Pascal Praud défend Brigitte une nouvelle fois en fustigeant les « cyberharceleurs »
Pascal Praud … à côté de la plaque concernant l’affaire Brigitte, mon Dieu...
Il est des moments où l’on s’arrête, on lève les yeux et l’on se demande : mais que vient-faire ici la logique ? Le débat public en France trouve parfois un point de bascule où la posture l’emporte sur le fond. Et dans l’affaire qui oppose le couple présidentiel aux 11 prétendus cyber-harceleurs, voilà que Pascal Praud se retrouve au cœur d’un tourbillon contradictoire.
D’un côté : « Il faut condamner sévèrement » ceux qu’on accuse de cyber-harcèlement. De l’autre : « Je suis pour la liberté d’expression et il ne faudrait pas tout judiciariser. » Deux positions — légitimes chacune — qui, mises côte à côte, créent un joli nœud gordien. Oui mais… sur les plateaux, on aime le tranchant, l’arène. Et là, Praud enchaîne les deux sans que l’on comprenne vraiment comment il lie l’un à l’autre.
➡️ La contradiction flagrante Faire un appel à « condamner sévèrement » tout en affirmant que « tout ne doit pas être judiciarisé » revient à dire : “Oui à la sanction, mais non au déclencheur judiciaire systématique.” Cela relève au mieux d’un flou éditorial, au pire d’une impasse intellectuelle.
➡️ Le manque de vérification Cerise sur le gâteau : il semble bien que Praud n’ait pas pris le temps — ou ne se soit pas donné la peine — de vérifier les faits de cette affaire avant de la commenter à la légère. Et pourtant : dans notre univers médiatique, quand une figure publique engage des injonctions ou des condamnations, on attend la rigueur. Là… le mépris se glisse lorsque les personnes visées « donnent crédit » à une parole. Mépris ? Oui : un micro-ton un peu hautain, un commentaire expéditif, une position assénée sans nuance.
➡️ Le précédent : Ruth Elkrief sur LCI Quelques jours avant ce lapsus de cohérence, j'avais déjà pointé du doigt la journaliste Ruth Elkrief pour un ton similaire : une prise de parole ferme, un jugement prématuré. Cela crée une spirale : on attend des médias non seulement de relayer l’information, mais aussi de l’examiner, questionner, nuancer. Quand ce rôle s’inverse, le critique devient jugé.
➡️ Pourquoi cela pose problème Le rôle de l’animateur/talk-show-guerrier n’est pas compatible avec celui du modérateur de débat. Lorsque l’on célèbre la liberté d’expression mais que l’on condamne sans nuance, on finit par salir cette même liberté en l’enfermant dans une case dogmatique.
Les « #cyberharceleurs » deviennent alors un concept abstrait qu’on brandit pour faire spectacle — et pas un dossier précis qu’on analyse. Ces personnes ont le droit à la présomption d'innocence si chère à Pascal Praud lorsqu'il évoque l'affaire Sarkozy. Car elles n'ont fait que donner leur opinion me semble-t-il sur la question de genre de Mme Macron comme de millions de personnes le font à travers le monde.
Le public est doublement lésé : d’abord par un manque d’information rigoureuse, ensuite par une posture affichée qui autorise tout et son contraire.
➡️ En conclusion
On ne demande pas à un journaliste ou à un animateur de tout savoir. Mais on peut exiger qu’il ne laisse pas sur le carreau deux principes incompatibles sans les relier : la sanction et la liberté. Il ne s’agit pas de faire un sermon, mais de poser les fondements. On ne peut pas, en conscience, appeler à « condamner sévèrement » sans s’interroger : sur quoi ? selon quels critères ? dans quel cadre juridique ? Et encore moins en revendiquant simultanément qu’« on ne doit pas tout judiciariser ». Car alors, cela devient un « je veux bien, mais non », un « oui, mais non » qui ne mène nulle part — et qui, au final, dessert la cause qu’on prétend défendre. Je pense pense pas en conclusion être un cyberhaceleur lorsque je questionne publiquement sur le genre de Mme Macron. Je vous rappelle aussi que ce questionnement aurait pu être mille fois tué dans l'oeuf dès les premières rumeurs. Je m'étonne tant que ces journalistes d'expérience ne se demandent pas comment il sait que les choses prennent de telles proportions.

