Mondialisation : vers la paix perpétuelle
Un processus de mondialisation est en cours. Il fonctionne avec efficacité par ce que les élus des Démocraties ne possèdent plus le pouvoir effectif. Le pragmatisme financier prend la place des théories. Est-ce la bonne voie pour éviter les désastres écologiques qui attendent les générations futures ?

MONDIALISATION : VERS LA PAIX PERPETUELLE ?
Pour obtenir une paix perpétuelle, il faut impérativement qu’il n’y ait qu’un seul type de « citoyens du Monde ». Si deux groupes coexistent, cela se traduira à plus ou moins long terme par des tensions, des rivalités et finalement des guerres. Il suffit pour s’en convaincre de feuilleter un livre d’histoire. Des croisades de Saint-Louis jusque, beaucoup plus récemment, le « remodelage » des modes de gouvernement des Etats appartenant au Grand-Moyen-Orient (guerre d’Irak de 2003, de Libye en 2011, révolutions de divers pays arabes…), il est établi que la coexistence de structures dissemblables conduit inévitablement à des heurts.
Existe-t-il une structure qui permette une paix perpétuelle et universelle en s’imposant à toutes les autres ?
Un mode de gouvernement donné ne garantie absolument pas qu’il puisse être par essence juste ou injuste. Un monarque absolu peut se révéler et débonnaire et proche des démunis tout comme il peut devenir un tyran sanguinaire. Le gouvernement par la multitude peut conduire à l’anarchie, ou à la démocratie. Des révolutions permettent l’établissement de républiques pacifiques ou féroces. Dans tous les cas précédents, ce sont des « croyants » qui ont été au cœur des événements, les uns croyaient au Ciel, d’autres en l’Homme, d’autres encore seulement en eux même, ils étaient sincères ou non mais des idées transcendantes les guidaient pour essayer de dominer. L’obéissance aux idées transcendantes permettait de faire respecter la discipline nécessaire. La paix qui aurait pu succéder aux combats n’a jamais été atteinte par ce biais, les guerres ne firent que succéder aux guerres.
Les « croyants » ayant échoué, est-il possible d’envisager une autre façon d’agir et quelles pourraient être les conditions qui permettraient l’obtention d’une « paix perpétuelle » et universelle ?
Une tentative de domination universelle liée plus spécifiquement aux démocraties occidentales et anglo-saxonnes émergea récemment. Une démocratie associe le peuple aux décisions, le plus généralement grâce à des élections. Deux partis politiques alternent au pouvoir pour légiférer sur les problèmes de société. Ceux qui décident réellement des grands équilibres par l’intermédiaire des techniques financières dictent leurs solutions sans être exposés au suffrage du « peuple ». Le gouvernement issu des élections fait de son mieux pour panser iniquités et extrême pauvreté sans (trop) offusquer les classes « aisées » qui abondent son budget (d’où les notions de droite et de gauche, selon la position du curseur). Le rôle qui reste dévolu aux hommes politiques est proche de celui d’assistante sociale. Se rendre aux côtés des victimes de malfaisance ou de catastrophe fait également parti du travail des élus.
Mais les attentes sociales des électeurs ne peuvent par essence pas être pleinement satisfaites. Dans une démocratie dirigée par des élus, demander des efforts aux électeurs est inenvisageable en dehors de périodes cataclysmiques. Les dépenses publiques augmentent donc bien plus rapidement que les recettes et le recours à l’emprunt est inévitable. Ceci conduit à l’apparition d’immenses déficits publics. Ces dettes sont tellement colossales qu’elles ne seront jamais remboursées mais ceci arrime encore plus fermement les Etats aux places financières. En effet, les populations des Nations vertueuses, qui refusent les jeux financiers, auront des niveaux de consommation moins élevés que les autres plus dispendieuses, ce qui conduira à terme à la révolte des populations. Les hommes à poigne deviennent alors vite, lorsqu’ils ne le sont pas déjà, des tyrans ou des despotes aux yeux de l’opinion. Les « élus » ne jouent donc qu’un rôle mineur dans une homogénéisation des sociétés, les mécanismes purement financiers suffisent. Les idéologies, les philosophies, les religions deviennent obsolètes se réfugient dans des cénacles
La tendance de tous et de chacun à se précipiter vers les jouissances immédiates au détriment de la maîtrise de soi et de la méditation est difficilement contestable. Une société politico-financière laissera chacun « libre » de suivre cette inclination en faisant l’hypothèse qu’une structure collective de régulation, surtout publique, ne ferait qu’empirer la situation. Les médias, sous toutes leurs formes, privilégient de montrer des surdoués, des hommes athlétiques, des femmes de rêve afin que l’on tende à leur ressembler. Il est facile de prédire le résultat : quelques uns deviendront sages et sportifs, la plupart obèses. Il est postulé que chacun trouvera ainsi la place pour laquelle il était destiné.
L’homogénéisation sociétale ne nécessite donc pas dans ce cadre autorité ou contrainte, il suffit de laisser les choses suivre leur cours « naturel » selon une logique politico-financière qualifiée généralement de démocratique. …
Il suffit de regarder les programmes télévisés des Nations du monde entier pour s’apercevoir que si des différences de détail subsistent, les grands éléments structuraux sont identiques. La mondialisation est en marche, pas uniquement dans la finance et les entreprises mais aussi dans les coutumes alimentaires, vestimentaires, les habitudes musicales ou culturelles. Une démocratie qui ne dépend pas de valeurs morales peut dominer la totalité de la planète et réussir là où les croyants et les penseurs avaient échoué.
Une « concurrence libre et non faussée » est érigée en dogme de la mondialisation afin de régir les échanges entre les individus, les groupes, les entreprises. Voyons, dans un exemple, ce que les techniques actuelles et ce dogme permettent pour les générations futures.
L'évolution des populations fut longtemps confiée à la sélection naturelle qui permet de sélectionner les individus les mieux adaptés à un environnement donné. La femme formait un couple avec l’homme susceptible de donner une progéniture performante. Le Roman de la Rose décrit des formes plus raffinées impliquant l’amour courtois mais le but reste le même. Le degré de technicité des sociétés actuelles permet de muter vers un autre processus : la sélection scientifique. La famille n’est plus le paramètre pertinent comme cadre de perpétuation de l’espèce : des hommes ou des femmes ont accès aux enfants grâce à la procréation médicalement assistée ou la gestation pour autrui. Des analyses ADN peuvent même être conduites pour modeler au mieux le patrimoine génétique de l’enfant. Les gamètes potentiellement les plus performants (spermatozoïde, ovule) peuvent s’échanger au sein de centrales d’achat. Des manipulations génétiques sont envisageables pour améliorer encore les performances du futur nouveau né. Des jeunes femmes payées pour ce faire peuvent alors mener à bien la gestation. L’efficacité de la sélection scientifique dépendra du caractère judicieux des choix techniques et financiers faits à chaque étape.
Déterminer les avantages comparés des sélections naturelle ou « scientifique » nécessiterait un peu de temps pour être explicités. Une certitude cependant, la voie « scientifique » donne des résultats sur des temps infiniment plus courts que sa concurrente naturelle, quelques années à comparer à plusieurs dizaines de milliers d’années.
Admettons qu’une structure démocratique amputée d’idéaux puisse engendrer un monde globalement régi par les mêmes principes et animé par les mêmes ambitions ! Mais pour faire quoi …
Tous les décideurs de tous les pays savent que dans quelques dizaines d’années, la planète manquera de tout, matières premières, énergie, eau potable… Une voie politico-financière semble être proposée pour éviter le désastre annoncé. Est-ce la bonne ???



