lundi 20 avril 2015 - par J.MAY

Ukraine-Russie ou vol au-dessus d’un volcan

Le conflit ukrainien doit s'analyser dans le contexte des rapports historiques entre l'Ukraine et la Russie, et dans celui des contingences d'ordre géopolitique qui régissent les relations entre les E.U et la Russie.

Les rapports entre l'Ukraine et la Russie s'inscrivent dans un double contexte :

- un contexte historique "fondateur" que l'on ne saurait occulter sans tomber dans le déni partisan.

- un contexte géopolitique actuel, qui voit les États-Unis, par OTAN et Europe interposées, s'efforcer d'encercler la Russie et de limiter, sinon de réduire, ses efforts pour retrouver un rang mondial en rapport avec ses ressources naturelles, son potentiel économique …. et sa culture séculaire.

 

1. Le contexte historique

 

 Aucun historien digne de ce nom ne s'aviserait de nier l'étroitesse des liens qui ont, depuis leurs origines respectives, marqué les rapports entre les deux nations.

 Certes, il est de bon ton de rappeler que la Russie est "née" de l'Ukraine, ou plus exactement de la principauté de Kiev.

 Mais il est également utile de rappeler que l'Ukraine et la Russie ont, depuis lors, connu des rapports "d'amour et de haine" alternativement marqués par l'assujettissement de l'Ukraine à la Russie, ou "a contrario", ses velléités séparatistes et ses périodes d'indépendance.

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 Il est bon également de rappeler que lors de la révolution russe de 1917-21, a existé un mouvement anarchiste ukrainien qui s'est alternativement allié aux blancs contre les rouges et inversement, pour être finalement écrasé par les bolcheviques. Il s'agissait de la Makhnovshchina. Ce mouvement anarchiste ou libertaire, profondément enraciné dans la paysannerie ukrainienne, a été impitoyablement réprimé par le régime bolchevique.

Il est d'ailleurs relativement méconnu dans l'opinion française, qui est habituée à ne voir dans la révolution russe de 1917 que l'opposition entre "rouges" et "russes blancs".

 Autre évènement majeur longtemps nié, occulté, et n'ayant jamais bénéficié d'une quelconque instrumentalisation, contrairement à d'autres génocides, celui de l'holodomor.

On désigne par ce terme "l'extermination par la faim" dont La Russie soviétique s'est rendue coupable en Ukraine, véritable holocauste dont le nombre de victimes est chiffre, selon les sources, à près de 3 ou 5 millions.

 Cela explique, sans le légitimer, le "ralliement" d'une partie des Ukrainiens à l'Allemagne nazie lors de l'invasion de 1941. Le souvenir des exactions soviétiques était assez vif dans l'opinion ukrainienne, pour susciter un tel ralliement, qui fit préférer à nombre d'Ukrainiens l'envahisseur allemand à la défense de la "mère patrie" soviétique.

Dans le droit fil de ce comportement, il faut bien admettre que durant la période nazie, la plupart des "kapos" des camps de concentrations ont été ukrainiens, et que des milliers de soldats ukrainiens ont servi dans les rangs allemands (Division SS Galicie, Armée de libération ukrainienne, armée Vlassov)

 Au lendemain de la guerre, cependant, le souvenir des atrocités commises par l'envahisseur allemand, qui considérait tous les "Slaves" comme des "sous hommes", la glorification justifiée de l'héroïsme des libérateurs russo-ukrainiens, et l'effet majeur de la férule stalinienne, ont "soudé" l'Ukraine et la Russie au sein de l'URSS.

 Enfin, à la suite des changements de frontières intervenus après la guerre, le territoire ukrainien s'est déplacé vers l'Ouest (Pologne – ligne Curzon) tandis que le territoire Polonais a lui-même avancé vers l'Ouest au détriment de l'Allemagne (frontière Oder Neisse). Cela n'a pas été sans conséquences sur la composition démographique de la nouvelle Ukraine.

 

2° Le contexte géopolitique actuel

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 La situation actuelle doit donc être examinée en fonction de ces données, mais surtout en fonction du désir des Américains "d'encercler" littéralement la Russie et de l'empêcher de retrouver un statut de grande puissance, ce que n'admet tout simplement pas Poutine.

Sans en appeler aux mânes de Charles De Gaulle, qui fut simplement réaliste par rapport à la Russie, mais qui s'opposa positivement à la volonté américaine de faire de la France un protectorat au sortir de la guerre 39-45, il est permis d'observer avec sidération l'asservissement actuel de la France aux E.U et à leur bras armé, l'OTAN.

 Nous signalerons tout de même au passage que dans sa volonté d'établir avec Staline un partenariat destiné à contrecarrer tant soit peu l'influence américaine, De Gaulle renvoya en Russie plusieurs dizaines de milliers de soldats russes enrôlés dans la Wehrmacht, mais également des Russes déserteurs ayant rejoint les rangs de la résistance sur le sol français, et certains opposants au régime stalinien dont le seul tort était précisément celui d'être des opposants à Staline.

 Depuis, les socialistes français de la SFIO, et leurs successeurs du P.S, "atlantistes" avérés, ont repris avec les E.U des relations plus "inféodées", à tel point que l'on ne vit jamais un alignement aussi total que celui de nos gouvernants actuels, alignement dénoncé avec juste raison par le Front de gauche et – avec une certaine logique historique – par sa composante PC.

 Sans pour autant accorder à Sarkozy et Fillon une sympathie idéologique particulière, force est de reconnaître que leur approche de la problématique russe était, par ailleurs, bien plus "équilibrée" que celle des gribouilles qui nous gouvernent actuellement.

 Nous oserons dire enfin que l'extrême droite française et le FN ont une compréhension du rôle de la Russie en Europe plus intelligente et réaliste que celle de l'attelage qui régente présentement la politique extérieure de la France.

 Le Pouvoir et les médias atlantistes, majoritaires, orchestrent pour leur part sans retenue une désinformation orwellienne destinée à justifier et légitimer une opération devenue classique de "révolution" colorée, et une avancée de l'OTAN jusqu'aux frontières de la Russie, le tout étant caché derrière le paravent "démocratique" d'un "village potemkine", référence qui, en l'occurrence s'impose parfaitement.

 Nous voici donc, pour l'heure, plongés malgré nous dans une dangereuse situation de guerre au cœur même de l'Europe.



30 réactions


  • Laurent 47 20 avril 2015 20:06

    Les militaires soviétiques, durant leur contre-offensive vers Berlin, ont été accueillis en libérateurs par les ukrainiens...sauf ceux de Galicie qui, alliés des nazis, avaient massacré des milliers de juifs, tant en Ukraine qu’en Russie, ou en Pologne.

    Alors,il ne faut pas s’étonner si cette racaille revient sur le devant de la scène en Ukraine, avec l’aide bienveillante des Etats-Unis, du Canada, de la Pologne, mais aussi de la France !
    Laurent Fabius, notre Ministre des Affaires Etrangères ( ou des étranges affaires ), a eu même le culot d’affirmer, quand il s’est rendu à Kiev après le putsch, qu’il n’y avait pas de nazis en Ukraine !
    Lui, un juif ! Alors que toutes les organisations juives disent exactement le contraire, preuves à l’appui ! Son comportement me dégoûte, mais ses copains ne sont pas en reste ( François Hollande ou Manuel Valls par exemple ), pour cracher à la figure de la Russie, ce pays qui est le seul en Europe à refuser que le nazisme revienne ( ça leur a coûté 27.000.000 de morts en 39-45 ). Et maintenant, les cow-boys en rajoute, en armant les nazis et en les entraînant !
    La Russie est patiente, mais s’ils la cherchent vraiment, les Etats-Unis vont finir par la trouver, mais pas en Europe ! Ce serait trop facile ).
    Je pense plutôt à Washington, ou Ottawa, pour vérifier s’ils ont plus d’abris anti-atomiques que les russes ! Comme ça, on pourra tester in-situ les performances des missiles de croisière hypersoniques russes, et celles de leurs sous-marins !
    Alors chiche, Obama ?

  • confiture 20 avril 2015 20:20

    Reste que les Ukrainiens sont très bien décrits dans les bienveillantes de Johnatan Little et c’est pas triste....


    • J.MAY MAIBORODA 21 avril 2015 08:39

      @confiture


      Des Ukrainiens et non « Les » Ukrainiens.
      Mais le roman doit être lu, je vous l’accorde volontiers.

  • Pchetchkov 21 avril 2015 00:06

    En rappelant le contexte historique, en remontant aux origines de l’Ukraine et de la Russie et en évoquant l’ancienneté de leurs liens, mais aussi les périodes difficiles de ces relations, Maiboroda fait preuve d’une objectivité intellectuelle indiscutable, et donne à la discussion sur l’actuel conflit un éclairage historique indispensable.

    Toutefois, lorsqu’il évoque la famine des années 1930 (holodomor), l’auteur de l’article fait involontairement sienne l’une des thèses les plus contestables, soutenues par les nationalistes ukrainiens.

    Cette famine fait depuis longtemps l’objet d’un débat entre historiens, de nombreuses questions se posent, et deux remarques doivent immédiatement être faites :

    - il n’est pas démontré que cette famine ait été volontairement organisée. La question est en effet de savoir si cette famine a seulement été le résultat de réquisitions et de confiscations inconsidérées et insensées - dont le pouvoir soviétique porte en tout état de cause la responsabilité - , ou si le but poursuivi par les autorités était d’aboutir à une extermination d’une partie de la population

    - cette famine ne n’est pas limitée au territoire de l’Ukraine, et toute une partie du sud de la Russie a également été touchée par cette famine désastreuse. Il est donc inexact de soutenir que la Russie ou les Russes auraient voulu exterminer la population ukrainienne.

    Les nationalistes ukrainiens comparent néanmoins le holodomor à l’extermination des Juifs d’Europe, et soutiennent que les Russes auraient commis à l’égard de l’Ukraine un génocide comparable à la Shoah.

    La thèse du génocide des Ukrainiens par les Russes est non seulement absurde et fausse, elle est insupportable, car le peuple russe n’a jamais eu ni l’idée, ni l’intention, ni la moindre raison d’exterminer les Ukrainiens.

    Dire que « la Russie soviétique s’est rendue coupable en Ukraine d’une »extermination par la faim«  », laisse entendre que la Russie, c’est à dire les Russes, aurait volontairement procédé au génocide, à l’extermination de la population ukrainienne. C’est malheureusement et involontairement reprendre une accusation ignoble, proférée par les plus fanatiques des nationalistes ukrainiens.

    Est-il nécessaire d’ajouter que la thèse du holodomor, à supposer même que l’on puisse la soutenir, ne justifie en aucun cas la guerre civile, et les crimes qui sont aujourd’hui commis en Ukraine.


    • J.MAY MAIBORODA 21 avril 2015 07:45

      @Pchetchkov


      Laissez moi d’abord vous remercier pour la teneur générale de votre commentaire.
      Je préciserai en second lieu que, s’agissant de l’holodomor, la thèse soutenue par les nationalistes ukrainiens et surtout par les « occidentaux », dont nombre de nostalgiques de la guerre froide, prête efectivement à discussion.
      Je pensais qu’en parlant de Russie soviétique, le lecteur comprendrait qu’il ne s’agissait pas pour moi d’incriminer le peuple russe, mais la dictature bolchevique de l’époque et ses sbires.
      Il y aurait par ailleurs un débat à ouvrir sur le concept même de « génocide », mais cela n’est pas l’objet de mon propos du jour.
      Enfin, j’admets volontiers que mon article est à la fois inspiré par mes propres origines et par l’idéologie gnérale qui m’anime, ces deux composantes n’étant pas d’ailleurs obligatoirement en parfaite adéquation.
      Pour s’en rendre compte, il n’est que de lire :
      - le site de l’association Corse-Russie : http://www.kalinka-machja.com/
      - mon blog personnel : http://www.wmaker.net/u-zinu/



    • J.MAY MAIBORODA 21 avril 2015 09:16

      @Gadjo


      J’ai pris soin de lire attentivement votre article intitulé 
      «  Discrimination des mémoires : cas de l’Ukraine »
      Je pense qu’il mérite d’être lu parallèlement avec le mien. 

    • Pchetchkov 21 avril 2015 11:39

      @MAIBORODA

      Merci de votre réponse qui est tout à fait éclairante, et qui ne laisse aucun doute sur le sens de votre article. En fait, je n’ai jamais douté du sens de vos propos, mais j’ai craint l’interprétation qui pouvait en être faite par des esprits malveillants.


  • Pierre Pierre 21 avril 2015 05:10

    @ L’auteur,


    Cela explique, sans le légitimer, le « ralliement » d’une partie des Ukrainiens à l’Allemagne nazie lors de l’invasion de 1941. Le souvenir des exactions soviétiques était assez vif dans l’opinion ukrainienne,

    C’est une explication très contestable.
    Ce sont principalement les Ukrainiens de l’Ouest qui ont rallié les Allemands or cette partie de l’Ukraine n’a pas été touchée par la famine !
    C’est aussi faire injure aux millions d’Ukrainiens qui se sont battus dans l’Armée rouge contre les nazis.
    Enfin, comment expliquez-vous que ces légions ukrainiennes se soit aussi rendues coupables de massacres de 100000 polonais, de centaines de milliers de juifs et d’extermination de centaines de villages en Ukraine et en Biélorussie.
    Tous ces derniers n’avaient rien à voir avec la famine des années 30.

    Il n’y avait pas de sentiment antirusse en Ukraine centrale et de l’est jusqu’en 2014 et cela malgré toute la propagande tentant d’inventer un holodomor et d’ensuite l’assimiler à un génocide.

    • J.MAY MAIBORODA 21 avril 2015 08:26

      @Pierre


      1. Je prends votre commentaire comme un complément à mon propre article. On peut d’ailleurs le considèrer comme utile ou intéressant. Je le « plusse » en conséquence.
      2. Pour ce qui est de l’animosité ( le mot est faible) des Ukrainiens envers les Polonais, elle est à mon sens largement induite par le fait que l’envahisseur polonais a , depuis les origines ( royaume lituano-polonais), toujours cherché à s’étendre vers l’Est, ou plus exactement vers le Sud-Est.
      3. Quant à l’antisémitisme, qu’il s’agisse de l’antisémitisme traditionnel, de celui de la dernière guerre .... ou de l’actuel, il a été, et il est,, hélas, largement partagé par les Polonais et les Ukrainiens.

    • Pierre Pierre 21 avril 2015 10:22

      @MAIBORODA
      Merci pour votre réponse. Ce que je voulais mettre en exergue sans l’évoquer directement avec mon commentaire, c’est que le nationalisme ukrainien était déjà virulent en 1941-1945 dans l’est de l’Ukraine. 

      Je crois qu’ils voulaient déjà rendre leur pays ethniquement pur et que ce qui se passe actuellement en Ukraine est le bis repetita placent de ce qui s’est passé durant la deuxième guerre mondiale. Les Etats-Unis ont simplement remplacé l’Allemagne.
      Il est d’ailleurs intéressant de savoir que les soldats survivants de la division Waffen SS Galicie ont pour la plupart trouvé refuge aux Etats-Unis et beaucoup sont revenus depuis l’indépendance de l’Ukraine en 1991.
      Je vous laisse un lien vers un site qui parle de l’histoire de ces groupes nationaliste. (lien) Vous verrez qu’on n’y évoque pas la famine des années 30 comme motivation des volontaires.
      Il y a un point curieux mais pas étonnant. Le lien vers l’Institut de la Mémoire nationale polonaise ne donne plus de suite quand on l’ouvre. C’est concernant le massacre de 1000 polonais dans le village de Huta Pieniacka en Galicie en 1944. A mon avis, il ne faut pas évoquer les sujets qui fâchent pour le moment alors on les fait disparaître. Heureusement, Wikipédia a gardé une trace de cette étude. (lien)

    • J.MAY MAIBORODA 21 avril 2015 10:32

      @Pierre


      Merci pour les liens. Il est toujours utile d’élargir ses sources de documentation.

    • Pierre Pierre 21 avril 2015 14:40

      Correction. c’est que le nationalisme ukrainien était déjà virulent en 1941-1945 dans l’ouest de l’Ukraine au lieu de « c’est que le nationalisme ukrainien était déjà virulent en 1941-1945 dans l’est de l’Ukraine » mais je crois que tout le monde a rectifié mentalement en lisant la phrase.


    • wesson wesson 21 avril 2015 16:17

      @Pierre et @l’auteur,


      comme Pierre, je trouve très contestable d’expliquer l’animosité des Ukrainiens envers la Russie par l’histoire précédent la 2ème guerre mondiale, notamment l’holomodor tel que on essaie de nous le re-vendre.

      C’est au moins « amusant » de voir que ceux qui en évoquent le plus le souvenir sont ceux qui ne l’ont pas subi : La région de Lvov étant d’ailleurs Polonaise de 1921 à 1939, et avant elle a même été Autrichienne. Il se plaignent donc d’avoir subi une famine qui se passait alors dans un autre pays.

      Il faut également rappeler que « l’Holomodor » tel que on nous le représente aujourd’hui est une copie conforme de la présentation qu’en faisait la presse nazie de William Randolf Hearst avant guerre, utilisé alors pour justifier une intervention Allemande en Ukraine - pour « libérer » les populations locales. 

      On pourra d’ailleurs lire à ce sujet le livre bien documenté de « Douglas Tottle : Fraud, Famine, and Fascism : the Ukrainian Genocide Myth from Hitler to Harvard » (Lien vers le PDF), ou également lire les travaux d’Annie Lacroix-Riz sur le sujet.

      Pour en revenir au sujet, l’animosité des « Ukrainiens » contre les Russes concerne essentiellement l’Ouest du pays, dans les régions qui ont été auparavant Polonaises. Cette animosité date d’ailleurs de plusieurs siècles. Dans l’Ukraine actuelle, elle était quand même très très limitée jusqu’à Maidan, et ne perdurera probablement pas au delà du gouvernement Ukrainien actuel, qui compte tenu de son état de décomposition ne devrait quand même plus perdurer bien longtemps, même avec l’aide des Américains et des Européens.

  • Le p’tit Charles 21 avril 2015 08:20

    +++
    Bel article...mais la réalité est plus simple...(il me semble)
    Déstabilisation de ce pays avec le concours des USA/UE pour mettre au pouvoir des hommes soumis a l’Amérique...(rien de mieux que des nazillons...)
    Faut bien installer des missiles dans ce pays pointés vers la Russie...alors tout est bon pour mettre le bordel et contrer la puissance de Poutine... !


  • Elliot Elliot 21 avril 2015 13:07

    Il est toujours bon d’éclairer le présent par le passé - rien n’est jamais ni tout blanc ni tout noir - et d’extrapoler le futur en analysant les forces dominantes en présence. 

    Que Jean Mairoboda soit remercié pour cet éclairage même si je n’en partage pas toutes les affirmations et notamment sur l’organisation de la famine : je pense qu’elle fut plutôt la conséquence d’une ineptie politique ( un dégât collatéral comme on se défausse aujourd’hui ) que sciemment décrétée comme la propagande occidentale anti-communiste en a fait état. 

    Afin de maintenir le flou sur les motivations profondes des ingérences étrangères en Ukraine, s’abriter derrière le résultat des élections ( dont on ne sait dans quelle mesure elles furent réellement libres mais où se manifestent de toute manière des comportements moutonniers inhérents à ce genre d’exercice ) est de bon ton pour délégitimer le message de ceux qui se font l’écho d’informations sur le rôle dominant de certains groupes miliciens ouvertement néo-nazis ( pourquoi néo après tout ? ) dans les jeux de pouvoir à l’oeuvre à Kiev.

    Ils sont l’architecture que l’UE ne veut pas voir du pays légal et dominent par l’intimidation le pays réel.

    On peut volontiers imaginer que tous les Ukrainiens ne portent pas une affection démesurée à leur grand voisin, certains ont souffert des rigueurs du stalinisme mais beaucoup ont aussi affronté l’envahisseur nazi dans les rangs des partisans avec les soviétiques et cela aussi tisse des liens par-delà les générations.

    Mais ce qui est plus que plausible, c’est qu’une majorité des Ukrainiens - s’ils étaient mis dans les conditions de pouvoir réfléchir sereinement - ne devraient pas apprécier de servir de valetaille à des intérêts géo-stratégiques qui sont une insulte non seulement à la logique géographique mais aussi à la simple complémentarité économique.

    Derrière les palinodies de l’U.E agissent des groupes agro-alimentaires, américains pour la plupart, qui ne rêvent que de constituer à l’échelle de l’Ukraine des exploitations industrielles où ils pourraient à la fois déverser semences, engrais et dominer dans un monopole commercial les ressources alimentaires de centaines de millions d’humains.

    Avec les conséquences que l’on devine en matière de gouvernance sous tutelle pour toute une kyrielle d’états non auto-suffisants.

    Indépendamment du fait que Poutine ne peut tolérer sans déchoir ce coin atlantiste enfoncé dans son flan, il me semble que les Ukrainiens ne peuvent accepter cet asservissement programmé d’une nouvelle division internationale du travail et devenir sans réagir des supplétifs sans réelle envergure, des pions mineurs dans un grand échiquier mondial.


    • Aristide Aristide 21 avril 2015 17:11

      @Elliot


      Quand vous parlez de comportement moutonnier lors des élections c’est du vote de la Crimée dont vous parlez ? Non, ah bon, c’est simple, c’est les moutons à Kiev et les lucides en Crimée. Vous parlez de « conditions de pouvoir réfléchir », c’est quoi, le retour au centralisme démocratique et à l’admiration du petit père des peuples ?

      Quant à vos explications, nul besoin de parler de ce fameux grenier de l’Europe, c’est une vieille lune. La France produit presque deux fois plus de blé que l’Ukraine. (40 MT soit 28% de la production de l« UE en 2014 qui est de 142 MT contre 22 MT pour l’Ukraine). 

      La »domination dans un monopole commercial des ressources alimentaires de centaines de millions d’humains« , cela fait un peu discours de tribune lors des comité centraux du parti local.

      Chacun sa théologie.

      PS : Votre envolée lyrique finale est assez époustouflante, bravo pour  »les pions mineurs dans un grand échiquier mondial« , ça c’est de la métaphore, de la bonne.Cela me rappelle Audiard qui aurait dit que c’est plutôt une périphrase pour »esclaves« .

      Allez du Audiard pour la route :
      - »J’ai bon caractère mais j’ai le glaive vengeur et le bras séculier. L’aigle va fondre sur la vieille buse.
      - C’est chouette ça, comme métaphore.
      - C’est pas une métaphore, c’est une périphrase.
      - Oh fait pas chier !
      - Ça, c’est une métaphore."

    • J.MAY MAIBORODA 22 avril 2015 06:50

      @Elliot


      C’est toujours un plaisir que de « controverser » avec Elliot.
      Cordialement.

    • Elliot Elliot 22 avril 2015 11:51

      @Aristide
      La métaphore parle à l’intelligence de celui qui la lit. 

      La périphrase est dans l’esprit de celui qui en use.
      Dans un cas c’est une image bonne ou mauvaise.
      Dans l’autre, c’est du second degré.
      Pour répondre à vos doutes concernant l’agenda - pas si caché que cela des multinationales de l’alimentation - sachez que le sol ukrainien est un des plus fertiles du monde, que les rendements à l’hectare assez faibles - en raison de faiblesse structurelles - ont des possibilités d’optimisation considérables, ajoutez-y la perspective de semences génétiquement modifiées ( et ce n’est pas une apparence de gouvernement qui va s’opposer à leur usage ), la filière des engrais et pesticides ( aux mains des mêmes multinationales ) et la perspective de prendre en charge la commercialisation du blé ( et autres productions céréalières ) et vous aurez de quoi peser sur un marché spéculatif qui annonce des demandes proches d’un milliard de tonnes (couvertes à 75 % aujourd’hui )

  • Aristide Aristide 21 avril 2015 15:19

    Un vrai article de propagande russophile face à la propagande de l’autre camp ...


    Ne cherchez pas un seul point qui serait au désavantage de la Russie dans cette affaire, nulle trace d’oligarques à l’Est, nulle trace de barbarie, d’exactions, ...

    Enfin, deux camps d’oligarques prêt à en découdre jusqu’au bout pour se partager le pays, devant une population exsangue, manipulé par les uns et les autres et fournissant la chair à canon des deux camps.

    Et quoi de mieux que de réveiller les vieux démons, le nazisme des uns contre le stalinisme des autres pour justifier la barbarie des deux camps aujourd’hui. 



    • lsga lsga 21 avril 2015 15:22

      c’est magnifiquement dit.


    • J.MAY MAIBORODA 21 avril 2015 15:59

      @lsga


       ??????

    • J.MAY MAIBORODA 21 avril 2015 16:10

      @Aristide


      A PROPOS DE LA SITUATION UKRAINIENNE

      Communiqué de l’Association Corse- Ukraine- Russie kalinka-machja 

      http://www.kalinka-machja.com/

      Notre association compte parmi ses membres des Ukrainiens (ou descendants d’Ukrainiens) ayant des sympathies pour le nouveau pouvoir installé à Kiev, et d’autres ayant des sympathies pour les « Ukrainiens de l’Est ».

      Kalinka-Machja compte en outre des Russes (ou descendants de Russes) proches des thèses défendues par les séparatistes de l’Est.

      Nous ne pouvons donc ignorer la situation actuelle. La déchirure qui marque la population ukrainienne a d’incontestables répercussions sur la diaspora originaire d’Ukraine et de Russie en France. Nous n’y échappons pas

      Mais nous ne désirons pas transposer ici les divergences idéologiques respectives et les antagonismes qui conduisent les deux camps à s’affronter par les armes. Nous ne pouvons que souhaiter le retour à la raison et à la paix. 

      Nous ne saurions donc prendre parti pour l’un ou l’autre des protagonistes, et nous laissons nos adhérents libres de leurs options, de leurs opinions et de leurs sentiments, en nous efforçant de conserver une difficile neutralité.


      Les miennes respectent la pluralité (divergente) des opinions qui prévalent dans notre association, mais elles s’expriment librement à travers mon blog personnel ;

      http://www.wmaker.net/u-zinu/


    • Aristide Aristide 21 avril 2015 16:41

      @MAIBORODA


      Je ne conteste pas votre respect de la pluralité des opinions sur le sujet. Je n’ai fait que juger sur pièce , en occurrence un article des plus Russophiles, très partisan.

      Vous avez tout à fait le droit de présenter ce conflit comme la conséquence seule et certifiée de l’attitude d’un Occident à la recherche de nouvelles zones à convertir au libéralisme. rien de très nouveau dans l’argumentaire sur l’impérialisme occidental, en partie justifié, c’est vrai que le partage des zones d’influence est un équilibre assez instable de nature. Une présentation d’un Occident affublé de tous les défauts, normal.

      J’ai noté une petite tendance à l’accusation assez facile de nos chers gouvernants socialistes. La aussi, rien de nouveau, les communistes ou PG ou d’un FG moribond, se lâchent plus facilement sur leurs alliés électoraux que sur leurs adversaires FN et autre UMP.

      Par contre, rien sur l’Est, si ce n’est les rappels historiques glorieux, aucun oligarques ou nationalistes, aucune trace d’exactions, aucune intervention étrangère non plus, .. 

      Avec vous pas de doute sur le camp du bien et celui du mal. Cette vision binaire me semble assez incompatible avec vos engagements pour une réconciliation des deux camps.



       

       

  • Lucide bdpif@laposte.net 21 avril 2015 16:48

    Quoi la guerre ???? (choc) Encore ?


    On l’attends depuis trois mois déjà, quelqu’un a des news ? Une date ? Non, parce que moi depuis les derniers articles d’agoravox, je suis toujours dans ma cave, completement flippé, avec 25 kilos de sucre en attendnat les bombardements de l’otan.

    • Lucide bdpif@laposte.net 21 avril 2015 16:52

      @Mtoi meme


      Moi j’attends toujours. j’ai bien suivi tout les articles. J’attends donc les soldats du 4 eme reich anglo saxon qui vont tout bruler, et violer nos femmes, pour le fun, et j’attends d’etre libéré par les soldats polis vert pro russes, gentil qui vont me donner du chewing gum.

    • Lucide bdpif@laposte.net 21 avril 2015 16:58

      @bdpif@laposte.net

      Bien entendu à mon niveau je vais voter pour madame Lepen, puisqu’elle est la seule qui comprenne ( et qui est financé par la Russie), le front national, c’est bien connu, c’est un peu le rempart contre le faschisme et la nazisme. Cà coule d’evidence.

    • Lucide bdpif@laposte.net 21 avril 2015 17:01

      @bdpif@laposte.net


      Par contre j’ai fait comme agoravox ma dis. j’ai brulé et eliminé toutes autres sources d’informations autre que SPoutnik.cone . lplus simple à refléchir. Là bas au moinsut le monde est d’accord et de toute facon les commentaires sont fermés. Et c’est bien plus clair que tout ses medias aux ordres des repttiliens de la cia. Aa moi on me la fait pas. lecteur d’agoravox, je suis bien bien plus malin que les autres qui regardent tf1 (ces beaufs ;)

    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 24 avril 2015 07:33

      @bdpif@laposte.net
      Alors c’que vous pouvez tenter, c’est vous isoler derrière une cage de Faradey ou encore couvrir votre habitation d’un cm de plomb, ainsi vous serez protégé des ondes de la NSA. Si vous êtes sympa, je vous filerai le N° de Snowden...et souvenez vous toujours de cette grande maxime immuable de Lao Tf1 : rien ne sert de pourrir il faut moisir à point ! "... heu pardon Lao Tse.


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