lundi 9 juin 2008 - par Forest Ent

Clair, simple et précis

Nicolas Sarkozy vient de mettre en route la privatisation de GDF pour juillet.

En 2004, Nicolas Sarkozy, ministre des Finances, fait voter une loi autorisant l’Etat à descendre jusqu’à 70 % de participation dans GDF. Interviewé sur TF1 le 08/04/04, il déclare : "Je vais prendre des engagements très clairs. Il n’y aura pas de privatisation d’EDF ou de Gaz de France. C’est clair, c’est simple et c’est précis." Le 27/05/04, il déclare au Sénat : "Il n’y aura pas de privatisation d’EDF ni de GDF, et ce pour une raison simple : EDF et GDF ne sont pas des entreprises comme les autres." Pourtant, en décembre 2006, en tant que président du parti politique majoritaire UMP, il demande aux députés de voter la loi autorisant la privatisation de GDF initiée par le gouvernement Villepin, et l’obtient. Il déclare néanmoins ne pas être favorable à cette privatisation. On peut s’attendre à ce qu’une fois élu président de la République, il reconsidère tranquillement le sujet.

Une presse peu investigatrice pratique depuis quelques années l’acharnement exégétique sur la moindre de ses déclarations vaporeuses ("je veux, je veux"), mais s’intéresse peu à ses actes et décisions majeurs. Elle n’a presque pas parlé du fait que le TCE2 ait été voté par le Parlement après avoir été rejeté par les citoyens. Elle n’a presque pas mentionné le fait que M Sarkozy a entériné la semaine dernière la privatisation de GDF.

Cette privatisation est-elle inéluctable ?

Un schéma de fusion entre GDF et Suez a été voté la semaine dernière par les conseils d’administration de GDF et Suez. Il doit être soumis aux assemblées générales d’actionnaires mi-juillet. Il est prévu que l’Etat garde une minorité de blocage de 35,6 %. Dans le cas de GDF, qui appartient encore en majorité à l’Etat, le schéma n’a pu être voté qu’avec l’accord du gouvernement, et l’on ne voit pas bien ce qui pourrait le faire changer d’avis dans la torpeur de l’été. Il est strictement impossible que ce vote ait eu lieu sans l’aval du président de la République. Il reste une possibilité de rejet par les actionnaires de Suez, mais les principaux sont représentés au conseil d’administration, et ils ont semblé y trouver leur compte. Un rejet en AG est peu probable. Il en ressort que Nicolas Sarkozy vient bien de décider la privatisation de GDF pour juillet. Si elle ne se fait pas, c’est contre sa décision. Cette décision, qui constitue l’une des plus importantes du quinquennat, a juste fait l’objet de 20 lignes laudatives dans "le monde".

Pourquoi privatiser ?

Un certain nombre de raisons ont pu être avancées qui ne résistent pas à l’examen.

S’agirait-il de respecter une contrainte européenne ? L’UE demande de "libéraliser" le marché, pas de privatiser. En plus, ça ne va vraiment pas dans le sens de l’UE, dans la mesure où celle-ci cherchait ces derniers temps à faire séparer et nationaliser les réseaux de distribution pour garantir l’accès équitable de tous les producteurs. Un compromis vient d’être trouvé, l’UE acceptant que la France et l’Allemagne gardent des réseaux de distribution intégrés, à condition qu’il y ait une certaine transparence comptable. Le fait de privatiser le réseau ne va certes pas aider à l’application de ce compromis. Il aurait été plus logique de ne privatiser que la production.

S’agirait-il de protéger GDF contre une OPA hostile ? Pour un groupe majoritairement détenu par un Etat, ce serait rigolo. De protéger Suez contre une OPA comme celle qu’ENEL a envisagée en 2006 ? Pourquoi faire ? Suez est un groupe privé coté, qui s’achète et se vend. Il n’a plus grand-chose de particulièrement français. Ce protectionnisme actionnarial est contraire aux règles européennes. Pourquoi ne pas l’avoir utilisé pour Arcelor, Péchiney, Alcatel... ? Il est vrai que M. Sarkozy se vante souvent d’avoir "sauvé" Alstom, en l’achetant puis le revendant à son ami Martin Bouygues. Mais qui y a fait la meilleure affaire ?

S’agirait-il de faire faire une bonne affaire au contribuable français ? Nous reviendrons plus loin sur la valorisation de GDF et montrerons que ce n’est pas le cas. Mais quand bien même, pourquoi alors passer par une fusion amicale et pas une mise aux enchères normale ? Un interventionnisme brutal plutôt que le marché ?

S’agit-il de libéraliser le secteur et promouvoir la concurrence ? Ce serait, comme le dit habituellement M. Sarkozy, "bien extraordinaire" d’augmenter la concurrence en diminuant le nombre d’acteurs. Et nous verrons plus loin que ce marché est peu concurrentiel et que les récipiendaires s’y entendent déjà très bien. Cela crée en fait toutes les conditions d’un oligopole.

Une fois que l’on a évacué les raisons rationnelles, il ne reste plus qu’une hypothèse, hélas bien habituelle : il s’agit tout simplement d’un petit cadeau aux copains pour renvoyer l’ascenseur d’un fidèle soutien, consistant entre autres en un comportement déférent de la presse. Cette pratique de "copains et coquins" n’est hélas pas récente sous la Ve République, et le PS s’y est aussi illustré, par exemple quand DSK a donné au sens propre Aérospatiale à Lagardère. Constatons à tout le moins qu’il n’y a pas rupture sur ce point.

A qui profitera le crime ?

Le premier actionnaire de Suez est la holding belge Bruxelles-Lambert, contrôlée en majorité par la holding suisse Pargesa, elle-même contrôlée en majorité par la holding belge Parjointco, qui appartient en parts égales à Power Corp et Frères-Bourgeois. Quelle coïncidence, Bruxelles-Lambert est également le premier actionnaire de Total, et des amis contrôlent Poweo. D’ailleurs, le conflit d’intérêt ne gêne pas grand monde dans ce milieu, puisqu’un administrateur de Pargesa a racheté à Bouygues la SAUR, concurrent de Suez dans le domaine de l’eau, avant de la refourguer quelques années plus tard à l’Etat à travers la Caisse des Dépôts. La même Caisse des Dépôts que notre collègue Daniel Riot accuse d’avoir fait quelques traitements de faveur à Bruxelles-Lambert. Précisons ce paysage.

Power Corp appartient à Paul Desmarais, ami personnel canadien de Nicolas Sarkozy, qui a été en vacances chez lui. Au conseil d’administration de Power Corp, on trouve Laurent Dassault, frère et fils de député et sénateur UMP, à eux tous propriétaires du groupe Dassault. On y trouve aussi Amaury de Sèze, administrateur du groupe Dassault, mais également de Pargesa et Bruxelles-Lambert, et dirigeant le fonds d’investissement PAI Partners, qui avait racheté la SAUR, et dans lequel Bruxelles-Lambert a investi.

Frères-Bourgeois appartient au citoyen belge Albert Frère, ami et associé en affaires de Bernard Arnault. En effet, ils ont un fonds d’investissement commun, et Albert Frère est le deuxième actionnaire de Groupe Arnault SAS, la holding familiale, après la famille. Albert Frère est d’ailleurs administrateur de LVMH, le fleuron du groupe Arnault.

Bernard Arnault, homme le plus riche de France, est, nul ne l’ignore, un autre ami de M. Sarkozy. Le directeur général de Groupe Arnault est Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet de M. Balladur, et donc collègue de M. Sarkozy. M. Arnault vient de propulser également M. Bazire au conseil d’administration de Carrefour, deuxième distributeur mondial, dont il vient de devenir le premier coactionnaire à travers Blue Capital, et dont le conseil sera présidé par... M. de Sèze. Et, quelle chance, M. Arnault est actionnaire de Gravitation qui possède 12 % de Poweo.

On sent bien qu’il va s’installer sur le marché du gaz une concurrence féroce...

Combien vaut GDF ?

Quand l’Etat vend une rente, il perd la moitié de sa valeur pour une raison un peu technique : il l’évalue au "taux Lebègue" de 4 % soit un P/E de 24, alors qu’un marché d’actions achète plutôt à un P/E de 14. Mais ceci est ici un simple détail au regard du reste.

Une société vaut ses bénéfices futurs, ie. son prix de vente moins son prix de revient comme on disait à l’époque de Jules Ferry.

Pour ce qui est du prix de revient, il n’est pas improbable que les plus ou moins grandes facilités d’approvisionnement auprès des pays producteurs puissent être modifiées par des caractéristiques particulières de la politique étrangère du pays. Cela signifie-t-il que le pays vient de se priver de la possibilité de contribuer à négocier ses approvisionnements stratégiques, ou bien qu’il vient de la mettre au service d’intérêts privés, comme pour Total au service duquel quelques-uns de nos soldats font le pied de grue dans des contrées plus ensoleillées ?

Pour ce qui est du prix de vente, malgré la libéralisation virtuelle du marché, il est dans 99,9 % des cas le "tarif régulé" fixé par l’Etat, les Français n’ayant jusqu’ici pas débordé d’enthousiasme pour la possibilité de payer leur gaz plus cher. Comment évoluera ce tarif à l’avenir ? Là est la question qui fonde toute évaluation de valeur de GDF. Plus GDF vaudra cher, moins les Français auront de "pouvoir d’achat".

Pour 2008, GDF avait demandé une augmentation très significative. Elle a été refusée, le gouvernement ayant retenu une augmentation plus "modeste" qui permettait d’obtenir une quasi-parité avec Suez, évitant à l’Etat de débourser des sous pour la fusion.

Mais ces tarifs régulés n’ont jamais été reconnus par l’UE : ils sont au mieux tolérés à titre transitoire. "Il est quand même extraordinaire" d’imaginer que l’on puisse faire fonctionner un marché avec des prix fixés par l’Etat. L’UE fera donc pression pour qu’ils soient abandonnés. Même sans l’UE, l’augmentation brutale du prix de marché spot des hydrocarbures tombe très bien pour noyer le poisson. Après juillet 2008, il y aura des tas de relèvements de tarifs "justifiés par la conjoncture", jusqu’à ce que l’on ait enfin créé un "vrai marché", c’est-à-dire un oligopole qui maximise ses revenus selon la solvabilité de ses clients, enfin de certains. Il y aura, comme pour l’oligopole des téléphones portables, une jungle de tarifs selon que vous préférez faire cuire la soupe à prix élevé ou entre 2 et 3 heures du matin avec deux SMS gratuits.

Sans tarifs régulés, la valeur de GDF peut être 3 ou 30 fois son estimation actuelle.

L’Etat disposant d’une minorité de blocage, ne pourra-t-il pas s’opposer à une augmentation excessive de tarifs ? La réponse est non. Il pourrait même être attaqué pour comportement contraire à l’intérêt de l’entreprise. Et puis il sera difficile de ne pas éclater de rire si M. Sarkozy, qui a dit en 2004 "l’Etat ne descendra jamais en dessous de 70 %", dit demain "l’Etat ne descendra jamais en dessous de 30 %".

Et ne prenons pas non plus les actionnaires de Suez pour des imbéciles. Personne de sensé n’achèterait une entreprise dont les prix de vente sont fixés arbitrairement par un Etat sur des critères politiques. Ils ont donc nécessairement reçu des assurances de M. Sarkozy pour les quatre ans à venir, leur garantissant la possibilité d’augmenter les prix de manière "raisonnable".

Moralité

Il n’y a pas de morale dans cette histoire, mais on peut en tirer quelques enseignements.

Au-delà de ses grands discours, M Sarkozy vient, pour ce qui est des affaires réelles, de se montrer le digne continuateur de ses prédécesseurs avec un peu plus de cynisme, et vient de fusiller des intérêts stratégiques nationaux majeurs auxquels aucun d’eux n’avait encore osé toucher. On peut légitimement se demander où se trouve la limite de l’emprise du pouvoir économique sur le pouvoir politique et s’il reste à l’exécutif les degrés de liberté pour afficher un minimum de décence. On peut avoir envie de rapprocher cela du fait que tous les gens cités ci-dessus sont fortement investis dans les médias, et que ces derniers ont un rôle dans l’éclosion et la survie politique.

Et on doit hélas constater que la parole du président de la République française ne vaut rien : c’est clair, simple et précis.

Crédit photo : m6info.fr



121 réactions


    • Olivier 9 juin 2008 19:17

      un réglement européen consiste à une concurrence libre et non faussée. 

      C’est une idée que n’aiment pas les marxistes. Ces derniers peuvent aller chercher refuge à Cuba ou en Corée du nord, les derniers pays où l’économie est controlée par l’état.


    • Jean Lasson 9 juin 2008 22:16

      @Olivier,

      "un réglement européen consiste à une concurrence libre et non faussée."

      Et une telle concurrence n’imposerait-elle pas que la vente de GDF fasse l’objet d’un appel d’offres ouvert et non pas d’une vente de gré à gré ? Ce n’est même pas du libéralisme dans ce cas, c’est du clientélisme. Vous devriez être étonné que l’UE l’accepte. La république des copains et des coquins, avait dit un grand marxiste, Michel Poniatowski smiley Parole d’orfèvre !

      C’est une idée que n’aiment pas les marxistes. Ces derniers peuvent aller chercher refuge à Cuba ou en Corée du nord, les derniers pays où l’économie est controlée par l’état.

      Quand on est à bout d’arguments, on invite le contradicteur à quitter le pays ? Pas de précipitation, si vous avez l’impression de gagner et d’être tout puissant aujourd’hui, ce pourrait être une victoire à la Pyrrhus...


    • Olivier 9 juin 2008 19:14

      si vous ne croyez pas les chiffres du chômage en France de l’INSEE , vous pouvez consulter ceux du BIT ou de EUROSTAT.


  • François51 François51 9 juin 2008 20:23

    n’oublions pas l’essentiel.

    c’est LIONEL JOSPIN en tant que 1er ministre au sommet de Barcelone en 2002, qui a lancé le processus d’ouverture du marché de l’énergie. un 1er ministre SOCIALISTE ..

    Sarkosy, en tant que serviteur de la technocratie libéral de Bruxelles et du nouvel ordre mondial qui se met en place ne fait que terminer le travail entamé en 2002.

    GDF est liquidé. EDF va bientôt suivre !. et vous, utilisateurs du Gaz, et de l’électricité, voyez avec votre fournisseur en cas de problème.. circulez ! il n’ya rien a voir ! pour feu le service public, repassez plus tard.

    place aux actionnaires. ....


    • wesson wesson 10 juin 2008 03:19

      "c’est LIONEL JOSPIN en tant que 1er ministre au sommet de Barcelone en 2002, qui a lancé le processus d’ouverture du marché de l’énergie. un 1er ministre SOCIALISTE"

       

      LIONEL JOSPIN, un 1er ministre...

      SOCIALISTE  ? ça, j’en suis moins sûr. Ou alors c’est pas le même !

       


  • donino30 donino30 9 juin 2008 20:39

    @l’auteur

    Je suis d’accord sur une seule chose, c’est que les raisons de la fusion sont pour le moins opaques. Il ne semble pas y avoir de projet industriel autre que de proclamer que cela fera après fusion un groupe plus gros. Alors la fusion pour la fusion, c’est vrai que c’est un peu limité comme concept. Donc sur le fond, je suis d’accord, cette fusion n’a pas lieu d’être. Maintenant, de là à vouloir la faire passer pour un enjeu stratégique national... Si l’auteur parle du symbole, pourquoi pas, mais sinon...

    Cette décision, qui constitue l’une des plus importantes du quinquennat, a juste fait l’objet de 20 lignes laudatives dans "le monde".

    Une des plus importantes du quinquennat ?? Vous oubliez la réforme de France Télévision, ou encore la lettre de Guy Hoquet ! Plus sérieusement, cette fusion est certes un élément majeur pour les 50000 collaborateurs GDF, et peut être aussi pour les collaborateurs d’entreprises similaires qui pourraient se sentir également visées. Mais pour la majorité des autres citoyens (pas ceux d’agoravox...), c’est anecdotique. L’état doit donner l’impulsion des grandes infrastructures énergétiques et garantir l’approvisionnement, pas forcément le gérer lui même ad vitam eternam. Proclamer que l’ensemble reviendra plus cher aux français parceque l’état n’est plus majoritaire, c’est un dogme respectable mais c’est un dogme. L’exemple récent des télécoms est là pour montrer que les monopoles étatiques sont parfois pires pour le consommateur. Nous n’en savons rien, voilà la vérité.

     

    S’agirait-il de faire faire une bonne affaire au contribuable français ? Nous reviendrons plus loin sur la valorisation de GDF et montrerons que ce n’est pas le cas.

    La capitalisation boursière de GDF est de 44 milliards d’euros, avec un PER 2007 de 17.12, celle de Suez de 63 millards d’euro, avec un PER en plus légèrement meilleur à 16.82. Après la fusion à quasi-parité [ 22 actions SUEZ contre 21 actions Gaz de France], les ex-actionnaires GDF détiendront 41,775% de l’ensemble, soit une capitalisation boursière de 44,8 milliards d’euros. Je ne vois pas en quoi le contribuable est défavorisé.

     

    Sans tarifs régulés, la valeur de GDF peut être 3 ou 30 fois son estimation actuelle.

    Au moins, je dirais même 100 fois. Non mais franchement... Le ratio actuel de GDF [Bénéfice % CA] est de presque 10%, soit dans la moyenne des entreprises rentables du CAC, privatisées ou non... Exactement le même que celui de Total, par exemple. Je ne prétends pas détenir la vérité sur l’avenir de cette valorisation, mais balancer comme ça ce type d’estimation n’est pas digne de vous Forest. L’entreprise GDF avec des tarifs régulés, dans sa capitalisation boursière actuelle, est valorisée exactement comme les autres entreprises de taille comparable. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les faits, il vous suffit de prendre un échantillon de sociétés bénéficiaires du CAC 40, et de comparer les PER de ces sociétés.


    • Forest Ent Forest Ent 9 juin 2008 21:37

      Sans tarifs régulés, la valeur de GDF peut être 3 ou 30 fois son estimation actuelle.

      Au moins, je dirais même 100 fois. Non mais franchement... Le ratio actuel de GDF [Bénéfice % CA] est de presque 10%, soit dans la moyenne des entreprises rentables du CAC, privatisées ou non...

      Donc en augmentant le prix de vente de 10%, ça double déjà la mise.

      C’était effectivement un peu excessif comme réthorique, mais comment penser sérieusement que quelqu’un va acheter ce machin en acceptant que la tarification reste régulée. A supposer que cela devienne un monopole privé, quel pourrait être le prix de vente ? C’est un produit de première nécessité, l’élasticité de la demande au prix est faible. Les alternatives possibles aujourd’hui ont toutes les chances de suivre demain le même chemin.

      Vous allez me dire que c’est un peu voyant, mais qu’est-ce qui vous fait penser que vous connaissez les bénéfices réels de Total  ? C’est une entreprise multinationale qui optimise parfaitement sa fiscalité internationale. Et qui sait l’habiller, comme l’ont montré nombre d’affaires africaines. GDF-Suez sera une multinationale.


    • donino30 donino30 9 juin 2008 22:06

      Je suis d’accord sur la remarque du possible maquillage des bénéfices, on ne peut effectivement rien conclure de certain.

      C’est un produit de première nécessité, l’élasticité de la demande au prix est faible

      Faible mais réelle, le consommateur s’adaptera tant qu’il pourra à une hausse des coûts unitaires. Par analogie avec le pétrole j’ai vu que le revenu de la TIPP non flottante diminuait chaque année (!), aussi incroyable que cela puisse paraître. L’explosion des prix a fortement diminué la demande d’un produit qui à première vue est autant de première nécessité que le gaz. Bon ce ne sera peut être plus le cas en 2008, il y a forcément un seuil. Ceci pour dire qu’il n’est pas si certain qu’une hausse des tarifs du gaz de 10% se traduise par une hausse du bénéfice pour GDF-Suez, surtout si celle ci est très médiatisée.

       

      Merci pour vos réponses,

       

      cdt

       


    • Forest Ent Forest Ent 9 juin 2008 22:23

      AMHA, l’élasticité est un peu moindre. Je dis ça parce que je chauffe ma maison au gaz.


  • hurlevent 9 juin 2008 20:58

    "Le fait de privatiser le réseau ne va certes pas aider à l’application de ce compromis. Il aurait été plus logique de ne privatiser que la production."

    C’est bien entendu complètement faux. Le réseau électrique appartient à RTE, pas à EDF.

    Un article peu clair, pas simple, et pas si précis que cela .


    • Forest Ent Forest Ent 9 juin 2008 21:24

      Euh, on parlait de gaz ...


    • Cites 10 juin 2008 11:43

      Commentaire totalement faux....

      RTE reste une filiale de EDF...


    • Forest Ent Forest Ent 10 juin 2008 14:42

      Il me semble que le réseau gaz est également géré par une filiale de GDF. C’est amusant, parce qu’on vient juste d’en rebrasser complètement sa propriété :

      http://www.industrie.gouv.fr/energie/gaz/textes/chang_regime.htm


    • hurlevent 10 juin 2008 17:55

      "RTE reste une filiale de EDF... "

      Oui. Et rien ne dit qu’il fera partie d’une éventuelle privatisation d’EDF. L’auteur plaque ses fantasmes sur EDF ou GDF, on est pas obligé de le croire.


    • hurlevent 10 juin 2008 17:59

      Donc si je me chauffe au bois, je me fournit chez un fournisseur privé. Si je me chauffe au fioul, je me fournit chez un fournisseur privé. Au nom de quoi je dois me fournir chez un fournisseur public si je me chauffe au gaz ?

      Heureusement il y a désormais le libre choix de son fournisseur, mais en ce qui concerne l’opérateur GDF, je suis beaucoup moins optimiste que l’auteur en ce qui concerne sa privatisation.

      J’ai peur que GDF ne reste public, avec ses fonctionnaires à gogo et ses sous-productivités. Et qui doit payer le surcout dû à l’inefficacité des fonctionnaires ?

       


    • Forest Ent Forest Ent 10 juin 2008 18:47

      @ hurlevent

      Si je vous suis bien, vous pensez que la fusion GDF-Suez n’inclut pas le réseau de transport ni de distribution de gaz ?


    • hurlevent 10 juin 2008 22:16

      Aucune idée pour le réseau de gaz. Je n’adhère pas à votre procès d’intention, donc je ne me suis pas posé la question.


    • Forest Ent Forest Ent 11 juin 2008 00:51

      C’est dommage, parce que c’est intéressant sur cette privatisation. Par exemple, dans le cas du ferroviaire, la France a "nationalisé" l’infrastructure de manière à permettre l’accès d’entreprises privées. Qu’auriez vous pensé si l’Etat avait vendu le réseau ferré à Veolia ? Que diriez-vous si vous appreniez que Suez met la main sur l’infrastructure ?


  • Hal. Hal. 10 juin 2008 01:34

     Bon on la sort ou pas cette guillotine ???


  • orange orange 10 juin 2008 07:32

    De toute façon, nous paierons toujours de plus en plus cher nos consommation d’électricité et de gaz. Et les plus pauvres se verrons ne plus en consommer, par les coupures de non paiement.

     


  • SciFi SciFi 10 juin 2008 13:59

    Merci pour cet article bien documenté.

    Très intéressant démontage des structures capitalistiques, lourd de sens. La concentration des entreprises est tellement ancrée dans le quotidien, que beaucoup de gens ne s’étonnent pas d’une telle fusion.

    Sur des sujets aussi fondamentaux que le gaz ou l’électricité, on ne parle même plus de service public. J’ai bien peur, comme vous le dites, que l’on aboutisse à des offres illisibles du style de celles des opérateurs téléphoniques. On n’entend pas non plus parler de cahier des charges à respecter pour que les infrastructures restent à un niveau correct d’exploitabilité et de sécurité (ou alors je l’ai manqué ?).

    L’un des arguments présentés pour la fusion était que le poids de la nouvelle entreprise permettrait d’obtenir de meilleurs tarifs sur le gaz, du fait de volumes plus conséquents. Mais, évidemment, rien ne dit que ces tarifs n’évolueront pas en flèche, comme cela a été le cas pour l’eau.

    Au sujet de votre commentaires sur les parlementaires : Eh oui, les parlementaires sont d’abord des "hommes d’appareil" et c’est bien là que le bât blesse : on ne peut pas compter sur eux la plupart du temps pour défendre réellement les intérêts publics (sauf s’ils ont des groupes de pression dans leur circonscription). Dans notre pays un homme politique qui veut parvenir au sommet n’a pas d’autre choix que d’être un homme au service d’un parti. A ce titre, je pense qu’Helios risque dêtre déçu avec ses têtes nouvelles.

    Votre article contient bien des questions qui mériteraient une demande publique de comptes au gouvernement et au principal parti d’opposition pour son mutisme.

    Il est étrange de constater que nos sociétés ne sont pas comme les bons vins : elles ne s’améliorent pas vraiment avec le temps. Le futur est décidément bien enfumé.

     


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