jeudi 10 janvier 2013 - par rakosky

Réforme PEILLON des rythmes scolaires, un rejet massif et un désaveu pour le gouvernement

Un rejet massif

En rejetant à une très large majorité la réforme Peillon, dite des rythmes scolaires, c'est une véritable claque que le Conseil supérieur de l’Éducation vient d'infliger au gouvernement.
L'ampleur de ce rejet, le vote négatif de la FSU, de FO et de la CGT, l'obligation où se sont trouvées la CFDT et l' UNEF de s'abstenir, tout ceci est l'expression du rejet massif que rencontre cette réforme et de l'isolement du gouvernement ,son incapacité à forger un consensus pour l'application de ses réformes.
Pourtant l'importance de ce rejet tient surtout au fait que cette réforme, dont chacun s'obstine à taire le véritable contenu, est bien plus qu'une réforme des rythmes scolaires, un véritable plan de démantèlement de l'école républicaine.

Beaucoup ont voulu nous faire croire que le débat portait simplement sur l'aménagement des rythmes scolaires, comme si la seule question posée était de savoir si nos enfants allaient travailler ou non le Mercredi ou le Samedi matin.

En réalité, il s'agit selon les propres termes du ministre Peillon de faire évoluer l'école autour d'un projet territorial et derrière cette formule de remettre en cause le caractère national de l'école républicaine.
 

Rythmes scolaires : à chaque territoire son projet, sa politique éducative

 Le ministre Peillon explique ainsi : « la réforme des rythmes scolaires doit agir comme un levier pour faire évoluer l’école autour d’un projet éducatif territorial et doit conduire à (…) coordonner les actions de l’État, des collectivités territoriales et des organismes œuvrant dans le champ éducatif  ». Concrètement, l’école ne serait plus de la compétence exclusive de l’État. Trois heures hebdomadaires seraient placées sous la responsabilité des collectivités avec le Projet Éducatif Territorial (PET).
 

L’enseignement professionnel et l’orientation transférés aux régions

Les régions décideraient de l’ouverture et de la fermeture des filières professionnelles, des BTS… elles contrôleraient le service de l‘orientation « afin de mieux adapter l’offre de formation professionnelle aux besoins des territoires

A l’heure du TSCG, aucune création réelle de poste pour l’école !

Derrière l’annonce par le gouvernement de 43 000 créations de poste pour la rentrée 2013, la réalité c’est 21 500 départs à la retraire remplacés et 22 000 contractuels embauchés à tiers temps pour plusieurs milliers d’élèves en plus.
 

Refondation ou liquidation ?

Comme d'habitude on nous prend pour des nigauds et l'on croit que la magie des mots va parvenir à nous tromper sur le contenu réel des réformes annoncées.
Chacun jugera du cynisme qu'il faut pour engager la pire réforme de destruction engagée contre le droit à l'instruction sous le prétexte de la lutte contre l’échec scolaire, comme si l’échec scolaire n'était pas le produit de tous les coups portés contre l'école par les gouvernements successifs de droite ou de gauche.
 
Le gouvernement a engagé une « refondation de l’école » qui commence par la « réforme des rythmes scolaires ». On vous dit que cette réforme a pour but de « lutter contre l’échec scolaire » des enfants.
 

Mensonge et tromperie

Il ne s'agit aucunement de rétablir les milliers de fermetures de classes découlant des 17 000 suppressions de postes, dont 16 000 maintenues à la dernière rentrée, afin d’éviter, par exemple, que les classes de maternelles aient 30 élèves, ou de rétablir les classes en milieu rural pour que les enfants ne passent pas des heures dans des cars ? Il ne s'agit pas non plus de rétablir les postes de Rased* pour les enfants en difficulté scolaire.
Au nom des contraintes budgétaires et de l’application du TSCG, ce sont 10 milliards supplémentaires qui doivent être pris sur le budget des services publics.
 
Le gouvernement a imaginé que pour lutter contre l’échec scolaire il était plus économique… de supprimer une heure d’enseignement par semaine à chaque élève. Les élèves n’auraient plus que 23 heures hebdomadaires de cours, au lieu des 24 actuelles, cette dernière heure n’étant plus une heure d’enseignement.
Xavier Darcos, ministre de Sarkozy, avait déjà supprimé deux heures de cours par semaine en 2008, avec des conséquences catastrophiques sur le niveau des élèves.
Mais ce n’est pas tout !
Le plus odieux dans ce projet n'est-il pas de faire des communes les instruments de la destruction de l'unité de l'école de la République et d'aggraver par la même occasion les inégalités entre les citoyens .
Elles pourraient ainsi décider de l’organisation de la semaine scolaire, des horaires quotidiens et hebdomadaires d’enseignement, de « l’animation », comme elles l’entendent, avec une semaine répartie sur 5 jours, dont le mercredi ou le samedi !
Ainsi, selon la richesse des communes ou l’orientation politique de leur conseil municipal, ces « projets éducatifs locaux » seraient différents selon que vous habitez telle ou telle ville, tel ou tel village.
Dans les faits, ce mélange des responsabilités d’instruction et d’animation aboutirait à une école « territorialisée », aggravant l’inégalité du droit des enfants à l’instruction et amorçant la tutelle des collectivité locales sur l’enseignement et les professeurs.
 
Nul doute que la résistance contre ce projet ne fait que commencer et qu'elle va trouver un solide point d'appui dans le refus des organisations syndicales d''accompagner' cette réforme dirigée contre les enfants ,les personnels et les communes.
Nul doute qu'aucun enseignant, aucun parent, aucun élu ne pourra se contenter de moins que de l'abandon pur et simple de cette réforme, que le rétablissement de l'école de la République dans ses droits et ses prérogatives bafouées depuis tant d'années par des gouvernants sans conscience.
 
 


7 réactions


  • lulupipistrelle 10 janvier 2013 13:37

     Conseil supérieur de l’Éducation ... comme l’Education Nationale ne roule que pour lui-même.... 



  • zelectron zelectron 10 janvier 2013 14:27

    la déséducation nationale bat son plein : ni l’un ni l’autre ne peuvent plus grand’chose pour corriger le désastre.


  • realTMX 10 janvier 2013 15:51

    Tout ceci découle du projet NWO, à savoir, faire en sorte que la population reçoive l’éducation la plus faible possible afin qu’elle ne soit plus assez intelligente pour se rebeller contre l’Elite.

    Cela passe par l’école dont le niveau ne cesse de baisser depuis de nombreuses années. Il n’y a qu’à voir le bac. On se réjouit du taux de réussite au bac mais ne devrait-on pas au contraire s’interroger sur le niveau du bac. Pourquoi les enfants réussissent-ils plus le bac que leurs parents alors qu’on ne peut pas dire qu’ils soient plus intelligents ? Rien qu’à voir ce que les enfants regardent à la télé, cela n’augure rien de bon. A ce rythme, il est probable qu’une simple addition suffira pour réussir le bac.

    Cela passe aussi par la télévision : des programmes d’une ineptie sans nom sans cesse plus abêtissants les uns que les autres et transgressant les valeurs morales de notre société pour le seul bonheur des annonceurs publicitaires.

    Bien entendu, les politiques vont objecter qu’il n’y a pas suffisamment de budget pour financer l’éducation de nos enfants. Pourtant, il y a bien de l’argent pour sauver ces crapules mafieuses de banquiers comme il y a de l’argent pour financer le premier assisté de France : le MEDEF.

    Comme je l’ai déjà dit, tout ceci est voulu et ce n’est nullement une théorie de complot.


    • eugene eugene 10 janvier 2013 19:02

      Reste que l’école en France, sous des oripeaux démocratiques, est la plus inégalitaire qui soit, actuellement en Europe.
      Tout ce beau système pour soutenir une élite, alors que la piétaille s’embourbe.
      Le calendrier scolaire se rétrécit comme peau de chagrin !
      ils n’ont qu’à se magner ! On ne va pas tout de même pas calquer notre bel élan sur les plus faibles !
      A quoi bon s’user pour parler des mêmes choses, pour revenir à la même position de repli, se donnant l’air d’être héroïque !


  • Raymond SAMUEL paconform 10 janvier 2013 21:16

    La plupart des parents sont capables de faire mieux que l’éducation nationale, notamment pour préserver la santé mentale et affective des enfants et pour réduire les heures de cours à une à deux heures par jour en primaire de façon à ne plus voler leur enfance aux enfants.

    Les preuves ,que ça marche existent.

    Les parents peuvent faire appel aux « échanges de savoir », ça crée aussi du lien social. Le savoir n’est pas exclusivement entre les mains des profs de métier, il y a internet, les médiathèques, les expos, la nature, les professionnels etc...Sortez du carcan qu’est le programme, élargissez le champ...

    Il faut libérer un parent sur deux de la vie professionnelle et recréer la vie privée qui a été sacrifiée à la vie professionnelle. C’est la vie privée qui doit mériter le nom de « vie active ».

    Ne laissez pas vos enfants dépérir à l’école, surtout dans leur petite enfance.


  • antonio 13 janvier 2013 11:17

    Je crois que le désastre est déjà bien consommé...
    Des enfants, parfois dés 3 ans « jetés » dans des bus scolaires...cantine le midi....et souvent garderie le soir...jusqu’à 18H.......des classes fréquemment surchargées (30 enfants de maternelle, dans une même classe, c’est une « aberration » .... Quel adulte supporterait un tel rythme ( des journées entières en collectivité...bruits, agitation, etc...) ?
    La « bonne excuse  » , je la connais : « mais les parents travaillent ! » C’est vrai pour beaucoup, pas pour tous ! Et de toute façon, cette explication importe peu..
    Notre société N’AIME pas les enfants et on nous a gavés de beaux mots pour dissimuler cette réalité :
    « socialisation » « autonomie » « épanouissement »......la plus belle escroqurie étant l’antienne tant de fois rabâchée : « lutte contre l’échec scolaire »...et l’échec n’a jamais été aussi patent : illettrisme croissant, nivellement par le bas, brimades et exactions fréquentes dans les cours de récréation.....

    Oui, l’Education ne sera plus Nationale mais livrée aux régions où parfois officient des potentats locaux plus soucieux de leurs intérêts électoraux que du bien-être des élèves...
    livrée aux communes qui font ce qu’elles peuvent avec des moyens en baisse.....

    Seuls peuvent « s’en sortir » des enfants issues de familles qui ont les moyens de vivre décemment et surtout capables de transmettre, faire aimer la culture....., de transmettre le goût d’apprendre et le sens de l’effort.....

    Le fossé se creuse de plus en plus ...jamais les enfants des milieux populaires n’ont eu aussi peu de chances de réussir grâce à l’école . Oh ! ils ont des diplômes certes avec des noms ronflants, flatteurs, mais de plus en plus frelatés, dévalués....

    Il ne s’agit plus de signer des pétitions, de manifester, d’occuper quelque école.....la crise est si grave que ces « moyens » sont maintenant dérisoires...

    Qu’une véritable prise conscience se fasse enfin parmi tous les adultes : parents , enseignants pour que soit mis à mort un système aussi inique ! Cette phrase tient sans doute de l’incantation, du voeu pieux car les « ravages » de la marchandisation du monde, de la consommation tant révérée, de l’individualisme, de la dislocation des famille, de la pauvreté
    grandissante, de l’abrutissement des esprits sont tels qu’ils rendent cette prise de conscience terriblement difficile........
    Il s’agit de lutter, de combattre de manière inflexible, avec des moyens inédits....C’est une véritable guerre qu’il faut engager !


  • Raymond SAMUEL paconform 15 janvier 2013 15:31

    Bonjour ANTONIO,

    Aux infos de 13 heures à la 2, aujourd’hui même, Elise LUCET a pris son plus beau sourire pour nous annoncer une bonne nouvelle : Une circulaire du ministère de l’Education nationale qui promeut l’école à deux ans.
    L’iillustration était assurée par une kirielle de sourires tant maternels qu’enfantins, et pour faire bonne mesure , par l’avis d’un « spécialiste » chargé de dire le plus grand bien de la chose.
    Rien, absolument rien des nuisances que vous décrivez, et de celles que vous ne décrivez pas car elles sont très, très longues.

    C’est bon pour le PNB. ça va donner encore plus de travail aux psy, aux travailleurs sociaux, aux hôpitaux, à la police, à la Justice, aux prisons....
    Mais qui va travailler dans ces producteurs de PNB quand tout le monde sera malade mental ?


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