Mourir et naître
Je tente ci-dessous et compte tenu de vos commentaires de préciser l’esprit de l’article "La mort est une amie", avec le risque de me répéter.
Je ne réfléchis pas quand j'écris un article ou un commentaire et le sujet me vient spontanément mais j'ai hésité à retranscrire ce qu'il m'était suggéré sur la mort.
AVANT TOUT, je tiens à préciser que l'article sur la mort n'est en aucun cas une incitation au suicide personnel ou assisté, chacun est responsable de sa vie et la Vie est un don précieux et peut être rare à un certain niveau.
Je viens de participer récemment en peu de temps à deux enterrements, l'un d'un de mes proche et l'autre de la mère d'une amie et j'ai essayé de retranscrire ce que j'ai perçu non pas sur ce qu’est la mort qui est une grande inconnue mais sur ce qu'elle n'est pas.
De même que nous ne pouvons rien connaître de Dieu et qu’il est vain et illusoire d’affirmer son existence ou son contraire, il en est de même de la mort qui échappe à toute démarche intellectuelle, nos connaissances sur la mort ne sont que ce que nos mémoires nous restituent, au mieux une expérience de pseudo mort.
Effectivement je ne maîtrise rien sur le sujet de la mort, rien non plus sur la NDE et je n'ai aucune intention d'y parvenir, mais si nous voulons à notre heure, dans l'intégrité, accéder consciemment à l'évènement final de cette vie qu'est la mort, nous ne pouvons l'envisager qu'en étant libre de tout a priori, personnellement je ne tiens pas à faire l'ultime pas en suivant une vision religieuse ou scientifique mais simplement en être humain.
Il me semble dérisoire de s'appuyer sur une croyance religieuse ou scientifique pour appréhender la mort.
Même si la NDE est pour certains cliniquement similaire à une mort, même si le cerveau s'est arrêté de fonctionner pendant un laps de temps, ce n'est pas la mort, il y a un retour à la vie ici-bas et le souvenir de l’événement qui est l’expérience, et pour ceux qui font des recherches sur le sujet, il est à noter que toutes les expériences de NDE ne sont pas agréables, certaines sont effrayantes et les souvenirs sont le reflet des croyances, des espoirs ou des attentes de l'expérimentateur.
Toutes les afflictions, les émotions causées par la disparition d’êtres chers ne sont pas la mort mais des réactions devant ce qui nous parait injuste ou inexplicables.
La mort est ce que la vie offre amicalement pour mettre un terme à toute chose et permettre ainsi le (re)nouveau. De même qu’un pas ne peut être fait que si le précédent est achevé, une expérience, fut-elle la perte d’un proche, ne peut être aboutie que si elle va à son terme sans laisser de souvenir psychologique, cela correspond à l’œuvre de la mort.
Nous pourrions appeler ce processus la petite mort et la mort physique, la nôtre, la grande mort mais il est possible de percevoir que c’est un seul et même processus et si avant l’ultime pas qui précède notre grande mort nous sommes accroché par égotisme à notre vie, alors la mort aura une orientation comme dans cette vie ici-bas, où nos pensées (et nos émotions) influent le cours de notre existence.
Comme chaque petite mort est une ouverture vers l’altérité, la grande mort ouvre sur l’inconnu, n’essayons pas de l’imaginer, nous ne pourrions que le limiter.
Nous naissons à la vie pour renaître et mourons pour mourir à nouveau.


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