Territoires occupés : alibi contre la paix, ou comment doper la victimisation palestinienne
Au Moyen-Orient, la paix n’a pas la connotation universelle connue en Occident, ce n’est qu’un statu quo d’un processus de non agression. L’exemple de la paix signée à Camp David en 1979, entre l’Égypte et Israël, montre que cette paix s’inscrit essentiellement dans une « relation dilatoire » de tranquillité territoriale. Toutefois, ni le courage exemplaire d’Anouar Sadate se rendant au Parlement israélien à Jérusalem en novembre 1977, ni celle de Rabin qui permis la création de l’Autorité palestinienne, à la suite de la signature des accords d’Oslo, n’ont pu changer les mentalités, ni faire oublier la vieille rancœur des Arabes qi rendent Israël responsable de tous leurs maux.
On parle encore "d’occupation israélienne" pour justifier des actions suicidaires, on parle de "résistance" pour justifier les morts des civils, on propage la haine de l’Occident pour justifier une instrumentalisation de la religion pour des intérêts politiques. Il faut être un Etat naïf ou inconscient pour croire dans ces conditions à un espoir de paix, même virtuel, lorsque 22 pays arabes ou musulmans, privés pour l’instant de cohésion, peuvent un jour envahir à nouveau le monde.
Aussi, en lisant
Certes, certains assimilent ces dires à une action de « résistance », d’autres les assimilent à la passion de la haine et à une incitation au meurtre. Cette haine est propagée aussi d’une façon complètement officielle sur la télévision palestinienne à Gaza. Pour l’exemple, observons quelques propos haineux propagés par le cheikh Ibrahim Mudeiris à
Ces propos n’ont guère de rapport avec une divergence territoriale, mais, avec la paix.
En juin 1951, le roi Abdallah, premier roi de Jordanie, déclare à un envoyé de l’ONU sa crainte face à l’action internationale en faveur de la paix : « Je suis un vieil homme ; je sais que mon pouvoir est limité ; je sais que je suis détesté par mon propre fils. Je sais aussi que mon propre peuple me déteste en raison de mes efforts de paix. Mais en dépit de tout, je sais que je pourrais obtenir un règlement de paix si seulement j’avais quelques encouragements et si je pouvais obtenir des concessions raisonnables de la part d’Israël... S’il vous plaît, aidez-moi. Je suis un vieil homme et je ne veux pas mourir le cœur brisé. » Le roi est assassiné un mois plus tard, après la prière à la mosquée Al Aqsa, par un homme du mufti de Jérusalem.
D’ailleurs, après la guerre de 1948, le roi Abdallah de Jordanie a proclamé : «
Le royaume de Jordanie ou
Après sa victoire dans la Guerre des six jours en 1967, Israël s’empare de
Dans l’histoire contemporaine, nous ne connaissons pas d’exemple où un État récupère un territoire perdu à l’issue d’une guerre offensive.
Pour exemple, on peut citer le Japon, pourtant un État souverain, qui perd à l’issue de la Deuxième Guerre mondiale l’île de Sakhaline et l’archipel des Kouriles au bénéfice de l’URSS ; il ne les a toujours pas récupérés.
Etonnant de constater que l’OLP ne revendique guère un État, dans aucun des 33 articles de sa Charte, mais « la libération de
Le 1 janvier 1969, après la Guerre des six jours, le Comité central du Fatah expose les perspectives de la lutte palestinienne. Dans l’article 5 de sa déclaration, il est mentionné : « Le mouvement de libération nationale palestinienne Fatah proclame solennellement que l’objectif final de sa lutte est la restauration de l’État palestinien indépendant et démocratique dont tous les citoyens, quelle que soit leur religion, jouiront à droits égaux. »
La formule la restauration de l’État palestinien laisse croire que l’État palestinien existait dans le passé, et que l’objectif palestinien n’est que de le libérer et de le restaurer. Une honnêteté intellectuelle qu’il convient de corriger.
Depuis les accords d’Oslo, l’Etat d’Israël a participé à la création de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et à Gaza, acceptant même d’armer plus de 40 000 policiers. Certes, l’opinion internationale ne comprend pas pourquoi les négociations israélo-palestiniennes n’aboutissent pas à la création d’un Etat palestinien, et la rumeur veut que seul l’Etat d’Israël soit responsable de la détresse palestinienne.
En réalité, il est invraisemblable de constater qu’aucun accord, ni à Oslo ni ailleurs, prévoyant la création d’un Etat palestinien, n’a jamais été conclu entre Israël et les Palestiniens. Seules la création d’une Autorité et ses institutions de gestion ont été prévues. Certes, le comble, mais c’est une réalité.
Toutefois, si les accords d’Oslo ont fait naître l’espoir de paix au Moyen-Orient, Arafat anéantit tout rêve. Dans son discours à Johannesburg en mai 1994, il compare les accords d’Oslo à l’accord Khodeïbeh, que Mahomet signa avec la tribu de Koreïsh, lorsqu’il était en position de faiblesse. Il dénonce l’accord deux ans plus tard, les attaque et occupe
Depuis son installation en 1994, l’Autorité palestinienne veut tout négocier, sauf ses exigences, à savoir : retrait israélien aux frontières du 4 juin 1967 (avant la Guerre des six jours), Jérusalem capitale, et le droit de retour des réfugiés palestiniens en Israël. Israël n’accepte guère ces conditions. A son sens, la création d’un Etat palestinien doit résoudre le problème des réfugiés dans l’espace de cet Etat. Etonnant de constater qu’une majorité desdits réfugiés demeurant hors des territoires n’a guère l’intention de déménager et de passer sous contrôle de l’Autorité palestinienne, préférant leur situation actuelle.
Sous le titre « Un alibi pour
La conception de l’entité palestinienne est récente. Cette entité palestinienne ne se distingue d’aucune exception ou particularité de l’entité ou de l’identité arabe, comme ne cesse de le faire remarquer l’OLP dans sa Charte et ses diverses déclarations. Ceci étant, il ne serait pas exagéré d’imaginer la communauté maghrébine de Marseille ou celle de Roubaix revendiquer dans vingt, trente ou cinquante ans, « au nom des peuples à disposer d’eux-mêmes » et du « droit à la terre », le territoire marseillais ou celui du Nord comme territoire maghrébin. Cette revendication paraît entièrement logique et légitime dans le sens de la revendication palestinienne sur
Un fait au moins paraît certain dans cette tragédie ; le malheur des uns ne fait guère le bonheur des autres...


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