mardi 10 juillet - par Ferréol Delmas

Sans métapolitique, les Républicains n’ont plus d’avenir

Sans métapolitique, les Républicains n’ont plus d’avenir

Selon une estimation IPSOS, seulement 7 pourcents des jeunes français ont glissé un bulletin Fillon dans l’urne, au 1er tour de l’élection présidentielle. Au-delà des « affaires », ce résultat décevant doit nous interroger sur la capacité de la droite à se réinventer, mais également à revenir au pouvoir en appliquant réellement le programme pour lequel elle a été élue.

Sans métapolitique, les Républicains n’ont pas d’avenir. En effet, le parti traditionnel de droite, ce parti de gouvernement est devenu, pour l’opinion publique, « un parti gorafi ». A l’image du site satirique, notre mouvement politique offre continuellement son plus mauvais visage : Valérie Pécresse huée au Conseil national, polémique interne sur un tract… La vie d’un parti politique est intrinsèquement liée à ces désagréments, mais une formation politique est censée également nourrir le débat d’idées.

Quel doit être l’objectif de notre mouvement si ce n’est reconquérir le pouvoir pour faire triompher nos idées ? Aujourd’hui, il faut être lucide. Face au pouvoir macronien, non exempt de qualités, la droite traditionnelle doit elle aussi investir le domaine métapolitique, c’est-à-dire « ce qui se situe au-delà des affaires publiques ». Reconquérir le pouvoir, c’est avant tout reconquérir l’opinion. Cette stratégie, qui consiste à investir le champ idéologique et culturel afin de préparer la prise effective du pouvoir, est vitale, comme le souligne le philosophe Alain Badiou dans son Abrégé de métapolitique. Nous devons redevenir un parti d’idées, permettre aux intellectuels de droite de s’exprimer chez nous.

Sous l’impulsion de Laurent Wauquiez, des initiatives vont dans ce sens. Ainsi, des conventions sont organisées autour de spécialistes sur l’immigration, sur les institutions au sein de notre parti. De son côté, Bruno Retailleau, à la tête de Force Républicaine, organise des conférences, sur l’Europe notamment, pour lutter contre « la maladie chronique de la droite, l’apathie intellectuelle ».

En outre, le parti « Les Républicains » doit former sa jeunesse. « L’étude est le garde-fou de la jeunesse » disait le député Sosthène de la Rochefoucauld. Former les futurs cadres de notre mouvement afin qu’ils possèdent des bases solides est essentiel pour le renouveau à droite. A l’initiative, du député Julien Aubert, une école de formation va voir le jour dans le but de « réarmer idéologiquement » les militants.

Mais la droite doit aller encore plus loin. Réfléchir, former la jeunesse issue de nos rangs est une première étape. Pour lutter contre l’esprit de mai 68, pour remettre en avant l’idée d’autorité face au laxisme, pour défendre la vérité face à la désinformation, la droite traditionnelle doit, à son tour, créer des chaines d’information alternatives, fonder des journaux, participer à la création d’écoles.

"Il faut avoir une parfaite conscience de ses propres limites, surtout si on veut les élargir" disait le penseur communiste Antonio Gramsci. Les défaites successives doivent permettre à la droite d'ouvrir les yeux sur ses limites, de les corriger et de préparer l'avenir dans des conditions optimales. 2022 est proche !

Jean-Michel Ferrand est ancien Député de Vaucluse.

Ferréol Delmas est Président de l'Union des Jeunes pour le Progrès (UJP) mouvement officiel des jeunes gaullistes. Il est également Secrétaire général des Républicains-Sorbonne.

 


26 réactions


  • adeline 10 juillet 17:57

    tient ! fillon, que deviens t’il au fait ?


  • Alren Alren 10 juillet 18:07
    (la droite doit) revenir au pouvoir en appliquant réellement le programme pour lequel elle a été élue.

    Quel est ce programme (détaillé), où peut-on le lire ?
    Quelles sont vos « idées » en matière de gouvernement ?

    J’aimerais énormément le comparer avec « L’Avenir en commun », surtout en matière sociale, ce qui intéresse le plus les Français, puisqu’il comprend le volet chômage.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 juillet 18:36
      @Alren
      « On sort de l’ Union, ou pas ? » Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup. 

      A quoi sert de vanter un programme social, alors que le programme de la FI ( Plan A) n’est pas réalisable dans le cadre européen, les 27 pays ne seront jamais d’accord à l’unanimité pour adopter un programme social. Il suffit même qu’un seul pays s’y oppose pour que rien ne change.


      D’où le flou artistique autour du Plan B : « Sortir des Traités » a été compris comme l’équivalent « de sortir de l’ UE ». Alors qu’il s’agit de rester dans l’ UE, sans appliquer les Traités. Jacques Généreux est très clair : « Avec Mélenchon Président la France désobéirait aux Traités ».

      Mais alors pourquoi y rester ?
      Parce que la souveraineté n’est pas l’objectif prioritaire de la FI.

      La FI n’est donc qu’une variante du Parti Socialiste qui nous a promis pendant des dizaines d’années, une Europe sociale, en renégociant les Traités, ce qui est exactement le programme de la FI.

    • Alren Alren 11 juillet 12:16
      @Fifi Brind_acier

      Vous ne vous trompez pas de cible Fifi ! Votre commentaire le confirme : pour l’UPR comme pour toute la droite, comme pour le « PS », comme pour Hamon, c’est « Tout sauf la France insoumise au pouvoir » !!!
      Comme autrefois le vice-président du syndicat patronal de l’époque clamait dans les années trente : « Plutôt Hitler que le Front Populaire ».

      Vous savez pertinemment que le programme social de l’Avenir en commun pourra être appliqué : que pourraient faire les dirigeants allemands et leurs suiveurs contre ses mesures populaires ? Appliquer des sanctions financières ? Nous ne les paierions pas et qui pourrait nous y obliger ?

      Et d’ailleurs cela serait une bonne occasion d’organiser un référendum en urgence pour demander au peuple français, éclairé ainsi sur les positions de la Commission de Bruxelles, s’ils veulent quitter l’UE.
      Et s’il répond « oui », le peuple, à la rupture, il n’y aura pas de négociations à la façon du brexit, mais le règlement des détails techniques de cette rupture irrévocable et sans délais.

      Laquelle entraînera de fait l’éclatement de cet organisme uniquement institué pour lutter contre le progrès social qu’est l’UE.

    • HELIOS HELIOS 11 juillet 12:53

      @Alren


      ... c’est beau le rêve !

      La France, comme tous les pays strictement européens n’a aucun avenir toute seule si ce n’est de végéter a l’ombre de quelques entreprises phare a-la-Total !

      Il nous faut un jardin, pas secret du tout et l’Europe est notre jardin.
      Il nous faut imperativement retrouver notre souveraineté pour choisir Quoi et Comment nous cultivons notre jardin et en même temps (c’est la mode de dire « en même temps ») il nous faut la collaboration de ceux qui partagent ce jardin.

      Il faut tuer l’UE, cela c’est tres clair, il faut construire l’Europe de demain, celle des voisins qui pargatent leur jardin. Mais « tuer » l’UE, ce n’est pas bruler les traités, c’est aussi mettre en cabane ceux qui ont organisé la predominance de cette UE au sein de nos pays.
      Et là, il y a vraiment du boulot.

      Ne doutez pas que Trump nous aide plus que ce qu’ils nous ennuie. Nous avons une chance inouie avec ce president américain.

      Et pour notre politique interieure, Wauquiez est une cata, dommage ! Il devrait rester en Auvergne a gerer ses départements, ce serait un grand service qu’il rendrait a son pays

    • Cateaufoncel2 11 juillet 13:32

      @Fifi Brind_acier

      « On sort de l’ Union, ou pas ? »

      Pour le peuple, c’est très clair : c’est NON !

      Sondage de l’Institut YouGov, publié avant-hier sur le site Europe Elects :

      Sans opinion : 11 % (2017 : 13 %)

      — Abstentionnistes : 8 % - (11 %)

      — Pour le Frexit : 11 % - (19 %)

      Contre : 69 % - (58 %)

      Avec un matraquage macronien sur la perte de pouvoir d’achat et la diminution de la valeur du patrimoine, les 81-82 % sont atteignables.

       

       


    • Le421 Le421 12 juillet 14:17

      @Alren

      Fifi ne se trompe jamais de cible.
      Tout ce qui est à gauche, vraiment à gauche, est systématiquement ennemi.
      Consignes du chef.

  • Macondo Macondo 10 juillet 18:12

    Bonjour. J’aimerais beaucoup connaître, les us et coutumes, des 7% de jeunes ayant glissé un bulletin fillon dans l’urne. A-t-on mesuré l’âge du décrochage avec la Vie réelle ? Leur propre Père est-il déjà en taule ? Soyons sérieux, ça sent fort le bourrage des urnes ... La verticalité de la droite et la courbure fluctuante de la gauche ont offert aux deux camps une trajectoire purement stratosphérique. Alors, bon vol et envoyez-nous de belles images. S’il faut lâcher du lest, balancez-les tous dans l’atmosphère, elle en a vue d’autres à effet de cerf ...


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 juillet 18:16
    C’est Macron qui fait la politique de droite imposée par Bruxelles, il n’existe donc plus d’espace pour les pseudo Républicains... Sauf à comprendre qu’il faut sortir de l’ UE, de l’euro et de l’ OTAN, s’ils se disent vraiment Gaullistes, ce dont je doute.

    Il ne reste aux militants et aux adhérents qu’à rejoindre l’ UPR.

  • À rebours 10 juillet 19:23
    Mouvement officiel des jeunes gaullistes


    Membre de l’équipe de campagne de François Fillon

    https://www.youtube.com/watch?v=iaaEICTmebs&nbsp ;
     
    Kof Kof Kof.....

    On doit plus rien étudier à la Fac c’est pas possible.

  • À rebours 11 juillet 00:05

    Moi je ne leur en veux pas d’être une extrême droite ultra libérale, bien dure aux pauvres, européiste, déculottiste, mondialiste, otaniste, etc.. c’est à dire l’antithèse de De Gaulle.

    Je leur en veux de mentir sur la marchandise. Aujourd’hui plus que jamais car le vent tourne.

    Quant aux communistes je préfère ne pas dire ce que je pense de Pierre Laurent.

    « Je n’aime pas les communistes parce qu’ils sont communistes, je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes, et je n’aime pas les miens parce qu’ils aiment trop l’argent. »
    Charles De Gaulle

    Juste changer le premier membre de phrase...

  • sirocco sirocco 11 juillet 00:21

    Aucun parti politique n’a réellement d’avenir en France. Le capitalisme sauvage est hors de contrôle, le système est à bout de souffle.

    L’avenir, il doit se décider dans la rue.


  • ticotico ticotico 11 juillet 07:47

    C’est dingue... passer ainsi directement de l’enfance au 3e âge ! En plus, si tu veux ramasser quelques avantages personnels, faut pas adhérer à ce parti de loosers... Les serviteurs de l’internationale libérale désireux de croquer un peu sont au parti macroniste... t’étais pas au courant ? Maintenant, c’est un peu tard, les bonnes places sont prises... Tu peux essayer des trucs plus porteurs, comme défenseur de la terre plate ou secte catholique créationniste...


  • generalchanzy generalchanzy 11 juillet 10:10
    Le débat n’est plus droite ou gauche.

    Le débat c’est pour l’UE ou pour l’indépendance et la souveraineté du pays.

    Citation de Charles Gave « qui se sent bien partout » :
    « Il y a eu le règne de ceux qui se sentent bien partout (mondialistes).
    Nous entrons dans le règne de ceux qui se sentent bien quelque part (pays) »

    Voyez ce qui se passe dans les pays de l’Est, aux USA, en Italie, en Allemagne... sans oublier les Britanniques qui ont voté pour leur indépendance.

    Alors PS, FI, Républicains, UPR, exFN, communistes, écolos etc. c’est dépassé.

  • Olivier Perriet Olivier Perriet 11 juillet 10:17

    Seulement 7% des « jeunes » (la jeunesse va jusqu’à quel âge ?) auraient voté Fillon ?

    C’est normal, il ne s’est pas adressé à eux, et pas aux salariés non plus d’ailleurs, il a préféré causer à « sa base », c’est-à-dire les non salariés, c’est-à-dire, en masse, les retraités.

    Sur la survie de l’ex UMP, ça s’annonce compliqué :

    le PS est frappé à mort après 5 ans de Hollande et une candidature Hamon fofolle. Son double UMP a perdu son meilleur ennemi et devrait logiquement le suivre sur la voie de l’effacement, mais ce sera plus long car le vieillissement de la société est une tendance forte.

    Les Républicains ont perdu les centristes, et se sont engagés dans un bras de fer à mort avec l’ex FN, qui est lui même en plein recentrage sur ses fondamentaux . Les deux visent la même clientèle, et oublient qu’une présidentielle, grâce à de Gaulle, ça se gagne avec 50% des voix plus une, et pas « avec sa base ».

    Ils semblent avoir déjà passé l’échéance de 2022 par pertes et profits, avec soit un Mélenchon n° 1, soit un Macron n° 2, plus vraisemblablement.


  • zygzornifle zygzornifle 11 juillet 11:01
    La métapolitique c’est comme les métastases, il y a des ramifications partout ....

  • zygzornifle zygzornifle 11 juillet 11:09

    Sans métapolitique, les Républicains n’ont pas d’avenir....


    Meme avec , Macron les a dépossédés , flingué la gauche les syndicats , le monde du travail les étudiants les retraités et la suite sera croustillante.
    Il leur a piqué la plupart de leurs idées qu’il a servi avec sa sauce Macron a base de droite forte et d’anti-social , il s’attaque a tout ce que la droite avait envie de faire mais n’a jamais eut le courage de faire , Macron dépèce la France comme un baleinier Japonais le cadavre d’une baleine , la droite devrait se réjouir au lieu de couiner .
    Haaaa ses membres ont la trouille de ne plus rien représenter du tout et de perdre leurs mandats bien juteux car il y a encore « un pognon de dingue » a se faire ....  

  • McGurk McGurk 11 juillet 22:24
    C’est navrant tout de même. Un jeune politicien en herbe qui nous fait croire que la droite avait « un projet » et que celui de Fillon était respectable, surtout qu’en plus il était dans son équipe. Autant dire que Hitler était un humaniste, ça sera sans doute tout aussi crédible.

    On a absolument pas besoin de « grandes idées » pour tromper les gens.

    Il faut avant tout, en premier lieu, qu’ils revoient totalement l’idéologie dont ils se targuent d’être issus. Les socialistes sont des types de droite déguisés et les gars de droite bossent maintenant exclusivement pour les grands entrepreneurs. Je parie qu’aucun ne pourrait me définir ce que c’est « être de droite » ou « de gauche ».

    Le second faux pas est évidemment qu’ils n’ont aucune considération pour les électeurs qu’ils considèrent comme « intellectuellement inférieurs » et « inaptes à comprendre ». Il n’est pas possible d’établir une connexion avec le peuple si, à la fois, on le méprise mais qu’en plus ce n’est qu’une voie d’accession au fauteuil tout chaud avec un bon salaire à la clé.

    C’est bien pour cette raison que la confiance des électeurs est toujours plus basse et que des partis, autrefois majoritaires, se cassent la gueule. Parce qu’entre les frasques permanentes, les retournements de veste, le mépris, les magouilles politico-financières, leur inaptitude crasse à régler des problèmes plus ou moins simples et leur don à envenimer voire distordre lesdits problèmes, on a aucune envie de confier notre voie à ces gens-là.

    J’espère que l’auteur ne fera jamais carrière en politique parce qu’il est aussi creux que nos vedettes qui déforment chaque jour un peu plus notre démocratie. Et lorsqu’on parle déjà de soi à la troisième personne, il y a de quoi s’inquiéter...

  • Le421 Le421 12 juillet 14:22
    Toujours et encore la même erreur !!
    Vouloir se positionner « à droite », alors que la place est prise et bien prise par un certain Emmanuel Macron.
    Le type veut monter une gare du côté de Montparnasse alors qu’il y en a déjà une.
    Faut-il s’en traîner une couche !!

    Et c’est là le problème.

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