samedi 17 décembre 2016 - par carnac

Petit abécédaire filloniste du berceau à la tombe : R comme RETRAITE

Au fur et à mesure que le projet de la droite filloniste se précisera, et il est par bien des aspects paradoxal, je me suis proposé de rédiger une chronique des interrogations qu’il suscite par le biais d’un abécédéraire. AUJOURD’HUI « R » comme « RETRAITE »

S’il y a bien un point qui hérisse l’ensemble du spectre électoral c’est bien la question des retraites qu’on tienne aux régimes spéciaux ou qu’on n’en veuille plus.

Que nous dit Monsieur FILLON sur ce point : surprise ! aucun chapitre ne traite spécifiquement et didactiquement de la retraite dans son livre. Il faut donc décortiquer l’ensemble de l’ouvrage pour comprendre son point de vue sur la question.

On trouve donc des éléments de réflexion et des décision arrêtées qui entrent dans ce thème dispersés dans différents chapitres ce qui ne permet pas un clair exposé de leur motivation. Après les avoir répertoriés je me propose donc de commenter ces éléments de réflexion et les décisions d’ores et déjà arrêtées.

Dans le chapître XXV les trois mois qui changeront la France Monsieur FILLON opte « pour la réunification des régimes de retraite des secteurs publics et privés » mesure prise entre « Juin et Septembre 2017 »

Quelles mesures pour rendre le niveau de sa retraite aisément calculable par n’importe qui à tout moment de son cursus professionnel  ? A cette question Nathalie Kosciusko-Morizet avançait un calcul de la retraite par points. Dans le débat Monsieur FILLON lui a négligemment rétorqué que c’était une « simple modalité », bref que la hauteur de vue d’un président ne s’arrête pas à ces détails et pourtant chacun d’entre nous sait que c’est essentiel si on veut prendre des décisions appropriées à notre situation

En fin du chapitre VI qui commente l’action de François Hollande , Monsieur FILLON précise qu’il supprimera la législation sur la pénibilité tout en reconnaissant qu’il existe des disparité d’espérance de vie liées aux activités professionnelles et de citer les personnes exposées aux intempéries :

« agriculteurs, couvreurs, maçons vivent en moyenne moins longtemps que les autres ».

Quelles dispositions prendre pour une équité de traitement des personnes au parcours professionnel physiquement éreintant ? silence radio, on constate, on ne propose RIEN : il est vrai que plus on meurt jeune retraité et plus c’est budgétairement intéressant pour la société …

Quid du départ anticipé des personnes ayant des carrières longues : essentiellement des personnes qui ont commencé à travailler tôt et cumulé beaucoup plus de trimestres cotisés que la norme ? Vous ne le saurez pas non plus, silence radio.sur cette question de pure équité.

C’est d’autant plus inquiétant que parallèlement Monsieur FILLON supprime le « principe de précaution, pour un principe de « responsabilité » dans le chapitre XI intitulé « objectif plein emploi » 

autrement dit pas de prévention mais de la réparation quand l’ouvrier est … mort ?

Monsieur FILLON se focalise sur la question strictement budgétaire de l’équilibre de la sécurité sociale en fin du chapitre IX intitulé « reprendre la maîtrise de notre destin »,

« les retraites représentent la moitié des dépenses publiques » et « 14% du PIB contre 10% en moyenne dans les pays de l’OCDE »

Faut-il donc s’attendre à une stagnation des retraites jusqu’à ce qu’elles soient redescendues à 10% du PIB, silence radio, cher « anciens » actuellement en retraite vous ne le saurez pas …

Seule disposition claire de ce chapitre : un départ en retraite à 65 ans mis en place dès les premiers mois du quinquennat dans des modalités non précisées.

 « Rien ne peut justifier de payer à crédit nos retraites alors que nous pourrions les financer par nos propres efforts en travaillant plus longtemps. C’est pourquoi je veux que nous reportions l’âge l’égal du départ à la retraite à 65 ans » en raison de l’augmentation de l’espérance de vie et pour calquer les dispositions prises dans de nombreux pays européens

Notre système de retraite étant un système de répartition où les jeunes paient la retraite des ainés en travaillant il est important de vérifier que la démographie ne connait pas de baisse , sur ce point Monsieur FILLON nous rassure :

Dans le chapitre XII « croire au progrès Monsieur FILLON précise qu’un des facteurs de notre « puissance » c’est le « nombre et la jeunesse de la population » et que nous sommes reconnus encore « comme l’une des nations dont les travailleurs sont les plus performants » . Nous ne sommes donc pas des assistés permanents comme on tente de le faire croire.

 

Comme Monsieur FILLON n’a pas pris le temps de traiter du sujet des retraite sur un mode non clivant, je vais m’y essayer en vous donnant tout d’abord quelques indications historiques :

 

La France a été très en retard en matière de sécurité sociale et de retraite en particulier. Ce n’est qu’en 1945 que la retraite d’Etat a été instituée et encore, pas pour tous les métiers, alors qu’en Allemagne, de façon assez surprenante, c’est Bismarck qui l’a instituée à partir des années 1870 lorsqu’il s’est allié avec les libéraux modérés.

Donc la sécurité sociale française a près d’un siècle d’existence de moins qu’en Allemagne … ce qui explique certaines tensions actuelles ...

En effet dans les années 1870 la France n’était pas un pays fermé et les ouvriers connaissaient parfaitement l’existence de dispositions sociales intéressantes outre Rhin. C’est pourquoi ils ont obtenu, non sans de rudes batailles, et, dans les grands secteurs industriels exclusivement, la mise en place de la sécurité sociale et progressivement de la retraite .

Ainsi "les mines" avaient un régime de retraite bien avant 1945. Les transports, notamment ferroviaires, dont les conventions collectives étaient calquées sur les mines aussi.

Ces régimes sont demeurés des « régimes spéciaux ».

Certains régimes spéciaux ont périclité d’eux-mêmes c’est le cas des Mines fermées pour la plupart sur notre territoire. D’autres régimes spéciaux se sont maintenus puisque l’activité demeurait, c’est le cas de la SNCF.

Question pourquoi se sont-ils maintenus après 1945 ? parce que le régime de la retraite d’ETAT a été au sortir de la guerre si mal doté que la plupart des des régimes spéciaux traitaient mieux leurs vieux salariés et il y a eu accords entre le patronat et les ouvriers pour les maintenir.

C'est donc l’histoire qui explique la situation actuelle et c’est une manipulation indigne d’un dirigeant que de dresser les français les uns contre les autres sur ce sujet.

Je fais donc le reproche à Monsieur FILLON de surfer sur la méconnaissance du sujet par les citoyens tout en parlant d’équité …

Reprenons notre historique : depuis 1945 les choses ont changé, et, objectivement les régimes spéciaux ont désormais peu de différences par rapport à la retraite d’Etat. L’idée de réunir les caisses du public et du privé n’est donc pas insensée car cela en facilitera la gestion et de ce point de vue j’en suis d’accord avec Monsieur FILLON.

Je donne un exemple : l’Etat n’a pas cotisé pendant longtemps sur les primes salariales des fonctionnaires et en contrepartie les autorisait à partir plus tôt pour pouvoir compléter leur retraite par un travail dans le privé. Si l'Etat cotise sur l’intégralité du salaire, primes comprisesn il n’y a plus aucun problème on peut unifier les deux régimes.

Cependant pourquoi MonsieurFILLON ne parle-t-il pas de la multiplicité des régimes privés de retraite alors qu’on aurait là aussi beaucoup de gain de productivité à faire dans leur gestion …. Le privé est encore plus divisé que le public en matière de régimes de retraites ! Principe idéologique ? 

D’autres points d’équité ne sont absolument pas traités par Monsieur FILLON. C’est le cas des dispositions de départ en retraite anticipée que ce soit pour carrières longues ou pour pénibilité de l’emploi.

Ainsi l’état reconnait que certains métiers sont dangereux (certains postes dans la gendarmerie nationale par exemple) ou bien nécessitent une forme physique sans faille (exemple pilote de chasse). L’Etat autorise donc ses propres fonctionnaires à quitter leurs emplois plus tôt en les aidant à se reconvertir dans le privé.

En somme, l’Etat reconnait « la pénibilité » .

Monsieur FILLON la reconnait aussi dans le privé mais il ne précise nullement à l’occasion de la gestion unifiée des retraites du privé comme du public comment on traite EN EQUITE la question de la pénibilité dans les métiers tant du privé que du public.

C’est l’angle mort du projet retraite de Monsieur FILLON qui supprime EN PLUS tout le volet prévention et conditions de travail que comportait la loi « pénibilité » au point qu’on peut s’interroger sur sa volonté d’avoir, à défaut de départ en retraite anticipé , au moins une politique de prévention renforcée des accidents du travail et maladies professionnelles.

Un bon retraité serait-il un retraité rapidement mort ?

En effet Monsieur FILLON s’attaque violemment au « principe de précaution ». Il faut ici rappeler que c’est en l’absence à l’époque de « principe de précaution » que le patronat a fait travailler des ouvriers dans des usines de fabrication d’amiante sans aucune protection avec le scandale de santé publique que l’on connait qui pèse sur les comptes PUBLIC de la sécurité sociale !

Les profits dans l’affaire de l’amiante ont été pour les entreprises privées et les pertes pour la sécurité sociale …

Quid aujourd’hui de la prévention pour les salariés dans les nanotechnologies grand domaine dont Monsieur FILLON souhaite le développement : silence radio …

Autre sujet dont Monsieur FILLON ne parle pas c’est la question de la solidarité intergénérationnelle et du maintien du système par répartition.

En refusant, à valeur égale, une retraite calculée en points avec un prix du point officiel, Monsieur FILLON enlève la transparence nécessaire aux jeunes générations pour prendre des décisions éclairées et favorise une désaffection du régime par répartition au bénéfice des assurances privées.

Sur ce point rappelons le fait que notre système de retraite est très récent. Antérieurement à 1945 les enfants d’un couple s’occupaient au sens propre de leurs vieux parents et grands parents.

Ainsi dans l’habitation où vivait l’arrière grand-mère de mon mari il y avait trois appartements disctincts où vivaient trois générations de la famille.

La reconstruction du pays après 1945 a éclaté les familles, forçant, par l’exode rural, les jeunes à déménager pour trouver un travail en ville où le besoin de main d’œuvre était énorme. C’est pour cela que la retraite d’Etat a été mise en place …. Les jeunes générations trop éloignées de leurs vieux parents ne pouvaient matériellement plus s’en occuper.

La retraite par répartition c’est la copie de la solidarité qui existait autrefois dans les familles, puisque ce sont les enfants qui par leurs cotisations payent les retraites de leurs parents voire grand parents de l’année en cours.

Il n’y a donc pas lieu d’opposer « les générations » entre elles, la solidarité intergénérationnelle existe dans tous les pays à minima physiquement et dans les pays économiquement avancés par les mécanismes de retraite.

Reste à trouver la solution la plus efficace pour s’occuper dignement des anciennes générations..

Pour moi la retraite par répartition est viable parce que comme l’indique monsieur FILLON nous n’avons pas le problème démographique de l’Allemagne ou de la Chine par exemple.

La répartition lors de la crise financière de 2008 s’est révêlée bien plus efficace que la capitalisation dans des institutions bancaires toujours aussi dérégulées …. Et qui le seront plus encore avec TRUMP et par effet d’entrainement en EUROPE.

Il suffit pour s’en convaincre de voir toute la littérature relative aux retraités américains ruinés vivant dans des mobil home.

Donc la question de la retraite ne peut se résumer à faire des ajustements budgétaires sans fin, seule perspective offerte par Monsieur FILLON.

D’autant que les actuelles générations de retraités, les sexagénéraires compensent d’un coté la dépendance de leur très vieux parents âgés de 80 à 100 ans et de l’autre assurent un filet de sécurité à leurs propres enfants qui ont toutes les peines du monde à entrer dans le marché du travail.

Détruire le régime des retraites c’est priver la jeunesse et la très grande vieillesse d’une aide familiale cela méritait quand même, Monsieur FILLON, autre chose que des considérations budgétaires de court terme saupoudrée dans votre ouvrage et laissant en suspens beaucoup de questions.

J’ai essayé, chers lecteurs, de vous expliquer pourquoi le projet retraite de Monsieur FILLON m’inquiète, à vous d’en débattre.



16 réactions


  • Spartacus Spartacus 17 décembre 2016 11:35
    La répartition est un système pyramidal. Les capitaux des entrants payent les indemnités des sortants.
    Au début de pyramide (1945) les vieux de la première génération de la pyramide utilisent la répartition pour le paiement de leur retraite.

    En fait ils ont créé une dette qui se remporte de générations en générations qui ne fait que créer une bulle financière et sociale. C’est le point de départ de la pyramide de Ponzi.
    Au départ les sortants sont peux nombreux, et les cotisants très nombreux. La cotisation est faible.
    La cotisation devient de plus en plus lourde. Le pourcentage s’élève dans les années 70 pour s’adapter à l’inversion de la démographie.

    En 1981, Mitterrand offre pour se faire élire la retraite à 60 ans. Les cotisations ne suffisent plus. L’endettement prend le relais pour alimenter la base de la pyramide de Ponzi-sécu.

    Les années 90 voient de nouvelles ressources affectées. Nous sommes arrivés à un niveau trop élevé de taxes sur le salaire. Taxes indirectes sur le Tabac, l’Alcool, et CSG, CRDS complètent la base de la pyramide de Ponzi-sécu.
    Les années 2000-2010 imposent d’augmenter les durées de cotisation et réduire les indemnités.


    Hélas la France n’a connu que la répartition. Tous les autres systèmes sont enseignés « à charge ». 
    La reconnaissance d’un système vicié et Ponzi remet en cause les intérêts politique. C’est un « dogme ».
    Les collectivistes ont fondé leur idéologie sur cet exemple.
    Les Gaullistes ont fondé leur arguments sur ce dogme.
    Les syndicats sont partie prenante dans la sécu. Les grand corps d’état ne peuvent avouer leur aveuglement. Le non dit. La complexification et le nuage des bilans sont entretenus.

    Et pourtant les autres systèmes sont tellement plus efficients. Et la corrélation des systèmes de retraite avec la richesse des pays n’est plus à prouver.

    En 1977 le Chili sort de la « répartition » pour la capitalisation. Les Chiliens deviendrons le gens les plus riches d’Amérique du Sud. Les capitaux accumulés des Chiliens permettrons à ce pays de passer d’un pays en faillite à la première économie d’Amerique du Sud.

    Le monde entier enrichit les fonds de pension des pays du Nord de l’Europe qui investissent dans toutes les compagnies du monde.
    La Suisse avec un système mixte s’en sort mieux.

    La sécu a créé un système ou pour en sortir il n’existe que l’explosion et la déflagration sur une génération qui devra payer la dette de la première génération amplifiée des générations suivantes....
    Chacun intimement le sait....Mais faut faire croire aux prochaines générations que ça marche....Les vieux collectivistes ne veulent pas faire partie de la génération qui verra l’explosion programmée indubitable de la sécu par répartition.

    • carnac carnac 17 décembre 2016 13:36

      @Spartacus
      Voilà PLUSIEURS générations que la retraite par répartition permet d’aider les familles sans faiblir donc le catastrophisme n’est pas de mise .


      SA GOUVERNANCE avec une vue prospective est par contre une nécessité donc j’attends cela d’un candidat à la présidentielle .

      Ce qui est sûr c’est que le système de retraite par répartition échappe à la VORACITÉ des banques .... 

      La gestion des banques telle qu’elle est apparue en 2008 lors de la crise des surprimes n’invite VRAIMENT pas à mettre de l’argent dans ce bas de laine là ....Le problème n’est pas réglé cf les banques italiennes , l’encadrement des banques doit être renforcé et revenir à ce qui existait après guerre.Plus vous allez me montrer des résultats stratosphériques des actions et moins je mettrai de l’argent dans une banque . Ces envolées sont des « bulles » et ne correspondent pas la vie économique RÉELLE . 

      Qui plus est rien n’empêche d’être prudent AUTREMENT.....

      Pour ma part j’ai complété ma retraite en réparant moi même un vieille maison que j’avais achetée pendant la durée de mes activités professionnelles plutôt que de le louer donc maintenant je n’ai plus de frais d’habitation. 

      D’autres vendent un pas de porte..... par exemple.

      Si vous êtes un spécialiste du portefeuille d’actions .... vous pouvez aussi y mettre l’argent que vous voulez ... je ne vais pas vous en empêcher mais ne m’empêchez pas de dire que les banques n’ont pas le SÉRIEUX requis pour prendre en charge un problème sociétal important pour les familles. Je ne joue pas au casino .

    • carnac carnac 17 décembre 2016 13:49

      @Spartacus
      je vous remercie beaucoup d’avoir pris le temps d’expliciter votre position de façon très détaillée , je ne suis pas d’accord avec votre point de vue mais vous enrichissez la discussion


    • Spartacus Spartacus 19 décembre 2016 12:53

      @carnac

      Un « fond de pension » n’est en aucun cas une « banque »...Ni un « casino » cette comparaison est une caricature.

      C’est un organisme chargé de gérer aux mieux les intérêts de ses adhérents en collectivité d’intérêts. Comme la répartition, la cotisation est obligatoire...

      Il en existe des dizaines dans les pays occidentaux (pays bas, Norvège, USA, Canada), et il n’existe qu’un seul cas connu de faillite et la cause était une malversation. Les fonds de pension sont très très fiables

      Ils permettent à leurs adhérents des avantages énormes que votre « répartition ne permet pas.

      1-Par exemple ils permettent de cotiser plus lorsque vous voulez et partir dans une retraite plus tôt pour ceux qui veulent...

      2-Les fond sont gérés contractuellement sous droit privé. C’est a dire que les politiciens n’interfèrent pas dans les tenants et aboutissants de la gestion, comme la répartition collectiviste ou vous ne savez jamais ou vous en êtes et ne savez pas quelle prochaine loi va changer la donne. Les indemnités futures des retraités sont a prestations définies contractuellement.....

      3-Les fonds déposés vous sont acquis. Il n’y a pas de »cotisation à fond perdu. Ils vous appartiennent toujours.

      4-Le fond de pension est plus utile socialement. Il permet un capital d’investissement des entreprises et permet à des millions de personnes de disposer d’un travail grâce à ses capitaux.

      5-Le fond de pension est un apport intergénérationnel. En cas de décès trop tôt. La descendance récupère le capital se la personne.

      6-Les fonds de pension enrichissent le pays. Les Pays Bas pays précurseur de ce système dispose du capital de 7% de tous les fonds de pension du monde... Pays ridiculement petit et faiblement peuplé par rapport à ses voisins comme nous.

    • Spartacus Spartacus 19 décembre 2016 12:58

      @carnac
      la retraite par répartition permet d’aider les familles....

      Quel exploit ! Pour un système de retraite, elle sert une retraite...On s’émerveille de pas grand grand chose...
      Si vous cotisez pas.....Vous n’avez droit à rien ! Il n’y a aucune solidarité.

    • Jean Pierre 19 décembre 2016 14:06

      @Spartacus

      Daté du 14 août 2001, l’e-mail de Kenneth Lay, le PDG d’Enron, est adressé à tous les employés. « Notre croissance n’a jamais été aussi forte, nos performances n’ont jamais été meilleures, écrit le patron. Nous travaillons pour l’entreprise américaine la plus extraordinaire. » Treize jours plus tard, un autre courrier électronique de Kenneth Lay annonce les détails d’un nouveau programme de stock-options. Il promet des « dividendes bien supérieurs à ceux connus aujourd’hui » pour tous ceux qui choisiront d’y contribuer, notamment dans le cadre de leur retraite.

      La réalité est aujourd’hui toute autre pour les employés de la firme de courtage en énergie. Au-delà des implications politiques de la faillite d’Enron, les principales victimes du désastre sont les milliers de travailleurs de la compagnie qui ont souscrit au fameux fonds de pension, en investissant l’ensemble de leurs cotisations retraites dans des actions de la compagnie. Encouragés par la direction de la firme de Houston, ceux-ci ont cru qu’ils pourraient maximiser leur retraite en pariant sur la santé d’une entreprise florissante jusqu’à peu. Ils ont généralement perdu les économies de toute leur vie en l’espace de quelques semaines, tandis que l’action Enron, cotée à 80 dollars il y a encore un an, vaut désormais moins d’un dollar.


    • Spartacus Spartacus 20 décembre 2016 12:15

      @Jean Pierre

      Enron est la seule faillite connue. C’est le seul exemple et letmotiv unique et insipide et vieux de 20 ans systématiquement argumenté de ceux qui critiquent la capitalisation. 

      Enron était une forme d’état dans l’état comme en France EDF qui s’octroi des spécificités sociales hors contrat. C’est une fraude.
      C’était un fond privé qui c’est permis d’investir dans sa propre entreprise. 

      La totalité des employés a été dédommagé de grès à grès par la société chargée de vérifier et certifier les comptes pour éviter un procès de groupe. Ils ont en fait étés mieux indemnisé que leur placement. En fait c’est un exemple qui démontre qu’il existe des moyens de se retourner contre un fond de pension mal géré.

      Ce qui n’est pas le cas d’une répartition qui vous oblige a travailler plus longtemps ou indemnise moins et qui se certifie elle même comme la sécu en déficit.

    • carnac carnac 20 décembre 2016 15:04

      @Spartacus
      Il n"y a pas qu’Enron qui a eu des difficultés en 2008 aux USA car si cela avait été le cas nous n’aurions pas eu autant de familles chassées de leurs logements vendus à vil prix aux enchères .... d’autres salariés ont été licenciés pour cause économique et la situation n’est pas rétablie puisque aujourd’hui nous avons Trump au pouvoir ....


      Ensuite qui a payé pour les salariés d’ENRON ? l’entreprise ou l’état suivant le merveilleux principe de l’ultralibéralisme les profits sont pour nous , les pertes pour la collectivité.

    • Spartacus Spartacus 20 décembre 2016 17:41

      @carnac

      Vous confondez tout...
      En 2008, les personnes chassées de leur logements ont été par des prêts bancaires cautionnés par Fanny Mae et Freddy Mac qui n’ont rien a voir avec des fonds de pension. 
      C’est sur ordre de Clinton que ces 2 caisses d’épargne d’état ont eu une contrainte d’avoir dans leur bilan 50% de prêt aux pauvres. 
      2008 est une crise de l’interventionnisme d’état. 

      les fonds de pension ne sont pas des banques ni des caisses d’épargne. Ils n’ont qu’une fonction. S’occuper des fonds des retraités. Point.

      Il n’y a eu absolument aucun autre fond de pension en faillite au monde que le fond . AUCUN. C’est le seul exemple. 
      Les anti-capitalisation n’ont que cet exemple à charge. Admettre les vertues de la capitalisation c’est admettre que la répartition est un dogme.

      Pour les salariés de ENRON c’est le cabinet d’audit Meryl Linch et le Cabinet Andersen de certification comptable qui a dédommagé les salariés de la faillite du fond de retraite de cette entreprise pour éviter le procès...
      C’est donc le secteur privé....

      Les salariés de ENRON qui ont perdu leurs logement ne l’on pas perdu à cause du fond de pension, mais de la perte de leur Job.
      Ils sont allés rejoindre le chômage, puisque la direction a falsifié les comptes...Un peu comme en France la société à capitaux d’état Areva.

      Le libéralisme c’est les pertes pour les actionnaires
      Les pertes pour la collectivité, c’est du socialisme, car c’est le socialisme qui prétend intervenir sur le marché et ne pas accepter la destruction créatrice.

    • carnac carnac 20 décembre 2016 18:24

      @Spartacus


      1/ concernant les retraites par capitalisation : Les fonds de pension placent l’argent qui leur est confié sur des actions en prenant des risques si bien qu’après la crise de 2008 et les multiples dépôts de bilan qui ont suivi, la valeur des fonds de pension s’est littéralement effondrée faisant perdre leur capital à de nombreuses familles .

      En France dans le sud ouest de nombreux anglais dotés d’une retraite par capital avaient acheté leur « maison de retraite ».

       Ils se sont retrouvés spoliés après 2008 par la chute de leur fonds de retraite et je les ai vus obligés de reprendre le travail .... j’en connais personnellement ce sont des voisins de ma grand mère installés dans le Gers.

      2/ Concernant le sauvetage des banques en 2008 vous savez bien que ce sont les Etats qui sont intervenus en les recapitalisant parce que le niveau des pertes n’était pas supporté par les actionnaires , le capital immobilisé étant loin de couvrir les PERTES et on n’a toujours pas réglé ce problème prudentiel et ce n’est pas maintenant avec Mr TRUMP que cela va s’améliorer ....

      3/ En ce moment même le conseil constitutionnel accepte que des assurances vie de particuliers soient bloqués au cas où .... 

      c’est dire la confiance que le particulier que je suis peut avoir ....

    • Spartacus Spartacus 21 décembre 2016 09:35

      @carnac

      Incompréhansion car il y a confusion.

      Un fond ne se juge pas sur des soubresauts ponctuels liés à des crise mais la capacité à traverser les crises. Le fond de pension fournit un « rendement » reversé sous forme de « retraite » mensuelle, trimestrielle ou annuelle. 

      Les fonds de pensions ne prennent aucun risque. Ils sont des placement dans des valeurs sures et de long terme. 

      L’argument des anglais ne tiens pas. Il existe 2 fonds de pension en Angleterre. L’un obligatoire(comme la sécu) en prestation et cotisations définies. Quelque-soi la conjoncture, ils sont contractuels.
       L’autre en « complémentaire retraite » à cotisation définies et prestation indéfinies qui sont des choix personnels qui s’apparente à une assurance vie. 
      Ou votre cas un investissement immobilier dont la valeur a un risque de variabilité.

      Oui l’état peut bloquer l’assurance vie, et l’état est toujours tenté de prendre possession des fonds de pension...On est pas à l’abris du collectivisme.


    • Jean Pierre 21 décembre 2016 14:23

      @Spartacus

      Vous vantez le modèle chilien de retraite par capitalisation. Dans les faits pourtant les manifestations se multiplient contre ce système qui met des millions de Chiliens dans la misère.
      Six fonds obligatoires se partagent ce marché. 10% est prélevé sur tout les salaires plus 1,15 % pour la gestion des fonds dont la première priorité est d’engraisser les gestionnaires. 40% seulement des fonds collectés est reversé sous forme de retraite. Une partie est investie dans des entreprises (qui peuvent faire faillite entraînant la disparition des sommes investies). Les fonds ont une rentabilité moyenne de 26,3 % pour les 20 dernière années soit 2 millions d’€ par jour. 45 dirigeants ont une rémunération moyenne annuelle de plus de 85 000 €. A coté de cela des retraités très âgés apprennent un jour qui sont devenus trop vieux, que les fonds versés par eux sont épuisés et qu’ils n’auront plus rien !
       Ultime ironie de cette arnaque : comme s’il savait par avance que cette retraite par capitalisation serait préjudiciable aux retraités Chiliens, Pinochet a préservé la retraite d’Etat au deux corporation dont il avait le plus besoin pour imposer le libéralisme par la dictature, c’est à dire l’armée et à la police. Ces deux corps, en plus d’avoir été largement protégés pour leurs innombrables crimes, bénéficient de retraites nettement meilleures que vos retraites par capitalisation.
      On s’est aperçu qu’à sa mort Pinochet détenait une fortune énorme sans origine connue et ne pouvant venir que des pots de vins versés par les gagnants de ses réformes.
       Rétrospectivement, on peut penser que le système de retraite par capitalisation a été conçu dès le départ comme un système permettant le financement à très bas taux d’intérêts des entreprises Chiliennes amies de Pinochet grace à la spoliation délibérée ( et obligatoire ce qui est le contraire du libéralisme !) de millions d’épargnants.
      Tel est le système que vous nous présentez comme un exemple...


    • Spartacus Spartacus 21 décembre 2016 16:38

      @Jean Pierre

      Non j’explique juste que le Chili est le seul pays au monde qui est passé de la répartition à la capitalisation, et que le système de retraite d’un pays est lié à sa croissance et son économie florissante ..Je préfère l’exemple des Pays bas.

      En 2001 l’Allemagne a passé elle aussi une partie de la répartition à la capitalisation...Cela coïncide aussi à une élévation de la croissance de son économie

      Un système de retraite ne met jamais les gens dans la misère...Il est juste « différent ». C’est ridicule.
      Que les fonds soient répartis entre investissements et rentes de retraite est logique. Vous indiquez que la rémunération est de 85 000€. Pour quel poste ? Vous imaginez les revenus des dirigeants des caisses publiques de retraites par répartition sont payés en cacahuètes,

      Et aujourd’hui le plus pauvre des Chiliens est plus riche que 80% des habitants des autres pays du Sud Amérique. 

      Les non-cotisants n’ont droit à rien....C’est chez ces gens là qu’on trouve la misère, le système de retraite est .
      Figurez vous que c’est comme en France. Les non-cotisants à la répartition n’ont eux aussi droit à rien...

      En France les fonctionnaires ne sont pas à la répartition mais la taxation...Et ces gens ne veulent pas surtout pas de la répartition mais des régimes spéciaux.....
      Ce doit être aussi qu’ils sentent une « arnaque » comme vous dites ? 
      Comme en France certains corps proche de la gamelle de l’état bénéficient de « régimes spéciaux »...

  • carnac carnac 17 décembre 2016 17:59

    Le Conseil constitutionnel a tellement peu confiance dans les organismes financiers qu’il bloque les assurances vie des clients


    « Le Conseil a jugé conformes à la Constitution certaines dispositions de l’article 49 de la loi qui permettent au Haut conseil de stabilité financière de prendre des mesures conservatoires macroprudentielles à l’égard des entreprises d’assurance. 

    Les mesures prévues par le législateur visent notamment à parer aux risques, pour les épargnants et pour le système financier dans son ensemble, qui résulteraient d’une décollecte massive des fonds placés dans des contrats d’assurance-vie. 

    Compte tenu de ce motif d’intérêt général, de l’obligation impartie par la loi au Haut conseil de stabilité financière de veiller aux intérêts des assurés et du caractère temporaire des mesures prudentielles prévues par le législateur, le Conseil constitutionnel a estimé que ces dispositions ne méconnaissent aucune exigence constitutionnelle. » 

    Autrement dit votre épargne n’est pas disponible ce qui me conforte dans l’idée que la retraite par répartition est la moins risquée par les temps qui courrent

  • André Martin 18 décembre 2016 15:35

    Merci pour vos « Petit abécédaire filloniste ... » bien utiles dans un monde où le devoir d’informer honnêtement a été remplacé par les éléments de langage des communicants ou la désinformation des lobbies.

    Concernant notre système de retraites, ceux qui souhaitent se clarifier les idées peuvent le faire en allant sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/ . Par exemple que la retraite à 60 ans n’a jamais existé.

    Par exemple que la réforme Hollande/Ayrault de 2013 a décrété « La durée de cotisation pour une pension à taux plein sera augmentée d’un trimestre tous les trois ans de 2020 à 2035, date à laquelle elle atteindra 43 ans pour les générations nées en 1973 et suivantes ». Et que c’est donc grâce à Hollande que tous les bac + 5 entrant dès 23 ans dans la vie active auront droit à la retraite à taux plein seulement à partir de ... 66 ans !

    Par exemple que depuis 2009 des dizaines de milliers de citoyens cumulent une retraite très confortable et un salaire très confortable. Et que ce droit au cumul emploi retraite sans limites de revenu est, en période de chômage de masse, irresponsable et indécent. Explications sur Le cumul emploi retraite doit de nouveau être encadré


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