jeudi 21 mars - par rosemar

Surtout, pas de vagues...

 

Evitons de parler de ce qui fâche : cette loi s'impose un peu partout dans nos sociétés...

D'abord, dans les établissements scolaires où règne la loi du silence : surtout ne pas faire de vagues...

Des problèmes de drogue dans une classe de seconde : mieux vaut éviter d'en parler... L'administration ferme pudiquement les yeux : quelle mauvaise image pour le lycée !

Une autre classe pose des problèmes de discipline : bavardages, insolence, refus de travailler... Les chefs d'établissement font la sourde oreille... Non, cette classe est sympathique, agréable même !

De nombreux messages ont été, ainsi, postés à la suite de la vidéo d'une enseignante menacée par un élève avec une arme factice au lycée Edouard-Branly de Créteil, des enseignants ont raconté les agressions verbales et physiques dont ils sont victimes et leur sentiment d'abandon par une hiérarchie qui préfère, disent-ils, fermer les yeux plutôt que les défendre et les protéger.

Dans les hôpitaux et les cliniques, c'est cette même loi du silence qui prévaut...

Je l'ai expérimenté lors d'une hospitalisation de ma mère : par erreur, deux infirmières se sont présentées pour lui administrer la même piqûre de Lovenox à deux heures d'intervalle.

Heureusement, ma mère a refusé la deuxième piqûre. Mais une personne très âgée, inconsciente n'aurait pas réagi de la même façon.

Evidemment, je suis allée signaler cette erreur, que dis-je, cette faute, auprès de l'administration de la clinique.

Aussitôt, on a minimisé le problème : "ce n'est pas grave, on le signalera aux infirmières..."

J'étais presque coupable de venir récriminer !

Et quand j'ai parlé de ce problème à un chirurgien, il a éludé la question : "Pas de polémique, pas de polémique..."

Pourtant, le Lovenox est un anticoagulant qui doit être utilisé selon des règles strictes : une piqûre le matin, une autre, le soir...

Le problème venait d'une mauvaise coordination entre l'équipe de la nuit, et celle du matin...

Que dire des scandales longtemps étouffés au sein de l'égise catholique ? Pédophilie, sexualité débridée, nonnes violées... Là encore, la loi du silence a servi à protéger des criminels de la pire espèce.

Pas de polémique, pas de vague : c'est ainsi que risquent de perdurer les problèmes, c'est ainsi que se perpétuent des erreurs, des oublis, des manquements, des crimes.

C'est ainsi que les enseignants sont traités avec un certain mépris... c'est ainsi que les problèmes des hôpitaux et des cliniques sont passés sous silence et que leur service peut se dégrader... C'est ainsi que des criminels ont pu échapper à la justice.

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Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2019/03/surtout-pas-de-vagues.html

 



26 réactions


  • phan 21 mars 18:49
    Un petit dernier captorix pour la route ? 

  • Fergus Fergus 21 mars 19:00

    Bonsoir, Rosemar

    « Pas de vagues », ce n’est pas vrai partout et en toutes circonstances. Via le web, il n’y a même jamais eu autant de virulentes polémiques, et donc de vagues dont certaines ressemblent à des déferlantes dévastatrices ! 


    • rosemar rosemar 21 mars 19:33

      @Fergus

      Sur le web, sans doute, mais sur le terrain, là où les gens sont confrontés à des difficultés, la loi du silence s’impose souvent...


  • Raymond75 21 mars 19:49

    ’Pas de vagues’ en effet ! En 2004, il y a donc 15 ans, un inspecteur général, Jean-Pierre Obin, faisait un rapport très détaillé sur la dégradation de la discipline, sur la violence et sur les atteintes régulières à la laïcité dans les collèges, le ’rapport Obin’ :

    http://www.laicite-republique.org/rapport-obin-les-signes-et-manifestations-d-appartenance-religieuse-dans-les.html

    Que se passa t’il ensuite ? RIEN, ’pas de vagues’ ; les profs furent abandonnés à leur sort, et la situation n’a fait que se dégrader depuis.


  • cathy cathy 21 mars 20:49

    Article presque tragique.


  • Giordano Bruno 21 mars 21:01

    Parfois, on apprécierait que certains profs adoptent la loi du silence...


    • rosemar rosemar 21 mars 21:49

      @Giordano Bruno

      Et certains le font : ils se taisent face à des insultes, des menaces...


    • bedeau bedeau 22 mars 12:17

      @Giordano Bruno

      ... des noms ?
       smiley


    • mmbbb 23 mars 16:43

      @rosemar je vous plains a moitie Je fus interne , c etait aussi la loi du silence Bon on ne m a jamais dit que j etais une chance inouie pour la France , par ailleurs certains professeurs n avaient guere de sollicitude pour les blancs becs que nous etions . La gauche a voulu une immigration , maintenant elle s ingenie a nous faire avaler le « vouloir vivre ensemble » bon l « altérité » se paye desormais . Il est vrai que la violence gangrène votre institution , il est vrai que beaucoup d enfants en souffrent , il est aussi vrai que c est ce laisser aller qui est a l origine de ce foutoir il est aussi vrai que la selection se fait par l argent Comme l affirme Zemmour , l honni des médias, il y a une stratification des couches sociales . Je l ai deja dis je passe souvent devant le lycee du parc a Lyon , ce n est pas le bouzin . Moi je suis encore pour l accueil des etrangers pas de vague pas d amalgame Ceux qui sortent leur couteux sont tous des auvergnats 

      https://fr.timesofisrael.com/versailles-un-ex-proviseur-blame-lendoctrinement-des-jeunes-a-lantisemitisme/

      chut gardons le silence l islam une religion de tolerance . Amen 


  • av88 av88 22 mars 08:19

    Pour proposer des solutions face à un problème, il faut l’identifier, le nommer..

    Mais comme nous sommes pétris de trouille face aux problèmes, on regarde ailleurs et ne nous a-t-on pas expliquer « qu’on n’y peu rien », que « tout ce qui nous arrive » est la conséquence « du sens de l’histoire », « de la marche du progrès » .

    Remplacez la peur et le renoncement par le courage, l’optimisme, la persévérance et tout change.


  • njama njama 22 mars 10:33

    On appelle l’armée la « grande muette », mais dans les hôpitaux et le monde médical c’est la tombe (propos reçu d’un ancien cadre hospitalier).

    C’est un cercle vicieux qui s’autoentretient depuis des siècles, résultat d’un atavisme malsain qui préfère « sanctionner » les erreurs sans presque jamais les solutionner, qui préfère le bouc-émissaire, « le fusible » quand la faute est révélée... Ainsi on exigera démission, destitution, rétrogradation, licenciement...plutôt que de plancher collectivement pour que les erreurs ne se reproduisent plus.

    Parler, rendre compte d’une erreur c’est s’exposer à des sanctions, à perdre son emploi... alors que tout le monde sait et admet que l’erreur est humaine, que les raisons qui en sont à la source sont multiples et ne relèvent pas toujours de l’incompétence des préposés, mais de conditions de travail, de fatigue, de stress, de sous-effectif... Autant de facteurs annexes qu’il ne faudrait pas remettre en cause.

    Pour sortir de la peur qui noue les langues il faut simplement supprimer les sanctions, et plancher collectivement pour que les erreurs ne se reproduisent plus. C’est ce qui se fait dans le monde de l’aviation qui a le niveau de sécurité le plus excellent au monde. Les résistances au changement sont ataviques, culturelles, cela impliquerait d’abandonner l’usage du pilori pour un nouveau paradigme.

      


  • njama njama 22 mars 10:42

    Un exemple

    Le scandale des irradiés d’Épinal : le procès d’un système
    Le procès des accidents de radiothérapie survenus à l’hôpital Jean-Monnet d’Épinal, dans les Vosges, s’est ouvert lundi 24 septembre à Paris. Dans le box des accusés, on retrouve deux médecins radiothérapeuthes et un radiophysicien, jugés pour « homicides et blessures involontaires, non-assistance à personne en danger et destruction de preuves ». À leurs côtés, les ex-directeurs de l’hôpital, de la DDASS et de l’Agence régionale de l’hospitalisation de Lorraine, ainsi que l’hôpital comme personne morale, sont poursuivis pour « omission de porter secours ».

    Aux dires de l’enquête, plus de 500 malades auraient été surirradiés entre 2001 et 2006. 24 d’entre eux, traités pour un cancer de la prostate entre 2004 et 2005, auraient reçu des doses de rayons X encore plus élevées du fait d’une erreur de paramétrage d’un nouvel appareil mis en place en 2004. Parmi eux, sept sont décédés, et le lien a été formellement établi entre ces décès et les doses délivrées. Des centaines d’autres malades ont été trop irradiés et présentent des séquelles graves et invalidantes. Une autre erreur, portant sur des patients traités entre 1987 et 2006, et qui ne fait pas l’objet du procès en cours, porterait le bilan des victimes à près de 5 500 patients.

    Au-delà des erreurs techniques et médicales, l’enquête a aussi montré, à tous les niveaux de l’encadrement hospitalier et dans les organismes de contrôle sanitaire, une volonté de cacher ces erreurs. En novembre 2006 l’affaire était révélée dans la presse et en février 2007 l’Agence régionale d’hospitalisation de Lorraine annonçait la fermeture du service de radiothérapie. Mais dès mars 2007, un rapport de l’IGAS affirmait que « les effets de l’accident ont été constamment minimisés » et que « les malades ont été livrés à eux-mêmes ».

    Aujourd’hui les deux radiothérapeutes n’exercent plus leur activité, l’un ayant été radié et l’autre suspendu. Le radiophysicien a repris son activité dans une clinique privée de la région parisienne. Les responsables hospitaliers ont été écartés de leurs fonctions à l’hôpital, à la DDASS et à l’ARH. Mais, au-delà de ces sanctions professionnelles, ce qu’attendent les centaines de patients surirradiés, c’est la condamnation de la longue chaîne d’incompétence et de complicité qui permet d’expliquer le plus grave accident de radiothérapie survenu dans ce pays. Et, au-delà des responsabilités individuelles des six prévenus, ils attendent que soient aussi dénoncées les responsabilités écrasantes des pouvoirs publics, dont la politique de casse de la santé ne donne pas les moyens aux hôpitaux de fonctionner correctement. À Épinal, le radiophysicien était seul avec 700 malades quand une circulaire ministérielle en recommande un pour 400, et il partageait son temps entre l’hôpital et les cliniques privées de la ville...

    https://journal.lutte-ouvriere.org/2012/09/26/le-scandale-des-irradies-depinal-le-proces-dun-systeme_28202.html


  • gaijin gaijin 22 mars 11:06

    en progrès ..... smiley

    remplaçons donc le pas de vagues par les pieds dans le plat , secouons les lâches et les hypocrites, réveillons les autruches dans le déni ....

    une seule voie : la coup de pied au cul thérapie ..........


  • phan 22 mars 13:28
    Un enseignant de l’école Flammarion d’Eaubonne (Val d’Oise), s’est suicidé après avoir été visé par une plainte pour violences aggravées d’une mère d’un élève de sa classe de CP.
    En 2018, tous uniformes confondus, le « compteur de la honte », qui répertorie les suicides au sein des forces de l’ordre, s’était arrêté à 88. Mais entre le 1er janvier 2019 et le 11 mars, 20 membres des forces de l’ordre françaises ont choisi de se donner la mort.

    Et surtout, pas de vagues pour la prochaine marée noire de la Grande America !


  • lloreen 22 mars 14:45

    Une enseignante qui a osé faire des vagues est révoquée par monsieur Blanquer...

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=s5uEWDKOnYY

    Cela n’est pas mieux chez les policiers, où un syndicaliste ayant osé faire des vagues en dénonçant les dérives de son administration a été convoquélui aussi devant un conseil de discipline...

    http://www.profession-gendarme.com/alexandre-langlois-ils-ont-fait-ce-conseil-de-discipline-car-chaque-fois-quils-nous-ont-envoyes-devant-un-juge-ils-ont-perdu/


  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 mars 15:01

    Félicitations à l’auteur.

    Elle cible parfaitement le grand mal du moment qui fait, par exemple qu’on ne peut discuter de l’immigration de masse en France et de plein d’autres sujets qui fâchent, comme, par exemple, la sous-représentation (et par voie de conséquence, la surreprésentation) de certaines communautés dans les médias nationaux (Radio France, etc.), j’en passe et des meilleures.

    La liberté d’expression doit pouvoir concerner tous les sujets, sans exception. Autrement dit, tous les sujets doivent pouvoir prêter à controverse si le besoin s’en fait sentir. Renoncer à cela c’est faire le lit du fascisme.

    D’ailleurs, il semblerait que ce lit soit déjà prêt. Il ne nous reste plus qu’à nous y allonger et ç’en sera fini de nos libertés durement conquises... smiley


  • Traroth Traroth 22 mars 15:42

    C’est la conséquence d’une société obnubilée par le paraître. L’image qu’on donne et la communication sont devenus plus importants que de résoudre réellement les problèmes. L’important n’est plus que tout aille bien, mais que tout ait l’air de bien aller.


  • Moona Moona 22 mars 17:59

     Je viens de m’inscrire sur ce site car je me retrouve dans pas mal d’articles dont celui-ci.



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