vendredi 10 octobre 2025 - par Christ Exauce Marsala

UNESCO : plus de 30 ans, après le sénégalais Amadou-Mathar M’Bow, l’Egyptien Khaled El-Enany à l’épreuve

Le Conseil exécutif de l'UNESCO a désigné, lundi 6 octobre 2025 , son nouveau directeur général, en la personne de l'Égyptien Khaled el-Enany. Le candidat égyptien qui partait favori l‘a emporté devant le congolais, Firmin Edouard Matoko 55 voix sur 57. Le profil d'El-Enany porté par de grands États a semblé plus rassurant, en termes d'enjeux géostratégiques.  

JPEG - 14.8 ko
L’Egyptien Khaled El-Enany, nouveau DG de l’UNESCO

Avec ses 1,3 milliard d’habitants et ses 54 États, l’Afrique reste largement sous-représentée dans les instances internationales. Le continent ne détient encore que trois sièges non permanents au Conseil de sécurité de l’ONU. La revendication d’un siège permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité est devenue un symbole fort. L’élection de l’Egyptien Khaled el-Enany, ce 6 octobre 2025, à la tête du Conseil exécutif de l'UNESCO, au poste de directeur général, deuxième africain à la tête de cette institution (le sénégalais Amadou-Mathar M’Bow 1987-1999), semble briser cette logique géographique.

L’Egyptien succède ainsi à Audrey Azoulay. Élue en novembre 2017 puis réélue en 2021, la Française quitte l’UNESCO en laissant un bilan jugé plutôt favorable par les observateurs internationaux. Tout au long de ses deux mandats, elle a cherché à réduire la polarisation politique et diplomatique au sein de l’organisation, tout en recentrant l’institution sur ses missions fondamentales que sont l’éducation, la culture, les sciences et l’information.

Pour de nombreux observateurs «  le bilan est plutôt positif, en particulier sur les questions patrimoniales et celles qui concernent l’égalité des chances pour les filles  ».

  Khaled El-Enany à l’épreuve

Le successeur de la Française, de son côté, devra s’atteler à relever plusieurs défis. À la croisée des enjeux d’éducation, de culture, de science et de paix, l’organisation devra faire face à des attentes fortes dans un contexte de fragmentation géopolitique.

En effet, le monde traverse une période marquée par des tensions accrues, des menaces multiples et des fractures profondes. La solidarité internationale et le multilatéralisme, les deux principes majeurs sur lesquels ont été fondés le socle des Nations Unies ne favorisent plus un ordre international juste et durable. D’où la résurgence inquiétante des conflits armés à travers le monde.

L’Egyptien Khaled El- Enany devrait donc avoir des épaules larges pour maintenir la neutralité politique, réduire les inégalités persistantes en matière d’accès à l’éducation, redresser le faible taux d’exécution de certains projets sur le terrain, et moderniser une institution qui pâtit encore de ses lourdeurs bureaucratiques. La nécessité d’un ordre mondial fondé non pas sur la force des armes, mais sur des règles établies et communément partagées s’impose.

Le profil d'El-Enany, plus politique et le fait qu’il soit porté par de grands États semble plus rassurant, en termes d'enjeux géostratégiques. Premier directeur général issu du monde arabe, il porte un projet de gouvernance multilatérale qu’il souhaite plus ouverte, pragmatique et ancrée dans les réalités du terrain. Au-delà de sa double identité africaine et arabe, Khaled El-Enany apparaît aussi comme celui qui peut incarner le dialogue entre le Nord et le Sud. Une capacité qui s’est manifestée par les soutiens venus de plusieurs capitales européennes, dont Paris et Madrid.

 « J’ai passé du temps dans les capitales, sur le terrain, pour comprendre les priorités réelles des États membres. Il ne s’agit pas de présenter un programme déconnecté, mais de faire vivre les besoins et attentes que j’ai reçus. Je crois profondément que le dialogue est la clé. Pas un dialogue théorique, mais un dialogue fondé sur l’expérience, la présence, le respect mutuel. » Ainsi s’exprimait-il, le 26 avril 2025, dans le site d’information Tamamedia.

Pour lui, l'UNESCO doit être plus réactive, plus accessible, moins centralisée. « Si je suis élu, je prévois d'instaurer des réunions hebdomadaires entre le directeur général et les services internes pour fluidifier la gestion quotidienne. Je veux aussi mettre en place des dialogues réguliers avec les groupes géographiques d'États membres, et renforcer la transparence dans nos communications. » Poursuivait l’heureux Elu qui entend également organiser des consultations ciblées avec des sous-groupes, comme les petits États insulaires ou les pays africains, afin d’adapter concrètement leurs besoins. Selon lui « Ce n'est pas une posture, c'est une méthode de travail. Je veux que chacun se sente entendu, respecté et impliqué. »

On l’aura compris, les défis de Khaled El- Enany comme ceux de ses prédécesseurs, sont grands, de surcroît dans un monde en pleine mutation, animé par de nouvelles puissances politiques et économiques telles que la Chine, le Brésil ou l’Inde et auxquels s’ajoutent désormais notamment les questions environnementales qui nécessitent également des réponses urgentes.

     Une marge de manœuvre peu réduite

L’on se rappellera que, sous le règne du Sénégalais Amadou-Mahtar M’Bow (1974-1987), les Etats-Unis, avaient quitté l’Organisation en 1983 suivis par le Royaume-Uni en 1985.Le déficit engendré par le départ des Etats-Unis et du Royaume-Uni, représentait environ 30% du budget de l’Organisation.

Sous l’impulsion de Donald Trump, Washington avait également claqué la porte de l’agence onusienne à la fin de 2018 avant d’y revenir en juin 2023. Quant au nouveau retrait des Etats-Unis annoncé, le 22 juillet 2025, il pourra générer une baisse substantielle de l’aide internationale pour l’éducation et un financement inégal de la culture et des sciences. Premiers contributeurs de l’organisation, les Etats-Unis lui allouent chaque année 75 millions de dollars (66 millions d’euros), soit environ 8 % de son budget de 900 millions de dollars. 

Or, selon le dernier rapport de l'UNESCO sur la science, 80 % des pays consacrent moins de 1 % de leur PIB à la recherche et au développement. Les sciences océaniques, quant à elles, ne reçoivent que 1,7 % des budgets nationaux alloués à la recherche. Une situation difficile pour l’Afrique, car avec 30% d’allocations, le continent absorbe aujourd’hui- plus de ressources pour la réalisation des projets que les autres régions du monde réunies.

Outre la crise du multilatéralisme et le déficit budgétaire causé par le départ des Etats Unis, d’autres épées de damoclès risqueront de peser lourds sur la tête de l’Egyptien. De prime abord, le décès d’Amadou Mahtar M’Bow, le 24 septembre dernier à Dakar, à l’âge de 103 ans, sera un souci préoccupant pour le nouveau locataire de l’UNESCO. En Afrique, on dit souvent que « Un vieillard qui meurt, c’est toute une bibliothèque qui brûle. »

Premier Africain secrétaire général de l’Unesco, Mahtar M’Bow, ayant connu presque la même crise politique que l’Egyptien Khaled El-Enany, à savoir la suspension des contributions budgétaires des Etats-Unis, serait une précieuse source d’inspiration surtout sur des dossiers brûlants dont les réponses devraient refléter davantage les valeurs de l’UNESCO.

Secundo, contrairement à Firmin Edouard Matoko, le candidat malheureux, Sous-directeur général du département Afrique de l'UNESCO avec une expérience qui faisait de lui un connaisseur des arcanes de l'Organisation, l’Egyptien Khaled El- Enany n’est pas de près un « fils maison » , même s’il a réalisé, en collaboration avec l’UNESCO, en plus du grand musée égyptien, l’un des plus vastes musées du monde, dont le coût est estimé à environ un milliard de dollars américains.

Cette connaissance partielle de la maison UNESCO semble être un handicap préjudiciable. Le Sénégalais Amadou-Mahtar M’Bow, avant de prendre les rênes de l’UNESO (1974-1987), par exemple, était un authentique diplomate. Ancien ministre de l’Education du Sénégal, il avait été membre du Conseil exécutif et avait dirigé le Secteur de l’éducation de l’UNESCO pendant plusieurs années. Ce profil politique était un atout considérable pour remédier à la crise qui avait marqué son mandat, même si cela n’aura pas suffi, notamment l’opposition entre les pays du Sud et le bloc des pays riches du Nord-Ouest.

Mme Bokova, qui a occupé les fonctions de directrice générale de l’UNESCO de 2009 à 2017 a d’abord été déléguée permanente de la Bulgarie auprès de l’UNESCO. Même cas de figure pour Federico Mayor (Espagne) 1987-1999, succédant à Mahtar M’Bow. Il a été directeur général adjoint de l'UNESCO de 1978 à 1981, il revient à l'Organisation en tant que conseiller spécial du directeur général (1983-1984), auquel il succède en 1987.

Ces quelques cas de figure, comme on peut le constater, prouvent à suffisance que le profil du directeur général est aussi stratégique .

Au moment où l’Organisation des Nations unies célèbre ses 80 ans d’existence et que l’Organisation des Nations Unies Pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) s’apprête également à marquer huit décennies d’actions au service de la paix et du développement, un leadership visionnaire s’avère nécessaire pour apporter des réajustements adéquats qui permettront à cette institution de servir les Etats membres avec des résultats probants.

 



2 réactions


  • Étirév 11 octobre 2025 07:54

    UNESCO, ONU, OMS, FMI, OIT, etc. Ces organismes internationaux sont en réalité à l’origine d’une dégradation constante de la vie politique, de l’économie, de la santé et de la culture des nations. Jamais il n’y a eu plus de haine et de conflits entre les pays que depuis que l’ONU existe. L’OMS vaccine et empoisonne les masses pour, au mieux, les abrutir. L’UNESCO nivelle les cultures par le bas. Le FMI endette les pays riches et dépossède les plus pauvres. La science détruit l’environnement sous l’œil complice des organismes mondiaux chargés de le protéger, etc.
    À propos de l’UNESCO, citons Sir Julian Huxley, premier Directeur Général de cette institution, membre de la « Fabian Society », neveu de Thomas Huxley (un des fondateurs de la « Round Table ») et frère d’Aldous, qui contribuera à la naissance de l’UNESCO, ce « Vatican de la pensée rationaliste » comme dit Pierre Gerbet (« Les Organisations internationales »), et à propos de laquelle il n’hésita pas à déclarer : « Nous n’avons plus besoin de recourir à une révélation théologique ou à un absolu métaphysique. Freud et Darwin suffisent à nous donner notre vision philosophique du monde. ».
    NB : Greenpeace est une association « écologiste » fondée en 1971 à Vancouver (Colombie britannique), région sous influence britannique. Elle a été financée par les Fondations Rockefeller et Carnegie, ainsi que par le magnat du pétrole Armand Hammer et par d’autres institutions mondialistes telles que le « World Order Institute ». Début avril 1989, Greenpeace recevait près de 10 millions de dollars provenant des revenus réalisés sur un disque enregistré par des rock-stars britanniques et édité à Moscou. Ce groupe rock composé de satanistes, « The Shamen », avait sorti un album intitulé « In Gorbatchev we trust » (En Gorbatchev nous croyons), produit par la société « Demon records » ; le disque portait le numéro « DIABLE 666 » et sur la couverture apparaîssait une photo de Gorbatchev avec une couronne d’épines, entouré de formes et couleurs psychédéliques. Dans une chanson, le refrain répètait : « M.D.M.A Zing ». « MDMA » est le terme chimique de l’Ecstasy, cette drogue qui inonda particulièrement l’Europe dès la fin des années 80.
    Le reste des revenus, dont le montant s’élève à près de 20 millions de dollars, alla dans les caisses de la Fondation soviétique internationale pour la survie de l’humanité, dans le conseil d’administration de laquelle siègaient des représentants de Greenpeace.
    Greenpeace fait aussi partie des mouvements que parraine l’organisation sataniste « Lucifer Trust ». Créé le 11 novembre 1922, émanation de la « Société Théosophique » et donc de la « Fabian Society », le « Lucifer Trust », devenu aujourd’hui le « Lucis Trust », est une organisation non gouvernementale à statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations Unies avec sièges à New York, Londres et Genève. C’est de cette puissante association, reconnue par l’ONU, que dépendent les mouvements pseudo spiritualistes du « New Age ». C’est au « Lucis Trust » qu’a été confié la salle de méditation de l’ONU à New York. Cette « Chambre de la Méditation », dont toutes les dimensions nous ramènent au chiffre 18 (6 x 3), a été inaugurée en novembre 1957 comme lieu de culte du « Dieu que l’homme adore sous de nombreux noms et de multiples formes ».
    À la base, les principaux commanditaires du « Lucis Trust » étaient : la Fondation Rockefeller ; Greenpeace International ; Amnesty International ; l’ONU ; l’UNESCO ; l’UNICEF.
    Le « Lucis Trust » a eu pour membres, entre autres, Robert McNamara, ancien président de la Banque Mondiale, membre du CFR, de la Trilatérale, du groupe Bilderberg ; Mikhail Gorbatchev ; Thomas Watson, président d’IBM et ancien ambassadeur américain à Moscou ; Paul Volker, ex-directeur de la Fédéral Reserve (FED) ; George Schultz, ancien directeur de la banque J. P. Morgan ; Robert Muller, directeur, en 1970, du Bureau du Secrétaire Général des Nations Unies ; Norman Cousins, personnage important de l’ONU, membre de la « Fabian Society » et professeur à la Columbia University qui, rappelons-le, est l’université des « Morgan », les financiers américains des Rothschild ; Mark Tannenbaum, représentant de l’American Jewish Committee (contrôlé par le B’nai B’rith), seul rabbin présent au Concile Vatican II, etc.
    Lien


    • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 11 octobre 2025 08:02

      @Étirév

      Bonjours, je plussoie des quatre mains, en tant que pseudo descendant de singe bien sur..
      mais où sont donc passées mes deux autres mains.. ?
      Merci et respects.


Réagir



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/