mardi 12 janvier - par Lucchesi Jacques

Twitter vire Trump

 

Fin de règne difficile pour Donald Trump. Voilà que Twitter, son réseau social favori, ferme son compte. Mais est-ce une victoire pour la démocratie ?

 La nouvelle, vendredi 8 janvier, a surpris le monde entier : Twitter, le réseau social bien connu, le spécialiste du message politique en 280 signes, a décidé de supprimer le compte de Donald Trump, 45eme président des Etats-Unis encore en exercice. Motif : son appel à marcher sur le Capitole, deux jours avant, pour contester une élection présidentielle qu’il considère toujours comme usurpée. Ses supporters ne se le sont pas fait dire deux fois et on sait par quels débordements de violence s’est soldée cette manifestation, véritable coup de force contre la démocratie américaine. Rapidement Trump a changé son fusil d’épaule, appelant au calme ses partisans, soulignant même que c’étaient eux qui incarnaient l’ordre et la loi dans ce pays. Mais le mal était fait et il pèsera lourd sur le bilan de sa présidence. Considérant que le président américain était le principal responsable de cette flambée de violence populiste, les employés de Twitter ont donc demandé à leur patron, qui l’a acceptée, la fermeture pure et simple du compte de Donald Trump. Finies les petites phrases assassines que le locataire de la Maison Blanche se plaisait à offrir, chaque jour, à ses 88 millions de followers. Finie l’idylle présidentielle avec ce réseau social sans lequel – Trump l’a reconnu publiquement – il n’aurait jamais gagné l’élection de 2016.

Cette mesure, absolument inédite, prend d’ores et déjà l’allure d’un cas d’école. Car, reconnaissons-le, Trump n’est pas ce qu’on appelle un citoyen lambda. Et s’il peut être aussi brutalement censuré, on imagine alors ce que pèse le droit à l’expression des millions d’anonymes qui cherchent, eux aussi, à faire entendre leurs voix par les mêmes canaux. Quel recours peuvent-ils avoir face à un tel arbitraire 

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Oui la décision de Twitter soulève quelques questions graves. D’abord elle n’est pas vraiment courageuse, car elle arrive à l’extrême fin du mandat de Donald Trump. On dira certainement que celui-ci est allé trop loin, que c’est la goute d’eau qui a fait déborder le vase. Il n’en reste pas moins qu’elle aurait pu tomber plus tôt, par exemple lors des affrontements de Charlottesville en août 2017 - Trump n’ayant jamais condamné l’extrême-droite qui les avait déclenchés. Car il est relativement facile de se poser en défenseur des valeurs démocratiques face à un despote déjà à terre. Faut-il considérer Twitter comme l’un des nouveaux remparts contre la tentation autocratique qui taraude plus d’un dirigeant actuel ? Ce n’est pas si certain. Ou, au contraire, faut-il voir dans sa décision spectaculaire, une menace plus insidieuse contre la démocratie elle-même ? Car le pouvoir exorbitant acquis, ces dix dernières années, par les grands réseaux sociaux est en mesure de supplanter des décisions qui devraient toujours émaner de la justice et des états. Au bout du compte, c’est Twitter qui mériterait d’être recadré, comme d’ailleurs toutes les grandes entreprises qui prennent trop de libertés par rapport aux règles communes. C’est ce qui me semble ressortir de cette médiatique affaire. 

 Jacques Lucchesi



20 réactions


  • Rantanplan Rantanplan 12 janvier 17:26

    Bah quoi, c’est la main invisible qui régule le marché de la communication, non ?

    Manquerait plus que l’état s’en mêle !


    • Rantanplan Rantanplan 12 janvier 17:30

      @Rantanplan

      « Mais est-ce une victoire pour la démocratie ? »

      Tout de suite les grands mots.

      C’est du business, c’est tout.

      « Ce n’est pas personnel, c’est seulement les affaires » - Michael Corleone dans « Le Parrain ».


  • Yann Esteveny 12 janvier 18:01

    Message à tous,

    Cet acte de censure manifeste la part du PDG de Twitter Monsieur Jack Dorsey à l’encontre de Monsieur Donald Trump a le mérite de démasquer l’hypocrisie de ces prétendus démocrates de tout pays qui n’ont aucun respect pour les hommes qui expriment des idées différentes des leurs.
    Ce nouveau coup force contre la liberté d’expression par ces faux démocrates a le mérite d’être clair. Il était urgent que le masque tombe.


    • generation désenchantée 13 janvier 20:58

      @Yann Esteveny

      Twitter perdre 5 milliards en bourse suite a sa Purge , Trump était le seul président qui lui a fait gagner beaucoup d’ abonnés , plus de 86 millions de followers
      Il y a des désabonnements de twitters

      Et le moteur économique de Twitter était Trump , et les réactions a ses twits

      Maintenant en le Bannissant , ainsi que tous les conservateurs , et Amazon qui coupe l’accès aux serveurs d’une nouvelle plateforme pour ce public

      Je pense que ça va laisser des traces et que Biden et son administration vont avoir une présidence sous très haute tension a cause de la censure de Trump , ses partisans et surtout que les GAFAM viennent de se mettre a dos près de la moitié de la population américaine

      Si ces gens boycottent en masse les GAFAM et que les cours de la bourse de ses entreprises s’écroulent , la silicone vallée va vite avoir un gros problème avec des restructurations lourdes et les « démocrates » vont commencer a perdre le soutien de la moitié de la population et peut être plus , si les finances des groupes du numérique s’effondrent par le boycott de la moitié de la population US et d’autres pays dans le monde


    • generation désenchantée 13 janvier 21:22

      @generation désenchantée
      lien vers une vidéo qui en parle et qui est ma source sur ce post

      https://www.youtube.com/watch?v=o4J28MdtwnA


  • troletbuse troletbuse 12 janvier 18:12

    En France, c’est pareil. You Tube censure à tour de bras comme nos merdias.

    Vous n’entendez plus les voix discordantes sauf sur FS, Sud Radio et quelques autres.

    Ce lynchage me fait penser à Bernard Tapir qui au départ n’était pas un enfant de politichien, les seuks autorisés à afire de la politique car bien dociles.


  • Bendidon Bendidon 12 janvier 19:17

    TROMPE avait 80 millions de followers du coup crise de jalousie chez les autres

    Joe BIDON 23 seulement dont 20 millions de faux comptes (robots chinois)

     smiley


  • Initiativedharman Initiativedharman 12 janvier 19:51

    Merci à Twitter, nous n’aurons plus à lire les délires grossiers de Donald Trump.

    Malheureusement, Trump a nombre de médias à sa botte qui vont se faire un plaisir de le laisser s’exprimer.

    Heureusement, nous avons le choix de boycotter les élucubrations de Trump.


  • Jonas Jonas 12 janvier 20:46

    «  Twitter ... a décidé de supprimer le compte de Donald Trump, 45eme président des Etats-Unis encore en exercice. Motif : son appel à marcher sur le Capitole, deux jours avant, pour contester une élection présidentielle qu’il considère toujours comme usurpée. »

    Non, Donald Trump a été banni officiellement de Twitter pour « risque d’incitation à la violence », avec pour seule justification les deux tweets suivants publiés le 8 janvier :

    « Les 75 millions de grands patriotes américains qui ont voté pour moi, l’Amérique d’abord, faire de l’Amérique à nouveau un grand pays, auront une grande voix ouverte pour le futur. Ils ne seront pas traités irrespectueusement ou injustement en aucune manière ou en aucune forme. »
    et 
    « À tous ceux qui m’ont demandé, je n’irai pas à l’inauguration du 20 janvier »

    Il n’y a là rien de menaçant ou appelant à la violence et à la haine.
    Le bannissement de Twitter pour ces propos est tout simplement une aberration et une volonté politique assumée de détruire socialement et d’ostraciser Donald Trump. Des milliers de comptes référençant Donald Trump et ont également été bannis sans aucune raison.

    Le pire, c’est la masse de militants lobotomisés et abêtis qui approuvent cette censure politique comme étant une justification de la liberté d’expression ! Le début d’une ère totalitaire interdisant la liberté de penser.

    « La liberté c’est l’esclavage »
    George Orwell


    • Initiativedharman Initiativedharman 12 janvier 21:21

      @Jonas
      Ne parlez pas d’ère totalitaire qui interdit de penser puisque nous n’avons jamais eu autant de moyens de s’exprimer et de dire ce qu’on pense.
      Donald Trump a eu tribune libre dans le New-York Post pendant 4 ans, aujourd’hui le Post parle d’insanité à propos de Trump. Ouf !
      Viré de Facebook et de Twitter, Donald Trump n’a pas pour autant la bouche cousue comme on le constate tous les jours ou presque dans l’ensemble des médias français ou américains.
      Donald Trump peut encore s’appuyer sur Fox News qui lui est dédiée. ET il existe de nombreuses chaînes de télé pro-Trump qui ne manquent pas de relater les faits et gestes de leur mentor. Où est votre totalitarisme ?


    • Jonas Jonas 13 janvier 00:14

      @Initiativedharman « Ne parlez pas d’ère totalitaire qui interdit de penser puisque nous n’avons jamais eu autant de moyens de s’exprimer et de dire ce qu’on pense. »

      Vous rigolez ou quoi ? Twitter, Facebook, Youtube (5 comptes clôturés sur Youtube !) impossible de poster, comptes bannis dans les jours qui suivent, et même les réseaux sociaux indépendants comme Parler et Gab sont supprimés sur les smartphones et sont actuellement hors services sur PC !
      Où est la liberté de s’exprimer ?

      --------------------------
      « Donald Trump peut encore s’appuyer sur Fox News qui lui est dédiée. ET il existe de nombreuses chaînes de télé pro-Trump qui ne manquent pas de relater les faits et gestes de leur mentor. Où est votre totalitarisme ? »

      Trump et des milliers de ses collaborateurs ont été bannis de tous les réseaux sociaux (Twitter, Instagram, Youtube, Facebook, Snapchat, Twitch, Discord, Shopify, Stripe, Reddit...) qui ont une emprise tentaculaire puisqu’ils gèrent des milliards d’abonnés, d’institutions, et sont un moyen de se faire connaître.
      C’est une véritable campagne de dénigrement médiatique à l’échelle mondiale qui est à l’oeuvre contre lui. Il suffit d’allumer BFMTV, France Télévisions ou TF1 pour le comprendre.
      Le but étant de le tuer médiatiquement et socialement par un noyautage et une lobotomisation des cerveaux à l’échelle mondiale par des milliers de détracteurs appelant à la violence contre lui, qui eux, curieusement, ne font pas l’objet de bannissement des réseaux sociaux.
      C’est ça, le totalitarisme, la possession et l’utilisation des moyens de communication et de publication à grande échelle pour endoctriner les gens.

      « Comme d’habitude, le visage d’Emmanuel Goldstein, l’Ennemi du Peuple, avait jailli sur l’écran. Il y eut des coups de sifflet çà et là dans l’assistance. La petite femme rousse jeta un cri de frayeur et de dégoût. Goldstein était le renégat et le traître. Il y avait longtemps (combien de temps, personne ne le savait exactement) il avait été l’un des meneurs du Parti presque au même titre que Big Brother lui-même. Il s’était engagé dans une activité contre-révolutionnaire, avait été condamné à mort, s’était mystérieusement échappé et avait disparu. Le programme des Deux Minutes de la Haine variait d’un jour à l’autre, mais il n’y en avait pas dans lequel Goldstein ne fût la principale figure. Il était le traître fondamental, le premier profanateur de la pureté du Parti. Tous les crimes subséquents contre le Parti, trahisons, actes de sabotage, hérésies, déviations, jaillissaient directement de son enseignement. Quelque part, on ne savait où, il vivait encore et ourdissait des conspirations. Peut-être au-delà des mers, sous la protection des maîtres étrangers qui le payaient. »
      George Orwell - « 1984 »


  • Jonas Jonas 12 janvier 20:51

    « On dira certainement que celui-ci est allé trop loin, que c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il n’en reste pas moins qu’elle aurait pu tomber plus tôt, par exemple lors des affrontements de Charlottesville en août 2017 - Trump n’ayant jamais condamné l’extrême-droite qui les avait déclenchés. »

    Quand les démocrates appelaient à la violence contre Trump et ses partisans. Inutile de dire qu’aucune de ces personnalités n’a vu son compte banni par Twitter.


  • binary 12 janvier 21:37

    Le seul problème que pose facebook, twitter et google, est celui de leur inexplicable existence. Comment des sociétés qui ne produisent rien d utile, peuvent elle survivre ?


    • Philippe Huysmans, Complotologue Philippe Huysmans 12 janvier 21:56

      @binary

      Le seul problème que pose facebook, twitter et google

      Non il y en a un plus préoccupant...

      Désormais ces mêmes GAFAM se posent la question de l’utilité même de NOTRE existence.

      Et ils ont des flingues.


    • @Philippe Huysmans

      les gafam++ vont bientot exiger qu’ on retire le controle de l’ arme nucleaire au president US ... 

      On metra le Boutton sur un groupe facebook specialement dedié a cet usage smiley


    • Philippe Huysmans, Complotologue Philippe Huysmans 12 janvier 23:08

      @ㄈϤ尺Цら(« Pemileocrate repentis »)

      Te marre pas avec ça. Les États vont être réduits à être des coquilles vides, la classe politique ne servira plus à rien, et le pouvoir régalien passera aux mains de compagnies privées.

      Police, prisons, armée, tout !


    • @Philippe Huysmans

      je ne m’ en marre qu’ as moitié ...
      ca me rapellais un passage de la trilogie du neuromancien (william gibson)

      Dans le deuxieme compte zero , un petit pirate rentre sur les mauvais serveur d’ une grosse sociétéé multinationalle qui detient une armée privée ... ( dans ce monde les etas n’ ont plus d’ armée grace a ces meme société qui ont privatiser tout ce qui peut l’ etre ...

      le paté de maison finit atomisé par une frappe aérienne pour protéger les secret de l’ entreprise ... et l’ etat fait de son mieux pour couvrir l’ attaque en faiasnt passer ca pour un accident industriel ...

      ca paraissait tres cyberpunk dans les année 90 , la beaucoup moins ...
      et pour info les democrate ont pour projet d’ enlever le tir nuclaire a POTUS ..

      d’ ou mon petit delire ironique ...


  • Initiativedharman Initiativedharman 12 janvier 21:42

    Trump n’a jamais nommé l’extrême-droite concernant les évènements de Charlottesville. Jamais nommée ne veut pas dire condamnée. Nuance. Son discours était de la politique politicienne démagogique.

    Quant aux démocrates, ils appelaient à combattre les extrémistes. Noble cause.


  • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 13 janvier 08:53

    Certains tweets de Trump vieillissent mal. Ou bien. C’est selon. smiley

    « Loser terrorists must be dealt with in a much tougher manner. The internet is their main recruitment tool which we must cut off & use better ! » (15.09.2017)


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