Celle que j’préfère, c’est la guerre de 14-18... - AgoraVox le média citoyen
mercredi 2 mars 2022 - par rosemar

Celle que j’préfère, c’est la guerre de 14-18...

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Dénoncer la guerre, ses horreurs, c'est bien l'objectif de Georges Brassens quand il écrit cette chanson : avec une ironie mordante, le poète fustige les va-t-en guerre, ceux qui n'hésitent pas à valoriser cette entreprise de mort, de massacre que sont toutes les guerres...

 

La chanson s'ouvre sur l'évocation de siècles d'histoire retentissants de conflits divers : la guerre a toujours accompagné les hommes, depuis Homère, belle référence littéraire qui nous rappelle la guerre de Troie et ses massacres.

 

Le locuteur qui s'exprime semble vouloir choisir la guerre la plus meurtrière et il affirme sa préférence pour la guerre de 14-18.

 

Il égrène différents guerriers illustres, ceux de Sparte, les grognards de Bonaparte, la guerre de quarante pour réaffirmer une prédilection irrépressible pour la guerre de 14.

 

On voit les épées, on entend les bruits des fusils, on perçoit des massacres qui semblent terribles, atroces et le personnage qui s'exprime, en faisant l'éloge de la guerre de 14, en montre aussi toutes les horreurs : il opère même un classement entre toutes les guerres.

 

Par le biais de l'ironie, Georges Brassens dénonce, en fait, toutes les guerres, celles qui se prétendent "saintes", celles qui sont, le plus souvent "sournoises", qui se cachent derrière des apparences trompeuses.

 

La guerre est, de fait, souvent présentée comme une action héroique : il faut entraîner les soldats dans les combats en mettant en évidence les aspects clinquants, héroïques, les vertus virilisantes de la guerre...

 

C'est bien ce que fait le locuteur dans cette chanson : il utilise un vocabulaire élogieux : "mérite, plaire, délice, guerre favorite"...

 

La mélodie entraînante s'accorde avec les propos de ce partisan de guerres violentes : elle semble mimer des chants guerriers destinés à accompagner les soldats qui partent à la guerre, la fleur au fusil...

 

On perçoit dans la musique tonitruante, comme un air de fanfare militaire...

Humour grinçant, ironie, références littéraires et historiques font de cette chanson une dénonciation percutante.

 

On perçoit toute l'hypocrisie qui préside dans ces conflits : il s'agit d'embellir la guerre, de la magnifier alors qu'elle conduit aux pires horreurs, aux pires abominations !

 

Parfois mal compris, ce texte de Brassens a pu susciter des controverses mais il faut bien lire entre les lignes et percevoir toute l'ironie : ceux qui exaltent la guerre sont coupables de mensonges, de falsification de la réalité...

 

A l'heure où la guerre sévit en Ukraine, où des civils, des hommes, des femmes, des enfants connaissent les fureurs de la guerre, il faut réécouter cette chanson de Georges Brassens : elle nous montre toutes les ignominies et atrocités commises à travers les siècles, au nom de la Guerre...

 

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2022/03/celle-que-j-prefere-c-est-la-guerre-de-14-18.html

 

 

Vidéo :

 



19 réactions


  • Clark Kent Kaa 2 mars 2022 09:12

    En fait, il faut aller plus loin. Comme dans « Les Deux Oncles » ou « Mourir pour des Idées », la réticence de Brassens à emboiter le pas au patriotisme évoquée par cette chanson n’est pas seulement une position pacifiste, mais un des aspects de sa conception anarchiste du monde. Il se méfie de l’Armée, des Gouvernements, des Eglises et de tout ce qui peut limiter la liberté individuelle. Pour lui, les guerres ne sont que la manifestation de la violence légitime des gouvernements animés par le nationalisme.

    Il a écrit la Guerre de 14-18 à la fin du conflit algérien. Le sujet était encore brûlant, les « patriotes » étaient humiliés par cette ultime défaite qui marquait presque la fin de l’histoire coloniale du pays, et la chanson de Brassens se moquait de ce patriotisme aveugle qui avait été la ligne politique des différents gouvernements français dans des aventures militaires aux succès mitigés, comme en Indochine. En 1962, les Poilus de 14-18 étaient encore très nombreux, les plus jeunes avaient un peu plus de soixante ans. La boucherie de Verdun enseignée comme une victoire patriotique et héroïque renforçait l’unanimité autour de la figure du Poilu, et la chanson a provoqué un tollé. Brassens a expliqué dans une interview à Elkabbach qu’il ne voulait pas choquer, ni froisser les Poilus qu’il considérait plutôt comme des victimes.

    Mais qu’est-ce qui reste dans l’inconscient collectif ? Les leçons d’histoire formatées, les cérémonies du 11 Novembre ou la chanson de Brassens ?


    • Clark Kent Kaa 2 mars 2022 09:14

      @Kaa

      Perso, dans le genre, je préfère Boris Vian.


    • Aristide Aristide 2 mars 2022 09:56

      @Kaa

      Peut être celle çi est plus d’actualité et une conclusion prémonitoire !!!

      La java des bombes atomiques.

      Paroles

      Mon oncle, un fameux bricoleur
      Faisait en amateur des bombes atomiques
      Sans avoir jamais rien appris
      C’était un vrai génie question travaux pratiques

      Il s’enfermait toute la journée
      Au fond de son atelier, pour faire ses expériences
      Et le soir il rentrait chez nous
      Et nous mettait en transe en nous racontant tout

      Pour fabriquer une bombe A
      Mes enfants croyez-moi, c’est vraiment de la tarte
      La question du détonateur se résout en un quart d’heure
      C’est de celles qu’on écarte

      En ce qui concerne la bombe H
      C’est pas beaucoup plus vache mais une chose me tourmente
      C’est que celles de ma fabrication
      N’ont qu’un rayon d’action de trois mètres cinquante

      Y a quelque chose qui cloche là-dedans
      J’y retourne immédiatement

      Il a bossé pendant des jours
      Tâchant avec amour d’améliorer le modèle
      Quand il déjeunait avec nous
      Il dévorait d’un coup sa soupe au vermicelle

      On voyait à son air féroce
      Qu’il tombait sur un os, mais on n’osait rien dire
      Et pis un soir pendant le repas
      V’là tonton qui soupire et qui s’écrie comme ça

      À mesure que je deviens vieux
      Je m’en aperçois mieux, j’ai le cerveau qui flanche
      Soyons sérieux, disons le mot, c’est même plus un cerveau
      C’est comme de la sauce blanche

      Voilà des mois et des années
      Que j’essaye d’augmenter la portée de ma bombe
      Et je n’me suis pas rendu compte que la seule chose qui compte
      C’est l’endroit où se qu’elle tombe

      Y a quelque chose qui cloche là-dedans
      J’y retourne immédiatement

      Sachant proche le résultat
      Tous les grands chefs d’État lui ont rendu visite
      Il les reçut et s’excusa
      De ce que sa cagna était aussi petite

      Mais sitôt qu’ils sont tous entrés
      Il les a enfermés, en disant soyez sages
      Et, quand la bombe a explosé
      De tous ces personnages, il n’est plus rien resté

      Tonton devant ce résultat
      Ne se dégonfla pas et joua les andouilles
      Au Tribunal on l’a traîné et devant les jurés
      Le voilà qui bafouille

      Messieurs c’est un hasard affreux
      Mais je jure devant Dieu en mon âme et conscience
      En détruisant tous ces tordus
      Je suis bien convaincu d’avoir servi la France

      On était dans l’embarras
      Alors on l’condamna et puis on l’amnistia
      Et le pays reconnaissant
      L’élu immédiatement chef du gouvernement


    • rosemar rosemar 2 mars 2022 12:06

      @Kaa

      MERCI : un texte émouvant...


    • rosemar rosemar 2 mars 2022 12:07

      @Aristide

      La menace nucléaire : à ne pas négliger.


  • troletbuse troletbuse 2 mars 2022 10:33

    Quelle chance pour Rosemar que Brassens ait fait cette chanson avec les dates, sinon elle ne le saurait probablement pas.

    Bon, nulle en matières scientifiques, nulle en histoire, nulle en géographie. Ne parlons pas de ses talents de rédactrice de blog et des mêmes articles sur AV, on peut juger. Vous pourriez parfaitement prétendre à un poste de ministre de la macronie vu qu’ils sont tous aussi nuls les uns que les autres. C’est le principe de Peters. (Je me demande si vous le connaissez) smiley

    En revanche, excellence pour nous rapporter les délires, la propagande et les approximations de nos merdias mainstream.  smiley

    Les nouveaux livres d’histoire doivent la relater en quelques phrases. Paraît que l’on y parle guère de Louis XIV et due Napoléon, Faut pas froisser les Allemands, non ?


  • ZenZoe ZenZoe 2 mars 2022 12:04

    Personne n’a attendu Brassens (que j’adore au demeurant) pour constater que la guerre tue (sans blague ?).

    Franchement c’est quoi cet article ?


    • rosemar rosemar 2 mars 2022 12:12

      @ZenZoe

      Mais certains minimisent les horreurs de la guerre, par exemple, ce commentaire reçu hier :

      « moi non plus je ne vois ni guerre ni invasion, au sens habituel. Il s’agit « d’une mise » à niveau !! on détruit tous les nids de frelons, la hauts lieu de la chimie, on zigouille au passage quelques nazis...
      Disons que le but de cette attaque n’est pas l’habituel but de guerre ! »


    • troletbuse troletbuse 2 mars 2022 12:17

      @rosemar
      cette attaque n’est pas l’habituel but de guerre


      Mais expliquez nous donc le but habituel rosemardesque de la guerre.


    • rosemar rosemar 2 mars 2022 12:20

      @troletbuse

      Ce n’est pas moi qui ai écrit ce commentaire !! Je l’ai reçu !


    • troletbuse troletbuse 2 mars 2022 12:26

      @rosemar
      Ben vous le répétez pourquoi ?


    • rosemar rosemar 2 mars 2022 12:28

      @Satanas

      La mode est aux insultes : sur twitter, les insultes sont de plus en plus fréquentes, certains n’hésitent pas à injurier des personnalités, des hommes et des femmes politiques, des enseignants. Il faut bien le reconnaître, ces insultes ne sont que des déversoirs de haine, des défouloirs sans grand intérêt : l’originalité n’est même pas de mise : les mêmes mots « salope, connasse, ordure » reviennent inlassablement et invariablement... Parfois, les mots sont moins grossiers mais tout aussi insultants :« nullité, retourne à ta niche, stupide », des mots qui tendent à nier les autres.


      Ces injures ne servent qu’à masquer un manque de réflexion : l’insulte remplace une forme réelle d’argumentation, il est facile de traiter les autres de « nullité », il est facile de dire que leurs écrits sont vains, sans intérêt...


    • rosemar rosemar 2 mars 2022 12:30

      @troletbuse

      pour en montrer l’inconscience et la bêtise...


  • La guerre facile d’en évoquer les terribles aspects par le biais de la chanson quand au minimum on n’a pas été soumis au S N .

    En plus 14-18 effectivement très violente , mais aussi industrielle et mystérieuse .

    Notamment :
    Le canon de 75 ...... ?
    Les tranchées .....pourquoi brusquement se sont ils figés alors qu’ils avaient l’avantage ?

    La solution anglophone , l’artillerie mobile afin de préparer l’avance de l’infanterie . Demande une coordination parfaite !

    Sinon comme l’incompétence française a démontré , la barrage trop court détruit les positions de l’infanterie en place avant l’assaut .

    Les Allemands ont tué des français mais les français ont tué des français .

    le film « Les sentiers de la gloire ».......


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