samedi 19 mai 2012 - par eric

Absence de changement : Les socialistes paieront plus que Madame Bettencourt

Les caisses sont vides, l’état prélève 50% des richesses produites et en dépense 57% l’an dernier. Jusqu’à présent il a financé la différence à crédit. Le nouveau gouvernement va évidemment poursuivre la politique du précédent : augmenter (beaucoup) les impôts et réduire (un peu) les dépenses. Mais ses priorités et cibles ne seront pas les mêmes. L’objectif final est en effet différent. Ne rien changer d’essentiel.

Si la priorité est claire, les modalités sont complexes. Une analyse marxiste très grossière peut nous aider a discerner ce qui risque de se passer. Si on regarde qui a voté quoi au 1er tour, on constate en très gros, que le pays est divisé en 2. Il y a une très petite moitié qui touche plus ou autant qu’elle paye, et une grosse moitié qui paye plus qu’elle ne touche. Plutôt que de se fier aux discours des uns et des autres sur leurs intentions, il semble plus raisonnable de regarder d’où vient et où va l’argent public. La corrélation avec les choix politiques est forte. Dans l’ensemble, ceux qui touchent votent à gauche, ceux qui payent, à droite. En descendant dans le détail, on constate que cela ne suffit pas à dire qui va payer le « changement », car en effet, ces 2 catégories se subdivisent à leur tour.

Dans la première, on trouve quatre couches.

A) Les plus ou moins bénéficiaires nets d’en haut, ou plutôt d’au milieu, pour lesquels la vie est assez belle.

1 Les agents publics de catégorie élevée et assimilés : Cadres A, profs en milieu de carrière dans les centre-ville, les cultureux reconnus, genre directeur de DRAC ou de théâtre subventionné, cadres de la fonction publique territorial ou des grandes associations subventionnées, employés d’entreprises publiques ou ex publiques à statut, bénéficiant des avantages du privé et du public réunis (ceux-là exaspèrent les autres qui ont prévu un texte spécifique, pour, une fois n’est pas coutume à gauche, les « niveler par le bas »…)

2 La classe moyenne sup urbaine « sociétale » des grandes agglomérations : Les cadres urbains deux revenus, famille trois enfants, qui avec des impôts locaux bas et des quotients familiaux élevés, alliés aux 35 heures et aux meilleurs services publics du pays, largement subventionnés par leurs concitoyens, ont toutes les raisons de trouver que notre modèle social est grandiose. Même si ils payent pas mal, de toute façon, ils en ont pour leur argent. Si tu vis à Paris centre comme la dame que j’ai rencontré hier dans la rue, cadre moyen sup, 35 heures, 2 enfants, divorcée, allocation parent isolée, deux revenus avec son mec, HLM bibliothèque de France, enfants dans un des meilleurs lycée de France, la pitié salpêtrière à deux pas pour les urgence (un des meilleurs hôpitaux d’Europe sinon du monde), la RATP et les prestations culturelles subventionnées par la province, et des impôts locaux à faire rêver, tu vis quasi dans le paradis d’un socialisme réel.

Entrent évidemment dans cette catégorie les journalistes statutaires des grands titres dont les fins de mois sont assurées par des régimes fiscaux dérogatoires et l’emploi par les subventions massives de l’Etat à une presse qui a du mal à se vendre.

Ces deux catégories sont les principales bénéficiaires du modèle social français. Diplômés, donc travaillant tard en étudiant au frais de la collectivité (pendant que l’ouvrier cotise), ils sont bien payés et biens couverts. Profitent au maximum des services publics pour eux et leurs enfants. Ils prennent de bonnes retraites dont ils bénéficient longtemps grâce à des espérances de vie supérieures (entre un cadre A de la fonction publique, recordman toutes catégories en espérance de vie et un OS, il y a 11 ans de différence. Cela leur permet d’arriver aux grands âges ou ils sont remarquablement soignés grâce à la solidarité nationale, causant l’essentiel du déficit de la branche santé.

Quand on leur en parle, ils consolent leurs petites âmes de gauche meurtries en parlant de « pas de nivellement par le bas » et en se disant que Madame Bettencourt gagne quand même beaucoup plus qu’eux…..

B) Les bénéficiaires nets du bas de l’échelle.

3 les « pauvres » Par exemple les bénéficiaires de l’aide sociale. (Dans le décile inférieur de revenu, plus de la moitié du revenu réel total est composé de transferts monétaires et non monétaires, c'est à dire que quand on parle de gens à 800 € par mois, ils sont en réalité plus proches de 1,5 à 2 fois plus). C’est en oubliant cela que Thomas Picketty parvient à démontrer que les pauvres payent plus d’impôts en pourcentage que les riches. C’est aussi en oubliant que c’est une population très mouvante. Les fameuses citées par exemple. C’est l’endroit dont on sort le plus. Pour l’essentiel, les générations de nouveaux arrivant s’y succèdent. Au bout d’une génération et dès qu’ils le peuvent, les anciens s’en vont. L’habitant type d’une « cité » est un pauvre, nouvel arrivant, dans le cadre du regroupement familial, susceptible de toutes les aides, et notamment de la première d’entre elles, le logement social.

4 Ceux qui s’en occupent : Notamment les 1, 8 millions de salariés du secteur associatif sanitaire et social. Les intermittents du spectacle. Les instit et prof débutant relégués dans les cités à problèmes, les fonctionnaires relégués aux guichets ( dans l’administration, être en contact avec les publics est souvent considéré comme une sorte de punition) etc…Ont peu sans doute leur adjoindre Les 20% d’ouvriers du secteur public qui sont en pratique sur le plan matériel assez bien protégés, mais qui souffrent du mépris de classe de leurs supérieurs hiérarchiques socialistes, dans des milieux très scolaires, ou le diplôme ou son absence est une stigmatisation pour la vie.

Avec cela on a une bonne corrélation avec les différentes gauches et une partie du centre

Les gauches : L’instit du 93 est trotskiste et déteste les patrons parce qu’aujourd’hui, les entreprises ne sont pas dans Paris mais en banlieue et que les bureaux de « luxe » sont sous ses yeux Celui des zones rurales est écolo et déteste les agriculteurs productivistes qui sont souvent les propriétaires de son logement si il n’y a pas de logement de fonction. Il préfère curieusement faucher des OGM que détruire des raffineries. Le cadre moyen d’âge mur de l’ex entreprise publique à statut de fonctionnaire vote FdG parce qu’il voit bien que son collègue socialiste cadre sup roule dans une voiture de fonction tout à fait incompatible avec un idéal d’égalité sociale. Son camarade de cellule chauffeur de bus parisien cégétiste bon teint aussi. Il voit mal ses 120 jours de congé par an. Il ne voit qui trop bien que la RATP embauche plus volontiers des responsables du développement écologique durable au niveau cadre que de nouveaux chauffeurs.

Le pauvre, quand il vote, vote souvent pour la couleur politique de l’élu local qui lui a attribué son HLM et pour le candidat au second tour pour lequel il lui a dit de voter.

Ainsi, le sondage opinion way, nous dit que 93% des musulmans ont voté à gauche. C’est sans doute faux à tous égard. Nos compatriotes musulmans sont en tendance surreprésentés dans les couches les plus défavorisés de la société. Notamment dans la strate ouvriers, qui n’est pas la plus mal traitée, et service à la personne ou on trouve les jobs à la fois difficiles et mal payés. Ce sont des catégories qui votent très peu. Taux d’abstentions ouvriers en France, de l’ordre de 69% de mémoire. En très gros, on peut supposer que le facteur religieux n’est pas déterminant dans ce vote par rapport au facteur social mais bien la dépendance à la dépense publique.

L’autre catégorie qui vote à fond à gauche en effet, ce sont les femmes isolées avec charge d’enfant dont on sait qu’elles constituent une part déterminante dans les nouvelles pauvretés. En France, la nouvelle pauvreté est moins liée aux méfaits du capitalisme ultralibéral mondialisé qu’aux nouvelles libérations sociétales détricotant les solidarités familiales. De ce point de vue, il est assez savoureux de voir des chercheurs s’acharner à tenter de prouver que les partis libéraux conservateurs, qui en matière de mœurs sont en général plus conservateurs que libéraux dans le monde entier, sont directement à l’origine de cette destruction de la famille…On ne prête qu’aux riches…Et surtout à gauche.

Si on prend les françaises originaires de pays musulmans, répudiées avec enfants, sans doute un des publics les plus en difficulté, prises en charge par une demie douzaine d’administrations sociales, on doit frôler les 100% de vote « social » sans qu’il y ait un lien solide avec la pratique religieuse.

Terra nova, dans son papier sur les « nouvelles classe populaires » a défini ces femmes comme une nouvelle classe. Intégrer la femme de cadre sup plaqué par son mari avec 4 gosses et la femme de ménage Kabyle dans le même cas ? On sort pas mal de la conception marxiste de la classe sociale. Notamment quant aux perspectives de s’en sortir et aux possibilités de reproduction sociale. On est plus proche de la définition d’une clientèle.

On discerne assez bien ceux qui sont ultra gauche et ceux qui sont gauche tout court. Cela dépend de ce qu'ils touchent. En gros, le cadre A de la fonction publique est vaguement rose et trouve qu'il faudrait améliorer un peu le système à la marge. L'intermittent du spectacle et rouge sang de bœuf et trouve que la société est injuste.

Le centre ? Dans la catégorie 2, on trouve ceux pour lesquels cela ne va pas mal merci, et voudraient bien que l’on soit gentil avec tout le monde, les immigrés, les veuves chiliennes, les éoliennes et à la rigueur les petits blancs, mais à condition que cela ne lui coûte pas trop cher et qu’on ne touche pas à leur 35 heures. Ce sont eux qui oscillent entre la droite et la gauche. Il y a du public et du privé. C’est le Modem et le tiers « LiLi » du PS. Que leur vote soit un vote de classe est particulièrement flagrant. Le Modem a le triste privilège d’avoir l’électorat le moins populaire de France…

Les bobos  ? Au passage, on devine l’origine de la difficulté a donner un contenu à ce mot passe partout et oxymorial. Il recouvre en effet la diversité de toutes ces catégories, hors pauvres. Ils ont en commun de rêver de vivre ou de vivre comme des riches sans pour autant renoncer à être aidés et considérés comme pauvres. Ils sont divisés par des situations économiques qui leur font frôler la lutte de classe entre eux. Ils ont unis autour d’une conception de la dépense publique et d’un style de vie. Etre en pratique bourgeois sans que cela ne se voit.

C) Ceux qui payent beaucoup ou touchent peu

5 Ceux qui gagnent très peu, payent peu et reçoivent peu : les « victimes » de l’ascenseur social.

Ceux qui bossent dur et gagnent peu en payant trop et en ne recevant pas grand-chose. En gros le prolo périurbain qui a bossé toute sa vie pour sortir de l'aide sociale. Il finit par s’acheter un appart ou un pavillon en banlieue. Il comprend mal quand on lui dit que ses enfants débutant dans la vie doivent quitter leur quartier parce qu'ils ne sont pas prioritaires pour les HLM qui lui, l’avaient aidé à démarrer. Les bobos achetant tous sur le secteur privé, ils ne peuvent pas « viure al pais... ». Genre Montreuil par exemple. Un max d’impôts locaux parce qu’ils y a des migrants et donc un gros besoin d’aide sociale. Des couts de l’immobilier qui montent en flèche et interdisent à ses enfants de se loger. A la fin, il vend et va retrouver ses gosses en province. D’après le dernier recensement, l’ouvrier français vit désormais dans des villes moyennes parce qu’il a fui l’invasion combinée des bobos et des migrants.

6 Ceux qui touchent pas grand-chose, payent beaucoup et ne reçoivent à peu près rien : Car pour bien faire, il faudrait encore segmenter entre ceux que la gauche appelle élégamment les petit blancs quand elle croit que personne ne l’écoute, ceux qui sont borderline aide sociale, et les petits bourgeois, commerçants, ouvriers qualifiés, entrepreneurs individuels, artisans, etc... Qui ont la trouille de s’y retrouver à la faveur de la crise et en ont assez d’être perclus de taxes diverses. Ils se divisent entre UMP et FN au grès de la conjoncture économique.

Ces deux catégories sont proches. Elles sont déjà prêtes à aller à la confrontation frontale et brutale. Ils sont tellement exaspérés que leurs idées, c'est n'importe quoi du moment que ce n'est pas les même que celles des précédents. On devine pour qui ils votent majoritairement.

8 Ceux qui payent beaucoup  : D'autre part, ceux qui bossent beaucoup, gagnent bien, et surtout payent énormément. 1,5% des contribuables payent plus de 40% de l'IR. 10% en payent 65%. En très gros, on peut appeler cela la droite républicaine. Ils veulent bien payer, mais veulent savoir où va l'argent et si il sert bien le vrai social et pas les prébendes. On peut à gros trait les nommer droite républicaine.

C’est sans doute paradoxalement ici que le modèle est le plus caricatural. L’examen détaillé de l’électorat Sarkozy, montre qu’il est en réalité le seul à ne pas être un électorat de classe, ou en tout cas celui qui l’est le moins. La preuve définitive en est apportée par la seule catégorie qui vote vraiment massivement pour lui : les retraités. Il n’y a pas d’intérêt de classe commun entre un patron et un ouvrier retraité. Sauf à considérer qu’avoir sa pension au début et non au 8 du mois est constitutif d’un destin social commun.

Thomas PIcketty oppose le riche à 60 000 euro bruts par mois au pauvre à 1 700 Euro brut par mois et déplore que l’un paye globalement 40% d’impôt, l’autre 45%. C’est nécessairement qu’il oublie des impôts puisque le taux total est de 50% d’une part. D’autre part qu’il ne prend pas en compte les transferts non monétaires. Surtout, il oublie que dans ce scénario, il y en a un des deux qui paye 97% de leur masse fiscale commune, avant tout transfert.

Le modèle social français : A la fin, on est bien dans ce que décrivait Emmanuel Todd. Le modèle social français consiste en un couteux brassage d’argent au sein de la classe moyenne. Pour l’essentiel, une redistribution depuis le privé vers le public. Elle laisse quelques miettes aux pauvres, gérés de façon clientéliste par le second. La redistribution passant du reste pour une large part par un canal peut visible. Un euro redistribué aurait un cout de un euro. C’est le plus mauvais ratio de l’OCDE. Le cadre du privé subventionne moins son collègue du public par un transfert direct d’argent qu’en lui payant un salaire pour redistribuer l’euro restant.

Là où cela se voit le mieux, c’est avec les retraites de la fonction publique. Le déficit technique est de 20 milliards d’euro prévu pour 2015. Le total de l’aide social en France ferait 67 milliards d’euro. Mais dans un cas on a 2 millions d’ayant droits. Dans le second on a priori non seulement les 11 millions de pauvres à priori bénéficiaires potentiels, mais également les au moins 1, 8 millions de salariés associatifs du secteur sanitaire et social qui s’en occupent. Les retraites de la fonction publique : second poste de dérive des dépenses publiques après la dette quand même, et en progression constante. Notre effort social collectif porte 3 fois moins en volume sur les retraités de la fonction publique que sur les « pauvres », mais les publics sont 7 fois moins nombreux. C’est le résultat d’une sédimentation de textes et décisions sur plus de 50 ans. Après on peut dire, » c’est juste, c’est injuste, c’est par hasard, on ne va pas niveler par le bas », tous ce que l’on veut. Cela donne une bonne illustration des priorités implicites de notre système social.

On se souvient d’un temps par exemple, ou dans la rubrique politique de la ville, il y avait quelques miettes pour les pauvres. Les budgets de fonctionnement étaient utilisés à 100%, ceux d’interventions à 40%. On parvenait très bien à payer ceux qui s’occupaient des publics concernés, mais on ne savait pas très bien que faire de l’argent qui leur était destiné…

Le projet politique et social de la gauche socialiste est clair. Préserver autant que faire ce peut ce modèle.

Les priorités pour le nouveau gouvernement : Le constat général est simple. Il n’y a pas assez d’argent pour satisfaire tout le monde. Le déficit prévisionnel du budget est de 50% supérieur à ce que disait Hollande qui du reste avoue benoîtement qu’il le savait. L’augmentation de 1% maximum en volume de la dépense publique est à peu près entièrement consommée par avance par les salaires de la fonction du même nom. 1% en volume avec la baisse des effectifs Sarkozy.

Faire payer les riches : Bien sûr, on va faire « payer les riches ». L’exemple de la tranche à 75% serait suffisant. On escompte de 200 à 500 millions d’euro. Le bouclier fiscal, c’est 11 000 personnes dont 60% de modestes. On peut taper comme on veut, cela ne fait pas une élection. Mais la dette prévisionnelle des déficits des retraites publiques est de l’ordre de 1200 milliards….On sait déjà que tous cela, c’est « pour la galerie ». Le Canard enchaîné a publié les résultats d’une étude d’un magistrat de la Cour des comptes. Avec les réformes Hollande, Madame Bettencourt va voir le chèque que lui fait le fisc augmenter de 50%.....

Le patrimoine ? Tentant. Ce sont les plus fortes inégalités. En très gros, c’est de l’immobilier. A part quelques très très grosses fortunes qui rentrent dans les 11 000 ci-dessus.. Mais de toute façon, le patrimoine total des français, c’est 5 années de PIB. 10 fois les impôts, 5 fois la dette budgétaire un peu plus de 5 fois la dette des retraites de la fonction publique. Pour que sa fiscalité soit une solution, il faudra piquer sur 10 ou 20 ans de l’ordre de 3 cinquièmes de leur patrimoine aux français. Et encore, en laissant de coté, la part qui va à l’investissement dans les entreprises, sauf a couler le bateau. Une fiscalité excessive sur le patrimoine va très vite faire des dégâts collatéraux. Façon pêcheur de l’île de Ré. On aura la guerre civile avant dans un pays ou plus de 50% des gens sont propriétaires de leur logement, et notamment, et c’est une des évolutions sociologiques les plus marquantes des 30 dernières années, les catégories 1 et 2. Pas une solution de court moyen termes.

Madame Bettencourt, elle, pourra rejoindre en Suisse les actions Nestlé qu’elle a échangé en 81. …

Il va falloir taper sur certaines catégories, « moins riches ». Avec une richesse définie comme un revenu de 4000 euro par mois, il y a de quoi faire. Mais, politiquement il ne faut pas se tromper.

Comme toujours dans ce genre de cas, il faut taper sur les plus fragiles, les moins organisés, les moins revendicatifs et les moins fidèles en tenant compte des réalités de terrain. De plus en plus de dépenses sociales sont gérées par les collectivités dont les budgets explosent pendant que l’état est à la diète.

Il est donc urgent de faire passer le texte sur le vote des étrangers. Non pas pour des raisons d’intégration. Au bout de 5 ans, on est en général même pas encore sur que l’on fera sa vie dans le pays d’accueil. Mais parce qu’on a là une frange de clientèle ayant droit à l’aide sociale et qui n’est pas en mesure de renvoyer l’ascenseur par ses votes. Complètement dépendant, ce n’est pas quelque pourcent en plus et surtout en moins qui changeront grand-chose. D’après les calculs de l’INED, on parle de 1,5 millions d’électeurs potentiels ! De quoi « faire une élection ».Le PS a donc raison d’en faire un axe phare de ses réformes, même si les impétrants ne sont pas eux-mêmes demandeurs.

C’est d’autant plus urgent que comme toujours en cas de crise, c’est sur le budget des pauvres que l’on taillera en premier. Pas ceux de tout en bas, la catégorie 3, mais bien sur ceux qui sont limite le nez hors de l’eau. Les petits « blancs » de la catégorie 5 qui votent mal de toute façon et ont peu d’argent. Blancs entre guillemet, parce ce que la gauche ne sait pas, c’est que l’ascenseur social a joué aussi pour les migrants. Les générations précédentes ne sont plus aussi dépendantes. Les 6 qui votent très mal ont peut-être encore un peu de gras. Il est urgent de continuer à leur trouver un électorat de substitution.

Pas sûr que cela suffise.

Les 7 ? La gauche sait qui fait tourner la machine et elle y trouve aussi une partie de son électorat. Oui, ils paieront, et beaucoup. Ce ne sont pas de gros bataillons électoraux. Mais ils savent ne pas se laisser faire. On se souvient qu’en 83, la rigueur s’est faite sur le dos du pouvoir d’achat des fonctionnaires au moment où la gauche libéralisait le régime des stocks options. Et puis certains partent déjà.

Reste les autres catégories.

Les retraités. Oui ! Ils votent beaucoup mais mal. Difficile de distinguer les bons des mauvais. Mais c’est un tel facteur dans le déficit public qu’en tapant équitablement sur tout le monde, on devrait avoir en plus un élément de contrôle du déficit budgétaire. Et puis ils ne sont pas le genre à lancer des pavés. Bon pour les retraités ! Tous sera dans l’art de distinguer les très petites retraite des moyennes et grosses. Parmi les pistes annoncée, la suppression de la déduction de 10% de l’impôt sur le revenu qui « ne bénéficie qu’aux riches »…..

Les 2 Certes : et mécaniquement, le programme de Hollande les désigne comme les cibles privilégiées. Mais il faudra être prudent. Jospin a sauté non seulement parce que les pauvres ont payé les 35 heures par le chômage, mais aussi parce qu’il avait oublié que cette catégorie avait des enfants et que le plafonnement des déductions pour garde y a fait des ravage électoraux. Ce sont par construction des gens qui savent compter. D’un autre côté, ce ne sont pas les plus revendicatifs. Il suffit de ne pas les brusquer jusqu’aux législatives. Un ministre Modem potiche jusque-là voir après.

Au besoin, tous cela s’accompagnera de quelques mesures catégorielles. Par exemple pour les journalistes, utiles, auxquels on va restituer leurs avantages fiscaux pendant que le reste du pays se serrera la ceinture. Du classique.

Au moment ou je rédige cet article, vient à point nommé une confirmation de mes hypothèses. La France va mal, les pauvres sont pauvres et les riches ne se sentent pas très bien. Monsieur Hollande vient d'annoncer comme grande priorité, une de ses toutes premières mesures...... la remise sur le tapis des 600 millions d'euros accordés à la presse par Sarkozy, pour tenter de s'y faire enfin, et sans succés, de vrais amis. Elle sera "plus concentrée sur les titres qui apportent une "vraie information, un vrai service, aux citoyens". On ne doute pas qu'on oubliera pas la revendication phare en matière de justice sociale, dont une certaine Epouse Treiweiler est le porte parole officiel, redonner aux journalistes leur niches fiscales.

Les 4 ? Ce sont les plus organisés, les plus syndicalisés. Ceux qui descendent dans la rue dès que l’on veut toucher à quoi que ce soit les concernant. Ceux qui font la grève quand on veut supprimer un département fiscal qui gérait une taxe qui est supprimé et qui ont eu la peau de leur ministre pourtant de Gauche. Pas touche ! En très gros, la diminution des aides sociales à proprement parlé ne devra en aucun cas toucher aux émoluments de ceux qui l’administre. Moins d’argent pour les moyens pauvres, oui ! Pas pour ceux qui s’en occupent. La paix sociale est à ce prix. Cela doit être LA priorité absolue du gouvernement. Cette catégorie n’est séparée programatiquement du Fn que par la reconnaissance du ventre pour les ayants-droits qui les font vivre (les travailleurs étrangers dans une large mesure) et le fait qu’ils restent parfaitement à l’abri de la crise. Si ce second facteur devait changer, pas de doute qu’ils ne s’extrêmisent, voir qu’ils constatent ou sont les ouvriers, ou est le peuple. Le rapprochement entre ces deux front, le national et le socialiste a connu des précédent, et on n’est pas pressé d’y revenir.

Il en résulte donc :

- Il est urgent de donner le droit de vote aux bénéficiaires de l’aide sociale qui ne l’auraient pas encore

- Il faut taper sur les moyens du privé tous azimut en espérant que les réformes sociétales les calmeront pour la frange socialiste et centriste de gauche. Celles-ci revêtent donc aussi une urgence d’ordre fiscal, mais elles doivent être étalées dans le temps. Une à chaque hausse d’impôt. Ne pas être réalisées en vrac.

Surtout, il faut viser la catégorie 1 qui a du gras, qui sera prête à faire des sacrifices pour l’idéal commun et qui est d’ores et déjà prête à accepter pour les deux premières années, l’idée qu’elle paye le bilan désastreux de la précédente gestion. C’est fondamentalement le cœur de cible de la ponction supplémentaire qu’implique le changement maintenant tels que définit dans le programme Hollande.

Le seul problème qui reste : jusqu’à présent, on s’en était tiré en diminuant les frais de fonctionnement et d’investissement. Des fonctionnaires de plus en plus nombreux travaillaient dans des équipements de plus en plus ruinés avec de moins en moins de moyens. Il y a des limites, et elles sont sans doute atteintes. Désormais, c’est le pouvoir d’achat de la catégorie 1 qui est sur la sellette. Comme on peut difficilement le baisser, le principal outil de financement du « changement devrait donc être une gestion « diététique » de l’évolution de leurs salaires.

- Mais il faut à tous prix satisfaire d’une façon ou d’une autre, en argent ou en symbole le FdG et surtout, surtout, ne pas l’inquiéter pour son avenir.

Bref, le changement, ce sera le retour à 83 mais avec les possibilités d’endettement en moins. D’autant qu’à l’époque, l’Etat avait fait largement emprunté par les grandes entreprises publiques pour cacher sa dette. Beaucoup ont été privatisées.

Avec cela, on tient 2 ans ? Après ? Là on entre dans l’inconnu politique. Tout est possible et dépendra surtout de la conjoncture internationale. Si l’économie mondiale repart, ou Hollande a réussi à mettre le couteau sous la gorge à Merkel, alors il finira peut-être son quinquennat en parvenant à ne rien toucher et à ne rien réformer de structurel. Bref, à sauver le modèle social français dont ses troupes sont les principales bénéficiaires en réduisant, un peu, leur pouvoir d’achat.

Des préoccupations de court terme ? Une certaine indifférence à ce que sera l’état du pays ? Oui ! Mais que peut-on attendre d’autre d’un parti qui en dix ans est passé par exemple, sur un sujet de fond, qui est la propriété et le contrôle des moyens de production de « il faut tout nationaliser » au Nini, on ne fait rien on ne touche à rien, jusqu’à la privatisation des cols bleus cégétistes du secteur public industriel pour financer les fins de mois des cadre A statutaire et autres agents des collectivités locales surnuméraires ?

Dans deux ans, il y a le renouvellement des municipalités, des conseillers territoriaux et des députés européens. Elles nourrissent plus de militants que le gouvernement. Après, on verra….Il devrait y avoir le million et demi d’électeurs supplémentaires pour faire la différence. Mais attention ! A ce stade, leur financement risque d’empiéter sur celui des troupes FdG….Sauf si on leur a vendu un plafonnement des aides en échange d’un "soutien très ferme à la cause palestinienne" qui est de plus en plus LA priorité internationale au sein des gauches. Et pour cause....

A long terme ?

La suite est prévisible. Sarkozy aura tenté de faire bouger ce système vers un peu moins d’injustice et d’immobilisme en douceur et progressivement dans la paix sociale. Son échec sous le poids des corporatismes débouchera sur une droitisation des payeurs susceptible de faire regretter la droite décomplexée. La prochaine alternance risque fort d’avoir des allures de règlement de compte genre vraie lutte des classe. On n’en sera plus à des non remplacement d’un sur deux mais à des commissions de la hache comme dans les années trente. Comme les classes moyennes lettrées à statut largement fonctionnarisées veulent bien se laisser trainer dans des réformes mais pas bousculer dans leur identité et leurs revenus, alors, toutes les crises envisageables deviendront possibles.

On fera à la française, en deux ans, en pleine crise et à grands frais, ce qu’on aurait pu faire à l’allemande en 10 ans calmement et à effort modéré.

Il y a une autre hypothèse : que Hollande et surtout ses équipes, soient aussi hypocrites et menteur que Blair ou Schröder.

Ses équipes parce qu’il n’est pas encore très évident qu’il soit capable d’imposer quoi que ce soit à son parti. Ses déclarations sur une présidence modeste qui ne décidera de rien ne sont pas rassurantes de ce point de vue.

Cependant, il est encore trop tôt pour exclure totalement cette variante optimiste.



39 réactions


  • eric 19 mai 2012 09:28

    Ou quelques semaines... ( je plaisante bien sur...)


  • Romain Desbois 19 mai 2012 10:39

    Je suis contre le fait de taxer la façon dont on utilise ses revenus (TVA, ISF, Impôts fonciers etc...)

    Je suis :

    - pour un impôt unique sur le revenu progressif , intégrant toutes les sources de revenus (héritage, plus values, dividendes etc...), intégrant les prélèvements sociaux rendus progressifs (la part patronale étant calculées non plus sur les salaires mais sur les bénéfices de l’entreprise)

    - Pour un salaire maximum indexé sur le SMIC

    - pour l’interdiction de toute subvention publique aux associations avec en contrepartie la déduction fiscale à 100% des dons des particuliers

    - pour une refonte du système de retraite , basée sur un compte d’heures travaillées et non plus sur la validation de trimestres.


  • eric 19 mai 2012 12:28

    de bonnes et de mauvaises idées de mon point de vue. Notamment je ne voit pas bine le sens de subventionner les entreprises qui sont mauvaises. MAis une fois cela fait, restera l’autre moitité qui est qu’est ce qu’on fait avec l’argent. Même si i est ponctionné de façon raisonnable et juste, si i continue à être redistribué prioritairement à des clientèles électorales et non à ceux qui en ont besoin, on aura pas beaucoup porgressé.


    • Romain Desbois 19 mai 2012 19:07

      Eric

      Pour les subventions je ne parlais que des associations mais je suis aussi d’accord pour les entreprises. Je pense comme vous que cela éviterait tout clientélisme et au moins ce sont les contribuables qui décideraient qui ils veulent soutenir financièrement.

      A lire absolument : l’oligarchie des incapables de Coignard et Cubert.


  • leypanou 19 mai 2012 15:41

    @auteur :

    On peut reprendre point par point les arguments d’un sarkozyste patenté mais ce serait trop long.
    Je reprends seulement 2 points :

    Vous continuez à parler de déficit technique de la retraite des fonctionnaires de 20 milliards d’euro prévu pour 2015, qui est une aberration car il n’y a pas de caisse de retraite de fonctionnaires. Lisez par exemple le livre de P Gobry intitulé « La grande duperie - La vérité sur vos retraites » dont je ne partage pourtant pas le point de vue.

    L’autre erreur manifeste : reprocher aux socialistes qui vont beaucoup augmenter les impôts. Si la France n’a pas fait de baisse massive d’impôts sur le revenu et sur les sociétés, ainsi que les multiples exonérations de charges et de cotisations sociales soi-disants pour lutter contre le chômage (tous gouvernement compris, dont ceux de gauche, en particulier celui de L Fabius, dont on a vu aussi l’efficacité autre parenthèses), le budget de la France ne serait pas en déficit.

    Le coût cumulé de baisse d’impôts sur le revenu a été évalué à plus de 108 milliards d’euro entre 2000 et 2010, le taux d’imposition de la tranche la plus élevée est par exemple passé de 65% en 1984 à 40% en 2007. Il y a eu aussi une baisse massive du taux d’impôts sur les sociétés de la fin des années 90 à 2010, la moyenne de l’Europe des 15 passant de moins de 36% à moins de 28%.

    Le prétendu déficit des comptes publics n’est qu’un prétexte pour pouvoir privatiser les services publics (santé, éducation, etc, etc) et monter les fonds de pension pour les retraites, tout cela dans l’idéologie néolibérale, le reste n’est que balivernes. Le déficit a été créé exprès.

    Quant aux retraités qui ont voté en majorité pour N Sarkozy, si on leur a bien expliqué qu’on ponctionne 800 millions avec les franchises médicales avec les malades dont les retraités font parti en majorité, sous couvert de lutter contre la maladie d’Alzeheimer, ils auraient peut-être changé d’avis en majorité. Mais cela est une autre histoire car il y a des gens qui votent contre leurs intérêts, les cerveaux étant bien lavés par les médias mainstreams.


    • eric 19 mai 2012 17:00

      Écoutez, il y a plusieurs rapports de la Cour des Comptes sur la question des retraites publiques. Sans entrer dans le détail, il est clair que les retraites servies sont financées par les impôts et que la différence entre cotisation et versements constitue le second chapitre de dérive des finances publiques après le remboursement de la dette.
      Dans la mesure ou les prélèvements obligatoires ont globalement crut en pourcentage d’un PIB croissant, il est non moins claire que le problème est du côté dépenses plus que du côté recettes. Sans les réductions massives d’IR décidées par Jospin et Fabius ( épisode de la cagnotte fiscale) sans la niche 35h ( 22 milliards d’euro de mémoire évalué dans le dernier rapport du Sénat), il est vrai qu’on aurait un tiers de ces milliards dont vous parlez en recettes. Un autre tiers viendrait des transferts de ressource aux collectivités locales, qui peuvent s’interpréter comme un appauvrissement de l’état, mais pas comme une baisse de la dépense publique.
      Le dernier tiers, c’est déficit structurel plus msures Sarkozy anti crise. Je vous rapelle que la gauche a trouvé les mesures insuffisantes....

      En revanche votre dernière phrase est une éclatante confirmation de ma thèse, il y a sans doute des gens qui votent moins en fonction de leurs intérêts que de l’intérêt collectif tel qu’il le perçoivent. je pense que c’est le cas de beaucoup de retraités. je pense que c’est une caractéristique de l’UMP, je pense que c’est en cela qu’elle diffère des partis de gauche.


    • Romain Desbois 19 mai 2012 19:00

      Il me semble que la retraite des fonctionnaires est par capitalisation, ce n’est pas comme le privé où ce sont les cotisations des actifs qui financent les retraites actuelles.

      Si il y bien quelque chose sur laquelle on peut anticiper c’est bien la retraite. On sait peu ou prou quand et combien il y aura de retraités dans 60 ans.

      La future retraite des fonctionnaires n’a pas été thésaurisée par l’état quand au privé moins il ya de cotisants plus il y a de trous dans les caisses. si on rajoute en plus le blocage des salaires....

      Une chose qui serait bon de faire , c’est un audit de la CNAV. Combien gagne sa présidente ? Pourquoi la cnav finance presque une centaine de milliers de femmes de ménage pour les retraités (alors que c’est du ressort de la sécu, les cotisations retraite ne devant que financer les retraites) ? Pourquoi la cnav fait de la pub et sponsorise toutes sortes d’évènements ?

      Je crois que c’est le rapport Pébereau qui démontre que pour faire des économies, l’état devrait faire partir plus tôt les fonctionnaires en retraite (sans les remplacer bien sur). L’état ferait l’économie de toutes les primes inhérentes à leurs fonctions. Un fonctionnaire en retraite coûte moins cher qu’un fonctionne au travail.

      Pour finir je fais mienne la phrase d’Attali au sujet de la réforme Fillon : « reculer l’âge de départ en retraite, c’est faire payer aux pauvres la retraite des riches »


  • alain_àààé 19 mai 2012 15:49

    il y longtemps que je n avais pas lu un article si détaillé bravo.je ne peux que m y associé car c est vrai que sous mitterrand et mauroy et fabius les traitements des fonctionnaires a été bloqué plusieurs années soit disant pour crée des emplois mais vous oublié que CHEVENEMENT A demandé une augmentation de 10 pour cent pour les parlementaires et que FABIUS a augmenté le nombre de députés de 100 députés


  • vachefolle vachefolle 19 mai 2012 17:30

    En tout cas ca change des articles habituels des FG et autres.
    Bravo, après sur le fond je pense que Hollande navigue a vue, et que Merkel va le forcer a réduire les dépenses. Ca sera après les législatives bien sur, mais il n’y aura pas le choix.

    Entre les crises Grecque, espagnole et italienne, les licenciements qui arrivent, la récession européenne globale, Hollande ne peut pas tenir 2 ans. Dés septembre il va devoir expliquer que la situation est plus mauvaise que prévue....

    En fait c’est comme un roseau, plus il essaye de tenir longtemps, plus le retour sera violent.


  • eric 19 mai 2012 18:59

    Vachefolle, je crois personnellement le contraire, a court terme il va réduire les dépenses parce qu’il n’a pas le choix, mais Merkel qui elle a de l’argent et des élections bientôt, va peut être mettre un peu au pot. Elle l lui vendra comme une grande concession politique de sa part, exigeant en retour d’autres trucs qui diminueront un peu plus notre influence en Europe.


    • Romain Desbois 19 mai 2012 19:18

      Je crois que l’on peut réconcilier tout le monde ou presque.

      Oui il faut réduire les dépenses , le tout est de savoir lesquelles . Et si on commençait par le superflu, plus de cigare de ministre, de gros navion, de piscine au ministère de la défense, de contrat public/privé qui coûte à terme le double (stade de France, futur « Pentagone » français), de Palace à Cannes financés par le ministère de la culture, ,etc...

      Et puis arrêter les usines à gaz comme subventionner les 35heures et subventionner les heures supp., interdire le territoire français et interdire d’en sortir, payer le chômage partiel chez Renault et autoriser la délocalisation de la clio (après en plus avoir versé des milliards pour la conversion de l’usine à la voiture électrique), etc...

      Une gestion à la nordique s’impose d’abord avant d’exiger des coupes dans le fondamental.


  • Romain Desbois 19 mai 2012 19:28

    selon le journal 20 minutes du 20 octobre 2011 , une étude du Crédit Suisse affirmerait que « la France compte 2, 6 millions de millionnaires en dollar, soit plus que tous les autres pays d’Europe »


  • bonnes idées 19 mai 2012 20:16

    Pas question pour moi de payer une dette qui n’est pas la mienne. Je suis artisan seul et je ne gagne que 1500 € par mois quand ça va bien. Actuellement j’ai très peu de retour de devis puisque les banques prêtent peu (bande d’enfoirés).
    Quand je suis en retard de paiement de RSI je prends direct 10 % en plus. Alors je vais faire une liquidation judiciaire avant l’explosion des impôts et je me débrouillerai après. Pas question de lâcher un euro de plus pour des erreurs de gestion qui ne sont pas les miennes. Que chacun se tire les doigts pour gagner sa croute et basta.


    • eric 19 mai 2012 21:53

      Bonnes idées, j’ai eu mieux, quand j’avais une boite en France, les urssaf se sont plantées et nous ont collé un trop perçu et une amende. On leur a prouvé leur erreur et ils nous ont remboursé le trop perçu, mais pas l’amende parce que « elles ne sont jamais remboursables » et je ne parle pas du temps perdu dans une boite de 3 personnes, dont une a mi temps rie que pour s’occuper de ces bêtise. c’est une des raisons qui m’ont fait partir en Russie. Les fonctionnaires sont encore plus nuls,mais au moins ils sont corruptibles et on peu bosser....


    • foufouille foufouille 19 mai 2012 22:10

      si c’est une erreur tu vas au tribunal
      tu as pas a payer une connerir de ploutocrate
      faut s’adresser a dieu, pas aux sous fifres


    • Romain Desbois 19 mai 2012 22:17

      Eric

      Que pensez vous de ma proposition de ne plus prélever les cotisations patronales sur les salaires mais sur les bénéfices ? L’intérêt est de ne pas pénaliser les entreprises qui ont besoin de main d’oeuvre par rapport à celles qui peuvent dégager de gros bénéfices sans y avoir recours. De plus cela ferait cesser la sempiternelle bataille du coup du travail dû aux charges ;


    • eric 19 mai 2012 22:27

      Déjà répondu, c’est une subvention des boîtes qui marchent à celles qui sont inefficaces. Plus d’effets pervers macro que d’avantages. A la limite c’est une généralisation de ce qui sepasse actuellement, tous le privé paye pour l’administration. En effet elle ne fait pas de bénéfices du tout et a un personnel pléthorique....


    • Romain Desbois 19 mai 2012 23:08

      Les charges patronales ne financent pas la fonction publique !


    • Romain Desbois 19 mai 2012 23:31

      « c’est une subvention des boîtes qui marchent à celles qui sont inefficaces. »

      non puisque toutes les entreprises seraient soumises à cette règle, une entreprise qui ne marche pas fait faillite, si elle a juste de quoi dégager des salaires , au moins elle fait vivre des gens.

      Alors qu’aujourd’hui le chômage, la retraite, la sécu sont essentiellement financées par les salariés et les entreprises qui ont des salariés, pénalisant celles qui ont besoin de beaucoup de main d’oeuvre.

      Or les autres entreprises profitent aussi de notre système social en cas de coup dur.


    • foufouille foufouille 20 mai 2012 10:15

      une entreprise peut aussi embaucher des gens qui font ....... rien dans ce cas
      comme le boulot pres de la fenetre, au japon


    • JC (Exether) 20 mai 2012 14:09

      Que les indépendants aient moins de retour sur impôt c’est assez connu.
      En revanche, je suppose que vous êtes allé à l’école publique ainsi que vos enfants peut-être, vous êtes protégé par l’armée et la police, roulez sur des routes financées par les impôts. Ces services que l’état vous rend sont financés en partie malheureusement par la dette, qui est donc un peu la votre aussi.


  • eric 19 mai 2012 21:48

    A Romain Desbois,Ca, c’est du genre Picketty et autre pseudo économist. Manque de bol, un million de dollar c’est pas 800 000 euro, comme l’immobilier à doublé en 10 ans sous les coups réunis de la démographie, du crédit pas cher, et quoi qu’ils en disent, de l’enrichissmeent, cela veut dire que tous les gens qui avaient de l’immobilier pour 400 000 euro il y 10 ans sont devenus millionaires...virtuels ! http://www.immobilier.com/page-prix-au-m2 ru es propriétaire de l’appart moyen a Paris, tu es millionnaire...Pendant ce temps, les prix on baissé, a Bruxelles ou Berlin.
    Un peu d’impôt sur la fortune, le patrimoine, l’immobilier et les revenus, et tu vas voir la t^te de la bulle immobilière et du nombre de millionnaires...On peut même se emander si ce n’est pas un de sut poursuivis par la classe moyenne socialiste à statut qui avec sa sécurité de l’emploi pourra se porter acquéreuse.


    • foufouille foufouille 19 mai 2012 22:11

      la faute aux bankster qui pretent de l’argent fictif


    • Romain Desbois 19 mai 2012 22:13

      Je suis d’accord avec votre analyse. Je suis plutôt de gauche mais je suis contre la fiscalité sur la façon dont on utilise ses revenus. Je n’ai pas d’apriori dogmatique sur la façon dont on gagne sa vie légalement, c’est pour cela que je suis pour taxer de la même façon et dans un même impôt toutes les sources de revenus.

      L’ISF est une absurdité puisque l’on taxe sur la valeur présente du patrimoine , donc sur une valeur hypothétique tant que le bien n’est pas vendu. ¨Par contre je considère l’héritage comme un revenu qui doit être intégrer à l’IRPP (ainsi pour un même bien hérité le riche et le pauvre ne sera pas taxé également du fait de la progressivité de l’impôt)

      Je sais que nous sommes très éloignés idéologiquement mas en matière fiscale, il suffit de faire les mêmes règles pour tous pour rester neutre.


    • eric 19 mai 2012 22:36

      Foufouille, toujours pareil, si cela était le cas, les prix auraient du monter à Berlin et a Bruxelles...
      Vous devriez essayer de vous nettoyer la tête des slogans alterécolobiofdg. Regardez ce qui se passe autour de vous.


    • lulupipistrelle 19 mai 2012 22:51

      Et l’immobilier à Munich ?

      Peut-être tout simplement qu’en Allemagne et en Belgique, la spéculation touche moins les capitales politiques.


    • foufouille foufouille 20 mai 2012 18:18

      @eric
      c’est le cas de l’immobilier en france
      et oui le pognon est fictif a 95%
      lorsque tu rembourses l’argent est detruit
      suffit de chercher « ratio prudentiel »
      la banque de france en parle aussi


    • eric 20 mai 2012 18:51

      je ne comprends pas


  • eric 19 mai 2012 22:34

    Taxer le capital transmissible me parait être une aberration paradoxalement à la fois ultralibérale et complètement idéologique de gauche, c’est vouloir casser un lien social entre générations, pousser à consommer plutôt qu’a transmettre. C’est un fric qui a déjà été taxé trois fois. Lors des revenus, lors de l’acquisition et pendant la détention. la vérité de ces impôts, c’est au’ils ne rapportent presque rien a l’état en masse, sont très difficile et cher a recouvrer et mettent dans de grandes difficultés financières et émotionnelles les gens qu’il touche. L’etat touche au total peanut, ettoi tu te saigne pour garder la maison de tes parents ou tu es obligé de la vendre. C’est un des plus stupide et des plus idéologique des impôts. Il est par ailleurs gravement injuste en terme de reproduction sociale. Le patrimoine hérité en fric, c’est en moyenne quelques années de revenu. le capital culturel, c’est tout ta vie de revenu ; c’est une idée de prof qui trouve normal que 50% des polytechniciens soient leurs enfants, ceux appelés aux plus hauts revenus toutes leur vie, mais anormal que le type qui a bossé pour loger ses gosses puisse le faire. Ce sont des égoïsmes assez peu reluisants...


    • lulupipistrelle 19 mai 2012 22:55

      C’est surtout pousser à acheter hors France... parce que l’héritage se fait selon la loi du pays...

      Mais surtout : rendre impossible ( ou presque) la transmission du patrimoine, c’est nous ramener 250 ans en arrière, au temps de la main morte...au temps du servage.


    • Romain Desbois 19 mai 2012 23:22

      L’héritage ne se fait que par filiation et quand bien même, je raisonne foyer fiscal. Un héritier hérite d’un bien qu’il n’a pas acquit, ce sont donc des revenus. Avec mon système un pauvre qui hérité serait moins taxé qu’un riche (du fait de l’intégration de la valeur du bien dans l’IRPP progressif).

      C’est déjà mieux qu’actuellement non.

      Mais si on suit votre raisonnement , alors l ne faut pas imposer le salaire de l’employé de maison puisque l’employeur le paye avec ses revenus déjà imposés.


    • lulupipistrelle 20 mai 2012 18:46

      Romain Desbois vient de pointer une autre bévue... Si on ne peut plus transmettre son patrimoine en France, on achète à l’étranger, et là en plus on s’affranchit complètement des conditions de filiation et d’égalité entre les enfants... elle est pas belle la vie ?


    • eric 20 mai 2012 18:54

      Je le redis, ces impôts sont absurdes, rapportent peu à l’état, causent de graves problèmes aux gens, et d’autant plus qu’ils sont moyens pauvres ( cela se voit des enfants qui s’en sortent moins bien que leurs parents). Il s’analyse comme une préférence pour la consommation utlralibérale caricaturale et une haine de la propriété privée socialiste non moins débile.


  • eric 20 mai 2012 13:17

    Votre manière de cliver et de stigmatiser ne m’étonne pas du tout venant d’un homme de gauche, en ravanche je suis plus supris de votre incapacité a voir le réel.
    2 exemple, un macro, un micro
    L’impôt sur les société c’est 17% des recettes de l’État. Il est clair que Paris et deux ou trois autres grandes villes collectent une bonne part des sièges sociaux, CAC 40, donc de l’IS, et ce même si les usines sont dans des trous perdus. Il n’y a pas une raffinerie dans Paris intra muros, mais l’IS de Total, il est comptabilisé a Nanterre.
    Quand j’étais en France, les foulards Hermes étaient roulottés chez des bonnes sœurs, et un cuirirste de mon village leur fournissait des articles. Il est clair que la plus value, la tva, les impôts, payés notamment par les riches touristes japonais, ils ne tombaient pas chez nous.

    Vous comprenez maintenant ? Une petite moitié de français ne paye pas un IR progressif, mais ils payent tous des impôts locaux qui ne le sont pas. Les plus faibles sont entre autre à Paris.
    Parmi les gens qui payent l’IR, il y en a pas mal pour lesquels les impôts locaux sont plus élevés.
    Des Parisiens, qui ont accès au meilleurs marché de l’emploi, aux meilleurs salaires et aux meilleurs services publiques, vivent a certains égard dans un paradis fiscal en matière de fiscalité locale, qui est celle qui augmente le plus.
    Cela me parait assez facile à comprendre et difficile a contester.


  • eric 20 mai 2012 15:17

    JC Exceter, comme les gens de gauche, vous décentrez la question. Pour en rester à l’école, nos classement internationaux sont plutôt mauvais, avec une dépense souvent équivalente et des impôts plus élevés que tus les autres. La question n’est pas un service public ou pas de service public, mais bine son rapport qualité prix et le rapport bénéficiaires payeurs au regard de critères d’égalité. C’est sous cet angle que nous avons un système injuste et couteux au bénéfice de gens qui ne sont pas dans l’ensemble, ceux qui en on le plus besoins.
    En tendance, les gauches politiques en France représentent les profiteurs de ce système qui ne veulent pas partager, en particulier avec les plus pauvres.


  • Nemrod Nemrod 16 décembre 2012 16:17

    eric. Vous avez écrit après vingt ans passés en Russie, « Les fonctionnaires sont encore plus nuls, mais au moins ils sont corruptibles et on peu bosser.... » (contrairement à la France, si j’ai bien compris). Voilà qui est édifiant sur votre conception du travail. Vous êtes modérateur (mais pas trop tout de même, 50/50). Qui vous modère, vous ?


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