vendredi 26 octobre 2012 - par rosemar

« Ballade » au Moyen Age...

La fuite du temps, la mort sont des thèmes de pédilection pour tous les poètes, mais surtout pour les poètes du Moyen Age : il faut imaginer combien l'idée de mort était présente dans l'esprit des gens de cette époque ; nombre d'enfants mouraient en bas âge, la population atteignait difficilement l'âge de 50 ans. En ces temps lointains la mort faisait partie du quotidien de la pupart des êtres humains...

Dès lors, de nombreux auteurs du Moyen Age sont amenés inéluctablement à évoquer ce sujet.

Ainsi Villon, poète maudit, le plus célèbre des poètes de la fin du Moyen Age, nous a légué une oeuvre variée où il laisse transparaître sa hantise de la mort : des ballades, un long poème le testament, des épîtres en vers.

Un des poèmes les plus célèbres de Villon est, sans doute, La ballade des dames du temps jadis, poème bien connu car il a été aussi mis en musique par Georges Brassens. Petit poème de forme régulière, la ballade est composée de trois couplets ou plus, avec un refrain et un envoi commençant souvent par le mot prince (ce peut être parfois une dédicace à Dieu, au roi, à une dame...). 

Dans cette ballade composée d'une succession de questions, Villon évoque bien ce thème lyrique par excellence : celui de la fuite inexorable du temps. Pour illustrer le poème, Villon passe en revue toutes les beautés du temps passé, disparues sous la forme d'une image : "les neiges d'antan", symboles de beauté, de jeunesse.

Avec une certaine dérision, Villon parle de la mort en des termes imagés : il imagine un "pays" où se trouveraient ces beautés disparues. Pour souligner son propos, le poète énumère des beautés d'exception, des figures de l'antiquité grecque, romaine ou égyptienne, une figure de la mythologie, la nymphe Echo, des images historiques : la belle Héloise aimée par Abélard, puis Berthe au grand pied, la mère de Charlemagne et une héroine contemporaine de Villon : Jeanne la bonne Lorraine. Villon alterne femmes idéales et femmes fatales ou dangereuses, les associant parfois dans une même évocation. Ainsi, pour la reine Blanche, on a à la fois une comparaison élogieuse " comme un lys" et une métaphore à connotation péjorative avec l'expression "qui chantait à voix de sirène", les sirènes représentant dans l'antiquité les dangers de la mer. Enfin, bon nombre de ces femmes ont connu un destin tragique. On peut dire que bonnes ou mauvaises, ce sont des femmes célèbres pour leur beauté, pour leur amour.

Le texte scandé par le refrain "Mais où sont les neiges d'antan ?" sous sa forme de ballade fait songer à une chanson mélancolique...

Que de beautés dans ces simples vers qui traduisent bien le caractère éphémère de la vie humaine ! Que de désarroi devant tous ces noms illustres qui défilent !

Villon, à travers tous ces exemples littéraires ou historiques illustre bien le thème de la briéveté de la vie, la fragilité de la beauté féminine... Ce faisant, il célèbre aussi cette beauté, le poème étant un hommage à la femme, à ses attraits pleins de charmes et de dangers aussi.

L'harmonie de ce poème vient des répétitions, du refrain insistant : le défilé de noms propres évoque tout un passé lointain ou plus proche et le lecteur est ému par toutes ces beautés disparues et fragiles. Les neiges d'antan s'en sont allées, vouées au déclin, à la mort. Les neiges d'antan si illustres ont disparu...

La grâce fragile, menacée est un des thèmes de prédilection des poètes lyriques : Ronsard au 16 ème siècle reprend cette idée dans de nombreux sonnets où il laisse libre cours à son épicurisme : puisque la vie est éphémère, profitons de l'instant présent....

C'est aussi le message que nous délivre François Villon dans cette ballade pleine d'émotion et de sensibilité...

 



35 réactions


  • Jason Jason 26 octobre 2012 14:55

    Merci pour cette belle évocation en ces jours de grisaille.


    • rosemar rosemar 26 octobre 2012 15:15

      Merci Jason :la poésie adoucit les moeurs ,même si Villon était un mauvais garçon ?sa poésie nous émeut encore et nous fait rêver !!


  • noodles 26 octobre 2012 14:59

    Bonjour rosemar

    Dans ce poème Villon fait le tour des « people » de son époque et de certaines moeurs barbares.(castrations, exécutions sommaires et ce n’était pas Marseille au 21e siècle ! smiley) Parlait-il toujours de gens qu’il voyait ou fréquentait ? Nous, nous avons une certaine proximité des gens célèbres actuels. A ce moment de l’histoire il n’y avait ni télé ni ciné, Voici ou Gala n’existaient pas ! Et il n’y avait même pas Marilyn !
    Il aurait pu mener une vie tranquille de prof de fac’. au lieu de cela, Villon a-t-il été l’homme de « mauvaise vie » que l’on dit ? 
    Sa vie s’est-elle arrêtée au gibet de Montfaucon dont il fait parler les pendus... ?
    « Frères humains qui après-nous vivez... » Pathétique, vous ne trouvez-pas ? 
    Aujourd’hui un délinquant qui veut échapper au châtiment s’exile en Bolivie, au Brésil...
    Et lui, Villon dont on a perdu toute trace, où a -t-il disparu ? 

    Bonne conduite civile et littérature ou poésie ne font pas toujours bon ménage, d’autant que quelquefois les poètes sont poursuivis comme des délinquants dans le cadre des régimes totalitaires.
    J’ai toujours pensé qu’un Jean Genet écrivain n’aurait pas existé sans le Jean Genet délinquant. 
    Même proches de notre époque il y a, tout autant qu’à la fin du moyen âge des vérités biographiques à établir.
    Merci et bonne après-midi
    noodles  

    • rosemar rosemar 26 octobre 2012 15:13

      Bonjour noodles 


      Villon toute une légende ,en fait :on a du mal à cerner sa vie :un poète maudit comme beaucoup d’écrivains de génie ,était-il un criminel ,un bandit ?Difficile à dire...je le vois plutôt comme un marginal ...Il m’est difficile d’imaginer ce poète à l’oeuvre si sensible comme un voyou...
      La ballade des pendus ...une oeuvre pleine d’émotions à relire aussi....

      MERCI pour ce commentaire et belle journée à tous...

    • Fergus Fergus 26 octobre 2012 17:47

      @ Rosemar.

      Beaucoup de poésie et de sensibilité également dans l’oeuvre de ce meurtrier nommé... Caravage dont les tableaux sont loin d’être tous consacrés à des scènes d’horreur (comme la décapitation d’Holopherne très prisée du temps) ou empreints de ce qu’on appelé le « ténébrisme ».


    • rosemar rosemar 26 octobre 2012 18:53

      Bonsoir Fergus 


      oui encore un artiste qui n’était pas un saint...Caravage à la peinture étonnante de réalisme...les artistes,les écrivains sont parfois des êtres marginaux à la vie cahotique....
      Le génie est souvent teinté de couleurs sombres ....

  • cathy30 cathy30 26 octobre 2012 15:23

    bonjour Rosemar
    votre texte semble prétendre que que tout le moyen âge ressemble à un grand cimetière. Villon qui d’ailleurs était un criminel, avait peur de la mort et pour cause.
    Il a vécu à la fin du moyen âge, toute l’Europe a été ruinée par les banques vénitiennes, c’est la guerre des chefs, Il y eu des bouleversements climatiques, des grandes épidémies, les monarques vont envoyer des émissaires vers le nouveau monde pour faire fortune.
    Le moyen âge a duré un peu moins de 1000 ans et il y a eu des moments de grandes prospérités avant la fin de cette période.
    En fait Villon a vécu à une période très semblable à la notre.


    • rosemar rosemar 26 octobre 2012 15:34

      Bonjour cathy 


      je ne dis pas que le moyen age est un grand cimetière mais les gens côtoyaient la mort car la mortalité infantile était élevée ,car les gens mouraient plus jeunes... Villon lui même est né en 1431 à Paris, disparu en 1463, faites le compte ...
      Il est vrai qu’on ne sait pas exactement la date de sa mort mais il n’a pas dû vivre très longtemps...
      Aujourd’hui ,l’espérance de vie s’est accrue....est ce toujours un avantage ??Cela dépend des cas...

    • rosemar rosemar 26 octobre 2012 16:48

      Bonjour Waldganger 


      d’autres articles vont suivre :sur le Moyen Age rien n’est prévu pour l’instant mais je vais y réfléchir ...à venir :un article sur Montaigne ,Victor Hugo ,encore peut être sur l’Odyssée....

      A SUIVRE donc 

      Merci pour ce commentaire...

  • alberto alberto 26 octobre 2012 16:10

    Rosemar

    Sympa de nous offrir un peu de poésie dans ce monde matérialiste !

    Les gens du Moyen Age avaient-ils plus que nous peur de la mort ?

    Le poids de l’Église sur les consciences devait leur faire plus l’Enfer que la mort...

    Bien à toi 


    • rosemar rosemar 26 octobre 2012 16:55

      Bonjour alberto 


      la poésie et la chanson nous offrent bien des bonheurs...
      Le poids de l’église était primordial ainsi que les épidémies en tous genres :peste ,choléra...

      Belle journée

  • Richard Schneider Richard Schneider 26 octobre 2012 16:49

    Bonjour Rosemar, 

    Toujours aussi intéressants, vos articles sur la Littérature.
    À signaler la courte et originale biographie de Jean Teulé : ’Je, François Villon" - en Poche.
    Bonne fin de soirée ,
    RS

    • rosemar rosemar 26 octobre 2012 17:04

      Bonjour Richard 


      voilà une biographie qui doit être passionnante :la vie de François Villon est émaillée de bagarres ,de rixes...on aimerait en savoir plus...

  • Fergus Fergus 26 octobre 2012 17:36

    Bonjour, Rosemar.

    Cette mort, en effet omniprésente, a été bien utile aux prêtres pour endoctriner leurs ouailles, qu’elles soient d’ailleurs populaires ou nobles. Le besoin de religion est d’ailleurs né dans la nuit des temps en réponse à cette peur de la mort car la religion apportait un soulagement aux angoisses en laissant croire à une vie dans un au-delà idyllique ; une vie d’autant plus délectable qu’en être privé revenait à griller dans les flammes d’un enfer bien utile pour interdire tute pensée déviante.

    Un mot pour saluer ici deux grands dames qui, en leur temps et à leur manière, ont bien servi la musique : Hildegarde de Bingen et Béatrice de Die.

    Un grand merci pour Villon et son serviteur dévoué Brassens.


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 octobre 2012 18:22

    Moins connue et toujours de Villon :
    Ballade des femmes de Paris

    Quoiqu’on tient belles langagères
    Florentines, Vénitiennes,
    Assez pour être messagères,
    Et mêmement les anciennes,
    Mais soient Lombardes, Romaines.
    Genevoises, à mes périls,
    Pimontoises, savoisiennes,
    Il n’est bon bec que de Paris.

    De beau parler tiennent chaïères,
    Ce dit-on, les Napolitaines,
    Et sont très bonnes caquetières
    Allemandes et Prussiennes ;
    Soient Grecques, Egyptiennes,
    De Hongrie ou d’autres pays,
    Espagnoles ou Catelennes,
    Il n’est bon bec que de Paris.

    Brettes, Suisses n’y savent guères,
    Gasconnes, n’aussi Toulousaines :
    De Petit Pont deux harengères
    Les concluront, et les Lorraines,
    Angloises et Calaisiennes,
    (Ai-je beaucoup de lieux compris ?)
    Picardes de Valenciennes ;
    Il n’est bon bec que de Paris.

    Prince, aux dames parisiennes
    De bien parler donnez le prix ;
    Quoi que l’on die d’Italiennes,
    Il n’est bon bec que de Paris..





    • rosemar rosemar 26 octobre 2012 19:01

      Vive les Parisiennes ,toujours vantées ,toujours aimées...Aita...

      Voici un poème de Marot qui évoque aussi la ville de Paris :

      Dedans Paris, Ville jolie, 
      Un jour passant mélancolie 
      Je pris alliance nouvelle 
      À la plus gaie demoiselle 
      Qui soit d’ici en Italie.

      D’honnêteté elle est saisie, 
      Et crois selon ma fantaisie 
      Qu’il n’en est guère de plus belle 
      Dedans Paris.

      Je ne vous la nommerai mie 
      Sinon que c’est ma grand amie, 
      Car l’alliance se fit telle, 
      Par un doux baiser, que j’eus d’elle, 
      Sans penser aucune infamie 
      Dedans Paris. 
       

    • Fergus Fergus 26 octobre 2012 19:19

      A propos de Moyen Age et de Paris, je me permets de mettre ce lien sur un article de février 2012 : Connaissez-vous la plus vieille maison de Paris ?


  • rocla (haddock) rocla (haddock) 26 octobre 2012 19:21

    elle me fait poèt poèt je lui fais poèt poèt et puis oualà ... smiley


  • velosolex velosolex 26 octobre 2012 20:10

    Merci Rosemar pour votre invitation au moyen age

    Il est toujours assez théorique de conjoncturer sur la mort autour d’une bonne table, en bonne compagnie. L’homme du moyen age est tout prêt de nous à l’échelle du temps, au niveau biologique s’entend.

     Pour le reste, on peut penser que sa familiarité avec la mort le rendait moins terrifié qu’aujourd’hui, en tout cas pourvu curieusement de plus de proximité forcée, et d’au moins une réponse, celle de la religion.
    Etre athée est en effet à cette époque une incompréhension totale.

     La religion est au centre de tout, et il serait caricatural de dire que la religion est l’opium du peuple, tant elle est l’affaire de tous. La peur ne vient pas de la mort proprement dit, mais de ce qu’il adviendra de soi après le jugement dernier. Dans ce sens, les hommes les plus vils sont terrifiés de ce qu’il va advenir d’eux, et l’age aidant, les puissants s’achètent des indulgences, pour espérer que dieu passera l’éponge.

    Ainsi,la plupart des hospices et des œuvres destinées aux necessiteux viennent de ces fonds, qui pouvaient être colossaux. Il n’était pas rare qu’un seigneur donne tous ces biens à l’église, et face acte de pénitence dans un couvent quelconque, dans un habit de bure.
    On en est loin aujourd’hui.....
    Considération amusée, mais pas trop nostalgique. Il est de bon depuis quelque temps de dire que ce fut une époque pas si triste que ça, ou l’on savait s’amuser et faire la fête...Tout cela est assez gratuit, comme de prétendre que les vikings étaient des commerçants avant tout. On veut surprendre souvent pour attirer le lecteur, et faire semblant d’apporter quelque chose de nouveau.

    On frémit en lisant les chroniques atroces de ces temps qui étaient pourtant absolument modernes en leur époque. Surtout après le douzième, l’avènement des cathédrales, la redécouverte du moulin, celle surtout du collier pour les bœufs, permettant de multiplier la force de traction de l’animal, et multipliant les récoltes par trois ( on fait l’inventaire des batailles et des « grands hommes » oubliant un peu trop que ce sont l’amélioration des techniques qui ont permis les transformations et les réveils)
    L’homme libéré de la faim, pourra lentement ainsi évolué vers la renaissance.
    - A ce titre je recommande de lire Duby, historien autant admirable par sa langue que par son esprit.

    Mais quid de pouvoir comparer, avec notre propre sensibilité, celle d’une époque et d’une société disparue ?
    Nous venons tous de parents lointains ayant survécu, ou du moins ayant réussi à se reproduire, malgré les pestes noires, les guerres de religion, etc....La mort était là en permanence. Dans nos chapelles de Bretagne, à Kernascleden par exemple, on peut voir une de ces danses macabres, peinte ( et presque effacé malheureusement) où morts et vivants dansaient dans une ronde, riches, marchands, paysans. L’université de la mort est représenté comme une forme de consolation, et un passage obligé.

    Qu’à t’on au fait appris depuis ?
    L’homme de cette époque n’est pas une mauviette, c’est sûr. Sinon il est déjà mort. Les enfants ne méritent guère de considération. Ils mangent après les autres. Le bon sens est en effet de ne pas trop s’y attacher, vu la mortalité.
    Epoque que l’on penserait cruel si on ne savait donc pas qu’elle reposait sur la nécessite de s’endurcir.
    Il y a trente ans de ça, j’ai été vraiment frappé par un voyage en asie. Que ce soit en Afghanistan ou en Inde, à Kaboul, Peshawar, ou Madras, j’avais l’impression d’être non dans un autre monde, mais dans une autre époque.
    Je me souviens d’un homme frappant à grand coups de bâton un âne agonisant couché au milieu de la route, et les gens et les enfants riaient de bon cœur.
    Les mêmes pleuraient à chaudes larmes en regardant des pièces de théâtre de rue.
    Sensibilité si différente de la notre.
     Pourtant si humains.
     Il me semblait que le moyen age de François Villon défilait sous mes yeux, et que la ballade des dames du temps jadis se vivait au présent et en d’autres lieux.


    • rosemar rosemar 26 octobre 2012 20:42

      Merci velosolex 

      pour ce commentaire détaillé et intéressant...Au fond le Moyen âge n’est pas si loin de nous :au 19ème siècle ,les conditions de vie des gens n’étaient pas si éloignées de celles du M A....C’est surtout au 20ème siècle que les progrès ont été conséquents et qu’ils explosent maintenant...

      Mais certains pays ,effectivement ,comme l’Inde vivent encore comme au MA....un autre monde ,une autre époque...misère,inculture ,ségrégation,exclusions...

    • cathy30 cathy30 26 octobre 2012 22:47

      velosolex

      tu sembles parler de la danse de la tarentelle. Une danse qui est parue pendant les grandes épidémies, sûrement pour exorciser le trop plein, d’ou la fresque, morts et vivants ; Un mal qui faisait délirer et bouger les malades jusqu’à la mort. La tarentelle vient de là.


    • cathy30 cathy30 26 octobre 2012 23:16

      L’épidémie de la danse macabre a atteind tout l’europe.

      http://www.lamortdanslart.com/danse/danse.htm


    • cathy30 cathy30 26 octobre 2012 23:35

      Rosemar

      les gens aux moyen âge étaient lettrés, la preuve : François Villon !

      http://damienbe.chez.com/biovil.htm


    • rosemar rosemar 26 octobre 2012 23:44

      Je n’en doute pas Cathy :les lettrés existaient forcément et Villon poète en était un brillant ...mais la grande majorité de la population était inculte....


    • cathy30 cathy30 27 octobre 2012 07:10

      Rosemar

      je te donne une piste :

      http://www.linquisitionpourlesnuls.com/2012/07/577/idee-recue-au-moyen-age-les-gens-sont-incultes/

      tu peux t’apercevoir que plus nous avançons dans le temps et plus l’éducation s’étiole, son délitement commence avec Louis XIV pour finir au XVIIIe siècle.

      Il faut arrêter de regarder le cinéma hollywodien et se cultiver vraiment.


    • rosemar rosemar 27 octobre 2012 09:19

      Merci cathy


      pour tous ces liens intéressants....On peut lire :

      L’instruction commence à 6 ans et dure jusqu’à 12 ans, voire jusqu’à 17. On trouve même mention d’un monastère (Coyroux) qui accueille les enfants avant l’âge de 5 ans. On chante, on lit, on peint, on apprend l’Ecriture sainte. Les plus grands apprennent la grammaire et les langues anciennes.

      Effectivement ,l’enseignement du latin et du grec est particulièrement formateur...mais beaucoup s’arrêtaient à 12 ans notamment dans les campagnes....

      Bon WE 

    • velosolex velosolex 27 octobre 2012 12:15

      Cathy
      Merci du renseignement.
      L’histoire est souvent comme un exercice à trous dont on comble peu à peu les vides, à force d’informations.
      En tous cas la musique et l’art lui donne une substance et une mémoire que les faits trop secs ne peuvent nous remémorer. 
      Tout autant qu’une promiscuité. Et Villon et Brassens font écho au même homme, aux mêmes tourments existentiels.
      Faut-il pour autant accéder à la poésie, et à toutes les formes d’art.
      Il ne faut jamais perdre de vue combien ce sont des qualités pour un homme, et que leur éducation est primordiale, alors qu’on les range souvent maintenant dans des catégories secondaires

       Leur usage rend la vie bien plus douce, et est un excellent remède contre la dépression, la maladie, et nous rendent naturellement empathiques et humains les uns envers les autres.


    • rosemar rosemar 27 octobre 2012 12:22

      MERCI pour ce commentaire VELOSOLEX

      La culture ,la poésie trop souvent négligées nous aident à vivre....

      VIVE LA POESIE !!

    • rosemar rosemar 27 octobre 2012 12:25

      Il est dommage d’ailleurs que les poèmes écrits par les contributeurs ne soient pas publiés sur AGORAVOX......


  • Taverne Taverne 26 octobre 2012 22:23

    Et la Ballade de la grosse Margot, la connaissez-vous ? (éloignez les oreilles chastes)
    Le texte est fourni sous la vidéo. Cela aide en raison des mots anciens. Par exemple, ici « bordeau » veut dire « bordel ».


    • rosemar rosemar 26 octobre 2012 22:34

      Etonnant ! je ne connaissais pas ...effectivement on découvre un autre Villon ,un autre style !


      Je préfère la ballade des dames du temps jadis mais cela permet de découvrir un autre aspect de ce auteur....
      Merci ,bonne soirée Taverne

  • Jason Jason 27 octobre 2012 14:46

    La poésie baroque de la fin du XVIème (psaumes, stances diverses), qui voit la guerre des religions, est aussi très morbide.
    Pour réjouir l’atmosphère, je vous propose ce poème sur l’hiver, qui est presque de saison :

    Poème de Charles d’Orléans (1394-1465)

    Hiver vous n’êtes qu’un vilain

    Modernisation du texte par Maurice des Ulis

    Hiver vous n’êtes qu’un vilain(1).
    Eté est plaisant et gentil,
    En témoignent Mai et Avril
    Qui l’accompagnent soir et matin.

    Eté revêt champs, bois et fleurs
    De sa livrée de verdure
    Et de maintes autres couleurs
    Par l’ordonnance de Nature.

    Mais vous, Hiver, trop êtes plein
    De neige, vent, pluie et grésil ;
    On vous doit bannir en exil.
    Sans point flatter, je parle plain(2),
    Hiver vous n’êtes qu’un vilain(1) !

    (1) rustre (paysan)
    (2) juste (droit)


  • Jason Jason 27 octobre 2012 14:52

    P.S. Pour l’époque et le thème en question, voir Jean de Sponde ou Chassignet.


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