mercredi 16 septembre - par Luigi Cavaliere

Les Sciences humaines contre l’amour

Quelque charabia à propos du recours aux analyses impersonnelles pour créer du lien.

Freud et Durkheim (pour faire court) ont enfanté un hydre à deux têtes, la science humaine. Pour faire encore plus court, l’une de ces têtes s’intéresse à l’individu, c’est la psychologie. La seconde s’intéresse au(x) collectif(s), c’est la sociologie. Le problème de cette science humaine, c’est qu’aucune d’elles ne s’intéresse à l’humain. Elles s’attaquent à leur objet comme à un problème à résoudre. Pour comprendre la plaie, voir ce qu’il y a dedans, il faut agrandir la blessure, pas la cicatriser.

Le 20ème siècle a été absolument terrible de cruauté analytique. Tout a été décortiqué, épuisé, toute précision était nécessaire, toute stérilité était requise. Il fallait aller plus vite et plus fort, fabriquer de nouveaux moteurs était une course en soi. Les chars d’assaut ont remplacé les chevaux ; la mandoline fut coupée au fil du front. Hiroshima et Nagasaki ont été des portes ouvertes sur rien d’autre que des chairs ouvertes et des espaces à délaisser. Pour comprendre quoi pouvait bien concevoir ces moteurs à explosions, la curiosité du genre humain a enfanté la science humaine. La question n’était pas de comprendre qui. Que ce soit en psychologie ou en sociologie, la généralisation est une nécessité. On se fout pas mal des personnes.

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Contre la science, il y a l’art. Les musiciens psychédéliques des années 60 ont chanté l’amour à un degré d’intensité tel qu’il ne pouvait que masquer la grande angoisse de la jeunesse vis-à-vis des traumatismes de leurs parents pendant la guerre et des technologies potentiellement annihilatrices qui s’y sont manifestées - sous la forme de champignons. L’amour n’a pas suffi. Seul un retour à l’analyse était possible. Comprendre quoi, encore. Qui devenant quoi, objet de verbalisation infinie, jamais résolu avant d’être éteint. Tant de spécialistes à entendre. Plus aucune velléité de science. Une pratique qui tourne à vide.

Je me suis toujours méfié instinctivement des psys. Quelqu’un de qui je n’ai pas été proche autrement que parce que j’aimais sa fille à la folie m’a indiqué une fois que ça marche sur la frustration, ce qui m’a dévoilé pourquoi (depuis, je me méfie également des belles-mères). En fait, il faut revenir pour reprendre la parole, et être au centre. Être au centre, c’est ne toucher aucune des parois du cercle, c’est être nulle part, et donc n’entretenir aucune relation. J’ai compris par trois expériences personnelles à quel point le conseil « vas chez un psy » ne cache au fond qu’une paresse d’aimer. A la demande d’intimité ne peut plus répondre que le besoin de l’écarter. Nous sommes trop intimes avec nous-mêmes par les autres, et pas assez avec les autres par nous-mêmes. Prendre soin de soi nous consume trop.

Rire et faire l’amour, c’est un beau programme. Mais il nous faut pleurer aussi. Or, la compassion ne fait plus partie de l’amour. Nous la déléguons à des spécialistes, et après nous nous plaignons que les relations que nous entretenons avec nos proches manquent de densité. La société qui en découle en coule, ne fait plus société, n’engendre que des individus sourds les uns aux autres, qui revendiquent une empathie virtuelle par le biais des réseaux en ligne. Dès lors que la compassion se monnaye comme le sexe, que la satisfaction des besoins spirituels est au même tarif que celle des désirs corporels, il n’y a plus de raison d’établir un contact. Parler et jouir, deux faces de la même pièce (d’argent, de théâtre). Rappelez-vous le Marquis de Sade.

L’humanité de façade peut donc se cacher derrière un masque, se simuler sa mansuétude face à ces personnes âgées qui meurent d’une maladie bénigne, qui meurent de la mort de leur vieil âge. Elles seront enterrées, comme il se doit, dans le silence, et pour un coût moyen à ce jour de 3500€ par tête. On les pleurera une dernière fois, dans ces églises, ces temples, ces mosquées que les anciens nous ont laissés pour nous faire croire que nous avons été pieux et que nous pouvons l’être de nouveau. Une fois de temps en temps, en fait.

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Nous sommes en cette année 2020 après Jean-Claude (Van Damme) 7 794 799 000 êtres humains sur ce minuscule bout de Terre. Si l’attention et la reconnaissance sont les biens les plus estimés sur une planète où vous mesurez votre succès en nombre de likes sur Facebook et Twitter, la lutte, qui est déjà rude, va s’amplifier avec les années. Nous n’aurons jamais vu autant de gens qui s’aiment les uns les autres. Et comme pour tout le reste, il y aura des plus en plus pauvres et des plus en plus riches. Les plus pauvres parleront à leurs amis de leurs échecs, si les mots ne leur manquent pas. Les plus riches n’auront pas le temps, ils devront vérifier l’état du yacht avec l’épouse rencontrée au rallye de leur jeunesse. Ceux au milieu, les malchanceux, iront chez le psy, pleurer leurs divorces, pleurer leurs morts, pleurer leur mort prochaine.

Afin d’achever ce texte sur ce paragraphe apocalyptique et m'en procurer un peu de plaisir, j’ai succombé à la sociologie de bas-étage. A l’observation lointaine et inexacte. A la théorie. A l'imagination. Au masque, il va falloir ajouter le bandeau.



16 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 16 septembre 09:03

    Les sciences dites « humaines » ne sont pas plus contre l’amour que la phsique n’est contre le gaz !


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 16 septembre 09:03

      @Séraphin Lampion

      la physique


    • Luigi Cavaliere Luigi Cavaliere 16 septembre 09:12

      @Séraphin Lampion

      Je ne comprends pas ce que vous avez écrit. Vous pouvez élaborer ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 16 septembre 09:42

      @Luigi Cavaliere

      L’objet des sciences est l’observation, la compréhension du réel et, si possible, la mise au jour des « lois » qui régissent l’univers.

      Mai, si les mathématiques, la physique et la chimie ont des retombées positives sur la condition humaine (électricité, résistance des matériaux, santé), on peut observer en ce moment les dérives que des imposteurs s’auto-proclamant « scientifiques » peuvent mettre en oeuvre pour manipuler une population en brandissant des « preuves » aussi crédibles que les éprouvettes de Colin Powell.
      Il s’agit d’une instrumentalisation de la « science » quine peut que rester extérieure à son objet. Un physicien étudie le gaz, il n’est ni « pour », ni « contre ». De la même façon, même si les sciences dites «  »humaines« n’offrent pas les mêmes caractéristiques théoriques que les sciences »dures« , les psychologues et les sociologues ont mis au point des techniques qui s’appuient sur des observations pragmatiques et fonctionnent toujours de la même façon en donnant des résultats probants. On peut réprouver l’utilisation qu’en ont fait Edward Bernays et ses disciples, comme on peut discuter de l’utilisation de l’arme atomique qui n’aurait pas vu le jour sans les progrès de la physique, mais on ne peut pas pour autant faire un procès aux »sciences« qui ont permis de progresser dans le domaine nucléaire ou dans la connaissances des ressorts de l’être humain et de ses rapports avec les autres.
      Il ne faut pas confondre »science« et »technique« , pas plus qu’il ne faut accepter les oukases de nouveaux enchanteurs sous le prétexte qu’ils ont remplacé leur chapeau pointu par une blouse blanche. Mais il ne faut pas »jeter le bébé avec l’eau du bain" et mettre à la poubelle les travaux de Berne, Mauss ou Lévy-Strauss.


    • Luigi Cavaliere Luigi Cavaliere 16 septembre 15:15

      @Séraphin Lampion

      La science est forcément extérieure à son objet. Les fins d’une science intérieure à son objet, si elle est possible (même les religions du Livre ont des fondements dans le réel), ne sont pas connaissables.

      La science et la technique ne doivent pas être confondues dans le langage, mais sans l’une l’autre n’existe pas. J’ai une très bonne vue mais je n’ai jamais pu observer des microbes à l’œil nu. L’œil nu observe l’agrandissement d’une réalité qui ne lui est pas accessible au premier abord, et la connaissance qu’il en retire est forcément grossie elle aussi. Il y a d’ailleurs plus compréhension que connaissance la plupart du temps, et il est très chanceux que les essais que nous mettons en place pour trouver des remèdes à nos maux à partir de nos observations fonctionnent la plupart du temps.

      Il serait en effet dommage de se passer de tant d’œuvres d’anthropologie, car leur grand mérite est d’essayer de trouver de l’éternel. Mais je crois qu’on peut mettre beaucoup de la sociologie à la poubelle. Le problème des sociologues c’est qu’ils cherchent rarement à s’inscrire au-delà de leur temps. Et c’est également ce que je critique dans la psychologie « à remèdes ». M’enfin, tout ça sera vite du passé, les neurosciences c’est l’avenir. Le but ultime, c’est juste de faire de chaque cervelle un simple objet d’étude...


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 16 septembre 19:45

      @Luigi Cavaliere

      . Mais ouvrez les yeux. Les neuros sciences c’était déjà l’avenir il y a quinze ans. Et le résultat est là. Catastrophique.


    • Luigi Cavaliere Luigi Cavaliere 16 septembre 21:39

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Catherine Dulac a récemment découvert le siège de l’instinct parental dans le cerveau. Ce n’est qu’un début. Et ça fait déjà peur.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 17 septembre 09:52

      @Luigi Cavaliere Les neuros science, c’est prendre l’humain pour une voiture dont il faut parfois changer une pièce. 


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 16 septembre 11:21

    Première remarque : science et humaine sont des oxymores. La science étudie un OBJET. Cette activité relève en primer des fonction rationnelles, logique, cartésiennes, terre à terre. Nous sommes dans la limitation, l’’anal (stade anal freudien), le tri. le drap-peau national on désubjectivise. Exemple qui permettra de comprendre : on déconseille à un chirurgien d’opérer quelqu’un de sa famille. Ou un psychanalyste d’analyser un proche. Il faut de la distance. L’humain lui relève d’une autre dimension qui touche au divin. Dans le mot divin, il y a vin. Nous ne sommes plus dans le domaine de l’ob-jet (qui est placé devant). Sujet : qui est placé dessous (ce qui est placé dessous ne peut être vu mais res-senti. Avoir du nez. pour sentir un vin on ferme les yeux et on ouvre la narines,...L’analyse de l’inconscient ne peut être une science. Le psychanalyste se trouve derrière l’analysé afin que le regard, le voir ne perturbe pas ce qui ne peut de voir mais s’ouïr. Raison pour laquelle tu ne peux faire de représentation de dieu au risque de le voir d’évanouir. Pour percevoir le sujet il faut observer son existence dans ce qui le projette (exemple, l’ombre du soleil sur la lune). humain se rapproche de humus (ce qui en dessous, sous nous pied, mais signifie aussi du latin : du même sens. Science la science relève du visible (siècle des lumière), l’humain relève de ce qui fait sens. Et ce qui fair sens est le symbole. Quand l’enfant se détache du sein maternel auquel il est fusionne pour construire un espace dans lequel il créera du symbolum. Exemple, le bol du matin peut symboliser le sein maternel. Le sein bol. 


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 16 septembre 11:35

    Corps rit j’ai : Première remarque : science et humaine sont des oxymores. La science étudie un OBJET. Cette activité relève en primier des fonctions rationnelles, logique, cartésiennes, terre à terre. Nous sommes dans la limitation, l’’anal (stade anal freudien), le tri. le drap-peau national, on désubjectivise. Exemple qui permettra de comprendre : on déconseille à un chirurgien d’opérer quelqu’un de sa famille. Ou un psychanalyste d’analyser un proche. Il faut de la distance. L’humain lui relève d’une autre dimension qui touche au divin. Dans le mot divin, il y a vin. Nous ne sommes plus dans le domaine de l’ob-jet (qui est placé devant). Sujet : qui est placé dessous (ce qui est placé dessous ne peut être vu mais res-senti. Avoir du nez. pour sentir un vin on ferme les yeux et on ouvre la narines,...L’analyse de l’inconscient ne peut être une science. Le psychanalyste se trouve derrière l’analysé afin que le regard, le voir ne perturbe pas ce qui ne peut se voir mais s’ouïr. Raison pour laquelle tu ne peux faire de représentation de dieu au risque de le voir s’évanouir (comme on ne peut prédire l’avenir sans le tuer en l’énonçant). Pour percevoir le sujet il faut observer son existence dans ce qui le projette (exemple, l’ombre du soleil sur la lune). Humain se rapproche de humus (ce qui en dessous, sous nous pied), mais vient aussi du latin : du même sens. Science la science relève du visible (siècle des lumière), l’humain relève de ce qui fait sens. Et ce qui fait sens est le symbole. Quand l’enfant se détache du sein maternel auquel il est fusionné pour construire un espace dans lequel il créera du symbolum. Exemple, le bol du matin peut symboliser le sein maternel. Le sein bol. Le cerveau droit (lié à la verticalité est aussi associé à ce qui différence l’objet du sujet : la création, l’intuition, le sens. Espérons que l’humain de demain puisse être HERM-APHRODITE (le cerveau gauche étant associé à mercure et l’intellectuel propre au signe rationnel de la vierge qui n’a pas connaissance de sa part féminine puisque qu’elle est encore chaste) et le cerveau droit : Aphrodite-vénus (qui exhale un parfum-fumigations sacrée). 


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 16 septembre 11:48

    L’animal peut s’exprimer par un langage. Eprouver un attachement instinctif pour celui qu’il sent,...mais ne pourra jamais avoir accès à l’action de faire ou donner du sens à sa vie. Comme il ne peut symboliser. Quand ma chatte m’apporte un oiseau sanguinolent et vivant dans sa gueule, je sais que cela signifie qu’elle aussi peut me nourrir. Mais ma chatte n’a pas compris que je suis une humaine et que manger un moineau sanguinolent me dégoûte...


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 16 septembre 12:08

    Aphrodite vient d’écume (Vénus de Botticelli) qui évoque l’odeur de la mer. Le cartésianisme et le rationalisme sont en réalité des crainte (phobos) liées à la mer(e) et son odeur). Rappelons-nous le rêve qui inaugura l’histoire de la psychanalyse : L’injection faite à IRMA. L’histoire a bien commencé par une question de NEZ. Freud étant enceint dans les fosses nasales d’IRMA. Ce futur nouveau-nez fut la tant controversée mais in« trône » able psychanalyse. 

     C’est un roc ! . .. c’est un pic ! . . . c’est un cap !
    Que dis-je, c’est un cap ?. .. C’est une péninsule ! https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2007-4-page-65.htm. Enlevez-ce masque qui ne me permet plus de sentir ma maison qui flambe...

  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 16 septembre 12:17

    Le cerveau droit est bien associé au féminin et le droit à la parie masculine. Ceux qui n’aiment pas les psys ou s’en méfie on simplement peur de se retrouver confronter à leur mère..... Cette harpie, cette castatrice, cette emmerdeuse,.... cette divine, cette enchanteresse, cette générosité. Comment voulez-vous retrouver l’enchantement de l’amour" si vous n’osez vous ouvrir à l’océanique ? Le signe du poisson n’est-il pas aussi celui de la musique : https://www.youtube.com/watch?v=efVg53kOH7k&list=RDefVg53kOH7k&start_radio=1&t=0


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 16 septembre 12:53

    Erreur : cerveau gauche : masculine...


  • ilias 16 septembre 19:23

    Il me semble que votre exposé fait fausse route conceptuelle sur ses 2 pistes principales : le contenu du mot amour d’un côté, et de l’autre, qu’est-ce la science humaine ?

    1.] Il faut convenir que le mot amour ne peut être réductible ni au désir, ni au plaisir, ni à la sympathie, ni à la complicité des sentiments entre 2 ou plusieurs personnes. L’amour revendique ses attributs mais est au delà de ce paquetage d’attributs. L’amour transcende ces attributs pour leur donner une dimension autre qu’intéréssée. Et à ce titre, il évacue l’égocentrisme et fait éclore dans les amants une nouvelle vie d’équilibre, de quiétude, de cohérence et de compréhesion tout à la fois de coeur et de raison. Les attributs cités précédemment ne constitueront alors qu’un petit palier d’entrée dans l’amour véritable. L’amour véritable a un rapport lointain et subsidiaire avec la sexualité comprise comme simple instinct de reproduction et chemin faisant de jouissance par le plaisir. C’est dans cette acception bien comprise et modulée contextuellement qu’on peut parler d’amour paternel, maternel, fraternel, amical, spirituel, etc.

    2.] La science n’est qu’une partie de la connaissance humaine tout comme la technique y compris les jeux, les métiers et les arts, la philosophie, la poésie et le romanesque, la spiritualité.

    La science et la philosophie utilisent tour à tour l’explication et la compréhension mais dans des proportions inverses, la science usant beaucoup plus de l’explication et la philosophie de la compréhension.
    L’imagination, l’intuition et la compréhension étant communes à toutes les formes de savoir.
    Ce qui compte pour le dévelpppement du savoir est que la connaissance soit signifiante.Le formalisme de la science lui procure une puissance d’explication acceptable pour tous, et qui peut être testée expérimentalement.
    Si l’on veuille utiliser le filtre de popper, est seule considéré comme scientifique toute connaissance rationnelle qui a des ressorts à se rendre disponible à des protocoles de réfutation.Ainsi on peut déduire que toute connaissance rationnelle n’est pas nécessairement scientifique, et les exemples sont légion et commun dans la vie de tous les jours.Le crible de la signification renvoie à la pertinence et à l’utilité __ utilité dans son acception pratique de tous les jours et non dans son sens seulement économique__ de la connaissance humaine.
    Tandis que l’importance de la compréhension est la plupart du temps subsidiaire par rapport à celle de l’explication dans les sciences dites naturelles, elle est à l’égale si ce n’est plus de l’explication dans les sciences dites sociales et humaines et la philosophie.
    Toutes les religions et les idéologies expurgées de leurs fatras messianiques, les doctrines et les enseignements méta, para et quasi-scientifiques, la philosophie et les sciences sociales et humaines compréhensives/herméneutiques bien que non réfutables scientifiquement recèlent des pépites de signifiance, pouvant ou non augurer de percées scientifiques à venir ou de meilleure compréhension, certes limitée scientifiquement mais utile.
    C’est sur cet ordre de connaissance que s’ordonnent le marxisme, le freudisme, le girardisme, les doctines et les stratégies politiques, les modèles de compréhension/explication des objets des sciences sociales, etc.

    • Luigi Cavaliere Luigi Cavaliere 16 septembre 21:55

      @ilias

      1) L’amour non réductible à quoique ce soit, j’en conviens. Le terme est excessivement vague. Pour cette raison, j’en reste à une conception terrienne, l’amour est pour moi la faculté de faire le voyage proposé sur cette planète par je ne sais quel miracle de la nature en prodiguant autant d’attention(s) que possible aux êtres qui nous entourent, y compris les morts dont nous entretenons les sépultures parce que nous en entretenons le souvenir, car c’est une manière d’accorder de l’importance à cette expérience toute entière (de laquelle, à mon corps défendant, je ne peux pas nier le caractère quelque peu sacré).

      2) La science est le fait des personnes qui se proclament scientifiques ou qui s’affichent comme ayant un savoir supérieur à celui du profane. Je ne pense pas qu’un formalisme soit acceptable pour ce qui relève de l’amour (des attentions que nous donnons aux autres). De mon avis, les attentions les plus signifiantes sont les plus discrètes, les plus effacées, celles dont on ne rend compte que bien plus tard à quel point elles ont été utiles et ont ouvert à la compréhension. Il est peut-être nécessaire passé un certain cap démographique pour maintenir l’ordre de formaliser tout ça, oui. Mais c’est ce qui le rend d’autant plus inacceptable. Le fascisme commence toujours avec un bruyant « il faut ». De mon point de vue, les critères d’efficacité ne s’appliquent pas aux relations entre être vivants, car ils tendent à supprimer le silence nécessaire à l’attention.


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