lundi 20 janvier 2014 - par Laurent Dauré

Pour une liberté d’expression totale... et une critique lucide de Dieudonné

« La liberté de publier son opinion ne peut donc être autre chose que la liberté de publier toutes les opinions contraires. Il faut, ou que vous lui donniez cette étendue, ou que vous trouviez le moyen de faire que la vérité sorte d'abord toute pure et toute nue de chaque tête humaine. Elle ne peut sortir que du combat de toutes les idées vraies ou fausses, absurdes ou raisonnables. C'est dans ce mélange que la raison commune, la faculté donnée à l'homme de discerner le bien et le mal, s'exerce à choisir les unes, à rejeter les autres. »

Maximilien de Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, 11 mai 1791 [1].

Commençons par ce qui devrait être une évidence mais qui ne l'est manifestement pas : défendre la liberté d'expression d'une personne (ou d'une organisation) n'est pas équivalent à défendre les opinions exprimées par celle-ci. Le fait que l'on doive sans cesse le rappeler montre que l'offensive contre ce principe éminemment démocratique et progressiste – la liberté d'expression – n'est pas sans efficacité.

Croyant sans doute détenir là un argument décisif, ceux qui veulent imposer des restrictions à la liberté d'expression s'efforcent de discréditer à la fois le principe et ses défenseurs en affirmant que ces derniers sont des admirateurs plus ou moins déclarés de la personnalité controversée. C'est ce qu'on observe une fois encore avec « l'affaire Dieudonné ».

Il est probablement vrai que la plupart des gens qui défendent la liberté d'expression de l'humoriste ont de la sympathie pour son travail, ce qui peut affaiblir leur légitimité en tant que défenseurs désintéressés d'un principe. Cet avantage rhétorique dont bénéficient les partisans d'une limitation de la liberté d'expression est de la responsabilité de ceux qui, sans être des adeptes de Dieudonné, s'opposent à toute censure mais... ne le font pas savoir publiquement.

Bref, il n'y a pas assez de voix critiques sur Dieudonné qui se font entendre pour défendre son droit à s'exprimer, et donc à faire ses spectacles. Si nous perdons du terrain dans le combat pour la liberté d'expression, c'est en partie à cause de ce silence. Cessons donc de nous laisser intimider par des apprentis tyrans qui ont la République et les droits de l'homme plein la bouche mais qui ne pensent que répression et interdiction. Refusons l'inversion des positions. L'ennemi de la démocratie et de la liberté, c'est le censeur.

 

Dieudonné et Soral : la « dissidence » ambiguë et folklorique

Les extraits des spectacles de Dieudonné que j'ai vus en vidéo ne m'ont pas donné envie de m'y intéresser davantage. Je n'ai trouvé ça ni drôle, ni fin, ni pertinent. La chanson « Shoananas » m'a laissé plus que perplexe ; quant aux propos sur Patrick Cohen – un journaliste médiocre et fat –, c'est au mieux de très mauvais goût. De mon point de vue Dieudonné échoue à la fois en tant que comique et en tant que satiriste politique.

En outre, je trouve sa contribution au combat antisioniste contre-productive ; c'est même une aubaine pour les zélateurs d'Israël d'avoir un tel adversaire auquel ils peuvent assimiler les militants pro-palestiniens sérieux, c'est-à-dire ceux qui ne se complaisent pas dans une approche ambiguë et folklorique.

La proximité de Dieudonné avec la bateleur d'extrême droite Alain Soral ou avec la SARL Le Pen ne m'incite pas à le prendre au sérieux en tant qu'opposant conséquent à l'ordre établi. Le Front national est un élément-clé du dispositif d'asservissement du peuple français, un épouvantail consentant au service du système. Quant à Soral, ce sophiste fiévreux, c'est un boutiquier de la « dissidence » qui conduit dans un ghetto politique de jeunes gens crédules. Il n'est d'ailleurs pas surprenant que Soral ait fait alternativement la promotion du FN et de DLR (le parti du gaulliste du dimanche Nicolas Dupont-Aignan), deux des principaux leurres du paysage politique français.

Tout ce petit monde cherche à capter le mécontentement des Français, à capitaliser – symboliquement et matériellement – sur un rejet légitime du système, pour envoyer cette colère dans une impasse.

Certains admirateurs de Dieudonné diront qu'il a pris ses distances avec Soral et le FN. Cet entretien récent avec le journaliste belge Olivier Mukuna montre au contraire qu'il les ménage soigneusement, osant à peine formuler une réserve. Je ne fais pas partie de ceux qui considèrent que, pour des raisons tactiques, il faut s'abstenir de critiquer ceux qui sont attaqués par le système. Je pense au contraire qu'il est toujours souhaitable de sortir des ambiguïtés et de critiquer ce qu'il y a à critiquer. Que chacun juge ensuite sur pièces.

Dieudonné et Soral font beaucoup de tort à la cause palestinienne en France, et plus généralement au mouvement d'opposition radicale à l'ordre établi. Businessmen de la contestation, ils contribuent au développement d'une tendance très nuisible : le manque de sérieux et de clarté en politique. Proches en cela des médias et des partis installés, ils coproduisent avec eux une pièce de théâtre grotesque et indécente, complètement inadaptée à la situation grave dans laquelle se trouve la France.

Nous pataugeons dans le n'importe quoi pendant que le chômage et la pauvreté progressent. Les sujets importants – souveraineté populaire, indépendance nationale, démocratie, paix, progrès social – sont étouffés ou ridiculisés. En première ligne dans la guerre sociale et économique menée contre le peuple, les classes populaires souffrent dans une quasi-indifférence. La détresse sociale, l'inquiétude quant à l'avenir se répandent. Le fascisme financier domine toujours malgré sa faillite morale et sa nocivité économique. Nous nous enfonçons dans une dictature euro-atlantiste belliqueuse et liberticide (guerres « humanitaires », surveillance généralisée, etc.).

Bref, il y a urgence et cela réclame du sérieux dans le combat. Le contexte est certes différent mais on imagine difficilement les membres du Conseil national de la Résistance s'adonner à la pratique de la « quenelle »...

Il est plus que temps que des forces politiques (mais aussi associatives et syndicales) réfléchies et combatives contrecarrent l'influence des clowns exaltés de la « dissidence », surtout auprès des jeunes. On ne peut évidemment pas compter sur les partis installés pour cela, ils n'ont aucunement l'intention de mettre à bas un régime dont ils profitent. Ils ne feront pas dérailler la misérable petite routine qui consiste à s'effrayer de l'influence de Dieudonné et de Soral tout en continuant à ressasser les mêmes analyses erronées, les mêmes remèdes inopérants. Il faut rompre avec cette grande fabrique à impuissance.

Cela dit, je crois que l'on surévalue souvent l'emprise du soralo-dieudonnisme ; beaucoup de gens regardent leurs vidéos pour se défouler, se griser, sans adhérer pour autant à toutes leurs divagations. Une fois la cyberfulmination terminée, ils retournent à leur vie en se contentant de pester occasionnellement contre le « mondialisme » ou le « lobby sioniste ». Avec de pareils opposants, les dominants peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

Dieudonné et Soral font avec l'antisionisme ce que le FN fait avec la souveraineté nationale. Ils rendent le sujet confus et sulfureux, ce qui sert à merveille les partisans du statu quo. Les gardiens du système se servent de Dieudonné et de Soral pour neutraliser le nécessaire débat sur Israël et le sionisme, comme ils se servent du FN pour neutraliser le débat (encore plus urgent et prioritaire) sur la souveraineté populaire et l'indépendance nationale. Le stratagème est habile, le piège efficace. Il faut refuser de tomber dedans et montrer à ceux qui se laissent séduire que tout ce que le soralo-dieudonnisme parvient au fond à accomplir, tout comme le FN, c'est à pourrir et à parasiter des sujets importants.

S'agissant de la « quenelle », c'est une variante du bras d'honneur, un geste rigolard censé témoigner d'une opposition au système. Le côté vulgaire et puéril de ce signe de ralliement suffit amplement à le discréditer, inutile de le fantasmer en « salut nazi inversé » (au passage, ce n'est pas à la LICRA ou au CRIF de décider arbitrairement de l'interprétation correcte, et encore moins aux médias de la relayer sans discernement). Le fait même que l'on discoure en longueur sur la signification de la quenelle montre à quel degré d'insignifiance le débat public en est rendu.

 

Pour une liberté d'expression sans limites

Je ne chercherai pas ici à déterminer si Dieudonné est réellement antisémite ou si son goût pour la provocation le conduit à une surenchère absurde (pour garder son public, il y est presque contraint) ; je n'ai pas la capacité de sonder son cerveau. Savoir ce qu'il pense vraiment est de toute façon sans importance en ce qui concerne la défense de la liberté d'expression. En effet, même si Dieudonné passait ses journées à tenir des propos ouvertement antisémites ou à faire des lectures publiques de Mein Kampf au Théâtre de la Main d'Or, cela ne changerait rien.

La liberté d'expression doit être totale, sans aucune restriction ; elle doit s'appliquer inconditionnellement, sans considération de la nature des propos ou de l'identité des personnes qui les tiennent. Il est également important d'insister sur la différence fondamentale entre les paroles et les actes. On ne peut mettre sur le même plan une parole et sa « transposition » (plus ou moins fidèle) en acte. En dehors du cas particulier des faux témoignages, la justice ne devrait s'intéresser qu'aux actes, pas aux paroles (ou aux écrits). Admettons l'exception traditionnelle pour les appels à commettre des actes de violence contre autrui.

Citons un autre extrait du discours de Robespierre : « Les lois peuvent atteindre les actions criminelles, parce qu'elles consistent en faits sensibles, qui peuvent être clairement définis et constatés suivant des règles sûres et constantes : mais les opinions ! leur caractère bon ou mauvais ne peut être déterminé que par des rapports plus ou moins compliqués avec des principes de raison, de justice, souvent même avec une foule de circonstances particulières. Me dénonce-t-on un vol, un meurtre ; j'ai l'idée d'un acte dont la définition est simple et fixée, j'interroge des témoins. Mais on me parle d'un écrit incendiaire, dangereux, séditieux ; qu'est-ce qu'un écrit incendiaire, dangereux, séditieux ? Ces qualifications peuvent-elles s'appliquer à celui qu'on me présente ? Je vois naître ici une foule de questions qui seront abandonnées à toute l'incertitude des opinions ; je ne trouve plus ni fait, ni témoins, ni loi, ni juge ; je n'aperçois qu'une dénonciation vague, des arguments, des décisions arbitraires. » Lumineux, n'est-ce pas ?

Comment combattre efficacement une idée, une opinion ? La censure et la répression peuvent fonctionner mais alors il faut reconnaître que l'on se détourne des idéaux démocratiques et progressistes. En l'occurrence, il est plus que douteux que les attaques légales contre Dieudonné diminueront sa notoriété et la diffusion de ses spectacles. C'est le contraire qui va se produire. De nombreuses personnes ont d'ailleurs vu leurs premières vidéos du Dieudonné post-Élie Semoun à l'occasion de cette mobilisation politique et médiatique délirante. Cette « affaire » est LE sujet de conversation de ces dernières semaines.

Si l'on se place du point de vue des adversaires officiels de Dieudonné, leur action est contre-productive, ils promeuvent ce qu'ils combattent et en augmentent la popularité. C'est une fantastique opération de publicité pour Dieudonné qui se trouve ainsi renforcé dans sa position d'artiste persécuté. Si l'on avait voulu étendre le mouvement de solidarité autour du « martyr » Dieudonné et accréditer chez ses admirateurs l'idée qu'il représente un danger majeur pour le système, on ne s'y serait pas pris autrement.

Si l'on aspire à une démocratie digne de ce nom, la censure et la répression ne devraient pas être des méthodes recevables pour combattre des idées. La seule façon rationnelle et pacifique de lutter contre une opinion c'est de lui opposer des arguments, de produire une démonstration qui la contredit. Il faut faire confiance au débat et au libre examen. Il y a derrière la volonté de réduire le champ d'application de la liberté d'expression une peur du peuple, on se méfie de ses « sautes d'humeur ». Une prétendue élite qui a peur du peuple ne mérite pas de le gouverner, ni même de le conseiller. La démocratie c'est aussi cela : faire confiance à la raison et au peuple.

Robespierre encore : « L'opinion publique, voilà le seul juge compétent des opinions privées, le seul censeur légitime des écrits. Si elle les approuve, de quel droit, vous, hommes en place, pouvez-vous les condamner ? Si elle les condamne, quelle nécessité pour vous de les poursuivre ? »

Le recours à la censure et à la criminalisation de certaines opinions peut légitimement être interprété comme un manque d'assurance dans les arguments que l'on a à leur opposer. C'est une faiblesse, elle sera d'ailleurs jugée comme telle par les partisans de la personnalité décriée, ce qui renforcera leurs convictions. Contrairement à ce qui est répété à l'envi, le racisme est bel et bien une opinion avant de pouvoir être qualifié de délit. C'est une opinion qui doit certes être combattue mais par des arguments rationnels, pas par le bannissement et la répression.

Si vous avez un ami ou une connaissance qui se met à tenir des propos racistes ou négationnistes, est-il plus pertinent – efficace – de le conspuer et de l'exclure de vos fréquentations ou de chercher à le raisonner par la discussion ? La réponse est dans la question. Ce qui vaut à cette échelle vaut à l'échelle de la société. Tout le monde devrait avoir le droit à l'erreur sincère du jugement, à l'égarement des opinions (il ne s'agit évidemment pas de valoriser l'irrationalité). Une condamnation – a fortiori si elle est indélébile – est là encore contre-productive.

Il va sans dire – mais disons-le quand même – que la liberté d'expression totale dont devrait bénéficier Dieudonné s'applique également à ceux qui le soutiennent et l'admirent. S'ils expriment leur solidarité, par exemple en se faisant prendre en photo en exécutant le signe de la quenelle, ils ne doivent subir aucune sanction professionnelle ou légale. Et bien sûr ils doivent être libres de pouvoir assister aux spectacles de Dieudonné, ce qui implique que ceux-ci puissent avoir lieu... La liberté de réunion doit donc elle aussi être pleinement restaurée.

 

La nécessité de vrais débats publics... et d'une gauche combative et rationnelle

La popularité de personnes comme Dieudonné ou Soral montre que lorsqu'un sujet est occulté, que l'on interdit qu'un débat public ait lieu – en l'occurrence sur Israël et le soutien que la France et l'Union européenne accordent de fait à son régime d'apartheid –, la frustration et la colère prennent des formes outrées et grotesques. La classe politique et médiatique dominante est responsable de l'émergence de « phénomènes » comme Dieudonné et Soral. Tant qu'il sera impossible d'avoir un véritable débat sur la politique de la France vis-à-vis d'Israël, ces formes extrêmes de contestation se développeront. Mais c'est peut-être là l'objectif des chiens de garde du sionisme : intimider les Français qui désapprouvent la politique israélienne et en neutraliser toute critique sérieuse et argumentée.

Quel que soit le sujet, c'est le manque de débat loyal et ouvert qui alimente la surenchère et les excès. Au lieu de jouer aux pompiers pyromanes, les médias devraient assurer leur rôle démocratique et organiser de tels débats. De même, il est anormal que tous les partis politiques médiatisés (FN compris) soient plus ou moins sionistes. Cela ne reflète pas l'état de l'opinion.

L'hystérie autour de « l'affaire Dieudonné » est par ailleurs le symptôme d'un climat politique délétère. Il est trop évident qu'il s'agit (aussi) d'une entreprise de diversion, Manuel Valls et François Hollande espèrent ainsi donner l'impression qu'ils font quelque chose. La classe dominante ne pouvant ni ne voulant répondre aux attentes du peuple et à la détresse sociale de nombreux citoyens, elle en est réduite à osciller entre polémiques secondaires (mariage homosexuel, Dieudonné, etc.) et bourrage de mou communicationnel.

Si la gauche continue à abandonner le terrain des luttes sociales et s'accommode de la disparition de la démocratie et de la souveraineté populaire (notamment en entretenant le mythe d'une « Europe sociale »), d'une part elle ne mérite pas le nom de « gauche », d'autre part elle s'affaiblira encore. Quand je parle de gauche, je ne pense évidemment pas au PS – et à ses satellites –, qui est en fait une droite complexée.

De même, si la gauche ne se réapproprie pas le combat pour la liberté d'expression et ne cesse pas de laisser le champ libre à des défenseurs plus que suspects tels que Robert Ménard ou le Bloc identitaire, les valeurs progressistes s'estomperont, les régressions liberticides se poursuivront. La gauche doit assumer l'héritage des Lumières et retrouver pleinement sa vocation : souveraineté populaire, égalité, progrès, paix, émancipation, justice, laïcité. Aujourd'hui la gauche française est inoffensive et elle ne s'interroge pas assez sur les causes de son impuissance.

 

« La liberté d'expression doit être entière et indéfinie, ou elle n'existe pas. »

Avec Robespierre – que je paraphrase légèrement ici en remplaçant « liberté de la presse » par « liberté d'expression » –, il faut réapprendre l'évidence : défendre la liberté d'expression des personnes avec qui on est en désaccord, c'est défendre sa propre liberté d'expression. Plus la défense est inconditionnelle, tous azimuts, plus le principe est protégé contre les attaques réactionnaires.

Si la liberté d'expression se réduit à la liberté d'exprimer les idées que l'on approuve, elle n'a plus de sens. On laisse alors la voie ouverte à des interprétations, à des exceptions. Lorsqu'on admet qu'il puisse y avoir de telles exceptions, qu'une limitation de la liberté d'expression est souhaitable, où s'arrête alors le processus de « détricotage » de ce principe salutaire ? Jusqu'où ira le travail de sape ?

Donc, oui, la liberté d'expression doit être totale. C'est le progrès, c'est la raison qui l'exigent. Cela implique qu'il faut aussi abolir les « lois mémorielles » (loi Gayssot, etc.). De même qu'il n'a pas à fixer la vérité scientifique, l'État ne doit pas légiférer sur la vérité historique et criminaliser certaines thèses, même lorsque celles-ci semblent absurdes ou scandaleuses. C'est faire un bien grand honneur à Robert Faurisson et aux autres négationnistes que de concevoir des lois spécialement pour eux. Soyons chomskyens ! Et robespierristes !

Terminons en citant une dernière fois le génial discours du citoyen Robespierre : « Priver un homme des moyens que la nature et l'art ont mis en son pouvoir de communiquer ses sentiments et ses idées, pour empêcher qu'il n'en fasse un mauvais usage, ou bien enchaîner sa langue de peur qu'il ne calomnie, ou lier ses bras de peur qu'il ne les tourne contre ses semblables, tout le monde voit que […] cette méthode est tout simplement le secret du despotisme qui, pour rendre les hommes sages et paisibles, ne connaît pas de meilleur moyen que d'en faire des instruments passifs et de vils automates [2]. »

 

Laurent Dauré

 

Notes

[1] Robespierre a prononcé ce remarquable discours à la Société des Amis de la Constitution, dont il était membre. Ce n'est pas trahir sa pensée que d'étendre à la liberté d'expression en général ce qu'il dit sur la liberté de la presse ; il précise d'ailleurs dans le même discours que « la liberté de la presse ne peut être distinguée de la liberté de la parole ». Pour lire le texte dans son intégralité, cliquer ici.

[2] Ce texte mérite d'être lu dans son intégralité, j'indique donc de nouveau le lien. Je profite de l'occasion pour vivement recommander cette conférence.



190 réactions


  • logan 21 janvier 2014 00:55

    Des gens sont morts à cause de diffamations. Parce qu’ils ont tellement souffert qu’ils se sont suicidés, d’autres parce qu’on les a assassinés ou lynchés de vengeance, et parmi ceux qui ont su résisté il n’est pas rare d’avoir vu ces personnes tout perdre, emploi, amis, famille ...

    Les abus de procès sont un autre problème. Ils sont dans tous les domaines.

    Toutes les limites que j’ai cité sont justes. L’opposition que vous faites entre libertés pour tous et l’existence de limites est fausse. Votre tentative de faire passer la lutte contre le racisme pour une volonté de faire taire des adversaires politique est malhonnête.

    La vraie question c’est que vous voulez décriminaliser le racisme.


    • Laurent Dauré 21 janvier 2014 02:39

      Non, je veux « décriminaliser » toutes les opinions sans distinction et donner réellement leur chance au débat public et à la raison. Je n’ai pas peur du peuple français, je lui fais confiance pour choisir la bonne voie et donc se détourner du racisme et autres pièges.

      Criminaliser des opinions est contre-productif. Les lois sur les actes suffisent à l’ordre public. C’est le manque de liberté d’expression et de débat qui présente des risques et pousse à la radicalisation.

      Je vous invite à (re)lire le discours de Robespierre.


    • logan 21 janvier 2014 20:37

      Non vu que vous reconnaissez qu’il doit exister des limites, la vraie et unique raison c’est que vous voulez décriminaliser le racisme, vous niez la responsabilité des personnes qui incitent à la haine et voulez les laisser pousser des gens à la discrimination, à la violence et au meurtre sans qu’ils puissent être inquiétés. On se demande bien quel intérêt vous visez en défendant cela, car il est un fait que le racisme n’a que des issues possibles nuisibles au plus haut point.


    • logan 21 janvier 2014 20:38

      Et expliquez-nous comment cela pourrait être plus contre productif que de laisser faire ?


    • Laurent Dauré 22 janvier 2014 15:26

      Je reconnais des limites très... limitées. Ce sont des exceptions habituelles dans la défense d’une version maximaliste de la liberté d’expression. Certains ne les admettent pas, avec des arguments parfois convaincants.

      Ces exceptions sont tellement circonscrites et peu nombreuses que je me suis senti autorisé à parler de « liberté d’expression totale », ce qui n’est pas tout à fait exact, j’en conviens. Mais « Pour une liberté d’expression totale à part les cas de faux témoignages et des appels à commettre des actes de violence sur autrui... et une critique lucide de Dieudonné » aurait fait un titre un peu long.

      Vous affirmez carrément que je veux « décriminaliser le racisme ». C’est une accusation profondément malhonnête mais je sais que les partisans d’une limitation de la liberté d’expression ont l’habitude de recourir à ce type de procédé pour plaider en faveur de la censure et de la répression.

      Je suis pour décriminaliser les paroles et les opinions, pas les actes. Comment établir un lien certain entre une parole et un acte ? Peut-on toujours établir la responsabilité de « celui qui parle » face aux actes de « celui qui fait » ?

      Pourquoi considérer les citoyens avec paternalisme, comme des individus crédules et prêts à suivre le premier néo-nazi venu ? C’est profondément infantilisant, voire méprisant.

      Les idées et opinions « dangereuses » seront réfutées puisque la liberté d’expression s’applique évidemment aux arguments contraires ; la très grande majorité des gens se détournent déjà spontanément de ce qui peut mener à la violence et au crime. Il faut faire confiance au libre jeu du débat et de la raison, quel que soit le sujet. Je décris là une société adulte et éclairée.

      Vous pensez vraiment qu’il est utile pour la société d’envoyer en prison ou de sanctionner par d’autres moyens une personne qui tient des propos racistes (en supposant que l’on puisse clairement établir cela) ? Vous pensez que c’est ainsi que l’on fait diminuer le degré de racisme ? Moi je pense qu’il faut plutôt se tourner vers des mesures sociales et économiques.

      Vous ne parvenez pas à imaginer ce que serait une société dans laquelle la liberté d’expression serait totale, voilà le problème. Vous avez une conception tragique et pessimiste de la nature humaine, ce qui vous conduit à considérer qu’une telle liberté ne pourrait produire que chaos et violence.


  • Raymundo007 Raymundo007 21 janvier 2014 02:01

    « De mon point de vue Dieudonné échoue à la fois en tant que comique et en tant que satiriste politique. »
    Sauf qu’a sa dernière représentation il y avait 3300 personnes et ça ce n’est pas une mince affaire !
    Vous n’aimez pas Dieudonné ? c’et votre droit ...moi je l’apprécie assez modérément mais laissez les milliers de gens qui veulent voir son spectacle et l’apprécient, y prendre plaisir librement et punto.


    • Laurent Dauré 21 janvier 2014 02:46

      Je vous renvoie aux commentaires que j’ai postés plus haut.

      Je ne nie pas le succès des spectacles de Dieudonné. Le fond de l’affaire et de mes critiques n’est pas là.


  • CATP 21 janvier 2014 07:40

    C’est un très bon article, je partage entièrement les vues de l’auteur sur la liberté d’expression. Je note que ce point de vue n’est malheureusement pas souvent mieux partagée par les dissidents que par les gens du système. Cependant j’ai pour ma part grand espoir en soral et dieudonné. On peut penser qu’ils court-circuitent une véritable opposition mais après tout, rien n’a empêché auparavant, avant qu’ils ne deviennent omniprésents, cette opposition d’advenir, ce qui ne fut pas le cas.


    • Laurent Dauré 21 janvier 2014 14:05

      Mais ils ne font pas que court-circuiter une véritable opposition, ils emmènent leurs troupes (pas aussi nombreuses que certains enthousiastes voudraient le croire) dans une impasse politique dont il sera très difficile de sortir.

      Et puis, s’il s’agit de rabattre pour le FN, c’est encore plus minable.

      On ne sait pas où mène le soralo-dieudonnisme. Quelles sont les analyses fondamentales ? les propositions ? Quel est le projet ? le positionnement politique ? Je sais que ce n’est pas un parti mais il y a trop de flou ; même un courant de pensée (s’il s’agit de cela) a besoin d’un cap, d’objectifs.

      Cette confusion participe du manque de sérieux et de clarté dont je parle dans l’article.


  • reneegate 21 janvier 2014 08:55

    Le premier commentaire est très pertinent, l’on sent chez vous un mépris profond du peuple, cette rhétorique usée dans les médias et chez les politiques de pouvoir consanguin.
    Autant j’adhère a votre analyse politique et à vos arguments, autant votre attitude bras tendu et nez pincé lorsque vous vous dédouanez, vous rend suspect des pires choses le moment venu.
    Vous tenez absolument à associer Dieudonné et Soral, sachez (grrâââce maîîître) que je connais l’un et pas l’autre, et que le peuple est capable de bien plus de discernement et de finesse que vous ne le supposez (je n’ai jamais lu cette morgue chez Robespierre). Que le CNR n’ai pas utilisé la quenelle certes, regretteriez vous que Dieudonné n’ai pas pris les armes ? Au mieux vous oubliez qu’il est un comique avant tout (résistant par la force des choses) et si vous n’avez pas le sens de l’humour ce n’est quand même pas sa faute ?


    • reneegate 21 janvier 2014 08:59

      vos réponses aux commentaires vous rachètent. Prenez donc mon message non pas comme une agression mais une mise en garde sur un point important que vous n’avez peut être pas vu sur cette affaire. L’expression populaire, simple et directe qui fait la force du comique.


    • Laurent Dauré 21 janvier 2014 14:19

      Je considère que Soral et Dieudonné mobilisent des forces et des énergies qu’ils ne méritent pas et qui pourraient être mieux employées. Est-ce méprisant ? Je n’ai aucun plaisir à voir des gens s’engouffrer dans une impasse politique. D’autant plus que, comme je l’ai écrit, il y a urgence.

      Dieudonné est certes un humoriste mais il est maintenant plus que cela, y compris aux yeux de ses admirateurs (qui fondent beaucoup d’espoir en lui, à tort selon moi).

      Comme je l’ai dit plus haut, le débat n’est vraiment pas dans l’évaluation de son talent comique.


  • Captain Marlo Fifi Brind_acier 21 janvier 2014 09:44

    Ceux qui pensent que Dieudonné et Soral peuvent les aider, se gourent dans les grandes largeurs :

    « Pour ce qui concerne vos problèmes d’emploi, de sécurité, d’éducation ou encore de pouvoir d’achat, je n’ai absolument aucune solution à vous proposer, et pour être honnête, je m’en contrefous »
    Profession de foi de Dieudonné. Législatives de 2012

    Il dit clairement qu’il ne peut rien contre le système, sauf faire des quenelles, ce qui ne représente pas un bien grand danger.

    Dieudonné et Soral ont appelé au 2e tour à voter FN. Ce qui va sans dire, va encore mieux en le disant, ils sont en France, le râteau du FN.

    Lequel n’est qu’un Parti leurre, qui lui non plus ne fait pas peur au système, sinon il n’aurait pas son rond de serviette dans tous les médias.

    Dieudonné se présentait sous la bannière du Parti antisioniste, issu du Centre Zhara, mouvement musulman Chiite en France.

     Ce qui est bien leur droit, mais il faut éviter alors, de le présenter uniquement comme un humoriste. Lui et Soral sont clairement engagés dans le bras de fer entre Chiites et Sunnites au Moyen Orient. 

    Le gouvernement français, par notre soumission à l’ OTAN, se retrouve dans le camp sunnite, avec l’Arabie Saoudite, le Qatar et Israël. 

    Vals, en supprimant la séparation des pouvoirs, en jugeant à la place de la Justice, a fait le coup des bartavelles :

    * Il introduit des attaques contre les libertés, qui seront bien utiles quand on viendra vous piquer votre épargne pour renflouer les banques, ou pour contrer les euro-critiques.

    * Il dresse un rideau de fumée devant les Lois Hartz contre les salaires mises en place par Hollande. Ainsi que devant les accords transatlantiques et la mise en place des euro-régions, marquant la fin de la France en tant qu’ Etat- Nation.

    * Il règle son compte, ou du moins il essaye, à ce qu’il considère comme un ennemi d’ Israël et des sunnites au moment de la pseudo Conférence de Genève 2, sur la Syrie.

    En résumé, ni Dieudonné et le FN, ni encore moins Vals ne sont des ennemis du système, ils en sont les outils.

    L’affaire Dieudonné en fin de course a été immédiatement remplacée par un débat sur l’ IVG. 

    Chaque année, les anti IVG font une manifestation... en Janvier.

    * 25 janvier 2009

    * 17 janvier 2010

    * 22 janvier 2012

    * 19 janvier 2014

    Le gouvernement soudain veut modifier une loi qui fait consensus... le 18 janvier 2014. Là, il n’agit pas par ordonnance, d’où le débat en cours.

    Si vous ne comprenez pas que tous les sujets de société choisis par le gouvernement servent à mettre dans la rue l’extrême-droite, c’est que vous avez une peau de saucisson devant les yeux...



    • Arnaud69 Arnaud69 21 janvier 2014 09:51

      Tu te défonce à quoi « fifille jambes en mousse » ?

      Soral et Dieudonné ne sont pas un parti politique, la profession de foi de Dieudonné pour le PAS c’était de l’humour (t’as déjà vu beaucoup de professions de foi avec du papier à entête biquette ? )

      J’attends que tu PROUVES que Soral ou/et Dieudo ont appelé à voter FN, je suis curieux de voix ça ou de le lire écrit de leur main ...

      Faut porter des « Vania » désodorisantes fifi, Soral et Dieudo te font te pisser dessus ..


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 21 janvier 2014 11:04

      Arnaud,

      Soral appelle à voter FN , le Parti antisioniste est un Parti d’extrême-droite, pro musulman. C’est étonnant dans la nébuleuse d’extrême-droite, mais c’est ainsi.

      Soral a soutenu Dieudonné et ses listes aux Législatives de 2012. Ce n’est pas un Parti d’humoristes comme vous voudriez le faire croire.

      Jean Marie Le Pen est le parrain d’un des fils de Dieudonné.

      Pour Dieudonné, la majorité de l’extrême droite étant anti- musulmane, se fichant des Palestiniens et des noirs comme de leur première chemise, Dieudonné crée la polémique.

      Pour la « Journée de la colère » le 26 janvier, il n’est visiblement pas le bienvenu. 

      Ce qui n’en fait pas un Parti d’extrême - gauche pour autant. 


    • Arnaud69 Arnaud69 21 janvier 2014 16:42

      @ Fifi jambes en mousse

      MENTEUSE !
      Il dit que LUI à titre personnel il vote comme ça, il n’est ni un guru, ni un responsable politique et n’a jamais appelé ceux qui l’écoutent à voter pour le fn.

      Essaye encore Fifi MYTHOMANE !


    • Arnaud69 Arnaud69 21 janvier 2014 16:46

      D’ailleurs tout est dans le titre de la vidéo donnée en lien, « Soral vote Le Pen », c’est pas une vidéo Soral appelle à voter Le Pen...

      C’est dingue ce qu’il peut te faire te pisser dessus, tu devrais porter des couches culotte plus conséquentes Goebbels débutante.

      fifi :-« mais je suis un garçon »sic, émasculé oui !  smiley  smiley  smiley



    • smilodon smilodon 21 janvier 2014 21:29

      @fifibrindacier : Soral est anti-musulman mais pro-islam . Pour lui l’ IRAN est le pays de l’avenir !... Je ne partage pas sa pensée, ou plutôt ses envies, mais franchement, lisez un seul de ses livres, sans forcément être d’accord avec ses conclusions, mais lisez un seul de ses livres !... Et prouvez-moi que ce ’type« n’est pas un »cerveau«  ???!!... Normal qu’il ne soit pas invité sur les »plateaux«  !.... Il a une »connaissance« , au vrai sens du terme, de la politique, des religions, de la »philosophie«  !.... Ce mec est un »CERVEAU«  !.... Qui part dans tous les sens, OK !... Mais son Q.I doit être proche de celui d’ Hugo et d’Einstein réunis !... Franchement !.. Il est fou certainement !... Mais le SAVOIR dans sa tête !... A côté de nos pauvres »élus«  !.... Moi qui ait adoré »HARA-KIRI« , ce mec c’est le »professeur choron« puissance 10 !...... Il est »fou« , ok !.. Mais Dieu qu’il en connait des domaines !...... Lisez-le au moins !... Ca monte haut !... Très haut !... Et il a des »bases" !.... C’est un CERVEAU ce type !... Faut au moins lui reconnaitre ça !.... Une bibliothèque NATIONALE à lui seul !..... C’est dingue ce qu’il sait !..... Mais qu’il soit totalement fou, ça OK !... Il l’est aussi !... Pour ça qu’il me plait !..... Adishatz.


  • Captain Marlo Fifi Brind_acier 21 janvier 2014 10:02

    Pour ceux qui n’ont toujours pas compris que l’extrême-droite ne se résume pas au FN, voici la liste des organisations depuis 1945, dont le Parti antisioniste.

    Pour ceux qui n’ont pas compris quels sont les enjeux derrière la guerre en Syrie,
    « Géopolitique du gaz et conflit syrien »

    Pour eux qui ne comprennent pas pourquoi Vals s’inscrit dans des mesures liberticides «  Quand les signes précurseurs du krach de 1929 réapparaissent »

    Pour eux qui croient que le FN va les sortir de leurs problèmes :
    « Le FN un Parti leurre »


    • smilodon smilodon 21 janvier 2014 22:04

      oli@fifibrindacier : Pour les munbicipales je vote UMP, non que ce parti me convienne, mais mon Maire est un mec bien, qui est UMP !.. C’est pour lui que je voterai !... Pour ma commune, pour mon « territoire », en « termite sur sa branche » !... Je veux continuer à vivre ici !... Ca me plait, et ce Maire est bon pour moi !.... Il me plait !.. Ailleurs, je ne sais plus rien !.. C’est trop « haut », trop « loin » !.. Et pour « ailleurs » le FN me semble mieux !... Donc, pour toutes les autres élections, c’est pour Marine que je voterai !.... Au moins pour que mon tout petit « pays » reste ce qu’il est !... Chez moi !.... Je sais, c’est nul !.. Je devrais faire venir tout le monde et n’importe qui ici !.. Mais j’ai envie de « paix » !... Pas de « bouleversements » !.. Dsl !..La délinquance, les trafics en tous genres, le « grand mélange », désolé... Pas envie !.. Notre « tranquillité » me va mieux !... C’est pas Marseille ici !.. Et ça me plait comme çà !.... Tant pis pour la « mixité » et tant pis pour le reste !... TRANQUILLITE !... Ca oui !...Pourvu que ça dure, et pour ça je voterai MARINE !... Désolé !.... Pas d’autre choix, sinon UMP à l’échelle locale !.. Je tiens à ma peau et à celles de mes enfants !... Pas compliqué la politique !.. Les citoyens veulent la PAIX , en PREMIER !... Pas compliqué !....S’il faut payer...On paiera !....Adishatz


  • aliante 21 janvier 2014 10:13
    1. ,peu importe Dieudonné ou autres personnages,
    2.  il est utilisé par le pouvoir en place pour appliquer la restriction de la liberté d’expression et ils ne savent pas comment l’annoncer à un peuple de moins en moins dupe des manœuvre de l’oligarchie
    3. vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe des lois de surveillances généralisée dans un pays qui donne des leçons à la terre entière sur la démocratie
    4. la loi de programmation militaire ,quand le pouvoir en place vous désigne un humoriste en le pointant du
    5.  doigt c’est qu’il ne veut pas que vous regardiez les quatre autres qui sont pointés vers lui

    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 21 janvier 2014 11:09

      Aliante,

      Entièrement d’accord avec votre analyse.


    • smilodon smilodon 21 janvier 2014 20:59

      Ca doit être bien d’écrire sur ce site et de pouvoir se lire....Ou lire des « réactions » à ce qu’on a cru écrire !... Faites-moi savoir, si vous me lisez !... Jsais pas d’où ça vient, mais moi, j’arive jamais, ni à ma relire, ni à lire aucune réaction !.. C’est normal, docteur ??? J’envoie ma bouteille à la mer !.... Adishatz.


  • Patrick Samba Patrick Samba 21 janvier 2014 11:16

    Bonjour,

    cet article, votre analyse, est remarquable. Vous ne publiez par beaucoup, et c’est bien dommage. Quand vous le faites c’est du lourd. (et peut-être un peu long, mais c’est très accessoire)
    Forcément imparfait Robespierre, mais quel superbe défenseur de la liberté de... penser.

    Néanmoins, tout aussi « forcément », quelques remarques :
    Nous écrivez : "Cela dit, je crois que l’on surévalue souvent l’emprise du soralo-dieudonnisme ; beaucoup de gens regardent leurs vidéos pour se défouler, se griser, sans adhérer pour autant à toutes leurs divagations. Une fois la cyberfulmination terminée, ils retournent à leur vie en se contentant de pester occasionnellement contre le « mondialisme » ou le « lobby sioniste ». Avec de pareils opposants, les dominants peuvent dormir sur leurs deux oreilles.« Les dominants certainement, mais pas les opposants qui ont et auront à pâtir de l’influence du FHaine. Je pense au contraire que nombreux sont ceux qui adhèrent au discours de Dieudonné, et bien plus qu’à celui de Soral. La montée du FN, dont il a finalement fait la publicité, semble en témoigner.

     » Dieudonné et Soral font avec l’antisionisme ce que le FN fait avec la souveraineté nationale. Ils rendent le sujet confus et sulfureux (...). Le stratagème est habile, le piège efficace. Il faut refuser de tomber dedans et montrer à ceux qui se laissent séduire que tout ce que le soralo-dieudonnisme parvient au fond à accomplir, tout comme le FN, c’est à pourrir et à parasiter des sujets importants." Et c’est bien là que se situe le nœud du problème. Comment échapper en effet à ce piège ? Certes avec le net, avec AgoraVox, là où l’accès à la liberté d’expression est moins déséquilibré, le moyen d’y parvenir est plus à la portée du citoyen lambda. Mais en réalité qu’est-ce qui fait encore l’opinion, celle qui en définitive vote ? Les journaux et la télé. Ces médias sont aux ordres de qui ? Vous avez bien traité la question dans votre précédent article sur AV.

    En dehors des faux témoignages, des calomnies,des appels à commettre des actes de violence contre autrui, la justice ne devrait pas limiter la liberté d’expression rappelez-vous. Et le harcèlement, qui fait l’objet de sanction hors du contexte médiatique, doit-il être toléré dans les médias ? C’est reposer là bien sûr la problématique de la publicité. Or c’est bien de cela dont il est question avec Dieudonné, d’autant qu’avec lui il se pare d’une arme particulièrement redoutable : l’humour (ici, le soi-disant humour). Le sujet est forcément complexe, mais ne doit néanmoins pas être écarté. Sinon comment échapper à ce piège efficace ?


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 21 janvier 2014 11:55

      Patrick Samba,

      On sort de ce piège en regardant les conférences d’ Asselineau, un vrai médicament anti-enfumage, et en les popularisant.

      Il n’y a pas aujourd’hui d’autre Mouvement démocratique et républicain qui s’engage sur la question de la souveraineté, la sortie de l’ UE, pacifiquement et légalement par l’article 50.

       Et qui analyse l’extrême-droite comme un épouvantail généré par le système, salissant l’idée même d’indépendance nationale et de souveraineté.

      Plus les élections européennes, (qui s’annoncent comme un fiasco pour les Partis mainstream), se rapprochent, plus les européistes vont assimiler les patriotes à l’extrême-droite.

       Le bilan de l’ UE, de l’euro et notre appartenance à l’ OTAN, est si catastrophique que c’est la seule carte qu’il leur reste.

      Avec les promesses jamais tenues, qu’en votant pour eux, l’ UE va changer... Rêve !
      Voici leurs promesses aux élections européennes précédentes : ici.

      Les conférences d’ Asselineau sont sur le site de l’ UPR.fr


    • Patrick Samba Patrick Samba 21 janvier 2014 13:42

      Fifi Brind_acier,

      bravo pour votre militantisme, un peu moins pour votre prosélytisme...

      Il m’arrive de regarder ses vidéos, souvent intéressantes, mais désolé je suis européiste, et même mondialiste... Et puis, outre son passé politique, avec Asselineau j’ai eu le droit à un court échange de mails à mon arrivée sur AV. J’en garde, comment dire, un souvenir... mitigé. Non, en réalité très désagréable. Il s’est juste autorisé à vouloir me faire taire, et sur un ton !!....

      Catalogué le bonhomme.
      Mais néanmoins écoutable...


    • Laurent Dauré 21 janvier 2014 14:57

      Merci pour votre lecture et vos remarques. Je vais essayer de répondre à ces dernières.

      Le FN est en effet très nuisible au mouvement d’opposition à l’ordre établi. Grâce à la promotion médiatique ambiguë dont il bénéficie, il occupe le terrain et pourrit en permanence le débat public. Comme je l’ai écrit, c’est un élément-clé du dispositif d’asservissement du peuple français.

      Cela dit, si on examine les chiffres détaillés des élections, on constate que le FN ne monte pas. Il plafonne, il stagne, à un niveau assez élevé certes mais ce n’est pas le raz-de-marée dont nous parlent régulièrement les médias pour intimider les Français et diaboliser la question de la souveraineté nationale.

      Le FN parvient à mobiliser plus fortement ses électeurs que les autres partis, c’est tout. Il n’y a pas de lepénisation de la société française.

      La question des médias est cruciale, vous avez raison. Il n’y aura pas de changement politique majeur sans une transformation radicale de l’ordre médiatique. Il est plus probable que les deux processus se produiront parallèlement.

      D’après les études, les Français se méfient de plus en plus de la parole médiatique. C’est bon signe (et légitime) mais cela ne suffit pas à renverser le règne des « chiens de garde ». C’est pourquoi il faut soutenir ceux qui produisent une critique (de qualité) des médias dominants.

      Internet est un outil formidable, sans lui, nous serions bien démunis. Il faut en utiliser toutes les possibilités subversives et diffuser au maximum les informations et analyses pertinentes. Et bien sûr il faut s’opposer aux tentatives de reprise en main d’Internet par le pouvoir.

      S’agissant du dernier point, je reproduis un commentaire que j’ai fait plus haut :

      « Bien que je défende une version maximaliste de la liberté d’expression, je mentionne deux exceptions : le faux témoignage et l’appel à commettre des actes de violence sur autrui.

      D’autres cas peuvent être débattus. Celui de la diffamation, par exemple. Dans l’état actuel de mes réflexions, je crois souhaitable de ne pas « criminaliser » la diffamation, notamment pour désamorcer l’usage abusif du procès en diffamation que les puissants font pour intimider et punir ceux qui critiquent leurs activités. Mais j’admets qu’il y a matière à débat sur ce point.

      Les deux exceptions que je cite peuvent elle aussi être discutées, d’autres défenseurs « extrêmes » de la liberté d’expression ne les admettent pas en fournissant des arguments intéressants.

      Je suis pour la liberté d’expression y compris sur la liberté d’expression. »


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 21 janvier 2014 18:09

      Patrick Samba,
      Je ne sais à quel débat vous faites allusion, en voici un récent, avec un mondialiste, Alexandre Melnik, et les réponses d’Asselineau et de Melnik aux questions des étudiants, après le débat.

      Le débat lui même portait sur « La place de la France XXI e siècle »


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 21 janvier 2014 18:10

      Patrick Samba,
      Je ne sais à quel débat vous faites allusion, en voici un récent, avec un mondialiste, Alexandre Melnik, et les réponses d’Asselineau et de Melnik aux questions des étudiants, après le débat.

      Le débat lui même portait sur « La place de la France XXI e siècle »


    • Patrick Samba Patrick Samba 21 janvier 2014 20:03

      à Fifi Brind_acier :
      ce n’était pas un débat, un simple échange (et non de mails comme je l’ai écrit par erreur). A propos de manipulation d’identité sur AV.


  • Kiosk Kiosk 21 janvier 2014 12:48

    La référence à Robespierre est caractéristique : Robespierre suit Rousseau, il en est le bras armé. Rousseau exprime ses idées sur le papier et Robespierre les met en pratique (la vertu par la terreur). Voir sur ce sujet Hannah Arendt, dans « Essai sur la révolution » - 1963.

    Que dit Rousseau ? « Commençons par écarter les faits »... (Début du second discours de Rousseau). Il refait ensuite un monde idéalisé qui ne repose sur rien puisqu’il ne tient pas compte du réel. On lui opposera avec profit Montesquieu, qui est quant à lui pragmatique et concret., analyste lucide et rationnel.

    Robespierre suit Rousseau et cela aboutit au massacre que fut la terreur, au nom d’idées exprimées sans référence à la réalité des faits. Il en va de même avec l’idéalisation d’une liberté d’expression que rien ne devrait freiner, pas même ses conséquences concrètes.

    Outre que la liberté d’expression est de toute façon illusoire car même la liberté de penser a ses limites (comme je l’ai montré dans mon post précédent), tenir compte des faits force à reconnaître que dans chaque pays le droit lui impose des limites, plus sévère ici, plus laxiste là. Les États ont ce droit légal de borner la liberté d’expression, c’est un fait incontournable, qu’on en soit d’accord ou pas. Ce n’est pas par hasard, c’est bien pour assurer une certaine paix sociale que le pouvoir législatif met en place des barrières de sécurité. Les complotistes, les révisionnistes, les racistes, les pédophiles et autres adeptes des atteintes au respect de la dignité humaine s’insurgent évidemment contre cela, tout comme les assassins et les voleurs s’insurgent contre la police qui les traque, qui s’en étonnera ? Ils n’hésiteront pas à dénoncer un pouvoir fascisant alors qu’ils sont, eux, le fascisme incarné.

    Reste à savoir ce qu’il en est du droit. Est-il d’essence divine, auquel cas il n’y aurait rein à lui ajouter et rien à lui retrancher ? Nullement. Le droit reflète l’état et la volonté d’une société à un moment donné. La liberté d’expression est un sujet de droit, pas une affaire de transcendance. Il n’existe pas intrinsèquement une liberté d’expression, hors de l’homme, hors du temps et de l’espace, que des lois limiteraient illégitimement. La liberté d’expression, c’est ce qui existe une fois que le droit l’a déterminée et en a tracé les limites.

    Le droit n’est pas immuable. On peut lutter contre ses abus, mais on peut lutter aussi contre ses manques, notamment s’il autorise de façon trop laxiste les abus de la liberté d’expression (ou s’il la bride à l’excès aux yeux d’une société jugeant selon l’évolution de ses valeurs cette bride excessive). L’important à l’arrivée, c’est l’adéquation d’une société et de son droit.

    Bienvenue dans le monde réel !


    • Laurent Dauré 21 janvier 2014 17:51

      Je veux bien discuter de Robespierre et de Rousseau mais on s’éloignerait du sujet. Je n’ai parlé que du « Discours sur la liberté de la presse » et ne me suis pas prononcé sur le reste de l’œuvre politique ou les actes de Robespierre.

      Votre plaidoyer en faveur d’une limitation de la liberté d’expression n’est pas convaincant. Vous ne montrez pas en quoi il serait profitable, ou même seulement efficace, pour une société, de censurer et de criminaliser certaines opinions.

      Il existe des idées qui sont en effet condamnables moralement, mais le peuple se charge de lui-même de les condamner, nul besoin de faire intervenir la loi.

      Faites un sondage sur la popularité du nazisme. Vous verrez qu’elle est très basse. Et le fait que les propos d’inspiration nazie soient punis par la loi n’a rien à voir là-dedans.

      Vous dites que les États ont le droit légal de borner la liberté d’expression. Outre le fait que c’est une affirmation très discutable (pourquoi n’auraient-ils pas le droit légal de faire l’inverse ?), cela ne nous fait pas du tout avancer dans la discussion. La bonne question c’est : est-il rationnel, utile et efficace de limiter la liberté d’expression ?

      Les partisans d’une telle limitation n’ont toujours pas avancé la moindre preuve que la censure et la répression de certaines opinions concourent à la paix sociale (une « paix » qui peut d’ailleurs cacher bien des oppressions).

      Vous écrivez : "Les complotistes, les révisionnistes, les racistes, les pédophiles et autres adeptes des atteintes au respect de la dignité humaine s’insurgent évidemment contre cela, tout comme les assassins et les voleurs s’insurgent contre la police qui les traque, qui s’en étonnera ? Ils n’hésiteront pas à dénoncer un pouvoir fascisant alors qu’ils sont, eux, le fascisme incarné."

      Rassurez-moi, dans votre esprit, est-il concevable que l’on puisse défendre la liberté d’expression sans être pour autant un complotiste, un révisionniste, un raciste ou un pédophile ?...

      Je n’ai pas écrit que la liberté d’expression était une affaire de transcendance. Je suis contre tout appel à la transcendance en politique. À mes yeux, c’est une question purement intellectuelle, morale et politique. Rationnelle aussi.

      Si vous n’aimez pas Robespierre, que pensez-vous des arguments de Bertrand Russell ou de Noam Chomsky en faveur de la liberté d’expression ? Voilà des auteurs qui ne peuvent être accusés de faire appel à une quelconque transcendance.

      Bienvenue dans le monde rationnel !


  • Flo Duflocon 21 janvier 2014 14:36

    De toute façon, depuis que Desproge n’est plus, l’humour, le vrai, n’est plus.
    Troll mis à part, je suis bien content de ne pas suivre les actualités, pour entendre parler de cet humoriste en carton. Se débattre sur des sujets aussi inintéressant, Dieudonné est-il raciste, comique ou blond ? Qu’est-ce qu’on s’en fout (enfin moi oui en tout cas). En parler c’est justement lui donner l’importance qu’il ne mérite pas.
    Tout à fait d’accord avec toi, Laurent.

    Quant au vrai sujet de l’article, tout à fait d’accord. Si on commence à censurer, filtrer ou avoir des tabous, la liberté d’expression disparait.


    • Laurent Dauré 21 janvier 2014 18:04

      Merci Florian.

      Oui, vive Desproges ! Je me demande ce qu’il penserait de tout cela. Une parole comme la sienne manque, particulièrement en ce moment.


  • Kiosk Kiosk 21 janvier 2014 15:28

    Humour :
    Le jour de leur libération, les petits juifs d’Auschwitz profitent de la liberté d’expression que les nazis leur ont laissé (en n’ayant pas eu le temps de les gazer comme des milliers d’autres enfants) pour répondre à la quenelle de Dieudonné :

    http://a136.idata.over-blog.com/2/94/29/35/AuschwitzEnfantsliberesMatricules1945.jpg

    Réponse à Laurent Dauré :

    Je maintiens que l’affichage de votre anti-sionisme nuit à votre démonstration, qui du coup semble être un alibi à cet anti-sionisme. Et par contre-coup, votre charge contre Dieudonné, plutôt bien vue, sonne comme le dépit de voir un charlot défendre si mal votre cause que votre position s’en trouve affaiblie par un effet d’amalgame.
    Que cela ne vous empêche toutefois pas de préciser si vous êtes contre l’existence d’Israël ou contre le colonialisme de l’extrême droite israélienne, ce qui n’est pas du tout la même chose bien qu’il s’agisse d’anti-sionisme dans les deux cas.

    Réponse à Philippe Vergnes :
    A sophiste sophiste et demi. Poser la liberté d’expression (ou toute autre liberté d’ailleurs) comme illimitée par essence, c’est un sophisme. Cela revient à dire que la liberté d’expression est illimitée parce qu’elle n’a pas de limites. Or elle en a, comme toute liberté, et pour une foule de raisons (nature humaine, limitations physiques, biologiques, intellectuelles, culturelles, etc., et bien entendu juridiques, donc sociétales).
    En outre, vous déformez mon propos. Je distingue liberté de penser, de dire et de faire, mais en montrant qu’elles découlent les unes des autres et non en en faisant des entités distinctes, indépendantes. (Relisez-moi avec un peu plus d’attention.) Il en résulte que si l’on peut s’accorder à interdire le meurtre (acte), on est fondé à légiférer aussi sur l’appel au meurtre (expression) du fait du passage à l’acte qui peut en résulter. (Les études sur la prise de décision montrent bien l’importance de l’expression dans l’acte qu’elle précède.) La sanction ne sera évidemment pas la même. Quant à la pensée de meurtre, dans la mesure où elle reste cachée, on ne peut rien y faire, si ce n’est mieux enseigner les valeurs humaines (non, cela ne signifie pas interner les contradicteurs dans un camp de rééducation psychiatrique).
    Dans un autre post, j’explique que la liberté d’expression est un fait de droit, limitable et borné par le droit. Hors du droit, je ne suis d’ailleurs pas bien certain que la notion de « liberté d’expression » ait un sens quelconque.

    Nota : pour ce qui est de l’affaire Dieudonné, j’étais d’avis qu’il puisse jouer son spectacle, mais avec des magistrats assermentés dans la salle en mesure de le verbaliser en cas de propos antisémites, de la même façon qu’un motard peut très bien vous verbaliser sur le champ si vous enfreignez le code de la route.

    Enfin, pour ce qui est de l’eau de boudin de mon dernier paragraphe, il aurait été plus judicieux de parler de peau de boudin, ne serait-ce que pour rester dans le sujet.


    • Laurent Dauré 21 janvier 2014 20:01

      Mon antisionisme ne peut nuire à mon propos sur la liberté d’expression qu’auprès de personnes qui lisent de travers ou qui décident de se saisir de n’importe quel prétexte pour tenter d’affaiblir ma position.

      Précision (puisque vous la demandez) : je ne suis pas contre l’existence même d’Israël.


    • Kiosk Kiosk 21 janvier 2014 21:26

      Réponse à Laurent Dauré :
      Mais bien sûr qu’afficher votre antisionisme nuit à votre propos ! Vous abordez un thème sur lequel on peut vous suivre sans forcément partager vos autres idées, et soudain on découvre que votre objectif pourrait bien être plutôt de revendiquer la liberté d’expression illimitée pour pouvoir sans entraves évoquer votre antisionisme (tout en dénonçant en filigrane un antisionisme concurrent, celui de Dieudonné). Du coup, il y a présomption de manipulation, et l’on regarde vos arguments à travers le rôle que vous leur fixez, avec les quelques ajustements que cela vous impose vis à vis de la logique et de l’analyse objective. Je vous rappelle à ce propos que même dans notre « système » plus ou moins liberticide, l’antisionisme est permis, c’est l’antisémitisme qui est un délit, l’un n’impliquant pas nécessairement l’autre, même s’il est parfois très compliqué de faire le tri, en particulier chez Dieudonné.

      Par ailleurs, soyez cohérent. Vous parlez de liberté sans limites, mais en même temps vous citez des limites justifiées ou justifiables :
      « le faux témoignage et l’appel à commettre des actes de violence sur autrui. D’autres cas peuvent être débattus. Celui de la diffamation, par exemple ».

      Je discutais récemment avec un adversaire de Dieudonné, après avoir visionné sur grand écran sa prestation face à un journaliste iranien. Cet homme avait relevé à juste titre que Jésus n’annonce nullement Mahomet, mais plutôt le Saint-Esprit, en précisant le passage de la bible où il en était question.
      Bravo, bien vu, on est d’accord...
      Sauf que dans la conversation que nous avons eue ensuite, il s’est avéré que cet individu était violemment islamophobe, que pour lui aucun musulman ne pouvait être modéré, qu’il fallait éradiquer l’islam de la planète. Et hors de question de lui parler d’intégristes ultra-cathos aussi violents que les barbus, ou d’un Jésus n’ayant jamais existé (du moins pas le Jésus décrit par les chrétiens). Bref, ce type était un fanatique, et le découvrir remettait en perspective tout son discours précédent, dans le sens d’une très forte révision à la baisse de son objectivité.

      Si vous me lisez bien dans les quelques posts que j’ai publiés ici, vous constaterez deux choses, qui manifestement vous ont échappé :

      1 - Je n’y donne pas mon opinion personnelle sur le sionisme ou l’antisionisme. Je vous indique seulement que vous affaiblissez votre propos en l’introduisant inutilement dans le texte.

      2 - Je ne fais pas un plaidoyer pour ou contre la liberté d’expression. Je me contente de vous dire ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas, de mon point de vue (et non celui de tel ou tel philosophe, Chomsky compris), c’est-à-dire quelque chose qui a intrinsèquement des limites, qui n’a de sens que par le droit, et que le droit peut choisir de borner tout autant que d’étendre. Vous en trouverez diverses illustrations dans l’article de Wikipédia traitant de ce sujet (http://fr.wikipedia.org/wiki/Libert%C3%A9_d%27expression).


    • Laurent Dauré 22 janvier 2014 15:39

      Comme je viens de l’écrire plus haut :

      Je reconnais des limites très... limitées. Ce sont des exceptions habituelles dans la défense d’une version maximaliste de la liberté d’expression. Certains ne les admettent pas, avec des arguments parfois convaincants.

      Ces exceptions sont tellement circonscrites et peu nombreuses que je me suis senti autorisé à parler de « liberté d’expression totale », ce qui n’est pas tout à fait exact, j’en conviens. Mais « Pour une liberté d’expression totale à part les cas de faux témoignages et des appels à commettre des actes de violence sur autrui... et une critique lucide de Dieudonné » aurait fait un titre un peu long.

      Sur le reste, vous continuez d’avoir tort, ou en tout cas de ne parler que de votre seul point de vue. Si vous trouvez que mon antisionisme nuit à ma défense de la liberté d’expression, c’est votre problème en quelque sorte ; cela montre simplement que vous faites preuve de mauvaise foi dans l’espoir de discréditer des idées que vous désapprouvez mais que vous ne parvenez pas à réfuter.

      Heureusement qu’il y a des lecteurs rationnels qui comprennent ce que veut dire défendre un principe.


    • Kiosk Kiosk 22 janvier 2014 16:39

      Réponse à Laurent Dauré :
      De toute évidence, vous n’aimez pas lire ce que l’on écrit, mais plutôt ce que vos préjugés vous font interpréter ce qui n’est dit nulle-part dans le texte.
      Encore une fois, je n’ai pas donné mon avis sur l’antisionisme, ni sur votre conception de la liberté d’expression illimitée-mais-un-peu-limitée-quand-même, je vous ai seulement dit que mélanger les deux affaiblit la portée de votre texte.

      J’ai expliqué aussi que la liberté d’expression n’est pas hors du temps et de l’espace mais qu’elle est intimement liée au droit et qu’elle est intrinsèquement limitée, ne serait-ce que pour des raisons bassement biologiques. Ceci admis, il reste tout à fait possible de vouloir davantage ou au contraire moins de liberté d’expression, et donc d’avoir des opinions qui divergent...
      ... ou pas...
      ... vu que je n’ai pas non plus précisé expressément si je souhaite une liberté totale, une liberté limitée comme celle que vous défendez, une liberté plus restreinte, ou carrément la censure la plus sévère. La seule piste que je vous ai fournie, c’est qu’à la place de Valls j’aurais autorisé les spectacles de Dieudonné, mais avec des magistrats assermentés dans la salle, comme on a des motards sur les routes pour faire respecter le code.


    • Laurent Dauré 22 janvier 2014 18:18

      Il me semble que je dis suffisamment clairement que la liberté d’expression de Dieudonné devrait être totale (et que cela s’applique à n’importe qui). Les critiques que je formule sur lui et le rôle qu’il joue/qu’on lui fait jouer, tout comme mes propos sur la politique israélienne, sont sur un autre plan. J’aurais pu les proposer dans un autre article, plus tard, c’est vrai, mais la précaution serait finalement assez artificielle et cela ne changerait rien. Je pense avoir défendu le principe sans ambiguïté. À chacun d’en juger.


    • Philippe VERGNES 23 janvier 2014 12:15

      Bonjour Kiosk,

      (je poursuis ici notre discussion démarrée ci-dessus)

      A sophiste sophiste et demi.

      Ha bon ?!

      Où avez-vous bien pu lire, je vous prie, que je vous traitais de sophiste ???

      Poser la liberté d’expression (ou toute autre liberté d’ailleurs) comme illimitée par essence, c’est un sophisme. Cela revient à dire que la liberté d’expression est illimitée parce qu’elle n’a pas de limites.

      Le sophisme consiste ici à réduire toute la partie argumentée de l’article de Laurent DAURÉ sur la liberté d’expression en une pétition de principe. Cela est de votre propre fait, pas de celui de l’auteur de ce billet puisqu’il argumente en posant le principe suivant écrit par ROBESPIERRE : « Les lois peuvent atteindre les actions criminelles, parce qu’elles consistent en faits sensibles, qui peuvent être clairement définis et constatés suivant des règles sûres et constantes : mais les opinions ! leur caractère bon ou mauvais ne peut être déterminé que par des rapports plus ou moins compliqués avec des principes de raison, de justice, souvent même avec une foule de circonstances particulières. Me dénonce-t-on un vol, un meurtre ; j’ai l’idée d’un acte dont la définition est simple et fixée, j’interroge des témoins. Mais on me parle d’un écrit incendiaire, dangereux, séditieux ; qu’est-ce qu’un écrit incendiaire, dangereux, séditieux ? Ces qualifications peuvent-elles s’appliquer à celui qu’on me présente ? Je vois naître ici une foule de questions qui seront abandonnées à toute l’incertitude des opinions ; je ne trouve plus ni fait, ni témoins, ni loi, ni juge ; je n’aperçois qu’une dénonciation vague, des arguments, des décisions arbitraires. »

      Cet extrait est suffisamment explicite, dommage qu’il soit apparemment inaccessible à votre compréhension.

      Votre simplisme réducteur suit une nouvelle fois une construction sophistique.

      Dès lors, sur la base d’une prémisse erronée, car relevant d’un sophisme, toute votre rationalisation part en eau de boudin (et non la peau).

      Par ailleurs, je ne déforme en rien votre propos, car il est construit sur le modèle de l’injonction paradoxale (sophisme de paradoxe) qui vous permet de dire tout est son contraire en fonction des opinions ou des situations.

      Je précise également que j’ai pris soin de vous lire attentivement, mais je vous retourne le compliment en vous invitant à faire de même.

      Je sais par expérience que certains sophismes de paradoxes sont difficilement décelables même par ceux qui les émettent (dans ce cas nous devrions plutôt parler de paralogisme à la place de sophisme), car l’être humain est un être paradoxal.

      Ainsi donc, et selon votre  commentaire du 20 janvier à 12:55, si vous distinguez la liberté de penser et la liberté d’expression en disant qu’elles ne sont pas assimilables, pourquoi ne faites-vous pas également la différence entre sophiste et sophisme ? Dois-je encore préciser ou bien commencez-vous à comprendre ?
      Dans un autre post, j’explique que la liberté d’expression est un fait de droit, limitable et borné par le droit. Hors du droit, je ne suis d’ailleurs pas bien certain que la notion de « liberté d’expression » ait un sens quelconque.

      Nous sommes sur ce point-là d’accord et c’est bien pour cela que dans ma précédente réponse je vous avais cité tous les textes de loi qui dans la hiérarchie des normes sont ceux à appliquer dans notre législation. Or, vous défendez un point de vue inverse, d’où encore une contradiction (position paradoxale) dans votre rhétorique.

      Enfin, pour ce qui est de l’eau de boudin de mon dernier paragraphe, il aurait été plus judicieux de parler de peau de boudin, ne serait-ce que pour rester dans le sujet.

      Sinon, l’expression correcte est : « finir en eau de boudin » et non pas « finir en peau de boudin », même si, comme vous le dîtes, j’ai été tenté de transgresser cette citation pour la faire coller au sujet de la quenelle, je m’attache avant tout à l’authenticité des références ou des citations que j’emploie.


    • Kiosk Kiosk 24 janvier 2014 16:31

      Bonjour Philippe,

      Où avez-vous bien pu lire, je vous prie, que je vous traitais de sophiste ???

      L’auteur d’un sophisme agit en sophiste, au moins pour le temps de son sophisme. Il faudrait examiner son mode habituel de raisonnement pour déterminer s’il est sophiste dans l’âme ou seulement sophiste occasionnel, comme cela arrive je le suppose à tout un chacun. Voir aussi si le mot « sophiste » ne doit être vu que dans un sens péjoratif, comme si de tous temps un sophiste était un escroc de la pensée. Je pense en fait que vous avez pris le terme un peu trop au ras de sa définition philosophique quand je lui donnais un sens plus proche du langage courant. (Je ne suis pas philosophe de formation et ne me considère même pas comme philosophe amateur ; j’essaie seulement de raisonner et d’argumenter aussi correctement et honnêtement que possible.)

      Le sophisme consiste ici à réduire toute la partie argumentée de l’article de Laurent DAURÉ sur la liberté d’expression en une pétition de principe.

      Je n’ai pas traité de tout l’article de Laurent Dauré, dont je vous rappelle avoir dit dès le départ qu’il ouvrait quelques bonnes pistes (je partage en fait plusieurs de ses points de vue). Je n’ai évoqué que les parties que je considère comme contestables, dont celle qui concerne la fin de la citation de Robespierre :
      « qu’est-ce qu’un écrit incendiaire, dangereux, séditieux ? Ces qualifications peuvent-elles s’appliquer à celui qu’on me présente ? Je vois naître ici une foule de questions qui seront abandonnées à toute l’incertitude des opinions ; je ne trouve plus ni fait, ni témoins, ni loi, ni juge ; je n’aperçois qu’une dénonciation vague, des arguments, des décisions arbitraires. »

      Je ne vois moi-même dans ce passage que du vague et un argument arbitraire (en fait, quelque chose qui est parfois juste et parfois erroné selon les cas). Ce n’est d’ailleurs pas ce qui me préoccupe, car il me semble tout à fait logique que ce que dit Robespierre d’un écrit puisse aussi être retourné contre le sien. Ce qui me préoccupe, ce sont d’abord les conséquences de cet écrit, de la même façon que je m’intéresse aux conséquences de l’acte. Si le simple fait de l’écrire peut causer des torts à autrui comme l’acte peut également en causer, alors il y a motif à s’interroger sur les limites de la liberté d’expression. Laurent Dauré se pose la même question, puisqu’il justifie la limitation de cette liberté en matière par exemple de diffamation.

      Par ailleurs, je ne déforme en rien votre propos, car il est construit sur le modèle de l’injonction paradoxale (sophisme de paradoxe) qui vous permet de dire tout est son contraire en fonction des opinions ou des situations.
      (...)

      Je sais par expérience que certains sophismes de paradoxes sont difficilement décelables même par ceux qui les émettent (dans ce cas nous devrions plutôt parler de paralogisme à la place de sophisme), car l’être humain est un être paradoxal.

      J’ai souvent dit que certaines notions ne peuvent être complètement explorées ou expliquées que par l’utilisation de deux arguments en apparence contradictoires. C’est notamment ce qui peut se produire en fonction des opinions ou des situations. Par exemple, lors d’un procès, il est possible de donner raison à un parti contre l’autre, tout en sachant que le premier n’a pas tout à fait raison et le second pas tout à fait tort, selon l’angle d’observation. Sauf qu’à la fin, c’est une décision qui est demandée en faveur de l’un ou de l’autre, selon un angle imposé.

      Sur ce sujet dont j’étais très curieux, un intervenant féru de philosophie m’a un jour fourni ces quelques liens intéressants :

      L’argumentation

      La rhétorique (1)

      La réthorique (2)

      Et bien entendu le sophisme (pour le début de l’article, la suite étant très orientée idéologiquement et donc fort douteuse).

      Ainsi donc, et selon votre  commentaire du 20 janvier à 12:55, si vous distinguez la liberté de penser et la liberté d’expression en disant qu’elles ne sont pas assimilables, pourquoi ne faites-vous pas également la différence entre sophiste et sophisme ?

      Je note que de votre point de vue un sophiste occasionnel n’est pas un sophiste. A la façon dont vous l’envisagez, je n’ai aucun problème pour vous l’accorder.

      Moi : Dans un autre post, j’explique que la liberté d’expression est un fait de droit, limitable et borné par le droit. Hors du droit, je ne suis d’ailleurs pas bien certain que la notion de « liberté d’expression » ait un sens quelconque.

      Vous : Nous sommes sur ce point-là d’accord et c’est bien pour cela que dans ma précédente réponse je vous avais cité tous les textes de loi qui dans la hiérarchie des normes sont ceux à appliquer dans notre législation. Or, vous défendez un point de vue inverse, d’où encore une contradiction (position paradoxale) dans votre rhétorique.

      Position paradoxale ? Je n’ai pas cette impression. J’ai plutôt dans l’idée que mon premier post a été mal interprété. Dans cet autre post que je mentionne, j’ai voulu lever le doute. Liberté de penser et liberté de dire ne sont pas assimilables (elles ne désignent pas la même chose, ce ne sont pas des synonymes, limiter la seconde n’est pas limiter la première, elles sont trop souvent confondues par ceux qui réclament le droit de diffuser la haine, etc.). Et cependant - ce qui ne contredit nullement cette affirmation, liberté de penser, de dire et de faire découlent les unes des autres, elles ne sont pas indépendantes. D’où en particulier l’idée que si l’on admet très bien de limiter la liberté de faire, il doit être possible aussi d’admettre une certaine limitation de la liberté de dire. Avec à l’appui l’affirmation que l’expression n’est absolument pas neutre dans le passage à l’acte.

      Je ne vois là absolument aucun paradoxe. C’est plutôt une invitation à se poser la question sur les limites de l’interdiction, en considérant que la limitation de la liberté n’est pas en soi un tabou.

      Sinon, l’expression correcte est : « finir en eau de boudin » et non pas « finir en peau de boudin »,

      Oui, je sais, mais dans le cas précis d’une quenelle assimilée à un sexe flaccide, « peau de boudin » était plus dans le ton de ma petite plaisanterie, non ? Mais bon, si vous tenez tant à « eau de boudin », laissons pisser...

      Bien à vous.

      PS : J’ai trouvé intéressant que vous parliez dans l’une de vos réponses de Montesquieu en voulant écrire Robespierre. A travers Robespierre, il faut comprendre Rousseau, dont l’approche est opposable, justement, à celle de Montesquieu.


    • Philippe VERGNES 24 janvier 2014 23:22

      Bonsoir Kiosk,

      Tout d’abord merci de votre réponse circonstanciée et des liens communiqués que je prendrais soin de lire attentivement. Même si je ne partage pas tout à fait votre opinion, j’apprécie au plus haut point le fait d’en débattre de façon argumentée, car il se trouve que le problème de fond que vous soulevez correspond à une problématique que je ne cesse d’étudier en raison de mes engagements associatifs.

      Dès lors que vous convenez du fait qu’il existe une distinction entre un sophiste (le faire) et un sophisme (le dire) vous levez le paradoxe qui consistait dans votre précédent commentaire à les assimiler tous deux, là ou vous différenciez préalablement le dire de la pensée. En quelque sorte, le principe de distinction que vous évoquiez entre la pensée et l’expression doit aussi s’exprimer entre la parole et l’acte, car quand bien même les rapports entre ces différents états ne sont pas les mêmes, ils découlent d’une même chaîne de causalité qui mène aux actes.

      Nos divergences relèvent d’une question de positionnement de curseur ou de niveau auquel vous placer les interdits.

      J’avais bien initialement saisi cette différence d’opinions entre nous dès votre premier message, mais je souhaitais m’assurer que vous effectuiez bien les distinctions nécessaires entre la liberté de faire, de dire et de penser avant de vous exposer les raisons qui me poussent à ne pas placer ce curseur au même niveau que vous.

      D’où en particulier l’idée que si l’on admet très bien de limiter la liberté de faire, il doit être possible aussi d’admettre une certaine limitation de la liberté de dire. Avec à l’appui l’affirmation que l’expression n’est absolument pas neutre dans le passage à l’acte.

      Les lois répriment les actes (le faire) et la loi sur la liberté d’expression réprime déjà les paroles diffamantes. Dès lors, était-il nécessaire de restreindre encore plus la liberté d’expression par une autre loi dont l’arbitraire a été démontré dans l’affaire Dieudonné ?

      Et donc, pourquoi était-ce une erreur de limiter la liberté d’expression (loi Gayssot) plus qu’elle ne l’était déjà ?

      La réponse est simple et plus qu’une longue argumentation la référence à l’histoire s’impose : parce que la censure, car c’est bien de censure dont il s’agit là, est et a toujours été la porte d’entrée à toutes les dictatures.

      Par exemple, Stefan ZWEIG l’exprimait déjà très bien dans son ouvrage Conscience contre violence : « La première pensée qui vient à l’esprit d’un caractère despotique est toujours de museler, d’étouffer, de détruire toute opinion opposée à la sienne ». Et plus encore : « Depuis le commencement, tout le mal est venu des doctrinaires qui veulent que leur système soit le seul, l’unique. Ce sont ces sectaires de la pensée et de l’action qui perturbent la paix universelle et qui, par leur tyrannie, transforment la juxtaposition naturelle des idées en opposition et en discorde meurtrière ». Et pour finir : « Les droits de l’homme paraissent sceller dans les fondements de l’État ce qu’il y a de plus intangible, de plus sacré dans une Constitution. Nous croyons déjà disparu à jamais le temps du despotisme spirituel, de la contrainte des idées, de la tyrannie religieuse et de la censure des opinions ; nous pensions que le droit de l’individu à l’indépendance morale était aussi absolu que celui de disposer de son corps. Mais l’histoire n’est qu’un perpétuel recommencement, une suite de victoires et de défaites ; un droit n’est jamais conquis définitivement ni aucune liberté à l’abri de la violence, qui prend chaque fois une forme différente. L’humanité se verra contester chacun de ses progrès, et à l’évidence, sera de nouveau mise en doute. C’est justement au moment où la liberté nous fait l’effet d’une habitude et non plus d’un bien sacré qu’une volonté mystérieuse surgit des ténèbres de l’instinct pour la violenter ; c’est toujours lorsque les hommes jouissent trop longtemps et avec trop d’insouciance de la paix qu’ils sont pris de la funeste envie de connaître la griserie de la force et du désir criminel de se battre. Car, dans sa marche vers son but invisible, l’histoire nous oblige de temps en temps à d’incompréhensibles reculs, et les forteresses héréditaires du droit s’écroulent comme les jetées et les digues les plus solides pendant une tempête ; en ces sinistres heures, l’humanité semble retourner à la fureur sanglante de la horde et à la passivité servile du troupeau » (propos que je reprenais dans mon article intitulé C’était écrit : « Nous boirons le calice jusqu’à la lie »).

      Stefan ZWEIG avait écrit ses mots en 1936 peu avant la Seconde Guerre mondiale.

      Mieux encore, dans son ouvrage tiré de son carnet de notes, LTI – La langue du IIIe Reich, Victor KEMPLERER, philologue, démontre l’appauvrissement de la langue qui a conduit au style de pensée unique nécessaire à l’avènement du nazisme.

      C’est cet appauvrissement auquel nous nous exposons lorsque nous brandissons l’arme de la censure contre la parole, fussent-elles être celle d’un extrémiste, qui nous ouvre tout droit les portes d’une dictature.

      Du côté de MONTESQUIEU, quand bien même vous l’opposiez à ROBESPIERRE (que je ne connais pas), ils se rejoignent au moins sur un point qui est celui de la liberté d’expression puisqu’on peut lire dans L’esprit des lois : « Les paroles ne forment point un corps de délit ; elles ne restent que dans l’idée. La plupart du temps, elles ne signifient point par elles-mêmes, mais par le ton dont on les dit. Souvent, en redisant les mêmes paroles, on ne rend pas le même sens : ce sens dépend de la liaison qu’elles ont avec d’autres choses. Quelquefois le silence exprime plus que tous les discours. Il n’y a rien de si équivoque que tout cela. Comment donc en faire un crime de lèse-majesté ? Partout où cette loi est établie, non seulement la liberté n’est plus, mais son ombre même ».

      J’y trouve là beaucoup de similitudes avec la citation de ROBESPIERRE (d’où probablement ma confusion) que vous jugez comme vague et arbitraire, mais soit... admettons que tous ces penseurs, bien qu’en désaccord sur de nombreux points, peuvent s’accorder sur celui de la liberté d’expression et que cela ne vous satisfasse pas… après tout, c’est votre droit.

      Toutefois, je me permettrais de vous signifier que le but même de toute entreprise totalitaire consiste à la mise en place progressive d’une « novlangue » dont le but est de restreindre le champ de la pensée en limitant le choix des mots, ou leur polysémie. Pour ce faire, le pouvoir harceleur débute toujours, comme l’avait très bien analysé Stefan ZWEIG (et d’autres que lui), par l’interdiction de toute critique ou pensée opposée à la sienne (voir également 1984 de Georges ORWELL).

      C’est ce processus qui est mis en œuvre dès lors que l’on s’en prend à la liberté d’expression, et ce, sous quelques prétextes que ce soit. C’est un danger que vous ne pouvez ignorer sous peine de reproduire les erreurs du passé, car «  la violence réapparait à chaque époque sous de nouvelles formes » (Stefan ZWEIG) et jamais là où on l’attend le plus.

      Bref, vis-à-vis des risques encourus, et après avoir longuement sous-pesé le pour et le contre, je trouve bien plus dangereux de limiter la liberté d’expression que de ne pas le faire.

      Par ailleurs, toute loi qui contreviendrait à cette disposition aurait toute les chances d’être jugée inconstitutionnelle compte tenu de la hiérarchie des lois déjà exposée dans mon précédent post.

      En tout état de cause, au plaisir de vous lire même si c’est pour me contredire.

      Oui, je sais, mais dans le cas précis d’une quenelle assimilée à un sexe flaccide, « peau de boudin » était plus dans le ton de ma petite plaisanterie, non ? Mais bon, si vous tenez tant à « eau de boudin », laissons pisser...

      Celle-là, je vous l’accorde. smiley

      Bien à vous également.


    • Kiosk Kiosk 26 janvier 2014 10:18

      Bonjour Philippe,

      A toutes fins utiles, je rappelle ma position sur l’interdiction du spectacle de Dieudonné : j’étais pour qu’il puisse le jouer, mais avec des magistrats assermentés dans la salle, en mesure de verbaliser en cas de propos antisémites, de la même façon qu’on laisse les automobilistes circuler mais avec des motards prêts à intervenir en cas d’infraction au code de la route.
      Les deux ne sont d’ailleurs pas équivalents, car un automobiliste lambda n’est pas supposé être un chauffard a priori, il peut très bien ne pas enfreindre le code durant son trajet. Dieudonné, lui, est un multirécidiviste connu de l’antisémitisme. S’il n’est pas logique de l’interdire pour des infractions qu’il n’a pas - encore - commises (mais dont on sait qu’il les commettra puisqu’elle font partie de son spectacle), il n’est pas non plus anormal d’envisager de le sanctionner pour les infractions déjà commises et donc d’empêcher la récidive quand on sait par avance qu’elle aura lieu.

      Pour en revenir à Montesquieu vs Rousseau, le second étant le modèle de Robespierre, je vous renvoie à Hannah Arendt. C’est elle qui les oppose dans « Essai sur la révolution » (1963). Elle oppose également dans le même ouvrage Tocqueville à Marx et Socrate à Machiavel. Je m’arrête là avant de sombrer dans le syndrome de la confiture d’autant plus étalée qu’elle est rare, vu que je n’ai pas du tout approfondi personnellement ces infos.

      Pour conclure sur le sujet, je ne suis pas favorable à une liberté totale d’expression, ne serait-ce que parce qu’elle est de toute façon intrinsèquement limitée qu’on le veuille ou non. En contradiction avec son appel à une liberté totale, Laurent Dauré donne une courte liste d’interdictions qu’il accepte néanmoins (la diffamation, le faux témoignage aussi il me semble - pas son texte sous les yeux). J’y ajoute a minima l’apologie de meurtre et de pédophilie, et probablement quelques autres horreurs à préciser, notamment concernant le racisme (l’existence des races étant tout sauf démontrée, le racisme repose sur une erreur scientifique et non pas seulement sur une croyance. Un raciste doit d’abord démontrer l’existence de races avant de réclamer le droit d’exprimer son racisme, sinon c’est assimilable à de la diffamation).

      L’actualité bouge. Un prochain sujet sera probablement la publication en Allemagne des « Cahiers noirs » d’Heidegger, qui contiendraient de nombreux énoncés antisémites. De quoi relancer la polémique d’un Heidegger nazi bien au-delà de 1934. (Il a a payé sa carte d’adhésion au parti sans interruption de 1933 à 1945, tout de même !)
      Mais c’est une autre histoire...

      Bien à vous.


    • Kiosk Kiosk 26 janvier 2014 13:27

      Une petite réflexion que m’inspire ma comparaison entre magistrats assermentés présents au spectacle de Dieudonné et motards verbalisant les infractions sur le réseau routier...
      En somme, en interdisant le spectacle de Dieudonné en raison de ses délits passés (et pas seulement de ceux qu’il serait appelé à commettre sur scène), Valls a inventé la notion de permis de s’exprimer à points.
      Tout comme l’automobiliste qui a commis plusieurs infractions se voit interdit d’en commettre de nouvelles puisqu’on lui sucre son permis, Dieudonné se voit interdit d’en commettre de nouvelles sur scène en se faisant interdire de spectacle.
      C’est nouveau, ça vient de sortir. (Question : est-ce aussi bête que ça en a l’air ?)


    • Laurent Dauré 26 janvier 2014 19:50

      Kiosk, vous écrivez : « Pour conclure sur le sujet, je ne suis pas favorable à une liberté totale d’expression, ne serait-ce que parce qu’elle est de toute façon intrinsèquement limitée qu’on le veuille ou non. En contradiction avec son appel à une liberté totale, Laurent Dauré donne une courte liste d’interdictions qu’il accepte néanmoins (la diffamation, le faux témoignage aussi il me semble - pas son texte sous les yeux). J’y ajoute a minima l’apologie de meurtre et de pédophilie, et probablement quelques autres horreurs à préciser, notamment concernant le racisme (l’existence des races étant tout sauf démontrée, le racisme repose sur une erreur scientifique et non pas seulement sur une croyance. Un raciste doit d’abord démontrer l’existence de races avant de réclamer le droit d’exprimer son racisme, sinon c’est assimilable à de la diffamation). »

      Non, dans l’état actuel de mes réflexions, je n’inclus pas la diffamation dans les exceptions. Je n’ai mentionné que deux catégories : faux témoignage et appel à commettre des actes de violence contre autrui. Un ami encore plus « extrême » que moi dans la défense de la liberté d’expression essaie de me convaincre de rejeter ses exceptions. Ses arguments ne sont pas inintéressants. Je vais essayer de le convaincre de venir les exposer ici.

      Que voulez-vous dire par « la liberté [...] d’expression [...] est de toute façon intrinsèquement limitée qu’on le veuille ou non » ?

      La liberté d’expression ne peut pas être conditionnée par la valeur de vérité (vrai/faux) des assertions. Il faut évidemment encourager la rationalité et la culture de la preuve mais qui sera l’arbitre des « vérités officielles » ?

      Si on exprime une contre-vérité, personne n’est obligé de la croire. Imaginez une censure officielle qui ne laisse passer (comment ?) que les vérités. Cela laisserait penser que tout ce qui est dit est certifié « vrai » par l’État. Lorsqu’on voudrait exprimer une idée ou une opinion, il faudrait déposer une demande auprès des autorités, attendre qu’elle soit examinée, etc. Le nombre d’objections intellectuelles, morales et politiques à une telle vision donne le tournis.

      S’agissant de la notion de race, le meilleur livre que j’ai lu sur le sujet est celui du biologiste Bertrand Jordan, L’Humanité au pluriel : La génétique et la question des races (en voici une note de lecture).


    • Kiosk Kiosk 26 janvier 2014 22:31

      La liberté d’expression ne peut pas être conditionnée par la valeur de vérité (vrai/faux) des assertions.

      Ce n’est pas de cela que je parle en disant que la liberté d’expression est intrinsèquement limitée. Vous ne pouvez pas exprimer ce que vous êtes incapable de penser. Cette incapacité peut être d’origine biologique ou physique (par exemple impossibilité de percevoir d’autres dimensions que les 3 dimensions de l’espace perceptibles par nos sens) ou d’origine culturelle (ce qui dépend de l’état des connaissances à une époque donnée).

      Ceci dit, la valeur d’une assertion dépend de la valeur de son argumentaire et peut être confrontée à ce qui est démontré à un moment donné de la connaissance scientifique. Si donc vous faites l’apologie d’un phénomène propre à créer un grave désordre en vous appuyant sur un argumentaire que la science infirme catégoriquement ou que vous ne pouvez nullement prouver scientifiquement, il sera tout à fait envisageable de vous sanctionner pour cela. C’est le cas avec la notion de races humaines, notamment.

      S’agissant de la notion de race, le meilleur livre que j’ai lu sur le sujet est celui du biologiste Bertrand Jordan, L’Humanité au pluriel : La génétique et la question des races (en voici une note de lecture).

      J’ai la chance d’être bien plus compétent en biologie qu’en philosophie, aussi ai-je lu avec intérêt le texte auquel vous renvoyez. S’il ne m’apprend rien sur le sujet des prétendues races humaines (dans sa version résumée du moins), il me permet de constater avec grand plaisir que mon idée fait peu à peu son chemin.

      Exprimée dans mes propres termes, il s’agit de la notion de « lignées parentales ». Ce que l’étude de nos gênes permet de connaître, ce n’est pas la « race » à laquelle nous appartiendrions ni celle de nos ancêtres, mais uniquement de quelles familles nous descendons. La notion de race bloque lamentablement dès qu’un ancêtre d’une prétendue autre « race » apparaît dans la généalogie, au point que cet ancêtre est évacué, ou au contraire sottement priorisé. Exemples : si vous avez la peau blanche et qu’au 16e siècle un facteur dit « noir » s’est inséré dans votre ascendance, vous êtes étiqueté « blanc ». Mais si ce facteur est votre père, alors vous êtes catalogué « noir », parce qu’un métis, du moment qu’il a la peau foncée, c’est forcément un « noir » aux yeux des racistes.

      (Le métissage a lui seul suffit à détruire l’idée de races : un métis n’est d’aucune race, par définition. Or, le métissage est permanent depuis 200 000 ans. La seule pureté d’une race ne pourrait donc être que celle de son caractère utopique. Désolé de faire court sur les brassages entre populations depuis les origines de l’homme, ce n’est pas le sujet ici.)

      Les gens d’une même famille présentent entre eux des ressemblances, physiques et génétiques (y compris du côté des tares ou des avantages génétiques). Passées quelques générations, il est plus judicieux de parler de clans, mais les ressemblances sont toujours là, plus diversifiées toutefois puisque davantage d’individus y contribuent. C’est ainsi qu’une maladie peut être plus fréquente dans un clan que dans un autre, sans qu’il soit utile d’introduire une sotte idée de races. Les Bretons sont par exemple plus fréquemment touchés par la luxation congénitale de la hanche que leurs voisins qui leur ressemblent pourtant beaucoup mais qui appartiennent majoritairement à d’autres lignées parentales (plus on remonte dans le temps, et plus les lignées s’entrecroisent. Reste à savoir à quel moment la défaut génétique est apparu.) Bref, avoir la peau claire ou sombre, c’est une histoire de parenté, pas de « race » ; on ressemble à sa famille, quoi de plus normal ?.

      Un petit aparté : les armes et médicaments raciaux ! Ils n’ont évidemment rien à voir avec l’existence de « races », mais tout à voir avec les lignées parentales. C’est parce qu’au sein d’une même lignée on trouve statistiquement plus souvent la séquence génétique ciblée qu’ils peuvent avoir un semblant d’efficacité, pas parce que cette cible serait spécifique à une prétendue « race ». En fait, pour trouver des « races » disjointes (étiquetages sans ambiguïtés), il faudrait multiplier considérablement les critères spécifiques (qui resteraient toutefois largement subjectifs), avec pour résultat que l’on déterminerait non pas 3 ou 4 races mais bien entre plusieurs milliers (fourchette basse) et plusieurs milliards (fourchette haute). Encore ne faudrait-il pas s’amuser à modifier quelques critères, car nous définirions alors d’autres races, ne recoupant pas correctement les précédentes.

      Le document parle d’égalité. Moi pas. L’égalité des droits existe dans la mesure où les hommes la décident et tentent de l’imposer. L’égalité physique est évidemment une belle ânerie. Toutefois, ce serait aussi une ânerie que prétendre en déduire une hiérarchie. Être différents ne signifie pas être supérieurs ou inférieurs. Ce sont les circonstances qui peuvent faire d’une différence un avantage ou un handicap. Ou les critères que l’on retient à l’instant t. Les hommes sont en général plus forts que les femmes ? Oui, mais les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes. Elle est où la supériorité ?



  • morice morice 21 janvier 2014 16:06

    Commençons pas ce qui devrait être une évidence mais qui ne l’est manifestement pas : défendre la liberté d’expression d’une personne (ou d’une organisation) n’est pas équivalent à défendre les opinions exprimées par celle-ci.


    distingo ridicule : laissez proférer des idées nazies, vous laisseriez donc faire....

    ills ne demandent que ça : de PROFITER de la démocratie, qu’ils haïssent.

    c’est ça qu’ils clament : la liberté d’être des crétins....

    • Laurent Dauré 21 janvier 2014 20:08

      Comme la plupart des partisans d’une limitation de la liberté d’expression, vous avez plusieurs combats de retard. Scoop : l’Allemagne nazie, c’est fini. Et le nazisme n’a pas exactement le vent en poupe.

      Défendre la liberté d’expression ne signifie pas rester passif devant n’importe quelle parole.


    • Kiosk Kiosk 22 janvier 2014 17:03

      Le nazisme n’a pas le vent en poupe, mais le néo-nazisme se porte assez bien. Jusqu’à il y a peu, on pouvait en dire que les musulmans avaient simplement remplacé les juifs dans le discours naze-compatible. Mais depuis que l’affaire Dieudonné fait outrageusement la une des médias, on constate à lire les réactions en forums que l’antisémitisme a encore de nombreux et fidèles adeptes.
      Toutefois, ces nostalgiques d’une « solution finale - le retour » ne sont pas assez nombreux pour représenter une menace prioritaire. Internet a un effet grossissant. On sait que l’extrême droite y est fait énormément de bruit, mais que c’est très au-delà de ce qu’elle représente dans le monde réel.

      A titre d’exemple, je connais un fou-furieux qui a créé un nanoparti d’extrême droite farouchement raciste, sexiste, crétiniste. Cet admirateur d’Hitler et de Staline réunis a semé des dizaines de milliers de posts sur l’ensemble de la toile et a référencé son minuscule mouvement sur tous les wikis de la planète (ou pas loin), alors qu’il doit tout au plus avoir une dizaine d’adhérents, tout à fait invisibles et muets.


    • Laurent Dauré 23 janvier 2014 00:54

      Vous trouvez que le néo-nazisme se porte bien en France ? Les groupuscules néo-nazis ne représentent rien, ce sont des vestiges folkloriques qui sont amenés à disparaître.

      L’antisémitisme existe, et peut-être même se développe-t-il, mais il y a un moyen simple de le réduire radicalement : organiser un débat sur l’opportunité du soutien de la France à la politique israélienne. L’interdiction de ce sujet dans la vie publique est aujourd’hui le principal carburant de l’antisémitisme.


    • Kiosk Kiosk 23 janvier 2014 09:57

      Je ne pense pas du tout que les idées néo-nazes sont appelées à disparaître. Elles sont plutôt en phase d’expansion grâce à Internet, où l’on voit toutes sortes de tarés clamer leurs haines diverses et variées. On assiste de plus en plus à une popularisation de ces idées mortifères. La question est de savoir si elles resteront cantonnées à une petite fraction de la réalité ou si elles finiront par faire oublier « la leçon de la terrible, de l’indicible, de l’impensable banalité du mal » dont parlait Hannah Arendt. Pour l’heure, le phénomène dit de « la droite décomplexée » n’incite pas à un optimisme débridé, phénomène que l’on peut aussi nommer « lepénisation des esprits ».

      L’antisémitisme ne se superpose pas à l’antisionisme. Il a existé avant Israël, et si Israël disparaît, il lui survivra. Vous faites d’Israël (ou plutôt de sa politique colonialiste) un abcès de fixation. Or, la haine des juifs n’a besoin d’aucune justification pour se manifester. Elle est née de la judéophobie, les chrétiens reprochant aux juifs d’avoir tué le supposé Christ. (Pour mémoire, Ponce Pilate représentait l’occupant, et il avait le pouvoir d’empêcher la condamnation dudit Jésus). Aujourd’hui, l’antisémitisme fait feu de tout bois, y compris dans l’autocontradiction. Quand des milices chrétiennes se livrent aux massacres de Sabra et Chatila, c’est Ariel Sharon qui est désigné responsable (représentant l’occupant, il avait le pouvoir d’empêcher ces massacres). Pour parodier une formule célèbre, « la haine est un sport qui se joue à plusieurs millions d’asociaux, et à la fin ce sont toujours les juifs les coupables ».

      Que croyez-vous qu’il se passerait si la France organisait un débat public sur sa politique israélienne ? (Et les autres pays, ils font quoi ? La France n’a pas l’exclusivité de l’antisémitisme !) On ne peut le prédire avec certitude, sauf à posséder une boule de cristal made by Apple. Mais on a au moins une expérience récente de débat public sur un sujet de société tout aussi polémique (débat sur l’identité nationale d’Eric Besson, transformé en débat sur l’immigration et l’islam - http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2010/01/07/identite-nationale-le-debat-sest-bien-focalise-sur-limmigration/). Il est à craindre qu’un tel débat ne débouche que sur l’exacerbation d’un antisémitisme décomplexé, enfonçant un peu plus le pays dans la dérive fasciste en cours.

      Et, pour rappel, la question de la politique française vis à vis d’Israël est essentiellement soulevée par les antisionistes. Ce n’est pas nécessairement une question prioritaire pour l’ensemble des Français. Les racistes pourraient tout aussi bien réclamer par exemple un débat sur la présences d’hommes à peau sombre en France, sujet qui les tracasse au moins autant qu’Israël tracasse les antisionistes.


    • Laurent Dauré 23 janvier 2014 15:39

      Le néo-nazisme a encore des bastions mais en ce qui concerne la France, c’est très résiduel (comme vous l’avez dit, Internet a souvent un effet grossissant).

      Il y a par contre des commémorations nazies approuvées par le pouvoir dans certains pays baltes, en Lettonie par exemple. Et curieusement on entend très peu de protestations de la part de nos démocrates qui ont les droits de l’homme plein la bouche. Ces pays sont pourtant membres de l’UE (où sont les prétendues « valeurs communes » ?...).

      L’antisémitisme n’est en effet pas entièrement réductible à la réaction à la politique israélienne et au sionisme mais c’est aujourd’hui son principal carburant. Si un débat public sur l’opportunité du soutien de la France à Israël avait lieu, l’antisémitisme diminuerait mécaniquement. Plus on retarde ce débat, plus il y a un risque de radicalisation.

      Votre comparaison avec un débat sur l’immigration n’est pas opportune puisque celui-ci, de fait, existe déjà. Il est permis de s’opposer publiquement à l’immigration ou de se déclarer islamophobe (et je vous renvoie à certaines unes du Point, de L’Express ou de Valeurs actuelles) mais pas de contester la politique israélienne et le soutien de la France à celle-ci.

      Le deux poids deux mesures permanent crée de la frustration et du ressentiment. Cela ne peut déboucher que sur des conflits et des actes de désespoir. Il faut les désamorcer avant qu’il soit trop tard.

      S’agissant du « débat sur l’identité nationale », il se trouve que je lui avais consacré un article. Si cela vous intéresse, il a notamment été reproduit ici.


    • Kiosk Kiosk 24 janvier 2014 16:56

      Votre comparaison avec un débat sur l’immigration n’est pas opportune puisque celui-ci, de fait, existe déjà.

      Inopportune ? En quel honneur ? Je fais cette comparaison pour souligner les graves dérives haineuses auxquelles ce débat a donné et donne encore lieu. Que je sache, les haineux identitaires ne sont pas moins nombreux depuis ce débat, bien au contraire, et les racistes ne font que s’afficher plus ouvertement depuis. Mon opinion, c’est qu’un débat sur la politique de la France vis à vis d’Israël (recentré de préférence sur l’attitude de son extrême droite colonialiste), cela ne servirait qu’à favoriser une recrudescence de l’antisémitisme sans apporter de solution au problème.

      Je pourrais aussi vous répondre que ce débat que vous demandez existe déjà lui aussi, même s’il se cantonne essentiellement aux milieux antisionistes.

      Toujours est-il qu’il y a des problèmes plus urgents à résoudre, et que faire l’économie d’une nouvelle division du pays en deux nouvelles factions opposées n’est certainement ce qui nous aidera le plus à avancer.

      PS : En première lecture, votre article sur le débat passé me convient plutôt bien. Je ne l’ai toutefois pas approfondi en détail, pour l’instant.


    • Laurent Dauré 26 janvier 2014 21:21

      Vous êtes à la limite du sophisme. Il n’y a pas de débat public sur la politique israélienne, le sionisme et le soutien de la France à ceux-ci. Le fait que des gens écrivent sur ces sujets (dans des publications généralement confidentielles) ou en discutent de façon informelle dans leur coin ne constitue pas un débat public. Seuls les défenseurs d’Israël ont voix au chapitre dans les grands médias, les conditions ne sont donc pas réunies pour un débat loyal et démocratique.

      Quant au « débat sur l’identité nationale », j’ai bien suivi ses différents rebondissements, c’était une parodie de débat qui a d’ailleurs rapidement tourné court.

      Il y a certes des sujets prioritaires ; selon moi, ce sont les suivants : souveraineté populaire, indépendance nationale, démocratie (tout le reste - économie, social, emploi, monnaie, services publics, diplomatie, etc. - en dépend). Mais plus l’on repoussera le débat sur notre politique israélienne, plus les tensions et la radicalisation se renforceront.


    • Kiosk Kiosk 26 janvier 2014 22:59

      Vous êtes à la limite du sophisme.

      Bah ! du moment que je reste du bon côté de la limite...

      Il n’y a pas de débat public sur la politique israélienne, le sionisme et le soutien de la France à ceux-ci.

      Ah bon ? Les forums ne sont pas des espaces de débat public ? Il faut obligatoirement qu’un gouvernement y participe pour qu’un débat public ait le droit d’en être un ? Et le bulletin de vote, il ne se négocie pas un peu ?

      Seuls les défenseurs d’Israël ont voix au chapitre dans les grands médias, les conditions ne sont donc pas réunies pour un débat loyal et démocratique.

      Nous ne devons pas fréquenter les mêmes sites. Ou pas avoir la même vision de ce qu’est un grand média. Mais même en s’alignant sur la vôtre, j’ai le sentiment très net d’avoir lu et entendu beaucoup plus souvent le point de vue des antisionistes que celui des sionistes. C’est peut-être une impression trompeuse (le sujet ne me passionne pas vraiment, ceci pouvant expliquer cela) mais au moins vous ne pouvez pas prétendre que les antisionistes sont inaudibles ou qu’ils ne s’expriment pas.

      Bon, en fait, ce qui me gène le plus dans le point de vue antisioniste, c’est la forte proportion de complotistes qui le polluent, ainsi qu’un vocabulaire farci de « système », d’ « ordre établi » et autres termes issus du folklore contestataire. (Dans ma jeunesse, on collait de l’ « impérialisme » partout, c’était tout aussi ch..., plus tard, on m’a rebattu les oreilles avec la « science officielle »). C’est si compliqué de s’opposer sans tomber dans le délire quasi-parano, sans comptabiliser les Francs-Maçons juifs du groupe Bildeberg qui on fait péter les twin towers à partir de la base 51 ? (Cette remarque est d’ordre général, ne vous sentez pas personnellement visé. Je m’énerve juste un peu, là. Bonne nuit, je vais prendre mes gouttes).


  • Laurent Dauré 21 janvier 2014 16:55

    Vous introduisez une confusion en faisant du talent un critère d’accessibilité à l’expression. La liberté d’expression ne doit pas être conditionnée par le talent. Même les « nuls » doivent pouvoir s’exprimer. D’ailleurs ils ne se privent pas.

    Seule une élite de l’expression mériterait d’avoir la parole ? Mais qui va décider de qui fait partie de cette élite ? Ce serait le règne de l’arbitraire et vraisemblablement de la loi du plus fort (en termes de pouvoir et d’argent, pas en capacité oratoire).

    Par ailleurs, il y a plein de gens médiocres (selon moi) qui remplissent des salles, vendent des livres, des disques... Le succès n’est pas un critère pour évaluer la qualité d’une œuvre.


  • smilodon smilodon 21 janvier 2014 20:45

    Dommage pour VALLS que Dieudonné n’ait pas une histoire de « fesses », « illégitime » !!.. On verrait ce qu’il ferait de sa vie privée, à lui !..... Et s’il était « homo » le dieudo, terminé le « mariage pour tous » !.... S’il violait des cloportes, ces pauvres insectes deviendraient une espèce protégée !.... Et s’il pouvait nous convaincre que « dieudo » n’est qu’un taureau, p..... !..... Quelle belle corrida !.... Les 2 oreilles et la queue, trônant sur son bureau à « manu » !... Imaginez le pied !....... Adishatz.


  • Captain Marlo Fifi Brind_acier 22 janvier 2014 08:13

    Ne vous disputez plus, seuls 8 % des Français font confiance au PS, à l’ UMP et au Front National.

    Etude d’opinions montre aussi que 77% des Français ne sont pas dupes du rôle d’enfumage des médias, et ne leur font plus confiance.

    J’aurais bien aimé que tous ces grands défenseurs de la liberté d’expression qui se répandent sur Internet pour Dieudonné, s’indignent avec autant de force de la censure totale dont l’ UPR fait l’objet depuis sa création en 2007..., un oubli sans doute, de ces grands Démocrates et Résistants de la dernière heure...

    Le site de l’ UPR est le 2e site politique le plus visité de France.


  • Xenozoid 22 janvier 2014 15:47

    la liberté d’expression est comme le reste, tout est dans le contexte,i’l n’y a pa de liberté d’expression. pas plus quíl n’y a de dictature.....


  • franc 22 janvier 2014 17:33

    Comme le dit si bien Robespierre dans son sublime discours pour la défense de la liberté d’expression ,et que je remercie l’auteur de l’avoir mis en lien ,la liberté d’expression doit être totale elle ne peut ^tre limitée en aucune manière du moins a priori ,le faux témoignage n’en est pas une comme l’a fait remarquer Robespierre lui-m^me dans son dicours mais un crime car il peut conduire un innocent en prison voire à l’échafaud ,cependant l’expression du mensonge en tant qu’expression ne peut être interdite en elle -m^me a priori car on ne sait pas si c’est un mensonge au premier abord ,mais peut être condamnée proportionnellement à la gravité de ses conséquences seulment a posteriori après une enqu^te sérieuse et rigoureuse,et il existe m^me des mensonges bien que blâmables en soi ne sont pas condamnables pénalement en permettant de sauver des vies humaines par exemple  .Donc la liberté d’expression doit être totale du moins a priori quelle que soit sa forme y compris sa forme d’insulte mais cependant pas les actes naturellement qui en découleraient .Il faut faire une différence entre la pensée et les actes . 

    Parce que la pensée appartient au monde transcendantal avec sa logique transcendantale qui échappe à la loi de la nécessité de l’immanence comme au principe de non contradiction ,tandis que les actes appartiennent au monde immanent expérimental qui obéissent à la loi de la nécessité et de non contradiction existentielle ,en pensée on peut dire une chose et son contraire ,en acte il est impossible de faire une chose et son contraire en m^me temps.

    d’autre part on peut revenir sur une pensée et sur une erreur de pensée et regretter cette pensée et m^me adopter la pensée contraire à un autre moment ;si on pense à voler , à violer ou à tuer à un moment déterminé par des circonstances en ce moment là ,comme par exemple un moment de colère , on peut le regretter à un autre moment après un moment de calme où la conscience peut agir en toute sérénité ;en acte si on vole ,on viole ou on tue , l’acte est commis et on ne peut revenir en arrière , la victime est volée ,violée ou tuée définitivement .Et on peut bien penser voler ,violer et tuer une personne à un moment donné et devenir son meilleur ami et m^me son époux à un autre moment .

     

    c’est pourquoi à la différence des actes la libertée d’expression doit être totale et sans restriction aucune 

     


    • Laurent Dauré 22 janvier 2014 21:55

      Merci pour votre lecture. Je vous rejoins tout à fait au sujet de l’importance de la distinction entre parole et acte.


  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 janvier 2014 18:24

    Puisque Soral et Dieudo c’est une voie sans issue, que diriez-vous, si vous ne l’avez déjà fait, de signer la pétition de l’historien Paul-Eric Blanrue pour l’abrogation de la loi Gayssot. ça serait un saut quantique pour la liberté d’expression n’est-ce pas ?


  • franc 22 janvier 2014 18:32

    Une autre raison qui justifie la liberté totale d’expression est que m^me l’expression d’une pensée malveillante ou de mauvaise intention comme par exemple des propos de haine qui pousse au crime est qu’il vaut mieux qu’elle s’exprime à haute voix de sorte qu’on peut s’en prévenir plutôt qu’une pensée intérieure qui cache la mauvaise intention et l’acte malveillant à venir dont on ne peut s’en prévenir et préparer sa défense et sa protection .

     

    la liberté de pensée qui est équivalente à la liberté de recherche de la vérité est inséparable de la liberté d’expression car une pensée non dite,non exprimée isolée dans une seule personne monadisée n’a aucune utilité et perde de sa valeur ;En effet une vérité n’a de valeur que si elle est universelle et partagée donc par au moins plusieurs personnes ,et la liberté d’expression permet la communication des pensées entre les personnes et donc la recherche et la reconnaissance d e la vérité universelle .L’homme en tant qu’humanité (dixit Marx) n’est pas une simple collection d’individus isolés absolument les uns des autres ,des monades qui n’ont absolument aucun lien ni de relation avec les autres ,au contraire l’homme est un être social par nature et par essence et ne peut vivre et s’épanouir pleinement qu’en société .

    C’est pourquoi une pensée ne peut demeurer isolée éternellement dans une personne ,elle doit être communiquée aux autres en tant que pensée universelle de l’homme universel qui peut être confirmée ou réfutée par l’homme universel c’est à dire par tous les autres humains y compris par lui-m^me et cela pour la recherche de la vérité universelle.En effet , ou bien cette pensée individuelle est vraie universellement alors elle doit être diffusée et communiquée à tous pour le bien d e tous ,ou bien cette pensée individuelle est fausse alors elle doit pouvoir aussi être communiquée aux autres qui peuvent avoir un autre jugement et raisonnement afin qu’elle puisse être mise en question et réfutée et que la personne ne reste pas dans l’erreur de cette pensée intérieure individuelle 

    Il existe une intelligence collective comme il exsite une intelligence individuelle et la liberté d’expression sert l’intelligence collective comme elle sert aussi à l’ intelligence individuelle


    • Laurent Dauré 22 janvier 2014 22:06

      Vous me donnez l’occasion d’ajouter un point qui me semble important : dans une société avec une liberté d’expression totale, les racistes, ne risquant plus de condamnation pour leurs propos, pourraient aller jusqu’au bout de leur « raisonnement » et exposer clairement ce qu’ils pensent. Ce déballage les discréditerait massivement car le plus grand nombre pourrait alors constater la bêtise, l’irrationalité et la dangerosité de la pensée raciste (a fortiori quand elle est décomplexée).

      Oui, décidément, il y a tout à gagner à désentraver la liberté d’expression.


  • Massada Massada 23 janvier 2014 16:03

    La liberté d’expression doit s’accommoder d’autres principes constitutionnels, comme le maintien de l’ordre public.

    C’est le principe de proportionnalité. 
    L’interdiction de représentation du spectacle de Dieudonné n’est pas une censure mais une mesure méritée, proportionnée et légitime vu les risques de trouble grave à l’ordre public.
    Dans le cas Dieudonné ce n’est pas là la liberté d’expression qui est amoindrie et encore moins sacrifiée mais c’est l’objectif impératif de sécurité, pendante de l’ordre public que l’État doit garantir.


    • Laurent Dauré 23 janvier 2014 16:57

      L’argument du trouble à l’ordre public est évidemment un prétexte. Il n’y a aucun risque à laisser des gens assister à un spectacle qui ne leur est pas imposé.

      D’ailleurs, c’est l’interdiction qui a créé des troubles à l’ordre public puisqu’il y a eu des affrontements entre dieudonnistes et anti-dieudonnistes.


  • franc 23 janvier 2014 18:24

    la représentation du spectacle de Dieudonné « Le Mur » a duré pendant un an sans qu’il y ait trouble public , de sorte que certains doivent m^me appeler à provoquer artificiellement un trouble public pour trouver un motif d’interdiction ,et de plus on pouvait le condamner et il a été condamné pour antisémitisme sans pour autant interdire son spectacle ;il a une grosse somme d’amende à payer, qu’on lui fasse payer en prenant l’argent sur le produit de son spectacle m^me si celui -ci n’est pas à son som ,c’est bien lui Dieudonné et personne d’autre qui l’a généré ;de plus il pourrait être accusé de fraude fiscale ,etc.... ;donc pas besoin d’interdire son spectacle pour le condamner et surtout de mettre en cause et bafouer un principe général aussi fondamental de la Constitution Française et de la Déclaration des droits d el’homme pour résoudre de manière circonstancielle un problème particulier et individuel.Le remède serait bien pire que le mal,et c’est un euphémisme . C’est bien l’héritage de la Révolution Française qu’ on voudrait abattre et la revanche d ela tyrannie qui sera consommée.


  • Massada Massada 23 janvier 2014 18:38

    @auteur

    Objectivement, le juge d’appel du Conseil statuant en référé, n’a pas proprement censuré le droit de libre expression de cet humoriste qu’il rappelle en tant que principe dans son ordonnance. Pourquoi vouloir lui faire dire le contraire !


    Il ne s’agit pas de faire taire Dieudonné. Mais uniquement de s’assurer que son spectacle puisse se dérouler normalement sans danger, ce qui sied à un divertissement.

    Et ces deux ordonnances n’interdisent pas le spectacle « Le Mur » en tant que tel mais seulement les conditions dans lesquelles il devait se tenir lors des représentations à Nantes & Orléans telles qu’elles étaient prévues quant aux modalités organisationnelles applicables à l’instant considéré.

    Ce spectacle n’avait pas à être abandonné. Je m’interroge d’ailleurs de la rapidité avec laquelle Dieudonné l’a lui-même aussi rapidement sabordé mais ce droit lui appartient et il dérive au premier chef du droit de l’auteur de divulguer ou faire ce qu’il veut de sa création dans les conditions qu’il choisit.

    Il ne faut pas penser que le Pouvoir lui aurait intimer l’ordre de se taire. C’est faux !

    C’est parce qu’une telle réunion implique une autorisation a priori de police administrative que le juge administratif peut interdire la tenue d’un spectacle mais non le contenu de celui-ci.

    D’ailleurs, si vous voulez vous prémunir d’un tel risque, ne vous exprimez jamais de telle manière qu’il vous faille solliciter une autorisation administrative préalable...

    Dura lex, sed lex smiley


    • Laurent Dauré 27 janvier 2014 17:21

      Cela me semble un peu tortueux. Le viol de la séparation des pouvoirs et l’empressement à agir témoignent d’une volonté de faire taire Dieudonné, ou en tout cas de lui mettre de sérieux bâtons dans les roues. Et le projet de suppression de ses vidéos sur les plateformes de streaming va aussi dans ce sens.

      Bref, l’atteinte à la liberté d’expression me paraît claire.


  • franc 23 janvier 2014 18:41

    Il ne faut pas avoir peur de la liberté d’expression nécessaire à la recherche d ela vérité laquelle peut provoquer un trouble public ,car comme le dit le nouveau pape François dans son message de Noel :

     

    « La vraie paix ce n’est pas l’équilibre des forces contraires , ce n’est pas une belle façade derrière laquelle il ya des divisions et des oppositions ;la paix véritable se fonde sur le Christ »

     

    Et le Christ est la Vérité ou la Vérité est le Christ selon l’Evangile ,étant donné que le Christ est le Logos et que le Logos est la Raison .

     

    Il n’ ya pas de paix veritable en dehors de la Vérité

     

     


    • Laurent Dauré 27 janvier 2014 17:24

      Jusque-là j’étais plutôt d’accord avec vous mais j’avoue que ce dernier message me laisse perplexe.

      Pensez-vous que le pape est en faveur d’une liberté d’expression totale ?


  • Jason Jason 26 janvier 2014 14:25

    Et on en rajoute une couche ! L’important pour ces agités du bocal n’est pas de savoir si le joufflu a raison ou tort (personnellement je pense que ses propos ignobles sont condamnables) mais de continuer à agiter la toile et de lui donner une visibilité qu’il ne mérite pas.

    Tous ceux qui parlent encore de ce bonhomme ne sont que des agitateurs au service des médias, car pour certains, plus on clique, plus ça rapporte, et de la finance douteuse.

    Il n’y a que des fanatiques qui réclament une liberté d’expression totale. Ils ne comprennent pas ce que signifie le mot liberté en société. Liberté qu’ils sont les premiers à censurer chez les autres.

    Tout ça ne mérite pas d’’être expliqué à des malades.


    • Laurent Dauré 27 janvier 2014 17:29

      Pouvez-vous développer un peu votre critique car pour l’instant je n’y vois que des affirmations péremptoires (« Il n’y a que des fanatiques qui réclament une liberté d’expression totale ») ou farfelues (« Tous ceux qui parlent encore de ce bonhomme ne sont que des agitateurs au service des médias ») ?


  • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 26 janvier 2014 17:18

    Ce fil de discussion est passionnant du début à la fin (en ne tenant pas compte des courtes interventions des trolls bien connus). L’auteur y répond avec intelligence à des remarques et des critiques très pertinentes, et l’échange a un parfum de sincérité.

    Et pendant, ce temps, il y a des gens qui lisent ou écoutent les ragots et les radotages des médias officiels ou privés !!

     


    • Alpaco 26 janvier 2014 17:37

      Peut-être un jour, le débat contradictoire honnête et objectif deviendra la méthode privilégiée de l’information, le travail des journalistes.
      En attendant ce jour, on garde espoir.


    • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 26 janvier 2014 18:07

      Ou plutôt considérons dès maintenant que le véritable journalisme ne peut pas être professionnel, et que les vrais débats sont ici.


  • Laurent Dauré 26 janvier 2014 18:42

    Je remercie les lecteurs qui ont posté des commentaires. Ces échanges sont très stimulants, les critiques et les objections m’ont forcé à clarifier ou à préciser certains points. Cela m’a même amené à de nouvelles réflexions.

    À un moment je me suis demandé s’il était utile de répondre aussi systématiquement aux commentaires ; des amis, des connaissances m’ont dit que je perdais mon temps. Maintenant, je ne pense pas que c’était vain et je suis content de l’avoir fait.


  • Vipère Vipère 26 janvier 2014 19:07

    À un moment je me suis demandé s’il était utile de répondre aussi systématiquement aux commentaires ; des amis, des connaissances m’ont dit que je perdais mon temps. Maintenant, je ne pense pas que c’était vain et je suis content de l’avoir fait.
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    Bravo pour vos réponses systématiques à vos les lecteurs. Une politesse élémentaire qui fait apparaître que vous ne méprisez pas les contributions quelles qu’elles soient, ce qui n’est évidemment pas la règle générale parmi les rédacteurs.

    Est-à dire que ceux qui zappent leurs lecteurs systématiquement sont des arrogants indécrottables ou que simplement, ils esquivent parce qu’en réalité ils ne maîtrisent pas le sujet et que des questions complémentaires révéleraient immanquablement leurs lacunes ?


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