Réflexions du journaliste Hubert Huertas sur l’utilité des commentaires en ligne
Suite à la lecture d'un article publié sur le Journal Du Net écrit par Jérémie Mani Président de Netino, une société responsable de la modération des commentaires en ligne. Une idée j'espère originale a traversé mon esprit d'ailleurs pas toujours très net. Interroger le Journaliste Hubert Huertas, Chef du service politique de la rédaction de France Culture, sur l'utilité des contributions qui paraissent sous les articles de presse en ligne. M. Huertas est l'un des rares journalistes qui prend le temps sous son "Billet politique" de répondre à certains commentateurs. Je le remercie grandement pour sa participation envoyée directement par mail, même si comme il l'écrit lui-même, son opinion est toute personnelle.
Le billet du 10 décembre d'Hubert Huertas titrait "Tarifs du train les folies de la SNCF", et moi j'arrive avec mes gros sabots de Lorraine pour lui poser deux questions complètement hors sujet que vous lirez ci-dessous. J'avais préalablement prévenu la victime de mon sans-gêne que je pourrais éventuellement me servir de sa réponse dans l'un de mes articles. Et surprise, moi qui pensais me faire jeter ou tomber dans la corbeille de l'indifférence, je trouve en ouvrant ce matin ma boite de réception un courrier du chef de service politique de France Culture reproduit ici dans son intégralité.
Questions :
1) Que pensez-vous de l'utilité des commentaires en ligne ?
2) Le journalisme citoyen ou plutôt le rédacteur, car journaliste est un
métier, a-t-il un avenir ?
Merci pour votre réponse si vous souhaitez m'en donner une
Réponses d'Hubert Huertas :
Les commentaires en ligne sont utiles, et nécessaires, à condition de ne pas les considérer comme l'expression "des auditeurs" dans leur ensemble.Utiles et nécessaires, parce qu'il est bon d'avoir des retours, y compris négatifs. Nous ne sommes pas là pour parler seul.Le danger serait de les considérer comme le baromètre des auditeurs en général. Ils sont les baromètres des auditeurs qui écrivent, c'est à dire, en gros, de quatre ou cinq pour cent. Ces auditeurs sont intéressants, car ils réclament une expression, qui doit être entendu, mais ils ne sont pas forcément représentatifs des 95% qui n'éprouvent pas le besoin d'écrire, mais réagissent pourtant, sans le faire savoir.
Le danger de prendre l'échantillon de ceux qui écrivent pour un échantillon représentatif est d'ailleurs systématiquement utilisé par certains groupes de pression, qui réagissent de façon concertée sur certains types de sujets. Ces groupes, en général extrémistes, organisent de véritables invasions des commentaires, certains prenant plusieurs noms différents pour faire masse.Il faut donc diffuser les commentaires, prendre le soin de répondre, mais ne pas être dupe...Le journalisme rédacteur n'existe pas. Il est un journalisme tout court ou il n'est pas. Il arrive régulièrement que des blogueurs au départ "amateur" acquièrent une telle crédibilité qu'ils deviennent professionnels, et finissent par vivre de leur blog. C'est une nouvelle spécialité du journalisme. ce qui ne veut pas dire que tous les blogueurs soient journalistes. Cette nouvelle forme de journalisme, dérangeante, a un avenir, parce qu'elle est dérangeante, et que finalement, la définition du journalisme est qu'il soit dérangeant. Le reste est de la communication....Voilà quelques réflexions, qui ne valent que ce qu'elles valent.Très amicalementHubert Huertas



