jeudi 29 octobre 2009 - par M.Junior

La mise à mort du travail

Un documentaire proche de la vérité

Mercredi 28 octobre à 23h05 sur France 3, la deuxième partie du documentaire "La mise à mort du travail".

Ce documentaire nous a montré au travers de l’entreprise Fenwick comment les salariés étaient dépossédés de leur travail.

L’explication de cette dépossession de la valeur travail résiderait dans les agissements des fonds de pension.

Ces sociétés qui prennent et rachètent à tour de bras des entreprises pour en faire sortir du cash.
Avec 20 % d’apports et 80% de crédit, l’objectif est de rentabiliser le plus rapidement possible cette pépite.

Pour ce faire, le recours aux black belt (Méthode 6-sigma), aux consultants sont indispensables pour accélérer la course au profit et à l’excellence.

Qui ne rêve pas d’être excellent ?

Les dirigeants mis en lumière dans ce documentaire.

Dans l’un des passages où la direction convoque invite les commerciaux à élaborer un plan d’actions face à la crise, une vidéo de l’entraineur de l’équipe de France avant un match. Cette vidéo sert d’illustration pour expliquer que la réussite passe par la contribution de chacun à la mesure de ses compétences.
La direction expliquera aux managers commerciaux qu’ils doivent tout mettre en oeuvre pour développer les ventes des commerciaux.

Bref, un discours que beaucoup connaissent et reconnaissent...

Pour autant en écoutant ces dirigeants, ils sont entrain de faire exactement le contraire de ce qu’ils demandent à leurs managers. Ils "aboient". Ils sont centrés sur la personne et non le travail. Ils font le contraire de ce qu’il faudrait faire.

Lors des formations sur le management ou la vente, les participants argumentent souvent sur le fait qu’ils sont parfaitement d’accord avec notre discours et disposés à l’appliquer mais il serait, d’après eux, plus opportun que leur direction commence par l’adopter.

Nous pourrions penser à une résistance aux changements. Que nenni... Ils ont parfaitement raison.

Lors des pauses, ces participants n’hésitent à se livrer davantage.
"-Pourquoi adopter votre solution alors que notre dirigeant fait autrement et qu’il évolue plus rapidement ?"

Il ya quelques années, nous sommes intervenus à la demande d’une SSII qui avait d’importants problèmes sociaux. Les grèves à répétition, l’absence de dialogue, les critiques fusaient de toutes part.

L’étude préliminaire à la formation de l’ensemble des managers d’une de ces filiales, nous montra de graves carences dans la pratique du management.

Au lieu d’évaluer le travail, les personnes étaient évaluées.
Au lieu de critiquer un travail rendu et d’apporter des solutions, les individus étaient critiqués et devaient changer de comportements.
Nous entendions parler de problèmes de personnalité de certains individus.
Nous avions bien constaté la confusion entre la personnalité et le comportement professionnel.

Lors du rapport de l’étude préliminaire au comité de direction, les échanges furent très révélateurs sur la nature du problème. La dirigeante avait exactement les attitudes pour lesquelles nous étions censé apporter une solution.

Au lieu de s’interroger sur pourquoi une telle situation et comment y remédier, elle voulait la tête de ceux qui finalement n’avait que copié son propre comportement.

Ces formations d’un montant de plus de 4 millions de francs ne servaient donc à rien, si ce n’est servir de lien social entre les salariés au lieu d’apporter la performance désirée.

Nous pouvons toujours former au management les équipes encadrantes de proximité.
A quoi cela sert-il si à la tête l’exemple n’est pas donné ?

Oui dans le documentaire "La mise à mort du travail", nous avons bien constaté les dangers de la financiarisation à outrance, toutefois un meilleur savoir-faire de la part des dirigeants permettrait d’éviter aussi des suicides.

Le Japon qui excelle dans de nombreux domaines connait également un des taux de suicide le plus important au monde. La société nippone est entrée en désespérance. A la différence du Japon, nous ne donnons pas la priorité à la collectivité. Notre individualisme tant décrié nous permet également de tirer la sonnette d’alarme.
 


59 réactions


  • ZEN ZEN 29 octobre 2009 11:38

    J’ai vu les deux premières parties de ce document en tous points excellent, tant par les exemples traités que par la qualité des intervenants
    C’est étonnant ce que les langues se délient en ce moment !


    • M.Junior Junior M 29 octobre 2009 11:49

      Nous en parlons depuis 2007. Maintenant, nous commençons à être écouté.
      Malheureusement, Il aura fallu que certains se suicident pour que la situation soit prise en compte.


  • Gollum Gollum 29 octobre 2009 12:41

    Moi il y 20 ans que j’avais compris.. mais que ça fait du bien de voir la vérité enfin éclater et le capitalisme apparaître sous son vrai visage !


  • M.Junior Junior M 29 octobre 2009 12:46

    L’excellent livre de Kamata Toyota : l’usine du désespoir montrait les limites de ce système.
    Nous sommes aussi des individualistes contrairement aux nippons. Nous savons tirer la sonnette d’alarme. Maintenant, que vont faire les politiques internationaux ?
    En France, la messe est dite. Nicolas Sarkosy préfère faire plaisir aux dirigeants.


  • Bardamu 29 octobre 2009 12:48

    Merci de soumettre à nos commentaires cet excellent documentaire !
    Oui ! nous sommes à ce point soumis -et déjà à moitié morts !- que nous n’osons pas dire les choses pleinement.
    Car le travail, en sa version actuelle, est une mer.. infâme.
    Nous travaillons à nous détruire, à saccager la Terre et à épuiser ses ressources.
    Le moins nuisible d’entre nous est bien le SDF, qui ne consomme rien, ne détruit rien, ne conditionne personne.
    En son malheur, il est exemplaire.

    Là-haut -si Il existe !-, certains cyniques vainqueurs ici-bas auront de sacrés comptes à rendre.
    Après l’argent qui leur brûlait les doigts, ce sera le tour les flammes de cuire leurs couennes de porcs répugnants,de « banksters », d’assassins aux mains propres -car n’ayant qu’à cliquer sur un ordinateur pour tuer par procuration.
    Travail et mort se confondent désormais, et l’impératif -que dis-je ?- le diktat de la santé n’est là que pour nous maintenir dans un état de vie apparente pour continuer à mourir à petit feu !


  • M.Junior Junior M 29 octobre 2009 12:52

    Merci de ton encouragement.
    Je suis désolé pour les fautes d’orthographe

    Concernant l’avenir des demandeurs d’emploi, de RSA et des SDF
    La mécanique macabre entre l’emploi et le cercueil


  • Alain-Goethe 29 octobre 2009 13:44

     Après visualisation de ces 2 parties, on se dit : 
    « Vers où allons nous ?? » certainement pas vers « un fleuve tranquille » !

    Il y avait des interventions de qualité : LORDON, DEjours etc..

    L’opinion de DEJOURs est que normalement un humain a envie de travailler, car cela contribue à ce qu’il « se réalise ». c’est vrai.
    mais il regrette que la politique de ces « private equities » (tels que K.K.R) se traduise par le licenciement de gens valables. en somme, on méprise leur travail.
    Comme c’est la « patrimoine (financier..) qui est favorisé, il en vient à se poser la question suivante :
     »Evoluons nous vers la décadence de notre civilisation ?? "
    Il y a du vrai ... Qu’en pensez vous ?? 


  • M.Junior Junior M 29 octobre 2009 14:35

    Pour d’autres raisons, j’arrive à la même conclusion que Christophe Dejours (à ce propos, je vous recommande son livre : « L’évaluation du travail à l’épreuve du réel » aux éditions INRA)
    concernant l’émergence d’une décadence de la civilisation occidentale.
    Non par la somme des actions individuelles du peuple mais par la sommes des actions des aristocrates toujours en place.

    Je suis très optimiste sur le ressort et l’énergie des français et des européens.

    Les français sont toujours motivés pour travailler. Ills ont déjà montré par le passé qu’ils sont capables de retrousser leurs manches et d’être plus excellents qu’ils ne savent être râleurs. (La france 3e pays mondial en productivité horaire)

    Simplement pour que ces efforts soient réalisés, je ne vois que 2 solutions

    • Un acte politique fort du gouvernement en direction des dirigeants
    Mademoiselle laurence Parisot veut faire une étude sur la souffrance des patrons pour 2010. Quel cynisme, elle devrait changer de coach. A 25 000 € pour un mi-temps avoir de tels résultats et tenir un tel discours, Bravo la performance et l’excellence !
    • Accepter d’être gouverné par la loi du talion qui maintenant est chinoise et de voir des présidenty au bras de jeunes filles d’à peine 18 ans ou en vacances au cap nègre pendant que le peuple se suicide.
    La légalisation du cannabis ? Un reméde au trou de la Sécu

    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 08:34

      Bonjour, très intéressant article....

      Christophe Dejours , a très bien abordé la question (voir conférence-video sur AvoxTV).

      Vos remarques sont très intéressantes, il y a aussi, que toute personne en entreprise a besoin de reconnaissance , et effet bcp de méthodes de management sont de véritable catastrophe humaine.


  • abdelkader17 29 octobre 2009 14:51

    Excellent ,je suis tombé par hasard hier sur la dernière partie,c’est de la télé de qualité comme on aimerait en voir plus souvent avec une mention très bien à Mr Dejours ses analyses ne peuvent qu’éveiller la curiosité intellectuelle et nous faire prendre conscience des techniques de manipulation mentales auxquelles nous sommes tous soumis.


  • M.Junior Junior M 29 octobre 2009 14:54

    Les techniques de manipulation mentales ou d’éducation ?

    Je t’invite à lire l’article suivant : Les formateurs : De la manipulation à l’honnêteté ?


  • jkw 29 octobre 2009 19:00

    vous dîtes « Nous pouvons toujours former au management les équipes encadrantes de proximité.
    A quoi cela sert-il si à la tête l’exemple n’est pas donné ? »

    comme disent les japonais, « les escaliers se balayent par le haut !!! »

    veuillez regarder le site www.fr-deming.org

    tout ce qui arrive dans les entreprises aujourd’hui était prévu...... par un Américain !!


    • M.Junior Junior M 29 octobre 2009 19:18

      Merci pour ton commentaire.

      Quand tu écris, tout ce qui arrive était prévu.

      Tu as un article daté qui évoque précisément ce que nous vivons aujourd’hui ?

      Les bons principes du management sont connus de tous et appliqués par quelques uns, nous le savons. La question devant l’absence de bonne volonté des dirigeants qui ont des intérêts trop divergents à celui de l’entreprise et des salariés, quelle réponse est possible ?


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 10:39

      c’est pas le « mec qui a inventé la gestion par cercles de qualités » ?

      ...notion que bcp de managers ont appliquée sans jamais bien la comprendre....parce que cela faisait ’top management’ , à la mode....alors que personne ne se soucie du symptôme qui parfois anodin est la bonne piste pour améliorer la gestion...et la fluidité des communications dans l’entreprise.


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 10:40

      ....je veux dire « Deming ».


  • Alain-Goethe 29 octobre 2009 19:11

    @ Junior M et aux autres :

    Quand j’entendais les « Vendeurs-référents » et les « bons performers », je me suis remémoré la 2ème partie de ma vie professionnelle..
    En blaguant, nous disions que nous étions des sAigneurs ( ... ou seigneurs).
    Enfin, j’ai serré les dents.. tout en souriant ..

    Une PME rachetée par un private equity (fonds spéculatif) = à souhaiter pour celle-ci que son marché soit « porteur » ... sinon .. vallée de larmes..

    Et le toyotisme = cela m’a appris qqc. ;

    Comme Junior M le dit, le rôle des politiques ???
    oui bien sûr, il peut y avoir des actions ...

    et il ne faudrait pas que les citoyens acceptent la soumission volontaire, etc...
    Vaste chantier ! 

    car la crise est loin d’être terminée ..
    A+


    • M.Junior Junior M 29 octobre 2009 19:25

      Précédemment seillère et maintenant Parisot n’ont aucun poids. Les recommandations du Medef concernant le salaire des dirigeants sont suivies par à peine 20% des dirigeant d’après une dernière étude réalisée début 2009.

      De facto, elle devient une interlocutrice de paille dans les débats sur l’avenir des entreprises françaises. Pourtant le politique lui accorde plus de voix que celles des autres parties prenantes au succès des salariés et de l’entreprise.

      Excepté des actions politiques, quelles sont les autres solutions ?

      Je tiens à préciser que j’ai un défaut, j’aime quand la critique est accompagnée d’une proposition quelque soit. Etre constructif ensemble. lol

      Merci pour vos commentaires pour ce 2e billet publié sur Agoravox


  • ZEN ZEN 29 octobre 2009 19:18

    Bonsoir, Alain-Goethe

    Private equity : cette expression m’a toujours laissé songeur...
    Pour Toyota, on en sait quelque chose du côté de Valenciennes


  • bob 29 octobre 2009 19:30

    Excellent documentaire ou deux pseudo-cadres, extérieurs à la boite, travaillent sur l’optimisation des salariés, l’un d’eux se demande pourquoi ils arrivent à parler une autre langue que le français pour se voir répondre qu’en fait, ils travaillent sur une entreprise étrangère.
    Je pose alors cette question : Comment optimiser une entreprise sans la connaitre ?

    La question récurrente reste alors pourquoi l’encadrement ne se remet-il pas en question lorsque les ordres sont respectés mais que le résultat n’est pas au rendez-vous ?
    Chacun connait la réponse.


  • bob 29 octobre 2009 19:33

    Le plus drôle c’est de savoir qu’après que la base soit « optimisée », le tour des cadres viendra. Dans certains secteurs, cela vient plus rapidement que prévu.


    • M.Junior Junior M 29 octobre 2009 19:53

      Les cadres sont ceux qui bénéficient le plus de formation et d’accompagnement ?
      Les formations sont axées sur les techniques de communication associés à des outils de type HBDI, MBTI, etc

      De nombreux dirigeants refusent que lors de ces formations nous apprenions aux cadres intermédiaires à savoir dire non à un supérieur hiérarchique.
      Pour le top management, ils sont tellement persuadés d’être uniques qu’ils préfèrent des « coachs »

      A force d’être dans les entreprises, nous apprenons rapidement à identifier les premiers axes d’amélioration.
      Ensuite, on fait de beaux power point et de beaux tableaux pour mieux se payer des vacances au bord de mers chaudes. Je suis un peu réducteur sur la faim, je vous l’accord


  • Alain-Goethe 29 octobre 2009 20:10

    @ Zen : merci du lien vers le Toyotisme !

    Dieu, que les gens ont du mal à être recruté pour un job, puis à évoluer dans ce job, puis soit de le garder ou de devoir se remettre dans la file des « offreurs de compétences »..

    Dans des pays comme la Norvège, le Danemark, le « climat général de travail » doit être meilleur.
    Il y avait aussi le capitalisme « à la rhénane ».

    Dans les entreprises basées en France, ça doit être « coriace » depuis des années, mis à part de courtes périodes de « rémission » ( ou l’extinction de l’entreprise)

    @ Junior M, tu veux des propositions :

    - Des Réseaux citoyens

    - des syndicats moins divisés, plus pragmatiques ( certains le sont)

    - la « flexsécurité »

    les « class actions » = car les Consommateurs il est important que lorsqu’ils sont au courant des conditions de travail des salariés qui fabriquent des produits P, ils pourraient agir en groupe ..
    Mais Bercy vient de redire que Niet !


    • M.Junior Junior M 30 octobre 2009 09:46

      @alain goethe

      Pour ma part, en France, les syndicats seront toujours divisés et plus occupés à défendre leur place qu’à défendre l’intérêt du salarié.

      Il n’y a qu’à voir Thibault de la CGT pour comprendre le fossé entre le syndicalisme et la réalité. Ils ont des discours et des attitudes complètement déconnectés du monde du travail.

      La flexisécurité existe déjà en France avec l’intérim. Simplement avec la faiblesse des inspecteurs du travail, de trop nombreuses agences contournent la loi et crée un climat de soumission. Le recours massif au sans-papiers fait que les commanditaires (entreprise du BtP, restauration, nettoyage) créent une génération d’esclaves.

      Des réseaux citoyens ou juste des citoyens ? lol

      Les Class Action sont finalement réservées aux entreprises.
      Exemple Vivendi ou Allianz dépose une class action aux Etats-Unis.
      Leur dimension internationale leur permet. Le consommateur pourrait aussi dépenser autrement. Je ne suis pas forcément favorable à une judiciarisation des relations citoyennes comme le souhaite le président français (Ex avocat, il alimente son commerce).
      Le recours systématique à l’avocat est pour moi un générateur d’intolérance.
      Simplement mon expérience m’a trop souvent montré que connaitre la loi et pouvoir la rappeler à une entreprise permet aussi d’avoir satisfaction.

      Ma proposition :
      Les salariés français disposent de 120 heures de formation avec le DIF (Droit individuel Formation). Ils pourraient l’utiliser pour apprendre à défendre individuellement leur droit au travail et à mieux négocier avec leur hiérarchie au lieu d’aller en formation gestion du stress (où les sectes les attendent avec malice)


  • bob 29 octobre 2009 20:12

    J’ai connu un cadre top manager, qui possédait un potentiel hors du commun et une voie toute tracée. Son dada consistait à rationnaliser son équipe ( diminuer les effectifs) à la grande satisfaction de ses supérieurs. Un jour, l’entreprise a été délocalisée en Inde. Il s’est fait viré et ne s’en est jamais remis.
    Comme quoi, il existe une justice immanente. Aurait-il fait preuve d’un peu plus d’humanité que sa boite aurait surement retardé sa migration.


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 08:38

      .....et cela c’est une constante, le cadre qu’on isole en lui confiant la tâche de virer les autres, doit s’attendre a être viré...a bon entendeur, salut smiley


    • bob 30 octobre 2009 19:39

      @ Antoine Diederick

      Il est malheureux que les cadres à fort potentiel se rendent compte trop tard qu’ils ont été berné.


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 20:22

      j’en ai connu un qui a compris a temps qu’il serait viré une fois le sale boulot effectué, alors qu’on lui avait présenté la chose comme un promotion....

      c’est comme dans un banque belge qui s’est plantée récemment, il avait les services ds lesquels on planquait les futures victimes dont le reste du personnel se moquait avec cynisme....m’a t-on dit.

      tout cela me fait penser aux émissions télé-réalité au cours desquelles il faut virer les indésirables...

      un peu comme les guignols de l’info dans leurs dernier montages sur Sarko junior....


  • bob 29 octobre 2009 20:14

    Je souhaiterais ajouter que prétendre ètre dans un état agentique et se permettre de faire n’importe quoi au seul motif que l’autorité l’a suggéré n’est pas une excuse. Un ètre humain correctement éduqué et normalement cultivé devrait savoir mettre les barrières qu’une morale commune poserait comme naturelle. Agir de manière vicieuse et ne pas comprendre pourquoi on se retrouve à son tour pris au piège est une galéjade.


  • JL JL 29 octobre 2009 23:27

    Bonsoir, dans votre présentation de cet excellent docu je lis : « Pour autant en écoutant ces dirigeants, ils sont entrain de faire exactement le contraire de ce qu’ils demandent à leurs managers. Ils »aboient« . Ils sont centrés sur la personne et non le travail. Ils font le contraire de ce qu’il faudrait faire. »

    En réalité, le syndrome « faites ce que je dis, pas ce que je fais » est chez eux, une seconde nature, voire même, la première. Je crois qu’il ne pourrait en être autrement, puisque c’est typiquement un discours de maître. C’est le même discours que celui des politiques. C’est pourquoi l’expression « ceux qui nous gouvernent » fait florès et supplante la l’xpression qui convient : « ceux qui gouvernent » . Cela nous mêne tout droit au clivage anti républicain : « gouvernants vs gouvernés ».


  • M.Junior Junior M 30 octobre 2009 09:47

    La loi du maitre, nous sommes parfaitement d’accord.


  • iris 30 octobre 2009 10:34

    esclavage moderne cela fait depuis environ 1970 que cela dure et s’amplifie-
    jusqu’ou la résignation des salariés ??
    face à la manipulation des esprits et l’intimidation des patrons pour garder le controle sur eux-et les pousser aux harcèlement les uns par les autres -pour garder leur privilèges et avantages et accroitre encore leur patrimoine-bas salaire aussi-
    comment etre motiver avec le smic ??
    je suis au dessus et admire la gestion la patience de ces salariés-
    est ce de l’inconscience ??de la peur surement-
    et les petits cadres qui sont du coté des patrons feraient bien de penser avant tout à leurs interets -car la considération n’est que la considération du portefeuille- et très fragile avec la crise. 


  • M.Junior Junior M 30 octobre 2009 10:39

    J’ai le souvenir d’une collaboratrice âgée de 23 ans qui se plaignait en permanence de son travail et de l’entreprise.

    A la question, pourquoi restes-tu ?

    Avec toute la misère qu’il y a dans le monde, j’ai un CDI, je le garde.

    Longue vie aux tranquillisants


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 11:02

      .....parfois, il vaut mieux partir...c’est une vraie question de survie lorsque la souffrance est trop forte...

      partir ou gueuler....’gueuler’ est perçu comme une tentative de prise de pouvoir. Dés lors le manager ne supporte pas bien cette attitude d’un travailleur...qui est perçu aussi comme une demande salariale...alors qu’une personne qui ’gueule’ a peut-être quelque chose à dire....pris dans le filet de l’émotion indistincte de ce qu’il ne parvient pas à dire , à analyser....mais qui peut être du sens.


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 11:20

      Votre site est intéressant, les références proposées sont à suivre pour ceux que le sujet passionne.

      Il faut bien remarquer qu’à l’origine les méthodes des sciences sociales et les méthodes de psychologie ont été pensées pour soigner et non pas pour faire du chiffre d’affaire....hélas le pragmatisme anglo-saxon est passé par là.

      et il faut aussi remarquer que les pères de ces réflexions avaient une certaine vision de l’Homme ce qui n’est pas forcement le cas du manager et de l’entreprise quoiqu’ils le proclament bien haut.

      Par ailleurs, le détournement de ces techniques à des fins de gestion peut poser des problèmes de déontologie.

      Ai pu voir sur AvoxTV l’interview d’un publicitaire qui vient de publier un livre qui est un véritable pillage des idées systèmiques et trans-générationelles .


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 11:36

      ma remarque veut dire qu’un salarié ne gueule pas forcement pour avoir plus d’argent en fin de mois mais parce qu’il aimerait participer à la qualité du travail au quotidien qui est aussi au moins important que la satisfaction financière du salaire ......


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 11:41

      et je signale aux managers qui liraient votre article que : « se suicider , c’est partir »


    • M.Junior Junior M 30 octobre 2009 12:06

      C’est un départ qui me semble trop définitif pour être une solution.

      En revanche intégrer les Accidents du Travail, le suicide dans la variable du bonus me semble être une excellente idée, qu’en pensez-vous Antoine ?


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 12:13

      c’est une excellente idée, elle pourait être accompagnée cette mesure d’une évaluation écologique du management des entreprises et par ailleurs « capitalisée » au poste bilantaire et compte de résultat comme une prime monétaire non dématérialisée et faisant partie intégrante de la valeur comptable de l’entreprise.

      et je vous assure que bcp de prédateurs économiques réfléchiraient à deux fois avant de bousiller de très bonnes entreprises....car nous en sommes là.

      perso, je crois aux entreprise mais pas à n’importe lesquelles.

      Bien à vous.


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 12:20

      et comme le Président français veut faire "de l’identitaire’, qu’il commence donc à faire de la spécificité (ce serait mieux) du modèle français en le rénovant comme un moderne et non pas comme du pseudo Mauras et Daudet (je sais j’exagère)....euh, disons plutôt comme un ancien .


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 12:23

      j’entends par écologie....

      2. P. ext. Étude des conditions d’existence et des comportements des êtres vivants en fonction de l’équilibre biologique et de la survie des espèces. On parle aussi parfois d’une biogéographie écologique ou écologie de la distribution géographique (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 682).
      B.− P. anal., Sc. Soc. [En parlant de communautés humaines] Études des relations réciproques entre l’homme et son environnement moral, social, économique. Les communautés et sociétés humaines vivent dans un environnement auquel elles s’adaptent et qui réagit sur elles. L’étude de ce processus complexe qui met en jeu les systèmes technologiques et l’organisation sociale, est l’objet de l’écologie (Golfin 1972). Écologie criminelle (Thinès-Lemp. 1975), écologie sociale (Willems 1970).

      et pas forcement l’ecologie politique qui une blague....


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 12:26

      « C’est un départ qui me semble trop définitif pour être une solution. »

      en effet, j’ai utilisé cette manière pour aborder la question morale et philosophique du sujet que vous abordez...car en somme « le suicide de l’autre nous rend à notre humanité » et par ce biais nous pouvons nous poser la question plus vaste du rôle de l’entreprise dans la société.


    • M.Junior Junior M 30 octobre 2009 12:58

      L’entreprise devient par ses agissements un ennemi de l’humain alors qu’elle est une partie indispensable au développement de nos sociétés.

      Nous sommes également tous responsables. N’en faisons pas un exemple.

      Le documentaire de Jean-Robert Viallet mettaient clairement en lumière le silence des salariés.

      Il existe pourtant de nombreuses voies de recours pour faire face au harcèlement, aux fraudes, etc...

      Il est vrai que beaucoup pensent qu’en allant aux prud’hommes ou autres, ils vont être exclus par la suite du monde du travail.
      C’est une réalité aux Antilles où 5 familles tiennent le marché de l’emploi et communiquent entre elles, ce n’est pas une réalité en métropole où il n’ya pas de fichiers secrets même si je connais certains dirigeants qui abusent de leur pouvoir pour tenter de faire licencier leur ancien personnel dans leur nouvelle entreprise d’accueil.


  • jidaie jidaie 30 octobre 2009 11:07

    Je voudrai souligner encore la qualité exceptionnelle dece documentaire . Pour ma part j’ai pris une véritable claque. J’ajoute qu’il devrait être obligatoirement visionné par tous les étudiants futurs managers de ce pays et par certains politiques. Ce documentaire ouvre de nombreuses questions. Mais au delà de la souffrance au travail qu’il dénonce c’est la démonstration parfaite de la machine infernale dans laquelle le capitalisme s’est transformé peu à peu pour devenir le capitalisme financier aux mains des actionnaires, de la bourse, des fonds de pension...Désormais l’homme est au service de l’économie, broyé chaque jour un peu plus par une économie mondailisée semblable à un golem qui mange tout sur son passage laissant sur le bord de la route des morts et des chomeurs chaque jour plus nombreux. L’homme sacrifié sur l’autel du veau d’or, de l’amour de l’argent, des objectifs financiers, de la rentabilité immédiate....Je dois dire que après le visionnage de ce documentaire je suis très pessimiste sur l’avenir de l’économie mondiale. Je ne pense pas que les gouvernements ont su tiré toutes les conséquences de la crise financière. D’ailleurs leur pouvoir est finalement très limité voir la réaction dans le docu de l’un des fondateurs de KKR (fond de pension américain énormissime !!) au forum de Davos : « on va continuer comme avant ». Je dirais donc que le pire est encore à venir. Cette crise financière n’en était que le premier soubressaut, le prochain sera cataclysmique. Car en effet il faurait une véritable réforme du capitalisme pour en changer la structure interne par une régulation stricte avec des règles, une éthique...Pour cela il y a bien le G20 mais ils se sont arrêtés aux bonus des traders qui n’était que la partie immergée de l’iceberg. Car j’ai bien peur que nous soyons tous embarqué sur le titanic au funeste destin que l’on connaît.


    • M.Junior Junior M 30 octobre 2009 11:22

      Certains écoles de management commencent à aborder la problématique RH dans leur cursus. Elles y sont de plus en plus sensibles.

      La question reste posée pour les personnes sans ou avec peu de qualification où l’avenir est de plus en plus sombre.

      L’émergence des sans-papiers dans les agences d’intérim qui servent les entreprises du BTP, nettoyage, restauration est éloquente. Cette nouvelle main d’oeuvre jetable est l’une des solutions retenues par les entreprises pour continuer leur course sans fin au profit.

      Heureusement que la Terre a des ressources limitées, quand nous vivrons dans une poubelle géante, ils boiront leur coupes de champagne sur leur ilôt privé.

      Sans tomber dans la caricature ni dans le populisme, comment espérer que le président français puisse agir en faveur du plus grand nombre quand on voit ce qu’il fait avec son fils.

      L’homme s’exprime par ses actes, l’avocat plaide devant une cour. CQFD


  • Céphale Céphale 30 octobre 2009 11:16

    Ce matin, France-Inter a donné la parole à une sociologue du CNRS qui a décrit la souffrance au travail dans les entreprises françaises, pointé les incohérences du management, et proposé des alternatives qui prennent en compte la culture française. Ce qu’elle a dit rejoint parfaitement mon expérience de cadre supérieur retraité, révolté par ce qui se passe.

    Je viens d’acheter son dernier livre : « Travailler sans les autres ? » par Danièle Linhart (Le Seuil). Je l’ai feuilleté, je vous le conseille. Mme Linhart fait partie de la commission chargée d’étudier les problèmes humains de France Télécom.


    • M.Junior Junior M 30 octobre 2009 11:24

      Pour ma part la médiatisation des suicides chez France Télécom n’est qu’un prétexte pour placer Stéphane Richard à la tête du groupe et non pour améliorer réellement les conditions de travail des salariés.


  • ZEN ZEN 30 octobre 2009 11:19

    @ Céphale
    Merci pour l’info
    Le livre de Dejours, qui est paru depuis pas mal de temps est aussi très éclairant


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 11:32

      Dejours a raison de s’en prendre aux syndicats qui ne jouent plus le rôle d’agrégateurs des forces du travail et de leurs offrir une vision plus moderne du rapport social au travail.

      Ensuite, il met en évidence ’la négociation" comme facteur positif....la gestion politique démocratique ne passe-t-elle pas par là aussi (dans l’Etat même) ?


  • jkw 30 octobre 2009 14:23

    pour junior :

    des écrits ? il y en a des pages

    lire « Hors de la crise » Editions Economica (3ème édition en 2002 !!) à lui seul fait 350 pages !!!
    c’est la traduction française par Mr Jean Marie GOGUE qui a travaillé avec lui, de « Out of the crisis » de WE Deming. Mais Mr Gogue (qui habite en France) comme par hasard n’est jamais invité à la TV lors des émissions qui traitent de management ! Etrange non ?

    Par contre on a de plus en plus recours à des psy !!!
    Deming revient ! ils sont devenus fous !!!!!


    • M.Junior Junior M 30 octobre 2009 15:45

      @ JKW

      Je crois que nous ne nous sommes pas compris.
      A votre message sur les prédictions de Deming, j’ai effectivement demandé un écrit daté.
      Il n’est pas le seul à avoir évoqué les dérives du système actuel. Et, à lire votre premier message tout était écrit comme avec Nostradamus, d’où ma question.

      Les psy sont pour des questions privées
      Les coach sont pour des questions professionnelles

      Et les life coach ? trop de charlatans et de sectes pour être recommandés !

      Ne tombons pas dans l’ésotérisme comme nos ancêtres qui pensait en l’an mil que le ciel allait leur tomber sur la tête

      Des solutions pragmatiques et simples sont à trouver, à défendre et à mettre en place tout en prenant compte le système actuel. Evidemment les révolutionnaires me trouveront naîf mais je préfère les solutions négociés aux solutions imposées d’où qu’elles viennent.


    • Céphale Céphale 30 octobre 2009 17:22

      @Junior M

      « Nous en parlons depuis 2007. Maintenant, nous commençons à être écouté.
      Malheureusement, Il aura fallu que certains se suicident pour que la situation soit prise en compte.  » Un peu de modestie svp. Vous n’êtes pas les seuls à en parler depuis 2007, et jkw a raison de dire que Deming avait prévu depuis longtemps ce qui nous arrive.

      jkw vous a conseillé plus haut de lire « Hors de la crise » (Out of the Crisis) édité aux USA en 1983. Je l’ai lu, en anglais. C’est long et ardu, j’en conviens, mais c’est éclairant. Et il vous a donné l’adresse du site france-Deming où vous trouverez quantité d’articles qui vous intéresseront.

      @Antoine Diederick

      Deming n’est pas « le mec qui a inventé la gestion par cercles de qualités  ». Il était le principal conseiller des grands dirigeants industriels japonais. Il a d’ailleurs été décoré de la « légion d’honneur » japonaise par l’empereur lui-même, en 1961.


    • Antoine Diederick 30 octobre 2009 20:14

      Merci Céphale de cette info....


    • M.Junior Junior M 31 octobre 2009 07:21

      @ Cephale

      Oui, nous espérons bien ne pas être les seuls à évoquer ces difficultés et nous sommes fiers d’en parler.

      Comme mentionné dans ma précédente réponse, le plus important est qu’il aura fallu attendre la médiatisation des suicides au sein d’Orange pour aborder plus frontalement les questions de la souffrance.

      Quand ca va mieux on a tendance à regarder la balance des plus et à oublier que la situation n’est toujours pas idéale.
      Ce qui est mal vécu par ceux qui ne voient toujours pas de plus dans la balance.


    • Céphale Céphale 31 octobre 2009 11:30

      Un ami vient de me rapporter de Chine un livre sur Deming, un livre de 350 pages. Je ne lis pas le chinois, mais j’ai lu la préface, traduite en anglais. Elle est de Jean-Marie Gogue. Passages :

      In history there are some big changes having their roots in obscure events whose actors don’t realize the importance immediately. In June 1950, Dr. W. Edwards Deming, a consultant in Statistical Studies, gave a series of lectures in Japan. He had been invited by a small group of statisticians in order to teach senior and top managers new methods to improve quality and productivity.

      This book has the merit of placing Dr. Deming and his message under the limelights again, while too many people tend to put him in the Pantheon of Science.


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