mercredi 25 juillet 2012 - par Gabriel

Un travail what else ?

Occupation, fonction, emploi, ouvrage, besogne, oeuvre, activité, métier, production, boulot, exercice, effort, job, profession, tâche, labeur. Le travail est devenu la prière des esclaves alors que la prière est le travail des hommes libres. Pour d’autre, il est devenu un alibi, une fuite.

       A l'entrée de ce qu’était le camp de travail d'Auschwitz on peut lire l'inscription pour le moins paradoxale : "Arbeit macht frei" ("Le travail rend libre"). Placée en ce lieu d'esclavage et de mort, l'affirmation nazie paraît non seulement ironique, mais surtout déplacée, sordide et profondément nihiliste. Mais, elle incite aussi à se questionner, au-delà du côté néfaste des idées nazies (totalitarisme et génocide) y aurait-il une part de vrai dans cette affirmation. Peut on acquérir la liberté par le travail ? Cette affirmation part du fait présupposé qu’on ne peut pas être libre si on ne travail pas.

       Aujourd’hui le travail se résume à une certaine forme d’esclavage présentée comme indispensable et incontournable. Les maîtres de la finance nous font savoir que le simple fait d’en avoir un est un cadeau, une chance, une faveur. Dans la société qu’ils nous ont bâti, le treizième travail d'Hercule est justement de trouver un emploi. A l’heure actuelle le capital qu’ils amassent sur le dos des salariés n’est rien d’autre que du travail volé.

      L’exploitation salariale par les bas salaires, la pression et la non considération ne peut engendrer que des produits ou des services bâclés. Car, à traiter les gens comme des cochons on obtient un travail de cochon. Traitez les gens comme des hommes et vous obtiendrez un travail d’homme, cela parait évident et simple à dire pourtant, de plus en plus de dirigeants rongés par la cupidité s’évertuent à rabaisser ceux qui les enrichissent ; comble de la stupidité. Avec leur système, l'ouvrier s'appauvrit d'autant plus qu'il produit plus de richesse, que sa production croît en puissance et en volume. L'ouvrier devient une marchandise. Plus le monde des choses augmente en valeur, plus le monde des hommes se dévalorise, l'un est en raison directe de l'autre. Le travail ne produit pas seulement des marchandises, il se produit lui-même et produit l'ouvrier comme une marchandise dans la mesure même où il produit des marchandises en général. Cependant, une société entièrement mécanisée serait une société complètement déshumanisée

       Le travail sert à l’équilibre psychologique et économique d’une société et pour cela, il devrait être considéré et traité comme une vertu. Aussi faut-il des bases et des règles. Il faut que le travail soit bien exécuté. C’est entendu. C’est un primat. Il ne faut pas que cela soit bon pour le salaire, le patron, les connaisseurs ni même pour les clients du patron. Il faut que son exécution soit bonne pour elle-même, en elle-même, en son verbe même. Une tradition venue et ancrée en nous même, issue du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur veut que le travail soit bien fait. Toute partie d’une réalisation qui ne se voit pas, doit être aussi parfaitement bien faite que ce que l’on voit. C’est le principe même des cathédrales. Il doit être justement rémunéré, récompensé par une répartition proportionnelle et égalitaire des richesses produites. Il doit être choisit et non subit. Tout cela implique forcement le rôle social d’une société afin d’en préserver son équilibre.

       Basé sur ces principes, le travail n’est pas aliénant mais enrichissant et son but n’est pas d’être le rendement mais la qualité du service rendu. Car qui dit rendement dit pression, qui dit pression dit contrainte et qui dit contrainte dit aliénation et destruction de l’identité humaine et on en revient, comme avec le crédit, à une situation proprement féodale, celle d'une fraction de travail due d'avance au seigneur, au travail asservi.

       L’homme se réalise en partie dans le travail, il y trouve tout ce qu’il lui faut pour réaliser son humanité. Le travail n’est pas seulement une nécessité sociale contingente n’ayant lieu d’être que pour assurer nos besoins et n’existant par exemple que parce que la nature n’est pas abondante ou pas pourvue d’objets préconstruits. Si la nature a besoin d’être travaillée, c’est peut-être afin que l’homme se fasse lui-même.

       Pour Aristote, ce qui fait de l’homme un homme, c’est l’intellect, l’esprit. Seulement, il inverse le rapport travail esprit, si l’homme est avant tout un esprit et est homme par cet esprit, il doit le cultiver. Et cela, il ne peut le faire que s’il ne travaille pas. Pour cultiver librement son humanité, son esprit, on doit pouvoir méditer à notre aise, réfléchir, bref, philosopher. Pour ce faire, il faut être délivré du souci des contraintes matérielles. Comment penser tranquillement si on doit perdre son temps à travailler toute la journée pour se procurer son pain ? Conséquence : le travail nous asservit à la nécessité, aux besoins du corps. Il nous rend esclaves du besoin et de la nature.

       Actuellement, l’homme ne travaille qu'à remplir la mémoire, et laisse l'entendement et la conscience vide. La finalité de l'homme n'est pas le travail pour le travail mais la faculté à acquérir une certaine liberté spirituelle par une production intellectuelle ou manuelle pour la communauté. Ne pas chercher à être le meilleur, essayez seulement de donner le meilleur de soi-même.

       « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front » (Genèse, III, 19). Ainsi, le travail à l'origine semble exprimer la servitude de l'homme, et l'on peut regretter un état où l'homme n'avait pas besoin de travailler, et donc apparaissait libre. 

 Notre vie se résume à planter un arbre, le regarder grandir, le débiter en planche pour s’en faire un cercueil et s’y coucher à l’intérieur. Fasse que ce soit avec le sourire afin d’y faire bonne figure…



30 réactions


  • easy easy 25 juillet 2012 12:04


    Je n’ai jamais gagné ma vie (on sait le sens curieux de cette expression) par de l’intellect pur, à la manière d’un journaliste ou d’un écrivain.
    Je ne l’ai gagnée qu’avec une part, parfois très importante, d’actions manuelles (genre charpentier, ébéniste, cuisinier...)
    Mais je me suis tôt retiré des affaires et depuis, je pense certainement beaucoup plus.

    Je pensais aussi autrefois quand je rampais dans des vides sanitaires pour raccorder quelque tuyau d’évacuation ou passer quelque ligne électrique. Je pouvais penser à toute autre chose. Mais le danger et le risque de mal faire était si important que ma concentration à la tâche ne me permettait pas de vagabonder bien loin ou longtemps.

    Oh, tout en perçant 300 trous (de manière répétitive, c’est important de le souligner) dans du béton, je pouvais réfléchir aux visions de Schrödinger et aux réserves d’Einstein, réfléchir aux aphorismes des uns et aux maximes des autres. C’était possible sur ces choses là, mais pas sur moi-même, pas sur le travail par exemple.

    Mais attention, si je ne remettais pas en cause mon travail (en son principe) c’était en fait surtout parce que de lui dépendait le confort de mon épouse, de mes enfants et de mes autres parents.


     
    Vous remarquerez que vous avez montré des photos de travailleurs manuels dans mon genre mais qu’il ne s’agit alors que d’hommes. Les femmes aussi ont toujours fait des travaux manuels mais ils étaient moins impressionnants. Couper des sardines c’est moins photogénique.

    En tous cas, dans les années 70 ou 90, il n’était plus idéal pour la majorité des Français que la femme soit encore astreinte à des travaux manuels (en entreprise comme à la maison) et l’explosion de l’électroménager le prouve. Il devenait idéal que le mari s’échinât éventuellement à un travail manuel mais que son épouse s’affairât à des tâches domestiques robotisées ou à du secrétariat, à des soins...


    Dans le bain de mon époque, je voyais donc ma peine aux travaux manuels comme la preuve irrégragable que je faisais bien le maximum pour les miens. Je considérais que si je n’avais gagné ma vie qu’en écrivant ou en jouant du piano, je n’aurais pas offert tout de moi et ça m’aurait culpabilisé. Il me fallait me crever à la tâche pour me sentir bien. Et il m’est parfois arrivé de choisir la solution la plus pénible pour réaliser une opération. Par exemple monter des charges par l’escalier au lieu de prendre le monte-charge (En passant par un prétexte écologique) 

    Et toute cette peine, des dizaines de blessures corporelles pour avoir la satisfaction d’offrir aux miens des lits king size, des rideaux de soie et des meubles décorés à la feuille d’or.
     

    Selon les schèmes ou idéaux sociaux il peut donc arriver qu’un homme entreprenne les travaux les plus pénibles et risqués rien que pour se convaincre d’avoir tout donné de lui. Si l’on tient compte de ce fait (qui ne se produit probablement que dans certains contextes porteurs de certains idéaux) alors il ne faut pas forcément plaindre un homme en train de ruiner sa santé au travail.
     
    Ce qu’il faut examiner chez un manuel c’est certes le tassement de ses vertèbres, la silicose de ses poumons mais c’est aussi sa fierté et les ouvriers que vous montrez étaient tous très fiers de leur courage ou engagement total.
    Un ouvrier qui s’esquinte la santé au travail sait parfaitement le mépris qu’éprouvent les intellectualistes à son égard. Mais il se voit accomplir des choses que ces intellectualistes n’osent ni ne peuvent accomplir et ça le comble de fierté. Fierté qui n’est alors qu’intime ou corporatiste mais qui ne cherche pas à se faire entendre au-delà.

    Le mineur des corons, s’il a du travail, se sent bien plus souvent heureux et fier que Rimbaud, Nietzsche ou Trakl.

    Mais arrive le moment où les travailleurs manuels deviennent une trop petite minorité et dans ce cas, 99% de la rumeur sociale devient porteuse de l’intellectualisme. La fierté de l’homme de peine se retrouve dans un placard. D’autant que si son image est parfois exhibée, c’est dans un contexte homophile.

    Aujourd’hui, le tâcheron dans mon genre n’a quasiment plus d’existence sociale et même vis-à-vis de son épouse ou de ses enfants savants, il passe pour un idiot voire carrément pour un bon à rien.


    Dans les années 60 ou 70, il y avait encore des feuilletons télé où l’on montrait les possibilités d’un ouvrier d’être fier de sa peine, de sa sueur au front (Cf. Ardéchois coeur fidèle).

    De nos jours, il y a certes ’Les déménageurs de l’extrême’ mais c’est la technologie qui en est la véritable vedette.


    Il n’y avait pas lieu de plaindre un de ces gars que vous montrez mais faut certainement plaindre le manouvrier d’aujourd’hui (souvent un étranger).


    A l’époque où il restait encore une grande proportion de sueurs, les intellectualistes gagnaient souvent bien leur vie et était même très souvent millionnaires. Ces pensistes savaient ne pas engager leur corps, ne pas faire de sacrifice d’eux mais ils pouvaient se satisfaire de leur fortune et de leur gloire.

    Mais de nos jours où la plus grande proportion des employés opèrent à des tâches non vraiment pénibles et aux allures plus intellectualistes pendant qu’ils ne gagnent que le SMIC, ça devient dramatique. Car ça leur donne l’impression que leur pensée ne vaut rien.
    Leurs forces physiques ne sont pas sollicités et ne valent plus rien par rapport aux robots, leurs pensées ne valent rien ou pas grand chose non plus, résultat, ils se sentent humiliés et impuissants. Ce qui se traduit par des pertes de foi dans les foyers et des trains de divorcés.



    • Gabriel Gabriel 25 juillet 2012 12:59

      Bon jour easy,

      Concernant le choix des photos n’y voyez rien de sectaire ou sexiste. Je les ai choisis fonction de leurs esthétiques. Je suis en grande partie d’accord avec vos propos comme quoi un travailleur peut être et doit être fier de son travail et cela lui est d’autant plus facile qu’il le choisit et non le subit. Ce qui est, malheureusement aujourd’hui, de moins en moins le cas. Le travailleur manuel a, bien entendu, autant de valeur que le travailleur intellectuel. Aucun des deux n’est supérieur à l’autre (Sauf dans l’esprit des imbéciles) car ils se complètent pour le bien de la société, que vaudrait un architecte sans charpentier, maçon, plombier etc …( Quant au tâcheron dans votre genre qui passe pour un idiot (Je vous cite), si votre niveau de réflexion était la norme, nous serions dans un monde un peu plus stable et humain qu’il ne l’est aujourd’hui…) La destruction et la non reconnaissance de celui qui nourrit (Le travailleur) feront que bientôt nous crèverons tous de faim. Merci pour cet intéressant laïus. Cdlt 


    • easy easy 25 juillet 2012 14:33

      Je me doutais bien que vous avez choisi ces photos pour leur esthétique. Et je considérais aussi que vous n’aviez pas grand choix. Les photographes de l’époque trouvaient bien plus parlant de saisir les risques et performances des ouvriers des secteurs primaires et secondaires que le travail moins spectaculaire des couseuses ou des dentelières.

      Le travail de ces hommes est scopiquement parlant plus explicite du sacrifice de soi pour son foyer, pour sa patrie, en même temps que la fierté qu’on peut tirer de ce don de soi.
      (Dans l’Amérique anti communiste on brandissait le même argument de fierté ouvrière qu’en URSS)

      Ces images contrastaient déjà avec celles des soldats qui étaient plus souvent saisis en train de subir qu’en train de s’imposer. Photos alors plus humiliantes et de toutes manières affligeantes.

      Et elles contrastent complètement avec celles qui montraient les mêmes hommes faisant la queue pour mendier une soupe lors de la grande dépression.
      Où, en dépit de sa fierté, l’ouvrier réalisait qu’il dépendait de la volonté ou de l’humeur d’un intellectualiste de se voir confier un travail méritoire.


      Vos photos illustrent très bien la fierté par le don de soi en toutes ses dimensions et montrent donc ce qui était encore, à la limite, mon cas mais n’illustrent évidemment pas la situation actuelle. Aujourd’hui, c’est dans un Mac Do qu’on peut faire des photos représentatives de ce qu’est devenu le travail.

      L’émergence des attaques contre les serveurs, contre les pompiers ou contre les soignants nous prouve que le travail n’est plus support de fierté. Ca tient au fait qu’il apparaît comme exigeant nettement moins de sacrifice de soi parce qu’il y a trop de protections en tous genres.
      Et ça vaut même pour les militaires ou CRS hyper caparaçonnés.


      En 1870, on avait des Gambetta qui trouvaient naturel de prendre de très gros risques en sortant de Paris encerclée par montgolfière (cet italien d’origine ayant reçu un éclat de métal dans l’oeil en admirant le travail d’un ouvrier coutelier)
      De nos jours, on ne voit plus que des politiciens multipliant leurs parachutes.



      J’ai été ergonomiste. Je fabriquais toutes sortes de bidules pour améliorer les conditions de travail, surtout des femmes dans le tertiaire où ce n’est ni la mine ni les quarantièmes rugissants. J’inventais ces améliorations à la demande des CHSCT et des patrons soumis aux revendications de leurs salariées. Mais je pensais qu’on prenait une direction stérilisant la fierté du don de soi.

      Il faut s’épuiser et mourir de s’être donné pour se sentir fier.
      Même un musicien peut se mettre volontairement en danger. Cf Rostropovitch 

      Vivre de s’être protégé ne procure pas cette sensation


      La question du travail avec don total de soi ne concerne pas les femmes. Elles s’épuisent déjà par l’enfantement.
      Le travail incluant le sacrifice entier de soi ne doit concerner que les hommes. Eux seuls doivent se tuer à la tâche.

      S’ils ne le font pas, s’ils ont comme premier soucis de se protéger, s’ils se trimbalent des protections plus lourdes qu’eux, ils restent des enfants, ils se planquent derrière les femmes et n’accèdent pas à la fierté que connaissaient ces hommes que vous nous montrez. C’est alors que surgi, par compensation, la fierté par l’avoir, la fierté matérialiste qui débouche sur l’arrogance tant les écarts de fortune peuvent être grands.


      De même que l’incendie de Londres en 1666 avait lancé le sens de la protection contre les risques d’incendies, la crue de 1910 avait lancé le sens de la protection contre les inondations. Se protéger des risques en tous genres, s’assurer contre tous les accidents ou déboires est devenu une préoccupation trop centrale qui fait perdre de vue le sens du courage à entreprendre comme celui de se relever de décombres ou de turpitudes.


    • Gabriel Gabriel 25 juillet 2012 15:08

      Je pense que la fierté peut s’acquérir autrement que par le biais d’un travail. Celle-ci peut aussi accoucher d’un service rendu, d’une main tendue, du bénévolat etc… La possession d’un travail reconnu (En tant que salarié ou artisan) est la condition incontournable à la survie citoyenne dans l’environnement moderne actuel et, c’est malheureusement la seule condition qui fait foi avec un seul critère : « La pertinence financière ». Maintenant, à l’instant ou nous échangeons, quelque soit la société seul le rendement importe. Que le travail soit bien fait, cela ne compte guère, ce qui prévaut c’est la facturation au client et non sa satisfaction. A faire travailler des personnes à bas salaire afin d’enrichir plus rapidement dirigeants et actionnaires, la conscience professionnelle disparaît et le job effectué ne devient plus, pour le travailleur, qu’alimentaire. Il s’en désintéresse car il est forcé et il le subit. Soit, on redistribue les richesses créées par le travail de manière juste et équitable, soit on change de paradigme en oubliant la notion de travail et en se basant uniquement sur la notion de service rendu à la communauté où chacun doit prendre part selon son utilité. Utopie, me direz vous, évidement et vous auriez raison. Cependant, je ne vois pas d’autres issues.


    • easy easy 25 juillet 2012 16:43

      Bien entendu que la fierté peut jaillir d’autre chose que de son travail pénible. Il y a mille autres biais pour établir son amour-propre.

      Mais il se trouve que le travail est un échange avec les autres qui nous occupe au minimum 8 h par jour. Si cet élément central de notre vie ne nous offre pas cet amour-propre, c’est notre plus sûre et plus saine occasion qui est perdue.

      D’autre part, les autres biais par lesquels nous pourrions récupérer un amour-propre perdu au champ du travail pourraient s’avérer bidons et l’abbé Pierre était de cet avis.
      Si ce n’est pas en risquant sa vie au travail qu’on construit sa fierté, si ce n’est qu’en écrivant des lettres aimables aux uns et aux autres, on peut, de fil en aiguille, en venir à tirer de la fierté de n’importe quoi y compris de l’exploitation et du meurtre d’autrui.



      La vie est fondamentalement dure et sauf à vivre dans le plus grand dépouillement ou à être tétraplégique, il ne peut être que suspect de tirer sa fierté de tout sauf de la mise en danger de soi.

      Autrement dit, on ne peut être certain de ne pas tricher avec les autres qu’en se ruinant la santé pour eux. 

      Une femme qui enfante ne dispose d’aucune ruse pour s’éviter les risques et trop de cardinaux font de vieux os.


    • Gabriel Gabriel 25 juillet 2012 17:34

      Sans tomber dans les extrêmes que vous décrivez (lettres aimables ou meurtre d’autrui), il en est de la fierté d’un comportement vis-à-vis des autres et de son environnement par le simple fait de vivre selon une philosophie basée sur le respect et l’apport positif, par ses actes journaliers, à la communauté et à ceux qui la compose. Je ne pense pas qu’il fasse nécessairement en passer par la souffrance (Concept bouddhiste), une règle de vie et une seule : « Agit avec les autres comme tu aimerais qu’ils agissent avec toi… » Enfin, on s’y emploie. Merci pour cet échange.


  • herbe herbe 25 juillet 2012 22:30

    Merci Gabriel pour cet article ! (Salut easy...)

    Pour apporter de l’eau au moulin une intéressant émission :

  • easy easy 26 juillet 2012 07:52

    Quelqu’un fait un papier sur le nucléaire auquel personne n’entend rien, il attire une foule.

    Un autre fait un papier sur le travail que tout le monde connaît, dont tout le monde a une expérience et qui est tellement central de nos déterminants sociaux, il passe deux clampins.


    • Gabriel Gabriel 26 juillet 2012 07:58

      Un léger regret tout de même, c’est que le moisseur de l’article ne vienne pas débattre. Salut et bonne journée !


    • easy easy 26 juillet 2012 08:45

      Les moinseurs me donnant l’impression qu’ils ne veulent pas être examinés, je respecte leur souhait et les ignore.

      Ce que je regrette c’est donc que votre sujet parfaitement illustré par l’entremise de photos assez parlantes où figure même un vannier donc très probablement un nomade (Car les nomades aussi travaillent mais selon un autre rapport à la chose), qu’un tel sujet donc n’ait attiré personne.
       
      Je veux bien admettre que je suis un cinglé, un extrémiste du travail, avouer que j’ai toujours cherché à le purifier en une certaine définition (très Seyèsienne) par une recherche quasiment systématique de la peine, comparable à un auto esclavagisme ou auto-colonialisme, que j’ai pratiqué l’incompréhensible paradoxe consistant à rendre le travail confortable pour les autres (ces autres étant surtout des femmes, ça compte) et inconfortable pour moi, m’enfin il est tout aussi extrémiste de la part des habitués du forum d’avoir évité ce sujet.

      J’espère que ce n’est pas mon extrémisme qui les aura fait fuir.


  • C'est Nabum C’est Nabum 26 juillet 2012 08:39

    Gabriel


    Du Travail instrument de torture au travail qui rend libre et grandit l’individu, il y eu un grand chemin à accomplir. Hélas, combien sont-ils à être restés sur le chemin en ayant un emploi indigne dans des conditions misérables ?

    Bonne journée

    • easy easy 26 juillet 2012 09:06

      « Emploi indigne, dans des conditions misérables »


      Dans les secteurs primaires et secondaires, le travail est très souvent de galère, très souvent peu payé.

      Mais les concepts de misère et surtout d’indignité sont très complexes à cerner.

      Pour dire cette complexité, mais de manière très courte tant j’ai souvent l’impression qu’en faisant long je fais peur à beaucoup, je soulignerais seulement qu’il suffit qu’un écrivain raconte ou expose le travail d’un galérien pour que, s’il tombe dessus, ce travailleur se sente au firmament de la dignité et qu’il ne ressente donc plus -s’il la ressentait- sa misère.

      Emploi indigne, conditions misérables, est-ce que le pêcheur cubain solitaire ressent cela ?
      Eventuellement.
      Mais le jour où il découvre « Le vieil homme et la mer » il se sent anobli par la reconnaissance, par le regard de l’écrivain (pour peu qu’il ait conscience de l’impact du livre).


      Et là, Gabriel vient d’offrir aux galériens -quoique d’une autre époque- quelque chose de comparable mais en formule forumique.

      Le regard d’un écrivain, d’un photographe sur notre condition, surtout si elle est difficile, le regard d’une infirmière sur nos blessures, c’est très proche du regard maternel, du regard de dieu.


    • easy easy 26 juillet 2012 09:16

      Citons alors « La case de l’oncle Tom » où une écrivaine a décrit la vie de galère des esclaves américains.
      Les rares esclaves qui l’auront lu y auront trouvé un immense réconfort. Mais tous les Blancs les plus sudistes l’ont lu et ont très bien compris que ce regard compassionnel élevait leurs esclaves, les rendait dignes. Ils ont fortement protestés, ils ont écrit des contre case et ils ont même pris les armes. (Alors que l’esclavagisme commençait déjà à perdre sa rentabilité face au machinisme)


    • Gabriel Gabriel 26 juillet 2012 09:39

      Harriet Beecher Stowe reste en effet une référence avec cet ouvrage sur l’exploitation humaine. La question que l’on pourrait se poser est : « Comment et pourquoi ce fait-il que les esclaves, d’hier et d’aujourd’hui, des milliers de fois plus nombreux que leurs exploiteurs, sont ils si passifs tête courbée devant la façon dont ils sont traités ? » Là, est une grande énigme de l’humanité. Mais c’est un sujet qui mériterait un autre article…


    • easy easy 26 juillet 2012 11:32

      Cette docilité est en effet surprenante.

      Il faut y regarder de près pour la comprendre.
      Les Noirs embarqués à Gorée étaient dans leur grande majorité des gens qui, avant d’être capturés par des Noirs, ne se voyaient pas un destin matérialiste. Ils ne concevaient pas de devenir proprios, de monter une entreprise, de dominer quiconque.
      A part quelques chefs ou fils de chefs qui se voyaient un destin plus grand et qui se sont fortement révoltés avant d’être fouettés puis pendus, les autres ne voyaient pas grande différence entre leur sort et celui de leurs parents.


      Il y a eu des Européens qui se voyaient un sort naturel si peu important, si naturellement misérable, qu’ils se sont portés volontaires pour devenir esclaves, déjà en Europe mais aussi en Amérique.
      Certains de ces volontaires étaient misérables depuis des générations, d’autres venaient de le devenir suite à une forte condamnation (avec saisie de tous leurs biens)
      Ils se sont offerts pour travailler comme esclaves pendant 36 mois, en particulier dans les Antilles, avec la seule contrepartie que s’ils en survivaient, ils auraient droit d’abord à recouvrer leur liberté, à ne plus avoir de dette (pas même celle du transport) et aussi à un lopin de terre.

      Alors que les Blancs esclavagistes faisaient très attention à ne pas épuiser leurs esclaves définitifs, alors qu’ils leur permettaient de s’organiser en cases et de vivre leurs quelques heures de libres à leur guise, ils étaient beaucoup plus sévères envers les « 36 mois »
      Car il était de leur intérêt d’épuiser au maximum ces engagés d’une part pour en profiter le plus possible pendant ce court laps de temps et d’autre part pour qu’ils n’en survécussent pas ou fussent si dégoûtés de la vie en Amérique qu’ils ne se lançassent pas dans un projet concurrentiel à partie de leur lopin. 
      Le fait est que la plupart des « 36 mois » sont morts d’épuisement et de maltraitance ou ont fini, à la fin de leur contrat, par demander à être rapatriés en métropole.
      Quant à ceux des 36 mois qui ont tenu le coup jusqu’au bout, ils sont devenus les plus exigeants des maîtres.



      On peut aussi se poser la question de la docilité avec le cas des Hilotes que les Spartiates utilisaient en manière d’esclaves. Certes, les Spartiates leur prouvaient leur suprématie en massacrant régulièrement quelques groupes révoltés mais les Hilotes trouvaient aussi des avantages à leur sort. Ils pouvaient par exemple s’enrichir par quelque commerce alors que les Spartiates en étaient interdits.

      On peut encore se poser cette question concernant les métèques. De manière générale, les métèques ou immigrés ont partout été autorisés avec des contreparties par exemple en surtaxes mais ils avaient aussi des avantages comme par exemple d’être exemptés de certaines corvées militaires ou politiques. 


      Au bilan, il n’a pas été exceptionnel que des gens a priori très soumis, se retrouvassent riches soit en masse soit de manière individuelle. Ce qui a été le cas des Gaulois soumis aux Romains (Sutout quand Julien l’Apostat a réduit fortement leur imposition)

      En Amérique, il y a eu un Indien qui est devenu propriétaire à la manière des Blancs, avec des esclaves noirs, avec une maison à colonnes, avec de la vaisselle en porcelaine et des bougeoirs en argent et il était quasiment devenu député.

      En Inde, il y a des Intouchables devenus riches et députés. 

      Et dans notre contrée, depuis le travail à la chaîne, il y a eu des milliers d’ouvriers devenus riches ou ayant eu des enfants devenus puissants. Pendant que des riches ou enfants de riches sont tombés dans la misère. La scolarisation ne jouant, dans cette redistribution des cartes, qu’un rôle secondaire. 


    • Gabriel Gabriel 26 juillet 2012 13:09

      D’après vos exemples et Dieu sait qu’il y en a bien d’autre, doit on en déduire que suivant son évolution « Intellectuelle » ou plus justement spirituelle (religion mise à part) l’homme se complait dans le servage ? Serions nous, une minorité à penser autrement ? Ou tout simplement à cause du système imposé l’homme n’a pas d’autres choix que d’adhérer à ce schéma imposé pour survivre ou se révolter ?


    • easy easy 27 juillet 2012 09:30

      Le sens de la révolte est devenu hégémonique. Même dans les écoles, même dans les couples. C’est lui qui nous donne une contenance en ce moment.

      Il existe cependant un sens contraire, celui de la pacification, de l’apaisement, de la conciliation, qui passe forcément par le don ou sacrifice de soi. Il ne s’y trouve pas de gain pour soi-seul (ainsi que dans le travail d’autrefois) mais un gain pour un groupe ou duo. Ce sens est en ce moment accessoirisé voire carrément péjoré.
      Il est en tous cas infiniment moins à l’honneur que celui de l’indignation.

      Mieux, s’indigner est devenu un devoir, donc une obligation. Si l’on ne s’indigne pas, on est complice d’une injustice, d’un écrasement, d’un viol.





      L’abbé Pierre a poussé au moins deux coups de gueule, il sait donc s’indigner et se révolter (en produisant de grands effets à la suite).
      Mais qu’a-t-il fait principalement sinon tirer silencieusement la charrue aux côtés des galériens ?
      Vous l’avez entendu passer son temps à faire ce que tout le monde fait sur ce site : protester ?

      Dominique Lapierre idem, Albert Schweitzer, Henri Dunant, Gladys Aylward, Norman Béthune, Alexandre Yersin, idem.





      Son argumentation sortait ab nihilo et pourrait être discutée mais l’abbé Seyès a fondé la position réhaussée et majeure du Tiers-état uniquement sur le fait du travail (ce qui était un renversement total des valeurs). Selon lui il fallait travailler pour avoir le droit de gouverner. Et le travail dont il parlait à l’époque consistait en du travail manuel. Toute notre Révolution est fondée sur ce principe (ce qui n’est ni le cas de la révolution anglaise ni celle des EU)

      Plus nous dérivons vers du travail qui n’en est plus au sens de l’Ancien Régime (oeuvre pénible réservée aux gueux) plus nous nous écartons des fondamentaux de notre république.


      Dire qu’on se complaît dans le servage, partout dans le monde, est un point de vue contestatairiste qui provient en droite ligne de l’archangisme. Le contestatairiste constate une situation de paix (peu importe où) mais immédiatement, l’archange en lui fouille, retourne les pierres, soulève les mousses et dénonce les soumissions.
      Il se croit non seulement archange mais des Lumières, il se croit voltairien (s’il savait !)
      Ce qui est entièrement contenu dans l’expression très courante
      « M’enfin comment peux-tu supporter de vivre avec X ? »

      Etant bien entendu que la personne qui prend cette position de juge-sauveur du triangle de Karpamn, est elle-même en train de supporter de vivre avec Y

      Les gens voient des couples et jugent en archanges. « M’enfin comment une nana aussi belle peut-elle sortir avec un type aussi moche ? »
      ou
      « Comment tu peux le laisser te parler comme ça !!! »

      La réponse à ce genre de question récurrente ne peut pas être publique. Elle se situe dans le secret des couples. Ils ne peuvent rester ensemble, donc pacifier, que s’ils consentent à des concessions.
      Ainsi des gens offrent à l’extérieur une image de grands protestataires et chez eux, se comportent en toutous.

      Sans ce modus vivendi (somme toute vivable donc) ce serait la guerre totale et permanente entre nous.


    • Gabriel Gabriel 27 juillet 2012 11:10

      La révolte naît d’une injustice, ne pas confondre avec le refus de concession, par confort individuel, à l’intérieur d’un couple ou d’une communauté. Aujourd’hui, cette révolte couve parce que les fruits du travail sont pillés par une minorité, qui s’enrichit sans vergogne, protégée par des lois qu’elle a elle-même fabriquées. Hors, si une loi est injuste, il est un devoir de la combattre et, pour la combattre il existe deux moyens, la désobéissance civile (Grève, manifestation etc…) ou la violence. Dieu fasse que l’homme opte en priorité pour la première. La pacification est, j’ose le croire, la voie à suivre en priorité. Le don de sa personne par des actes positifs envers autrui n’est pas forcément un don de soi uniquement fondé sur l’abnégation mais, peut être aussi considéré comme une démarche légèrement égoïste. Je m’explique, si je suis bon avec les autre c’est autant par confort que par intérêt, confort dans le but d’éviter les conflits et rendre ainsi la vie plus douce et intérêt à cause d’une certaine posture intellectuelle ou spirituelle permettant d’alimenter un karma positif. Concernant l’abbé Seyès, je suis partagé sur l’avis d’une personne qui de conseiller commissaire à la chambre supérieure du clergé est devenu révolutionnaire pour finir bonapartiste. Comme disait Victor Hugo : « Changer de camp n’est pas très difficile, il n’y a que la honte à enjamber… ». L’archangisme est un vocable créé de toute pièce, je présuppose que le terme d’angélisme n’était pas assez explicite pour certain (Archangélique, par contre existe bel et bien). Il est vrai qu’actuellement, si vous vous battez pour des idées humanistes (Celles qui sont inscrites aux frontons de nos mairies) vous êtes vite qualifié d’utopiste, de has been, de bisousnours, de bobo écolo et que sais je encore… Après, les critiques sur les individus ou les couples ont un intérêt plus que limité et de tel jugement n’ont en rien des postures d’archanges et je suis d’accord avec vous, elle se situe dans le secret des couples.


    • easy easy 27 juillet 2012 13:26

      «  »«  »La révolte naît d’une injustice, ne pas confondre avec le refus de concession, par confort individuel, à l’intérieur d’un couple ou d’une communauté. «  »«  »

      Qu’est un divorce sinon ce qui suit une révolte.

      Que s’est-il passé pour qu’il y ait révolte d’un des deux conjoints ?
      Probablement que si pendant longtemps, le conjoint révolté-indigné-encoléré-furieux a estimé qu’il y avait de justes concessions réciproques, est arrivé un moment -alors injuste- de concession unilatérale : « Je suis le seul à faire des sacrifices, à céder »

      (Que ce soit absolument juste ou pas peu importe dans notre discussion. Ce qui compte c’est que l’un des protagonistes, conjoint, camarade, collègue, estime qu’il est devenu le seul à concéder et qu’il se mette en colère car il s’estime trahi, abusé)

      C’est le même principe bon deal / mauvais deal qui agit au niveau d’une fraternité, d’une paternité, d’un couple de la société 


      Si l’on admet que dans les couples d’allure déséquilibrée ou injuste (genre la belle et la bête) aux yeux des tiers, il existe un modus vivendi secret qu’aucun tiers ne peut piger (et qu’il est alors stupide et interventionniste donc archangiste car sauveur-justicier, de commenter en « Mais qu’est-ce qu’elle peut bien lui trouver ! ») on doit également admettre que des valets puissent trouver leur compte auprès de leur maître, que des ouvriers puissent trouver leur compte auprès de leur patron, que des citoyens puissent trouver leur compte auprès de leur dictateur et qu’il est tout aussi stupide, interventionniste et archangiste de commenter leur deal tout aussi secret.

      « J’accepte un travail harassant au smic, mon patron est une ordure mais je bosse pour sa boîte parce que j’habite à 30 m et que ça me permet de frôler Martine dans le couloir. Mais c’est mon secret ».



      Au mieux, je dis bien au mieux, en tant que tiers, doit-on intervenir seulement lorsque qu’un individu se pose de lui-même en victime
      Et c’est déjà très interventionniste, très aveugle, très archangiste, de prendre partie -en tant que sauveteur, évidemment- quand une personne se dit victime d’un bourreau. 

      Il est préférable de ne jamais protester d’injustice à la place de quelqu’un car c’est lui voler son libre arbitrage du deal secret, c’est l’aliéner à soi, à sa rhétorique et posture d’avocat-sauveteur. Et d’autre part, si l’on n’intervient que suite à un appel à l’aide, on doit le faire avec mesure. On doit intervenir vivement pour sauver une vie menacée mais ne pas prendre parti dans le différend, en tous cas pas avant d’avoir très amplement étudié le dossier.





      Vous reprochez à l’abbé Seyès d’avoir changé de bord.

      Dès les jours qui ont suivi le 14 juillet, chacun se demandait si ça allait basculer du côté bourgeoisie entrepreunariale (car c’est elle, la crème du Tiers-Etat, qui organisait la Révolution) ou du côté aristocratie (la France étaant entourée de monarques n’appréciant pas cette remise en cause).
      Il n’y avait que deux camps principaux et il fallait bien du courage pour se positionner clairement dans un des deux camps.
      L’abbé Seyès s’étant positionné, il a été courageux et il aura été le premier à dire qu’il n’y avait plus de raisons que l’aristocratie et le clergé se réservassent le pouvoir. Faut en avoir de bien pendues pour oser dire ça.

      Pendant les années qui suivirent où chacun sentait constamment que tout pouvait basculer du jour au lendemain, est arrivé un Bonaparte qui batailla si bien contre les monarchistes, qu’on trouva logique d’en faire le Premier des Révolutionnaires, le dictateur.
       

      Dans ce contexte très instable, qui pouvait adopter une autre position que monarchiste ou Bonapartiste ?
      Personne.
      Quand on avait été révolutionnaire, on ne pouvait que passer Bonapartiste.

      Même Victor Hugo, même 20 ans après, ne voyait que deux camps possibles et il avait préféré Bonaparte.


      Du reste, dès la défaite de N 1er, l’Ancien régime a repris la main et l’abbé Seyès a dû s’exiler pendant 20 ans pour ne pas être décapité.

      Plus girouette que lui j’en connais, moins non. 










    • Gabriel Gabriel 27 juillet 2012 14:33

      Le terme révolte est sans doute inapproprié pour ce que je voulais dire, me référant à un sentiment de masse. Celui de révolution me semble plus judicieux. Les valets et les ouvriers peuvent trouver leur compte auprès de leur maître car ils n’ont pas d’autre choix, ne dit on pas contre mauvaise fortune bon cœur ? Ils s’adaptent d’une injustice mais en secret ils la subissent. Sous n’importe joug toute élévation est difficile voir impossible et Le frôlement d’une jupe ne fera qu’adoucir un court instant sa pénible condition. Il n’est pas question de se poser en sauveur et celui qui se complait dans son sort, qu’il y reste. Il est question de répartition juste et proportionnel des « bénéfices » en fonction de l’effort fourni et du service rendu à la communauté, c’est une première étape. Quant à juger et intervenir sur des cas particuliers, je m’en garderai bien. Cela n’empêche pas de donner un avis, attention je dis bien un avis et non un conseil. Revenons en à notre cher abbé, je ne lui reproche pas de choisir son camp suivant l’humeur ou l’évènement, je note simplement le fait qu’il est difficile d’adhérer à des convictions quand elles sont temporaires. Il peut bien naviguer au gré des courants, comme vous dites : « C’est son libre arbitre » et je le respecte. Je pense (et j’insiste cela n’engage que moi) que le but de l’humanité est l’évolution spirituelle de l’esprit et la symbiose parfaite avec son environnement. Cette évolution n’est possible que pour des esprits pacifiés et libérés de contraintes vexatoires d’où, cette parenthèse sur le travail. 


  • Hervé Hum Hervé Hum 26 juillet 2012 10:02

    Bonjour Gabriel

    Sur l intention rien a redirez, l essentiel y est.

    C est juste que le mot travail veut dire tripalium instrument de torture. Le sens du mot travail a d ailleurs évolué avec cette notion première de torture.

    La prouesse des intellectuels est d avoir fait passer un mot signifiant et symbolisant la torture pour quelque chose de jouissif. Le travail est considéré comme un droit, comme si, vous le faite remarquer, c était un cadeau que votre patron vous fait en vous donnant du travail. Une inversion du sens qui explique bien la servitude volontaire d aujourd hui.

    Bref, dans notre société actuelle ,travail rime avec masochisme.

    En vérité, le travail est une obligation, celle que tout citoyen se doit d accomplir pour vivre en harmonie avec la société. Un devoir donc que toute personne adulte responsable exige de lui même.

    A coté de cela, le droit est pour toute personne de créer, d avoir une activité créatrice exactement. Or, ce peut être la même chose qu être ébéniste, charpentier, maçon, toute activité manuelle dès lors qu elle est vécu comme un art d où est dérivé le mot artisan et artiste.

    Dans la société dite post industrielle, nul n a besoin de travailler plus de 4 h par jour (soit 20 h par smaine) et dédier l autre part de son temps libre à l art créatif. 

    La société trouve le dépassement des fausses crises actuelle par le triple a suivant

    Artisan, Artiste Acteur

    Mais cela suppose la fin de la concurrence économique pour faire naître un monde 1 000 fois plus riche en création et diversité de production dans tous les domaines. Sortir de son conditionnement actuel.

    Si vous voulez aller plus loin contactez moi


    • Gabriel Gabriel 26 juillet 2012 10:54

      Bonjour Hervé,

      Dans votre texte, vous abordez de manière indirecte, je vous cite : « nul n’a besoin de travailler plus de 4 h par jour » le partage du temps de travail. Cela devrait être le sens de l’histoire si l’optique des dirigeants était la justice et l’équilibre sociétal. Ce n’est malheureusement pas le cas et leurs buts, a toujours été d’instaurer une dépendance financière et une obéissance aux lois du travail par la création et la maintenance d’un chômage de masse. Comme cela, ils musèlent toute velléité de révolte, entretiennent les coûts salariaux au plus bas et assoient leurs pouvoir tout en s’enrichissant grâce à cette société d’esclaves qu’ils maintiennent. Seulement aujourd’hui, le problème auquel ils sont confrontés, c’est qu’ils ne maîtrisent plus cette montée exponentielle du chômage qui devient une véritable bombe à retardement (Voir Espagne, Grèce etc…). Je pense qu’ils vont trouver un bon moyen de le régler (Préparation d’une petite guerre…) sinon la nature s’en chargera. Merci de votre commentaire.


    • Hervé Hum Hervé Hum 26 juillet 2012 12:34

      @ Gabriel

      Sur le partage du temps de travail au sens où je l entends je ferai un article d ici peu.

      Ma façon de penser n est pas unique et de plus en plus de gens y viennent spontanément. Mais Easy a raison, la propriété privé est directement lié au principe de partage du travail. Elle en est même en raison et condition.

      Un exemple tout bête, si l on supprime la propriété des moyens de transports pour la remplacer par le principe de la responsabilité individuelle et collective, il n est plus nécessaire d augmenter la production automobile et de la diminuer car il y en a déjà assez, voir trop, pour satisfaire les besoins de tout le monde sur la planète.


    • Gabriel Gabriel 26 juillet 2012 13:16

      Je suis d’accord avec cela. Conclusion donc : Sans prise de conscience rapide sur les travers d’un système qui a atteint ses limites (Finance, pouvoir et possession) c’est l’extinction de l’espèce par elle-même à court terme… Voyez vous d’autres solutions ? 


    • Hervé Hum Hervé Hum 26 juillet 2012 14:17

      @ Gabrile

      vous écrivez « Voyez vous d autres solutions »

      Oui, et je ferai un article la dessus bientôt.


  • easy easy 26 juillet 2012 10:39

    Les intellectuels ne sont pour rien dans le droit au travail.
    Ils ont certes surfé dessus mais ils n’auraient jamais pu le faire s’il n’existait pas réellement un droit au travail.

    D’où vient ce droit -plus naturel et légitime que légal, donc inopposable à quiconque dans la pratique ?


    Il vient de la propriété.
    C’est la propriété, à commencer par celle du sol, qui a réduit les libertés des nomades et qui les a donc obligés à hurler qu’ils pouvaient à la rigueur respecter la propriété du sol d’autrui mais à condition d’obtenir de la part des proprios un boulot leur permettant de subsister


    • Gabriel Gabriel 26 juillet 2012 11:04

      Si vous incluez le droit à la propriété, là ça commence à devenir complexe, vous tirez sur le fil d’une pelote infinie et le débat risque d’être sans fin. Cela aussi mériterait un article plus approfondi.


    • easy easy 26 juillet 2012 11:34

      «  »« le débat risque d’être sans fin »«  »

      Vous avez abordé un sujet énorme


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