mercredi 20 janvier - par Gabriel

Une porte vers l’éternité

 Certains penseront que la mort me fascine, c’est exact, mais pas plus que la vie, excepté que malgré une absence presque totale de souvenir de sa pratique, elle me semble plus compréhensive à l’esprit que les multitudes aléas et turpitudes de la vie. Non que je la souhaite ou l’attende avec impatience même si parfois le velours noir de sa douceur me caresse, mais il faut bien reconnaitre qu’injustices, peurs et souffrances actuelles ne sont pas de son fait, mais appartiennent à nos vies. Ici je vous livre, sans prétention aucune, quelques réflexions pour essayer de comprendre la terreur qu’elle inspire et tenter de la démystifier.

 La justification même de la mort, c’est son aptitude à nous libérer non seulement d’un corps usé ou malade, mais plus encore d’un intellect surchargé, à nous sortir de l’ornière des habitudes, des opinions toutes faites et des préjugés arrêtés, à nous débarrasser de l’accumulation dans la mémoire de détails superflus qui nous lient au passé et nous empêche d’aborder librement les problèmes du présent, en étouffant notre vigilance et notre spontanéité vis-à-vis des situations nouvelles et des relations plus étendues. Tant que nous ne serons pas capables de reconnaitre que notre terreur de la mort physique n’est qu’une émanation de notre propre esprit, l’acceptation de notre immortalité en tant qu’âme en sera niée. La crainte de la mort, n’intervient et ne se développe qu’avec l’endurcissement de la conscience humaine dans une forme extrême d’individualisme basé sur l’illusion d’être une entité permanente, une âme existant par soi-même ou qu’un ego marquant la séparation entre les êtres traçant de fait une ligne de démarcation entre la vie et la mort. Pourtant, si déplaisant peut être l’idée qu’on s’en fait ou certains aspects de sa réalité, il faut la regarder en face et l’admettre sur son propre plan, car c’est une évidence et, si l’on y réfléchit bien, une délivrance. Sa désapprobation et la négativité de son issu n’apportent que souffrance. La vie et la mort ne sont pas contraires, mais les deux facettes d’une même réalité, d’une même éternité.

 Je pense à ceux qui la choisissent comme option définitive pour quitter ce monde. J’essaie humblement de comprendre comment en arriver à une telle extrémité. Quelle immense dose de désespoir confinant au vertige, proportionnel à l’incroyable courage qu’il faut pour passer à l’acte, sachant qu’au fond de soi on commet un acte irréversible et contre nature. Exception faite peut-être de celui du mourant en fin de vie dans son lit de souffrance, ou dans ce cas, le geste peut se concevoir et devient compassionnel.

 «  Ne craignez pas la mort, mais restez sur terre le plus longtemps possible  », conseillait un vieux sage. La difficulté de la vie est d’avoir cette audace et cette énergie de se relever à chaque fois que l’on chute et cette foi en elle qui donne la force de continuer. Les détenteurs de pouvoirs et de richesses ont la faiblesse de se croire immortels. De fait, ils passent leurs temps à courir après possession et puissance occultant cette vérité absolue qu’aucun container de leurs biens matériels ne les suivra dans la tombe. Pour d’autres, ceux dont l’intellect a délimité leur vie à un commencement unique et une fin définitive, l’idée même de la mort ne peut être qu’effrayante, car pour eux, après c’est le néant. Honnêtement, intellectuellement il est impossible de décrire ce qu’est le néant, comment définir le rien, le vide  ? Nous n’avons pas les outils mentaux pour conceptualiser cet abstrait de non-être. Dès l’instant où nous sommes convaincus que notre esprit n’est pas simplement le fait de fonctions physiques ou de réactions chimiques exclusives, mais un élément primordial de la vie dans sa globalité, le passager de notre corps et non son esclave, alors la mort peut être abordée sous un angle différent et moins traumatisant. Cet aspect d’une vie de l’esprit (ou âme suivant les définitions) sans limite inhibe la frayeur de la mort qui devient de fait une interrogation sur l’après et l’inconnu, le néant ne faisant plus partie de l’équation. 

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 Aussi longtemps que l’homme sera attaché à une forme particulière de l’apparence, non seulement il n’aura pas l’esprit libre pour se détacher de tous liens corporels, mais il ne prendra pas conscience de la continuité de la vie. Guidé par son ego il agira uniquement selon ses nécessités du moment et selon son désir. Il s’identifiera à ses buts dans les limites de sa vie physique, c’est une souffrance mentale qui le prive de la continuité de sa conscience et de fait le rend incapable d’agir avec logique et selon sa véritable nature. Un tel homme est déjà spirituellement mort, car il s’identifie lui-même à son existence éphémère.

 La conscience ne peut être enfermée dans le vase étroit de notre ego, elle navigue sans cesse de l’individualité à l’universalité et la limiter au cercle exigu des buts et des désirs temporels entrave et terni son énergie, sa clairvoyance globale. Je subodore que la conscience individuelle qui n’est qu’une infime partie de la conscience universelle est sclérosée par l’ego qui rend aveugle et paralyse notre capacité à voir la mort physique comme une libération utile de l’esprit et une renaissance vers notre source de vie légitime. La mort n’est pas la destruction de l’individualité, mais son accomplissement dans l’universalité, une porte vers l’éternité. Mais cela n’est qu’une opinion issue d’un profond ressenti, d’une mémoire cellulaire et comme disait cette vielle dame sur son lit de mort : «  Qui mourra verra…  »  

Quelqu’un meurt, et c’est comme des pas qui s’arrêtent…
Mais si c’était un départ pour un nouveau voyage  ?
Quelqu’un meurt, et c’est comme une porte qui claque…
Mais si c’était un passage s’ouvrant sur d’autres paysages  ?

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Quelqu’un meurt, et c’est comme un arbre qui tombe…
Mais si c’était une graine germant dans une terre nouvelle  ?
Quelqu’un meurt, et c’est comme un silence qui hurle…
Mais s’il nous aidait à entendre la fragile musique de la vie  ? 

B.Marchon

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65 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 janvier 13:08

     

    Quelle fenêtre, quelle éternité ? La mort c’est la fin, le néant. Imaginer une ouverture vers l’éternité pour qui ? Pour quoi ? L’âme ?

    Réduire l’âme à 21 grammes de l’être qu’elle habitait est une pensée magique.

    Le concept d’ »âme » n’est pas inintéressant s’il est lié à ceux de « personne » et d’espèce, mais il s’agit alors d’une sorte de conscience diffuse, et non pas d’une entité surnaturelle

    "Notre nature est dans le mouvement ; le repos entier est la mort."  

    Blaise Pascal


  • Gabriel Gabriel 20 janvier 13:30

    Bonjour cher Séraphin,

    C’est votre point de vue, je respecte. Personnellement limiter le durée de l’esprit ou de l’âme au corps physique me semble quelque peu réducteur et mes cellules constitutives me murmurent chaque secondes le contraire.

    Merci de votre lecture.

    PS : A propos est ce que la boucherie Sanzot de la commune de Moulinsart est toujours en activité en ces temps de Covid ? Mes hommages au capitaine... 


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 janvier 14:00

      @Gabriel

      Merci de vous préoccuper du devenir de notre charmante localité.

      Hélas, les nouvelles ne sont pas très bonnes.

      Monsieur Sanzot était le digne représentant de cette catégorie de petits commerçants indépendants que nous connaissons tous et qui tendent à disparaître. Après l’ouverture du supermarché de Moulinsart, le confinement et le couvre-feu l’ont amené à prendre sa retraite prématurément, et il ne sait plus à quels saints se vouer, mais il n’envisage pas la solution que vous étudiez dans votre article

      Par contre, je connais quelqu’un qui peut vous aider à trouver la voie.


    • Gabriel Gabriel 20 janvier 14:04

      @Séraphin Lampion
      Lao Tseu l’a dit « Qui pisse contre le vent mouille ses tongues ! »


    • binary 20 janvier 14:04

      @Gabriel

      Personnellement limiter le durée de l’esprit ou de l’âme au corps physique

      Essayez donc de définir quelque chose qui se conçoit en dehors de la matière, donc de l univers. Vous « pensez » que c ’est un rêve qui peut être est réel ?

      Ne croyez vous pas qu il existe un rapport de causalité entre ces concepts ?

      Qu est ce qu un rêve sans cerveau pour le construire ?

      Qu est ce qu un cerveau, sans matière pour le constituer ?

      Qu est ce qui existe en dehors de l univers matériel ?

      Comment le savez vous ?


    • Gabriel Gabriel 20 janvier 14:08

      @binary
      Si vous m’avez lu, je ressens et présume mais en rien n’affirme. Aussi fort de ce constat, je ne suis pas là pour essayer de vous convaincre mais simplement pour partager une idée, un concept. Merci de votre lecture.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 20 janvier 14:31

      @Gabriel .

      Sun Tzu aurait répondu que ça dépend de la puissance du vent . Des fois..


    • binary 20 janvier 16:07

      @Gabriel

      Si vous m’avez lu, je ressens et présume mais en rien n’affirme.

      Vous m’avez lu ? Je demande des explications , pas des illusions.


    • Pascal L 20 janvier 17:15

      @binary
      Ls preuves de l’existence de Dieu n’existent pas et vous n’en trouverez pas plus qui conduisent à son inexistence. Mais Dieu, ce n’est pas la théière de Russell. Les témoignages de rencontres abondent. Ceux qui ont fait ces rencontres ont au moins la certitude de son existence à défaut d’en avoir la preuve. Tout le monde peut expérimenter une telle rencontre, sauf que cette rencontre a un caractère insupportable pour beaucoup. Dieu se manifeste toujours au travers d’un amour inconditionnel et infini et c’est cet amour que beaucoup n’arrivent pas à supporter car il fait de l’ombre à notre ego. Nous nous préférons souvent à Dieu et au reste de l’humanité, associée au mal. Nous bâtissons des systèmes philosophiques pour expliquer le monde d’une manière qui nous soit supportable mais nous ne pouvons en apporter la preuve. Qu’importe, nous établissons des raisonnement à l’envers pour que la réalité s’adapte à notre volonté mais tout cela est illusion.

      Si vous n’avez jamais fait l’expérience de la rencontre avec Dieu, c’est peut-être parce que vous n’avez jamais entendu que c’est possible, mais cela peut aussi être parce que vous refusez cette rencontre à cause de ce qu’elle signifie pour votre ego. 


    • Gabriel Gabriel 20 janvier 18:26

      @Pascal L
      C’est intéressant votre commentaire, j’adhère cependant, dans mon texte je ne fais aucune allusion à un Dieu quel qu’il soit ni à aucune religion. J’aime votre façon d’aborder le problème entre les egos et les refus à la saint Thomas...


    • Gabriel Gabriel 20 janvier 18:31

      @binary
      Je n’ai pas d’explications à vous donner et n’ai pas à me justifier parce que ce texte vous dérange. J’avais conscience qu’en abordant le sujet j’allais déranger, la mort c’est tellement tabou dans notre société matérialiste orgueilleusement sûr et satisfaite de ses maigres connaissances !...


    • Gasty Gasty 22 janvier 12:09

      @binary
      Pour déjà affirmer qu’il n’y a rien, il faut que ce soit dans un quelque chose. Ce quelque chose manque de précision ? Alors prenons un verre vide, déjà pour que l’on puisse parler de vide il faut le verre. Mais ou est ce verre ? Sur une table qui se trouve dans.....continuez ! Et ne vous écartez pas du chemin, un rien en trop pourrait vous faire dresser les cheveux sur la tête.


  • Étirév 20 janvier 13:42

    Beaucoup d’hommes meurent, peu vivent.

    Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent !


    • Gabriel Gabriel 20 janvier 14:11

      @Étirév
      Tous luttent et tous finissent par mourir...


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 20 janvier 16:28

      @Gabriel

      Il semblerait que la montagne de Sion jouira très bientôt d’un passe droit :

      « L’Éternel des armées prépare à tous les peuples, sur cette montagne, Un festin de mets succulents, Un festin de vins vieux, De mets succulents, pleins de moelle, De vins vieux, clarifiés.

      Et, sur cette montagne, il anéantit le voile qui voile tous les peuples, La couverture qui couvre toutes les nations ;

      Il anéantit la mort pour toujours ; Le Seigneur, l’Éternel, essuie les larmes de tous les visages, Il fait disparaître de toute la terre l’opprobre de son peuple ; Car l’Éternel a parlé.

      En ce jour l’on dira : Voici, c’est notre Dieu, en qui nous avons confiance, Et c’est lui qui nous sauve ; C’est l’Éternel, en qui nous avons confiance ; Soyons dans l’allégresse, et réjouissons-nous de son salut !

      Car la main de l’Éternel repose sur cette montagne ; Et Moab est foulé sur place, Comme la paille est foulée dans une mare à fumier.

       Au milieu de cette mare, il étend ses mains, Comme le nageur les étend pour nager ; Mais l’Éternel abat son orgueil, Et déjoue l’artifice de ses mains.

      Il renverse, il précipite les fortifications élevées de tes murs, Il les fait crouler à terre, jusque dans la poussière. » (Esaïe 25 :6-12)


    • Gabriel Gabriel 20 janvier 18:19

      @Daniel PIGNARD
      Oui, c’est votre façon de voir les choses aux travers de votre religion, je présume...


  • Philippe Huysmans, Complotologue Philippe Huysmans 20 janvier 14:16

    @Auteur

    Article Canada-Dry. Ca a l’odeur d’une approche philosophique, c’est écrit comme un essai philosophique, mais sur le fond c’est une ode à la vacuité.

    On ne sait pas pourquoi l’on vit, ni pourquoi on meurt, ni ce que notre âme (à supposer qu’elle existe) deviendra, mais pas grave, on en fait quand même une grosse tartine.

    Bref, pas beaucoup d’intérêt.


    • Gabriel Gabriel 20 janvier 14:51

      @Philippe Huysmans
      Absolument désolé de vous avoir fait perdre votre temps, merci de votre enrichissant commentaire.
      Courtoisement votre...


  • Yann Esteveny 20 janvier 14:28

    Message à Gabriel,

    Je vous remercie pour le partage de cet article bien écrit sur un sujet si délicat et si important.
    La mort est comme le point de la phrase. Une nécessité qui ponctue la fin d’une construction terrestre : celle de notre vie. Dieu alors nous juge. La phrase écrite est comme notre âme, elle demeure pour l’éternité.
    La foi amène l’enthousiasme et le courage de remplir votre vie.

    Respectueusement


    • Gabriel Gabriel 20 janvier 14:53

      @Yann Esteveny
      Merci à vous. J’espère que vos articles finiront par passer positivement la modération.


    • Yann Esteveny 20 janvier 18:45

      Message à Gabriel,

      Vous évoquez le suicide dans votre article. J’ai hésité à vous transmettre ne serait-ce que cette courte citation car le sujet est vraiment délicat.

      « C’est en décidant soi-même, en voulant vraiment son destin que l’on est vainqueur du néant. Et il n’y a pas d’échappatoire à cette exigence puisque nous n’avons que cette vie dans laquelle il nous appartient d’être entièrement nous-mêmes ou de n’être rien. » Dominique Venner

      Respectueusement


    • Gabriel Gabriel 20 janvier 18:47

      @Yann Esteveny
      Superbe message. Merci


  • Sozenz 20 janvier 15:26

    très beau texte qui m a apporter le sourire et dont je partage l esprit.

    c est un plaisir de voir votre approche de la mort avec beaucoup de sérénité et beauté..

    Sérénité que l on pourrait souhaiter à tous .

    Merci à vous .


  • Réflexions du Miroir AlLusion 20 janvier 15:56

    @L’auteur,

     A lire, peut-être, du géographe Jean-Paul Pitte « La Planète catholique, une géographie culturelle ». Ce qui suit fait partie de son interview.

     Sous-titre « La vie et la mort, la nature, l’argent, la politique, l’art, la santé, la sexualité, etc... » 

     Les catholiques omnivores, éternels insatisfaits.

     Les protestants sont plus soucieux de la nature.

     Au classement mondial du bonheur, les dix premiers pays sont protestants...

     Les catholiques se sont débarrassés des contraintes mais n’ont pas trouvé par quoi les remplacer. 

     En d’autres mots, « Dis-moi où tu pries, je te dirai qui tu es ».


  • In Bruges In Bruges 20 janvier 17:33

    Bonjour Gabriel,

    Vos deux photos sont superbes.

    Pour le reste, et pour vous éviter une intervention habituelle de « la mère château-branlant, davaî davaî , bolchoï caracho... », je vous fais son petit topo à sa place, ça lui évitera ( peut être) de venir vous polluer :

    « article morbide et dépressif, intello, parisien, m’en balec ( mais je fais un post quand même) je m’en br...le ( et autres gracieusetés habituelles de la dame, où on sent qu’il en a sous le foie gras.)

    Y a que chez nous qu’il y a des vrais mecs, des biens membrés, qui sa prennent pas la tête, sentent un peu la vodka et meurent à 35 ans, mais bon, on va pas s’arrêter à si peu, etc, etc ».

    Fin de citation.

    Bonne soirée Gabriel.

    Continuez à écrire ce qui vous plait et vous parait important.

    Déjà, vous écrivez en français, ce qui ne gâte rien, et vous ne parlez pas Covid et bataille de chiffres entre simplets de permanence.

    Ce qui nous fait des vacances, du coup...


    • Gabriel Gabriel 20 janvier 18:14

      @In Bruges
      Merci de votre humour, il y en a bien besoin par ces temps d’incertitudes et de rancœurs... 


  • karim 20 janvier 18:32

    Dictons :

    « Si Dieu nous a donné la vie, alors il ne peut pas l’emporter avec la mort. »

    « Il ne faut pas pleurer pour nos amis, c’est une miséricorde de les perdre dans la mort que de pas les perdre vivants. »

    « Quand on ne sait pas ce qu’est la vie, comment peut-on peut savoir ce qu’est la mort. »

    « Quiconque connaît la mort, seront faciles pour lui les difficultés de la vie. »


  • jjwaDal jjwaDal 20 janvier 18:48

    La vie comme la conscience ne sont très probablement que des fonctionnements qui nécessitent comme condition sine qua non, un support. Il nous reste à montrer, ce qui ne saurait tarder je pense, que la conscience peut très bien se passer de la vie et du cerveau pour apparaître.
    Peut-elle se passer d’un support matériel, à minima d’un support physique ? Il se trouve que nous sommes dans une grande confusion quand nous pensons ce que nous mettons derrière ce mot « matière ». La science moderne nous enseigne par exemple que toute matière qui nous environne n’a aucune masse intrinsèque. Les particules élémentaires sont toutes sans masse intrinsèque et on soupçonne qu’il pourrait y avoir de la masse sans matière. Les soucis d’une conscience extra corporelle sont multiples, sachant que la seule que nous connaissons est entièrement le fruit de l’expérience de la corporalité. Nous sommes héritiers de notre hébergement dans le corps d’un mammifère, d’influences multiples et parfois très lointaines et pas seulement au niveau « informatique ».
    Comme nous ignorons si le monde non matériel est susceptible de s’organiser en structures complexes, comme nous ignorons si nous avons ou non un créateur (je fais référence à la théorie de la « simulation » où nous n’aurions guère plus de réalité physique que les personnages d’un MMORPG que nous manipulons à l’écran par ex), il est évidemment très hasardeux de postuler d’une conscience après la mort.
    Nous ne sommes probablement que des étoiles filantes, qui ne peuvent filer que très brièvement. Offrons aux autres qui nous suivent un beau spectacle dans le ciel et perdons cette arrogance de vouloir persévérer dans notre « être ».
    Il a bien fallu que des étoiles meurent pour que nous existions. Je gagne qu’elles n’ont eu aucun état d’âme de tirer leur révérence pour que l’évolution vers une plus grande complexité puisse aboutir. Ne freinons pas le progrès, que diable...


    • Gabriel Gabriel 20 janvier 19:01

      @jjwaDal
      D’après le concept bouddhiste, tout n’est qu’illusion, c’est intéressant lorsque l’on a compris que rien ne dure. J’aime cette citation du psychophysicien Jean Chalon  : « Parce que je suis un, inséparable du tout, ma demeure est l’infini et ma durée l’éternité. Comme l’univers tout entier dont je suis et partage en même temps l’aventure spirituelle, je suis dans l’univers, je suis l’univers… »


    • jjwaDal jjwaDal 20 janvier 21:38

      @Gabriel
      C’est la physique bien plus que la métaphysique qui nous dira. Mais avant la validation que le champ de Higgs existe, qui aurait pu imaginer que nous sommes semblables à des fantômes, à savoir un vide immense peuplée de choses impensablement minuscules qui n’ont aucune masse et qui ne font illusion que par interaction avec un champ issu des « coulisses » du monde que nous pensions tenir le devant de la scène.
      Si nous sommes sans masse intrinsèque et qu’elle n’est qu’un paramètre bidouillé par quelque chose dont nous ne savons objectivement pas l’origine, qui peut affirmer en sachant ce qu’il dit que nous avons une existence concrète, matérielle et ne sommes pas des constructions aussi substantielles que nos simulations informatiques dans nos super ordinateurs ?
      L’intime conviction (parce qu’on ressent des choses) n’a aucune valeur démonstrative de son exactitude.
      En bref, le sujet de la mort est un inépuisable champ de réflexions dépassant de loin la peur d’un égo qui se croît indispensable qui le pousse à vouloir persévérer dans son être, inconscient qu’il est, qu’il est déjà mort tellement de fois en prenant de l’âge qu’une fois de plus ne devrait pas être si traumatisant que ça.
      A pas peur ...  smiley


    • Gabriel Gabriel 21 janvier 06:31

      @jjwaDal
      Vous avez raison, même pas peur (Du moins pour l’instant...) Merci de cet échange. 


  • The White Rabbit The White Rabbit 20 janvier 19:40

    Merci pour le passage Gabriel.

    ♪♫♪♪♫♪

    ♪♫♪

    ♪♫♪



  • monde indien monde indien 20 janvier 20:40

    La mort , à proprement parler , n ’ existe pas vraiment . Il n ’ existe pas de régions de la mort , pas plus que le personnage grimaçant qu ’ on appelle mort . La mort est juste ce court passage où nous passons de l ’ état de vivant à l ’ état de non-vivant . Quand nous l ’ avons franchi nous ne sommes pas morts , nous sommes devenus des non-vivants . Nous avons rejoint l ’ ordre des choses , ou bien , comme le disent si bien les poètes , l ’ âme des choses . Pourquoi les choses n ’ auraient-elles pas une âme . Pourquoi accordons-nous si peu de considération aux non-vivants ?

    Il est normal de craindre un peu de mourir ( on appelle ça l ’ instinct de conservation , celui qui fait qu ’ une petite antilope prend ses jambes à son cou devant un lion ) . Il est tout aussi normal d ’ avoir un peu de tristesse de devoir quitter la vie . C ’ est si kool ( malgré tout ) la vie !

    Pourtant il existe chez les humains une culture excessive de la peur et de la tristesse de la mort . Il faut savoir prendre de la distance par rapport à tout ça .

    http://mondeindien.centerblog.net/


    • Gabriel Gabriel 21 janvier 06:35

      @monde indien
      nous ne sommes qu’une pièce minuscule dans l’immense puzzle de la vie. Rien ne se créer, rien ne se perd, tout se transforme...


  • Djam Djam 20 janvier 22:34

    @ Gabriel

    Merci beaucoup Gabriel pour votre article smiley

    Et en lisant l’ensemble des commentaires, on a au moins la preuve que la mort est fichtrement dérangeante ! Les uns auraient, semble-t-il, espérer un article de haute volée philosophique... sans doute pour grapiller ici et là quelques rassurements. D’autres préfèrent entretenir cette idée très occidentale moderne de néant, de vacuité, de rien... sans doute parce qu’ils n’ont toujours pas trouver la Présence Inouïe et Indicible de ce « quelque chose » de tellement plus grand que nos circonvolutions intellectuelles vaines à croire (et oui, eux aussi croient !) que la vie se réduit à un corps + un esprit fruit du cerveau.

    On se rassure comme on peut... le néant est toujours tentant à ceux qui n’ont toujours pas vécu pleinement et totalement par le cœur...

    Bonsoir...


    • Gabriel Gabriel 21 janvier 06:43

      @Djam
      Sujet dérangeant certes, difficile d’admettre une échéance qui est une évidence qu’on a pas choisi. Nous sommes des étoiles qui deviennent planètes en s’éteignant ou renaissant dans des univers parallèles afin d’éternellement continuer et nourrir la poésie de la vie… Merci à vous.


  • ETTORE ETTORE 20 janvier 23:36

    Bonsoir Gabriel !

    Beau texte qui fait ressortir ce côté impalpable, que nous essayons tous de matérialiser en dur dans nos convictions, mais qui a une fâcheuse tendance à refermer la porte, poussée par les autres, qui ne veulent rien entendre.

    Parfois je me dis juste « tout ça pour ça ? » Une vie de turpitudes pour juste fermer les yeux et se désagréger en compost ? Je ne pense pas que l’essence de la« vie » s’arrête à cela. Je dirais que cela serait....TROP INJUSTE, pour l’avant, comme pour l’après.


    • Gabriel Gabriel 21 janvier 06:48

      @ETTORE
      « Nous savons et nous sentons par expérience que nous sommes éternels... »  Spinoza
      Merci et bonne journée à vous.


  • Ecureuil66 20 janvier 23:56

    Texte très intéressant merci à son auteur....il faut penser à la mort pour apprécier la vie ...(dixit le Dalai lama si je me souviens bien ) 


    • Gabriel Gabriel 21 janvier 06:56

      @Ecureuil66
      S’il y a une suite, elle est cachée, elle est ailleurs, elle est hors de notre espace et de notre temps, elle n’obéit ni à nos lois ni a nos actes. Nous ne pouvons décréter ni qu’elle existe ni qu’elle n’existe pas. Nous avons seulement le droit d’espérer qu’elle existe. Si elle n’existe pas, notre monde est absurde. Si elle existe, mourir devient une fête et la vie, un mystère. Je préfère, de loin, le mystère à l’absurde. J’ai même un faible pour le secret, pour l’énigme, pour un mystère dont la clé nous serait donnée quand nous serons sortis de ce temps qui est notre prison. Je prends le risque. Si tout n’’est que néant, si les portes de la nuit s’ouvrent et que derrière il n’y a rien, être déçu par ma mort est le dernier de mes soucis puisque je ne serai plus là et que je n’en saurai rien. J’aurai vécu dans un rêve qui m’aura rendu heureux.


    • babelouest babelouest 21 janvier 07:15

      @Gabriel je souhaite profondément qu’il n’y ait SURTOUT PAS « de suite », que quand ce pas supplémentaire (comme dans « la Ligne Verte ») aura été franchi il ne se passera plus rien pour celui qui aura fait ce pas. En revanche, « coquin de sort », aussi longtemps que quelqu’un pensera à celui-là, il restera vivant. C’est avec cet espoir-là au cœur que je suis devenu athée, et fier de l’être. Il y a une cinquantaine d’années.
      .
      Je l’ai dit souvent, le pire pas dans la vie, c’est la naissance, le passage d’un endroit douillet, chaud, tranquille, à l’âpreté de la vie quotidienne.


    • Gabriel Gabriel 21 janvier 07:19

      @babelouest
      Vous avez raison, comme vous je ne souhaite pas de suite à ce que nous vivons ici et en ce moment et ne le souhaites à personne. Mais « coquin de sort » autre chose de plus grand, de plus beau, qui nous dépasse et nous transcende, inexplicable ici...


    • Ecureuil66 21 janvier 22:04

      @Gabriel
      Nous avons seulement le droit d’espérer qu’elle existe. Si elle n’existe pas, notre monde est absurde.
      c’est aussi mon opinion et c’est pourquoi je crois à la réincarnation ou transmigration d’âme , en tous cas à un avant et un après la vie. Bien sûr nul ne détient la vérité, on sera peut être fixé le jour de notre mort....


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 22 janvier 09:52

      @Gabriel

      Une leçon sur la résurrection par l’apôtre Paul :

      https://www.biblegateway.com/passage/?search=1+Cor+15&version=LSG


    • Gabriel Gabriel 22 janvier 10:06

      @Daniel PIGNARD
      Chacun ses croyances et ses opinions dogmatiques Daniel. Je l’ai déjà dit ici, je suis un incorrigible agnostique déiste tendance panthéiste alors l’apôtre Paul c’est pas ma tasse de thé et pour tout vous dire, je le trouve beaucoup trop moralisateur et père fouettard...


  • Pauline pas Bismutée 21 janvier 07:35

    Salut Gabriel

    Ah l’éternité, tentante, si elle n’était pas si longue… smiley

    Ce qui dérange dans le suicide (en dehors des dogmes religieux évidemment) c’est je crois, le dernier acte de liberté qu’il représente, du moins dans ce monde ci, puisqu’on ne choisit pas ses parents, son sexe (à la naissance), sa couleur de peau, son lieu de naissance… donc que reste-t-il comme libre choix dans cette vue bien linéaire ? notre heure de départ, comme ultime pied de nez (je ne glorifie pas le suicide, j’essaie de comprendre)

    Je vois la mort simplement comme le début d’une nouvelle aventure...

     



    • Gabriel Gabriel 21 janvier 07:41

      @Pauline pas Bismutée
      Idem à vous, la mort est sans doute, pour ma part, la renaissance à notre nature originelle. Pour le suicide, c’est un autre débat, un sujet délicat qui comme celui ci suscitera bien des passions...


    • monde indien monde indien 21 janvier 07:55

      @Gabriel
      Quant au suicide , si on considère que des suicides idiots pourraient être évités , pourtant le refus du suicide assisté , par exemple dans les cas de fins de vie de souffrance extrême , me semble un crime contre l ’ humanité bien pire qu ’ un suicide idiot . Mieux vaut mourir calmement sur une belle plage plutôt que d ’ attendre des souffrances atroces . Ceux qui le refusent me semblent des assassins ( et personne ne leur demande d ’ en endosser la responsabilité / juste de laisser à l ’ autre la liberté de choisir / de laisser la liberté d ’ accès à certains produits alors que pour le moment c ’ est considéré comme une faute pénale )


    • jjwaDal jjwaDal 21 janvier 12:10

      @Pauline pas Bismutée
      Je crois que c’est Woody (Allen pas WoodPecker) qui disait « L’éternité doit être un peu longue, surtout vers la fin... ».


  • picpic 21 janvier 12:31

    tout votre article serait à repenser si simplement vous réalisiez que l’éternité n’est pas plus enviable que la mort....

    De mon point de vue, c’est l’éternité qui me donne le vertige, pas la mort.

    Avez vous seulement envisager ce que peut être l’éternité pour un esprit ?

    Quel sorte de folie est ce là ?

    si je vous proposais d’aller voir un film éternelle au cinéma ? vous m’acheteriez un ticket ?


  • Epsilone 21 janvier 12:51

    Je trouve dommage que la question soit abordée d’un point de vue entièrement subjectif, alors qu’il existe des raisons objectives de penser que la conscience ne s’éteint pas à la mort.

    Christian Camus


  • Christian proctoconspirologue Christian 21 janvier 16:29

    Les bienfaits de la mort sont légion.

    FINI :

     -Les rages de dents et les lointains RDV chez le praticien.

    -Les angoisses lier à la perte de vous données sur votre PC.

    -Les consommations astronomique de carburant,d’huile de pneus (mais perte définitive de votre permis de conduire)

    -Les humiliantes coloscopie.

    -L’esclavage salarié.

    -Les files d’attente pour votre test PCR.

    -les mal de tête de votre concubine.

    -Les nouilles trop cuites.

    -Les peines de prisons pour trafique de tabac qui fait rire.

    -les pertes urinaire.

    -Les bourrelets disgracieux.

    -Les gueules de bois.

    Ni chaud ni froid ni faim ni douleurs

    Vive la Mort. !!!

     smiley


    • Gabriel Gabriel 21 janvier 17:41

      @Christian
      Vive la mort, je n’irais pas jusque là mais au vue de votre liste qui est loin d’être exhaustive, elle a un petit parfum de liberté... 


  • Furax Furax 22 janvier 00:19

    Le non-être n’existe pas ! smiley


  • eau-pression eau-pression 22 janvier 09:01

    Bonjour Gabriel

    Votre texte est beaucoup moins noir que d’habitude. Les fenêtres s’ouvrent ...

    L’individu ne fait qu’un passage sur la scène de la Vie. Quels moments nous font mieux ressentir cela que les passages de témoin ?

    Dans l’acte de transmettre, tandis que nous montrons le geste, nous sommes pour celui qui observe le contexte de ce geste.

    Si l’élève décoche souvent au maître une moquerie, c’est par peur de devoir devenir terreau à son tour.

    Cela n’est en rien une leçon, juste un doute ...


    • Gabriel Gabriel 22 janvier 09:05

      @eau-pression
      Bonjour,
      Toute la richesse de nos connaissances viennent de ceux à qui nous les avons transmise. Lorsque je donne, partage, je m’élève… 


  • Gasty Gasty 22 janvier 12:29

    « Je pense à ceux qui la choisissent comme option définitive pour quitter ce monde. J’essaie humblement de comprendre comment en arriver à une telle extrémité. Quelle immense dose de désespoir confinant au vertige, proportionnel à l’incroyable courage qu’il faut pour passer à l’acte, sachant qu’au fond de soi on commet un acte irréversible et contre nature. Exception faite peut-être de celui du mourant en fin de vie dans son lit de souffrance, ou dans ce cas, le geste peut se concevoir et devient compassionnel. »

    Celui qui a vu sa mort pourrait dire qu’elle ne lui a pas paru hostile. Son inquiétude, sa crainte ou sa peur vienne de tout ce qui lui était cher, de ce qu’il va abandonner dans cette vie, ses amours, ses projets inachevés, ses joies... Ce n’est pas la mort qui l’aura effrayé à cet instant, elle sera passé au second plan. Ceux qui ont vu leur mort le savent.


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