l’explosion des radios libres, au début les services de polices sont intervenus. Puis devant la « floraison » brutale ont lachée prise. Certains dirons oui, mais ils ont réussi a faire taire celle qui génaient. Chacun sait qu’il existe toujours une radio libertaire dans son coin (ce n’est pas mon truc). J’en connais une dans le 04, radio Zinzine (pas triste,certains aiment). Ceci pour dire que dès l’instant (et c’est le cas pour tous) où l’auteur est identifié il assume ses écrits. N’oublions pas que chez nous le délit d’opinion n’existe pas. Donc même s’il y a tentative de récupération, d’autres moyens d’expressions vont apparaître. Regardez simplement l’explosion des téléphones portables et de l’usage qui en est fait.


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