mardi 22 mars - par Taverne

Nos quatre vérités

"Je vais lui dire ses quatre vérités". C'est une expression courante mais cette expression ne recouvre-t-elle pas une réalité ? J'y ai regardé de plus près et j'ai réfléchi à ceci : il semblerait que notre vérité soit effectivement composée de quatre sphères de vérités distinctes : notre vérité positive, notre vérité négative, notre vérité neutre et, enfin, notre vérité d'adaptation immédiate.

Nos quatre vérités

Notre vérité positive est tirée de la confiance et l'affection dont nous avons bénéficié. Je sais que chaque jour le soleil se lève, que mon ami m'est fidèle, que le sol est dur, que la gravité existe et que je ne risque pas de m'envoler subitement. Voilà pour la "bonne vérité positive" mais elle peut m'être inculquée à coups de récompenses et elle peut, en ce cas, s'avérer néfaste pour moi. Si j'obéis sans trop réfléchir, si je suis des maîtres à penser pour obtenir d'eux des avantages, de la reconnaissance, des libertés accordées, je suis dans une vérité de confiance qui me met en état de servitude. En Chine avec le contrôle social, nous pouvons constater ce phénomène de domestication des esprits. Mais dans nos pays d'Occident, nous ne sommes pas à l'abri non plus de céder au confort de la vérité positive aliénante. Suivre la doxa, répéter sans réflexion et sans nuance les messages ou slogans d'un parti, d'un média, d'un réseau social dit complotiste, tout ceci n'est pas propre à permettre à ma liberté positive de s'épanouir. Rien de trop, donc, comme disait les Grecs. La liberté positive peut aussi mener à la foi et dans ce domaine je ne m'avancerai pas.

Notre vérité négative est issue des émotions négatives et des expériences douloureuses ou décevantes. Nous construisons une vérité négative tirée de savoirs et de vécus qui nous montrent que la peur ou la colère sont aussi riches en enseignements que la joie ou la confiance. Les chats échaudés ont leur vérité négative. La peur de l'Autre peut être justifiée par mon éducation, mon milieu social, mes expériences scolaires difficiles, par exemple. Cette peur de l'Autre n'est pas sans fondement. Il s'agit bien d'une vérité pour moi. Je peux avoir peur de me tromper, de ne pas être accepté en société, d'être mal jugé, etc. La société montre tous les jours que cette peur a ses sources dans le réel. Le cynisme, la moquerie, le mépris ne sont pas des mythes. Ils opèrent quotidiennement. Je tire donc ma vérité négative de tout ce magma mais pour autant je dois veiller à ne pas choisir la voie de la facilité qui est de muer ma vérité négative en haine, en envie, en fanatisme. La vérité négative nous est quelquefois transmise par la voie de la punition. Le président de la République lui-même a utilisé en France ce moyen en punissant ceux qui ne voulaient pas se faire vacciner (alors même que la vaccination n'est pas obligatoire). Notre vérité négative issue de trop de punition agit comme le trop de récompense : elle nous aliène. Rien de trop, donc, comme disait les Grecs. 

Notre vérité neutre vient de la raison, de la logique saine, de l'observation objective de la réalité, de la discussion avec des personnes qui ne partagent pas notre point de vue. Elle vient aussi de ceux nous avons appris du monde grâce aux scientifiques notamment. La Terre est ronde ; elle n'est pas plate. Notre vérité neutre a été admirablement illustré par René Descartes avec son cogito et sa méthode.

Le cogito dit "je pense donc je suis" (ou sans le mot "donc"). L'accès à la vérité de l'intuition claire et évident est ainsi un travail personne, un effort sur soi-même. Le principe "nous pensons donc nous sommes" n'aurait pas de sens. Et pourtant, il existe beaucoup de gens qui préfèrent recevoir la vérité de la part du grand nombre, de l'opinion publique, d'un groupe actif de complotistes, des médias dominants, du gouvernement, d'une secte, etc. Notre vérité neutre ne peut pas s'accommoder de telles servitudes. 

Mais, me direz-vous, tout n'est pas faux, loin de là, dans ce qui nous est donné comme vérité par l'école, la télé, les livres, l'opinion. Evidemment, mais, il faut agir comme Descartes et dissocier la pensée provisoire ("morale par provision") de la vérité profonde et assurée que j'ai tiré de l'examen de mes opinions au moyen de la méthode du doute radical. La morale par provision n'est autre que la vérité du quotidien qui nous sert pour les actions immédiates, ces actions qui n'attendent pas que nous faisions des recherches très poussées en nous-même avant de tenir pour vrai, au moins momentanément et en attente de preuve du contraire, la vérité du sens commun. Il s'agit de la quatrième forme de vérité : la vérité immédiate.

Notre vérité immédiate. Cette vérité est le fruit de la nécessité d'agir et nous adapter très vite pour survivre et pour nous insérer dans la société. Notre vérité immédiate applique des principes simples et de bon sens : la vérité qui nous protège et protège nos proches est la meilleure du moment. En maquillant la réalité pour la rendre plus acceptable à nos enfants, nous mentons certes mais nous utilisons surtout la vérité immédiate, celle qui protège leur sensibilité. La vérité du Père noël est une fiction mais elle a aussi un sens. C'est un rite qui fait passer une certaine vérité : la générosité, le besoin d'espoir, le besoin de rêver. Il faut toutefois faire attention de ne pas tomber dans l'excès. Plus une vérité est belle et plus elle nous séduira, plus nous risquons d'y céder. Quelqu'un a dit : les vérités consolantes doivent être vérifiées deux fois. Je lui donne raison. 

La vérité négative dit : "Défendez-vous !" ou "Indignez-vous !"

La vérité positive dit : "Affirmez-vous !"

La vérité neutre dit "Doutez et vérifiez !"

La vérité immédiate dit : "Adaptez-vous !"

Le doute et la vérité

Ces deux options nous accompagnent chaque jour. Laquelle choisir ?

Le doute n'est pas le gage de l'erreur ou du mensonge. A l'inverse, l'absence de doute ne garantit pas la vérité. En tous les cas, s'il faut douter comme Descartes ou comme un journaliste honnête ou comme un scientifique rigoureux, distiller sciemment le doute dans l'esprit des autres est moralement contestable. Le doute ne doit pas être une arme pour tromper ou pour plier la conscience adverse à notre façon de penser et de voir les choses.

En ce moment, la désinformation est partout. Toute information doit être soumise au doute le plus radical. Dès qu’un personnage affirme ses opinions, il faut se demander pourquoi il le fait. 

La méthode en quatre points

Comme il existe un système de pensée à quatre vérité, il existe aussi une technique en quatre point qui nous permet de tester la vérité avec le maximum d'honnêteté et qui a recours à la prudence. 

Et pour soi-même, quatre règles à suivre : 

1 — Suis-je sincèrement convaincu de ce que j’affirme ?
2 — Si oui, par quel moyen me suis-je convaincu ? (comment est-ce que je sais ?)
3 — Ce que je tiens pour vrai doit-il être exprimé (question de l’utilité) ?
4 — Si oui, selon quelles formes ? Il y a parfois des précautions à respecter (dire en plusieurs fois, choix du média et de la manière)

La pulsion ne peut justifier à elle seule l’expression car trop d’émotion défigure la vérité. 

Rappelons-nous enfin que la vérité en temps de guerre n'est pas la vérité en temps de paix et qu'il nous faut redoubler de vigilance dans le traitement des messages qui nous viennent de tous côtés. 

 



29 réactions


  • Joséphine Joséphine 22 mars 10:22

    Auteur, vous traitez tout le monde de« con » en ce lieu. Il suffit de lire les dernières pages de vos commentaires pour voir votre vrai visage. C’est marrant de constater que la plupart des vaccinés de ce forum sont vraiment vaccinés à la merde. Sont-ce les effets indésirables de Pfizer ? Ou de Fronsse 24 que vous regardez avec assiduité pensant déceler la véritable information dans cette chaine du régime ? Les masques tombent


    • Taverne Taverne 22 mars 10:51

      @Joséphine

      « Con » est le minimum requis contre une accusation de nazisme ou de fascisme. 


    • Joséphine Joséphine 22 mars 11:21

      @Taverne

      Bof....On est tous le con de quelqu’un mais ce sont là d’infantiles sujets , et il me semble qu’en France quand on parle d’un sujet grave comme celui de la guerre,  on pourrait se parler autrement. On a quand même le droit d’être contre nos gouvernements quand ils arment le pays le plus mafieux du monde sans se faire traiter de « con »...Nous devrions avoir le droit de le dire en tout cas.

      Ce n’est par exemple pas normal de voir les journalistes tous aux ordres s’en prendre à un Mélenchon quand il dit qu’il ne veut pas s’aligner à cette politique d’armement. Je précise que je ne suis pas mélenchoniste, je ne suis rien, mais je constate que les candidats russophiles (il y’en a trois) se portent bien dans sondages . Cela signifie qu’il y’a des millions de gens en France qui ne gobent pas forcément la doxa officielle et son narratif. Pourquoi ne pas les respecter ? Pourquoi les traiter de cons ? 


  • Pourquoi le mot vérité est-il associé à la syllabe VER. Tirer les vers du nez, in vino véritas (la vérité est dans le verre), la version (laquelle est la bonne. la verticalité (on voit mieux en prenant de la hauteur et du recul), versification (parce que la vérité est souvent multiple et doit laisser à l’autre la possibilité de ne pas être asséné), verrou (parce que pour vouloir connaîtrze la vérité il faut une raison...), vertugadin (parce que la vérité est affaire de robe et de juge). verbiage (parce que la vérité se dérobe sous l’excès), ver à soie (parce que le fil d’Ariane permet de retrouver la lumière et la sortie). VERS (parce que le souci de la vérité est une pulsion, vert (parce que la jeunesse n’est pas mûre pour la connaître), vérification (base à toute vérité), verso parce qu’un train peut en cacher un autre), verser (parce que la vérité est un puit sans fond, verni (parce que les plus faux sont souvent vernis), verge (parce que le réel ne peut se nier), verrue (elle saute avec le plus grand menteur : le diable vert, verre (parce qu’il faut les ajuster)...


  • Mais l’annagramme de ver est rêve. Parce que Freud avait compris que l’inconscient lui ne peut mentir. Seul l’interprête est susceptible d’être défaillant.


  • Yann Esteveny 22 mars 10:49

    Message à tous,

    Apparemment l’auteur ne veut rien comprendre à la Vérité en s’en inventant plusieurs selon ses humeurs et les circonstances dans un brouet de relativisme (à chacun sa vérité) et de nominalisme. Il participe à la destruction du dialogue.

    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/verite-conformite-et-mondanite-224626


  • Laconique Laconique 22 mars 10:54

    Andate dire alla ragazza del treno che ci sono quattro verità. Cosa risponderà ? Tutto questo sono parole che brillano per lo scritto, ma che non hanno la minima ripercussiona nella vita reale.


  • voxa 22 mars 10:56

    l’auteur

    "Rappelons-nous enfin que la vérité en temps de guerre n’est pas la vérité en temps de paix et qu’il nous faut redoubler de vigilance dans le traitement des messages qui nous viennent de tous côtés. "

    Avec la censure implacable qui règne actuellement en Europe, les messages, comme vous dites, ne viennent que d’un côté. Celui de l’Empire des USA.

    Toutes les opinions divergeant, toutes preuves avérées du mensonge, que ce soit pour l’injection ou les différents conflits (oui, il y en a plusieurs) sont oblitérées sous une chape de plomb.

    Quant à vos 4 règles, vous qui vous prétendez philosophe, vous feriez bien de vous les appliquer a vous même, à la lettre.

    Ce que j’ai lu récemment de vous m’incline à penser que vous êtes à la vérité et à la réflexion, ce que BHL est la philosophie et à la littérature.

    Un cuistre.


  • Clark Kent Kaa 22 mars 11:01

    Vous n’y allez pas par quatre chemins !

    Un de ces quatre matins, vous descendrez les escaliers quatre à quatre !

    La symbolique du chiffre quatre n’est pas toujours la même, mais elle a souvent un sens de « plénitude ». Dire ses « quatre » vérités signifie « vider son sac », dire tout ce qu’on a sur le cœur, y compris des choses désagréables (mais réelles) pour l’interlocuteur, le contraire du « politiquement correct » et de l’hypocrisie.

    Pourquoi « quatre » est-il une métaphore de « tout » ?

    Sans doute parce que, dans le temps et dans l’espace, on ferme la boucle avec les quatre saisons et on fait le tour de l’horizon avec les quatre points cardinaux.


    • Clark Kent Kaa 22 mars 11:15

      @Kaa

      C’est le symbole de la croix, à la base de tous les symboles d’orientation, réalisant l’union des contraires (verticalement elle relie les pôles au plan de l’équateur, et horizontalement elle met en rapport équinoxes et solstices ), et bien antérieur au christianisme.
      Pour les alchimistes (héritiers des druides) la branche verticale, dressée, symbolise le principe masculin, et la branche horizontale, couchée, le principe féminin ; leur conjonction est signe de vie

      « croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer ! »


  • Ne vous offusquez pas quand Taverne traite quelqu’un de nazi. Il a lui-même fait l’éloge d’Heidegger qui pour certains était un nazi.... 


    • Taverne Taverne 22 mars 14:28

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Dès que vous aurez trouvé où j’ai fait l’éloge de Heidegger, je vous remets la médaille ! Vous confondez avec un autre rédacteur. 


  • adeline 22 mars 11:55

    vous dites :" Rappelons-nous enfin que la vérité en temps de guerre n’est pas la vérité en temps de paix et qu’il nous faut redoubler de vigilance dans le traitement des messages qui nous viennent de tous côtés. "

    oui mais de tous côtés ils doivent venir.


  • rogal 22 mars 13:13

    Quatre vérités ? Votre chère Trinité en prend un coup, Taverne !


    • Taverne Taverne 22 mars 14:26

      @rogal

      Oui, tout mon système serait à revoir ?

      Je pense que la règle du Trois fonctionne le plus souvent de manière universelle. La Terre est la 3ème planète à partir du soleil. Pi, c’est 3,1415 etc. Autrement le Trois est une ouverture à l’infini. Il n’est pas quelque chose de fini. Il permet une extension en cercle et à l’infini.


    • Albert123 22 mars 16:27

      @Baliverne

      « La Terre est la 3ème planète à partir du soleil. Pi, c’est 3,1415 etc. Autrement le Trois est une ouverture à l’infini. »

      la poudre de perlimpinpin c’est mal.


  • sirocco sirocco 22 mars 15:10

    « ...la vérité en temps de guerre n’est pas la vérité en temps de paix... »

    Ah bon ?... Y a pas qu’une seule vérité la vérité « vraie », quoi ?...

    Mince ! Tous mes concepts seraient donc à revoir...

    À moins que vous ne vouliez dire : propagande... C’est plutôt ça, non ?...

    Et à ce propos il ne nous arrive plus rien du côté de RT et Sputnik  smiley

    Ainsi plus besoin de faire le tri ni même de réfléchir, suffit de rester branché sur BFM-WC 24H/24, c’est nettement plus confortable  smiley


    • Taverne Taverne 22 mars 15:46

      @sirocco

      La vérité est une interprétation des faits par l’intelligence.

      Elle ne coïncide donc parfaitement avec la réalité. n’est pas perçue de la même façon par tout le monde ni de façon identique en temps de paix et en temps de guerre (en temps calme ou en temps troublés).

      Par ailleurs, en temps de guerre, les différents camps impliqués font tout pour imposer leur vérité, au besoin en maquillant, en cachant ou en exhibant, des évènements donnés. En inventant aussi. Les interprétations sont ainsi officialisées. Il devient encore plus difficile qu’en temps normal de faire la part du vrai et du faux.

      La vérité vient à son heure.

      La vérité du jour n’est pas forcément la vérité définitive, comme on l’a constaté aussi pendant la crise du covid. Il vaut mieux souvent suspendre son jugement en attendant que ce qui est est clair se dégage du magma obscur ou douteux. En temps de guerre, les pays obscurcissent la vérité. On se souvient par exemple du décret « nuit et brouillard ». De plus, le secret Défense s’applique plus que jamais. 


  • MagicBuster 22 mars 16:51

    Que lisez-vous : TRUE or FALSE ??

    https://www.koreus.com/image/46-insolite-05.html

    vrai-faux (Familier) Se dit de quelque chose qui n’est pas ce qu’il paraît être.


  • Taverne Taverne 22 mars 22:32

    La vérité ne peut être d’aucun camp, elle tire sa force d’elle-même et n’a besoin d’aucun militantisme. La vérité est où n’est pas. Elle est lente à accoucher et nous n’avons pas sa patience.

    La vérité ne peut exister sans la liberté qui va avec. 

    Je pense donc je suis et cela fait ma vérité propre. Ma vérité n’est pas supérieure à la tienne. Ma vérité m’est familière en ce sens que c’est ce qui m’est familier qui constitue ma vérité. Je n’ai pas accès à ta liberté, ta liberté qui est constituée de ce qui t’est familier. Là est mon ignorance et comme le dit Socrate « je sais que je ne sais pas ». Admettre son ignorance est le premier pas vers la liberté. Et la liberté est la seule voie vers la liberté . 

    Liberté et vérité étant inséparables, la vérité ne peut pas opprimer : pas plus que la liberté ne peut opprimer. Si je fais de ma vérité un moyen d’oppression de l’Autre, alors je fais le procès de l’Autre au nom de ma vérité et au mépris de la vérité de l’Autre. 

    Mais au-delà de ces vérités personnelles qui sont légitimes il y a la vérité neutre qu’il ne nous est pas possible de nier sans risquer de glisser dans la déraison. 


  • Taverne Taverne 22 mars 22:44

    Le contraire de la vérité n’est pas le mensonge mais l’inconnu. L’inconnu est fait de l’inconnaissable et de ce que nous ne voulons pas connaître. 

    Le mensonge, lui, est en rapport avec le langage. Plus on parle et plus on ment. Vérité bien amère. 


    • Clark Kent Kaa 23 mars 07:52

      @Taverne

      Pour les adeptes du « correspondantisme » qui n’ont pas trop creusé, vérité (veritas), ce qui est vrai (verus), serait une correspondance entre une proposition ou une hypothèse et une réalité à laquelle la proposition se réfère et s’opposerait au faux, à l’illusoire, à l’imaginaire, au fictif ou au mensonger.

      Mes tenants du « cohérentisme » sont plus subtils et définissent la "vérité comme une relation de cohérence systématique d’une théorie composée de multiples énoncés", et si la vérité est définie comme « la propriété d’une croyance qui se révèle satisfaisante » à la fin d’une réflexion, ils parlent de pragmatisme.

      Pour les « constructivistes », "la vérité est le produit d’une construction sociale contingente« , et pour les « redondantistes »,  »la vérité est indéfinissable car redondante", pour eux, dire qu’une pensée est vraie est équivalent à énoncer cette pensée.

      Ajoutez une pincée de vérité logique, un doigt de vérité scientifique et un soupçon de vérité juridique agrémenté de vérité historique pour assaisonner à votre goût.

      Pour savoir quel est le contraire de la vérité, c’est encore plus compliqué. Pour Descartes, "les rêveries que nous imaginons endormis ne doivent aucunement nous faire douter de la vérité des pensées que nous avons éveillé. » la vérité est la conformité à la réalité et s’oppose à l’erreur. Pour lui, il s’agit de "ne recevoir aucune chose pour vraie que je ne la connaisse évidemment telle.« Pour Rousseau, la vérité s’oppose à l’hypocrisie :  »je vais montrer un homme dans toute la vérité de sa nature et cet homme ce sera moi". C’est pour la justice que ne pas dire la vérité revient à mentir puisqu’on jure de "dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité".

      Au bout du compte, même si la vérité n’est ni la conviction ni l’innovense, son contraire, lui, est bien la manipulation.


    • Taverne Taverne 23 mars 09:13

      @Kaa

      Quand Descartes dit que la vérité est ce qui apparaît clairement et distinctement à la conscience. Quand il dit que la non vérité est ce qui est obscur, ne renvoie-t-il pas l’obscur à l’inconnaissable ? En ce cas, si l’obscur est le contraire de la vérité et si l’obscur est de l’inconnaissable, ne peut-on dire que le contraire de la vérité est l’inconnu ?

      Mais la vérité n’a pas qu’un seul contraire. La vérité du langage dépend de la valeur des énoncés. Si un énoncé est faux ou douteux, il n’exprime pas la vérité. Il existe aussi une vérité sans langage. Souvent d’ailleurs cette vérité-là s’avère impossible à exprimer par les mots. 


    • charlyposte charlyposte 23 mars 09:34

      @Taverne
      Tu viens de faire sans le vouloir le CV occidental smiley merci pour ce scoop, vraiment smiley


    • charlyposte charlyposte 23 mars 09:47

      @Taverne
      Et que dire de Galilée qui disait aussi la vérité ???


  • charlyposte charlyposte 23 mars 09:31

    Déjà que la vérité n’est pas toujours bonne à dire ! smiley t’imagine les dégâts en disant quatre vérités !!!??? smiley


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