jeudi 4 janvier 2007 - par Philippe Bilger

Zidane, Noah, etc., hélas !

L’année 2007 commence en trombe.

Samy Naceri refait des siennes, de plus en plus gravement. La démagogie politique et la caution juridique prospèrent à propos de la misère. Le droit "opposable" au logement ! Si l’Etat ou les collectivités locales sont capables demain de fournir un logis à qui le réclame et n’en trouve pas, cela voudrait dire que la crise du logement est un leurre. Or on sait qu’elle pèse avec sa douloureuse réalité. Autrement dit, à nouveau une annonce bien commode pour une générosité qui n’a pas les moyens d’être effective. A politique impossible, élans délicieux du coeur par effervescence législative interposée. Mieux vaudrait moins de sensibilité et plus d’efficacité au jour le jour.

J’ai déjà été trop long sur ce thème chroniquement urgent qui, chaque année, vient chatouiller désagréablement les consciences. Chaque année aussi, dans Le journal du dimanche (JDD), on retrouve le Top 50 des personnalités préférées des Français. C’est sur ce classement que je voudrais attirer l’attention de ceux qui me lisent.

Lorsqu’on demandait à André Gide quel était le plus grand poète français, il répondait "Victor Hugo, hélas !" En consultant la liste du JDD, qui met en évidence une multitude de people sans doute valables dans leur discipline mais écrasés par l’honneur qui leur est fait - je pense, par exemple, à David Douillet, Claire Chazal, Jean Dujardin, Fabien Barthez ou Franck Ribéry -, je suis surtout frappé par le fait que Zidane et Noah sont en tête et que les politiques sont à la fois rares et mal classés, à l’exception de Nicolas Hulot si on veut bien admettre que, depuis quelque temps, il porte une double casquette.

Je ne résiste pas à la provocation de déplorer, par un hélas à la Gide, la domination, dans une telle hiérarchie, de Zidane et de Noah. Le ballon rond, la petite balle de tennis. Le footballeur génial, l’auteur d’un coup de tête mémorable, l’humanitaire médiatique, le bon fils, l’excellent père, le locuteur minimaliste. Le vainqueur du tournoi de Roland-Garros, le chanteur, l’homme des familles recomposées, l’humanitaire encensé, l’être engagé parfois simpliste parti en Suisse puis revenu. Pourquoi eux, pourquoi une telle focalisation sur des existences qui brillent mais qui diffusent une faible lumière et ne changent rien de fondamental à la vie des gens ?

Parce qu’elles sont visibles et qu’elles semblent constituer une possibilité de lien, une chance d’union, elles sont distinguées bien au-delà de leurs qualités personnelles. Parce qu’elles sont, tout simplement, et qu’à tort ou à raison elles représentent un prolongement rêvé et impossible, on les porte aux nues l’espace d’une seconde, sorties de leur essence et de leur statut particuliers pour entrer dans le royaume des modèles, des idoles, de la mythologie. C’est notre vie et ce n’est plus la nôtre. Tout cela, pourra-t-on me répliquer, relève de la banalité et ne concerne que le parisianisme. Je ne crois pas et sans doute faut-il tenter d’aller plus loin dans l’analyse.
Pour ma part, au risque de susciter l’antipathie, je ne parviens pas à me résoudre à ce que que dans un tel classement, pas plus absurde qu’un autre, les politiques, les créateurs, les responsables, les porteurs d’espoir global soient si clairement relégués au bénéfice des paillettes, de la facilité et souvent de réputations surestimées. Certes, Ségolène Royal a fait un bond, mais elle se trouve à la 23e place, Simone Veil à la 25e, Bernard Kouchner à la 40e et Nicolas Sarkozy à la 42e, pour ne parler que d’eux.

Il me semble qu’il serait un peu court d’attribuer le seul succès des non-politiques à leur omniprésence médiatique. Il y a plus et qui est plus intéressant. Ceux qui les placent au plus haut, contrairement à l’ostracisation des politiques, ne désirent-ils pas précisément se plonger dans un bain de jouvence mais démocratique, dans un océan d’irresponsabilité mais assumée, dans un monde de gratuité mais valorisée ? Ils n’ont rien à dire sur nous, sur notre société, en tout cas pas plus que le commun des citoyens, et pourtant on les écoute. Noah profère des absurdités techniques sur Nicolas Sarkozy, il est vénéré quand le ministre voit sa réponse étouffée par le poids immense de l’incompétence.

Irresponsabilité, incompétence, vision parcellaire, subjectivité à la fois friquée et facilement généreuse, éructations faciles, sommaires et péremptoires, leçons rudimentaires de morale (tiens, étonnant que Joey Starr ou Naceri ne soient pas dans les cinquante !), tout ce qui pourrait dégoûter un esprit et une intelligence lucides et avertis enchante, au contraire, une communauté qui en a assez de se trouver devant son existence, la société et le monde comme devant un rébus, une énigme insoluble. On ne supporte plus de ne pas avoir les clés de la complexité au sein de laquelle nous respirons. Hier, nous pensions pouvoir la surmonter et la comprendre. Aujourd’hui, elle nous étouffe. Aussi nous réfugions-nous auprès de ceux qui donnent l’illusion que les choses sont simples, le temps maîtrisable et l’avenir assuré. Nous offrant la partie pour le tout et le superficiel à la place du profond, ils nous rassurent. Dans leur ombre, dans leur lumière d’un instant, nous nous mettons à l’abri.

Les politiques, c’est évidemment l’inverse. Il n’est même pas nécessaire d’évoquer la multitude des déceptions causées aux citoyens par une caste de responsables publics, toutes tendances confondues, plus soucieuse de décréter que d’accomplir. Le pain et les jeux des temps antiques ont été remplacés par le règne des paroles qui ont ceci de bon qu’elles ont la saveur des actes sans avoir à subir la dure métamorphose du virtuel en réel. Le politique, aujourd’hui, peut être rejeté parce qu’il a trop trahi mais surtout, et c’est plus grave, parce que la politique, ses choix et ses limites, ses défaites, même de bonne foi, rendent compte de manière ostensible et douloureuse de la complexité, de l’entrelacs des faits et des possibles, de la conscience de ce qu’il conviendrait d’opérer et de la tristesse de ne pouvoir le mettre en oeuvre. Le citoyen déserte la politique ou s’abandonne aux extrémismes, parce que la première révèle trop, derrière son air épouvantablement sérieux, que la vie nationale et internationale est ingérable et que les seconds, par leurs solutions incantatoires, offrent du sommaire à l’esprit et au vote.
Le Top 50 montre toujours plus que son apparence. Là où la futilité semble triompher, c’est une conception de la société qui se manifeste. Si les people ont pris le pouvoir, ce n’est pas seulement grâce aux médias. C’est aussi parce qu’on les a laissés le prendre.

On a absurdement considéré que leur intrusion dans le sérieux et le grave allait élargir l’amplitude des médias et accroître l’influence politique quand, au contraire, elle a par contagion décrédibilisé et délégitimé la chose publique et ses serviteurs. Les politiques ont trop joué avec un feu qui ne leur voulait aucun bien. Par démagogie, pour faire "jeune", pour faire "peuple", ils ont applaudi la montée des clowns et des people. Il n’est que temps, pour eux, de reprendre leur bien et leur rang.

Une société peut demeurer pleine de vie et de créativité même quand chacun demeure à sa place. Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy en tête du Top 50 du JDD, c’est pour quand ?
Il y aura du travail en 2007.



158 réactions


  • candidat 007 (---.---.122.128) 5 janvier 2007 00:23

    En voyant le titre de l’article, et votre profession, je m’attendais à trouver le palmarés des artistes et autres peoples qui vivent à l’étranger pour éviter de payer des impôts et non pas vos états d’âme sur le classement de popularité de ces personnes.

    Mais quelle démocratie si même les journalistes citoyens se mettent à faire du « Voici et Paris Match.. » et à pérorer « savamment », sur les mérites médiatiques de tel ou tel. C’est la star ac des journalistes citoyens.

    Tristesse de l’année qui s’ouvre.


  • Jesrad de Zadig (---.---.71.55) 5 janvier 2007 01:30

    Les médias classiques (pour ne pas dire beaufs)fonctionnent comme ça quand elles ne trouvent rien à dire elles parlent des gens connus ou personnalités ou stars ou je ne sais quelle stupidité. De quoi combler les manques avec du vide. Ce n’est pas de la faute de ces gens qui sont utilisés comme support pub. Plus on réduit les humains en badauds bovinesques plus on peut leur vendre des produits polluants et inutiles. Nous n’en voulons plus de cette infâme bouillie décervelante, on veut par contre savoir ce qui se passe au Darfour en Afrique et à Oaxaca au Mexique. Peu me chau Zidane et Tartampion, ça suffit la société du foutage de gueule permanent...


  • Xerxès (---.---.21.81) 5 janvier 2007 06:19

    @Nouma

    Je pense que vous m’avez très mal lu mon cher !

    Ai-je fais l’éloge de vos énarques ??? Vos énarques sont les pires bêtes immondent de votre société, Ce sont des vermines ayant trouvé une carcasse pour ce régaler : la France.

    Voilà ce que je pense de vos énarques !

    Ou sont les vrais artistes, écrivains ??? Votre société de pseudo culture a réussi à tuer toutes formes d’art.

    Xerxès


    • Pompée (---.---.73.23) 5 janvier 2007 09:57

      Les « grands savants » dont vous parlez sont dans les mêmes réseaux que les énarques : il y en a au Siècle par exemple. Dans les mêmes lobbies politiques, également.

      D’ailleurs, dans les administrations de certains grands établissements scientifiques on trouve des énarques depuis les années 1980. Ils sont cul et chemise avec les hiérarchies scientifiques et académiques que nous montre la TV.

      Et si vous allez voir sur la Toile la composition des instances de direction de la Fondation Bettencourt-Schueller, qui a obtenu la création d’une « chaire Liliane Bettencourt » au Collège de France, vous verrez le mélange au grand jour.


    • Ariel Sharon (---.---.129.229) 5 janvier 2007 19:41

      >Ou sont les vrais artistes, écrivains ? ? ? Votre société de >pseudo culture a réussi à tuer toutes formes d’art.

      LOL et c’est quoi cette pseudo vraie forme d’art ? Mouloud avec sa bombonne de peinture et barbouiller la Teci ? Ou MC La Rage avec ses textes de Rap ?


  • jrev jrev 5 janvier 2007 09:23

    Bonjour à tous,

    La parole déconnectée de l’action est la plus grande plaie du monde d’aujourd’hui. Elle fait partie du monde politico-médiatique et nous avons la faiblesse de la reprendre à notre compte dans nos commentaires. Ce qui justifie le constat amère : Nos représentants reflètent bien notre propre irresponsabilité dans nos vies, sur le plan moral, pratique et écologique.


  • BB (---.---.237.213) 5 janvier 2007 09:57

    Bonjour Monsieur Bilger. N’êtes vous pas vous même dans le même système en répondant aux médias officiels et jamais aux questions sur AGORA. Car en effet on ne vous voit jamais sur le fil. Jamais répondre ou commenter un mess. N’auriez vous pas le temps ?????. Ou serions nous moins important ????. BB


    • Philippe (---.---.105.78) 5 janvier 2007 10:11

      C’est une interrogation très pertinente,BB.Je vous rassure tout de suite.Dans cette abstention, nul mépris ni indifference.J’ai parfois tenté de répondre au risque de substituer des dialogues particuliers à l’effervescence d’AV.Je choisissais forcément les commentaires qui me semblaient trop injustes ou absurdes.Je me suis résolu à demeurer coi.La multitude des commentaires d’abord sur AV.Ensuite, le fait que trop rarement ils s’attachent au fond, que ce soit pour l’approuver ou le dénoncer.Par ailleurs,ma note devient très vite un prétexte qui justifie des échanges guère reliés à ce qui m’a agité intellectuellement.Enfin il me semble que mon abstention est un hommage que je rends à vos libertés d’expression avec lesquelles pourtant je suis rarement en total accord.


    • BB (---.---.237.213) 5 janvier 2007 12:04

      Je vous remercie de m’avoir répondu et j’ai peut être été un peu prompt à manier le préjugé. Je suis en accord avec vous sur les avatars de notre société, c’est tout à fait regrettable. Que dire de plus que de penser qu’un jour les choses changeront ,que le mérite sera reconnu en tant que tel. Un exemple me revient à l’esprit au cours d’une discussion et portant sur le fait des mérites. Une personne m’assurait que l’argent et son amas était le signe supérieur de l’intelligence et du mérite,Ce à quoi je répondais : comment se fait il qu’einstein ne fut jamais milliardaire en son temps. Je pense que vous saississez ma pensée qui est bien synthéthique mais n’en demeure pas moins raisonnable. BB


  • stephane (---.---.255.210) 5 janvier 2007 10:05

    difficile en effet de s’y retrouver dans ce monde (ultra, post ?) moderne ! surtout impossible parfois d’oser aller a contre-courant de la pensee dominante sous peine bien souvent d’ostracisme ! courageux, bravo !


    • Pompée (---.---.73.23) 5 janvier 2007 10:19

      La politique française est un énorme mensonge, et les Français le comprennent de mieux en mieux.

      « Nos » politiques « chantent » pour les riches et les super-riches, les PDGs, les financiers... dans les réseaux d’influence comme le Siècle, la Trilatérale, Confrontations, Bilderberg et tout le reste.

      Par exemple, pour ce qui est du Siècle on peut lire cet article de Stratégies d’avril 2005 :

      http://www.strategies.fr/archives/1365/136504901/management_14_le_pouvoir_a _la_table_du_siecle.html

      Réseaux

      14-Le pouvoir à la table du Siècle

      Ultrasélectif, le Siècle rassemble la quintessence du pouvoir politique, économique et médiatique. La discrétion de ses membres est à la hauteur de son influence.

      Un mercredi par mois, place de la Concorde à Paris, la fine fleur de la communication et des médias pénètre discrètement dans les salons de l’Automobile club de France. Ce n’est pas l’amour des voitures qui rassemble Maurice Lévy (Publicis), Alain de Pouzilhac (Havas), Serge July (Libération) ou Patrick Poivre d’Arvor (TF1), mais un dîner en compagnie de Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, Thierry Breton, Claude Bébéar ou Nicole Notat. Tous sont membres du Siècle, le plus prestigieux des cercles de décideurs hexagonaux.

      (...)

      Les ministres membres se comptent sur les deux mains, de Jean-Pierre Raffarin à François Fillon. Les barons du Parti socialiste aussi, comme Lionel Jospin ou Laurent Fabius. Le milieu des affaires n’est pas en reste, avec la quasi-totalité des grands patrons, de Louis Schweitzer (Renault) à Michel Pébereau (BNP Paribas). Sans oublier la plupart des dirigeants de la presse et de l’édition, d’Odile Jacob à Jean-Marie Colombani, en passant par Claude Imbert et Laurent Joffrin.

      (...)

      Mais n’entre pas qui veut. La sélection est rude. « On ne choisit pas le Siècle, c’est lui qui vous choisit ! », souligne Étienne Lacour. Présidé en 2005 par Renaud Denoix de Saint-Marc, vice-président du Conseil d’État, le conseil d’administration compte une quinzaine de personnalités comme Denis Jeambar (L’Express), Anne-Marie Couderc (Hachette Filipacchi Médias), Marc Tessier (France Télévisions) et même Nicole Notat (Vigeo). Triées sur le volet, les recrues gardent le statut d’invités pendant au moins un an avant de devenir membres. David Pujadas (France 2), Emmanuel Chain, Édouard de Rothschild ou Jean-François Copé ont, depuis peu, décroché le sésame.

      (...)


  • Pompée (---.---.73.23) 5 janvier 2007 10:30

    La différence entre les sportifs, chanteurs médiatisés, etc... et les politiques, c’est que ces derniers « chantent » dans des cercles plus restreints. Ils « chantent » pour le grand capital.

    Voir un peu plus haut mon commentaire de 10H19 avec le même titre sur le Siècle. Mais on peut directement se renseigner sur la Trilatérale à l’adresse :

    http://www.trilateral.org

    et demander la composition de cette organisation par un simple courrier électronique. Ou encore, lire :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_Trilatérale

    Pour Confrontations, le site est :

    http://www.confrontations.org/

    avec, par exemple, une belle liste des membres de son Comité de parrainage :

    http://www.confrontations.org/presentation/parainnage/index.php

    Quant à Bilderberg, lire par exemple :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bilderberg

    et faire une recherche sur la Toile. Ils se cachent beaucoup mieux.


    • (---.---.36.102) 5 janvier 2007 11:43

      Et encore, ils ont de la chance que la plupart des Français ne sont pas au courant de toutes ces magouilles. Autrement, je ne sais pas comment ça finirait.


    • Etz (---.---.73.175) 5 janvier 2007 12:41

      « Présidé en 2005 par Renaud Denoix de Saint-Marc, vice-président du Conseil d’État, le conseil d’administration [du Siècle] compte une quinzaine de personnalités comme Denis Jeambar (L’Express), Anne-Marie Couderc (Hachette Filipacchi Médias), Marc Tessier (France Télévisions) et même Nicole Notat (Vigeo). »

      Pardon, mais avec tout le respect dû, si le plus haut magistrat administratif présidait le Siècle en 2005... où sont l’apparence d’impartialité et l’indépendance de la juridiction administrative ?


  • Gauvain (---.---.127.211) 5 janvier 2007 11:02

    Que n’entend-on plus souvent et plus fort s’élever des voix comme la vôtre ? Merci pour la qualité de cet article !


    • (---.---.36.102) 5 janvier 2007 11:37

      Mais si, on en entend plein, des voix comme celle-ci. Il suffit de voir la pub « photogénique » des politiques avec laquelle on ne cesse de nous bombarder. Mais ça ne passe pas.

      Et s’il s’agit de juger d’après le contenu, je ne suis pas sûr que les gens leur veulent beaucoup de bien, à tous ces politicards...


  • bebert lefort (---.---.229.168) 5 janvier 2007 11:13

    Cher LABEL, vous n’avez que le nom ,mais pas de label.Vous vous prenez pour le nombril de Agora, mais votre vision des choses ne va pas au-delà du bout de votre nez.Cordialement quand même


  • coelina (---.---.81.26) 5 janvier 2007 12:56

    Zidane et Noah nous offre simplement une image humaine. Ils sont beaux, gagnants, généreux et authentiques et leurs défauts ressemblent aux notres, simples citoyens. Au contraire de Sarko qui est grincheux, hargneux, dominateur, donneur de leçon et menaçant (il suffit de le voir dans les émissions télévisées par exemple vis à vis d’un haut magistrat parisien). Nous pouvons craindre pour la séparation des pouvoirs. De Gaulle lui, rassemblait, avait une vision pour pour la fin de la colonisation, l’avenir de la France celui de l’Europe (de l’Atlantique à l’Oural), pour la régionalisation, . Il avait toujours un train d’avance. Il rassurait. Actuellement quel est l’homme ou la femme politique qui incarne l’avenir ? Celui ou celle qui sera élu(e) y parviendra peut-être. Espérons-le, pour que les français(es) le ou la place en bonne position de ses personalités préférées.


  • Etz (---.---.73.175) 5 janvier 2007 13:14

    Pardon, Monsieur Bilger, mais il me semble que vous avez la mémoire un peu courte. Qui instrumentalise en permanence ces célébrités du sport, de la chanson... ?

    Voici quelques extraits d’un article du 10 juillet que j’ai trouvé sur Sportvox :

    http://www.sportvox.fr/article.php3?id_article=10379

    Le foot médiatisé, nouveau dopant des Français ? Les succès sportifs ont souvent été récupérés à des fins politiques, mais avant la dernière décennie on aurait pu penser que c’était le fait de régimes autres que celui qui, théoriquement, prévaut en France. Or, la realmadridisation de l’équipe de France de football nous ramène devant une réalité qu’on pourrait être tenté de qualifier de décadence républicaine.

    Le foot pour le « bas peuple », le savoir pour les « élites » ? Il est à craindre que cette idée très voltairienne, propagée parmi les aristos éclairés et grands bourgeois du XVIII siècle, ne soit devenue à nouveau très répandue dans un milieu de « décideurs » à vie, aux privilèges croissants.

    La semaine dernière, un microcosme politique passablement discrédité, mais jamais découragé et toujours omniprésent dans les médias comme dans les institutions, avait littéralement bondi sur la victoire de l’équipe de France en demi-finale de la Coupe du monde de foot.

    Dans cette France « gérée » par une EARL (« élite » à responsabilité limitée) qui, avec une emprise croissante sur le pays depuis l’ordonnance du 9 octobre 1945, veut bien penser à notre place et nous « administrer », les grands lauréats des concours de « gouvernance » et ceux cooptés par des voies « extérieures », toutes promesses politiques confondues, ont couru mettre la main, au sens politique du terme, sur le penalty transformé par Zidane et la classification pour la finale de dimanche. Les uns plus vite que les autres, à qui nous chanterait les plus beaux kikirikis et cocoricos. Jack Lang, un ancien ministre de l’Education Nationale, est allé jusqu’à parler de « la France métisse, la France mixte dans l’essence du mot », oubliant apparemment qu’aucun résultat sérieux de la génétique moderne ne confirme l’existence de races humaines postulée au XIX siècle par des « savants » pro-colonialistes.

    Jeudi, on a pu apprendre que Claude Chirac choisissait les élus qui accompagneraient à Berlin le Président de la République....

    (...)

    Dès jeudi soir, on pouvait lire que les bleus venaient de « redonner des couleurs au couple Chirac-Villepin ». Certains commentateurs ont écrit des titres tels que : « les politiques derrière les bleus », et d’autres comme une dépêche AFP du vendredi à 14h34 : « les politiques veulent profiter de l’euphorie bleue ». Cette dernière dépêche nous rappelle que « entre juin et juillet 1998, en pleine cohabitation, le chef de l’Etat avait connu une progression de 11 points (de 48 à 59%), et le Premier ministre de 7 points (de 52 à 59%) ». Des « progressions » intéressantes, nul n’en doute. Même si entre juillet 1998 et avril 2002 elles avaient bien fondu à en juger par le résultat du premier tour des présidentielles. Si, neuf mois après la crise des banlieues, on peut lire que « le mythe de la France »Black-Blanc-Beur« semble ne plus convaincre tout le monde » ou si, dans Le Monde du 9 juillet, un supporteur de l’équipe de France déclare : « Nous les immigrés, on est français quand on gagne le Mondial. Mais 15 jours après, on n’est plus français : Chirac, Sarko et tous les autres nous oublient »...

    (...)

    Vendredi, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy annonçait un dispositif de sécurité « très important » en France, pour la soirée de dimanche, avec 4.000 policiers et gendarmes. Car « rien ne doit gâcher cette fête »... samedi, on nous annonçait une « finale sous haute surveillance » en France, et la dépêche AFP rappelle que : « Les festivités après Portugal-France ont été entachées de cinq décès »accidentels« en France, selon la police, dont trois à Paris, de violences, de véhicules brûlés et de blessés par arme blanche ». Dimanche en début d’après-midi, une nouvelle version de cette dépêche annonçait encore toute une série de mesures de sécurité, ainsi qu’un défilé de l’équipe de France à Paris, sur l’avenue des Champs-Elysées, après un déjeuner au Palais de l’Elysée. Une autre dépêche évoquait une « semaine politique dominée par le rendez-vous télévisé du 14 juillet », estimant que le Président de la République « pourra sans nul doute s’appuyer sur l’exceptionnel - et inattendu - parcours de l’équipe de France de football au Mondial-2006 ». On apprenait également, dimanche, que Ségolène Royal se rendait à Berlin pour la finale, « invitée par la Ligue et aussi par Dominique Rocheteau, qui a un club de formation... ». Resté en France, Nicolas Sarkozy assurait que les forces de l’ordre étaient « prêtes » afin « que les Français puissent faire la fête en famille, tranquillement » et précisait : « 12.000 fonctionnaires et militaires sont mobilisés, dont 3.000 à Paris et 5.000 à 6.000 en Ile-de-France ».

    (...)

    Qu’un régime politique craignant l’isolement ou la révolte de la population ait recours à l’instrumentalisation de succès sportifs comme moyen de propagande, ce n’est rien de très nouveau. Le Real Madrid devint champion d’Espagne en 1954 et 1995, et remporta cinq coupes d’Europe d’affilée : 1956, 1957, 1958, 1959 et 1960, avant d’être éliminé par Barcelone la même année pour la coupe de l’année suivante. En 1964, Franco lancera la campagne dite des « 25 années de paix » et, en décembre 1966, il fera plébisciter son régime par un référendum qui donnera, d’après les chiffres officiels : 88,79% de votants, 95,06% de oui et 1,81% de non, avec 2,33% de votes blancs. La promotion de l’ « opération Real Madrid » par le franquisme dans les années 1950 avait fait suite à la montée dans le pays d’une importante contestation de masse qu’avait amorcée le boycott des tramways de Barcelone de mars 1951, devenu rapidement la première grève générale sous la dictature. Champion d’Espagne de manière ininterrompue de 1961 à 1965, le Real Madrid deviendra à nouveau champion d’Europe en 1966, à quelques mois du référendum.

    Doit-on s’étonner de voir ce genre de méthodes d’un parti unique reprises dans une « démocratie » par un lobby de la pensée unique ? C’est vrai qu’en France il n’y a pas de parti unique... mais heureux qui pourra déceler des différences substantielles entre les programmes qui lui sont « proposés » et, surtout, appliqués !


    • STOP arnaque (---.---.221.132) 5 janvier 2007 17:06

      Les arroseurs arrosés ! Mais de toute façon, ni Noah ni Zidane ne sont candidats...

      Du temps de Franco aussi, sans doute, les footballeurs du Real Madrid battaient des records de popularité dans les coins les moins développés de la campagne espagnole. Surtout, si les gens avaient la télé depuis peu. Mais je ne pense pas que le Généralissime devait s’en inquiéter.


  • bb (---.---.237.213) 5 janvier 2007 13:23

    L’image de la société la voilà : J’habite un 10eme étage aus sommet d’une tour à mérignac. Ma femme est enceinte et va accoucher entre le 28 janvier et le 28 février,certainement par césarienne car il y a 20 mois ce fut deja le cas. Un syndic peu scrupuleux fait changer notre ascenseur entre le 29 janvier et le 24 février sans nous avoir informé de quoi que ce soit. Devant le danger de cette situation je m’adressais à toutes les administrations et les accueils étant ce qu’ils sont on ne passe pas barrage. La santé ou la vie de deux personnes sont en jeux, mais la priorité dans notre société semble résider dans l’ascenseur. Je sais ce n’est pas tout à fait le sujet, mais il ne faut pas se masquer. La vie n’est plus rien, un enfant va naitre peut être dans une nacelle de pompier à 10 étages du sol. Ou un accident va arriver et personne pour nous entendre. La voila la société. Toutefois on m’a conseillé d’accoucher ma femme seul avec ma fille de 20 mois, mais pour les césariennes je ne suis pas encore spécialisé. C’est en france que ca va se passer ou mal se passer et personne ne peut préjuger. Nous sommes désespérés et rien ne nous fait avancer et le temps passe. Je demande l’aide d’agora vox, faites passer. merci à tous Bastita bernard


  • Nobody (---.---.250.53) 5 janvier 2007 13:50

    PERSONNE PRESIDENT !

    PERSONNE PRESIDENT !

    PERSONNE PRESIDENT !

    PERSONNE PRESIDENT !

    PERSONNE PRESIDENT !

    PERSONNE PRESIDENT !PERSONNE PRESIDENT !PERSONNE PRESIDENT !PERSONNE PRESIDENT !PERSONNE PRESIDENT !PERSONNE PRESIDENT !

    Et comme directeur de campagne : A. B. Stension

    La politique n’a plus de crédibilité car tous les jours on rabachent que de toute façon « on n’y peut rien » car « se sont les lois du marché ». Occupez-vous de vous distraire, les politiques se distraient en s’occupant de vous...


    • (---.---.31.123) 5 janvier 2007 22:10

      C’est sûr qu’au moins lui, il ne nous roule pas dans la farine...


  • epson (---.---.76.177) 5 janvier 2007 15:20

    j’approuve et j’applaudis des deux mains un article plein de bon sens - comment avez-vous osé remettre en cause les chouchous des médias ? avez-vous le sentiment de rester dans le politiquement correct ? ou est le temps ou l’abbé PIERRE était le préféré des français ? Une remarque je crains que votre article ne soit pas compris par tout le monde trop littéraire. cordialement


    • (---.---.31.123) 5 janvier 2007 22:12

      Mais Monsieur Bilger oublie l’instrumentalisation des célébrités « people » par ses admirés du monde politique.


  • (---.---.93.242) 5 janvier 2007 15:41

    Je lis par moment les news sur différent sites web et je dois avouer que je n’aurais jamais cru lire mes pensées sur le web. Cet article est réellement bon et j’en félicite l’auteur. Il est clair qu’à notre époque où seule l’apparence compte et qui porte donc en héros des temps modernes des sportifs peu futés, pseudo humanitaires, il est normal de retrouver tout ces people en tête du TOP50.

    Je vous propose une petite expérience :

    Au maximum de jeunes que vous connaissez ou que vous avez l’occasion de cotoyer, demandez leur qu’est ce qu’évoque Nicolas Sarkozy pour eux ou encore depuis quand connaissent-ils Segolene Royal et vous serez surpris voire choqués du résultat. Ils vous diront que Sarkozy, c’est la police, le mechant de la France voire un fachiste pour ceux qui ne connaissent meme pas les partis politiques. Qu’ils connaissent segolene royal depuis 2 mois parce qu’ils l’ont vu en photo avec un footballeur ou un acteur. Demander leur quels sont les projets des deux candidats et je pense que vous en serez autant surpris.

    Je suis jeune (bientot 24 ans), lors des dernieres élections présidentielles, j’avais pu pour la premiere fois voter et je l’ai fait par la suite dès que la situation se présentait. A l’heure actuelle, pourquoi croyez vous que de nombreuses personnes (jeunes ou moins jeunes car ils sont aussi influençables que les autres) sont venues s’inscrire auxlistes électorales, non pas parce qu’ils sentent un devoir moral ou de citoyen (bien que certains jeunes croient que depuis qu’une personne a dit NON au CPE et que 50 000 autres personnes l’ont suivi avec en tête des « artistes » voulant soutenir la cause des jeunes, tout leur est permis), mais ils font cela car un message pseudo people est passé avec des stars disant « Voter c’est cool ». Quand j’ai voté pour les présidentielles, on m’avait dit « Tu votes, c’est naze » et les memes personnes se précipitent maintenant pour avoir leur carte d’electeur.

    Tout cela pour dire que la société française montre un vrai malaise comme le dit l’auteur, car les français ont besoin des paliettes et du reve pour avancer dans une democratie en périle et une économie pas très flatteuse pour un pays qui se veut tourner vers l’avenir.


    • STOP arnaque (---.---.221.132) 5 janvier 2007 17:01

      « Au maximum de jeunes que vous connaissez ou que vous avez l’occasion de cotoyer, demandez leur qu’est ce qu’évoque Nicolas Sarkozy pour eux ou encore depuis quand connaissent-ils Segolene Royal et vous serez surpris voire choqués du résultat. »

      Ils ne savent pas, non plus, ce que sont tous ces réseaux d’influence où les politiques qui sont théoriquement « nos élus » magouillent avec les financiers et organisent notre misère. C’est par là que devrait commencer l’enseignement dès la maternelle.


    • (---.---.31.123) 5 janvier 2007 22:03

      « ... certains jeunes croient que depuis qu’une personne a dit NON au CPE et que 50 000 autres personnes l’ont suivi avec en tête des »artistes« voulant soutenir la cause des jeunes, tout leur est permis »

      Vous avez l’air de parler de ce que vous ne connaissez pas.

      D’abord, la grande majorité des politiques, PS compris, était pour le Traité constitutionnel européen et pour la casse du Code du Travail français qu’il aurait impliqué. Ségolène Royal aussi, d’ailleurs.

      Après le NON, Villepin a pris des mesures dites d’urgence qui étaient en réalité des mesures de force, à commencer par le CNE, et la réaction de l’UDF et du PS n’a pas été très conséquente.

      D’ailleurs, le commissaire du gouvernement du Conseil d’Etat qui a pris position pour le CNE contre le recours des centrales syndicales est un ancien directeur de cabinet de la OUIste Marylise Lebranchu, et le rapporteur avait écrit en défense de l’euro pour la Fondation Robert Schuman. Sans doute, le Conseil d’Etat aurait pu désigner des magistrats moins « politiques » pour traiter ce dossier.

      C’est dire que le mouvement contre le CPE est parti de « rien », vraiment de la base, et que le monde politique s’est employé à le freiner. D’ailleurs, au moment où les directions syndicales l’ont arrêté il aurait pu continuer jusqu’à l’abrogation du CNE mais tel n’a pas été le cas parce que les politiques n’ont pas voulu.


  • (---.---.172.113) 5 janvier 2007 15:47

    La vie politique ça commence dans la famille , dans le quartier , dans la ville puis dans le pays . quand au sein même de la famille la « propreté » tant physique ,que morale , qu’intellectuelle ,que spirituelle n’est pas enseignée il n’est pas douteux que le pire côtoiera le meilleur au sein des instances dirigeantes .Donc ma proposition constructive est qu’il faudrait commencer par le début , et s’attacher peut être à une éducation sans faille sur tous les plans et en choisissant pour ce faire non pas quelque personnage douteux arrivé là par le biais du copinage ou de la puissance financière mais plutôt grace à un certain rayonnement intellectuel moral et spirituel . Oui effectivement il y a du boulot sur la planche .


  • auberus (---.---.225.130) 5 janvier 2007 16:23

    Le Top 50 des personnalités préférées des Français publié dans le journal du dimanche (JDD) n’est ni plus ni moins qu’un Top 50, à savoir une liste des personnes les plus médiatisées d’un échantillonage soit disant représentatif.

    En d’autre terme ce Top 50 n’est important que si on le juge important. Ce qui me choque ce n’est pas tellement le choix des français mais celui des médias et finalement de nous tous à faire d’un « non evennement » la chose la plus importante de la rentrée.


  • zaza (---.---.242.84) 5 janvier 2007 16:40

    Coucou,

    Je n’habite pas un pays démocratique : ici, pas de Ségo, pas de Sarko, pas de cadeau non plus si tu fais une connerie... Tout le monde se tient à carreau... et vénère le chef que l’on voit partout ! La police aussi, on la voit partout. Et bien, c’est curieux mais ici tout marche bien : personne ne te cherche des noises dans la rue, les « mecs » respectent les « nanas », même celles qui sont pas voilées... et y’en a... Tu peux laisser tes portes ouvertes, personne ne s’avisera de venir te chouraver quoi que ce soit.. Même ta bagnole (et même si elle est superbe ! et même encore plus si elle est superbe), tu peux la laisser en marche et aller chercher ton pain ou tes clopes, y’a personne qui y touchera, même pour aller faire un tour avec (l’emprunter comme vous dites)... Devinez où j’habite ? Et bien voilà, j’habite l’Arabie dite Heureuse... du côté des Emirats... et franchement je vous plains de vous emmerder pareillement à voter pour des gens qui ne sont que « médiatiques » et sympathiques mais ne représentent strictement rien que ce qu’ils sont, c’est à dire des gens biens... Hélas, y’en a partout des gens bien, et c’est pas avec ça qu’on gouverne un pays, mais avec une vision à « longue vue »... et là il faudrait vous creuser les méninges pour trouver le ou la « visionaire »... Bon courage ! Moi, je prends du bon temps ! De temps en temps, je vous regarde jouer et je trouve que vous n’avez pas beaucoup d’imagination... bande de moules... Ceci dit, j’adore Yannick NOAH, étant moi-même joueuse de tennis, et c’est vrai que je le trouve très charismatique... et j’aime bien Zizou aussi ! Mais, dites-moi, une fois que vous avez voté pour eux, qu’est-ce que ça vous rapporte ? Bonne année 2007 ! Et je n’oublierai pas d’aller voter « pour de vrai » car ça c’est important !!!


    • (---.---.221.132) 5 janvier 2007 18:07

      Le pays dont vous parlez est un état féodal dont les dirigeants vivent des pays industrialisés en échange de pétrole. Si ces derniers n’existaient pas, ces féodaux n’auraient rien.

      C’est une bien mauvaise référence.


  • jb (---.---.104.1) 5 janvier 2007 16:47

    vous semblez oublier l’affectif qu’il est plus évident d’avoir pour Noah ou Zidane que pour l’ensemble de la classe politique.


  • bb (---.---.237.213) 5 janvier 2007 20:42

    Vous parlez tous d’images et de paillettes ,de représentativité populaire et de liens populistes politiques et médiatiques. L’auteur explique d’une certaine manière le mal être de ceux qui compte et sa connaissance en terme de lettre ou de droit interfère avec le monde actuel. On peut rétorquer on ne voit pas souvent une révolution faite par des magistrats et pendant la deuxième guerre on n’en a pas beaucoup vu résisté et pourtant un s’est distingué !!! Et si notre ami Bilger était de ceux là et tentait de nous expliquer autre chose que de trop voyant. A méditer bb


  • Xerxès (---.---.21.81) 5 janvier 2007 21:34

    ça faisait longtemps mon cher Ariel.

    Devrais-je dire Ariel Sharon l’imputrescible ???!!!


  • Pancho (---.---.182.60) 6 janvier 2007 09:51

    Cher(e) ami(e) : J’ai été séduit par votre article qui pose au delà des critiques déjà entendues sur le pouvoir des media un autre problème : celui de la communication. Je reproche de ma part a notre classe intellectuelle (sauf exceptions) de manquer au devoir de trouver les moyens de communiquer avec le peuple au 21 siècle (j’ai bien écris 21 et non XXI !). Je vous donne deux exemples de l’histoire de la pensée économique : le français Léon Walras a qui on attribue la découverte de l’utilité marginale (sans laquelle nos prix Nobel d’Economie n’auraient jamais pu construire leurs farceuses théories) et l’anglais John Maynard Keynes, considéré comme le père de l’économie de l’état providence (chômeurs du monde bénissez-le !) Lorsque l’ingénieur raté Walras « découvre » son utilité marginale, un autre économiste anglais nommé Stanley Jevons a déjà aussi trouvé la chose. Hasard ou plagia le fait est que Walras (ancien journaliste donc connaisseur du pouvoir de la communication) faute de trouver quelqu’un de sérieux pour publier ses ennuyeuses élucubrations se lance dans une vaste campagne de communication (nous sommes a la fin du XIX siècle !) en écrivant et répétant ses arguments dans de lettres envoyées a touti quanti et qui ont été recueillies dans plusieurs volumes par un de mes amis. C’est grâce a cet effort de communication que Walras passe le rubicond de la gloire au moment ou Jevons (en plein déprime) se suicide dans la mer du Nord. L’autre exemple est Keynes. Lui ne manque pas de tribune car il est riche et mondain (contrairement a Walras) car marie (malgré sa sexualité trouble et ses relations avec le philosophe Wittgenstein) avec une belle danseuse russe, étoile de Paris. Inutile de faire l’éloge des capacités de communication de Keynes qui grâce a sa rhétorique et force de persuasion est parvenu a convaincre avec de best-sellers les plus brillants économistes de son époque (et de la notre). D’homme politique et économiste brillant (bien que seulement docteur en Philosophie), Keynes est devenu journaliste communicateur pour sa cause. De journaliste et mathématicien rate (il n’a fait que recopier les formules de Lagrange et les mettre dans une sauce économique !)Walras est devenu scientifique honoré. Mais tous les deux ont fait un effort énorme de communication. Ce qui manque a mon avis aux hommes politiques et aux grands penseurs de nos jours. Je n’ai jamais été communiste ni de droite mais j’ai rarement manque un show avec Georges Marchais ou Edgar Faure. L’amusement était garanti et au moins on comprenait leur dialectique. Par contre combien d’ennuis avec Mitterrand, Giscard et les autres...Ceux qui aiment regarder ou écouter Ségolène savent qu’avec elle il va se passer quelque chose, même une c... technique ou une bavure politique. Avec Nicolas le discours est trop plat, trop recuit et entendu. Hulot joue bien son rôle de beau ténor d’opéra capable de casser quelque chose sans avoir le devoir de la reconstruire. Car inattendu les gens (j’avoue que moi aussi) ont aime le coup de tête de Zidane car cela le transforme en humain. C’était inattendu. Pour terminer, j’ai lu il y a quelques années un article d’un historien économiste américain qui montrait, preuves a l’appui, que la majorité des ouvres qui ont surmonté l’espace entre un bon repas avec une sieste l’éternité (comme disait Schumpeter) et c’était plus par leur coté « frappant » (a contre courrant) que par leur contenu scientifique.« That is interesting » devrait être la devise de nos hommes politiques. Pancho


  • Rémy (---.---.103.183) 6 janvier 2007 10:10

    « Les politiques ont trop joué avec un feu qui ne leur voulait aucun bien. Par démagogie, pour faire »jeune« , pour faire »peuple« , ils ont applaudi la montée des clowns et des people. Il n’est que temps, pour eux, de reprendre leur bien et leur rang. »

    Non, je ne crois pas qu’ils aient joué avec le feu. Ils n’ont pas applaudi la montée des « vedettes », ils l’ont organisée. Ils s’en servent pour intoxiquer la population.

    Chirac a été le premier à monter en épingle la classification pour la finale de la coupe du monde de foot dans son bilan politique, il y a quelques mois. Et ce n’est pas exceptionnel, on en bouffe tous les jours à la télé, des comme ça.

    Tous ces politiques n’ont aucun « rang » à reprendre, parce qu’ils ne représentent en rien le peuple. Ce sont des larbins des capitalistes qui, pour faire des bénéfices de plus en plus énormes, plongent le peuple dans la misère.

    Va-t-on dire merci à des partis politiques qui ont tous cautionné les délocalisations, la fuite des capitaux... , et qui font partie des mêmes réseaux que les financiers qui organisent ces opérations ?


  • YENAMARRE (---.---.27.246) 6 janvier 2007 10:46

    Chaque fois que parait ce palmarès, on reste atterré par la bêtise que représente ce classement qui devrait s’appeler « le Palmarès des M’as-tu vu » ou « le Hit Parade des Médiocres ». Le classement des hommes politiques,mème s’ils ne sont pas tous d’égale valeur, est scandaleux.L’absence des Français qui ont quelque chose dans le cerveau est pathétique : où sont les Michel SERRES,les Yves COPPENS,les Luc MONTAGNER..., où sont les Chefs d’Entreprise qui font vivre la France, où sont nos grands Ambassadeurs qui tentent de pérenniser le rayonnement de la France dans le Monde,où sont nos plus grands Universitaires etc,etc... Cela dit, j’ai le plus grand respect pour Z.Zidane et pour ses parents qui sont certainement un exemple pour beaucoup. Les Français sont incorrigibles.


    • (---.---.103.183) 6 janvier 2007 11:03

      « les Chefs d’Entreprise qui font vivre la France... »

      Qui font vivre la France ? You are joking...

      Ils sont tous en Inde, en Chine, en Pologne, en Roumanie, en Russie... en train de délocaliser le fruit de la sueur des Français.

      Pour le reste, tous ces intellectuels sont des complices du même système, et les gens l’ont compris.

      D’ailleurs, connaissez-vous un seul patron de la recherche, de la technologie et d’autres activités de même nature qui soit pour une augmentation du niveau de vie de ses personnels, chercheurs et ingénieurs compris ? Ils sont tous, bien au contraire, pour la précarité des créateurs, pour pouvoir mieux les prendre à la gorge. Il y a ceux qui créent vraiment et ceux qui font les présentations de ces résultats à l’extérieur.


    • Rémy (---.---.103.183) 6 janvier 2007 11:06

      « le Hit Parade des Médiocres »

      Ce Hit Parade commence par l’ENA, les vedettes de Sciences Po, les prétendus « intellectuels » du système, les mandarins du prétendu « savoir », les corporations huppées de l’Etat... et tous ces patrons qui le sont devenus grâce à leurs relations politiques.


  • Jeanne (---.---.179.19) 6 janvier 2007 15:43

    Depuis plus d’un siècle, la France est gouvernée et contrôlee par le lobby colonial, et c’est lui qui fabrique les prétendues « élites » qui en réalité sont très nulles et dont l’activité est purement parasitaire.

    Lors qu’on lit le discours du « centriste » et franc-maçon Jules Ferry du 28 juillet 1885 devant la Chambre des Députés :

    http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/Ferry1885.asp

    on saisit tout le degré de sous-developpement de ces prétendues « élites » et leur incroyable manque d’éthique. Lorsque Jules Ferry va jusqu’à dire :

    " M. Jules Ferry - .... et je vous défie - permettez-moi de vous porter ce défi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan -, de soutenir jusqu’au bout votre thèse, qui repose sur l’égalité, la liberté, l’indépendance des races inférieures. Vous ne la soutiendrez pas jusqu’au bout, car vous êtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges Perin, le partisan de l’expansion coloniale qui se fait par voie de trafic et de commerce.

    [...]

    Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... (Rumeurs sur plusieurs bancs à l’extrême gauche.)

    M. Jules Maigne - . Oh ! vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l’homme !

    M. de Guilloutet - . Cest la justification de l’esclavage et de la traite des nègres !

    M. Jules Ferry - . Si l’honorable M. Maigne a raison, si la déclaration des droits de l’homme a été écrite pour les noirs de l’Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas ! (Interruptions à l’extrême gauche el à droite. - Très bien ! très bien ! sur divers bancs à gauche.)

    M. Raoul Durai - . Nous ne voulons pas les leur imposer ! C’est vous qui les leur imposez !

    M. Jules Maigne - . Proposer et imposer sont choses fort différentes !

    M. Georges Perin - . Vous ne pouvez pas cependant faire des échanges forcés !

    M. Jules Ferry - . Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d’approbation sur les mêmes bancs à gauche - Nouvelles interruptions à l’extrême gauche et à droite.) "

    (fin de l’extrait du débat de la Chambre des Députés)

    C’est d’un cynisme stupéfiant, mais aussi d’une grande médiocrité.

    Le colonialisme a asservi des populations, ruiné des agriculteurs français, provoqué deux guerres mondiales... C’est lui aussi, qui a poussé vers l’extrême-droite des propriétaires agricoles, des industriels, des inventeurs... à qui le lobby colonial bloquait toute perspective.

    Dans l’après-guerre, le lobby colonial a continué à verrouiller la politique française, tout en s’adaptant aux échecs des guerres coloniales. C’est De Gaulle, avec tous les partis politiques de l’époque, qui a créé l’ENA en 1945, et l’ENA qui est devenue la corporation hégémonique.


  • lyago2003 (---.---.155.104) 6 janvier 2007 17:14

    Bonjour, Je suis manipulé, tu es manipulé, ils sont manipulés, le peuple aime bien avoir des icônes ,celà le r’assure quelque part et les petits malins le savent bien.


  • fg (---.---.48.74) 6 janvier 2007 19:11

    A part Simone Veil, les politiques du top 50 : Kouchner, Sarkozy et Royal y sont plus pour leur aspect paillette que pour leur compétence et efficacité.

    Il n’y a qu’à regarder les brillants résultats de Sarkozy comme ministre du budget de Balladur : roi des déficits. Comme ministre de l’intérieur pas mieux. Par contre comme copain des acteurs, des patrons de presse il est au top. Quand à Royal qui a été plusieurs fois ministre,ce qu’on oublie régulièrement, ses actions ont été tellement en pointe que personne n’est fichu de savoir ce qu’elle a pu faire.

    Pourtant ce sont ces deux politiques paillettes qui sont en passe de prendre la tête du pays. Et pas ceux qui font le boulot.

    La catastrophe paillette est donc plus grande encore que ce qui est dit dans l’article.


  • CED (---.---.103.183) 6 janvier 2007 21:37

    « Si l’Etat ou les collectivités locales sont capables demain de fournir un logis à qui le réclame et n’en trouve pas, cela voudrait dire que la crise du logement est un leurre. Or on sait qu’elle pèse avec sa douloureuse réalité. Autrement dit, à nouveau une annonce bien commode pour une générosité qui n’a pas les moyens d’être effective. »

    Comment ça ? Bien sûr qu’il est parfaitement possible d’avoir un logement décent pour tous.

    Le seul problème est une question de SYSTEME ECONOMIQUE ET SOCIAL.

    Exproprions des biens de l’oligarchie, interdisons les délocalisations, etc...


  • parkway (---.---.18.161) 8 janvier 2007 16:05

    M. BILGER,

    il faudra nous dire comment vous faîtes pour truquer les notations des commentaires !

    tous ceux qui sont contre votre avis ont des notations négatives faramineuses !


  • Jean (---.---.35.231) 8 janvier 2007 18:11

    Voici un extrait d’un article paru sur le blog de De ço qui calt ? aujourd’hui à 8h56 :

    http://blog.360.yahoo.com/quicalt

    Campagne présidentielle, élites mal-aimées et chanson de la balance

    Après les voeux du Nouvel An de Jacques Chirac, les spéculations sur son éventuelle candidature aux présidentielles de 2007 interfèrent avec la candidature de Nicolas Sarkozy, réputée majoritaire au sein de l’UMP, pendant que Ségolène Royal promet un référendum institutionnel et Francois Bayrou réclame à nouveau un changement de Constitution. Mais les citoyens sont-ils vraiment intéressés par ce débat ? Malgré le forcing médiatique des derniers mois, ce n’est pas sûr que la popularité des principaux candidats soit très grande. Les Français ont voté contre le Traité Constitutionnel Européen, qui était soutenu par une large majorité du monde politique. Et quelle est la valeur réelle de l’être humain dans la société que ce même monde politique a façonnée ? Lorsque, au début du XXI siècle, le droit au logement n’est pas garanti et des SDF meurent de froid, on peut se demander si nous sommes mieux prisés que des marchandises que l’on vend au poids.

    D’après le journal britannique « The Independent » du 6 janvier, Jacques Chirac serait prêt à se présenter aux Présidentielles afin de « sauver la France » de Ségolène Royal. Au même moment, Marianne formule dans un article du 6 janvier ses propositions pour une « vraie rupture », avec l’avertissement : « qui que ce soit qui s’installe à l’Elysée en mai prochain (...), il n’y aura ni rupture, ni révolution, ni changement radical du système qui produit les pires injustices, inégalités, insécurités ou aberrations, système que massivement, pourtant, les électeurs rejettent ». La raison étant pour la rédaction de Marianne, non pas une mauvaise volonté ou incompétence des candidats, mais « la puissance destructrice et la brutalité régressive du bulldozer néolibéral (...) à l’échelle planétaire ». Pour lui faire face, l’article réclame notamment « que les clivages partisans obsolètes soient dépassés ». Un mot d’ordre qu’on a beaucoup entendu ces derniers temps (mon article du 31 août), dans la logique : « les temps sont durs et on n’y peut pas grand-chose ». Tacitement, toute la classe politique demande aux Français d’être prêts à consentir des « sacrifices » pour « sauver la France ». On appelle à des formes à peine diverses d’union nationale et, comme Marianne, à ce que « les citoyens (...) se sentent partie prenante, (...) se mobilisent », etc... autour de cette même classe politique qui nous gouverne, nous « gère » et nous « administre » depuis une trentaine d’années.

    On voit réapparaître, dans ce type de discours, le spectre d’un prétendu « neolibéralisme » sauvage. Pourtant, Marianne propose, pour s’y opposer, de « revenir aux fondements du libéralisme », notamment contre les « les situations de monopole, les abus de positions dominante... ». L’hebdomadaire admet donc implicitement, malgré l’emploi du mot « neolibéral » : a) que l’actuel fonctionnement de l’économie est parfaitement étranger à ce que fut le libéralisme à l’époque où il existait vraiment en tant que doctrine et en tant que courant économique ; b) que l’actuel système économique se caractérise par une domination sans précédent de la grande finance et des multinationales à l’échelle mondiale. Deux points soulignés dans mon article du 28 décembre. Mais les solutions proposées par Marianne sont-elles vraiment nouvelles par rapport aux déclarations politiques habituelles ? Tous les gouvernements disent défendre la « liberté d’entreprendre », mais dans la pratique ils agissent depuis vingt ans dans le sens d’une « réduction des charges sociales », d’un développement de la précarité, d’un soutien sans faille à la concentration des géants financiers et industriels, d’une politique de privatisations et de délocalisations des capitaux de plus en plus accélérée... qui renforcent sans cesse le pouvoir de la grande finance internationale.

    Et de quelle « participation citoyenne » nous parle maintenant une classe dirigeante, politique, gestionnaire... qui depuis les années 1970 ne cesse de se doter de toutes sortes de moyens institutionnels et législatifs lui permettant d’avoir raison à tout prix contre le « petit citoyen » ? Une « élite » qui a opéré un incroyable mélange de genres entre les coupoles politique, administrative, industrielle et financière, judiciaire... Qui pratique de plus en plus ouvertement le « mais bien sûr » pour quelques-uns, alors que la grande majorité des Français se voit opposer le passage en force et le langage raide du genre : « c’est comme ça, et il va falloir vous y plier, et d’ailleurs le Conseil (X), le rapport (Y) et telle instance nous donnent raison. Adressez-vous à qui vous voudrez, nous aurons toujours raison ». Après plus de vingt ans de « gestion des français » par la politique unique, par les réseaux de la pensée unique et par la prétendue « évidence » fabriquée avec l’aide des idéologues attitrés du système, ce sont les mêmes qui, pour les élections de 2007, nous assènent un énorme tapage médiatique à base de « rupture », « participation », etc... Où veulent-ils en venir ?

    Je ne crois pas aux sondages, ni ne m’y prête jamais. Mais il semblerait que les « élites » aient mal pris un « Top 50 » diffusé par le Journal du Dimanche du 31 décembre, où Zinedine Zidane et Yannick Noah figurent en tête du classement et les « vedettes » politiques se retrouvent à des places que certains ont l’air de juger injustes : Ségolène Royal à 23ème place, Simone Veil à la 25ème, Bernard Kouchner à la 40ème, Nicolas Sarkozy à la 42ème ... Alors que le possible candidat aux présidentielles Nicolas Hulot figure en troisième position. Il s’agit d’un sondage où « les interviewés ont eu à choisir, parmi celles qu’ils connaissent, les dix personnalités qui comptent le plus pour eux ou qu’ils aiment le mieux ». Après un tel résultat, on crie semble-t-il au danger du « populisme »... Sauf que, lors de la dernière coupe du monde de football, toute la classe politique à participé à la grande mise en scène (voir, pour rappel, mon article du 10 juillet), et ce n’est qu’un exemple de l’instrumentalisation permanente de ce type de célébrités par les milieux dirigeants. Faut-il chercher ailleurs la raison du classement de Zidane et d’autres sportifs, chanteurs... ? Le monde des décideurs français possède d’ailleurs une solide réputation de fonctionner par copinage, dont témoigne par exemple l’article du 25 juin, de Ross Tieman, publié par The Observer à propos d’Airbus et EADS. Pourtant, le spectre du « populisme » semble hanter « nos élites ».

    Cela fait une bonne vingtaine d’années, que les intellectuels préférés des cercles de décideurs, soutenus par les maisons d’édition et les médias audiovisuels, mènent campagne contre le « populisme ». Faut-il en conclure que « ça ne prend pas » ? Et qu’est-ce que le « populisme », un terme auquel on cherche à assimiler tout et son contraire ? A lire certains « penseurs », ce serait une propagande irrationnelle et démagogique cherchant à ameuter les foules. Des idées proches sont répandues dans des sites théoriquement citoyens. On peut lire à ce jour sur Wikipédia la définition suivante du populisme : « un courant politique favorable aux classes défavorisées, et souvent hostile aux élites »,

    suivie d’un article consacré au populisme politique où il est écrit notamment : « Le populisme... (...) suppose l’existence d’une démocratie représentative à laquelle il s’oppose.... (...) [Il] dit que l’élite ou des petits groupes d’intérêt particulier de la société trahissent les intérêts de la plus grande partie de la population, et qu’il y aurait donc lieu de retirer l’appareil d’État des mains de cette élite égoïste voire criminelle pour le « mettre au service du peuple » tout entier. Afin de remédier à cette situation, le leader populiste propose des solutions simplistes, ignorant les réalités de la décision politique... » . On passe très vite de la notion de défense des classes défavorisées à des références pouvant être apparentées à ce que l’on appelle les « dictatures ».

    Mais déjà en 1996, Serge Halimi dénonçait dans Le Monde Diplomatique l’usage démagogique du mot « populisme » : « Lorsqu’un mouvement né il y a un peu plus d’un siècle aux Etats-Unis, à la fois progressiste, de tradition rurale et structuré par un programme de transformation économique ambitieux et précis, se métamorphose en une épithète informe apposée au tout-venant (le Ku Klux Klan et M. Ross Perot, Arletty et Bruce Springsteen, les généraux Peron et Boulanger, Tolstoï et Frantz Fanon, l’historien humaniste Jules Michelet et M. Jean-Marie Le Pen...), chacun devrait avoir compris la fonction idéologique de l’amalgame : dissimuler les vrais rapports de pouvoir en fabriquant une catégorie qui fait diversion, substituer l’étude d’analogies de style à l’analyse des clientèles sociales et des programmes. Ici comme souvent, le consensus se nourrit du relâchement intellectuel et de l’inculture historique. C’est ainsi que, tel un virus, l’adjectif « populiste » contamine le journalisme et l’analyse sociale ... ». Car les campagnes prétendument « antipopulistes » semblent refléter la crainte d’une véritable révolte populaire devant l’évidence, dont attestent deux décennies de régression sociale, qu’il n’est aucunement prévu de changer de politique, quoi qu’on nous en dise.


    • (---.---.229.236) 8 janvier 2007 18:20

      Encore une fois, je ne voit pas du tout ce que vient faire le commerce mondial dans les problémes de la France.

      Tout ca, c’est la technique fameuse du bouc émissaires. C’est la faute aux Juifs, Patrons, Actionnaire, Fond de Pension, Bush, Riches, Néocom, Néolibéraux, BCE, Sarkozy, Mondialisation, Chinois, Jonys Hallidays, USA, Bourgeois, FMI, OMC, OGM, IBM, blablablabla..

      Mais jamais la faute du con de français ! Etrange cette aptitude à prétendre avoir raison contre tous le monde, alors que le monde se fou, mais totalement de nous et de nos histoires..


    • Armel (---.---.115.223) 8 janvier 2007 21:10

      « je ne voit pas du tout ce que vient faire le commerce mondial dans les problémes de la France »

      C’est une blague ? Quand on importe des produits fabriqués dans un pays où le SMIC est un dixième du SMIC français, voire moins, quelles sont d’après vous les conséquences pour l’emploi en France ?

      Ce n’est d’ailleurs pas un problème de nationalité ni de relgion, mais de système économique et social. Ceux qui travaillent pour de très bas salaires ne s’enrichissement pas. Ce sont les capitalistes qui s’en mettent plein les poches.

      Alors, l’article de De ço qui calt dit vrai : les Français ont de quoi en vouloir à « leurs élites ».


    • Armel (---.---.115.223) 8 janvier 2007 21:13

      Voici d’ailleurs le reste de l’article de De ço qui calt de ce matin :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt

      (...)

      Et la manière dont politiques, décideurs et gestionnaires traitent les Français s’est-elle améliorée ces derniers temps ? En rapport avec le fiasco des projets de réforme de la Justice après Outreau, ont peut relever cette phrase de Pascal Clément lors du débat parlementaire du 19 décembre : « En 2005, sur plus de 30 000 informations ouvertes à l’instruction, presque 10 000 faisaient suite à une plainte avec constitution de partie civile, dont plus de 9 000 se sont terminées par un non-lieu, une irrecevabilité ou un refus d’informer ! Des non-lieux terminent, même si l’on ne dispose pas de pourcentages précis, l’écrasante majorité des plaintes avec constitution de partie civile - sans doute 80 % en 2004 à Paris, en matière économique et financière ! On voit bien les abus qui ont cours. » Pascal Clément prend pour base de son intervention, destinée à justifier de nouvelles limitations des possibilités de plainte avec constitution de partie civile, des données émanant de la magistrature et qui reflètent le fonctionnement actuel d’une justice qu’il s’agissait précisément de réformer. La véritable raison invoquée pour ces nouvelles dispositions étant « l’encombrement des cabinets d’instruction ». A aucun moment l’avis des citoyens n’a été demandé, alors que leurs actions en justice sont d’émblée déclarées abusives dans un débat sur des propositions introduites avec très peu de publicité et adoptées sans aucune voix contre.

      Quant aux prisons, la situation a-t-elle vraiment évolué après le rapport très critique du Commissaire européen Alvaro Gil-Robles ? D’après le Nouvel Observateur, l’avocat du détenu qui revendique un acte de cannibalisme présumé commis le 3 janvier à la prison de Rouen a mis en cause l’administration pénitentiaire, reprochant à la maison d’arrêt d’avoir refusé le placement en isolement de son client qui purgeait une peine de cinq ans pour viol avec violence, souffrait de « schizophrénie » et était « potentiellement dangereux ».

      Et les délocalisations, la prolétarisation de la grande majorité de la population, la misère croissante, la situation des SDF... Que penser d’un projet de loi qui, juste avant les présidentielles, instituerait un « droit au logement opposable » mais qui suscite déjà le scepticisme ? Et pourquoi y a-t-il des SDF dans la France de 2007 ? Sans doute, les Français reprochent aux « élites » une réelle perte d’importance de l’être humain au cours des deux dernières décennies.

      On trouve sur la Toile une chanson catalane des années 1960, la Cançó de les Balances (Chanson de la Balance), composée par Josep-Maria Carandell et chantée par Ovidi Montllor. Elle raconte l’histoire d’un royaume de jadis où :

      Doncs era un rei que tenia

      el castell a la muntanya,

      tot el que es veia era seu :

      Terres, pous, arbres i cases,

      i al matí des de la torre

      cada dia els comptava.

      La gent no estimava el rei,

      i ell tampoc no els estimava,

      perquè de comptar en sabia,

      però amor, no li’n quedava,

      cada cosa tenia un preu,

      la terra, els homes, les cases.

      Un dia un noi del seu regne

      vora el castell va posar-se.

      I va dir aquesta cançó

      amb veu trista però clara :

      " Quan vindrà el dia que l’home

      valgui més que pous i cases,

      més que les terres més bones,

      més que les plantes i els arbres ?

      Quan vindrà el dia que l’home

      no se’l pese amb les balances ? "

      (...)

      (Il était un roi dont le château se trouvait sur une montagne. Tout ce qu’on voyait du château lui appartenait : terres, puits, arbres et maisons, et tous les matins il les comptait du haut de la tour. Les gens n’aimaient pas le roi. Lui, non plus, il ne les aimait pas. Car il savait bien compter, mais il ne lui restait plus d’amour. Tout avait un prix : la terre, les hommes, les maisons. Un jour, un jeune du royaume s’approcha du château et entonna le chanson qui suit avec voix triste, mais claire : « Quand viendra le jour où l’homme vaudra plus que puits et maisons, plus que les meilleures terres, plus que les plantes et les arbres ? Quand viendra le jour où l’homme ne sera pas pesé avec une balance ? » )

      Une chanson dont des enseignants ont fait un conte pour enfants.


  • Shamash 9 janvier 2007 22:33

    Et oui malheuresement dorénavant ce n’est plus l’action qui est prise en compte, mais le nombre de plateau télé... Dommage


  • PIMPADA (---.---.182.12) 12 janvier 2007 09:46

    Le Journal du Dimanche, comme son nom l’indique, c’est pour les lecteurs et les commentateurs du dimanche... comme Bilger justement qui est procureur les reste de la semaine.


  • tavon (---.---.170.225) 18 janvier 2007 13:23

    Ah ! que j’aurais aimé avoir le talent pour écrire cet article. Merci de matérialiser ainsi le fond de ma pensée et qui ne fera même pas prendre conscience à tout un chacun que voilà exprimé grâce à vous les fondements mêmes de notre disparition programmée. Décidement nous ne méritons pas notre planète.


  • teston (---.---.67.168) 18 janvier 2007 17:01

    j’ai pas pu finir l’article, pense que t’aimes pas trop ceux qui sont nommés par la plèbe toi, qu’on on fait des reproches au peuples, on est pas loins des pensés dictats :) même si tu habilles un peu tes pensées qui je crois sont plus profondes qu’elles n’apparaissent dans le papier. ceci dit, il se peut que je me trompe aussi


    • Philippe (---.---.7.71) 18 janvier 2007 17:08

      Tu te trompes clairement à mon sujet et à propos du sens de mon billet.Ce n’est pas la plèbe qui les a choisis mais les médias:ce n’est pas pareil !


  • jeronimo (---.---.142.100) 18 janvier 2007 23:38

    Il vous suffit de ne pas lire le Journal Du Dimanche !!! Comment peut-on imaginer que ce type d’enquête est le reflet de quoi que ce soit... C’est vraiment de la candeur chez vous ?


    • Philippe (---.---.7.71) 19 janvier 2007 08:46

      Pour le dérisoire comme pour l’important, on peut décider de détourner le regard et l’attention pour n’avoir jamais rien à dénoncer.Ce n’est pas ma démarche car tout est signifiant pour peu qu’on veuille bien ne pas se croire au-dessus de tout ce que charrie la quotidienneté.


  • ana (---.---.18.41) 31 janvier 2007 14:26

    Article très intéressant oui, dont toutefois je ne partage que partiellement l’analyse : je crains en effet que,si les discours des politiques sont à la fois si abondants et si creux, ce n’est que pour masquer leur incapacité à intervenir, pas par incompétence, mais parce qu’ils « n’ont plus la main », si je peux m’exprimer ainsi. Là où réside leur mauvaise foi, c’est qu’aucun d’entre eux ne semble prêt à le reconnaître. Ivresse de l’illusion du pouvoir...


  • sympatik (---.---.55.102) 9 février 2007 22:48

    je veux juste reagir par rapport a zidane,est ce que on peut rapproché aux francais de l’aimer autant ? et dieu sait que lui meme est modeste,est ce que on a pas le droit d’aimer diago maradonna,pelé ? c’est des legendes,des exemples,mais avant tout des etres humains bien evidemment avec leurs defauts et qualites.pour les politiques francais,je suis vraiment desolé,ils ont atteint une certaine immaturite politique,jamais egalée avant,sarko qui cherche le pouvoir,digne des pratiques des dictateurs arabes (tout les moyens sont bons !!),et ainsi de suite,la liste est longue !!!


Réagir



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/