vendredi 15 mai - par Renaud Bouchard

Technobarbares et IA de combat

« Un siècle de barbarie commence, et les sciences seront à son service.  »

 Friedrich Nietzsche, La Volonté de puissance (Der Wille zur Macht)

 

"J'ai vu des choses que vous, les gens, ne pourriez pas croire... Des vaisseaux d'attaque en feu près de l'épaule d'Orion... J'ai regardé des faisceaux C briller dans l'obscurité près de la porte de Tannhäuser. Tous ces moments seront perdus dans le temps, comme des larmes dans la pluie... Il est temps de mourir. "

Roy Batty, Tears in Rain Monologue, Blade Runner, Ridley Scott (1982)

 

 

Où l'on voit que derrière le brouillard de la guerre le théâtre d'ombres oppose en réalité la Russie à Palantir sur un champ de bataille technologique, comme le montre le papier qui suit tiré de l'excellente analyse du site Strategika 51

 

https://strategika510.com/2026/05/13/la-strategie-de-palantir-en-ukraine-et-le-mythe-de-lautonomie-sur-le-champ-de-bataille/

 

Nous le savions plus ou moins vaguement mais la réalité est là. La Russie ne se bat pas contre l’Ukraine mais contre Palantir Technologies et les géants de la technologie américaine. Cela a transformé la guerre d’Ukraine en une sorte de plus grand défi technologique auquel la Russie n’a jamais fait face.

Les pays du Golfe qui ramènent des experts ukrainiens spécialistes de la lutte contre les drones Shahed savent que la technologie est américaine et pas n’importe laquelle : ce sont des produits novateurs de Palantir Technologies et des géants de Palo Alto qui ont décimé le système de communication du Hezbollah libanais avec l’explosion à distance des « pagers et autres dispositifs de communication radio. Un analyste un peu facétieux a même qualifié Palantir d’arme ultime des Rothschilds au 21e siècle.

Il y a une certaine théâtralité dans la manière dont Alex Karp, le PDG excentrique de Palantir Technologies, parle de l’Europe. Il s’agite, réprimande, il supplie et il exige de la reconnaissance. De la reconnaissance car c’est grâce à ses produits que la guerre d’Ukraine a duré plus de quatre ans et que la Russie n’a pu prendre ni Kharkov, ni Kiev et encore moins Odessa. Dans sa dernière diatribe contre Berlin, Karp a reproché à l’Allemagne de ne pas saisir l’évidence : l’avenir de la guerre s’écrit en code, et ce code est actuellement mis à l’épreuve sur le champ de bataille en Ukraine.

Il n’a pas tort sur le plan technique. Mais il fait délibérément preuve de malhonnêteté quant à la question de l’autonomie. Lorsque Karp évoque la « technologie ukrainienne » éprouvée sur le champ de bataille que l’Allemagne devrait acquérir, il fait preuve d’une malhonnêteté stratégique. Elle n’est pas ukrainienne. Elle est la sienne. L’IA de combat, l’architecture anti-drones et les algorithmes guidant les frappes en profondeur sur le territoire russe sont des produits de la plateforme Gotham de Palantir. L’étiquette « ukrainienne » est un emballage géopolitique pour la dernière gamme de produits militaires de la Silicon Valley.

 

I- L’illusion du mandataire

Appelons cette dynamique par son nom. Lorsque Karp se vante que son logiciel est » la colonne vertébrale de la défense ukrainienne », nous devons le croire sur parole, mais aussi examiner ce que ces mots cachent.

L’écosystème de défense ukrainien est désormais étroitement intégré à l’architecture de Palantir. Le projet Brave1 Dataroom permet aux développeurs d’accéder à des données de champ de bataille afin d’entraîner des modèles d’IA à la détection et à l’interception de cibles. Des systèmes de contrôle des missions tels que DELTA redéfinissent les processus de commandement et de contrôle grâce à la fusion des renseignements en temps réel. Le ministère de la Défense aborde ouvertement la planification des frappes en profondeur pilotées par l’IA comme un domaine stratégique essentiel.

Il ne s’agit nullement ici d’une « innovation ukrainienne improvisée » dans un garage de fortune. Il s’agit de l’intégration systématique d’un géant américain de la surveillance et de l’IA de combat, pesant au bas mot 330 milliards de dollars, dans chaque décision de ciblage, chaque flux de données provenant des capteurs et chaque algorithme d’interception autonome qui détermine qui vivra et qui mourra au front.

Nous avons vu les images de soldats russes se rendant à des robots armés totalement autonomes-une première dans un conflit-, et des milliers de vidéos montrant des soldats faire face à des drones FPV ou autres.

https://www.nouvelordremondial.cc/2026/02/04/regardez-des-soldats-russes-se-rendent-a-un-robot-arme-la-guerre-humanoide-approche/

https://www.01net.com/actualites/les-robots-tueurs-arrivent-sur-le-champ-de-bataille-et-ce-nest-plus-de-la-science-fiction.html

Nous voyons aussi les frappes en profondeur-jusqu’à 2000 km, des infrastructures énergétiques ou stratégiques russes. C’est le même agent technologique qui a écrasé Gaza, tenté d’annihiler le Hezbollah libanais, noyauté l’État vénézuélien et décapité le leadership iranien. Il n’est pas étonnant que Kim Jong-un modifie la doctrine nucléaire de son pays pour y inclure le déclenchement automatique d’une attaque nucléaire contre l’ennemi en cas de décapitation du leadership ou d’un assassinat ciblé.

L’Ukraine fournit le champ de bataille ; Palantir fournit le cerveau. Le résultat est ensuite vendu européens comme une technologie miracle éprouvée au combat qu’ils seraient fous d’ignorer.

 

II- La Russie se bat contre Palantir

Voici la vérité qui se cache derrière le théâtre diplomatique : la Russie ne se contente pas d’affronter les forces armées ukrainiennes et l’OTAN. Elle mène des opérations militaires contre un adversaire dont la connaissance de la situation, la précision de ciblage et le rythme opérationnel sont de plus en plus régis par la suite d’IA de Palantir.

Cela fait du conflit en Ukraine l’une des guerres les plus exigeantes sur le plan technologique auxquelles la Russie ait jamais été confrontée — non seulement en raison de "l’ingéniosité des Ukrainiens", mais surtout parce que l’architecture du renseignement de l’OTAN, intégrée aux plateformes de Palantir, offre un effet multiplicateur de puissance de frappe qu’aucune mobilisation de masse de l’ère soviétique ne peut égaler.

Lorsque des drones ukrainiens frappent des cibles situées au cœur même de la Russie, lorsque les systèmes de défense aérienne parviennent à identifier la quasi-totalité des menaces entrantes, lorsque la guerre économique menée par des frappes en profondeur dégrade les infrastructures russes — tout cela passe par des canaux d’analyse mis au point à Palo Alto, et non à Kiev. L’idée selon laquelle il s’agirait là de capacités purement souveraines de l’Ukraine arrange tout le monde, sauf ceux qui souhaitent un bilan honnête de qui combat qui.

 

III- Le parallèle avec le Liban

Pour ceux qui suivent l’actualité, ce scénario n’est pas inconnu. L’attitude de Palantir en Ukraine fait écho au rôle qu’elle a joué dans l’ombre lors des opérations menées par Israël contre le Hezbollah libanais.

Une biographie récente de Karp révèle que la technologie Palantir a été déployée lors des opérations militaires israéliennes au Liban en 2024, notamment lors de l’opération « Grim Beeper », qui consistait en la détonation coordonnée de milliers de pagers et de talkies-walkies et qui a décimé le réseau de communication du Hezbollah.

https://icibeyrouth.com/articles/1325457/lincroyable-affaire-des-pagers-lombre-derriere-lexplosion

https://www.hudson.org/technology/brilliance-operation-grim-beeper-lebanon-pager-explosion-israel-iran-michael-doran

Ce logiciel n’était pas un simple outil secondaire. Les services de renseignement israéliens l’utilisaient depuis des années. Après le 7 octobre, la demande a tellement augmenté que Palantir a dépêché des ingénieurs depuis Londres et loué des locaux supplémentaires à Tel-Aviv pour accueillir les analystes ayant besoin de formations.

L’opération « Pager » a fait plus de 40 morts et des milliers de blessés.

 

IV- Déni du Réel et inféodation technologique

Dans les deux cas, le schéma est le même : Palantir s’intègre dans l’appareil sécuritaire, devient indispensable aux opérations de ciblage, puis se retranche derrière l’argument selon lequel il fournit des « plateformes » plutôt que de prendre des décisions.

Le scepticisme de l’Allemagne à l’égard de Palantir n’est pas, comme le présente Karp, le fruit d’une obstination luddite émanant d’une région technologique en déclin. Il s’agit d’une réaction rationnelle face à une menace pour la souveraineté déguisée en solution technologique.

Lorsque la Suisse ( à la différence de la France - et c'est moi qui parle -, dont les services de renseignement sont totalement inféodés à Palantir à un degré qu'ils n'imaginent même pas) a rejeté le système de renseignement de Palantir par crainte d’un transfert de données sensibles vers les États-Unis, elle a mis en lumière un point que davantage de gouvernements européens devraient prendre en compte : intégrer une entreprise basée aux États-Unis dans son architecture de défense constitue une dépendance stratégique, et non une simple relation avec un fournisseur.

Tous les pays européens qui adoptent aujourd’hui les plateformes de Palantir le font selon des conditions que l’entreprise a contribué à définir : des architectures de données, des programmes de formation et des processus opérationnels qui garantissent la suprématie technologique américaine pour des décennies. Ce n’est pas une théorie du complot. C’est un modèle économique.

Karp affirme non sans hypocrisie qu’il ne souhaite pas « vivre dans un monde où l’Allemagne serait faible ». Mais sa solution — acheter Palantir, intégrer Palantir, dépendre de Palantir — est le moyen le plus sûr de garantir que l’Allemagne ne développe jamais de capacités technologiques souveraines dans les domaines qui déterminent aujourd’hui l’issue des conflits militaires.

Le conflit en Ukraine a mis en lumière une réalité dérangeante. Le soit-disant leadership technologique ukrainien , tant vanté, n’est en réalité qu’une fine couche d’adaptation locale reposant sur un socle solide constitué de l’infrastructure militaire américaine en matière d’IA de combat.

La Russie en est consciente et ses efforts surhumains pour faire face à ces technologies intégrées expliquent l’acharnement redoublé de ses adversaires. Les européens sont dans le déni du réel et surtout désunis. Certains pays se sont livrés corps et âmes à Palantir itandis que d’autres hésitent avec raison car c’est une question d’indépendance à long terme. Pour le moment, les médias n’en parlent pas trop et cela est naturel vu la configuration réelle du pouvoir en Occident, mais ce qui fut autrefois une blague est en train de devenir une réalité : SkyNet existe.

 

V- Où l'on voit que derrière la façade politique trumpienne d'autres décideurs dictent toute une géoéconomie et une géostratégie technologique , ainsi que le montre la rencontre Trump Xi Jiping.

La visite d’État de Trump en Chine, du 13 au 15 mai 2026, marque la première visite d’un président américain à Pékin depuis 2017.

 

La composition de la cohorte des PDG en dit long : Boeing et Cargill représentent les secteurs où les accords ont le plus de chances d’aboutir – les commandes d’avions commerciaux et les achats agricoles ont longtemps été les « livrables » les plus faciles dans les interactions de haut niveau entre les États-Unis et la Chine, le genre de « cadeaux de réunion » que les deux parties sont heureuses d’encaisser.

Elon Musk (Tesla) et Tim Cook (Apple), quant à eux, dirigent les deux entreprises qui forment les maillons les plus étroits de la chaîne d’approvisionnement bilatérale.

GE Aerospace se trouve dans la position délicate d’être à la fois « concurrent et dépendant ». BlackRock, Blackstone, Goldman Sachs, Mastercard et Visa représentent les enjeux d’accès au marché dans les services financiers — sans doute l’espace le plus flexible pour la coopération bilatérale.

Illumina a figuré un temps sur la « liste des entités non fiables » chinoise, avant d’en être retirée ; ces allers-retours témoignent de la grande sensibilité du secteur des biotechnologies. Par ailleurs, des plateformes de commerce électronique transfrontalières chinoises comme Temu et SHEIN comptent parmi les plus importants clients publicitaires de Meta, ce qui rappelle que même dans des domaines apparemment cloisonnés, les intérêts commerciaux sino-américains restent profondément imbriqués.

Pendant ce temps le cirque médiatique continue.

 

Source :

https://brunobertez.com/2026/05/14/la-rencontre-entre-xi-et-trump-vient-de-se-terminer-une-premiere-analyse-par-fred-gao/

 

iLa France, par exemple...https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-la-dgsi-resigne-avec-palantir-pour-3-ans-98802.html



11 réactions


  • jjwaDal jjwaDal 15 mai 20:56

    Oui. On nous a mis en garde en vain et tout indique que nous allons faciliter au maximum les conflits en les confiant à des armes intelligentes qui auront à peine moins d’empathie pour les victimes que les psychopathes donnant les ordres. Palentir par ex s’est illustré brillamment en Iran en opérant le choix des cibles qui a vu l’école de Minab touchée par un missile « Tomahawk », tuant plus de 150 écolières, sans état d’âme de la part de l’IA on peut l’imaginer. On pourra d’autant plus faciliter les guerres qu’on n’aura pas à engager du personnel en nombre déclinant sur le champ de bataille, mais de simples machines renseignées en temps réel et « conseillées » à distance. La couche satellitaire « Starshield » que SpaceX met en orbite pour le Pentagone n’est qu’un maillon essentiel parmi d’autres. Avec l’arrivée de la robotique ou des robots acrobates et danseurs peuvent demain être équipés de fusils mitrailleurs et autres appendices et sa fusion avec l’IA internalisée et externalisée (depuis l’orbite basse) on peut imaginer les pires dystopies capables d’attaques saturantes qu’absolument rien ne peut parer sinon plus d’engins tueurs de petite taille eux-mêmes autopilotés et guidés par IA, un combat sans fin entre le glaive et le bouclier qui ne peut que nous laisser exsangue économiquement. L’U.E veut claquer 800 milliards d’euros pour s’armer contre une menace russe imaginaire et Hegseth réclame un budget militaire de 1500 milliards de dollars pour la prochaine année, alors qu’économiquement les deux entités sont fragiles pour ne pas dire plus. La Chine dispose (avec le « Jiutian » ) déjà d’un drone lanceur de drones (un porte-essaim de drones) tous autopilotés et gérés collectivement et individuellement par l’IA pour identifier les cibles et gérer le ciblage l’assignation des cibles, la répartition des rôles, une horreur prélude à ce qui nous attend inévitablement qui ne fera qu’une bouchée d’avions pilotés mêmes « furtifs », et qui se joueront de porte-avions qu’ils s’appellent « France Libre » ou pas… Il y a déjà eu des discussions au plus haut niveau aux USA pour confier la gestion de la force de frappe nucléaire à l’IA, dans un pays ayant mis sur les écrans « Terminator », cela fait réfléchir aussi. Il n’y aura que le manque de ressources pour nous ramener les pieds sur Terre et nous obliger à vivre ensemble sans nous entretuer. On pourrait malheureusement trouver les ressources néanmoins pour une dernière partie de roulette russe. Qui sait ?


  • BRUNO BRUNO 16 mai 07:23

    Très intéressante analyse. Voir à ce propos le bouquin « apocalypse nerds » auquel fait écho « les lumières sombres ». Dans le sillage de D.TRUMP, Palantir fait partie d’une nébuleuse de « milliardaires de la tech », de techno-fascistes qui appellent à la mort de l’Etat-nation. Pour eux la démocratie est un mamouth qui freine la dérégulation nécessaire pour accélérer le capitalisme.L’idée centrale serait de considérer l’Etat comme une entreprise qui ne peut être mieux géré que par un PDG. Cela va jusqu’à prôner la création d’enclaves territoriales libertariennes, dirigées comme des entreprises.La proposition de TRUMP sur GAZA s’inscrit dans cette logique...


    • La Bête du Gévaudan 16 mai 15:56

      @BRUNO

      quel salmigondis... je vous conseille d’approfondir quand même vos connaissances... notamment sur le libertarianisme d’une part (dont manifestement le gauchard occidental moyen ne comprend rien), sur la critique de la démocratie (qui n’a rien de nouveau, y compris à gauche) ou encore sur Palentir (lire le manifeste de Palentir au-delà des commentaires journalistiques)...

      après avoir étudié ces sujets, vous pourrez éventuellement conserver vos opinions... mais au moins, vous saurez de quoi vous parlez...

      un des gros problèmes actuels est le manque d’information intellectuelle sur ces sujets... avant de choisir, il faut au moins savoir de quoi l’on parle. On tombera au moins d’accord sur ce point.


  • Les Dirigeants Occidentaux ont voué une servitude aux logiciels, dit intelligent, de ce fait ils se dégagent de toutes responsabilités et de toutes formes de pensées intellectuelles.

    Ainsi avec l’espoir de se dégager de toutes poursuites judiciaires sur les massacres ou génocides ou dégâts-morts collatéraux.

    Une génération de petits faux-culs fait son apparition ..... ! Des généraux d’Opérette, des politiciens véreux.....

    A l’aube des Terminators et autres guerres des machines, à l’image des politiciens qui en font la promotion (Z, Macron, Leyen, Merz, Starmer, Trump, Sarkozy, Hollande,Philippe, Bn, Mélenchon, Faure, Ruffin, ......etc).

    Mais ils ne possèdent que l’I.A et ne sont pas Fan de l’I.U. Curieux n’est ce pas ?.


    • La Bête du Gévaudan 16 mai 16:21

      Je vous rejoins sur un point : notre classe politique est composée d’un ramas de tocards névrotiques.

      Le fait que ces tocards accordent une dimension « néo-religieuse » à la technologie et aux procédures formalistes ne change rien au fond... c’est une manière de se rassurer du vide métaphysique dans lequel nous sommes entrés... cela exprime leur désarrois intellectuel et spirituel...

      comme je le dis souvent : nous avons renié la religion, mais nous restons perclus de religiosité...

      on a jeté le bébé et gardé l’eau du bain, ah ah !

      et c’est bien tout le problème... il y a comme une « forclusion de l’objet religieux » aurait dit Lacan... Mais le refoulé reste présent, et revient sous forme de délire...

      certaines personnes croient que je milite pour le retour des grenouilles-de-bénitier... non, car la foi ne se décrète pas... à la manière des libéraux-conservateurs, je milite pour une prise de conscience de notre situation intellectuelle, et un conservatisme prudent et modeste... afin précisément d’éviter les « embardées » induites par la modernité.


    • @La Bête du Gévaudan

      Exact ....


  • La Bête du Gévaudan 16 mai 16:01

    vous croyez que les mecs en face n’utilisent pas de l’IA pour le calcul militaire et qu’ils bombardent avec des mandolines ?

    Au-delà de toute préférence partisane, on devrait au moins faire l’effort de comprendre de ce dont nous parlons.

    Le champ de bataille modifié par l’IA ? Ben oui... comme il a été modifié par la poudre, les armes automatiques, les chars, l’aviation ou la bombe atomique...

    En vérité, Palentir a raison de dire que la décision et la responsabilité en reviennent aux utilisateurs et non aux concepteurs... c’est à l’homme de faire un bon usage du feu... c’est vieux comme le monde.


    • Jean Keim Jean Keim 16 mai 17:14

      @La Bête du Gévaudan

      << En vérité, Palentir a raison de dire que la décision et la responsabilité en reviennent aux utilisateurs et non aux concepteurs... >>

      En vérité que voilà une sentence un tantinet hypocrite, finalement on peut donc dire que l’invention d’une arme nouvelle c’est uniquement pour le bien être de l’humanité.

      Trois points dont il faut avoir conscience :

      1) la guerre est une activité économique juteuse.

      2) la guerre est impossible si PERSONNE veut la faire.

      3) la guerre n’est pas inscrite dans nos gênes comme l’affirment certains insensés.


  • Jean Keim Jean Keim 16 mai 16:43

    La guerre ne se limite pas à des soldats qui s’affrontent sur un champ de bataille, il y a toutes les activités en amont d’un conflit comme la formation des ingénieurs, les recherches et développement, la fabrication des armements, les infrastructures de ventes... et ne pas oublier les officines qui se chargent soit de générer des foyers de conflits, soit d’entretenir et d’envenimer ceux existants.

    Et quand les dernières gouttes de larmes et de sang auront coulé, alors il faudra songer à la réparation et à la reconstruction, un plan Marshall en qq. sorte. Les gens apprendront à aimer leurs agresseurs dont ils ignoreront toujours leur véritable identité et leur implication.

    La seule façon de nous sortir des guerres actuelles et à venir est de refuser unitairement toute implication et participation – en qq. sorte une prise de conscience individuelle.


  • Pas de cris. Pas d’incendies. Pas de verre brisé. Pas de menaces, ni de machettes, ni de cris d’« Allahu Akbar ».

    Juste des Britanniques polis et civilisés qui s’efforcent de sauver leur pays de la barbarie.

    https://x.com/la_france_sur_x/status/2055737184146346314


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 20 mai 14:43

    A chacun de vous, lecteurs et contributeurs venus porter des commentaires et des analyses que je lis toujours très attentivement et dont je vous remercie.

    Voici un document que vous connaissez certainement et qui mérite d’être lu, relu et diffusé tant il décrit parfaitement ce que représente Palantir : une engeance absolue.

    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/04/20/le-manifeste-de-palantir-pour-la-domination/

    Dans une célèbre interview pour un documentaire intitulé « La décision de larguer la bombe », Julius Robert Oppenheimer prononça également les mots suivants, se rappelant quelle fut la réaction de son équipe après le succès de la première explosion nucléaire le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique : « Nous savions que le monde ne serait plus le même. Quelques personnes ont ri. Quelques personnes ont pleuré. La plupart des gens se sont tus », a-t-il déclaré. « Je me suis alors rappelé ces vers du poème hindou : la Bhagavad Gita. Vishnu tente de persuader le prince qu’il doit faire son devoir et, pour l’impressionner, prend sa forme à plusieurs bras et dit, « maintenant, je suis devenu la Mort, le destructeur des mondes ». Je suppose que c’est ce que nous ressentions tous, d’une manière ou d’une autre« .

    Ces propos de JjwaDal

    Oui. On nous a mis en garde en vain et tout indique que nous allons faciliter au maximum les conflits en les confiant à des armes intelligentes qui auront à peine moins d’empathie pour les victimes que les psychopathes donnant les ordres. Palentir par ex s’est illustré brillamment en Iran en opérant le choix des cibles qui a vu l’école de Minab touchée par un missile « Tomahawk », tuant plus de 150 écolières, sans état d’âme de la part de l’IA on peut l’imaginer. On pourra d’autant plus faciliter les guerres qu’on n’aura pas à engager du personnel en nombre déclinant sur le champ de bataille, mais de simples machines renseignées en temps réel et « conseillées » à distance. La couche satellitaire « Starshield » que SpaceX met en orbite pour le Pentagone n’est qu’un maillon essentiel parmi d’autres. Avec l’arrivée de la robotique ou des robots acrobates et danseurs peuvent demain être équipés de fusils mitrailleurs et autres appendices et sa fusion avec l’IA internalisée et externalisée (depuis l’orbite basse) on peut imaginer les pires dystopies capables d’attaques saturantes qu’absolument rien ne peut parer sinon plus d’engins tueurs de petite taille eux-mêmes autopilotés et guidés par IA, un combat sans fin entre le glaive et le bouclier qui ne peut que nous laisser exsangue économiquement. L’U.E veut claquer 800 milliards d’euros pour s’armer contre une menace russe imaginaire et Hegseth réclame un budget militaire de 1500 milliards de dollars pour la prochaine année, alors qu’économiquement les deux entités sont fragiles pour ne pas dire plus. La Chine dispose (avec le « Jiutian » ) déjà d’un drone lanceur de drones (un porte-essaim de drones) tous autopilotés et gérés collectivement et individuellement par l’IA pour identifier les cibles et gérer le ciblage l’assignation des cibles, la répartition des rôles, une horreur prélude à ce qui nous attend inévitablement qui ne fera qu’une bouchée d’avions pilotés mêmes « furtifs », et qui se joueront de porte-avions qu’ils s’appellent « France Libre » ou pas… Il y a déjà eu des discussions au plus haut niveau aux USA pour confier la gestion de la force de frappe nucléaire à l’IA, dans un pays ayant mis sur les écrans « Terminator », cela fait réfléchir aussi. Il n’y aura que le manque de ressources pour nous ramener les pieds sur Terre et nous obliger à vivre ensemble sans nous entretuer. On pourrait malheureusement trouver les ressources néanmoins pour une dernière partie de roulette russe. Qui sait ?

    Bien à vous, Renaud Bouchard

    https://sciencepost.fr/oppenheimer-physicien-histoire/


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