mercredi 13 avril 2016 - par Emile Mourey

Au sujet du Caravage de Toulouse

C'est une fuite d'eau qui pourrait rapporter gros. S'inquiétant de gouttelettes ruisselant sur leur plafond, des propriétaires toulousains montent au grenier pour en trouver l'origine. Au fil de leur recherche, ils remettent la main sur un tableau. Il s'agit d'une scène biblique : Judith décapitant Holopherne. La toile pourrait être l'œuvre du Caravage, l'un des plus grands peintres italiens de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle. (Le Point, le 12/4/20016.)

Madame la Ministre de la Culture, ne vous emballez pas ! Ce tableau est intéressant, certes, mais ce n'est qu'un modélo. Autrement dit un premier essai. L'oeuvre définitive se trouve à la Galerie nationale d'art ancien de Rome. Elle fut commandée par le riche banquier génois Ottavio Costa alors que le peintre était, à cette époque, au service du cardinal del Monte. Il est impossible que ce commanditaire éclairé ait accepté cette version de Toulouse tant elle s'écarte du récit biblique. Dans le récit biblique, en effet, c'est Judith qui tranche la tête du tyran et non la domestique. Le Caravage se doutait bien d'ailleurs que cette première version lui serait refusée. Peut-être a-t-il même fait exprès de présenter une première version imparfaite. C'est d'ailleurs ce que confirme le grand coup de pinceau du bras gauche où l'expert, M. Turquin, voit la marque du génie alors que j'y vois plutôt une étonnante désinvolture. Comparé à la peinture horriblement plate des deux bras de la version de Toulouse, le merveilleux et savant modelé du tableau définitif en est la preuve évidente. De même, le bras droit mis en perspective et la main gauche crispée sont des indices manifestes d'amélioration.


Version de Toulouse en haut. Version définitive au-dessous.

Bien que modélo, la version de Toulouse est pourtant bien un Caravage. Il n'y a pas de doute. Le sang qui gicle est tout à fait dans le style provocateur et ultra réaliste du peintre. Le modèle qui a servi à représenter Judih se retrouve dans la sainte Catherine d'Alexandrie, dans les Marie Madeleine d'autres tableaux. Elle pose également pour le portrait d'une courtisane exposé au Kaiser Friedrich Museum de Berlin avant sa destruction.

Mais le plus déterminant qui prouve une "réécriture" se trouve dans le rendu des expressions. Une Judith sans expression dans la version de Toulouse, des mains hésitantes, tout cela à l'opposé de la froide et impressionnante détermination du tableau final. Un Holopherne qui n'exhale qu'un soupir peu expressif comparé au hurlement de douleur qui, dans l'oeuvre définitive, sort de la bouche édentée d'un visage torturé bien visible où les yeux sont déjà vitreux.

Madame la Ministre de la Culture, réfléchissez bien avant de vous décider. Voyez ci-après deux grands tableaux du Caravage, encore possessions privées, qui mériteraient cent fois mieux de figurer au Louvre.

Photos Le Point et Wikipédia pour les deux premières illustrations. Photos de l'auteur pour les deux suivantes.

Emile Mourey 13 avril 2016



54 réactions


  • Fergus Fergus 13 avril 2016 09:55

    Bonjour, Emile

    D’accord avec vous. Cette version n’est qu’une ébauche quelque peu plate d’un thème cher au Caravage et maintes fois traité dans son sillage par les maniéristes, à commercer par les propres disciples du peintre.

    Pour ma part, c’est la décapitation d’Holopherne par Judith d’Artemisia Gentileschi qui, à mes yeux, possède la plus grande force, la peintre ayant mis dans ce tableau toute la violence du viol qu’elle avait subi. Et cela sous la forme d’une terrible vengeance, Judith ayant pris ses propres traits Holopherne ceux de son violeur.


    • Emile Mourey Emile Mourey 13 avril 2016 10:31

      @Fergus

      Oui, quoique un peu trop de sang.

    • njama njama 13 avril 2016 14:23

      @Fergus

      le texte dit-il qu’elle aurait été violée ?
      Je ne vois pas dans Judith XII et XIII qu’elle l’aurait été, viol d’autant plus improbable que Holopherne était bourré des quatre fers ...


    • Fergus Fergus 13 avril 2016 17:31

      Bonjour, Njama

      Je me suis sans doute mal exprimé : c’est, comme je l’ai écrit dans un article qui lui est consacré, Artemisia Gentileschi qui a été violée par son maître de peinture, Agostino Tassi. C’est pourquoi elle s’est représentée en Judith décapitant un Holopherne dont le visage représente Tassi : une manière pour cette talentueuse peintre de se venger de lui.



    • njama njama 13 avril 2016 17:45

      @Fergus
      désolé, je vous avais mal lu.


  • Le p’tit Charles 13 avril 2016 10:13
    “Il faut reconnaître dans la toile en question un véritable original du maître lombard, presque certainement identifiable, même si nous n’avons aucune preuve tangible et irréfutable”, indique M. Spinoza dans son compte-rendu d’expertise.
    Des experts l’attribuent à un autre
    Malgré cet appui, “il y aura plus de controverses que d’expertises”, a déclaré Eric Turquin. En effet, selon une source proche du dossier, “les experts sont encore partagés sur l’attribution de ce tableau au Caravage”.
    L’existence du tableau était connue “par une copie d’époque attribuée à Louis Finson”, peintre flamand (1580-1617) contemporain et disciple du Caravage.
    “Des gens sérieux attribuent ce tableau à Finson” lui-même, reconnaît l’expert. Celui-ci aurait-il donc fait une copie de son propre tableau en imitant Le Caravage ?
    “Une oeuvre importante, qu’elle soit du Caravage ou non”
    Selon Le Quotidien de l’Art, “une spécialiste de Caravage, Mina Gregori, estime qu’il ne s’agit pas d’un original du Caravage, mais elle reconnaît en contrepartie la qualité indéniable de l’œuvre”. 
    “C’est une œuvre importante, qu’elle soit du Caravage ou d’un autre peintre”, rappelle des sources proches du dossier.....Bataille d’experts en perspective... !


  • Emile Mourey Emile Mourey 13 avril 2016 10:46

    Voir également la tête coupée de Goliath dans son David et Goliath qui est un peu de la même veine. Génial et inégalé.


  • Emile Mourey Emile Mourey 13 avril 2016 11:10

    Correction. Contrairement à ce que j’ai écrit, c’est bien Judith qui tient le glaive dans le premier tableau mais dans le tableau final, c’est beaucoup mieux mis en évidence.


  • njama njama 13 avril 2016 14:08

    On comprend qu’avec cette quantité d’hémoglobine le tableau était rangé dans un grenier abandonné aux araignées ...

    La mode étant aux coupeurs de tête le tableau refait surface ...


  • philouie 13 avril 2016 14:24

    judith, la juive, l’âme du Mossad....


  • njama njama 13 avril 2016 14:28

    @ Emile Mourey
    Question sans rapport avec votre présent article.
    J’aimerais savoir si c’est vous qui avez supprimé la réédition récente le mois dernier de votre article de 2006 « Jamais Mahomet n’a prêché la guerre contre l’occident »  ?
    Si oui, pour quelles raisons  ?


    • Emile Mourey Emile Mourey 13 avril 2016 16:09

      @njama


      Oui, c’est moi qui ai demandé à ce qu’il soit retiré ainsi que d’autres... la fatigue sans doute.

    • Emile Mourey Emile Mourey 13 avril 2016 16:29

      @njama


      Rectification : celui-ci n’a pas été supprimé mais d’autres qui faisaient double emploi.

    • njama njama 13 avril 2016 17:15

      @Emile Mourey
      merci pour vos réponses.


  • njama njama 13 avril 2016 15:22


    La presse avance une valeur de 100 / 120 millions d’ €uros

    Un peu cher pour un modélo non ? les deniers publics sont en jeu si un musée français se portait acquéreur ... en ces temps de disette économique surtout

    d’autant plus que le tableau ne correspond même pas au texte biblique ! (pieux ?) mensonge assez fréquent dans l’art religieux qui travestit les Écritures.

    Que fait donc là la servante, alors que le texte dit que c’est Judith était seule, et que c’est elle qui lui apporte la tête tranchée
    Judith XIII/1-3
    « Or, quand le soir fût venu, ses serviteurs se hâtèrent de se retirer chacun chez soi, et Vagao ferma les portes de la chambre et s’en alla.
    Or, tous étaient appesantis par le vin, et Judith était seule dans la chambre »

    Judith XIII/10- 12
    « Et elle le frappa sur le cou par deux fois et lui coupa la tête ; et ayant tiré le rideau hors des colonnes, elle jeta par terre son corps décapité.
    Et peu de temps après elle sortit, et donna à sa servante la tête d’Holopherne, lui commandant de la mettre dans son sac.
    Puis elles sortirent toutes les deux ... »

    La ministre de la culture prendrait-elle le risque de tromper les gens sur ce récit biblique ? 


    • Emile Mourey Emile Mourey 13 avril 2016 16:22

      @njama

      Merci d’avoir rappelé exactement le texte biblique, ce que j’aurais dû faire et que je n’ai pas fait ; là encore, la fatigue sans doute.

      Et c’est probablement à cause de cette « non correspondance » que vous mettez en exergue que cette version a été refusée par le commanditaire. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Caravage se fait refuser un tableau qu’on lui a commandé.

      En revanche, je pense avoir été un peu vite en parlant de modélo. Parlons plutôt d’une première version refusée.

  • bakerstreet bakerstreet 13 avril 2016 15:29

    Les experts c’est comme les avocats, et leurs travaux et leurs certifications vaudraient à eux seuls un article. Plus d’un, et parmi les plus célèbres a attribué la paternité de faux, ensuite reconnus, à des imitations modernes...Les boutonnières revélant un peu tard la supercherie de tableaux censés être de « De la tour », alors qu’à l’époque seuls les lacets existaient, par exemple...Pour ce soit disant Caravage, ce qui me trouble, c’est le ton convaincu d’avance de certains experts, dythrirambiques : Hors à l’époque, les ouevres d’ateliers sont légions, et le thème de la décollation d’Holophène est un classique. Le tableau m’apparaît bien peint, techniquement, mais ce ne peut être qu’une imitation. Dans sa composition il m’apparaît bancal ; comme si l’artiste avait copié collé des personnages empruntés à d’autres tableaux. Rien à voir avec celui du caravage, où le dynamisme de l’entreprise est bien figurée, entre élan et retenue, et où l’assassinat prend valeur de nécessité, et de travail collectif, entre servante et maîtresse. Dans le tableau dont nous parlons, le regard de Judith se perd dans un coin de la pièce, semble curieusement absente. On dirait qu’elle regarde une souris venant de surgir au coin d’un meuble. La servante prend plus d’importance qu’elle, mais elle regarde sa maîtresse qui ne regarde rien. Voilà pourquoi ce tableau m’apparaît très mineur, et que l’attribuer au Caravage me semble un coup commercial avant tout

    Le comparer avec une autre décolation d’Holophène, celui très réussi d’un très grande peintre : Artimissia Gentileschi, et trouvez quel est le chef d’oeuvre des deux.
    Artemisia Gentileschi — Wikipédia

    • Le p’tit Charles 13 avril 2016 16:29

      @bakerstreet...Excellent et juste (il me semble..)


    • njama njama 13 avril 2016 17:25

      @bakerstreet
      entre élan et retenue, et où l’assassinat prend valeur de nécessité, et de travail collectif, entre servante et maîtresse.

      apologie du crime (politique) ?
      interprétation un peu douteuse, car Artemisia Gentileschi transgresse également le Texte biblique dans la version exposée au musée Capodimonte de Naples, Judith exécute seule Holopherne dans le Texte, sans l’aide de personne.

      C’est de l’art frelaté smiley ... de l’escroquerie picturale avec l’aide du diable  :-> pour les bons coups de pinceaux
      ces toiles méritent le feu de l’enfer smiley


    • Fergus Fergus 13 avril 2016 17:39

      Bonjour, bakerstreet

      Je partage cet avis sur le tableau d’Artemisia, à mes yeux la plus puissante décapitation. Comme je l’ai écrit plus haut, sans doute faut-il y voir l’expression de la violence de cette peintre qui s’est représentée coupant la tête de son violeur, Agostino Tassi. La décapitation d’Holopherne par Judith - un thème très récurrent à l’époque - a donné à Artemisia l’occasion de se venger en peinture de son violeur.


    • bakerstreet bakerstreet 13 avril 2016 18:28

      @Fergus et le p’tit Charles
      Bonjour

      Cette Artemisia met du cœur à l’ouvrage. Son plan est formidable et atypique : Sa perspective en hauteur donne de l’ampleur au geste, et montre la force et la détermination des deux femmes unies pour saigner le cochon : L’oblique des bras est exploitée au mieux, et les quatre mains travaillent de concert. Ce qui la rend révolutionnaire et la met dans la même dynamique, elle du caravage, c’est ce refus d’esthétiser, de minorer la violence du crime comme on l’a trop fait à l’époque en partant de l’inspiration biblique, qui fait des « habités », des sub-humains, des saints, habités par quelque chose qui les dépasse. 
      Là elle choisit au contraire d’exploiter la brutalité et le gore pour impliquer l’effort nécessaire au crime, et montrer que tout cela n’est que terriblement humain...Le Carevage prendra beaucoup appui sur le coté clinique du crime, pour imposer sa peinture, en désaccord avec les canons esthétiques assez prudes, où le laid et la souffrance sont rarement évoqués, ou minorés...Tuer quelqu’un n’est pas une petite affaire, c’est ce qu’avait voulu montrer Hitchcock dans « le rideau déchiré », si je ne me souviens bien. 
      Pour revenir à cette peinture, en dehors de l’expertise des pigments, qui peuvent garantir une peinture d’atelier, le meilleur alibi est la qualité : Là, dans cette peinture maniérée et bancale, elle n’est pas vraiment convaincante

    • mmbbb 13 avril 2016 19:36

      @bakerstreet Attendons que ce tableau passe en les mains des scientifiques : Lumiere rasante, rayons X, spectometre de masse etc le Louvre a ces outils Apres ces examens precieux et la decouverte d’eventuels indices qui permettront de reconnaitre ou pas la paternite de ce tabaleu au peintre Caravage


    • philouie 13 avril 2016 22:21

      @Fergus
      Pourquoi parlez vous de violeur ?
      Judith séduit Holopherne et le tue.


    • bakerstreet bakerstreet 14 avril 2016 11:53

      @philouie
      Je pense que Fergus fait référence à l’histoire véritable d’Artimissia qui jeune fille se fit violer par un ami de son père, et qui du batailler ferme pour faire valoir ses droits auprès de l’inquisition. Cette peinture qu’elle réalisa, personne ne fut dupe, est la décapitation symbolique de son violeur, et du phallus. Une grande féministe avant l’heure, pas de la petite bière. Quand à sa peinture, elle est exceptionnelle, mais une fois de plus, on peut voir que les femmes sont mal représentées chez les critiques d’art. Plus d’une Berthe Morisot à ne pas être vraiment consacré. 


  • Emile Mourey Emile Mourey 13 avril 2016 16:57

    Le problème avec les tableaux de Caravage, c’est qu’il est très difficile de les juger d’après photos, vu qu’il peignait certaines parties comme en pleine lumière, d’autres dans une demi-ombre et d’autres même dans l’obscurité. Dans l’avant dernier tableau « Nativité » de mon article, si on règle l’objectif pour faire une photo normale, il est impossible de faire apparaître le boeuf et l’âne et une poutre de l’étable qui se trouvent pourtant dans la partie obscure de droite. On ne peut les distinguer qu’avec un éclairage plus puissant.


    De même dans mon tableau en fin d’article, « Le mariage de la Vierge », les émaux du plastron de la tenue du grand-prêtre - ici, bien en accord avec le texte biblique - ne scintillent qu’en les éclairant avec un lampe puissante.

  • njama njama 13 avril 2016 18:12

    C’est tout de même assez surprenant que dans ce tableau sorti d’un grenier, la main droite de Judith qui tient l’épée ressemble à une main d’homme, épaisse comme une main d’ouvrier.
    Quel contraste avec sa main gauche plus féminine !!! 


    • bakerstreet bakerstreet 13 avril 2016 18:34

      @njama
      Et que fait-elle avec cette épée, dans une posture malhabile, non convaincante ? On dirait qu’elle s’apprête à lui peigner les cheveux.

       Il existe des scènes où un coiffeur aiguisant son coupe chou sont plus inquiétantes. 
      D’accord le sang jaillit, mais on dirait qu’elle ne l’a pas fait exprès. Peut être va t’elle s’excuser. ?

      Et au fait, cette fuite d’eau ? 
      On ne sait même pas si c’est réparé. 
      Plus facile il est vrai de trouver un expert qu’un bon plombier. 



    • njama njama 13 avril 2016 18:50

      @bakerstreet

      C’est vrai Judith pourrait au moins prêter un peu d’attention à ce qu’elle est en train de faire ...

      quoiqu’elle était peut-être un peu bourrée elle aussi ...

      on finit par se demander ce qu’il a d’exceptionnel ce tableau !
      ça va effrayer les enfants, qui voudrait de cet ouvrage de charcuterie chez soi ? cauchemar assuré ! ... s’il vous plaît ne collez pas cette horreur dans un musée madame la ministre


    • bakerstreet bakerstreet 13 avril 2016 19:29

      @njama
      Il faut savoir que l’expert en question, comme le fait un commissaire dans une salle des ventes, touche une commission sur la vente. 120 millions d’euros, c’est une somme astronomique, débile, comme beaucoup de choses qui touche au monde de l’art, j’allais dire de l’escroquerie. 120 millions forcément cela vous rend un peu partial, représentant de commerce, maquignon....120 millions d’euros on peut ouvrir pas mal d’écoles de peintures, au lieu de fétichiser des choses troubles, dont l’authenticité ne pourra jamais être clarifiée. Guy Ribes, par exemple, est capable de peindre à la manière de qui vous voulez...Et cet artiste qui travaille maintenant pour lui peut se vanter d’avoir plus de toiles apocryphes dans les plus grands musées du monde, signées de sa main que n’importe quel peintre. Je suppose qu’il y a un deal : Qu’il ne dévoile pas ce qu’il a peint.....

      Guy Ribes, l’étonnant destin d’un faussaire de talent - L ...

    • njama njama 14 avril 2016 00:13

      @bakerstreet

      complétement d’accord, 120 millions d’€uros est une somme astronomique  !!!!!!!!!! (même 1 seul million d’€uros me paraîtrait largement bien payé pour cette croûte smiley )

      Je me demandais quel(s) recours pourraient avoir les citoyens contre la décision d’un tel investissement public totalement délirant au cas où un musée français se porterait acquéreur ...

      d’autant plus que ce thème de Judith décapitant Holopherne n’a rien d’original dans l’art, et qu’il était plutôt un marronnier académique des beaux arts de l’époque

      forfaiture, abus de biens publics, ... ?


    • njama njama 14 avril 2016 00:33

      @bakerstreet

      Guy Ribes, j’avais oublié ... faussaire génial !!! quel talent !

      Le ministère de la culture devrait faire un contrat avec lui ... les visiteurs des musées en auraient pour leur argent, les contribuables aussi ... l’Art low cost, « pop », enfin !

      Sotheby’s est à l’Art ce que Wall Street est à la City ...

      D’ailleurs cet œuvre de Caravage était déjà la commande d’un grand banquier du Vatican, Ottavio Costa comme le précise Émile Mourey ... , et y-celui, s’il n’en faisait pas une affaire financière, elle devait être idéologique sans l’ombre d’un doute ...

      Espérons que le destin d’Holopherne soit prémonitoire de celui de l’impérialisme capitaliste qui rendra gorge un jour, au Grand Soir ... quand le vrai peuple de Dieu aura raison du Léviathan.

      Le récit biblique date du judaïsme, cette proto-religion pour éduquer les nuques raides, où avait encore cours la loi du talion ... Qui sait si la femme, comme Shéhérazade, n’aura pas raison du tyran ... ce qui vaudrait mieux pour lui car au moins il n’aurait pas la tête tranchée !
       smiley


    • bakerstreet bakerstreet 14 avril 2016 11:33

      @njama

      Tout à fait d’accord avec vous..La bible est un beau livre d’éducation à l’usage des foules, et particulièrement riche « en faits du roi ». L’histoire de Bethsabée une courtisane dont le roi David s’empressa de liquider son mari pour en avoir usage, en l’envoyant en première ligne se faire tuer, montre qu’il n’y a pas plus de peuple élu, que de roi inspiré par les dieux. Les Montespan sont légions, comme les commères de Brive la gaillarde. 
      Holopherne eut tout de même affaire à une sacré arracheuse de botte d’oignons.... 

      En tout cas Hollande garde son casque de scooter sur la tête quand il sort. On est jamais trop prudent. 
      Pour ce tableau peut être faut il voir hors champ, en dehors des limites du cadre à qui profite le crime....Commissions, retro-commissions, c’est un savant travail d’application de vernis successifs, en très couches fines, pour obtenir un bon glacis.

    • njama njama 14 avril 2016 12:23

      @bakerstreet

       smiley

      « peuple élu » ?
      loin d’avoir été jusqu’à présent « exemplaire », pas plus que l’olivier pacifique espéré. L’Éternel n’arrête pas à longueur de pages de lui remonter les bretelles à ce peuple rebelle et indocile dans la Bible ... et tellement lassé de ces bouchés de la feuille, IL ne lui parle même plus depuis 2000 ans ... la connexion semble coupée et comme c’est le bordel à Jérusalem ... il faudra attendre encore quelques lunes !


    • Pomme de Reinette 14 avril 2016 12:32

      @njama

      Vous prendriez-vous pour un « exemple » cher najma ?
      Et auriez-vous une connexion directement inspiré depuis la lune ?
       smiley


    • njama njama 14 avril 2016 12:41

      @Pomme de Reinette

      Je suis plutôt branché sur les étoiles, toute une voie lactée, et vous aussi, non ? un peu, au moins une smiley

      être « élu » (choisi parmi d’autres) est effectivement une lourde responsabilité j’admets, ainsi que s’exposer à des tas d’embûches, recevez tous les encouragements 


    • Pomme de Reinette 14 avril 2016 13:00

      @njama
      Pour ma part, j’ai les pieds sur terre, et cela fait un moment que j’ai compris que vous étiez un peu « branché » côté lunaire ! smiley
      « élu » n’est pas la traduction du mot, vous êtes donc responsable des embûches que vous y voyez.


    • njama njama 14 avril 2016 14:16

      @Pomme de Reinette

      mais je ne m’appelle pas Pierrot ! (dans l’acronyme njama, mon prénom commence par « J », comme Jacob par exemple dont est tiré mon prénom français).

      Offrez-nous donc la bonne traduction de « élu » , avec également les caractères hébreux , je me ferais un plaisir je vous promets de colporter cette vérité pour rectifier ces rumeurs malséantes sur cette « élection divine » jusque la fin de mes jours ...

      Bien à vous


    • Pomme de Reinette 14 avril 2016 14:30

      @njama

      Cela a déjà été expliqué 50 fois ici-même. Mais il n’y a pas plus sourds que les bouchés de la feuille - pour reprendre votre expression.
      Cherchez par vous-même.
       smiley


    • njama njama 14 avril 2016 15:05

      @Pomme de Reinette
      Je ne vous suis pas à la trace ...


    • bakerstreet bakerstreet 14 avril 2016 16:33

      @njama

      Quand à cette main d’homme de Judith, peut être est là la main chère à Adam Smith, je veux parler de la main invisible du marché. 
      Un tsunami ! Adams Smith aurait donc eut l’intuition de sa théorie en voyant la tête d’Hollophène tomber, comme Isaac Newton eut celle de la gravitation universelle en voyant une pomme tomber d’un arbre...
      Un hypothèse hardie c’est vrai, mais qui doublerait au moins la valeur monétaire du tableau, si un expert veut bien me la certifier.
       Dans ce cas, je me contente de 10% de droits d’auteur, et je lui laisse la différence, à partager avec le plombier !
      Heureux élu, qui pourra se permettre de saler la réparation lui aussi.
       C’est comme ça qu’on fait des gens heureux, à la Gattaz, digne fils de son père ! Il n’y a pas que les artistes à se reproduire !...
      Mais à peine a t’on le temps d’être sabler le champagne, que c’est une nouvelle préoccupation : Que faire de tous ce bon et bel argent ?
      Et c’est ainsi qu’on retrouve des plombiers et des amis de l’art obligés de se délocaliser à Panama, et perdre néanmoins leur qualité de sommeil. 
      Les pharaons égyptiens avaient bien raison : Ne pas faire confiance aux fonds plafonds, et s’enterrer avec ses œuvres d’art !


    • njama njama 14 avril 2016 20:05

      @bakerstreet

       smiley smiley smiley

      J’espère que notre amie et très fraternellement sœur Pomme de Reinette de cette noble Agora appréciera à sa juste valeur votre commentaire désopilant, et qu’il lui donnera l’occasion de se dérider les zygomatiques ...

      J’ai dû louper ici même les 50 commentaires dont elle me parle (il faut dire que c’est une tornade, une trombe cette femme-là ! je vois à ce jour 2671 commentaires de sa part en moins d’un an, alors que vous même pas le double depuis décembre 2011, et moi à peine plus du double depuis juin 2009), et me voilà devant sa répartie, idiot, Gros Jean comme devant, (une sorte de plouc pour ceux qui ne comprendraient pas) d’avoir loupé quelques épisodes de sa saga activiste dithyrambique sur ce site ...

      mais pas encore beheaded loin s’en faut, et si je l’étais sa compagnie plaisante me manquerait ... pas au point toutefois non plus d’en perdre la tête smiley

      Je confesse avoir une certaine affection pour elle depuis notre dernier mémorable échange sur l’Art dans un sujet de Serge Uleski (« Dirty Corner ») dont le vagin de la reine servait de prétexte, précisément (laquelle ne s’appelait pas Judith, mais Antoinette)


    • Pomme de Reinette 14 avril 2016 20:28

      @njama

      Mon pauvre ami Pierrot, vous êtes encore tombé de l’échelle .... smiley
      Où ai-je dis que ces 50 commentaires étaient les miens ?
      Vous ne savez pas lire. Je n’y peux rien.
      Et puis ne soyez pas si ostensiblement jaloux, vous en êtes vous-même à 6611 commentaires ...
      Toujours ces histoires de quéquettes qui vous turlupine ....
      C’est marrant, il vaut l’avouer ...

      D’ailleurs, vous devriez vous pencher sur l’interprétation freudienne intéressante au sujet de la scène de ce tableau qui semble beaucoup vous perturber !
       smiley

      Là encore : cherchez par vous-même !


    • njama njama 14 avril 2016 21:31

      @Pomme de Reinette

      jaloux, certainement pas, ce n’est pas dans mon tempérament, 1000 commentaires par an (3 par jour grosso -modo), et vous pas loin du triple ...
      je ne déteste pas non plus l’impétuosité ...
      [ mais que viennent faire ici les histoires de quéquettes dont vous parlez, et puisque vous m’interpellez sur la question, et que vous ressortez ici un léger différent entre nous sur un autre sujet ... je continuerai à m’honorer que la république considère la circoncision comme une mutilation sexuelle (idem pour l’excision) mais après si elles sont réalisées en catimini que puis-je en dire ... ]

      l’interprétation freudienne intéressante au sujet de la scène de ce tableau

      ce type d’interprétation n’a pas à proprement parlé une signification aucune portée universelle, n’est-ce pas ? puisque lié à des psychoses, aussi en m’avançant ce type d’argument ne torpillez-vous pas vous-même la signification de la valeur mythique de cette histoire biblique  ? .. qui serait ou devrait être de valeur universelle. N’hésitez pas à nous faire part de toutes les lumières de votre Ménorah personnelle sur cette dimension qui dépasserait la simple observation du tableau, vraiment je suis demandeur qu’elles m’irradieraient ... 

      Je n’ai absolument rien contre cette interprétation mythique, tant que, on la rapporte dans le contexte historique qui était la mentalité de l’époque (Holopherne, un roi des Chaldéens régnant sur Babylone de 605 à 562 av. J.-C) ..., - une lecture historique donc ! - , et qu’on la distingue de celle de l’émergence de ce thème pictural au XVI° siècle

      bien à vous ...


    • Pomme de Reinette 14 avril 2016 21:52

      @njama

      et vous pas loin du triple ...

      Non, non .... vous n’êtes pas jaloux ! smiley
      Cela s’appelle une belle dénégation

      Par ailleurs, vous vous trompez totalement en ce qui concerne la République, ce qui n’a rien d’étonnant car vous avez un peu tendance à prendre vos désirs pour la réalité.
      Quant à l’interprétation de cette scène, elle est tout à fait universelle, c’est encore la peur de la castration, si commune, comme pour l’histoire du « vagin de la Reine », qui mobilise tant d’émois autour de cette représentation ....
      Personnellement, je trouve ça plutôt drôle de vous voir vous agiter autant, et je vous renvoie à notre précédente discussion.
       smiley


  • Emile Mourey Emile Mourey 14 avril 2016 09:24

    Et ce n"est pas fini... Après Mina Gregori, l’une des expertes les plus reconnues de l’œuvre de Caravage, c’est au tour de Gianni Papi de ne pas valider l’attribution au maître du Judith et Holopherne trouvé dans un grenier de la région toulousaine et estimé 120 millions d’euros.« J’ai vu l’œuvre trois fois à Paris au cours de l’année 2015. Je ne suis pas convaincu qu’elle soit de Caravage. Il y a trop d’éléments stylistiques où je ne retrouve pas sa main : dans la tête d’Holopherne (trop chargée, avec ces dents écartées absolument étranges pour l’artiste).


    Bizarre ! Alors que je croyais que ces dents écartées étaient justement une des caractéristiques du peintre... voir son David tenant la tête de Goliath.

  • rimka 14 avril 2016 09:26

    Cette héroïne qui venge le peuple juive n’est qu’une métaphore de la « décapitation » du monde occidental et de tout le genre humain.


    • njama njama 14 avril 2016 11:58

      @rimka

      Je ne partage pas votre projection métaphorique, le mythe biblique ignorait le monde occidental, un monde bi-polaire. Comme beaucoup d’œuvres d’art religieux, le message est souvent dogmatique, donc idéologique.
      Je verrais plutôt que le bras de Judith symboliserait le bras de Dieu contre ses ennemis *, argument fort utile à la puissance papale. Brandir l’épée au Nom de Dieu, la symbolique est assez commune aux guerres de religions, et encore aujourd’hui. Comme quoi le Vatican allait puiser dans les Textes de « l’Ancienne Alliance » ce qui arrangeait sa puissance temporelle, bien que les Évangiles contredisent ouvertement cette posture spirituelle, puisqu’il faudrait aimer jusqu’à ses ennemis d’après le Christ ...
      Caravage (1571-1610) ; La deuxième moitié du XVI° siècle voit une succession de guerres de religions et l’avènement de la Réforme protestante, Edit de Nantes, 1598.

      Judith décapitant Holopherne, ouvrage de propagande guerrière ?

       *Juste avant de lui trancher la tête  : Judith XIII/6-7
      « Et Judith se tint debout devant le lit, priant avec larmes, et remuant les lèvres en silence, disant : Seigneur, Dieu d’Israël, fortifiez-moi, et regardez à cette heure l’œuvre de mes mains, afin que vous releviez, selon votre promesse, votre ville de Jérusalem, et que j’achève ce que j’ai cru pouvoir faire par votre assistance.
      Ayant ainsi parlé, elle s’approcha de la colonne qui était au chevet de son lit, et elle détacha son épée qui était suspendue.
      Puis, l’ayant tirée du fourreau, elle saisit les cheveux de la tête, et dit : Seigneur Dieu, fortifiez-moi çà cette heure. Et elle le frappa sur le cou par deux fois, et lui coupa la tête ; ... »


    • njama njama 14 avril 2016 15:01

      En décodant un peu le contexte de l’émergence de ce thème pictural, n’est-il pas légitime de se demander si c’est vraiment de « l’Art » ?

      Que ce soit le modélo de Toulouse ou la version de la Galerie nationale d’art ancien de Rome, cela ressemble plus à une œuvre politique même si la facture est indubitablement de qualité artistique...

      L’Art ... de la guerre, cher à BHL ?


  • njama njama 14 avril 2016 16:17

    Sur l’émergence de ce thème pictural de la décapitation (ou décollation), les peintures de Lucas Cranach l’Ancien (1472-1553) sont assez significatives

    le XVI° siècle, un siècle « gore » ? voir les tableaux :

    Cranach’s Obsession with Severed Heads (l’Obsession de Cranach pour les têtes tranchées)

    Most disturbing to modern sentiments, Cranach loved to paint beheadings or, more commonly, pretty women carrying severed heads.

    The Feast of Herod (Lucas Cranach the Elder, 1533. Oil on limewood)

    The Beheading of St. John the Baptist (Lucas Cranach the Elder, 1515, oil on canvas)

    Judith with the Head of Holofernes (Lucas Cranach the Elder, c.1530, Oil on wood)

    Salome (Lucas Cranach the Elder, 1530, Oil on Wood)

    Salome with the Head of St John the Baptist (Lucas Cranach the Elder, ca.1530s)

    Judith with the Head of Holofernes and a Servant (Lucas Cranach the Elder)

    Judith with the Head of Holofernes, (Lucas Cranach the Elder, c.1530)

    Salome with the Head of Saint John the Baptist (Lucas Cranach the Elder, oil on wood)

    Judith with the Head of Holofernes (Lucas Cranach the Elder, ca.1520-1537, oil on wood)

    Judith With The Head Of Holofernes (Lucas Cranach, 1530)

    https://ferrebeekeeper.wordpress.com/2011/06/09/cranachs-obsession-with-severed-heads/

     


  • Antenor Antenor 14 avril 2016 17:45

    Judith, allégorie de la population juive de Jérusalem faisant mine de d’unir avec ses conquérants pour mieux en prendre la tête ?


  • armand 14 avril 2016 18:29

    Vous avez de belles compétences Mr Mourey et je vous remercie de les partager, je me souviendrais toujours de votre série sur Van Eick 


  • Diego75 (---.---.84.35) 14 avril 2016 19:59

    S’ il s’agit d’un Caravage c’est un très mauvais Caravage...par contre cela pourait être une excellente version de Finson...enfin c’est vrai que le querelles entre experts d’art sont difficiles a suivre mais là il faut pas être un expert pour voir l’énorme différence qualitative entre la version de Toulouse et celle de Rome.


    • njama njama 14 avril 2016 20:55

      @Diego75

      très d’accord ! quand on voit sur ce tableau que la main droite qui tient l’épée ressemble à une grosse paluche de bucheron ... il y a de quoi se poser des questions bien légitimes sur l’authenticité de cette toile ...

      Louis Finson, pourquoi pas (?), mais ses mécènes étaient les mêmes, ce qui me ferait dire que ce n’est pas vraiment de l’Art puisque cela obéit à des commandes que l’on peut imaginer assez précises, même si le peintre dispose d’une certaine latitude de création pour son exécution ...

      L’art religieux (sujet également très politique se référant à l’époque et aux commanditaires) ne serait en fin de compte qu’une étape dans l’émancipation artistique (?), vers la création libre ??? et le reflet d’une évolution philologique ???. Tout comme par analogie la religion dans son émancipation existentialiste.

      Ce tableau, modélo ou non, poserait indirectement et sans préjugés à notre époque la question de l’émancipation (de l’homme) d’une manière générale, à la fois religieuse, politique, et artistique. D’(où son actualité ? pour peu que l’on s’attache à décortiquer son intérêt actuel ...

      De là, à aller foutre 100 ou 120 patates (millions) d’€uros pour acheter cette huile sur toile (ou bois) ... la lumière de l’œuvre en clair obscur en vaut-elle la chandelle, pour nous « édifier » spirituellement, puisque le mythe n’est ni laïc, ni universel, mais vraiment juif (clérical et nationaliste ?) selon le récit biblique.


  • cedricx cedricx 14 avril 2016 22:08

    Tout de même, ces gens qui ne visitent leur grenier que lors d’un problème de fuite d’eau, quel manque de curiosité ! Sans doute un vieux couple sans enfants, sinon ces derniers n’auraient pas tardé à le dénicher ce présumé Caravage et en même temps à être traumatisé par l’horrible scène du tableau, quelque soit le talent de l’auteur du tableau. Merci à l’auteur pour ses articles toujours très instructifs.


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