vendredi 27 juin 2014 - par alinea

Solitaire

Quand il n'y a que des rois, on se sent enfermé dans le piège d'un de ces châteaux en haut de Hohenzollern ; on ne peut pas gagner, alors on fait tinter la clochette en ripant trop vite sur les clips de changement de partie.

Il y a des jours mauvais où rien ne va ; là non plus ; le 8 de pique qui pourtant aurait été précieux ne sort pas ; si c'est vrai qu'il était le sésame, il sortira plus tard, dans la fournée d'après, sinon à son deuxième tour.

On reconnaît une partie qui revient, même des mois après, pourtant ce n'est pas la tactique que l'on se remémore, mais les pensées, les images qui l'accompagnaient, des paysages tristes de plaines lourdes et brunes de terre mouillée, rarement un soleil sur la mer et jamais de vahinés .

Ce jeu est une détente, oui, mais aussi une méditation ; quand l'esprit pragmatique est occupé à des conneries simples, le reste du cerveau vaque à ses images, ses souvenirs, avec la facilité des rêves, des séquences qui s'enchâssent , des émotions qui revivent, portées sur un panier d'osier qui descend tranquillement le fleuve ; parfois, une distraction, que l'on ne situe pas mais qui s'intègre ; le mental et son hôte de raison malade est occupé, on a la paix, on peut se laisser porter par ses dérives tendres, belles et douces ou bien glauques, c'est selon.

En même temps, on peut s'apercevoir que notre roi de pique n'est pas au rendez-vous alors que nous ne comptons plus, bien sûr, sur le roi de cœur, batifolant avec la femme de l'autre dans les ombres cachées du jeu ; de valets nous ne voulons pas, même s'ils manquent aux dames : après tout, chacun a son importance, le 2 qui est sésame de paradis, s'il vient à manquer, fait capoter la partie ; pas vraiment de hiérarchie, au fond, c'est assez vrai que nous sommes tous logés à la même enseigne, en définitive.

Il y a bien sûr des parties où l'on est concentré, comme on médite, ou comme on rend à son regard une acuité de microscope ; au premier coup d'oeil, avec un peu d'habitude, on sait que la partie sera gagnée, ou bien perdue ; on la joue mécaniquement, très vite et c'est dans cette absence totale de réflexion et de tactique que l'on fait les meilleurs scores : c'est un jeu bête qui récompense la prédestination, ou bien le hasard ; quand il faut remonter une partie des cartes pour faire la place à celle offerte qui sera indispensable à la réussite, on perd du temps dans la logique de ce jeu ; aussi, on gagnera la partie, mais avec un handicap temps qui donne un score médiocre !

Mais c'est pas grave, on peut le jouer dans tous les états d'esprit et si par investissement total on craint de perdre, dès qu'on perd on oublie : ce n'est qu'un jeu, le sérieux n'était que pour donner du piquant, du relief à ces trèfles ou ces cœurs entrecroisés.

J'y vois souvent les règles de la vie ; tout va bien, tout va vite, tout se grippe, et vlan, on ferme sur un échec. Ou bien ça rame, ça n'intéresse pas mais ça avance quand même et soudain, sur un clic tout fout le camp, tout est rangé au grenier avant de dégringoler en des bruits de verre cassé ; les plus frustrantes ces parties là, vraiment l'impression d'avoir descendu les trois pommes des machines à sous qui faisaient fureur en Angleterre quand j'étais gamine !

On ne fait pas sa liste de courses, quand on joue au solitaire, on ne pense pas à Hollande ni au voisin grincheux, les désastres de votre vie n'existent plus car, quand vous êtes excité, vous jouez, concentré, ou bien si vous êtes fatigué, vous vous reposez et vos pensées voguent toutes seules en des volutes subtiles dont personne ne sait qui les a provoquées !

Et il y a des périodes ; au début et pendant longtemps, j'étais sur une route de campagne magnifique entre deux coteaux, en cliquant sur des dames rouges, j'en revoyais tous les virages, les chevaux derrière leurs fils, à droite, en contrebas, plus loin à flanc de colline, une ruine qui se retapait. Un beau soleil de printemps, une mission à accomplir, un peu bizarre, un peu floue comme défi, mais qui rend léger, et l'ombre d'un copain qui chatoie et réchauffe, parce qu'il a disparu. Si je retrouve une partie jouée à cette époque, je replonge instantanément dans ce chemin, cette ambiance, et cette insouciance sérieuse. D'autres au contraire s'organisent dans un alignement qui n'évoque rien, sauf plus tard le souvenir de cet agencement rébarbatif, on est sûr d'échouer mais sans le secours des images, la mémoire en berne, il y a juste le concret sinistre d'un problème à régler sur fond d'écran gris. On dirait que tout est éteint, en noir et blanc, sans surprise, sans tour heureux, une mathématique austère et stérile. Il faut passer ce moment, comme dans la vie les moments inutiles, juste le reflet de ce que l'on ressent, mais, bizarrement, à chaque configuration ressemblante, le même état d'esprit, jusqu'à ce qu'il disparaisse complètement, ou ne revienne qu'en réminiscence, passivement, sans investissement.

Voilà que pique et trèfle se contrent ; la partie est perdue.

C'est le contraire de lire en dormant ; il parait que ce n'est pas si courant, c'est un effort énorme qu'on ne tient pas longtemps, une phrase ou deux, quelque fois plus, mais lue comme sur la corde raide, c'est le réveil qui interrompt cette concentration intense comme je n'en connais pas d'autres. Ici, l'attention est facile, on peut presque la mettre de côté, et la mémoire chaotique des ambiances qui encombrent l'inconscient, trouvent une sortie ; un peu comme des bouillons sur la purée, qui éclatent à tour de rôle. Certaines sont plus prégnantes et insistent, d'autres au contraire ne sont que de passage .

Il faut aller jusqu'au bout de la fatigue quand ce sont les yeux qui se lassent et que le sommeil prend. Mais que de noms, que d'êtres prennent alors des allures insoupçonnées ; un semblant de cohérence se forme, à laquelle on ne prête pas attention, on laisse faire les choses, on se fie au hasard qui laissera ou non des traces.

Moments précieux et indispensables.

Et puis soudain, le jeu se fait intéressant qui nous ramène à lui ; on va vite, on voit tout, on repère, et celle qu'on attendait sort, comme un cadeau magique, à vous faire croire en un dieu rédempteur ; et puis non, tout bloque, et l'annonce apparaît, d'une politesse hypocrite : que voulez-vous faire ? Continuer la partie ? On vient de me dire qu'elle est bloquée !

Il n'y a aucun risque et pourtant c'est comme la vie ; mais là, on peut perdre sans rien perdre, et c'est un soulagement. Mais si on s'arrête à ce sentiment, le jeu n'a plus son intérêt, à vous rendre invulnérable et puis à tout oser. On comprend ce que font ces jeunes dont on nous parlent tant et qui jouent et qui risquent, mais eux, quand ils perdent, c'est la prison. Ou la mort. Ce jeu est comme notre société, il valorise la facilité et éteint l'effort. Aucune récompense à votre ingéniosité, à votre ruse car si elle est nécessaire, la partie dure, et c'est le temps court qui est récompensé.

Quand tout démarre du feu de dieu, que toutes les cartes s'arrangent avant de piocher, vous êtes sûr que plus rien ne sortira pour vous aider ; un feu d'artifice qui a fait long feu. Tandis que si tout à l'air de stagner, un rien détend l'atmosphère et tout s'emboîte jusqu'au succès final. Quelquefois, le tour favorable que prend les choses a l'air d'avoir été prémédité, artifice pour vous consoler, quand toutes les cartes s'envolent ensemble vers le « ciel » sans que vous n'ayez rien vu ou bien que par hasard , la bonne, juste celle qu'il fallait, apparaît. C'est frustrant comme être un enfant gâté, quand tout s'arrange toujours sans que vous y soyez pour quelque chose ! Ou bien les cartes apparaissent et votre mémoire en est si claire que c'est comme si vous veniez de faire la partie ; mais vous n'êtes jamais sûr, comme serait-ce possible ? Pourtant ce cinq de carreau, il est bien apparu, récurrent petit coinceur. Mais cela a si peu d'importance, pourquoi y réfléchir ? Et d'ailleurs le pourrait-on ? Certains ont-ils des carrés en mémoire comme on apprend ses tables de multiplication ? Je n'en sais rien au fond, nous sommes absolument seuls dans cette situation ! Ça vaut une prière cette échappée du quotidien. Cette part de soi que l'on croit secrète ou honteuse et qui pourtant est tellement partagée.

C'est comme la vie : un 3 de trèfle peut faire capoter une situation ; une mauvaise stratégie, compliquer le déroulement de la partie ; la vie est-elle un jeu qu'on prendrait au sérieux parce qu'elle nous fait souvent mal ? Et qu'on se ferait du mal de peur d'avoir mal ? Un « se » réflexif ou réciproque. Un « se » dédaigneux de la compassion, en dernier recours ? Et avoir mal serait, dans sa version contemporaine, manquer de quelque chose, d'indispensable ? Le pétrole ? Avoir peur de manquer, sauf de cruauté.

Comme la vie, un petit moment pour soi, vraiment, ne rien entendre des autres, ne rien dire, ne rien voir, juste soi , tenir occupé le cerveau de la gamberge !

Faire son jardin c'est bien aussi, sauf, sauf qu'on le fait pour produire, qu'on s'énerve des dégâts des limaces, qu'on se plaint du temps qu'il fait ; non, vraiment. Naguère on faisait des réussites. Aujourd'hui certains font des sudoku ! Rien à voir, justement, c'est vrai qu'on se vide des soucis mais on ne fait marcher que ce cerveau, matheux et je gage qu'aucune image ne vient jamais distraire nos sudokistes !!

C'est la monotonie même du jeu qui le rend attractif, il ne nous demande vraiment que le minimum, rien en fait, ni mémoire, ni intelligence d'aucune sorte, ni apprentissage, il n'exige ni effort ni persévérance ni endurance : comme la consommation ; des bonbons que l'on avale sans y penser, mais en moins écoeurant. Même le jeu de billes demande une adresse ; la réussite, une dextérité dans le brassage des cartes et dans leur distribution. Mais il n'est pas une distraction, comme on regarde une série télévisée, il nous renvoie à nous mêmes et je gage que les psys gagneraient à faire parler leurs patients- succession d'images sans association- pendant qu'ils jouent, ils y trouveraient sans doute des perles signifiantes.

Pendant ce temps, à mettre des noires sous des rouges ou des neuf sous des dix, nous ne fomentons pas de projets, certes, mais pas de rancoeurs non plus, et nous ne gobons pas des images imposées, qui dansent sur des écrans et qui s'incrustent, à cause de notre passivité, au point d'influencer nos goûts, nos désirs, parce qu'elles tuent notre imaginaire.

La mikado est une méditation si on s'y donne, mais la concentration physique, et tactique, ne laisse pas rêveur !

Le tricot, pour les expertes, peut bien , en plus utile, donner le même résultat, et les femmes furent promptes à trouver à faire utile tout en laissant poindre et germer en elles leurs secrets.

Mais le solitaire affiche des géométries absolument neutres, plates, que l'on est obligés d'habiter avec nos ressorts humains, et cette manière que l'on a de le faire, s'inscrit en nous comme de véritables souvenirs, associations d'idée peut-être bien, mais mémorisées et que le moindre indice réactive. Il n'y a que cette neutralité absolue, hasard, successions hors mise en catalogue, passivité devant les données, acceptation de cette règle, sans investissement d'aucune sorte, qui peut nous permettre d'être occupés tout en étant totalement libres et abandonnés aux émanations de notre inconscient. Pourquoi telle image à cet instant ? Hasard absolu ou était-elle impatiente de se manifester ? Y a-t-il une corrélation quelconque entre les figures alignées et les fumées magiques qui s'échappent de nous ?

Je ne connais pas, hormis le solitaire, d'aide aussi précieuse à la mise en veille d'un cerveau omniprésent et souvent frein à notre expansion et en contrepartie, une aide toute aussi précieuse à l'ouverture du monde des rêves incontrôlés comme on rêve mais conscientisés au fur et à mesure.

Un véritable remède ce truc là.

Pourtant , les jours où tout va mal, où vous êtes crevé, où tout va de travers, ne comptez par sur lui pour vous remonter le moral : ces jours-là vous ne gagnerez aucune partie et s'il arrive, par miracle, que l'une d'entre elles démarre bien, c'est pour mieux vous décevoir. C'est un peu comme votre voiture qui pétouille, qui hoquette quand vous êtes déprimé, juste pour en rajouter une couche.

C'est curieux d'ailleurs de croire que ce hasard qui semble si mathématique, ou la technique qui paraît si froide, ne soient pas sensible à vos états d'âme ; qu'on appuie pas le pied sur l'accélérateur de la même manière quand on se rend à un rendez-vous amoureux ou quand on finit par sortir faire des courses au bout d'une semaine de réclusion, je veux bien ; mais le solitaire et ses cartes qui se débitent sans aucun sentiment ? Et bien pourtant, c'est vrai, quand votre mental est au top, quand vous avez des projets plein la tête, quand vous pétez le jus, vous gagnez toutes les parties ; et au contraire, au fond du trou, rien pour vous consoler ! Quand tout va mal, tout va mal ici aussi, rien ne s'accorde, rien ne se construit : ce jeu n'est pas un dérivatif, un lieu de décompression, une entité à l'abri de toute influence, une neutralité sûre qui vous confortera quand vous douterez ; non, ce jeu est l'amplificateur, par sa neutralité même, de tous vos états d'âme ! Il peut, à la rigueur vous renseigner sur la gravité de votre état !

Je trouve cela extraordinaire, la puissance de notre psyché, qui aussi s'applique à la bonne marche de la mécanique, de nos outils ! C'est pourquoi la grande confiance du monde actuel dans la technologie, la technique me fait rire ou beaucoup pleurer ! : l'homme influence son milieu, jusqu'à ses machines, les premiers à le savoir sont des espèces de médiums, les sensibles...

laissons aller nos rêveries...



29 réactions


  • Nestor 27 juin 2014 17:07

    Salut Alinea,

    Je sens comme un petit parfum d’ésotérisme ...
    Quand tout va mal le jeu enfonce le clou et quand tout va bien on défonce le jeu ... C’est ça ?

    Tu crois que l’état d’esprit ou le moral du moment peuvent contrôler certaines choses de la vie ?

    Si tu me posais la question je te répondrais oui sans aucun doute !

    Pour ce qui est de l’ésotérisme en tant qu’enfant du Pentacle de Venus il m’est « interdit » d’y faire abstraction ... Voir même c’est la principale force qui anime depuis bien longtemps mon existence ! ... Et ceci bien avant d’avoir lu Carlos ( à 17 ans) ... Mon grand père m’a toujours dis que je devais connaitre et ne jamais oublier la différence entre un sorcier et un magicien ... Le sorcier à besoin d’éléments pour pratiquer, le magicien n’a besoin que de sa tête (son esprit) ! smiley

    (J’ai souvent joué au solitaire sur mon ordi et tout ce que tu dis rejoint assez bien mon ressenti à quelques nuances c’est que même en gardant l’esprit positif je perds souvent ... smiley

    Quand j’étais plus jeune avec mes potes on jouait souvent à plusieurs on appelait ça la crapette ... )


  • Karol Karol 27 juin 2014 17:27

    Bonjour Alinéa,
    Merci pour Buika. Cette voix à la fois étrange et fragile est de toute beauté.
    J’ai toujours eu besoin de ses moments de solitude et de tranquillité où l’on ne fait rien ou pas grand chose que certains qualifieront d’ennuyeux. Je m’y réfugie souvent et j’y suis bien, je me retrouve. Peut-être les longs hivers de mon enfance sur le plateau ardéchois et l’internat depuis la 6°.
     Je ne comprends pas ceux qui angoissent à l’idée de ne rien faire. Ont-ils peur de leur propre personne ?


    • Karol Karol 27 juin 2014 17:37

      ... de ces moments...


    • alinea alinea 27 juin 2014 18:02

      J’aime beaucoup Concha Buika, surtout quand elle chante ce genre de mélodies ; elle fait aussi du jazz, j’aime bien aussi mais pas tout ! Et les yeux de ces femmes sur cette voix m’enchantent au plus hait point, j’en avais besoin, marre de ce monde !!
      J’aime aussi ne rien faire, je suis assez contemplative à mes heures, mais ce jeu de « réussites » m’aide bien quand j’ai l’esprit bouillant de tout ce qui tracasse !!
      J’ai peur que beaucoup, dans les jeunes générations, n’aient pas le bonheur de connaître l’ennui, qui trace tout, finalement !!


    • alinea alinea 27 juin 2014 19:19

      Karol, si vous repassez :
      une autre version, quelques temps plus tard, par les mêmes
      http://www.youtube.com/watch?v=qenGMo5VbHQ


    • Karol Karol 28 juin 2014 00:33

      Merci pour être venu sur mon fil pour me porter ce lien.




  • Fergus Fergus 27 juin 2014 17:57

    Bonjour, Alinea.

    J’aime bien les textes paraboliques, mais là j’ai vraiment coincé. Et pour cause : je ne connais strictement rien aux réussites. Nada ! Dur dans ces circonstances de suivre un texte dont certains aspects paraissent pourtant savoureux.

    Bah ! ce n’est pas grave, je me régalerai sans doute à l’un de tes prochains opus.


    • alinea alinea 27 juin 2014 18:04

      ou essaie le « solitaire » !! c’est exactement comme je dis !!! Rien !! qui t"évade !! tous les ordis en sont munis !!!


  • alinea alinea 27 juin 2014 18:07

    Nestor,
    (comme souvent je ne peux « ouvrir » le premier commentaire !)
    Ça ne m’étonne pas !! Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un contrôle, je crois que nous vivons tout- y compris les choses les plus banales et même techniques-, avec notre sensibilité, notre état d’âme, enfin, tu comprends !!


    • Nestor 27 juin 2014 21:30

      "je crois que nous vivons tout- y compris les choses les plus banales et même techniques-, avec notre sensibilité, notre état d’âme, enfin, tu comprends !!"

      Alinea, les négatifs s’ajoutent ... S’ajoutent pour faire du positif ... Une journée négative ... Continue la négativement ... Empli-fit la ... Ne voie que des choses qui soient négatives ... À un certain stade cela devient tellement négatif, que la force de l’esprit finie par le rendre positif ...

      C’est les bâtons qui se trouvent dans son parcourt qui endurcissent l’esprit ... Qui fini par faire voir positif là où d’autres restent perchés sur du négatif !

      Chercher du positif dans du négatif pour se rassurer n’est que substitution ... Pousser au font du négatif ouvre d’autres vrais voies concrètement positives ... Ils suffit juste d’avoir force, courage et foi pour anéantir le passé par rapport à ce nouveau présent ... Pour ça il faut un esprit libre est déterminé !

      Comme le Vagabond qui chaque jour n’est jamais sûr de son sort ... Mais il y croit, la force, le courage et la foi le pousse ... On est comme on est, les erreurs au fil des secondes font toujours parti du passé ... Et l’optimisme de ne pas les reproduire fait parti du présent ! 


    • alinea alinea 27 juin 2014 21:41

      Oui Nestor, c’est vrai ; le manque de ressort que j’ai en ce moment, je le mets sur le compte de mon accident !! et je crois qu’il faut que je lève le pied sur la politique et l’international !! mais je m’y attise parce que je suis un peu immobilisée !!
      C’est une question de nature, je suis très positive mais si ça ne marche pas, ça m’abat !!
      Tu vois, cette année, il n’y a presque pas d’hirondelles ; des martinets, oui, quoique, mais des hirondelles !! et bien ça me pompe mes forces, ça !!


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 27 juin 2014 21:56

      Ben moi cette année il y a plus d’hirondelles que l’année dernière (à vue de nez, plusieurs fois que je me fais la réflexion) ,tout là haut ... smiley


    • Nestor 27 juin 2014 22:05

      Alinea, oui relève le pied !

      Même si les hirondelles n’y sont pas comme tu l’espères écoute quant même la nature ... N’oublie pas ce que tu es .... N’oublie pas ce que tu penses par rapport à elle à tout ça ... Là est ta force !

      Le web peut devenir une addiction sévère ... N’oublie pas que le vrai est ailleurs ... Le son des criquets dehors ce soir en abondance ... Pas un pet de vent ... Ciel couvert ... Dehors ça vie ! 

      Reprends tes esprit !


    • alinea alinea 27 juin 2014 22:09

      je n’oublie jamais que dehors ça vit Nestor !! mais d’habitude j’y passe mon temps !!
      Merci, vraiment !


    • alinea alinea 27 juin 2014 22:11

      Tant mieux Aïta, mais là haut, ce sont sûrement de martinets, non ? ceci dit, j’adore les martinets, mais...les hirondelles, avec leur ventre blanc !!!


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 27 juin 2014 22:23

      J’habite dans un parc régional et au bord du marais audomarois ...Nous avons les trois sortes d’hirondelles plus le martinet ...
      Seule inquiétude cette année ,l’impréssion qu’il y a moins de chauves souris .Certaines ont leur lieu de résidence à à peine 30 mètres de chez moi ,sous d’anciens quais des canaux qui traversent ma ville .


    • alinea alinea 27 juin 2014 22:36

      L’hirondelle des rochers aussi ? il y en a dans le bled à côté mais pas ici ! ici, je crois que ce sont les hirondelles des cheminées ; j’en avais cinq nids pleins quand je suis arrivée, puis plus que trois, que deux, et rien !! Ça me fait vraiment de la peine !! L’Afrique, c’est plus le Pérou pour elles !! et ici non plus, naturellement !


    • Fergus Fergus 27 juin 2014 23:32

      Bonsoir, Alinea, Aïta et Nestor.

      Que l’on puisse encore trouver des personnes qui, comme vous, s’intéressent aux hirondelles et aux martinets montre qu’il ne faut pas tout à fait désespérer de l’humanité ! Je crains, hélas, que comme ces oiseaux, vous ne soyez une espèce en voie de disparition, et moi avec...


    • alinea alinea 29 juin 2014 19:46

      Bonne soirée Katherine, bonne lecture et belles rêveries... smiley


  • Nestor 27 juin 2014 23:12

    Solitaire ... 

    On est pas loin des 167 millions ... smiley

    Bonne nuit !


  • kalachnikov lermontov 28 juin 2014 00:02

    Lol, je voulais mettre un lien vers ’il voyage en solitaire’ de Manset, repris par Bashung mais
    ’YouTube (propriété de Google) ne vous autorise pas à regarder des vidéos de manière anonyme. Par conséquent, regarder des vidéos YouTube ici sera pisté par YouTube/Google.’
    Et google, va te faire mettre.

    C’est tout ce que ça m’inspire, j’ai la tête ailleurs tout à coup et du mal à me concentrer. Mais c’est bien, comme d’habitude. Du Alinea, quoi.

    ’Mais il est seul, un jour, l’amour l’a quitté, s’en est allé
    Faire un tour de l’autre côté’




  • kalachnikov lermontov 28 juin 2014 02:24

    Demain, dans la journée, j’écouterai ces deux titres et arrêterai mes occupations, quelles qu’elles soient. je penserai à toi et émettrai de bonnes ondes pour ton futur et la réalisation de tes désirs.

    http://www.wat.tv/video/sud-alain-bashung-12uxp_2fqpn_.html

    http://www.youtube.com/watch?v=szSPMLtLHOc


  • bakerstreet bakerstreet 28 juin 2014 09:00
    Alinea

    Les cartes m’ont toujours fasciné, mais uniquement les routières. 
    Pour le reste j’espère que vous avez encore beaucoup dans votre manche, et que les hirondelles et les martinets pourront malgré tout encore longtemps jouer au jeu des sept familles, un jeu de cartes que j’adorais quand j’étais gosse. 
    Pas assez malin pour jouer au poker !
    Pas assez anglais pour jouer au bridge !
    Personne ne veut plus jouer au jeu de bataille avec moi !
    Au pouilleux non plus !

    Les réussites, je me les fais en démontant remontant mon vélo ; plein de roulements à billes et de vis en tous genre. 
    Ca me change des vices du temps psychopathe.
    Du camboui sur les mains, pour éviter dans avoir dans la tête. 
    Quant on est infirmier en psychiatrie, il faut entretenir son carnet de vidanges. 
    Mais tout cela est illusoire. 
    On ne clive pas sa vie en faisant des plis. On apprend juste à mieux respirer, à se fondre dans l’azur, à se glisser au creux des algues, à ne pas trop lutter contre le courant.
    Louis seize avait ses petites occupations aussi. 
    Il aimait bien faire des clés, un vrai talent de serrurier. 
    Malheureusement pour lui, ça ne lui a pas servi à ouvrir toutes les portes. 
    Comment ne pas perdre la tête ? 
    Les bras m’en tombent quelquefois. 
    J’ai envie de déménager, de m’enfouir au cœur des monts d’Arée

    Heureusement comme disait Beaudelaire
    « Il y a les nuages, les beaux nuages blancs ! »

    Les irond’ailes reviendront c’est sûr
    Gardiennes de la mémoire de la terre et du temps
    Les martinets, eux, parait il ,ne se posent jamais. 
    Ils peuvent rester deux ou trois ans en vol. 
    Comment ne pas aimer ces oiseaux ?

    Mais moi, ceux que je préfère, c’est les corbeaux !


    • alinea alinea 28 juin 2014 11:02

      Si un jour vous passez sur la D18, entre Hanvec et Sizun, sur la commune de StÉloy, vous tournez à droite pour arrivez à Kerminguy, allez vous faire payer un verre chez mes amis !! Les Monts d’Arée sont derrière !! smiley


    • bakerstreet bakerstreet 28 juin 2014 15:27

      Très beau

      Les souvenirs brodent les uns sur les autres
      Je me souviens moi aussi de tous ces oiseaux que j’ai tenté de refaire redécoller. 

      Et puis un jour il y eut cette corneille qu’un voisin avait trouvé sur la route, et me donna. 
      L’avait il touché avec sa bagnole, en tout cas il ’avait récupéré. 
      Pour la boite à godasse, c’était facile à touver, vu que mes parents en vendaient. 
      Je suis presque né dans un carton à chaussures. 
      Tant d’oiseaux morts, avec cette odeur caractéristique. 
      Mais cette fois ci, ça marcha. 

      La corneille reprit des forces, agrippait à mon épaule, battait des ailes. 
      Elle se perchait sur mon poing levé que je levais vers le soleil.
      Cela dura une bonne quinzaine de jours au moins.
      J’étais le maître fauconnier des rêves, Robin des bois au pays d’Alice. 

      Elle s’envolait elle revenait. 
      A la fin je lui ai dit non !. 
      Il faut que tu partes petite corneille. 
      J’ai pris mon vélo.
      En haut du village, un premier champ, bordée de grands hètres. 
      Elle s’est envolée, est revenue vers moi une dernière fois, sans se poser. 
      Puis a disparu. 
      Un petit point noir dans le ciel, puis plus rien, mais tout.


    • alinea alinea 28 juin 2014 16:21

      J’avais un copain qui l’avait apprivoisée !! elle restait sur son épaule quand il était en moto, ou s’envolait et revenait !! mais elle est morte fâcheusement avant que je le connaisse !!!


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