samedi 30 août 2025 - par Mervis Nocteau

Liberté et authenticité dans les communautés animistes/polythéistes et plus largement païennes, mais aussi dans le monde occidental

Dans cet article, nous traiterons de choses démentielles, en ce sens qu'elles dépassent de beaucoup le quotidien, et qu'il faut peut-être en prendre la mesure, si possible, pour apprécier sa teneur. « Tout » part d'un constat au sein de la, ou plutôt des, communautés animistes/polythéistes, plus largement païennes, qui s'expriment online, mais qui existent aussi IRL (in real life, dans la vie réelle) – les unes recoupant parfois les autres, sans nécessité, et réciproquement. Ce constat, c'est l'observation des valeurs à l'oeuvre, prises dans une dialectique de la liberté et de l'authenticité.

Mais d'emblée, il faut dire que cette dialectique ne concerne pas que les communautés évoquées : les communautés évoquées en sont, en quelque sorte, un genre de baromètre. En effet, ces communautés, en tant qu'elles se placent doublement « à faux » par rapport à l'héritage monothéiste et par rapport au devenir-laïc de cet héritage, présentent l'avantage d'en être des réceptacles originaux.

Ainsi, tout comme en médecine les phénomènes originaux permettent de comprendre rétroactivement les phénomènes normaux, ces communautés permettent de comprendre rétroactivement la société normale – si seulement elle existe.

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-  Charité et rapacité …


Source de l'image  : ce chapeau est un « pileus »
placé sur la tête des esclaves affranchis.

 

L'essentiel de l'article

  • La liberté et l’authenticité, revendiquées partout, se trouvent vidées de sens par le relativisme ambiant, la marchandisation des valeurs et la spectacularisation des quêtes spirituelles.
  • L’Occident moderne, malgré son héritage d’émancipation, se heurte à des contraintes économiques, idéologiques et sociales qui vident la liberté de sa substance et réduisent l’authenticité à un simulacre psychologisant.
  • Dans l’Antiquité, ni la liberté ni l’authenticité n’avaient le sens moderne : l’ipséité (l'être-soi-même) passait par le service communautaire, la gloire, l’honneur, et non par une intériorité revendicative ou une authenticité « personnelle ».
  • Les mouvements néo-païens contemporains, souvent traversés par des influences numériques, des logiques égotiques et des schismes virtuels, peinent à s’extraire de la modernité qu’ils prétendent contester.
  • Seule la volonté, au sens nietzschéen, peut conférer une véritable liberté ; l’authenticité, elle, demeure un concept piégé et moderne, étranger aux logiques antiques.

 

La liberté et l'authenticité, aujourd'hui ?

Tout le monde s'en réclame mais personne ne sait rien bien définir. Trop philosophique ? « Et puis d'ailleurs, chacun sa liberté. » En effet si, dans le relativisme ambiant, c'est déjà depuis un moment « chacun sa vérité, chacun sa réalité » eh bien, cela peut être tout et n'importe quoi. « Et d'ailleurs c'est justement la liberté, que chacun ait sa vérité, chacun sa réalité ». Apparemment, ça se tient. Next ?

En tout cas, on serait plus authentique, de posséder chacun des définitions. Mais même pas : « les mots sont des pièges, eux aussi ; ils rendent commun, ils ne disent pas ce que je sens/suis intrinsèquement ». C'est sûr : les mots ne nous appartiennent pas. Même si on les connote, dans un milieu social particulier et à titre individuel, les mots circulent. Ils seraient ce qu'il y a de moins authentique.

Liberté et authenticité deviennent une seule et même chose, une seule et même chose muette, aphasique. Dans l'idéal, quelqu'un prend le temps de nous écouter, il nous semble proche, et comprend « ce qu'on veut lui dire » – c'est-à-dire le truc intrinsèque qu'on sent/est. Cela ne lui servira pas, en dehors de ses relations avec nous, mais enfin : il aura peut-être perçu une parcelle de notre authenticité, et cela nous aura fait nous sentir libre.

C'est que, se sentir libre, ce n'est pas donné à tout le monde. Pourtant, nous vivons dans le monde occidental : le monde qui a inventé la modernité, l'initiative, l'arrachement à la tradition, une certaine démocratie, les choix de vie ! Alors qu'est-ce qui ne tourne pas rond, avec nous ? Le fait qu'il faille de l'argent, évidemment.

 

Besoin de fric, c'est tout ?

Il a toujours fallu des ressources, pour avoir des marges de manœuvre (des libertés), c'est sûr. Et il y a toujours eu des personnes plus dotées que d'autres, pour des raisons d'héritage et d'opportunité. Mais l'Occident s'est vendu pour une terre d'opportunités, où les héritages (dont font partie les traditions) devaient moins peser. La frustration est d'autant plus grande, que la promesse était grande, bien que rien ne nous interdise d'entreprendre de nous enrichir.

Alors pourquoi ne nous sentons-nous pas bien libres ?... Jusqu'à présent, les constats étaient politiques au sens premier : le politique (le civil) c'est le champ social organisé et hiérarchisé ; et il est largement organisé et hiérarchisé par l'économie et le droit. On s'y sentirait limité, à l'heure des fantaisies à portée de clic.

Vient désormais la politique (l'idéologique) : les positions partisanes. À gauche, on vous explique que l'économie et le droit ne tournent qu'à l'enrichissement et la stigmatisation ; à droite, on vous explique que l'économie et le droit ne tournent qu'à la taxation et l'entrave. À l'extrême-gauche, on serait prêt à tout taxer et entraver afin d'égaliser, obligeant ainsi les gens à définir autrement leur liberté et leur authenticité. À l'extrême-droite, on serait prêt à continuer l'enrichissement ainsi et à stigmatiser afin de délivrer la nation, obligeant ainsi les gens à défendre telle liberté et telle authenticité (pas autrement). Quant au centre, il s'accommode de situations bâtardes ; l'extrême-centre accentue la bâtardise, en continuant l'enrichissement tout en surtaxant, afin de diviser pour mieux régner (autoritarisme financier).

Bref, il semblerait soudain que pour être libre selon notre authenticité, il faille jouer des coudes. Or il n'y a pas qu'avec les choses (la) politiques (idéologiques) que ça se passe comme ça : c'est juste plus fragrant, sur la base des configurations (le) politiques (civiles). Et c'est en partie parce qu'il faut jouer des coudes, que les gens préfèrent s'en tenir à « leur vérité, leur réalité » espérant protéger « leur liberté, leur authenticité » de la sorte... en partie seulement : pour une autre partie, c'est par absence de faculté philosophique et intérêt stratégique idoine = cacher leur ignorance ; et pour une dernière partie, c'est par effet-mouton = faire comme tout le monde.

Dans tous les cas, les gens estiment ainsi « avoir la paix » et, ce qui s'observe, c'est une mentalité de planqué(e)s, et régulièrement de paumard(e)s. Le monde est devenu « chinois » : « pour vivre heureux, vivons cachés, et puis d'abord de quoi tu te mêles ». Parce que les gens vivent dans leur hologramme et, à la moindre atteinte de cet hologramme, ils sont prêts à prendre toutes les mesures de rétorsion.

 

La spiritualité dans ces conditions

L'État et les Firmes ont donné le ton : ils veulent « leur paix » (donc « leurs guerres ») – selon l'adage « si vis pacem para bellum » – et tout ce qu'il en reste dans les milieux spiritualisants... eh bien... c'est un « lenoirisme ».

Le lenoirisme vient de Frédéric Lenoir, ex-directeur du Monde des religions et plumitif à succès, du fait qu'il syncrétise les traditions en les adaptant à l'occidentalisme, sous le coup des analyses de Raphaël Liogier – sociologue et philosophe ayant dirigé l'Observatoire du religieux.

C'est-à-dire que « l'authenticité » n'est évidemment plus qu'une revendication à « la liberté » et que l'âme (l'animation intrinsèque) n'a plus de place, dans cette sous-France (de sous : les sous, « un sou, deux sous, trois sous » – avant tout). Le plus tragicomique alors, est de voir les spiritualisants procéder à une imitatio sapientium [imitation des sages] comme les chrétiens s'adonnaient à l'imitatio Christi.

Ce vide spirituel n'est pas un défaut, mais une stratégie. Il vise à désamorcer tout conflit religieux (au sens large), en réduisant la croyance = avoir à cœur à une esthétique du développement personnel : une psychologisation des affects sociaux, une gesticulation ésotérique, une théâtralisation du calme, un mimétisme des traditions exotiques... sans intégration de leurs exigences – forme ultime de ce que Max Weber appelait « le désenchantement du monde », transmuté en « simili-enchantement » : sans Dieux & Déesses, sans peuples, sans Histoire, mais avec du sens supposé « personnel ». Et puis, c'est plus facile de capitaliser là-dessus.

Cette spiritualité vidée de substance n'est plus que le réflexe d'un moi spectral dans un monde sans lieu, sans durée, sans mystère, écho de ce que fut l’homme spirituel ; c'est une parodie terminale, à la fois grotesque et insidieusement menaçante, car elle neutralise l'exigence même de la vérité et de la réalité... vérité et réalité par lesquelles, justement, nous oserions définir notre liberté et notre authenticité, avec les mots.

 

Quid des communautés animistes/polythéistes, et plus largement païennes ?

Nous distinguons les communautés animistes/polythéistes des païennes, en ce sens que les communautés animistes/polythéistes peuvent certes être jugées païennes par les monothéistes ou les laïcs (qui reprennent ce vocable de païen hérité) que ces communautés animistes/polythéistes gardent un caractère plus traditionnel que les communautés païennes au sens large. Communautés païennes qui dérivent souvent vers des formes de New Age et autres fallaces voire politicardises – même quand elles contiennent, facultativement, de l'animisme/polythéisme.

Mais enfin ces communautés, quelles qu'elles soient, ont permis de quintessencier la dialectique de la liberté et de l'authenticité, car elles sont traversées par ces attitudes. D'une part, par héritage monothéiste subconscient ; d'autre part, par revendication antimonothéiste-propolythéiste-propaïenne consciente... cette revendication serait-elle caricaturalement sommaire (or, elle l'est, caricaturalement sommaire) car elle agit dans le sens monothéiste de sa diabolisation.

Est-ce que ces communautés parviennent à échapper, aux expressions de la liberté et de l'authenticité, aujourd'hui ? Les autres communautés religieuses vous en donnent-elles l'impression ?

De toutes façons, les communautés religieuses a priori vivaces – notamment musulmanes – ne sont surtout vivaces, que de ce que les médias agitent leur bocal. L'islamisme n'effraie, qu'à raison qu'une terreur pointe : c'est-à-dire de tristes faits divers ; sinon, il reste certes l'ethnicisation moyen-orientale de l'Occident – « vas-y frérot ».

Certains aiment créoliser, d'autres y répugnent – ça agitent les médias, réseaux sociaux compris mais, à la fin, c'est le populisme d'extrême-centre qui impose sa loi du plus fort socioéconomique. (Et on appelle ça « une vie ».)

Les communautés païennes et animistes se voient alors confrontées à la flambée des influences numériques : schismes autoproclamés, gourous de développement spirituel sur TikTok, Facebook ou YouTube, charment et manipulent en flattant l’ego et la quête moderne de liberté et d’authenticité chez les paumard(e)s. Auquel jeu, les pseudo-rebelles (Philippe Muray disait « les rebellocrates, mutins de Panurge ») abondent.

Ces figures, qui prospèrent sur la visibilité et la viralité, transforment la spiritualité en instrument de réassurance psy bancal et de spectacle simili-revivaliste (d'eux-mêmes, en général) au rang de valeur suprême qui, loin même d'éclairer la liberté et l'authenticité modernes, les confisquent, remodelant la curiosité et la dévotion en attrait marketing caché, et instillant l'illusion d’un collectif quand il s'agit d'emprise minable.

Remarquez, il y en a partout : non seulement dans les milieux en question, non seulement dans les religions en général, mais bel et bien partout.

 

L'antique « authenticité »

Commençons par elle, elle est la plus simple à traiter, parce que, dans l'antiquité, cette affaire « d'être authentique » ou de « ne pas être authentique » ne se posait pas. Ce n'est pas moi qui le dit, mais Claude Romano (professeur de philosophie à la Sorbonne) dans un admirable essai que votre serviteur a lu avec plaisir : Être soi-même – une autre histoire de la philosophie, paru en 2019.

À l'époque, être soi-même (l'ipséité, en jargon) consistait avant tout à ce que Sartre nommerait être pour-autrui. Non par altruisme, mais par « communautarisme » : clanisme, civisme.

Pour vous donner un exemple simple, induit par le livre : de nos jours, les superhéros ont des cas de conscience ; à l'époque, les héros défendaient leurs communautés. Nos superhéros cherchent certes à défendre « tout le monde et personne », ce ne sont pas des communautés qu'ils défendent (en dehors de Captain America, mais il s'est universalisé et a développé des problèmes d'ego).

« L'héroïsme » ne consiste à se distinguer de la communauté, que depuis le christianisme et sa logique de salut individuel = sotériologie – et plus généralement dans le monothéisme (des prophètes hébreux aux guerriers musulmans) : certes, on n'est pas inutile à la communauté, mais c'est le Démon, contre qui on se bat, et il est Universel.

On en retrouve toujours, logiquement, des échos, chez nos superhéros. Les supervilains sont autant d'incarnation du Mal Absolu – comme s'il existait ! (Où – exemple ultime – même le peu regrettable Adolf Hitler, ne souhaita pas l'extinction de l'humanité ni la destruction du monde ! Incroyable mais vrai, c'est fact-checked.)

Bien sûr, l'antique héroïsme se distinguait, pour le meilleur et pour le pire, mais il s'inscrivait toujours dans une démarche communautaire, avec l'aval ou l'interférence des Dieux & Déesses communautaires – claniques, civiques. Le héros, dans ce contexte, n'était jamais que l'incarnation tragique et sublime d'une communauté, bon an mal an, et ses victoires ou ses défaites étaient à sa communauté. Chercher ici de « l'authenticité », c'est se tromper de combat, tandis que Superman se demande qui il est.

Seule compte la gloire, que cela vous chante ou non, or on ne l'atteint pas « en devenant authentique » : devenir soi-même, alors, c'est (comme nous l'apprend le livre de Claude Romeno) correspondre à un idéal de vertu, au sens étymologique – de force, virtu de la Renaissance – afin de susciter la crainte... mais aussi l'amour à distance ! La chevalerie courtoise et ses prouesses, en fut l'abâtardissement chrétien.

Quelqu'un qui, à l'époque, aurait cherché « l'authenticité » aurait, au mieux, suscité la pitié. Dès lors, on peut se demander ce que, de nos jours, font les (néo)« païens » de gauche voire d'extrême-gauche (avec leur érudition référencée, taclant tout ce qui leur semble abruti) comme de droite voire d'extrême-droite (avec leur prétention territorialisée, taclant tout ce qui leur semble amolli) lorsqu'ils recherchent les traditions « perdues » et/ou « originelles ».

Que sait-on des « pertes » ? Rien, justement, donc impossible de les exagérer en niant les renouveaux. Et que sait-on des « origines » ? Qu'elles ont toujours des précédents & influences, justement, donc impossible d'isoler et d'héroïser – d'un héroïsme post/chrétien, sotériologique – leurs survivances.

 

L'antique liberté

L'antiquité pratiqua allègrement l'esclavage (l'antiquité, et pas que l'antiquité : le monde entier, même les tribus natives les plus fantasmées d'Afriques et d'Amériques) mais contrairement à la légende, ce n'est pas le christianisme qui y mit fin (à l'esclavage) quoi qu'il prit fin durant la chrétienté... L'époque était différente : un bon esclave est avant tout un esclave déboussolé, et le fait que de plus en plus d'hommes libres tombèrent en esclavage au début de la féodalité, induisit d'autres modes d'organisation.

Le Christ n'avait que vaincu sa mort, rien d'autre, même si c'est déjà pas mal – quoi qu'en fait aisé, à supposer qu'il soit Dieu Créateur... À combattre sans péril, on vainc sans gloire. Je dis cela, parce que ce miracle se serait produit en 790 environ du calendrier romain : c'est un événement antique.

Le Dieu exclusif, une fois auto-libéré de l'Incarnation qu'il s'était auto-infligée, n'avait plus qu'à remonter aux Cieux, seul comme un grand homme, après être descendu sous forme simili-embryonnaire par le biais miraculeux de l'archange Gabriel... « Inclinez-vous devant votre Seigneur, ô esclaves du Christ ! »

Bref, l'antique liberté dépendait, comme de nos jours – en partie du moins – des ressources dont vous disposiez, y compris en esclaves. Cet esclavagisme généralisé, ne faisait pas de vous un être cruel : après tout, que vous fussiez propriétaire romain, citoyen athénien, jarl dane (germano-scandinave désigné au prisme des Anciens Danois, matrice historique et futur ethnonyme viking occidental durant la féodalité)... ou que vous fussiez régent celte, prince ibère, chef slave, etc. : rien ne vous obligeait à être un maître odieux ; mais, certainement, mieux valait pour vos esclaves que vous vécussiez une vie urbaine, plutôt que vous dirigeassiez une mine de plomb dans laquelle ils eussent eu à piocher, ou encore une galère dans laquelle ils eussent eu à ramer... quoi que des gladiateurs se fissent régulièrement gloire de leur fonction, et qu'à tous les niveaux, résignés à leur Sort, des esclaves se fissent un honneur de leur condition. La force des choses, la destinée, était tout.

À ce jeu-là, Astérix & Obélix n'est qu'une supercherie : les sénateurs gaulois, par exemple – Gaulois qui étaient des Celtes, et qui avaient bien régulièrement des sénats (des conseils d'anciens) – dominaient leurs teutèles (du celtique teuta, plur. teutai, désignant le peuple et construit sur le modèle de clientèle, les gentes romaines affiliées à d'autres gentes plus puissantes).

De même, la légende de Thorgal, le fier guerrier dane, a aussi du plomb dans l'aile. Mais l'époque était différente, et nous savons bien que tout le monde ne peut pas accaparer les ressources : il fallait bien que certains dépendent d'autres ; c'est une constante historique, quelle que soit la forme qu'elle prenne, et quand même la modernité se laisse tantaliser par des idéaux puristes (que l'on retrouve, d'ailleurs, souvent, symbolisés dans des figures telles que le guerrier dane, fantasmé par les (néo)« païens ». Ou Vercingetorix, côté gaulois... mais ce n'est, répétons-le, que de sotériologie post/chrétienne.

On voudrait se dire que les Anciens étaient religieusement plus tolérants, eu égard à leur non-monothéisme – non-dogmatisme animiste/polythéiste. Pourtant, avoir de la religion, vénérer les Dieux & Déesses de ses parents, était normatif ; même l'Empire romain, n'y trouva pas à redire, encore qu'il adopta trois ou quatre Divinités d'autres ethnies, et qu'il en imposa autant partout pour son unité... sur la base d'une interpretatio romana (assimilation quasi-syncrétique à son panthéon, de Divinités devenues « provinciales » telles que – par exemple – le gallo-romain Mercurus Artaios ou Mars Thincsus : Mercure Ours, Mars Týr). Quand même le pragmatisme romain, donne l'impression que les Impériaux se servirent de la religion comme d'une idéologie (les Puniques/Carthaginois avaient fait de même, avec Milqart-Heraklès/Herculus, en s'alliant avec les Hellènes contre Rome, lors des guerres éponymes – puniques) l'athéisme était mal perçu, et réservé à des philosophes excentriques.

D'ailleurs, ces philosophes qui nous donnent aujourd'hui des leçons de « liberté morale » s'exerçaient, justement, dans l'ordre de la morale – dans l'ordre des mœurs. Ils dépendaient, comme tout le monde, de leurs conditions d'existence, clan ou cité.

Les stoïciens ne firent jamais que vanter une auguste magnanimité, confinant à l'autisme ; mais ce mot de magnanimité leur venait d'Aristote, qui désignait par là une noble et belle allure de par les circonstances évolutives, magnanimité susceptible d'être affectée – bien loin de l'auto-confinement stoïcien...

Les cyrénaïques estimaient les plaisirs, non sans pragmatisme : carpe diem !... tandis que les épicuriens valorisaient la tranquillité amicale... que les cyniques se riaient bougrement des conventions... et que les sceptiques se retenaient de décréter quoi que ce soit.

Ce sont des éthiques pour hommes limités, cherchant à se ménager une « liberté », là où ils croyaient la dégotter.

En fait, l'antique liberté dépendait avant tout des conditions d'existence et du statut social (pour ne pas changer) mais, contrairement à aujourd'hui, elle servait uniquement les hommes (irils dans leur droit à co-organiser la vie du clan ou de la cité... qui, évidemment, se perdit à mesure que les États se développèrent, dès la Rome ; enfin ils le devaient bien – entre autres – à leurs esclaves.

De nos jours, les ressentiments vont bon train envers les magnats du monde ; c'est le reliquat d'une faiblesse (Nietzsche) scrutant du mauvais œil la force user de sa liberté – or cette liberté est (le) politique, avec ses (la) politiques : à Rome, les antiques partis tendaient à se nommer sodalités et il en existe des tas tout autour de la Terre, aujourd'hui.

Il n'est pas si étonnant que, à la manière de pseudo-philosophes taciturnes, les Modernes s'inventent des « libertés intérieures » pour s'assurer « d'être libres ». Cela dit, dans le monde associatif ou même – de façon bâtarde – sur les réseaux, les Modernes peuvent faire preuve de liberté (le) politique. Comme les Anciens.

 

Bilan

Un animiste/polythéiste contemporain ne devrait pas trop se poser la question de l'authenticité (du moins, pas dans des termes modernes) ; ce qui compte, avant tout, c'est l'honneur des Ancêtres (qui passe, certes, par des renouements). Les autres (néo)« païens » pourront toujours barboter – et notamment les sorciers, moderniser : leur but n'est pas le culte, mais leur sortilège.

La question de l'authenticité est toujours problématique : dans l'antiquité, qui était authentique  ? Authenticité est un mot d'origine hellénique : αὐθέντης signifiant auteur, perpétrateur (d'un crime) et donnant aussi notre autorité. Au compte d'un renouement, donc, il n'est pas question d'être « authentique » (« cause ») mais bien « relais » (« inauthentique »).

Il est curieux d'observer ici un renversement terminologique : les plus authentiques, à ce compte, ce sont bels et bien les Modernes ! Il n'y a qu'eux, pour le revendiquer sur tous les toits, de toutes façons. Donc, pour ma part, j'enjoins mes collègues à « l'inauthenticité » ! Une quête de l'authenticité ne peut signifier, dans l'antique contexte, qu'une quête de pouvoir. Là, la porte reste ouverte, et les sorciers ne diront pas non.

Quant à la liberté, les Modernes en usent pour se revendiquer – voire être – « authentiques » s'il est bien possible... mais nous voyons bien qu'elle est surfaite.

La seule liberté qui vaille, c'est la volonté (Nietzsche). Vouloir libère. Donc ici, pour ma part, je vous somme de vouloir : veuillez ! Tout court – mais c'est toujours pareil : peut-on vouloir vouloir ? Et les ressentiments reviennent en masse.

 



44 réactions


  • Laconique Laconique 30 août 2025 11:36

    Vous superposez deux paradigmes incompatibles : l’antique et le post-moderne. Il est aisé dès lors de constater que les mots ont changé de sens... La vraie question serait plutôt : comment et pourquoi le noble idéal de liberté des Lumières s’est-il transformé en cette atroce dictature des émotions et de la subjectivité ? Était-ce fatal ?


    • Nocteau Mervis 30 août 2025 18:51

      @Laconique. Superposer ? Vous lisez mal : je les juxtapose, et cette juxtaposition permet de réfléchir éthiquement. Justement, il faut rappeler non seulement que « les mots ont changé de sens », mais que les valeurs différaient. Quant à l’idéal des Lumières, il est une révolte anti-traditionnelle, certes légitime eu égard aux exactions monothéistes, mais illégitime dans son rejet du traditionnel — son rejet du bébé avec l’eau du bain.


    • La Bête du Gévaudan 31 août 2025 22:59

      @Laconique

      La vraie question serait plutôt : comment et pourquoi le noble idéal de liberté des Lumières s’est-il transformé en cette atroce dictature des émotions et de la subjectivité ? Était-ce fatal ?

      Lisez Donoso-Cortés, Joseph de Maistre, Edmund Burke, Frédéric Bastiat, Bertrand de Jouvenel, Henri de Lubac, Friedrich Hayek ou Léo Strauss, etc. si le sujet vous intéresse ! 

      Les penseurs du libéral-conservatisme et de la réaction catholique ont professé dès les origines des Lumières que le relativisme conduirait à la tyrannie et autres totalitarisme policiers... La réaction catholique a cherché un chemin de restauration, cependant que les libéraux-conservateurs ont cherché une voie de modernité qui ne conduise pas à ces prévisibles écueils... 

      Robespierre, Hitler, Pol-Pot ne sont pas des accidents de l’histoire, mais des fruits prévisibles des Lumières... on ne peut pas exempter les Lumières de leur part obscure, de leurs fruits pourris... 

      Le cas typique est le nietzschéisme et « l’authenticité »... ben oui ! Hitler aussi était « authentique et sincère » ! ... Les asiles et les prisons regorgent de gens « sincères et authentiques ». Robespierre, Pol-Pot et les terroristes islamistes aussi ont revendiqué leur « sincérité » et leur « authenticité »... Lisez « Droit naturel et histoire » de Léo Strauss sur ce sujet.


    • La Bête du Gévaudan 31 août 2025 23:07

      @Laconique

      quelle que soit notre opinion et ses nuances sur le sujet de la modernité (je ne me mets pas hors du lot commun), je pense intéressant de prendre connaissance des penseurs de la contre-révolution et du libéral-conservatisme... 

      Ils ont souvent vu de manière prophétique et avant-gardiste où allait nous mener la modernité... certes pour le meilleur, mais aussi pour le pire... et ils ont vu avec quel enthousiasme aveugle l’Occident s’élançait dans de potentiels gouffres.

      Quelles que soient les leçons qu’on en tire par la suite, je pense cette lecture assez essentielle pour regarder la modernité sans complaisance... bien loin des délires marxistes ou des eaux saumâtres du fascisme. 


    • Laconique Laconique 1er septembre 2025 09:21

      @La Bête du Gévaudan

      Je vous remercie pour ces recommandations de lectures.


    • Gollum Gollum 1er septembre 2025 09:48

      @La Bête du Gévaudan

      on ne peut pas exempter les Lumières de leur part obscure, de leurs fruits pourris... 

      Certes. Mais le christianisme a aussi sa part d’ombre et appuyer sur la part d’ombre des autres n’exempte pas le paradigme d’avant de sa propre part d’ombre.

      Or malgré les travers de la modernité, je suis moi-même plutôt ce qu’on peut appeler un anti-moderne, je n’ai aucune nostalgie de l’ordre ancien, plutôt un ouf de soulagement, au moins je peux penser ce que je veux, exprimer ce que je veux, sous la domination papale c’était chose impossible faut pas l’oublier Joseph de Maistre (par ailleurs fort intéressant mais à relativiser aussi) ou pas..

      Plutôt que de regarder en arrière vaudrait peut être mieux inventer du neuf non ?

      Les fascismes et communismes ont été des erreurs et les erreurs ça se corrige.


    • Gollum Gollum 1er septembre 2025 09:54

      @Laconique

      transformé en cette atroce dictature des émotions et de la subjectivité ? 

      Parce que le christianisme ce n’était pas une débauche d’émotions et de subjectivité ?

      Les saintes femmes en dévotion devant le cœur immaculé de Jésus ce n’est pas du subjectivisme et de la dictature émotionnelle ? Tout ce côté sirupeux, baveux à souhait, de dévotion exacerbée, avec manipulation de l’auto-flagellation...

      La peur panique de l’enfer (voir les études de Jean Delumeau), les superstitions exacerbées, ce n’était pas de la dictature émotionnelle et subjective, atrocement subjective ? 

      Allons donc... C’était même pire oui.


    • Laconique Laconique 1er septembre 2025 10:36

      @Gollum

      Franchement, voir un groupe de vieilles filles réciter leur rosaire dans une église, je ne vois pas ce qu’il y a de dictatorial à cela... Vous savez ce qu’on fait faire aux vieux de nos jours dans les maisons de retraite ? Du coloriage, du Trivial-Poursuit... On leur amène des canards et des porcs-épics pour qu’ils jouent avec (réel). Le rosaire me semblait bien plus digne et bénéfique, indépendamment même du fait qu’on y croie ou pas...

      Par ailleurs, en bon lecteur de Jacques Ellul, je ne suis pas partisan d’une « chrétienté », c’est pourquoi j’ai tant de mal avec saint Augustin. Le christianisme n’est pas un guide d’emploi d’une société, la Bible n’est pas Les Lois de Platon, et c’est effectivement la raison pour laquelle la chrétienté n’a pas tenu. Mais c’est un autre problème...

      Je ne faisais que rebondir sur le thème de l’article. Il y est question de liberté, et je demandais simplement pourquoi on peut observer un tel hiatus entres les doctrines classiques de Hobbes, Rousseau, Locke, etc., et la réalité vécue. Peut-être les ouvrages indiqués par la Bête du Gévaudan me fourniront-ils des éléments de réponse...


    • Nocteau Mervis 1er septembre 2025 10:53

      @La Bête du Gévaudan. De tout temps, il y eut des hommes distingués et structurés, qui surent reconnaître les travers, indépendamment de leurs cultures — au pluriel, dans tous les sens du terme, et recouvrant les dimensions matérielles et spirituelles de l’existence. Là n’est heureusement pas la question : l’humain est un animal suréquipé qui sait faire ses preuves — cette notion me sied d’ailleurs, d’animal suréquipé, car elle correspond aux « hommes des arts » que sont les Dieux celtes, concédant une place aux Hommes sur terre de ce qu’ils font aussi preuve de savoirs.

      Néanmoins, ce que vous voulez ignorer avec @Laconique, comme le souligne @Gollum, c’est la part d’ombre du christianisme. Le affaiblissement des cœurs vient néanmoins du christianisme, Nietzsche l’avait perçu. Et je me souviendrai toujours de ce groupe de prière catholique, jeune, dans lequel on n’arrêtait pas de me dire de compter sur le Dieu exclusif, tandis que je répondais qu’un bon père veut normalement nous apprendre à nous relever seuls ; « aide-toi et le Ciel t’aidera, aime ton prochain comme toi-même — soit donc : charité bien ordonnée commence par soi-même » ; mais ce « Père » s’éternise au prisme de ses révérends-pères, donc éternise mon infantilité, « venez à moi les petits enfants ». Ça m’a suffi.

      Ce que vous shuntez dans l’article, c’est donc bien cette ombre, affaiblissement des cœurs, ce qui était désigné pour de sotériologie=doctrine du salut individuel. Le salut n’est pas la délivrance, qui se départit de l’individualité, et qui pour cela a besoin du courage de l’élévation métaconsciente au-dessus de l’ego. Le salut n’est qu’un ego humilié attend qu’on le gracie, affaibli, dégénéré, pâmé, émotionné, que l’on soit femme ou homme.


    • Gollum Gollum 1er septembre 2025 11:52

      @Laconique

      je ne vois pas ce qu’il y a de dictatorial à cela...

      Ben si y a de la surenchère à vouloir être le plus dévot possible, celui qui manifestera le mieux son « amour » envers le crucifié... 

      Y a une pression émotionnelle sous-jacente assez évidente il me semble.

      Quant au coloriage et trivial-pursuit je ne trouve rien à y redire s’il n’y a pas de contrainte et j’imagine que le vieux qui n’a pas envie on va pas lui mettre un flingue sur la tempe non plus.. Perso j’aurais une PS5 avec moi pour m’occuper l’esprit. smiley

      Et de bons bouquins cela va de soi. Ce qui m’amuse c’est que cette douceur est un des rares fruits non pourris du christianisme et... vous crachez dessus ! smiley

      La chrétienté n’a pas tenu parce qu’elle a été démolie par le paradigme scientifique..

      Quand de pseudos-élites se sont amusées, pendant des siècles, à vous affirmer doctement que le déluge a été une réalité, qu’Adam et Ève et tout le bazar, faut pas s’étonner, dès lors, que le retour au réel opéré par la modernité (et c’est bien son apport essentiel que ce retour au réel) torpille complètement tout le reste.. Bien évidemment le travers du truc c’est une absence de paradigme spirituel et mythologique, ça c’est à réinventer.. d’où consommation effrénée et matérialisme sous-jacent.. 

      Mais j’ai appris un truc de la modernité et de son matérialisme en confrontation avec le spiritualisme. C’est que si le matérialisme c’est mal, le spiritualisme c’est mal aussi.

      Faut donc inventer une « spiritualité » qui ne soit plus en haine de la matière, et de tout ce qui est apparenté à la matière, la nature, la femme, la féminité et même pourquoi pas, le monde de l’argent..

      Accepter sa part d’ombre c’est mettre fin au manichéisme, au dualisme et à la guerre perpétuelle des contraires. Là dessus je répète mon idée d’un taoïsme, bien compris, salvateur..

      C’était aussi l’idée du Bouddha avec son rejet aussi bien du laisser aller que de l’ascèse outrancière, en bref, la recherche de l’équilibre.

      Le christianisme a le tort de fonctionner sur le mode manichéen du bien et du mal. (et sur ce point il est responsable du marxisme) Et d’un postulat d’un monde uniquement du Bien. Je pense que ce monde n’existe pas (sauf éventuellement dans la transcendance pure) car la logique sous-jacente de l’Univers est un perpétuel équilibre des contraires avec compensation quand déséquilibre.. Il faut rompre avec cette logique, qui est celle de Joseph de Maistre, profondément dualiste, pour lui la Révolution française était satanique, comme si le christianisme n’était pas satanique aussi. 

      Alors certes des gens comme de Maistre, ou Guénon, éclairent assez bien cette montée du matérialisme, et il faut donc les lire, mais il faut aussi savoir rompre d’avec eux pour voir la positivité assez remarquable de notre époque. Perso je n’aurais voulu vivre à aucune autre époque que l’actuelle, malgré ses nombreux travers..

      Bon j’ai été long.. smiley


    • Laconique Laconique 1er septembre 2025 12:49

      @Gollum

      Merci pour votre réponse.
      Sur Adam et Eve et le déluge, on a eu le débat cent fois (il y a longtemps), je ne vais pas remettre une pièce...
      D’un point de vue naturaliste vous avez raison : la dialectique des contraires, Héraclite, le taoïsme, c’est très pertinent. Mais cela reste un point de vue naturaliste justement.
      Votre sérénité auto-suffisante repose moins sur une authentique sagesse que sur des facteurs matériels : le frigo que vous évoquiez l’autre jour, la PS5, le fait de ne pas avoir à se lever le matin pour travailler... Mais je ne vous jette pas la pierre, nous sommes tous plus ou moins dans ce cas...


    • Laconique Laconique 1er septembre 2025 12:51

      @Gollum

      Le problème de la « viabilité » et de la « mise en application » du message chrétien est si vaste qu’il est bien vain de vouloir le traiter dans le cadre d’un commentaire internet. La Subversion du christianisme de Jacques Ellul est sans doute l’ouvrage qui aborde le plus frontalement la question, d’un point de vue protestant.


    • Nocteau Mervis 1er septembre 2025 22:11

      @Gollum. Je vais répéter des choses que j’ai déjà dites : les mythes et les légendes ne sont pas, d’eux-mêmes, des problèmes. Ils avivent le monde. Mais ils procèdent d’une psychodynamique qui n’est pas anodine. Le Dieu exclusif est censé être éternel, hors-temps, et depuis son omniscience sur la durée entre la création et l’apocalypse, intervenant çà et là, tout en laissant libres ses créatures, il avait mis en place les conditions du péché. Le fait d’interdire de manger du fruit n’était pas le signe de la liberté, mais la condition de la tentation, et le serpent est son agent — une hypostaste de lui-même, comme tous les archanges : Samaël. A partir de quoi, tout n’est qu’un jeu, son jeu. Tu es libre, mais tu dois le révérer, et dans les cas divergents c’est au moins le purgatoire, voire l’enfer — jusqu’à l’enfer éternel. C’est un chantage pervers. Tout cela n’est pas sain, quand même ça procèderait d’une supposée « tradition primordiale » : cette voie d’acommplissement a une forme néfaste, par-devers ses sublimités — comme toujours, dans la spiritualité.


    • Nocteau Mervis 1er septembre 2025 22:13

      Entre autres d’ailleurs, avec son obsession du Temple (latin fanum) le judaïsme n’est, au fond, qu’un fanatisme rationalisé. Il l’a communiqué au christianisme et à l’islamisme, dans des termes relativement oubliés d’eux-mêmes, pour quoi ils se maîtrisent moins dans la démarche, que le judaïsme.


    • Gollum Gollum 2 septembre 2025 09:08

      @Laconique

      repose moins sur une authentique sagesse que sur des facteurs matériels 

      J’en suis bien conscient. Je ne vais pas, pour autant, me mettre sur une planche à clou pour tenter de compenser.. Par contre je sais que je pourrais parfaitement vivre sans PS5, sans ordinateur... mais pas le ventre vide par contre. smiley


    • Gollum Gollum 2 septembre 2025 09:17

      @Nocteau Mervis

      Le fait d’interdire de manger du fruit n’était pas le signe de la liberté, mais la condition de la tentation, et le serpent est son agent — une hypostaste de lui-même, comme tous les archanges : Samaël.

      Bien d’accord là-dessus. Le Dieu sous-jacent est un Dieu pervers comme vous le notez et ça engendre des fidèles pervers..

      Le gros souci est qu’on (le on étant les supposées élites religieuses) vous dit que Dieu est bon alors que manifestement il ne l’est pas. Ou du moins sa bonté n’a rien à voir avec la nôtre.

      C’est ce décalage entre le réel (cette absence de bonté de Dieu (que professait d’ailleurs Maître Eckhart)) et la fable (Dieu est bon) qui engendre un système schizophrénique donc pervers.

      Alors on peut faire une lecture non perverse de la Genèse, quasi initiatique, mais elle est élitiste et la majorité, elle, se fait refourguer la version perverse et culpabilisatrice.. transmise par les « autorités » religieuses.


    • Gollum Gollum 2 septembre 2025 09:21

      @Nocteau Mervis

      Sur le fanatisme des monothéismes du Livre oui je suis d’accord. À mon sens cela provient essentiellement de leur prétention à la Vérité exclusive, même après les aménagements de Vatican 2, qui laissent toujours le beau rôle au christianisme, vu comme sommet indépassable. Il n’y a pas besoin de gratter bien longtemps un catho pour voir ressurgir cette propension latente à l’intolérance, suffit d’écouter les nouvelles stars cathos du web, c’est vraiment flagrant..


    • Nocteau Mervis 2 septembre 2025 09:45

      @Gollum. Le judaïsme, bien que sa matriarche Sarah ait manqué être répudiée, finalement élue dans son hyper-grand âge... ne vous répudie pas non plus, sur ce plan-là, lui qui estime que le bien-être terrestre est une bénédiction. Je ne sais pas si c’est ce que certains juifs politiciens et médiatiques veulent dire, quand ils professent que le tikun olam, réparer le monde est leur mission... toujours est-il qu’ils ne le doivent pas à eux-mêmes, mais à Adam Smith, David Ricardo et Karl Marx au moins. Smith ne parle des juifs qu’en terme d’analyse économiste dans le contexte de son époque, neutre ; Ricardo, juif d’origine, s’était converti à l’anglicanisme ; Marx passe pour antisémite, il mobilise des stéréotypes, quoi qu’il remarquât avant tout que l’embourgeoisement alla de paire avec la judaïsation de la société, alors que le judaïsme faisait sa haskala (à ne pas confondre avec l’alya : retour en Israël) c’est-à-dire son assimilation à l’Occident. Or, dans le contexte où les tribus d’Israël ont quasiment toutes disparues dans l’Antiquité et que l’Apocalypse annonce le règne des douze tribus d’Israël à la « fin des temps », nous observons bien avoir affaire à une supercherie, de la part de quelques professeurs juifs politiciens et médiatiques du tikun olam sur cette base. Nous subissons plus largement, à cause des monothéismes chrétien et islamique en sus, un fanatisme messianique et millénariste d’une pénibilité sans nom, çà et là dans nos sociétés.


    • Nocteau Mervis 2 septembre 2025 09:47

      Je répondais à votre attachement relatif aux biens de consommation. Nous sommes d’accord.


    • Nocteau Mervis 2 septembre 2025 09:50

      Je renvoie à mon article sur l’Espérance et la fortune, d’ailleurs.


    • Jean Keim Jean Keim 3 septembre 2025 09:18

      @Gollum

      << Faut donc inventer une « spiritualité »… >>

      Et pour réaliser cela, quel outil ou autrement dit quels savoirs allez-vous utiliser ? Pourquoi plus un savoir particulier plutôt qu’un autre ? Peut-on sérieusement penser que la spiritualité puisse être inventée ?

      << comme si le christianisme n’était pas satanique aussi. >>

      Exact, seulement ceci dit il faut allez plus loin, en effet les mouvements religieux des épigones qui suivirent la crucifixion, ne doivent pas être confondus avec le message de Jésus (Christ ?).

      Il est évident que les Évangiles ont fait l’objet de nombreuses interpolations et qu’une lecture littérale ne peut qu’en fausser la perception.


    • Nocteau Mervis 3 septembre 2025 09:45

      @Jean Keim. Inventer, du latin venir en, faire venir là, or d’où pensez-vous que ça vienne ? Toute spiritualité est in-vention, c’est le tour et le détour que ça prend. Les hommes se saisissant de leurs aspirations hic et nunc in situ. C’est évidemment la même problématique « néopaïenne » avec les religiosités circonstancielles. Même le judaïsme - surtout lui, patriarche de nos jours - évolua en digressant : les articles AgoraVox de JPCiron nous apprennent qu’il pourrait même s’être constitué par concomittance chrétienne, dans l’Antiquité tardive, sur la base d’un hébraïsme éclectique voire polythéiste, dont le judaïsme serait in fine un syncrétisme, avec certes une tendance monothéisante progressive.
      Quant à votre lecture non-littérale des évangiles, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais elles ont explosé dans la deuxième moitié du XXe siècle, et depuis les protestantismes chacun est de toutes façons sollicités pour s’inventer une éthique en Christ. Je ne vois pas comment faire autrement qu’en inventant, les choses se sont « juste » individualisées, et dégénèrent en démocratisation (ce qui se nomme aujourd’hui consensuellement démocratisation). Vous... inventez... l’eau chaude... en croyant par surcroît pouvoir lui opposer sa chaleur !


    • Gollum Gollum 3 septembre 2025 10:10

      @Jean Keim

      Peut-on sérieusement penser que la spiritualité puisse être inventée ?

      Bien sûr suffit de voir comment ça c’est passé au cours des millénaires... On appelle ça des phénomènes d’émergence.

      Il est évident que les Évangiles ont fait l’objet de nombreuses interpolations et qu’une lecture littérale ne peut qu’en fausser la perception.

      Et donc vous allez nous sortir (d’où ? de vos savoirs ?) une lecture non littérale spirituelle ?

      Vous ne voyez même pas que vous êtes en perpétuelle contradiction avec vos propres dires.

      Quant au message de Jésus j’ai déjà suffisamment montré, à maintes reprises, qu’il était toxique sur bien des aspects. Avec un fanatisme de l’ascèse qui ne convient pas forcément à tous. Je veux parler de son injonction à se couper un bras, ou arracher un œil, si ces organes pouvaient être occasion de chute.

      Ce qui, au passage, dévalorise la chute comme si cette dernière ne pouvait pas avoir une utilité réelle. 

      Bref, non Jésus n’était pas un vrai sage. C’était un fanatique, et au fond, il n’intéresse aujourd’hui que les fanatiques. (suivez mon regard)

      Il y a belle lurette que j’ai rompu toute fascination que le dit Jésus pouvait opérer sur mon psychisme.


    • Jean Keim Jean Keim 3 septembre 2025 11:49

      @Nocteau Mervis

      << Toute spiritualité est in-vention >>

      Pas toutes, certaines seulement, dans ce cas là elles sont semblables aux religions... Votre approche de la spiritualité est purement intellectuelle, elle ne peut rien révéler.

      Lecture littérale : considérer même provisoirement que Jésus était un homme sain d’esprit et votre lecture littérale peut suivre une inflexion.

      Ce qui est inaccessible à la pensée ne peut donc pas être pensé ni inventé , il ne reste que l’approche apophatique qui consiste à dire ce que la chose ne peut pas être.


    • Jean Keim Jean Keim 3 septembre 2025 11:56

      @Gollum

      Vous avez tendance à dénigrer ce qui échappe à votre entendement.

      Seriez-vous semblable au figuier stérile ?


    • Nocteau Mervis 3 septembre 2025 12:59

      @Jean Keim. Votre distinction entre spiritualité et religion est d’un kitsch new age consommé, me permets-je de dire. Et, si vous aviez lu Guénon, vous auriez compris que vous me faisiez un compliment, en me disant « purement intellectuel »... mais vous avez dit cela, parce que j’analyse les mots, et vous avez cru pouvoir me faire un ad hominem en me décrétant tel, comme si c’était un problème.
      Votre « lecture littérale » est déjà une lecture avec postulat : et un postulat des plus houleux, quant à la nature de la santé mentale ; il y a toute une littérature là-dessus, mais ce vous sera certainement « purement intellectuel ». Donc votre lecture est tout sauf littérale. Le littéralisme, au contraire, prend le texte avec philologie : en s’y tenant au maximum, même si ce n’est jamais évident — les mots étant parties d’une mentalité socioculturelle. Mais cela aussi, est sûrement « purement intellectuel » pour vous...
      Enfin, vous avez, de même, toujours-déjà postulé que l’approche apophatique était la seule et unique, alors qu’elle est héritée du monothéisme, avant tout, ayant postulé que le spirito-religieux est inaccessible à la pensée et l’invention... sans avoir remarqué, que ma définition de l’invention était loin de @Gollum et que, au juste, dans mon précédent message, j’aurais dû écrire « inspirations » plutôt qu’« aspirations ». Mais tout ceci, une dernière fois, vous est « purement intellectuel ». Donc : tant pis.


    • Nocteau Mervis 3 septembre 2025 13:00

      Le reproche que vous adressez @Gollum, pour reprendre les mots de Jésus, est « la poutre dans votre oeil ».


    • Gollum Gollum 3 septembre 2025 14:32

      @Jean Keim

      Qu’est-ce qui échappe à mon entendement ? Que je refuse de façon explicite la thérapie proposée par votre Jésus ? (soi disant sain) à savoir refuser de m’arracher un œil sous prétexte que ce dernier risque de reluquer une jolie femme ?

      Ben oui je confirme.

      Et encore une fois, pour moi la chute fait partie de la vie. Quand on est gamin on chute en vélo jusqu’à ce que cela n’arrive plus jamais..

      Ce qui est valable pour la vie physique est valable pour la vie psychique comme la vie spirituelle.

      En gros il n’y a pas à avoir peur de chuter. Certes ça fait mal mais on apprend.

      Quant au figuier stérile il n’avait pas à être fécond vu que ce n’était pas la saison des figues. Or c’est bien cette exigence de figues, de la part de votre Jésus, (un peu capricieux et caractériel ?), d’un truc hors saison qui est la véritable anomalie. 

      Un peu comme aujourd’hui où le consommateur capricieux veut des fraises en plein mois de novembre.. Jésus précurseur de l’homme moderne capricieux et revendicateur..


    • Gollum Gollum 3 septembre 2025 14:37

      Je rajoute que Jésus, loin de faire preuve de compassion vis-à-vis de ce pauvre figuier qui se contentait d’être lui-même, sans figues, puisque ce n’était pas la saison, a été pris d’une rage folle et l’a grillé vif sur le champ..

      Si ça se trouve on a là l’origine même des bûchers inquisitoriaux.. smiley

      En tous les cas y avait de quoi donner des idées.


    • Nocteau Mervis 3 septembre 2025 22:17

      @Gollum. Pour moi, il est Barabbas, de son petit nom Jésus, aussi. Car Jésus fréquentait des fanatiques (Simon le Zélote), des assassins (Judas le Sicaire), des prostituées... autant dire la pègre. C’était un révolté profond, un radical, de la secte des nazaréens (étym. plausible : des rejetons, des surgeons — le lien avec Nazareth est dubitable) dont il est dit dans les Actes 24:5 : « Nous avons trouvé cet homme, qui est une peste, qui excite des divisions parmi tous les Juifs du monde, qui est chef de la secte des nazaréens. » ... De plus, on ne crucifiait pas avant la Paque juive : cet épisode est manifestement inventé, depuis le choix laissé au peuple entre la libération de Jésus Barabbas et de Jésus « Christ » chez Pilate... Enfin, Barabbas signifie Fils du père, autrement dit Fils à personne, fils de pute (cf. Marie et sa « virginité »). De quoi l’avoir mauvaise comme un djihadiste contre la société d’époque. Sa chance, malgré tout, aura été le rabbin Joseph. Comment l’a-t-il honoré ?... En rejetant sa famille originaire, même recomposée, pour préférer une « famille » d’agités , une mafia...


    • Gollum Gollum 4 septembre 2025 14:45

      @Nocteau Mervis

      Oui, au fond c’était une sorte de hippie, peace & love, mais à fond contre le Système, à savoir l’empire romain. C’est lui qui l’a crucifié au motif invoqué de prétendant au trône et non pas pour blasphème.. 

      Si ça avait été ce dernier cas il aurait été lapidé par les autorités religieuses et les romains s’en seraient désintéressés et auraient laissé faire..

      C’est donc clairement du pipeau de vouloir nous faire croire que les juifs ont plus ou moins fait plier le pouvoir romain afin d’obtenir selon leurs désirs..

      Après, la mythologie a fait le reste.

      Mais c’était foireux dès l’origine avec les fameux versets de Matthieu : Quand je reviendrais parmi vous, certains ici présents le verront de leur vivant.. 

      2000 ans après le bide est manifeste, cela n’empêche pas beaucoup d’être toujours aveuglés tant l’aveuglement propre à la mentalité sectaire est toujours d’actualité.


    • Nocteau Mervis 4 septembre 2025 15:55

      @Gollum. Indéniablement, mais ce bide anime le politique. Par exemple...


    • Jean Keim Jean Keim 4 septembre 2025 16:44

      @Nocteau Mervis

      Dans votre commentaire il y a des ‘’exagérations’’ ( c’est un euphémisme ) extirpées de vos savoirs ; votre excuse est que, comme tout un chacun, vous retenez ce qui vient renforcer les particularités de votre mode de penser.


    • Nocteau Mervis 4 septembre 2025 19:03

      @Jean Keim. Je pense que vous avez confondu « comique de répétition » avec « exagération » — mais passons...


    • Jean Keim Jean Keim 5 septembre 2025 07:26

      @Gollum

      Un conseil : prenez un bon dico et regardez la définition de ‘’interpoler’’.

      Au fait que pensez-vous du gnosticisme ?


    • Jean Keim Jean Keim 5 septembre 2025 07:41

      @Nocteau Mervis

      Il faut parfois, voire souvent, se répéter pour qu’un déclic se fasse dans la conscience, vos commentaires en duo avec Gollum, sont, comment dire... encombrés d’ordures bonnes à jeter dans un incinérateur.


    • Nocteau Mervis 5 septembre 2025 10:19

      @Jean Keim. En vérité, je vous le dis : depuis un moment, je sens le fumet déplaisant des vôtres.


    • Gollum Gollum 5 septembre 2025 10:32

      @Nocteau Mervis

      Son harcèlement montre qu’on a tapé juste.. Il nous en veut. Incapable de vraie argumentation il tombe dans l’apostrophe et le dénigrement.


    • Nocteau Mervis 5 septembre 2025 11:00

      @Gollum. C’est manifeste.


  • rogal 30 août 2025 14:32

    Bien que l’image du libertinus coiffé de son bonnet figure en bonne place, ni « libertin », ni « libertinage » ne me sont apparus. Lecture trop rapide ?


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