mercredi 16 décembre 2015 - par Pierre Sarramagnan-Souchier

Rapport sur les suicides des Amérindiens de Guyane Française

À propos du rapport parlementaire sur les suicides des Amérindiens de Guyane française, rendu public le 15 décembre 2015.

Le rapport comporte 37 propositions pour prévenir les suicides. 16 sont considérées comme "prioritaires".

Pour faire rapide après une rapide lecture de ce rapport :

En fait le problème de tous ces rapports, c'est que ce ne sont que des propositions (qui seront très vites oubliées)… et que ceux qui devront prendre des décisions le feront suivant leurs besoins de stratégie politique du moment…

On regrettera que les 2 derniers points de la préface ne soient pas les deux points de départ à mettre tout de suite en pratique !
 

En effet, tant qu'il n'y aura pas une ratification par la France de la Convention 169 de l'OIT, pour une pleine autonomie des peuples autochtones, ce n'est même pas la peine de changer quoi que ce soit à cette situation d'asservissement et d'esclavage dans lesquels sont les Amérindiens depuis que les Européens se sont invités sur ce territoire pour le conquérir depuis 400 ans ! La France oublie qu'elle devrait se considérer comme invitée sur le territoire des Amérindiens et non comme nation possédante de cette partie d'Amérique du Sud. Tout le nœud du problème pour les Amérindiens est là ! Inutile de chercher plus loin…

C'est aux Amérindiens de prendre en charge en toute liberté leur destin et à la nation prédatrice française de leur offrir ce dont ces six peuples Amérindiens veulent. Et non l'inverse.

La France ayant depuis ces 400 dernières années envahi cette partie du continent américain sans se soucier des désirs profonds des peuples amérindiens qui y vivent depuis plus de dix mille ans.
 

La France étant d'ailleurs incapable d'autocritique, il ne faut pas trop s'attendre à une amélioration de la situation du sort et du devenir des Amérindiens. Tel est en tout cas mon point de vue.

Et le récent jugement du tribunal administratif concernant l'irrecevabilité de la plainte des associations qui dénonçaient le laxisme de l'état concernant la pollution au mercure par les orpailleurs en est un exemple frappant. L'état français étant juge et partie dans cette affaire… (Cf. : Vous avez dit JUSTICE ? Recours des associations ONAG et ASG contre l'Etat : le président du tribunal administratif ayant jugé l’affaire était le directeur de cabinet du préfet Mancini en Guyane de 2002 à fin 2004. Voir l'article de F. Farine dans Guyaweb et Guyane française : l’État refuse de reconnaître sa responsabilité des intoxications au mercure)

Le point de vue de la France sur les suicides des Amérindiens n’est que le point de vue de la puissance prédatrice, mais pas le point de vue des 6 peuples Amérindiens asservis depuis 400 ans qui attendent toujours de pouvoir prendre leur destin en main dans la direction qui leur convienne et non dans la direction que la France voudrait qu’ils aillent !

Si l’on se rappelle en plus que les promesses des dirigeants Français ne sont que du vent, il y a vraiment du souci à se faire pour le devenir des 6 000 derniers Amérindiens de cette Guyane française… (cf. : Lettre au Président Français : L’or des Amérindiens de Guyane : « Les promesses des grands chefs blancs ne sont-elles que du vent ? »)

 

En lisant les premières recommandations de ce rapport, je suis quand même épaté de retrouver les vieux schémas de l’Occident qui considère que si les Amérindiens ont des instincts suicidaires, c’est qu’ils sont des malades psychiatriques et qu’ils doivent se faire soigner avec les méthodes occidentales en psychiatrie comme semble l’écrire entre les lignes la première recommandation de ce rapport !


Décidément, la France n’est pas près de comprendre les vraies raisons des suicides des Amérindiens…
 

En effet, « Les Amérindiens préfèrent se suicider plutôt que de vivre à genoux asservis et domestiqués par l’Occident ». Tant que la France ne comprendra pas cela, tous les rapports du monde ne changeront pas la situation et les derniers 6 000 représentants de la forêt partiront dans d’autres mondes en emportant avec eux les grands enseignements et sagesses que lui a transmis depuis des millénaires, la nature protectrice environnante que l’Occident veut piller et détruire sans état d’âme pour son seul petit et misérable profit immédiat afin de combler sa rapacité et son avidité commerciale… (voir les nouvelles lois nationales misent en place pour l’exploitation des richesses minières dont l’or de Guyane…) En ne comprenant pas que l’âme Amérindienne n’a pas de prix et n’est pas à vendre…

À propos d’humiliation, on sera aussi épaté que des villages amérindiens attendent depuis plus de 50 ans d’avoir l’eau potable et l’électricité (Lire : Manifestation historique des Amérindiens) alors qu’il aurait suffit de puiser dans la caisse de fonctionnement du Premier Ministre (En 2013, il semble que cette cassette de la Direction de l'action du Gouvernement était doté d’un budget de 1, 345 milliard d'euros, pour résoudre ces petites dépenses insignifiantes au regard de la richesse de cette République prédatrice…

Beaucoup plus positif, par contre, me semble être la démarche très courageuse des Revendications de la FOAG (organisation amérindienne, fédération des peuples autochtones de Guyane) lors de sa conférence « la révolte amérindienne » du 12 décembre 2015 à Sainte Rose de Lima : « la Foag exige du côté du foncier, la rétrocession des terres pour chaque village autochtone afin d'obtenir la totalité de l'espace occupé. Elle exige aussi la rétrocession des terres ancestrales choisies et déterminées géographiquement par les chefs coutumiers. Elle exige ensuite que l'État assure une présence sur le terrain plus adaptée et que des barrages soient mis en place sur les fleuves. Concernant la situation d'urgence dans le village Kayodé, elle exige une opération d'envergure afin de chasser les orpailleurs illégaux. Aussi, que les territoires de Wayana, Wayampi et Teko soient interdits de toute exploitation minière. Elle exige enfin, le renforcement des normes coutumières »,  Etc.

Référence : Lire : Les Amérindiens entrent en résistance (sur Facebook la page de la FOAG).

 

Faut-il rappeler que la France, ce pays qui prône la Liberté est la première des nations a asservir les autres et a un lourd passé de colonisation derrière elle et ferait bien de réviser sa notion de Liberté. Car ce n’est pas en refusant aux Amérindiens de leur rendre leur pleine et entière liberté et en les laissant libre de leur destin qu’elle avancera en crédibilité dans le concert des nations du monde.

Qu’elle commence donc par ratifier la Convention 169 de l’OIT qui reconnait aux peuples autochtones la liberté de choisir leur destin en toute autonomie, respect et dignité. Le reste n’est que fumisterie républicaine coutumière. (La France est le seul pays de l'Union européenne a avoir refusé de signer la Convention 169 de l'OIT !)

Voilà rapidement ce que je pense de ce rapport parlementaire.

 

Votre serviteur, Amérindeuropéen de service, 

le 15 décembre 2015,

Pierre Sarramagnan-Souchier,

initiateur avec des associations amérindiennes et des députés européens de la pétition présidentielle de 2010, pour sauver les derniers Amérindiens Wayana et Teko de Guyane française.

Voir ici la pétition.

Le site dédié à cette pétition.

 

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Pour lire le lien du rapport parlementaire :

http://fr.calameo.com/books/004427355e8853e7132dc

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Un article de presse sur la remise du rapport parlementaire sur les suicides Amérindiens : "Épidémie de suicide" chez les jeunes amérindiens de Guyane

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Illustrations : 

1 - J'ai mis une carte de l'emplacement de la Guyane française car je sais que plus de la majorité de ces citoyens en savent même pas où se situe cette région sur la planète et que beaucoup pensent que c'est un coin d'Afrique ! (Lire : La Guyane africaine devient brésilienne en 2011).

2 - Un drapeau représentant les six nations Amérindiennes vivant encore en Guyane française.

3 - Création avec des pierres d'une représentation du suicide par l'artiste Syrien Nizar Ali Badr (https://www.facebook.com/nezar.badr64).

4 - Le dessin de la carte des six nations amérindiennes du défunt organe de presse amérindien Oka.Mag’

5 - Carte de l’hexagone avec les représentations proportionnelles de quelques unes de « ses colonies administratives ». En rouge la Guyane. Des journalistes français ont même confondu aux dernières élections régionales la Guyana et la Guyane française ! C'est dire la compétence et le niveau d'instruction de ce pays prédateur !

6 - La dignité et la reconnaissance d’être Amérindien avant tout autre chose…



14 réactions


  • Arthur S M de Sourcessure 16 décembre 2015 13:15

    La déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adoptée le 29 juin 2007 par le Conseil des droits de l’homme par 30 voix pour, 12 abstentions et 2 voix contre (le Canada et la Russie) fait office de référence pur ces populations qui représentent plus de 370 millions de personnes à travers le monde.

    Parmi les 46 articles que contient ce texte, les aspects les plus importants concernent leurs droits à l’autodétermination, leurs territoires et ressources naturelles.

    La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (PDF - 145.7 ko)


  • howahkan Hotah 16 décembre 2015 13:50

     smiley mais aussi smiley

    il fallait le dire..merci de l’avoir fait..


  • Hervé Hum Hervé Hum 17 décembre 2015 13:54

    La situation des amérindiens est dramatique, c’est un fait, mais votre analyse fait l’impasse sur un élément majeur, la Guyane, c’est d’abord les créoles, puis les bonis vivant sur le même territoire que les amérindiens et enfin les amérindiens.

    Les amérindiens ne se suicident pas tant pour ne pas avoir l’indépendance, mais pour la place qui leur est réservée dans la société guyanaise. Le sentiment de ne pas être reconnu en tant que personne humaine est le pire de tout et cela n’a rien à voir avec l’indépendance, mais peut donner l’impression aux amérindiens qu’ils retrouveraient ainsi leur fierté, ce qui est plus que douteux.

    Mais voilà, parler de racisme et de ségrégation à l’intérieur de la société guyanaise est ce que craint le plus les instances gouvernementales, alors, on parle de suicide et de toutes les causes possibles, sauf celle qui m’apparaît comme majeure, la ségrégation et le racisme ethnique subit par les jeunes qui vont à Cayenne et en reviennent dégouté de leur propre culture, de leur propre identité (je parle par expérience).

    Bref, le travail est à faire au niveau des relations entres les créoles et les amérindiens, les premiers étant les véritables maîtres du jeu guyanais et qui imposent leurs volontés en échange de la relative paix sociale. Alors les gouvernements français successifs se contrefoutent des suicides d’amérindiens, pour eux, une seule chose compte, « pas de vague » et les vagues, ce sont les créoles vivant sur le littoral qui peuvent en faire, pas les amérindiens. Or pour les créoles, il est inenvisageable que les amérindiens puissent obtenir plus d’autonomie, ils doivent rester sous leur domination. Question d’orgueil car pour eux, l’autonomie de l’un ne peut se faire sans celle de l’autre. Résultat, l’urgence est le statu quo, du moins, tant que les propriétaires de la France y verront leur intérêt.

    Si le gouvernement français ne voyait plus d’intérêt à garder la Guyane, il serait le premier à réclamer justice et indépendance pour les amérindiens, sachant que cela risquerait surtout d’aboutir à leur fin prématuré. en tous les cas, à un pillage accéléré de leur territoire.


    • Pierre Sarramagnan-Souchier Pierre Sarramagnan-Souchier 17 décembre 2015 18:16

      @Hervé Hum
      Merci de votre remarque !

      Premier point : 
      Les Amérindiens Wayana n’ont jamais demandé a être Français ! Ils ont toujours refusé cela et ce n’est que sous la pression que l’État français les y a obligés. Donc ce serait bien que votre remarque prenne en compte cette considération.

      Autre point que je n’ai volontairement pas mentionné pour éviter une polémique de plus sur ce rapport : Dans une déclaration de mai 2013, Madame Taubira : (…) la garde des Sceaux évoque la « confiscation des terres » dans les territoires d’outremer qui « fait que, d’une façon générale, les descendants d’esclaves n’ont guère accès au foncier ». « Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d’une action publique qui consisterait à acheter des terres », affirme Christiane Taubira.

      « En Guyane, l’Etat avait accaparé le foncier, donc là, c’est plus facile. Aux Antilles, c’est surtout les descendants des »maîtres« qui ont conservé les terres, donc cela reste plus délicat à mettre en œuvre », reconnaît-elle. (…) (Source : http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Actualite/Taubira-Rendre-leurs-terres-aux-descendants-d-esclaves-606805


      L’actuelle ministre de la justice de France, Madame Taubira, née en Guyane française, a toujours eu en tête de faire donner aux descendants des familles d’esclaves noirs (venus d’Afrique il y a 400 ans) des terres en compensation de l’esclavage pour ceux qui sont dans les territoires d’Outre-mer. Si l’idée en soit part d’un bon sentiment compréhensible (puisqu’elle-même est concernée !), elle oublie volontairement ou ignore intentionnellement un élément de taille dans ses déclarations : C’est qu’il est malhonnête d’offrir à quelqu’un un bien qui ne vous appartient pas !

      En effet, l’État français a confisqué (ce que la ministre reconnait !) les terres ayant appartenues à d’autres. Et en l’occurence elle oublie de dire que ces terres appartiennent de fait aux six Peuples Amérindiens qui y vivent depuis plus de dix mille ans ! 

      C’est quand même énorme d’avoir le culot d’offrir des terres amérindiennes à des anciens esclaves pour que l’État français dédommage sur le dos des Amérindiens ces crimes de l’esclavage ! Une fois de plus l’État français se conduit comme un état irresponsable !

      Et vous osez me dire que ce sont les Amérindiens qui en revendiquant la restitution de leurs terres ancestrales seraient à l’origine d’une guerre civile ! 

      Mais vous marchez tous sur la tête ma parole ! 

      Vous prenez à l’un ce qui appartient à l’autre pour le donner à une troisième personne en compensation de votre comportement lamentable et vous trouvez cela rendre justice !


      Et bien moi je vous dit que : « Tout bien mal acquis ne profite jamais ! » comme dit la sagesse millénaire et que l’État français porte l’entière responsabilité d’une éventuelle guerre civile si telle devait en être la situation à venir. 

      Et je vous déclare que les Amérindiens qui sont d’une stature spirituelle exceptionnelle sont bien au-dessus de ce mercantilisme de bas étage, car ils pardonnent à l’irresponsabilité de l’État et du peuple français : cf. : Relire à ce sujet le discours de Félix Tiouka du 9.12.1984 “à l’adresse du gouvernement et du peuple français”) dans l’espérance que ceux-ci s’interrogent sur leurs attitudes destructrices et prédatrices : http://pierre.souchier.free.fr/felix_tiouka_1984.pdf .
      Et l’État et le peuple français aurait bien tort de croire que puisqu’on leurs pardonnent ils peuvent continuer le pillage de leurs terres…

      Avec mes courtoises salutations Amérindeuropéennes.


    • Pierre Sarramagnan-Souchier Pierre Sarramagnan-Souchier 17 décembre 2015 18:37

      @Robert Lavigue
      Merci de votre remarque irrespectueuse et malicieuse que j’attendais avec tout l’humour qui va avec !

      N’étant pas un mouton, ou alors « un mouton noir », si vous préférez, sachez que si j’ai quelque chose de loyal, d’honnête et de courageux à exprimer, je ne vois pas pourquoi je me censurerais pour cela. J’exprime le fond de ma pensée. Que cela concerne telle ou telle personne ne m’a jamais posé un problème particulier. Et même et surtout si je suis le seul à penser cela ! 
      Il serait déloyal et très malhonnête de se cacher derrière ses origines (en l’occurence ici de l’esclavage et de la déportation) pour en profiter pour spolier d’autres au nom de la justice. Et surtout et vraiment si c’est en en oubliant les passés dramatiques des Amérindiens qui furent massacrés en nombre au nom de la liberté des Conquistadors, fut-ils d’Espagne ou de France ou de Navarre…

      ( cf. : Anniversaires : Un rapport révélant les atrocités commises sur les Indiens d’Amazonie fête ses 100 ans !  : http://pierre.souchier.free.fr/wayana/Wayana/le_blog_amerindeuropeen_guyana is_%21/Entrees/2011/3/17_Anniversaires___Un_rapport_revelant_les_atrocites _commises_sur_les_Indiens_dAmazonie_fete_ses_100_ans_ !.html )

      En ce sens là on peut dire en effet, que je ne fais pas dans la politique, comme elle se pratique actuellement !


      Courtoisement et avec ma pointe d’ironie qui va avec !


    • Hervé Hum Hervé Hum 17 décembre 2015 22:57

      @Pierre Sarramagnan-Souchier

      Vous interprétez bien mal mes propos pour leur faire dire le contraire de ce qu’ils disent.

      Je pars de la réalité présente et non d’une vue de l’esprit.

      Car si on s’en tient à vos propos, il faut alors que les colons blancs qui ont colonisés l’Amérique repartent chez eux.

      Les créoles sont là. toutefois, Mme Taubira fait mine de ne pas connaître l’histoire de la Guyane, car de descendants d’Afrique arrivés depuis plusieurs générations, ce sont quasi exclusivement les Bonis de l’intérieur. Sur le littoral , la population avait un taux de croissance négative. Les esclaves venant des iles avoisinantes pour maintenir une populations continuellement décimé par les maladies. Ce n’est qu’à partir de la fin de la 2ème guerre mondiale (et les effets de la départementalisation) que la croissance démographique est devenue positive, puis exponentielle.

      La nationalité française fut vendu de manière frauduleuse, c’est certain, mais là n’est plus la question, c’est déjà trop tard.

      Vous savez pertinemment qu’il est mensonger de prétendre que la Guyane puisse revenir aux amérindiens avec la présence d’une population de 200 000 habitants sur le littoral. Sans compter la présence du Brésil et ses garimperos. Une petite partie, peut être, mais pas plus.

      Les faits sont là et votre discours est pour le moins décalé, pour ne pas dire déplacé.

      La question est que faire dans le contexte de la réalité d’aujourd’hui.

      Et je vous réponds, parler de responsabilité politique, sociale et économique,voilà et cela est suffisant pour n’importe quel peuple, wayanas comme Bretons si vous avez le même respect que les bretons.

      Mais c’est insuffisant si à coté de cela, vos voisins vous méprisent et abusent de leur position pour vous affliger.

      Si on ne peut changer la réalité, on peut faire évoluer les esprits, de telle sorte que les habitants du littoral portent un autre regard sur les amérindiens, celui du respect de leur culture et de leur identité à défaut de la fraternité.

      Cela c’est le travail, le devoir d’un gouvernement qui se prétend humain et soucieux de l’égalité et de la lutte contre le racisme et la ségrégation sociale.

      Voilà où vous devez porter votre combat


    • Pierre Sarramagnan-Souchier Pierre Sarramagnan-Souchier 18 décembre 2015 10:49

      @Hervé Hum
      Vous me voyez désolé de ma mauvaise interprétation de vos propos.

      Ceci dit nous ne semblons pas avoir le même point de vu sur ce sujet et sur les modifications à effectuer pour améliorer la situation des Amérindiens. De la à penser que mon point de vue vous amène à penser qu’il serait mensonger de prétendre que la Guyane puisse revenir aux Amérindiens ne relève que de votre point de vue. 
      C’est effectivement assez commode de considérer que les choses étant ce qu’elles sont, l’état français sur cette voie là, peut donc continuer de piller ce territoire des Amériques du sud en se retranchant derrière les 240 000 habitants du littoral (composé d’autres populations dont les 5 000 réfugiés des Boat-people Vietnamiens que la France a accueilli en 1979 sur le territoire de Guyane dont le climat convenait mieux à leur acclimatation… Pour rappel : La France a accueilli légalement en 1979 une population de 128 531 ressortissants de l’ancienne Indochine (Vietnamiens, Cambodgiens et Laotiens, dont 47 356 Cambodgiens.) 
      Est-ce une raison pour suffisante pour considérer cela comme une situation de non retour à la reconnaissance de la pleine indépendance des six peuples Amérindiens de cette portion des Amériques du Sud ? Pour ma part, je ne pense pas et considère que si tel est leur désir légitimes, ils ont au regard des nations le droit de demander la restitution intégrale de tous les territoires dont ils ont été spoliés depuis 400 ans de colonisation.
      En effet, si vous reprenez l’époque de 1930-1946 et du territoire de l’ININI, vous constaterez que la France n’avait qu’une parcelle de 25 km sur tout le littoral qui était peuplé des populations de la colonisation. Le reste de la Guyane étant réservé aux Amérindiens et avec l’interdiction de toutes exploitations minières. (voir les cartes ici : http://pierre.souchier.free.fr/wayana/Wayana/le_blog_amerindeuropeen_guyana is_%21/Entrees/2012/1/5_Lor_de_Guyane___Les_Amerindiens_remportent_une_pre miere_victoire.html
      Donc si l’État français avait un minimum de considération pour les peuples qu’il a asservi, rabaissés à l’esclavage et ensuite rendus dociles à la société de consommation, il devrait reconsidérer l’avantage qu’il y aurait à préserver des peuples qui ont une connaissance et un respect ancestrale de la forêt qui serait bien utile pour mettre en pratique les récents accords de la COP 21… (À supposer que l’on considère que cette COP21 n’est pas une fumisterie de plus des prédateurs de la planète !)
      Personnellement, repense que reconnaître et créer un état de fait qui serait sous la juridiction et l’administration des Amérindiens pouvant comprendre l’ensemble de l’ININI me semble une excellente base de discussion entre l’État français et les six peuples Amérindiens de Guyane. Rien n’empêcherait ensuite aux Amérindiens d’’offrir la nationalité et le droit de résidence aux populations qui désireraient continuer de vivre sur ces territoires de la nation amérindienne.
      C’est affaire de bon sens que de regarder cette situation sous cet angle là. Surtout si l’on considère que les Amérindiens (Wayana) n’ont jamais voulus être Français, mais qu’on leur a imposé cette situation. 
       À propos de votre comparaison avec les Bretons, je vous dirais que la Bretagne est un très joli pays et que c’est pas loin de la France. Ce qui ne gâche rien ! 
      Maintenant que vous considériez mon point de vue comme décalé et déplacé ne me surprend pas car tous ceux qui sont aux services des pouvoirs en place ignorent volontairement les aspirations des autres qu’ils ont asservis pour mieux les piller… Donc c’est votre logique de penser cela. Mais certainement pas celle des Amérindiens (ni la mienne d’ailleurs !).

      Pour ce qui est du respect des gouvernements et de leur devoir à se soucier de l’égalité et de la lutte contre le racisme et la ségrégation sociale, épargnez-moi ce genre de tirade de midinettes quand l’on constate que ce pays vend à tour de bras de l’armement à des dictatures pétrolières et pays en guerre et se croit important en croyant combattre le terrorisme en bombardant les autres pays extérieur à l’Union européenne… Cela nous évitera de perdre notre temps en considérations républicaines inutiles et ça nous évitera d’avaler une fois de plus des couleuvres d’envergures au nom de la liberté française.
      Tel est en tout cas mon point de vu.
      Avec mes courtoises salutations citoyennes !

    • Hervé Hum Hervé Hum 18 décembre 2015 15:34

      @Pierre Sarramagnan-Souchier

      Bon, ma réponse ayant été perdu, je ne le retaperai pas.

      Juste pour dire que je suis d’accord avec votre commentaire, mais que l’heure n’est plus au nationalisme, l’heure est au culturalisme. La différence, c’est que dans le premier cas, c’est poursuivre à se faire la guerre pour l’exploitation des richesses et la domination des êtres vivants par une minorité sur la majorité, usant de la manipulation et de la haine de l’autre pour régner par la division, avec son cortège de destruction, de famine et de morts. Dans le second cas, c’est coopérer sur le plan économique pour mieux assurer le développement humain et la conservation des cultures, première richesse de l’humain.

      Le nationalisme est un leurre, une arme de destruction massive des populations jugées divergentes, non conforme au dogme de l’économie pseudo libérale.

      Dans ce contexte, le gouvernement français actuel (et passé) n’est pas mon ami, tant il use de méthodes perverses et anti démocratique. Tant il méprise la dignité humaine et est l’ennemi de la citoyenneté. Ne reconnaissant que la loi des propriétaires des moyens de productions et de son financement, tous escrocs et exploiteurs de fait. Des hommes et femmes politiques défendant ceux qui les engraissent, via un système qui oblige à la servitude ceux dont il est censé défendre les intérêts.

      La mondialisation est un fait, qui dépend de ce que nous en faisons. Soit laisser une minorité prédatrice poursuivre sa domination et mettre en place son système d’aliénation à l’échelle planétaire, soit lui ôter son pouvoir de nuisance en construisant une société basé sur la coopération entre les peuples et leurs citoyens.

      Cordialement


    • Pierre Sarramagnan-Souchier Pierre Sarramagnan-Souchier 18 décembre 2015 15:38

      @Hervé Hum
      Très bien nous sommes d’accord sur ce constat !



  • Pierre Sarramagnan-Souchier Pierre Sarramagnan-Souchier 17 décembre 2015 22:03

    Je vous mets ci-après une réaction lue sur un blog qui reflète bien ce que je pense à propos des suicides amérindiens :


    LE SUICIDE DES JEUNES AMÉRINDIENS DE GUYANE « FRANÇAISE » N’EST PAS DE FRAGILITÉ GÉNÉTIQUE MAIS DE RÉSISTANCE ANCESTRALE.

    À propos du suicide chez les jeunes amérindiens :

    « je vois dans cet acte, pour ma part, beaucoup plus, le signe d’une résistance extrême à refuser la soumission à l’ensemble des dépossessions acculturantes qui évacuent l’être humain de lui-même ; et ceci, en opposition à la présentation »socio-pathologique« qu’en font les médias qui diagnostiquent ces actes comme relevant d’une profonde dépression, d’un atavisme suicidaire par désarroi ou encore d’une génétique fragilité. N’oublions jamais que nos frères natifs originels ont ainsi tenu en échec l’entreprise esclavagiste, et ceci dès les premiers temps de la Conquête. Cela est évidemment d’une infinie tristesse à première vue, mais dans le même temps, il s’agit aussi d’un intime honneur où l’on décide par la violence de ne pas se soumettre. Croyez bien que je n’idéalise pas ce phénomène (historiquement tragique) de résistance au fait colonial, mais il est important, à mes yeux d’ainsi le comprendre et partant de le reconnaître ; une intuition ancestrale des moyens de se défendre chez des êtres aussi jeunes peut nous désemparer, mais, comme j’insiste à le répéter : la Conquête française de l’Amérique n’en finit pas ! ».

  • Pierre Sarramagnan-Souchier Pierre Sarramagnan-Souchier 19 décembre 2015 11:49
    Pour répondre à L’appel à l’aide du Gran Man et des chefs amérindiens de Guyane 
    (le 15 décembre 2015 à l’hôtel préfectoral lors de la réunion bilan-Lutte contre l’orpaillage illégal)

    RECONSTRUIRE L’ANTIQUE TERRITOIRE DE L’ININI

    Propositions pour le devenir des Amérindiens de Guyane française


    ou là :

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