lundi 19 février - par hommelibre

Provence, réchauffement : comment Valensole gère la raréfaction de son eau

Le plateau bleu et or s’étend entre Manosque et le Verdon. Bleu, couleur des lavandes et lavandins qui couvrent les champs au début de l’été, et or comme le blé de juillet.

Pluviosité

L’agence de développement des Alpes-Côte d’Azur le décrit ainsi :

« Immense mer de galets roulés, le plateau de Valensole est le « grenier de la région ». Recensé comme l’un des plus vastes plateau de France, il se situe entre Durance et Asse, à proximité des Gorges du Verdon et de ses lacs. »

Outre la lavande on y cultive le blé dur, l’olivier, l’amandier et la truffe. On surnomme la région de grenier à Grain de la région :

« Avec un climat de type méditerranéen allié à la présence d’une moyenne montagne les étés sont très secs et souvent caniculaires, avec des températures se situant souvent en moyenne au-dessus des 30° avec des pics allant jusqu’à 37°. Heureusement, les nombreux orages tempèrent la chaleur en fin de journée à la fin de l’été. C’est un des lieux les plus orageux de France (plus de 35 orages par an). »

Quand on roule sur le plateau d’ouest en est on traverse alternativement, après les cultures, des prairies maigres et sèches et des forêts basses composées de chênes verts et de pins d’Alep.

La région est courte en eau, comme toutes les régions au climat méditerranéen. S’il y a beaucoup d’orages les pluies sont peu retenues par un sol dont la couche d’humus est très mince. On n’a pas constaté de tendance à la diminution de la pluviosité.

 

 

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Irrigation

La température moyenne, elle, a grimpé de près de 2°. C’est une valeur locale que l’on ne retrouve pas par exemple à Nice, le plus proche lieu dont on dispose de relevés assez anciens (image 3, infoclimat). On voit des variations de températures et de précipitations mais pas de tendance nette sur 80 ans. Certes les cumuls semblent plutôt en baisse depuis 10 ans, mais l’ensemble des variations sur la période ne permet pas de déterminer la tendance.

Entre l’évapotranspiration et les vents souvent forts donc asséchants, la région de Valensole connaît une crise de l’eau. Antérieurement on cultivait « à sec », sans apport d’eau autre que les pluies du printemps et de l’automne. Elles ne suffisent plus.

De nombreuses plantes sont adaptées aux sols secs et aux sécheresses, mais il faut quand-même un minimum d’arrosage pendant les étés très chauds. Les cultivateurs ne peuvent aujourd’hui plus se satisfaire de la seule météorologie, même si les canaux gravitaires d’irrigation puisent encore dans certaines sources.

La région est courte en eau, comme toutes les régions au climat méditerranéen. Ici la proximité des Alpes accentue encore de côté extrême du climat.

 

 

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Changements

« On arrose avec l’eau de canaux gravitaires desservis par les sources. Il suffit d’ouvrir une martellière, on règle le débit à l’œil et l’eau irrigue la parcelle. »

On trouve le même système d’irrigation dans la plaine agricole des Bouches-du-Rhône. L’eau est puisée dans la Durance.

Selon Fabienne Guyot, chargé de mission sur l’eau dans le département des Alpes de Haute Provence, les conditions déjà difficiles se sont ajoutées aux perturbations climatiques.

« La pluviométrie ne change pas dans le département. En moyenne nous avons 700 à 800 mm d’eau par an, mais l’eau n’est pas répartie de la même façon. Nous avons des printemps et des automnes secs. Si l’on veut avoir un peu de rendement, il faut arroser. »

De plus certaines nappes phréatiques ont dû être abandonnées en raison de pollutions anciennes aux pesticides et aux nitrates.

Différentes actions ont été entreprises.

« On a accompagné des changements de pratiques pour restituer de la matière organique en laissant par exemple la paille de lavandin au sol après la récolte. On a mis en place des bandes enherbées autour des parcelles, des couverts végétaux entre les rangs de lavandin en semant du tritical, ou des légumineuses comme l’ers.

 

 

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Anticiper

Entre 2016 et 2018, le parc (ndla : naturel régional du Verdon) a implanté 4 km de haie chez 18 agriculteurs pour lutter contre l’assèchement des cultures par le vent. »

Des travaux ont été entrepris, financés par l’Union européenne et la région, entre autres, afin d’installer un système de pompage des eaux du Verdon et le lac de Sainte-Croix pour arroser tout le nord du plateau de Valensole. Ces installations devraient être achevées d’ici la fin de la décennie.

En résumé il faut aujourd’hui arroser les cultures pour compenser les pluies, moins importantes aux saisons habituelles, soit printemps et automne. Et cela d’autant plus que le réchauffement accentue l’évapotranspiration donc l’assèchement. Toutefois le réchauffement n'est pas la cause première, ni même majeure, des besoins en eau des agriculteurs du plateau.

C’est une adaptation locale à une variation météorologique ou climatique. Est-elle suffisante ? Probablement tant que le Verdon reçoit assez d’eau. Si les précipitations devaient vraiment diminuer dans un futur indéterminé, il faudrait à nouveau chercher un approvisionnement. Nous n’en sommes visiblement pas là mais il serait sage d’anticiper pour au moins un siècle.

 

 

 



9 réactions


  • Brutus S. Lampion 19 février 10:58

    homme « libre » ?


  • hommelibre hommelibre 19 février 11:01

    À cause d’un problème actuel de vue, je n’ai pas vu que je postais une version non entièrement corrigée de cet article, il y reste quelques erreurs de texte et de grammaire. J’en présente mes excuses à qui me lit.


    • Durand Durand 19 février 13:58

      @hommelibre

      Vous ne mentionnez pas la Société du Canal de Provence qui dessert déjà Valensole depuis la station de pompage de Moustier Saint Marie, au Nord du lac de Sainte Croix, en traversant tout le plateau…

      Zoomez sur la carte pour voir le tracé…

      https://moncompteclient.canaldeprovence.com/_map/front/?m=res

      Le problème n’est pas qu’il pleut moins qu’avant, le problème, c’est qu’aujourd’hui, aucun agriculteur du plateau de Valensole ne peut se permettre de faire une mauvaise récolte (et donc ils arrosent même les lavandins) car, d’une part, beaucoup sont endettés et d’autre part, leur production est essentiellement soumise aux prix fixés par un marché mondial très instable… L’essence de lavandins ne se vend plus (ils arrachent les plantations) et le prix des céréales est à la baisse…

      ..


    • hommelibre hommelibre 19 février 19:41

      @Durand
      Merci pour ce complément.
      Le sud du plateau est en effet partiellement irrigué. Il est en cours de renforcement et d’extension. L’aménagement dont je parle concerne davantage le nord, où le manque d’eau est sensible.

      https://canaldeprovence.com/nous-decouvrir/une-concession-regionale/investir-pour-demain/doublage-renforcement-adduction-valensole-sud/

      Cela dit l’apport d’eau n’est pas tout et la protection du sol est tout aussi importante : bandes enherbées, haies, couverts végétaux.


  • Clocel Clocel 19 février 11:05

    Man Dieu... Man Dieu... Ce que s’est que de nous...

    Si l’UE et « la Région » s’en occupe...


  • saint louis 19 février 17:19

    De chez moi je peux voir en été les montgolfières qui survolent le plateau et la région.

    Pour la petite histoire, la lavande est une plante de montagne (plus de 600 m d’altitude pour en trouver) sinon sur le plateau de Valensole moins haut en altitude c’est la culture du lavandin qui est

    un hybride, moins parfumé mais plus fourni que la plante originale.

    Floraison en juillet.

    Le secteur dispose d’une grande surface pour la culture des truffes noires récoltés au début de l’hiver.


    • hommelibre hommelibre 19 février 19:52

      @saint louis
      J’ai eu le grand plaisir de passer souvent dans la région, plus vers le plateau d’Albion, mais aussi Manosque, La Verdière, ou Sault où j’ai ramassé la lavande il y a fort longtemps. C’est vrai que c’est un peu plus haut, pour la lavande. 


    • saint louis 19 février 20:49

      @hommelibre
      En Albion la vrai lavande est cultivé, car l’altitude est plus approprié.
      Par contre pas de vigne ni d’olivier dans ce secteur au pied du mont Ventoux.
      C’était la zone d’implantation des missiles de dissuasion à tête nucléaire durant la guerre froide.
      Les silos désaffectés depuis, et largement disséminés sur le secteur ont été reconvertis en aires de panneaux photovoltaïques.


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