Sous la Blouse, le Primate : Laborit décrypte l’affaire Raoult
Henri Laborit et Didier Raoult illustrent, à des époques différentes, les mécanismes de défense des systèmes de dominance décrits par Laborit lui-même. Les formes d’attaques — diffamation, disqualification personnelle, refus de reconnaissance, mobilisation institutionnelle — montrent un cadre commun, même si les contextes et les soutiens diffèrent.Henri Laborit et la grille biologique des dominances
Henri Laborit (1914-1995), chirurgien, neurobiologiste et découvreur de la chlorpromazine, a développé dans La Nouvelle Grille (1974) une analyse interdisciplinaire des comportements humains fondée sur la biologie, la cybernétique et la physiologie du stress.
Il y décrit les systèmes de dominance comme des structures hiérarchiques où les individus ou groupes cherchent à maintenir leur position par l’inhibition de l’action des dominés, via des mécanismes biologiques (stress, inhibition comportementale) et sociaux (langage, normes, institutions).
Pour Laborit, toute structure (vivante, sociale, scientifique ou institutionnelle) place avant tout sa propre pérennité, bien avant la vérité, l’intérêt collectif ou toute autre considération. La conscience et le discours rationnel servent souvent d’alibis pour justifier cette conservation prioritaire. Les systèmes vivants visent d’abord leur survie et leur reproduction.
Laborit a lui-même connu une forme de marginalisation intellectuelle. Malgré son prix Albert-Lasker, il n’a jamais été élu à l’Académie des Sciences. Il s’est heurté à une forte opposition académique. On lui reprochait d’être un « philosophe de comptoir », un « vulgarisateur », un « touche-à-tout » ou encore de faire de la « biologie spéculative » au lieu de science rigoureuse. Ses idées holistiques et interdisciplinaires dérangeaient profondément les grilles dominantes de l’époque.
Cependant, il bénéficiait du soutien d’au moins une partie de l’exécutif et de réseaux politiques. Membre du « Groupe des Dix », il a pu créer et maintenir son laboratoire et ses travaux.
Didier Raoult : le disruptif isolé
Didier Raoult, microbiologiste de renom et fondateur de l’IHU Méditerranée Infection à Marseille, a connu une trajectoire plus conflictuelle. Durant la pandémie de COVID-19, il a promu l’hydroxychloroquine (Toujours en association avec d'autres médicaments) comme traitement précoce sur la base d’études contestées pour leurs méthodologies. Les réactions ont rapidement dépassé le débat scientifique : diffamation (« charlatan », « gourou », « mégalomane », « star de la télé », « Ponce Pilate marseillais », « dangereux irresponsable »), enquêtes, sanctions institutionnelles et mobilisation des médias.
Contrairement à Laborit, Raoult s’est retrouvé opposé à quasiment tous les niveaux de l’establishment : parisien, international, politique et médiatique. Il incarnait l’outsider marseillais face à l’élite centralisée. Les réactions virulentes sont intervenues avant même que l’on puisse tirer des conclusions solides, illustrant parfaitement que le système défend d’abord sa pérennité et sa cohérence narrative.
L’Ordre des médecins est même allé jusqu’à sortir de son rôle (l'Ordre des médecins n'a PAS à déterminer ce qui est "vérité scientifique" et à sanctionner sur sa seule estimation de la "vérité") en menant une procédure disciplinaire sévère aboutissant à une interdiction d’exercer pendant deux ans. Cela constitue une preuve supplémentaire d’une instrumentalisation de l’institution au service de la défense du narratif dominant.
Un exemple emblématique de cette stratégie est l’essai RECOVERY (Royaume-Uni, 2020) : il a testé des doses très élevées d’hydroxychloroquine chez des patients hospitalisés tardivement. Ce protocole ne correspondait absolument pas à celui défendu par Raoult (600 mg/jour pendant 10 jours, administré précocement). Il s’agit d’une tactique classique de l’homme de paille : discréditer une idée en la testant dans des conditions où elle a peu de chances de fonctionner, tout en conservant l’alibi scientifique d’une grande étude randomisée.
Analyse critique détaillée de RECOVERY : RECOVERY Trial and Hydroxychloroquine – Criticism of dosage and protocol
Il ne s’agit pas ici d’évaluer rétrospectivement la justesse scientifique des travaux de Raoult, mais de questionner la fiabilité du discours produit par le système lui-même pour neutraliser Raoult sans respecter la norme scientifique du débat contradictoire.
Les similarités dans les formes d’attaquesLes patterns restent frappants :
- Disqualification personnelle plutôt que débat serein sur les idées.
- Mobilisation institutionnelle pour réaffirmer l’orthodoxie.
- Accusation de dangerosité publique.
- Usage du langage comme outil de pouvoir (théorisé par Laborit). Comme le soulignait Laborit, le langage est le premier moyen pour empêcher les autres d’évoluer.
Senate Permanent Subcommittee on Investigations – “Unmasked : How Biden Health Officials Purposely Turned a Blind Eye Toward COVID-19 Vaccine Safety Signals” (2026)Ces éléments montrent clairement que la vérité scientifique et l’intérêt collectif n’étaient pas le moteur premier des politiques menées par le gouvernement américain, l’OMS et les agences sanitaires internationales.
En France, un tel mouvement d’examen critique, systématique et public n’apparaît pas (ou très faiblement). Que doit-on en conclure ? Que le système de dominance français, particulièrement centralisé, verrouillé et corporatiste, dispose de leviers plus efficaces pour maintenir son narratif. On doit probablement s’attendre à un retard important dans la reconnaissance des erreurs ou des biais de la période COVID, avec une possible reconnaissance tardive et minimisée.
Cela pose d'ailleurs une question intéressante : l'énergie psychique (dans le sens de Jung), comme l'énergie physique, ne disparait pas : Elle va simplement "ailleurs" (éventuellement dans une structure dissipative....). Si en France, il n'y a eu aucune suite "institutionnelle", cela veut dire que cette énergie psychique (énorme au vu des populations concernées et de la profondeur des émotions soulevées) est "ailleurs". Où ? Et quelles conséquences peuvent être anticiper ? Un débat intéressant....
Autres illustrations contemporainesLe même mécanisme est visible avec Charles Alloncle (rapport sur l’audiovisuel public, mai 2026). La caste politico-médiatique a réagi par disqualification immédiate et défense corporatiste virulente en utilisant de grands mots ("exception culturelle", "service public", "souveraineté", etc..... ) pour éviter de parler des problèmes mis en évidence. D’autres exemples existent : Michel Onfray, Jacques Sapir, Charles Gave, etc...
Encore une fois, l'idée n'est pas de dire qu'ils ont raison, mais que les arguments pour les réfuter ne font pas appel aux néocortex.
Ce que cela révèle : l’existence de structures de dominance interconnectées (d'une manière très "laborito-jungienne") qui réagissent de manière analogue dès qu’un individu ou une idée menace leur légitimité. Et qui, cerise sur le gâteau peuvent actuellement discréditer les critiques avec un mot (une incantation, un mot de pouvoir, dans le sens ancien) : Complotistes !
C’est là la véritable magie dont parlaient les textes anciens : l’usage du langage comme arme d’inhibition et de contrôle.
Pistes et solutions : vers une modeste émancipationLaborit était lucide : les systèmes de dominance sont profondément ancrés dans notre biologie et dans les institutions. Le changement est lent, comme le prouve l’oubli relatif de ses propres travaux près de 50 ans après La Nouvelle Grille.
Dans ce contexte, des pistes modestes restent possibles :
- Prise de Conscience individuelle — Diffuser la pensée de Laborit et les approches systémiques auprès de ceux qui sont prêts à l’entendre. (caveat : les "futurs" intégristes de Laborit, pour qui, comme pour tout possesseur d'un marteau, tout deviendra clou)
- Limiter les pouvoirs des organes de régulation — Réduire drastiquement les pouvoirs de l’ARCOM et de l’Ordre des médecins lorsqu’ils sortent de leur rôle (ce que poussent à faire toute dominance), et privilégier la justice (pas parfaite mais mieux que le reste, car plus ancienne).
- Défense du débat contradictoire en public— Encourager partout la confrontation réelle des idées avec un auditoire libre de venir ou non (c'était un principe de la justice....comme énoncé en 2, l'expérience est utile).
- Modestie épistémique — Cultiver l’humilité intellectuelle (« on ne sait pas »).
Empiriquement, cela demandera des siècles.
En conclusion
Le procès fait à Raoult est la répétition moderne du procès fait à Laborit. Dans les deux cas, le crime de lèse-majesté prévaut sur la rigueur scientifique. En court-circuitant les hiérarchies, ils ont rappelé une vérité laboritienne dérangeante : sous la blouse blanche du chercheur se cache souvent un primate cherchant à protéger son territoire et son rang, quitte à nier l'évidence des faits jusqu'à ce que des "forces", souvent extérieures, viennent briser la doxa.
Laborit et Raoult nous rappellent que la dominance, au contraire des discours des dominants, n’est jamais seulement intellectuello-scientifique : elle est biologique, sociale et informationnelle.
Comprendre ces mécanismes reste le premier acte de lucidité et de résistance. Le chemin est long, mais refuser personnellement l’inhibition et maintenir des espaces de pensée libre constitue déjà une forme d’émancipation concrète. Ni culte aveugle de l’outsider, ni soumission résignée. Simplement une lucidité calme et obstinée.
De manière ironique, c'est le traitement d'un "choc social" : "Tout le monde tombe "en même temps" (à peu près) et ensuite chacun se relève à son rythme".
C'est cette connaissance qui doit paniquer les dominants.
Par Dathynne Hiero et Lombre Von Trek




Bizarre ! Dans ma (nombreuse) famille, chez mes amis, chez mes voisins, parmi mes nombreuses connaissances, pas un mort, par un handicapé, juste un covid long à déplorer sur des centaines de personnes !!!
Que de bobards complotistes !
Bonne soirée quand même !
Quand je pense qu’elle nous sort les satanistes... Nan mais allô quoi... 