mercredi 11 avril 2012 - par Surya

Retour sur un naufrage

A l’heure où ressort Titanic, le film de James Cameron, en 3D, on peut se demander une fois encore pourquoi les réalisateurs éprouvent désormais le besoin de tourner ou ressortir systématiquement leurs œuvres en trois dimensions, tant le « plus » que cela apporte au film est inversement proportionnel à l’inconfort que le spectateur ressent, non seulement du fait de ces grosses lunettes en plastique épais, mal adaptées, qu’il doit porter en permanence, parfois même par-dessus ses lunettes de vue, mais également du fait de la fatigue oculaire que le système engendre. Il n’est pas difficile, en effet, de ressortir d’une salle obscure avec une migraine épouvantable et les yeux explosés après avoir vu Avatar en 3D. Il arrive même que la 3D n’apporte rien de plus et ne semble avoir été utilisée que dans le but d’attirer vers le tiroir-caisse, par effet de publicité, une clientèle plus jeune et/ou toujours plus nombreuse. Si l’on veut caricaturer, on peut remettre sérieusement en question l’intérêt de voir un gros plan en 3D sur une main étalant du beurre sur une biscotte, sur un fugitif courant dans une forêt… ou pire, sur le générique lui-même ! On en arrive même, de nos jours, à tourner les pubs qui précèdent le film en 3D. C’est amusant sur le moment, et on en oublie même qu’il s’agit là d’une publicité, mais on s’en lasse très vite.

L’idéal étant, comme toujours, de trouver un juste milieu entre un film tourné en totalité en 3D parce que cela se justifie au niveau du scénario et des angles de prise de vue choisis, mais dont le résultat provoque un inconfort visuel parfois insupportable pour le spectateur (surtout si le film est visionné sur écran géant ou si le spectateur a été contraint de prendre place trop près de l’écran en raison de l’affluence dans la salle) et un film tourné pour le principe, et parce que c’est à la mode, en 3D, alors que rien ne justifie qu’il ait été tourné ainsi. La 3D oui, mais à petite dose, et seulement lorsque cela apporte une réelle valeur ajoutée à l’œuvre, parce qu’il renforce l’effet spectaculaire d’une scène en particulier, ou parce qu’il s’agit d’une fiction de « grand spectacle ».

Déjà, en 1954, Alfred Hitchcock avait magnifiquement su tirer profit de la technique du relief lorsqu’il tourna les scènes en contre plongée du « Crime était presque parfait » (« Dial M for Murder ») en 3D. Personne n’a oublié la main de Grace Kelly sortant littéralement de l’écran lorsqu’elle se lance dans la quête désespérée de la paire de ciseaux qu’elle sait posée derrière elle sur la table, alors que son agresseur tente de l’étrangler avec son bas. Cette scène, en particulier, était « faite » pour être tournée en 3D.

Il n’est pas nécessaire de tourner la totalité d’un film en 3D, ou de tourner chaque plan avec l’idée qu’il faut absolument que le spectateur ait l’impression d’être au cœur de l’action. Trop de 3D nuit à la 3D. Quelques scènes, insérées tout au long du film, suffiraient à créer l’atmosphère et surprendre le spectateur. Mais peut-on, techniquement parlant, tourner un film en 2D et n’insérer que quelques scènes en 3D, obligeant ainsi les spectateurs à chausser et déchausser régulièrement leurs lunettes ? A moins que les effets de 3D ne soient discrets, pour s’amplifier et donner le meilleur d’eux-mêmes lorsque la scène le justifie.

C’est ce qui semble être le cas pour le film de James Cameron, dont l’effet 3D ne provoque pas d’inconfort visuel et ne semble pas avoir été utilisé à outrance. On peut dire que pour une fois, (d’un point de vue purement technique, il est important d’apporter cette précision) la 3D se justifie pleinement dans un film, et si le port des lunettes spéciales reste tout aussi agaçant, si la luminosité de l’écran s’en trouve toujours diminuée, au moins on a le sentiment, comme pour « Le Crime était presque parfait » que l’effet 3D a été usé avec parcimonie, intelligence et discernement.

Tout d’abord, et toujours d’un point de vue purement technique, certaines scènes bien spécifiques gagnent au change après avoir été transformées. C’est le cas pour celles où le spectateur voit la mer du haut du pont du navire. On comprend alors pourquoi Rose, pourtant décidée à mettre fin à ses jours, hésite à sauter à l’eau lorsqu’on voit, grâce à cet effet technique, la hauteur vertigineuse qui sépare le pont des flots. Non seulement on a alors le sentiment d’être cette figure de proue qu’incarne quelques secondes la jeune héroïne hésitante, mais on peut même affirmer que la 3D apporte ici un plus au niveau documentaire. Les personnes intéressées par le navire lui-même se rendent mieux compte du gigantisme de la construction. On a enfin la possibilité de se pencher par dessus la balustrade du Titanic, comme on aurait pu le faire si l’on avait été parmi les passagers.

D’autre part, si certaines scènes spécifiques ont gagné au change, il semblerait, bien que cela soit difficile à vérifier, que la 3D utilisée pour rénover « Titanic » ait amélioré la perception par le spectateur d’une multitude de petits détails de mise en scène. Non qu’ils aient été invisibles dans la version précédente, mais on les remarque avec plus de clarté. Et les détails, on ne le répètera jamais assez, James Cameron (et son équipe, sans aucun doute) les a soignés. Il les a chouchoutés, faisant de son film un chef d’œuvre documentaire. On peut trouver naïve et complètement improbable, surtout à cette époque, l’histoire d’amour entre cette jeune aristocrate couverte de soie et de bijoux et cet artiste sans le sou voyageant (clandestinement) parmi les déshérités de troisième classe, on peut trouver, à juste titre, que certains dialogues sont fades ou d’un humour déplacé, car trop « hollywoodien » dans le contexte du film (Jack affirmant à Rose, alors qu’il est fermement menotté au tuyau, qu’il ne va pas bouger de là et l’attendre tandis qu’elle part à la recherche de secours) on peut également relever certains détails imparfaits (mais rien n’est parfait en ce monde) comme lorsque Jack déclare, lors du dîner auquel il est convié, qu’il n’y a que très peu de rats en troisième classe sur le Titanic, alors que, quelques plans plus tard, on voit Tommy Ryan, le jeune irlandais de troisième classe, suivant vers la sortie, lors de sa fuite des couloirs déjà inondés, une multitude de rats (à moins que les troisièmes classes des navires de l’époque étaient si infestées de rats que celles du Titanic semblaient, en comparaison, relativement épargnées ?), bref, on peut trouver toutes les critiques que l’on veut au film de James Cameron, il n’en demeure pas moins qu’il est un chef d’œuvre documentaire, non seulement sur le navire lui-même, mais sur les circonstances de la tragédie, sans oublier les côtés sociologique et émotionnel qu’il ne fallait pas non plus négliger.

James Cameron, peut-on lire, a accumulé des montagnes de documentation pour la réalisation de ce film et a accompli un travail aussi titanesque que le navire qu’il a voulu faire revivre. Rien, absolument rien, n’a été négligé. Tout a été minutieusement reconstruit à l’identique. Nombre de scènes ont été reproduites d’après photographie d’époque, comme celle montrant ce petit garçon jouant sur le pont de première classe avec une sorte de palet. Cette scène est en effet basée sur une photo prise à bord juste avant le départ du navire. Elle dure moins de trois secondes, et pourtant il est évident que l’équipe de tournage lui a accordé la même importance et la même attention qu’une autre scène que le spectateur aurait eu plus le temps de voir. De même, lorsque Ismay, dans un salon de première classe, tente de convaincre le Capitaine Smith d’augmenter la vitesse du navire en allumant les dernières chaudières encore inactives, afin de faire la une de tous les journaux en arrivant à New York plus tôt que prévu, le spectateur ne manque pas de remarquer la femme assise juste derrière leur table, qui espionne, l’air de rien, la conversation. Du moins la remarque-t-on si l’on est au préalable informé du fait que ce fait est réel. Bien que cela soit à peine perceptible, James Cameron a tenu à inclure ce minuscule détail dans ce plan, et c’est ce qui fait toute la différence. Et des détails de ce genre, il y en a sûrement des milliers d’autres, ce qui pousse à lire autant de documentation que l’on peut sur l’histoire du navire et l’histoire de son naufrage, pour revoir ensuite le film de Cameron avec l’étonnement de découvrir ces petits détails qui nous avaient échappé lors du visionnage précédent. Bien des gens se sont demandés comment il se faisait que certains spectateurs soient retournés voir le film des dizaines de fois à sa sortie en 1997. La réponse est là. Parce qu’il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir dans « Titanic », et que James Cameron n’a rien négligé, rien laissé au hasard, même des plans fugitifs, presque subliminaux, que les yeux auraient à peine le temps de capter. C’est clair, Cameron est un cinéaste qui respecte profondément son public.

On ne peut donc qu’être admiratif devant le travail accompli, même si l’on est du genre à vouloir à tout prix dénicher le petit détail qui coince, la petite erreur sans réelle importance que l’on ne voudra pas pardonner. Cela dit, adopter cette attitude est aussi une preuve que l’on a regardé le film avec une extrême attention, et que l’on se sent concerné, par grand intérêt porté au film, si un détail a été négligé.

D’un point de vue documentaire, on peut juste regretter que la seconde classe du navire n’ait pas été un peu plus montrée, car elle existait bel et bien, ce qu’on a tendance à oublier parfois. La petite Cora, par exemple, voyageait-elle en seconde ? Son compartiment, que l’on entrevoit durant une seconde ou deux, semble en effet légèrement plus confortable que celui où loge Jack. La seconde classe a compté elle aussi de très nombreux naufragés. La plupart des rescapés, est-il nécessaire de le rappeler, étaient des passagers de première classe. La troisième classe fut celle qui compta le plus fort pourcentage de victimes, et le film de Cameron montre parfaitement comment furent traités ces passagers de troisième jugés moins importants que les autres d’un point de vue humain, comment ils furent parqués derrière des grilles comme des bêtes alors que le bateau coulait, et que l’on faisait monter à bord des canots, en priorité et au son de l’orchestre, les élégantes aristocrates de première. Il est bon de rappeler également que les tous premiers morts du Titanic ne furent pas des passagers, ni même des employés à bord du navire, mais huit ouvriers ayant perdu la vie sur le chantier de construction du fait des conditions de travail très éprouvantes.

La 3D dans le film de Cameron apporte également une réelle valeur ajoutée lorsque l’on fait visiter au spectateur les salles des machines. Déjà spectaculaires et impressionnantes en 2D, les monumentales turbines et les gigantesques pistons sont à couper le souffle lorsqu’on les découvre en relief. Cette fois, on a vraiment l’impression d’être à bord, on a l’impression « d’y être », et c’est l’effet recherché par le cinéaste.

Mais c’est justement là où l’on peut sérieusement se poser la question de savoir si Titanic devait vraiment être ressorti en 3D. Cette question m’a taraudé l’esprit au moment de retourner voir le film. Faut-il vraiment aller voir Titanic en 3D comme on irait voir un spectacle anodin et moins dramatique ? 

L’effet 3D sert à donner au spectateur l’impression qu’il se trouve au cœur de l’action, qu’il la vit au même titre que les personnages du film. Elle sert à augmenter le côté spectaculaire d’un film, donner plus de force aux images, voire même à lui donner un côté « grand spectacle ». Or, Titanic peut également être perçu comme un film documentaire, et en premier lieu comme un film documentaire, où la fiction est finalement secondaire, où elle n’est que prétexte à montrer ce que fut ce navire, le décalage ahurissant entre le traitement des passagers en fonction de leur classe sociale, les conditions de travail effroyables des personnes employées dans les salles des machines, notamment la salle des fourneaux, montrer aussi exactement comment et pourquoi le navire a coulé, et surtout, d’un point de vue plus émotionnel, comment les passagers ont dû vivre et ressentir la tragédie de leurs derniers instants. Certaines scènes sont déjà suffisamment éprouvantes à regarder pour qu’on ne soit pas en plus choqué du fait qu’il faille désormais les considérer comme du grand spectacle. Car après tout, il s’agit bien d’une reconstitution minutieuse de faits réels et non d’une simple fiction. Ce n’est pas Margot cherchant à attraper la paire de ciseaux pour se défendre contre son agresseur. Tous ces gens que l’on voit mourir en direct sur l’écran ont bel et bien vécu ce drame en 1912, il y a tout juste cent ans. Ces deux enfants de troisième classe que la maman a remis au lit, sachant qu’ils n’avaient plus aucune chance d’être choisis pour monter à bord d’un canot de sauvetage, a peut être réellement existé. Ce papa qui fait à ses filles un adieu bouleversant, leur mentant sur l’existence d’un autre canot réservé aux papas et leur recommandant de veiller sur leur mère, a peut-être été l’un des passagers réels du Titanic en ce mois d’avril 1912. Cette famille orientale particulièrement paniquée, parce que ne sachant pas où aller et ne comprenant visiblement même pas la langue dans laquelle étaient écrits les panneaux sur les murs, était peut-être, elle aussi, réellement à bord du navire. Ces gens qui sautent par-dessus bord, ou dont la chute les entraîne dans le vide, n’est-ce pas choquant et déplacé de vouloir les voir se tuer « comme si on y était » ? Sommes-nous à ce point à la recherche de sensations fortes ? Ces autres gens, prisonniers de salles qu’ils n’ont pas réussi à quitter, qui hurlent alors que l’eau monte inexorablement, qu’ils sont sur le point de se noyer et savent qu’ils sont en train de vivre leurs derniers instants, il est déjà suffisamment pénible de les voir se noyer, alors faut-il vraiment les regarder mourir en trois dimensions ?

On ressort de la salle obscure avec la conviction renforcée que la 3D ne doit pas être servie aux spectateurs à toutes les sauces, et pas seulement, comme décrit plus haut, en raison de l’inconfort visuel que l'effet procure. Il y a des sujets bien particuliers, des sujets sensibles, qui ont du mal à s’y prêter. Si Titanic est un chef d’œuvre du point de vue de sa réalisation technique et au niveau reconstitution historique, s’il est vrai que certaines scènes, comme celle de la figure de proue ou les scènes montrant les salles des machines, gagnent à être montrées en 3D, on n’aurait peut-être pas dû, par respect pour la mémoire des victimes, vouloir renforcer, par l’ajout de cette 3D, le côté « grand spectacle familial » du film. Si la 3D n’a aucune incidence, d’un point de vue émotionnel, sur des films comme Avatar ou Alice au Pays des Merveilles, peut-être était-elle déplacée dans le cas de Titanic, et eut-il mieux valu, par principe, éviter d’y avoir recours, surtout pour marquer les cent ans du naufrage du navire. Une ressortie en 2D, en film « normal » en quelques sortes, n’aurait-elle pas été largement suffisante ? En effet, tant que l’on va voir Titanic en 2D et que l’on se concentre sur l’aspect documentaire et reconstitution historique, il est possible de faire l’impasse sur l’aspect hollywoodien du film et sur son côté « spectacle » dans la mise en scène de la mort des passagers, que l’on pouvait percevoir comme la volonté d’être au plus près de la tragédie qu’ils ont vécue. En revanche, que le film soit ressorti en 3D laisse à penser que le côté « effet technique » et désormais « grand spectacle » l’a emporté sur le côté purement humain et le côté documentaire. Peut-être est-ce finalement pour cette raison, en raison de « l’inconfort », non visuel mais émotionnel, produit par le fait de voir un tel film en 3D, que l’effet de relief semble avoir été distillé, comme écrit plus haut, avec parcimonie, intelligence et discernement ?



19 réactions


  • agent orange agent orange 11 avril 2012 18:12

    J’attends de voir le film « Chronique d’une naufrage annoncé » avec Sarkozy dans le rôle d’Edward Smith (commandant du Titanic).


    • Surya Surya 11 avril 2012 18:48

      Vous pensez donc que Mier Sarkozy va être réélu, pour prédire ainsi qu’il va faire sombrer, à l’avenir, le paquebot France ? smiley Je savais qu’en parlant de Titanic et de naufrage, quelqu’un allait faire le parallèle avec les élections présidentielles françaises smiley

      Petite précision : le Capitaine Smith (magnifiquement interprêté par Bernard Hill) a certes fait sombrer le Titanic, mais il a été influencé dans sa décision par les mauvais conseils d’Ismay (que l’on voit plus tard, fait tout à fait réel, monter subrepticement dans un canot de sauvetage alors que seuls les femmes et les enfants étaient supposés, à ce moment là, y avoir accès) . Comment, avec l’expérience qu’il avait accumulée, le Capitaine Smith a-t-il pu ainsi céder aux sirènes de la notoriété, et pousser le bateau jusqu’à ses dernières limites ? Mystère... En tout cas il n’était pas responsable du fait qu’il n’a pas été jugé utile, au moment de la construction du paquebot, de mettre suffisamment de canots de sauvetage à bord. Pourquoi encombrer un paquebot supposé insubmersible de canots de sauvetage, en effet ? Dans des conditions normales d’évacuation, seule la moitié des passagers pouvait de toute façon être sauvée.

      Si le suspens des élections présidentielles est à son comble, en effet, à quelques jours seulement du premier tour, on peut faire, là aussi, le paralèle avec le film : alors qu’on sait pertinemment qu’il va heurter l’iceberg, puisque « Titanic » est un film historique, on se surprend à croiser les doigts et prier, en même temps que l’officier Murdoch, pour que le navire parvienne à virer de bord à temps.


    • agent orange agent orange 12 avril 2012 08:02

      Bonjour Surya

      Non, je désire pas que Sarkozy soit réélu. J’exprimais l’espoir du naufrage de Sarkozy et de son camp. Nuance !
      En ce qui concerne le « paquebot France », je souhaite bien entendu bonne chance et courage à son successeur, en espérant qu’il le ramène à bon port, vu que la manoeuvre semble désespérée après cinq ans de croisière pour les riches.


  • L'enfoiré L’enfoiré 11 avril 2012 18:25

    Comme il est dit dans un de nos quotidiens : « Marketing titanesque pour célébrer le centenaire d’un naufrage de légende ».
    Avec des reflets et répercutions dans l’audiovisuel, les médias, les technologies, dans les musées, les croisières, le merchandising, les enchères...


    • Surya Surya 11 avril 2012 18:54

      Comment peut on parler, en effet, de « naufrage de légende » ? C’est assez indécent. Et que des gens soient prêts à mettre des sommes folles dans l’achat aux enchères d’une chaussure, une tasse à café, ou je ne sais quoi, remontées des profondeurs, l’est tout autant. Avec le temps, on oublie sans doute le tragique des situations et la souffrance des victimes et de leurs familles, pour ne retenir que le côté documentaire de l’événement. Ou pire, la valeur marchande des objets liés à cet événement.


  • Txotxock Txotxock 11 avril 2012 18:54

    Une merde en 2 D rstera une merde en 3D...


    • Surya Surya 11 avril 2012 20:25

      Vous avez un avis général plus que tranché sur le film de Cameron, Txotxock, et bien que ne le partageant pas, ou plus exactement parce que je ne le partage pas, je serais intéressée de connaître les raisons pour lesquelles vous pensez que ce film mérite ce jugement si définitivement négatif. Donc si vous repassez dans le coin, ce serait bien si vous avez le temps (et l’envie) de développer plus longuement smiley 

      Je fais partie de ces personnes qui ont vu Titanic à plusieurs reprises avant d’être retournée le voir en 3D, et s’il m’est arrivé de remarquer des invraissemblances après plusieurs visionnages, ce film ne fait pas partie de ceux au sujet desquels je me suis dis : la première fois j’ai bien aimé, la seconde... bof. En revanche, ça m’est arrivé de ne pas aimer du tout un film la première fois, de me forcer à le revoir car n’aimant pas rester sur une mauvaise impression, et de l’aimer la seconde fois. Bagdad Café de je ne sais plus qui, et Subway de Luc Besson en sont deux exemples.

      Maintenant c’est clair que la ressortie de Titanic en 3D n’était pas absolument indispensable, c’est le moins que l’on puisse dire.


    • Vipère Vipère 11 avril 2012 20:30

      Surya

      Bagdad café : j’ai adoré

      Subway (adjani) : modérément


    • Surya Surya 11 avril 2012 20:52

      Je n’ai toujours pas compris pourquoi j’ai si peu apprécié Bagdad Café la première fois, Vipère, car la seconde fois je l’ai également trouvé super.

      Pour Subway, bien qu’aimant beaucoup Adjani ce n’est pas le rôle que je préfère chez elle. Je la trouve meilleure dans l’Histoire d’Adèle H de Truffaut, dans un tout autre genre bien sûr. Mais Subway a un charme un peu mystérieux, avec tous ces personnages interlopes qui vivent en décalage avec le monde extérieur, et puis j’aime beaucoup Christophe Lambert en général, dont la filmographie est impressionnante. Je l’ai vu également dans « Face à face », assez terrifiant, et « Nirvana », que j’ai trouvé complètement décalqué comme film.

      Je crois que Titanic peut faire partie de ces films qui méritent qu’on les revoit une seconde fois si on ne les a pas aimés la première fois.


    • Surya Surya 11 avril 2012 21:27

      Lorsque vous parlez de film sirupeux, Sabine, et gnan gnan, je pense que vous pensez plus au thème de l’histoire d’amour car le reste du film n’a rien de sirupeux, au contraire. C’est vrai que la première fois que j’ai vu Titanic, je n’ai vraiment pas aimé l’histoire d’amour. Ce n’est que plus tard que j’ai fini par trouver qu’elle a quelque chose de très touchant. Le romantisme, je trouve que ce n’est pas forcément cucul la praline, comme on dit, ni « bisounours », terme si à la mode depuis un certain temps, ni encore « bons sentiments » comme on le dit toujours désormais sur un ton péjoratif, mais ça peut aussi être très beau. Si vous avez l’occasion de revoir Titanic, ou l’envie de réessayer de le revoir, concentrez vous peut être sur l’aspect historique et documentaire du film, en plus de l’aspect humain e tsocial, et mettez de côté cette histoire d’amour qui, il est vrai, n’apporte pas grand chose de plus sinon offrir ce que tant de spectateurs attendent d’un film. Peut être alors verrez vous le film sous un angle nouveau.

      D’uin autre côté, cette histoire d’amour impossible peut être l’occasion de se poser des questions sur les rapports humains en général, et en cela elle a tout à fait sa place dans le film de Cameron.


    • Fergus Fergus 11 avril 2012 23:00

      Bonsoir, Surya.

      J’ai beaucoup aimé Bagdad Cafe : une histoire simple profondément humaine et des seconds rôles formidables (Oh ! Brenda, Brenda...). Quant à Subway, j’en suis un inconditionnel également, là aussi pour sa formidable galerie de personnages et ssa réalisation en forme de BD.

      Pour ce qui est de la 3D, j’avoue n’avoir encore vu aucun film réalisé dans cette technique, et très franchement cela ne ne manque pas, eu égard à l’impression artificielle que m’ont laissé jusque là quelques courtes expériences de 3D à la télévision. Aucun avis sur le sujet.

      Cordialement.


    • Surya Surya 12 avril 2012 09:27

      Bonjour Sabine,

      Je trouve qu’il y a beaucoup de vrai dans ce que vous dîtes, et très souvent je suis moi aussi un peu agacée de voir que les réalisateurs ne peuvent s’empêcher d’introduire dans leurs film « l’histoire d’amour de service » pour plaire au plus grand nombre. Il faut bien reconnaître qu’à part la reconstitution du naufrage et l’histoire d’amour (sur fond de hiérarchie sociale tout de même), il n’y a pas grand chose de plus dans Titanic. Le diamant aurait très bien pu être le prétexte à un formidable polar à la Agatha Christie par exemple.

      Pour ce qui est des relations humaines, je pense que le souci premier de Cameron a été de rendre l’ambiance à bord, avec le cloisonnement entre les classes sociales, le mépris des riches pour ceux de troisième classe, et même pour ceux qui sont nouveaux dans leur club très fermé (Molly Brown qui sera toujours considérée comme « new money », et qui n’a pas de nom prestigieux, par opposition aux fortunes anciennes et aux noms à rallonge). Il n’y a donc en effet, d’une certaine façon, pas de relations humaines dans le film au sens où on le voudrait, car les gens restent entre eux et ne se mélangent pas. Il y a aussi un petit côté manichéen dans ce film, les riches étant tous, à quelques exceptions près, des gens notoirement creux, parfois même odieux, et préoccupés uniquement par leurs intérêts financiers, les pauvres étant tous des gens chaleureux, conviviaux, fêtards, solidaires etc etc etc. Je ne me rappelle pas (et je viens de le revoir) avoir vu dans ce film un seul « salaud » du côté des pauvres. Alors tout ça est vrai, de toute façon le film ne pouvait pas être parfait, mais d’une part il faut replacer ces « relations humaines » dans le contexte de l’époque, et je crois que Cameron a très bien réussi cela, et d’autre part je suis et resterai admirative devant la qualité de la reconstitution historique, et le travail monumental accompli pour la réalisation de ce film.

      Si Cameron avait voulu rendre l’histoire d’amour moins stéréotypée, plus approfondie, et en plus développer plus le côté « relations humaines » du film, Titanic durerait au moins cinq heures, alors il faut bien faire des choix.

      Il faut accepter le film pour ce qu’il est, et ne pas lui reprocher ce qu’il n’avait pas l’intention d’être. Je vais peut être exagèrer en disant ça, mais autant reprocher à un film de science fiction de ne pas être un thriller. Alors tant pis si ça manque un peu de profondeur, je suis tout à fait d’accord avec vous sur ce point, mais je me suis surtout concentrée sur le côté documentaire du film, reconstitution historique, et là, c’est un chef d’oeuvre.


    • Surya Surya 12 avril 2012 09:33

      Bonjour Fergus,

      C’est vrai que la télé n’est pas le support idéal pour découvrir le cinéma en 3D, mais je suis d’accord sur le fait qu’on peut très bien se passer de 3D de toute façon. J’espère que ça ne va pas se généraliser, mais je vois mal les réalisateurs tourner deux versions de leurs films pour donner le choix aux spectateurs.

      Si ça continue comme ça, on ne va même pas avoir de lunettes, mais un casque tout intégré avec vision 3D panoramique, on n’aura même plus besoin de salle d’ailleurs, et même les pop corns, vous n’aurez même plus besoin d’aller les acheter, ils sortiront de l’écran et vous les verrez arriver tout droit dans votre bouche. (Ca fera des économies, et c’est meilleur pour le régime smiley )

       


  • NeverMore 12 avril 2012 13:28

    Je suis désolé, mais si vous n’avez pas vu le dernier « Rocco Siffredi » en 3D, vous ne pouvez pas parler objectivement de 3D ...

    Malgré tout, je n’irai pas jusqu’à discuter de votre dernière réponse à un commentaire de Fergus (ils sortiront de l’écran ...)

     


  • cathy30 cathy30 12 avril 2012 13:31

    bonjour Surya
    Analyse très pertinente du film.
    Cela ne m’étonne pas de Cameron d’avoir utilisé le 3D avec parcimonie, juste pour les scènes nécessaires. D’ailleurs, son film en 3D avatar, a mieux marché, en 2D en DVD.

    Pour ce qui est des scènes de noyades, elles ne peuvent que faire parties intégrantes du film, puisque c’est bien de ça, qu’il s’agit, d’une tragédie de notre monde inhumain, faisant une grande différence entre le riche et le pauvre, sans même parler de la classe intermédiaire.

    J’ai vu un reportage il y a quelques jours sur le titanic, et il aurait coulé très vite, parce que les rivets étaient faits en acier de très mauvaise qualité. Que l’iceberg n’aurait pas déchiré la coque, mais l’aurait défoncé. Si les rivets avaient été de bonne qualité, il aurait mis beaucoup plus de temps à couler. La quille s’est cassée dans le milieu également. Alors insubmersible, les capitalistes ont encore faits un tour de passe-passe.

    N’est-ce pas une mauvaise blague, tout dans l’apparence, tel notre monde.
    Ce qui est inquiétant également c’est de l’avoir appelé titanic, comme les titans, ces dieux de la mythologie grecque, dont le plus célèbre Promethée, créateur des humains.


    • Surya Surya 12 avril 2012 15:47

      Bonjour Cathy,

      J’ai également entendu cette histoire de rivets de très mauvaise qualité. On pense aussi que si le Titanic avait heurté l’iceberg de plein fouet par l’avant, au lieu de virer de bord et le prendre sur le côté, il aurait eu toutes les chances de s’en sortir. On le voit bien dans le film lorsque Andrews compte sur la carte le nombre de compartiments inondés. Quatre, ça passait encore, mais pas cinq...

      De toute façon, ne pouvaient-ils choisir une autre route que celle située dans une zone touchée par les icebergs ?

      « Titanic »... la mégalomanie humaine n’aura donc jamais de limite.


  • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 12 avril 2012 15:40

    Sur la 3D : il s’agit plutôt de 2D stéréoscopique ! Puisqu’il y a un écran, avec réception par des lunettes spéciales qui font apparaître le relief.

    La technique est ancienne, et au début du XXème (oui, 20), des photos stéréoscopiques étainet visibles á partir d’un dispositif binoculaire. La technique s’est amélioré, mais il s’agit du même procédé : créer une illusion d’optique par la stéréoscopie.
    Le vrai 3D implique un volume. On en a pu voir via des hologrammes, sans lunette cette fois-ci, mais avec des problèmes au niveau couleur. Bref, c’est un marketing mensonger.
    On change les lunettes, mais le principe est globalement le mème.

    Sur le Titanic, ce qui peut être similaire á la situation actuelle est le fait qu’une foi extrême dans la technique, ou dans un dogme, peut aboutit á une catastrophe génerale.
    Au niveau économique, on en est là.
    Des dirigeants, des conseillers, tous formés au même dogme, au lieu de remettre en question leurs dogmes au vu des conséquences désastreuses où cela nous mène, prétendent que le problème est qu’on n’est pas allé assez loin dans sa stricte application, et accélèrent la chute.
    Récemment Lagarde, a déclaré au FMI qu’il fallait réduire le montant des pensions et reculer l’âge de la retraite car les gens mourraient trop vieux !
    Evidemment, cela accroît le chômage, diminue la croissance, et fait reculer la civilisation.
    il s’agit de sauver les premières classes en faisant sauter par dessus bord les autres passagers !
    Mais l’application du dogme, via la privatisation, la destruction des emplois, l’augmentation de la productivité jusqu’à l’esclavage pur et simple ne fait que précipiter le bateau encore plus vite par le fond.
    Il faut non seulement changer de capitaine, mais aussi de type de cartographie, de style de navigation, de vitesse et d’analyse des événements. 
    Et laisser l’école libérale et ses fadaises hors des circuits de décision.



    • Surya Surya 12 avril 2012 15:56

      Bonjour Jean Paul Foscarvel,

      J’ai autrefois trouvé en effet des plaques de verre rectangulaires avec une photo (en noir et blanc) à droite et une autre à gauche, et quand on les met dans une machine (que je n’ai pas) on voit la photo en relief. Mais je sais l’effet que ça fait car dans je ne sais plus quel musée ou exposition sur la guerre de 14, ils mettaient à disposition des visiteurs ces machines dans lesquelles on pouvait voir un cliché pris sur le front. C’était saisissant !

      Je suis d’accord avec votre opinion sur la foi dans son dogme qui agit comme des visières devant les yeux. Mais je pense que dès l’instant où l’on appartient à un parti politique, on perd sa liberté de penser autrement qu’à travers la ligne officielle et le dogme. Dans les cas les plus extrêmes, ça s’apparente à une situation sectaire.

       


  • cathy30 cathy30 12 avril 2012 16:13

    JP Foscardel
    comme vous avez raison, et quel symbole, ce titanic. Il représente vraiment notre système, et cette toute puissance de la technique qui nous amène au naufrage. 100 ans plus tard, l’anniversaire est fêté avec un grand choc, notre propre naufrage.


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