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Pour une Europe de l’intelligence et du cœur - AgoraVox le média citoyen
samedi 29 octobre 2011 - par Bernard Dugué

Pour une Europe de l’intelligence et du cœur

Je n’ai pas regardé Nicolas Sarkozy à la télé, n’ayant pas vraiment d’affinité pour les séries mélodramatiques ou comiques. Un Sarkozy pédagogique pour les uns, démagogique pour d’autres, superman pour la droite, fossoyeur pour la gauche, convaincant chez les militants de l’UMP, menteur chez les socialistes et au final, carrément emmerdant pour ceux qui n’ont pas regardé. Pourquoi fallait-il ignorer ce moment d’explication ? Tout simplement parce que l’important n’est pas de comprendre les mesures décidées par les gouvernants européens pour gérer cette crise de la dette mais de savoir pourquoi on en est arrivé là. Ceux qui réagissent à la crise sont les mêmes qui ont produit cette crise. C’est comme si un médecin vous administre un traitement qui vous rend malade à crever puis vient à vôtre chevet pour vous soigner et se faire admirer. Le monde occidental marche sur la tête. Surtout l’Europe, empire riche de son passé, de ses hommes, de sa culture, de ses innovations et qui pourtant fait figure de grand corps malade. C’est vraiment à rien n’y comprendre.

L’Europe est un ensemble d’Etats très riches, pleins de ressources. Pourtant, malgré plus de soixante ans de croissance pratiquement ininterrompue, on en arrive à ce qu’on peut qualifier d’absurdité. Des dizaines de millions d’européens vivent dans la pauvreté. D’un autre côté, quelques millions d’individus vivent dans un luxe « insolent », roulant dans des berlines à 50 000 euros et déjeunant avec une addition de 100 euros par tête de pipe. Quel étrange paradoxe que cet empire, se voulant la première économie de la connaissance, fonctionne à l’échelle sociale comme s’il était géré par des gens ignorants et stupides. Le candide que je suis ne croira pas un seul instant que ces gens puissent être idiots. Ils servent en fait les intérêts des plus puissants tout en menant une politique modérée et régulée pour garantir un certain niveau auprès des classes moyennes et des prolétaires pas trop mal rémunérés. Car les gouvernants sont élus et il faut bien satisfaire l’électeur qui au final, est devenu un consommateur de politique. Un consommateur déçu se détourne du fabricant et va voir la concurrence. En supposant que la politique soit pour partie stupide, c’est à cause d’une idiotie collective et aussi parce que l’homme n’est pas cet individu vertueux qu’on trouve dans les traités de philosophie morale mais un être intéressé, égocentrique, envieux, narcissique, optant pour les penchants faciles et fuyant l’effort intellectuel. Je conviens que cet avis est très personnel, c’est mon opinion mais telle est mon opinion et je la livre comme une tribune pour qu’elle figure aux côtés d’autres opinions. Les uns s’en prennent aux marchés, les autres à l’euro, ou à la droite, ou à la gauche ou encore aux banques. Chacun voit les explications là où il pense que c’est clair. Ce qui est évident pour moi, globalement, c’est qu’un système mené par un esprit vertueux et intelligent serait assez différent, moins injuste, moins pathogène, plus serein, plus paisible à vivre, plus passionnant à parcourir. Au lieu d’une économie de la connaissance, je préfèrerai une Europe de l’intelligence et du cœur.

Ce qui se conçoit clairement s’énonce facilement mais ce qui s’énonce simplement n’est pas forcément facile à concevoir. C’est une belle idée que cette Europe de l’intelligence et du cœur mais les uns ne la voient pas et les autres n’en veulent pas car elle entamerait leurs avantages. C’est vraiment et incroyablement simple. Bien plus qu’un exposé du professeur Sarkozy à la télé ! Je n’en dis pas plus, c’est le pont de la Toussaint et ce samedi 30 octobre, une courte tribune est bien plus appréciable qu’une longue analyse. Rendez-vous le jour des morts et tâchez de rester vivants. 



5 réactions


  • Albar Albar 29 octobre 2011 09:23

    Bonjour Bernard, 

    Bel article d’espérance, du reste un voeux pieux, tant la présence des sionistes en son sein est nuisible

  • BA 29 octobre 2011 12:19

    A propos du sommet européen :

     

    L’accord du jeudi 27 octobre n’a pas du tout rassuré les investisseurs internationaux. L’Italie est toujours obligée de payer des taux d’intérêt qui continuent à augmenter.

     

    Les taux d’intérêt de l’Italie sont repartis à la hausse.

     

    Italie : taux des obligations à 10 ans : 6,023 %.

     

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

     

    Vendredi 28 octobre 2011 : l’Italie a lancé un emprunt sur les marchés internationaux. Et ça a été un carnage.

     

    Malgré l’accord européen pour tenter de juguler la crise, le coût de financement de la dette colossale de l’Italie a encore grimpé vendredi lors d’une émission obligataire test, les marchés continuant de douter de la crédibilité du gouvernement Berlusconi.

     

    Signe le plus inquiétant, les taux d’intérêt des titres à échéance 2022 ont dépassé la barre symbolique des 6 %, seuil considéré comme dangereux par les analystes, en s’inscrivant à un niveau record de 6,06 %, contre 5,86 % le 29 septembre, date de la dernière opération similaire.

     

    Les taux des titres à échéance 2014 ont eux progressé à 4,93 %, contre 4,68 % lors de la précédente émission, ceux des titres à échéance 2019 à 5,81 %, contre 4,03 %, et ceux des titres à échéance 2017 ont progressé à 5,59 %, contre 2,33 %.

     

    http://www.romandie.com/news/n/CRISELe_cout_de_la_dette_italienne_grimpe_en core_malgre_l_accord_europeen281020111510.asp

     


  • luluberlu luluberlu 29 octobre 2011 14:20

    Constat pertinent, et vivent les crises en thèmes. excuses....


  • easy easy 29 octobre 2011 18:04

    «  »«  »Ce qui est évident pour moi, globalement, c’est qu’un système mené par un esprit vertueux et intelligent serait assez différent, moins injuste, moins pathogène, plus serein, plus paisible à vivre, plus passionnant à parcourir. Au lieu d’une économie de la connaissance, je préfèrerai une Europe de l’intelligence et du cœur«  »«  »

    Foin du savoir cataphatique, positiviste, scientifique, foin de ce savoir qui autorise et permet de traiter un autre d’ignare, oui.
    (Mais jusqu’ici, vous vous seriez posé bien plus en sachant qu’en vivant)


    A part ça, je vois les Francis Huster et Lalane, les Timsit et autres gentils sortir de leur manche des incantations du genre « Je préfèrerais une Europe de l’intelligence et du coeur »

    Creuserie que ces chansons.

    Dans ce coeur, jamais défini en l’occurrence, il y a plus de duretés que de douceurs.
    Dans ce coeur jamais défini il y a au moins autant de haine et de jalousies qu’il y a d’amour et de générosité.

    Il suffit de voir ce que réclament ceux qui sont touchés au coeur par quelque chose qui les révolte : ils veulent pendre, brûler, encager. Là soudain, en raison de justice, sous prétexte de quelque victime, vengeance ou talion, ils ont le droit voire le devoir de ne pas être bons.

    La référence au coeur, quand il n’est rien dit du contenu de ce coeur, me semble être une comédie, une manipulation. 


    Ainsi, ce qui m’intéresserait ce serait d’entendre des gens appeler à plus de bonté.
    Contrairement au coeur, la bonté est sans ambiguïté mais parce qu’elle ne permet pas d’interprétation, personne ne l’invoque. Chacun se réserve donc la possibilité de ne pas être bon ;
    Et ne pas être bon, lors d’un litige, même d’amoureux, c’est être cruel.

    Que Francis Huster, que Francis Lalane qui jouent du violon consensuel nous promettent de ne s’autoriser que la bonté (ou du moins qu’ils disent accepter un blâme s’ils ne sont pas toujours bons, s’ils dénotent de cruauté quand ils condamnent quelque monstre) et le monde commencera à changer.
    En attendant c’est pipeau et compagnie.


    Quant à l’intelligence, son cas est encore plus grave que celui du « coeur »
    Tant il y a d’intelligence dans tous les réquisitoires de Saint Just, de Torquemada, de Cauchon, de Cicéron, de Fouquier Tinville...

    Bien sûr, il existe une sorte d’intelligence servant la bonté, c’est celle dont Salomon avait fait preuve face aux deux « mères ». Celle de Voltaire aussi qui appelle à être bon pour le Chevalier de la Barre. Mais ce genre d’intelligence qui ne coupe personne en deux, qui ne voue personne au bûcher est rarement à oeuvre.




  • Pyrathome Pyrathome 29 octobre 2011 20:20

    Tout simplement parce que l’important n’est pas de comprendre les mesures décidées par les gouvernants européens pour gérer cette crise de la dette mais de savoir pourquoi on en est arrivé là.

    Ah mais, Pipeau premier l’a dit, c’est à cause des 35 heures.... smiley...


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