jeudi 25 juin 2015 - par Euripide_320

Communisme=100 millions de morts, ou l’arnaque idéologique de ce nouveau millénaire

"Le communisme a fait 100 millions de morts ; c'est l'idéologie la plus criminelle de tous les temps avec le nazisme. Et après ça, il y a encore des communistes en France !". Tout le monde a déjà entendu cette phrase au moins une fois dans sa vie. Rares ont été les arguments aussi souvent martelés par les libéraux depuis la Chute du Mur de Berlin, de BHL à Sarkozy. Rares sont les arguments aussi illégitimes, à condition d'éviter les oublis historiques et les raisonnements trompeurs.

Le but de cet article n'est pas de convertir ses lecteurs au communisme : son auteur ne l'est même pas. Il n'est pas non plus d'excuser les crimes des staliniens, des maoïstes ou des Khmers ; j'accepterai ici le chiffre contesté et contestable de 100 millions de morts. Le but de cet article est de combattre l'anticommunisme, c'est-à-dire l'équation "Communisme=Staline+Mao=100 millions de morts=Pire système du XXème siècle avec le nazisme".

J'ai pu constater avec tristesse que l'anticommunisme s'est à peu près généralisé, même chez ceux qui s'opposent au néolibéralisme : chez les socialistes (je parle des non solfériniens), souverainistes, progressistes, patriotes, gaullistes, etc...même chez eux, l'anticommunisme est souvent majoritaire, et il empêche des dialogues, des rapprochements, des unions.

L'anticommunisme, tel qu'il est distillé par nos médias, programmes scolaires et partis politiques, défend quatre thèses, que je crois fausses :

1) La thèse du totalitarisme : avec l'Allemagne nazie, les régimes communistes sont les seuls à avoir pratiqué le massacre de masse, le génocide, la famine, la guerre impériale... Ils ont été anormalement autoritaires et répressifs.

2) La thèse de l'exception communiste : les crimes du "communisme" ont été les pires du XXème siècle avec ceux du nazisme.

3) La thèse du lien naturel, structurel, entre communisme et dictature : toute réforme communiste est un pas vers la dictature.

4) La thèse du lien naturel, structurel, entre libéralisme et liberté : toute atteinte au libéralisme économique, est une atteinte à la liberté politique, à la démocratie. (la thèse la plus inquiétante à mon sens).

Examinons ces quatre thèses les unes après les autres.

 

1) La thèse du "totalitarisme" : deux poids, deux mesures.

Aux yeux des anticommunistes, les "totalitarismes" communistes sont les seuls gouvernements, avec le régime nazi, qui ont connu les massacres de masse, les famines, les génocides, les guerres responsables de millions de morts... En réalité, ces pratiques sont très bien connues des régimes anti-communistes ou libéraux.

Deux poids, deux mesures. On a érigé les goulags, famines, invasions des régimes communistes en symboles de la barbarie marxiste ; on a systématiquement occulté les goulags, famines, invasions des régimes pro-occidentaux.

La majorité des lecteurs éprouvera un frisson d'horreur en observant les hommes politiques ci-dessous :

Staline, symbole de la nature meurtrière et concentrationnaire de l'URSS. Mao, célèbre pour les famines qui ont ravagé la Chine. Pol-Pot, responsable du génocide mené par les Khmers Rouges. Khrouchtchev, principalement connu en Occident pour avoir maintenu l'Europe de l'Est sous le joug de l'URSS.

 

La majorité des lecteurs ne saura probablement pas qui sont ces personnes :

Pourtant, elles sont responsables de crimes aussi sanglants que les dirigeants représentés plus haut. Seulement, elles ont eu le bonheur d'appartenir au camp capitaliste, occidental : au camp du bien, autrement dit.

Deux poids, deux mesures. Détaillons ces quatre cas d'amnésie historique.

 

- Indonésie, 1965 : le stalinisme pro-américain

N'importe quel collégien a entendu parler des "grands procès de Moscou" ; de même, la Grande Terreur stalinienne (1936-1938) et ses purges qui ont tuées entre un et deux millions de Russes sont largement connues. Un phénomène semblable s'est produit en Indonésie, en 1965, date du coup d'Etat qui a propulsé le général Soeharto au pouvoir.

De gauche à droite : Staline. Les victimes des purges soviétiques. Soeharto. Les victimes des purges indonésiennes.

Celui-ci, soutenu par les multinationales et les gouvernements occidentaux, entame une purge. Il interdit le Parti Communiste d'Indonésie, les syndicats et journaux opposés au pouvoir. Il persécute les opposants à la dictature, qu'ils soient communistes, démocrates ou paysans pauvres : en moins de six mois, Soeharto est parvenu à exterminer la résistance indonésienne. Selon la presse occidentale (par ailleurs très favorable à cette épuration), entre 500.000 et un million de communistes ont été massacrés. Les estimations des historiens indonésiens varient entre 1 et 3 millions de victimes [1]. 1,8 millions de résistants ont également été emprisonnés, parfois pendant des décennies, et souvent torturés, frappés à mort ou exécutés[2].

L'historiographie dominante traite deux événements à peu près semblables (massacre de millions d'opposants politiques en un laps de temps très court), de manière totalement disproportionnée. Tout le monde a entendu parler des purges staliniennes, beaucoup ignorent jusqu'au nom de Soeharto.

 

- Brésil, 1964 et Zimbabwe, 1991 : l'hécatombe maoïste version FMI

Aucun citoyen ne peut ignorer les grandes famines provoquées par Mao, suite à la collectivisation des terres en Chine. Elles ont tué entre 15 et 36 millions de Chinois. On a pris cette catastrophe comme prétexte pour assimiler toute idée de collectivisation à un désastre humanitaire. On ignore bien souvent qu'un drame de cette ampleur a eu lieu au Brésil, plus particulièrement de 1964 à 2002...à cause des mesures capitalistes autoritaires puis néolibérales du gouvernement.

Au Brésil, le Président populiste Joao Goulart, au pouvoir depuis 1961, avait entrepris de réformer les structures sociales extrêmement inégalitaires de ce pays, où les paysans étaient traités comme des esclaves par les latifundistes, et les habitants des bidonvilles sous-payés par les grands patrons. Mais une réforme agraire ou la multiplication par deux des salaires étaient des mesures que l'oligarchie brésilienne ne pouvait accepter. Aussi, en 1964, le gouvernement populiste est renversé par un coup d'Etat militaire mené par le général Castelo Branco, qui met fin à ce processus de réformes. Une fois au pouvoir, celui-ci réprime brutalement et systématiquement les grèves ouvrières et paysannes. Les grands possédants peuvent ainsi faire travailler leurs paysans et salariés sans aucune norme sociale. La misère des classes populaires, déjà considérable, s'aggrave. Des centaines de milliers de Brésiliens périssent chaque année à cause de la misère[3], d'accidents du travail, de maladies comme l'anémie ou le kwashiorkor. Alors qu'une épidémie de choléra se répand, le FMI contraint le gouvernement à stopper l'aide aux malades dispensée par le gouvernement précédent ; en échange, il lui prête des milliards de dollars qui permettent à l'Etat brésilien de renforcer son système de répression[3]. Des dizaines de milliers de Brésiliens succombent, victimes d'une maladie qu'autrefois les hopitaux prenaient en charge. Parmi les victimes de cette extrême pauvreté, la première épouse du futur Président Lula, morte dans ses bras devant la porte d'un hôpital fermé aux pauvres. à partir de 1985, le gouvernement prend une pente néolibérale. La misère continue à s'étendre.

Au total, dans la seule campagne brésilienne, entre 8 et 20 millions de Brésiliens ont péri durant les quarante années de dictature capitaliste puis de néolibéralisme (1964-2002) entamées par le putsch de Castelo Branco [3].

De gauche à droite : Mao ; une victime des grandes famines chinoises ; Castelo Branco, premier dirigeant de la dictature militaire brésilienne ; Robert Mugabe, président du Zimbabwe ; une victime de la faim au Zimbabwe.

Autre exemple stupéfiant, celui du Zimbabwe. Jusqu'en 1990, le Président Robert Mugabe avait mené des réformes socialistes efficaces : l'espérance de vie du Zimbabwe avait atteint 64 ans en 1990 (contre 56 ans en 1980). Mais après la Chute du Mur de Berlin, il décide de céder aux pressions de l'Occident et d'obéir au FMI ; Mugabe applique brutalement la recette néolibérale au Zimbabwe : il privatise intégralement le système de santé, cesse de dispenser de l'aide aux petits agriculteurs et ouvre son pays au libre-échange. La misère explose et l'espérance de vie chute. De 64 ans, elle passe à...37 ans [4].

Vous avez bien lu : l'espérance de vie moyenne au Zimbabawe est passée de 64 ans à 37 ans en une décennie ; le néolibéralisme a pratiquement divisé par deux la longévité des habitants du Zimbabwe.

L'idéologie dominante se sert des famines chinoises pour établir l'équation collectivisation=famine. Mais elle n'évoque jamais les millions ou dizaines de millions de Brésiliens tués par la misère sous la dictature capitaliste. De même, elle cache soigneusement le fait que le néolibéralisme, prôné par nos dirigeants en Europe, est le même qui a a divisé par deux l'espérance de vie au Zimbabwe.

 

- Timor Oriental, 1975 : les Khmers Rouges armés par Washington

Tout le monde est horrifié par le génocide des Khmers Rouges au Cambodge, mené par le terrible Pol Pot. Mais comme le remarquait Noam Chomsky [5], tout le monde ignore superbement le génocide qui a eu lieu au Timor Oriental, à peu près à la même période. Et pour cause, il a été commis par les hommes de Soeharto (le même), et soutenu militairement par les gouvernements occidentaux.

De gauche à droite : Pol Pot, responsable du génocide khmer rouge au Cambodge. Des victimes du massacre. Soeharto, instigateur du génocide au Timor Oriental ; des victimes du massacre.

En 1975, les troupes indonésiennes envahissent l'île du Timor Oriental, qui exigeait l'indépendance vis-à-vis de l'Indonésie. L'armée de Soeharto entame une campagne "d'encerclement et d'annihilation" de la résistance timoraise, présentée comme une armée de sauvages et de dangereux communistes. L'armée indonésienne bombarde les troupes du Timor avec des explosifs chimiques et du napalm, puis descend à terre ; les atrocités se multiplient : les soldats indonésiens brûlent des villages entiers, massacrent civils et militaires sans distinctions, violent les timoraises en masse, fracassant la tête des enfants timorais contre des rochers. Les survivants sont enfermés dans des camps de concentration, torturés et privés de nourriture ; des dizaines de milliers d'entre eux meurent de faim [6]. Pour vaincre les derniers résistants, l'armée indonésienne brûle les récoltes et empoisonne les sources d'eau.

à un témoin qui s'inquiétait de l'ampleur du massacre, un officier indonésien répond :

"lorsque vous nettoyez un champ, est-ce que vous ne tuez pas tous les serpents, qu'ils soient petits ou grands ?"

Des Timorais affamés par l'armée de Soeharto.

En 1975, 600.000 indigènes vivent sur cet îlot. Quelques années plus tard, il n'en reste plus que 400.000. Les troupes de Soeharto, selon Amnesty International et la Croix-Rouge, ont massacré 200.000 indigènes, soit un tiers de la population. On estime que Pol Pot aurait massacré entre 700.000 et 1.7 millions de Cambodgiens, soit entre 10% et un quart de la population cambodgienne.

Toujours le même phénomène. Selon l'idéologie dominante, un communiste doit assumer le génocide de Pol Pot ; en revanche, un partisan du capitalisme n'a pas à assumer celui de Soeharto.

 

- Le communisme, l'impérialisme, le libéralisme

Les programmes scolaires font de l'URSS le principal danger pour la paix durant la Guerre Froide. On parle aussi, heureusement, de la guerre du Viet-Nâm et de la guerre d'Irak ; mais ce ne sont que de regrettables erreurs commises par des Présidents impérialistes (Nixon, Bush), rattrapées par les efforts des présidents pacifistes (Eisenhower, Kennedy, Carter, Obama).

Les travaux de l'historien William Blum [7] font voler en éclat cette distinction. Ils démontrent que plus de 60 interventions militaires et ingérences américaines (financement et armement de groupes para-militaires...) ont eu lieu de 1947 à 1990, quel que soit le gouvernement. Bien entendu, elles n'ont pas cessé avec la Chute du Mur de Berlin, bien au contraire. Entre les présidents impérialistes et les présidents dits "pacifistes", il y a continuité, et non pas rupture.

Toutes ces guerres coloniales ou néo-coloniales sont presque systématiquement éludées des programmes scolaires, et bien entendu des médias. Tout le monde a entendu parler du terrible Khrouchtchev et de la répression des insurgés hongrois par les chars soviétiques en 1956. Mais beaucoup ignorent jusqu'au nom de Kissinger. Conseiller du Président Nixon puis du Président Ford, il approuve l'invasion du Timor Oriental par Soeharto ; avant cela, en 1973, il conseille à Nixon de bombarder le Cambodge dans le cadre de la Guerre du Viet-Nâm. 700.000 civils Cambodgiens sont tués par les bombes américaines [8][9].

De gauche à droite : Khrouchtchev. Un char soviétique en Hongrie, symbole archétypal de la répression soviétique. Kissinger. Des Cambodgiens victimes des bombardements américains.

On rapproche souvent le communisme et le nazisme, comme deux "totalitarismes". Dans le langage courant, "totalitarisme" signifie un régime exceptionnellement répressif et meurtrier, qui pratique la torture, la guerre, la famine... nous avons vu que de nombreux régimes libéraux correspondent à cette définition.

D'un point de vue plus conceptuel, la philosophe Hannah Arendt, très influente dans le camp occidental, définit le régime totalitaire comme celui qui cherche à tout contrôler, jusqu'à la conscience et la pensée de la population, pour la soumettre à une idéologie (nazisme ou marxisme selon elle), quelles que soient les conséquences humaines. Elle rapproche ainsi "communisme" et nazisme. Le régime de Soeharto, qui soumettait sa population à un lavage de cerveau par la propagande[1] et cherchait à contrôler de manière très stricte l'orthodoxie politique de chaque individu (celui qui écrivait "classe ouvrière" quelque part était emprisonné pendant douze ans), peut pourtant lui aussi être rangé dans cette catégorie. Autrement dit, le fait que certaines dictatures pro-occidentales de la Guerre Froide ne soient pas considérées comme "totalitaires" semble injustifié.

Hannah Arendt, philosophe juive allemande qui a consacré une partie de son oeuvre au concept de "totalitarisme". Ses thèses philosophiques ne manquent pas d'intérêt. En revanche, ses travaux ont été critiqués d'un point de vue historique ; elle ignore ou minimise par exemple l'influence du colonialisme, du racisme colonial, du capitalisme industriel et du fascisme sur le nazisme[10]. Elle ignore manifestement la vraie nature de certains régimes pro-occidentaux durant la Guerre Froide.

 

Mais, tout de même, rétorquent les libéraux, "le communisme a fait 100 millions de morts"...

 

2) La thèse de "l'exception communiste" : la paille et la poutre

Le "communisme" et ses 100 millions de morts, avec le nazisme, constituerait une sorte d'exception, une idéologie tellement meurtrière qu'elle serait incomparable aux autres en termes de nombre de victimes.

Il est exact que les victimes du communisme se comptent en dizaines de millions. Mais celles du capitalisme, depuis 1945, se comptent en centaines de millions.

Dans l'Evangile selon Saint Luc, le Christ déclare :

"Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, alors que tu ignores la poutre qui est dans le tien ?"

 

Tel est à peu près ce qu'un communiste pourrait rétorquer à un libéral qui l'accable avec les "100 millions de morts du communisme". Il n'y a aucun doute : les crimes des maoïstes et des Khmers Rouges furent effroyables ; mais pourquoi systématiquement occulter les crimes des libéraux, pourtant bien plus massifs ?

Jugez par vous-même.

Depuis 1945, les guerres menées par les pays occidentaux contre les pays du Tiers-Monde (de l'Indochine à l'Irak) ont tué entre 50 et 55 millions de personnes, selon les calculs de Noam Chomsky [11]. La plupart d'entre elles avaient pour but d'instaurer des régimes néo-coloniaux, puis néolibéraux, qui furent et sont toujours désastreux pour les peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Les chiffres des victimes de la pauvreté et de la faim dépassent l'entendement.

Selon les estimations les plus basses, 9 millions de personnes meurent de faim chaque année dans les pays du Sud [12]. Jean Ziegler, sociologue qui travaille avec l'ONU dans le cadre du droit à l'alimentaion, prend en compte les victimes des conséquences indirectes de la faim (vulnérabilité aux maladies, fragilité au travail, etc) ; il estime que chaque année, 36 millions de personnes meurent de faim et de ses conséquences[13]. Si l'on ajoute les victimes des maladies facilement soignées en Occident, des accidents du travail, des infections dues à l'eau polluée, toutes les victimes de la pauvreté au sens large, ce nombre s'élèverait à 58 millions de victimes annuelles [14]. Dans une grande majorité des cas, ces hécatombes ont lieu sous des gouvernements néolibéraux, proches du FMI, dont les ressources sont exploitées par les multinationales. Ces statistiques, dignes d'une dystopie qui aurait fait de la sélection naturelle le principe de l'ordre social, sont malheureusement celles du monde contemporain.

Victimes de l'impérialisme et du néolibéralisme. Des Cambodgiens bombardés par l'armée américaine ; une vietnamienne brûlée par le napalm (photos de Philip Jones Griffiths) ; un enfant congolais affamé. Bien souvent, ces deux phénomènes ne sont pas séparables : le néolibéralisme est une conséquence de l'impérialisme. Par exemple, c'est par l'impérialisme que les Occidentaux ont imposé au Congo un régime néolibéral.

Que l'on retienne le chiffre de 9 millions ou de 58 millions, si on le multiplie par le nombre d'années qui ont suivies la Chute du Mur de Berlin, on obtient un bilan bien supérieur aux "100 millions de morts du communisme".

Les programmes scolaires et les médias dominants font du nazisme et du "communisme" les deux idéologies les plus meurtrières du siècle. Acceptons, ce qui est très loin de faire consensus, que l'on puisse mettre sur le même plan nazisme, stalinisme et maoïsme. Pourquoi l'impérialisme occidental et le néolibéralisme ne figurent-ils pas parmi les idéologies les plus meurtrières du XXème siècle ? Il y a eu un Livre Noir du Communisme. à quand un Livre Noir de l'Impérialisme et un Livre Noir du Néolibéralisme, qui détaillent les centaines de millions de victimes de ces sinistres idéologies ?

Si un communiste doit assumer les "100 millions de morts", pourquoi un pro-capitaliste ne devrait-il pas assumer les centaines de millions de morts provoquées par l'impérialisme et le néolibéralisme ?

Si Staline suffit à jeter Marx aux ordures, pourquoi, après Mugabe et le néolibéralisme brésilien, conserve-t-on toujours Adam Smith ?

Les libéraux ont une réponse toute prête : il s'agit de la troisième thèse de l'anticommunisme.

 

3) La thèse du lien naturel, structurel, entre communisme et dictature. Une aberration historique.

Cette thèse soutient que Soeharto est un accident du capitalisme, tandis que Staline incarne l'essence même du communisme. On peut penser un libéralisme sans dictature, tandis qu'un communisme sans goulags n'est même pas concevable. L'histoire le prouve !

L'histoire prouve surtout que l'argument ci-dessus est faux. L'idéologie dominante confond, à dessein, corrélation et causalité : la plupart des régimes communistes ont été des dictatures ; donc, selon elle, les régimes communistes sont forcément dictatoriaux. Raisonnement absurde.

L'idéologie dominante, nous l'avons vu, dissimule l'existence des dictatures capitalistes, de telle sorte que le citoyen est porté à croire que le communisme a eu le monopole de la dictature (et des génocides, et des famines, etc...) pendant la Guerre Froide. Mais elle dissimule aussi, et c'est peut-être le plus important, l'existence de démocraties communistes ou socialistes ; le citoyen qui ignore leur existence est porté à croire que le communisme est structurellement incompatible avec la démocratie : habile stratagème.

Or il y a bel et bien eu, on l'ignore souvent, des démocraties communistes et socialistes. Pas dans le sens où un Etat démocratique aurait réalisé l'utopie socialiste, mais dans le sens où un gouvernement a tenté d'abolir le capitalisme dans un cadre démocratique.

De gauche à droite : Salvador Allende, président socialiste du Chili de 1971 à 1973. Daniel Ortega, leader du gouvernement marxiste-léniniste du Nicaragua de 1984 à 1990. Hugo Chavez, président du Venezuela de 1999 à 2013 (ouvertement socialiste à partir de 2006).

Chili, 1971. Le Front Populaire remporte les élections. Dirigé par Salvador Allende, son but affiché est d'abolir le capitalisme au Chili. L'oligarchie chilienne s'insurge. Aidée par la CIA, elle finance des assassinats politiques[15], une campagne de presse haineuse, des partis fascisants. Allende refusa toujours, malgré ces atteintes à la démocratie, malgré les rumeurs de coup d'Etat, de restreindre la démocratie libérale[16]. Après deux ans de pouvoir, Allende fut assassiné par l'aile droite de l'armée et remplacé par une dicature militaire.

Nicaragua, 1984. Les Sandinistes accèdent démocratiquement au pouvoir avec 60% des voix. Daniel Ortega, leur candidat, défend un programme "marxiste-léniniste" (nationalisations, sécurité sociale, etc...). Même scénario : l'oligarchie locale sabote l'action du gouvernement[17]. Les Contras, des terroristes massivement armés et financés par la CIA, assassinent des membres du gouvernement et brûlent des terres et des réserves pour créer un chaos social. Comme au Chili, malgré les agissements très peu démocratiques de la bourgeoisie, le gouvernement marxiste-léniniste n'a pas renié la démocratie. En 1990, les Sandinistes, battus par la droite aux élections, acceptent leur défaite.

Venezuela, 2006. Hugo Chavez, président depuis 1999, est élu avec 63% des voix en défendant un programme socialiste. Les médias occidentaux présentent le Venezuela comme une dictature. Pourtant, aucun doute n'est permis : les chaînes de télévisions sont inégralement privées (à 96%, contre 63% dans le cas de la France)[18] ; les élections sont transparentes et démocratiques : c'est ce qu'affirment toutes les commissions internationales[19]. De 1999 à aujourd'hui, le gouvernement venezuélien a appliqué des mesures socialistes (nationalisations, multiplication des salaires par quatre...), non seulement en respectant la démocratie libérale, mais en faisant progresser celle-ci vers un système de démocratie directe. L'opposition de droite, en revanche, ne respecte pas les scrutins démocratiques. Deux exemples : en 2002, l'armée renverse Hugo Chavez pendant 48 heures et place à la tête du gouvernement le patron du "MEDEF" venezuélien (Pedro Carmona) : un putsch soutenu et applaudi par 80% des médias privés, les partis libéraux et les Etats-Unis[20]. En 2015, l'armée tente d'assassiner Nicolas Maduro, successeur d'Hugo Chavez[21] ; un événement à peu près ignoré par la presse occidentale.

Ces trois exemples montrent qu'il n'y a aucun lien de cause à effet entre restriction des libertés économiques et restriction des libertés politiques. Autrement dit, qu'entamer des réformes socialistes ou communistes ne mène pas mécaniquement à la dictature.

Les libéraux, dans leur argumentaire, confondent volontairement corrélation et causalité.

Il est exact qu'il y a eu une corrélation, durant le XXème siècle, entre communisme et dictature : les états communistes ont la plupart du temps été dictatoriaux.

Il est faux qu'il ait eu un lien de causalité entre communisme et dictature : ce n'est pas l'adoption de réformes communistes qui a été la cause des mesures dictatoriales. Des gouvernements, une fois avoir pris le pouvoir par la force et instauré une dictature, ont imposé des lois socialistes :

- 1917 : Lénine prend le pouvoir, et dans le contexte de la guerre civile, interdit les partis et la presse non communiste ; ensuite, le Parti Communiste impose le collectivisme.

- 1945 : après la Seconde Guerre mondiale, des putsch pro-URSS ont lieu partout dans l'Est de l'Europe. Les partisans de l'URSS suppriment les institutions démocratiques, et imposent ensuite des mesures communistes

Ces deux exemples sont là pour démontrer que ce n'est pas "le communisme" qui a causé la dictature, la censure, le goulag, etc... ce sont à chaque fois des dictatures qui pratiquaient déjà la censure et la répression, qui ont ensuite imposé des mesures communistes. Cette différence est fondamentale. En effet, elle montre que le communisme n'est pas, par nature, une idéologie dictatoriale. Pourquoi, dans ce cas, les journalistes, hommes politiques libéraux, etc.. font-ils comme si le communisme avait été la cause des horreurs des régimes communistes ?

Sarkozy : "Le drapeau rouge, qui a été l'étendard de tant de tyrannies à travers le monde...".

Patrick Balkany : "La politique à l'Est du Rideau de Fer est celle que souhaitent les communistes [français]".

Inutile d'accumuler les citations : vous connaissez la chanson.

 

4) La thèse du lien naturel entre libéralisme et liberté

Ces oligarques sont, sans le savoir, les héritiers de Friedrich Hayek. Selon ce philosophe ultra-libéral, la restriction de la liberté politique est la conséquence nécessaire de la réduction de la liberté économique. Autrement dit, augmenter la sécurité sociale a pour conséquence de réduire les libertés démocratiques ; faire du collectivisme équivaut à leur suppression. Absurde. Mais c'est pourtant la thèse que défend la philosophe libéral, dans la Route vers la Servitude, lorsqu'il évoque ce "planisme" du Parti Travailliste anglais qui "constitue une menace pour notre liberté".

Friedrich Hayek. La "route vers la servitude" est la route vers le totalitarisme communiste qu'empruntent, selon lui, les gouvernements progressistes.

Il est très important de comprendre le raisonnement ci-dessus. En effet, Hayek ne s'attaque pas seulement au communisme : il s'attaque à l'idée d'Etat-providence, de redistribution des richesses, d'interventionnisme économique. Ce n'est plus seulement la vieille rengaine : "Communisme=100 millions de morts=Nazisme". C'est désormais "anti-libéralisme économique=dictature=Communisme=100 millions de morts=Nazisme".

Le philosophe préféré de Thatcher et de Reagan a fait un carton aux Etats-Unis ; ses analyses figuraient dans mon manuel d'histoire de Première. C'est dire l'influence qu'il a eu sur la pensée occidentale. Cette notoriété me terrifie, car elle équivaut à une marginalisation a priori de toutes les voix qui s'opposeraient au néolibéralisme. On peut pourtant remarquer qu'elle imprègne notre oligarchie médiatique et politique ; selon elle, s'opposer au néolibéralisme, c'est s'opposer à la liberté politique ; s'opposer à la liberté politique, c'est être le partisan de toutes les horreurs des "totalitarismes" nazis et communistes. Toutes les formes d'anti-libéralisme mènent donc au totalitarisme : le communisme, le socialisme, mais aussi le gaullisme, le souverainisme, l'Etat-providence, la social-démocratie (au sens historique du terme)...

Quelques exemples :

- Alexandre Adler, géopoliticien ultramédiatisé, sur le référendum de 2005 : "La bataille pour le “oui” sera (...) la défaite de tous ces altermondialistes qui ont tout à la fois la candeur et l'impudence de se déclarer "antilibéraux", disons simplement ennemis de la liberté".

- François Bayrou (à un militant qui lui parle du Conseil National de la Résistance) : "vous voulez mettre l'ensemble de l'économie sous le contrôle de l'Etat, c'est une entreprise totalitaire".

- Jacques Attali, au sujet de l'annulation de la dette : "vous voulez transformer la France en Corée du Nord".

 - Et le meilleur pour la fin, notre préféré, Bernard-Henri Levy. Il évoque Hugo Chavez, dont "la rhétorique antilibérale rappelle celle des régimes fascistes et nazis" (on appréciera la subtilité, et l'originalité de l'argumentation).

L'anticommunisme est devenu l'élément structurant d'une idéologie qui cherche à nous faire accepter l'équation "libéralisme économique=liberté politique"..

 

"La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature" (Noam Chomsky)

Cette phrase illustre, à mon sens, l'évolution qui s'est produite au XIXème siècle en France. L'oligarchie capitaliste se maintenait au pouvoir par la force de la matraque. Puis, avec la mise en place de la République (1875 en France), elle a compris qu'elle ne pourrait régner éternellement par la seule force brute ; c'est pourquoi elle a troqué la matraque contre la propagande. Autrefois, il était interdit de réclamer l'égalité ; avec la mise en place de la République, il fallait rendre impossible la pensée même de l'égalité, comme une aberration contre-nature. Grâce aux programmes scolaires imposés par l'Etat et aux journaux financés par les grands intérêts, l'oligarchie française a cherché à imposer une vision du monde que l'on peut résumer par l'équation "inégalité=ordre naturel des choses".

"Il n'est pas plus possible de changer la propriété comme pivot du monde social qu'il n'est possible de changer le soleil comme pivot du monde cosmique" (Jules Ferry)

Aujourd'hui, nous savons que le soleil n'est pas le pivot du monde cosmique, et que la propriété telle que la concevait Ferry (le monopole de quelques grandes familles sur les moyens de production) n'est pas non plus nécessairement le pivot du monde social.

C'est pourquoi les libéraux ont dû ruser : l'URSS, la Chine maoïste et la Corée du Nord tombaient à pic. Ces dictatures ont permis aux libéraux d'identifier communisme et dictature, comme si le fait qu'une dictature fasse du communisme rendait le communisme dictatorial par essence. Aujourd'hui, les libéraux vont plus loin : ils identifient dirigisme économique ou Etat-providence à dictature.

L'oeuvre entreprise par Jules Ferry est fidèlement achevée par nos gouvernements successifs. Un citoyen qui ne réfléchirait que d'après les programmes scolaires et les journaux mainstream ne pourrait penser le concept d'égalité, de révolution ou de dirigisme économique que comme des aberrations contre-nature. Tous ceux qui sont allés trop loin dans le dirigisme économique ont instauré les pires régimes de tous les temps : les programmes scolaires le disent ; il n'y a pas de liberté politique sans libéralisme économique, tous les journaux le répètent. Programmes scolaires et médias imposent aux citoyens une certaine lecture de l'histoire, une certaine vision du monde, présentée comme "objective" et "neutre" ; cette vision du monde structure leur pensée et les conduit à rejeter mécaniquement le communisme, le socialisme, et bientôt toute forme d'anti-capitalisme, comme des fantaisies monstrueuses parce que contraires aux lois de la nature.

Il est très important de combattre cette vision du monde et les arguments sur lesquels elle repose. En rappelant :

1) Que la thèse du "totalitarisme" communiste est fausse. La répression, la guerre, les famines et les génocides ont été régulièrement pratiqués par les régimes capitalistes au XXème siècle.

2) Que la thèse de "l'exception communiste" est fausse ; ce n'est pas l'idéologie la plus meurtrière du siècle avec le nazisme. Les crimes des régimes capitalistes excèdent largement ceux des régimes dits communistes.

3) Que la thèse du lien structurel entre communisme et dictature est fausse. Il y a eu des démocraties socialistes. Et ce n'est pas l'adoption de mesures communistes qui a poussé la Corée du Nord ou la Chine à devenir des dictatures. Les dictatures communistes ont été des dictatures avant de devenir communistes, et pas l'inverse.

4) Que la thèse du lien naturel entre capitalisme et liberté est fausse. Il n'existe aucun lien naturel entre libéralisme économique et liberté politique.

Le cinquième mensonge le plus grossier inculqué par nos programmes scolaires est sans doute celui qui consiste à nous faire croire que depuis 1875 nous vivons dans un système démocratique[22]. Mais ceci est une autre histoire...

 

Sources :

[1] Le gouvernement de Soeharto admet avoir exécuté 500.000 communistes. Amnesty International estime que durant la seule année 1966, "bien plus d'un million" d'Indonésiens ont été massacrés. Le Parti Communiste d'Indonésie (qui n'était pas le seul à avoir subi la répression) déclare que deux millions de ses membres ont été tués. Le journal indonésien Tempo, lui, évoque trois millions de victimes. Voire le documentaire mis en ligne à la toute fin de l'article du PRCF : http://www.initiative-communiste.fr/articles/international/300965-massacre-occulte/ . L'article, très sourcé et documenté, est par ailleurs intéressant.

[2] Les sources gouvernementales admettent l'emprisonnement d'entre 1.6 et 1.8 millions d'ennemis du régime.

[3] Jean Ziegler, l'Empire de la Honte, quatrième partie : "Brésil, les voies de la libération". Ce chapitre évoque magistralement l'histoire contemporaine du Brésil, de la dictature oligarchique des années 1960 à l'arrivée au pouvoir de Lula. à noter que les chiffres que donne Jean Ziegler (des centaines de milliers de Brésiliens annuellement victimes de la misère) ne touchent que la campagne ; si on y ajoutait les victimes de la misère en ville (où résidait tout de même 58% de la population en 2002), le bilan dépasserait certainement les 20 millions.

[4] Concernant le Zimbabawe et ses statistiques hallucinantes, en 1995, la Banque Mondiale elle-même (http://www-wds.worldbank.org/servlet/WDSContentServer/WDSP/IB/1995/04/21/000009265_3961019095856/Rendered/PDF/multi0page.pdf) reconnaît les progrès dûs aux mesures socialistes de Mugabe durant la décennie 1980, critique les coupes dans le secteur de la santé (qui a poussé les médecins à fuir le pays), et prédit une chute de l'espérance de vie. En 2004, l'espérance de vie avait chuté à 34 ans pour les femmes et 37 ans pour les hommes selon le World Health Organization : http://www.afro.who.int/index.php?option%3Dcom_docman%26task%3Ddoc_download%26gid%3D61%2BCountry+Health+System+Fact+Sheet+2006+Zimbabwe%22&gbv=2&&ct=clnk . Pour la petite histoire, dès 2002, Mugabe a renié sa néolibérale, renoué avec sa rhétorique socialiste d'antan, et est redevenu l'ennemi juré de l'Occident ; malgré quelques réformes sociales (réforme agraire, aide aux petits agriculteurs), le mal était fait : les infrastructures de santé ont été détruites durant la décennie 1991-2002, et l'espérance de vie est restée extraordinairement faible.

[5] "Timor Oriental, l'horreur et l'amnésie" de Noam Chomsky, excellent article publié dans le Monde Diplomatique et disponible ici en français : http://cabal.rezo.net/spip.php?rubrique226 .

[6] East Timor Genocide : documentaire édifiant qui relate le génocide subi par les habitants du Timor Oriental. http://www.youtube.com/watch?v=WLKBiDz8mao

[7] Voir William Blum, Killing Hope. Un livre qui détaille les interventions militaires des USA, de 1947 à 1995. Très utile pour comprendre qui constituait un danger pour la paix durant la Guerre Froide...et pourquoi cette guerre n'a pas été "Froide" !

[8] Un rapport de la CIA, (qu'on n'accusera pas d'anti-américanisme primaire) estime qu'entre 600.000 et 700.000 Cambodgiens sont morts sous les bombes américaines : http://www.mekong.net/cambodia/demcat.htm

[9] Au passage, ce sont les bombardements de Kissinger qui permirent à la petite escouade de Pol Pot (10.000 hommes) de devenir une gigantesque armée (200.000 hommes) et de prendre le pouvoir. Noam Chomsky, évoque ici ce lien de cause à effet méconnu : http://www.chomsky.info/interviews/20101006.pdf

[10] Pour une critique marxiste du concept de totalitarisme tel qu'il est pensé par Hannah Arendt, voire les travaux de Domenico Losurdo. L'extraordinaire ouvrage de Johann Chapoutot, La loi du sang : penser et agir en nazi, permet aussi de saisir les filiations entre le capitalisme du XIXème siècle et le nazisme (selon l'auteur, le nazisme n'est qu'une fusion et une intensification de divers éléments idéologiques qui lui pré-existent).

[11] Noam Chomsky : L’Occident terroriste. D’Hiroshima à la guerre des drones. Sur le bilan des guerres coloniales et néo-coloniales.

[12] Le blog d'Olivier Berruyer (http://www.les-crises.fr/la-faim-dans-le-monde/), résume les estimations les plus basses des victimes de la faim dans le monde. Il rapporte les calculs du World Food Program, une branche de l'ONU spécialisée dans le droit à l'alimentation.

[13] Jean Ziegler, l'Empire de la Honte, chapitre "la faim", sur les victimes annuelles de la faim dans le monde et de ses conséquences indirectes. Le chiffre s'élèverait à 36 millions de victimes pour l'année 2006. Ziegler se base sur les chiffres de la FAO, un organe de l'ONU.

[14] Jean Ziegler, la Haine de l'Occident, épilogue, sur les victimes de la misère au sens large. Il se base sur les calculs de l'ensemble des institutions de l'ONU (OIT, FAO, OMS) spécialisées dans les conditions de travail, l'accès à l'alimentation, à l'eau potable, aux soins, etc... Il avance le chiffre de 58 millions de victimes annuelles.

[15] Salvador Allende, de Patricio Gùzman. Documentaire de deux heures qui retrace le parcours d'Allende et insiste sur les machinations de Nixon, de la CIA et de l'oligarchie chilienne.

[16] La bataille du Chili de Patricio Gùzman, documentaire de trois heures et demies qui retrace l'histoire du Chili, de l'élection d'Allende au putsch de Pinochet. https://www.youtube.com/watch?v=7f-4b9U02-M

[17] "Teaching Nicaragua a lesson", de Noam Chomsky ; très intéressant pour comprendre le Nicaragua sandiniste, et la manière dont la bourgeoisie et les USA ont mis un terme à une expérience démocratique et socialiste. http://www.chomsky.info/books/unclesam08.htm.

[18] "Médias et Venezuela : qui étouffe qui", article du Monde Diplomatique, qui révèle que 96% des médias sont privés au Venezuela. Crucial pour comprendre à quel point le mensonge est institutionnalisé dans nos médias. http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-12-14-Medias-et-Venezuela

[19] "50 vérités sur Hugo Chavez et la Révolution bolivarienne", de Salim Lamrani. Article qui permet de comprendre que puisque toutes les institutions internationales (l'UE comprise, pas franchement favorable à Chavez) reconnaissent que les élections venezueliennes sont démocratiques et transparentes, les seuls à affirmer le contraire sont...nos médias privés. http://www.legrandsoir.info/50-verites-sur-hugo-chavez-et-la-revolution-bolivarienne.html

[20] La Révolution ne sera pas télévisée, de Kim Bartley et Donnacha O'Brien, qui retrace le coup d'Etat de 2002. à voir absolument, pour comprendre où sont les partisans et les ennemis de la démocratie. https://www.youtube.com/watch?v=P6DyrhhVLM8

[21] "La tentative de coup d'Etat contre le Venezuela", d'Ignacio Ramonet. http://www.medelu.org/La-tentative-de-coup-d-Etat-contre

[22] Je renvoie ceux qui ne le connaissent pas encore aux conférences d'Henri Guillemin, notamment L'autre avant-guerre (2) et le fascisme en France, dans lesquelles il développe cette thèse selon laquelle la IIIème république est une oligarchie travestie en démocratie, de l'aveu même de ses fondateurs : https://www.youtube.com/watch?v=giyAKxa4sKk . https://www.youtube.com/watch?v=W7OZWeZvUNU .



195 réactions


  • TARTOQUETSCHES TARTOQUETSCHES 25 juin 2015 10:20

    Pour ajouter de l’eau à votre moulin, on ignore souvent que Pol Pot est arrivé au pouvoir au Cambodge après les campagnes de bombardements us qui on « fait place nette » en détruisant systématiquement villes et villages pour détruire les voies de ravitaillements vietcons.

     Beaucoup de paysans cambodgiens ont rejoint les Khmers rouges qui n’était auparavant qu’un groupuscule, suite à ces massacres (plusieurs centaines de milliers de morts) et à la guerre civile soutenue par les us.

    Et on ignore aussi que les Khmers Rouges ont été chassés du Cambodge en 1979 par ...le Vietnam communiste.


    • Dwaabala Dwaabala 25 juin 2015 11:00

      @TARTOQUETSCHES
      Parfaitement exact.


    • agent ananas agent ananas 25 juin 2015 16:10

      @TARTOQUETSCHES
      Et on ignore aussi que les Khmers Rouges ont été chassés du Cambodge en 1979 par ...le Vietnam communiste.

      C’est pour cette raison que après leur chute, les khmers rouges furent aidés indirectement par les US à travers la Chine de Deng. Les US reconnaissaient aussi comme légitime au siège de l’ONU la coalition du peuple khmer (royalistes du FUNCIPEC, nationalistes du FNLPK et les khmers rouges du PKD). Les US n’ayant à l’époque pas encore digérés leur défaite contre le Vietnam quelques années plus tôt. Nous sommes alors en pleine guerre froide.
      En outre, durant les années 80 les khmers rouges opèrent à partir de bases en Thaïlande grâce à la bienveillance de la junte militaire thaïe pro US. Entre 1985 et 1989, la farouche anticommuniste Thatcher envoie ses SAS entrainer les khmers rouges.


  • howahkan Hotah 25 juin 2015 10:24

    Ceci , pour moi, fut, simplement parce que le pseudo communisme, le pseudo marxisme, le pseudo trotskisme le pseudo socialisme etc etc à été depuis son début un sous marin des mêmes personnes qui essayent de diriger le monde de manière planétaire depuis le siècle des lumieres....éteintes est le mot qui manque ici .

    il n’y a jamais eu d’opposition profonde réelle organisée face aux pouvoirs financiers,car ce sont ces mêmes pouvoirs qui ont aussi créé cette fausse opposition...

    nous la masse sommes ainsi responsable de notre sort aussi...car mon voisin est juste un gros con

    en marketing j’appelle cela le syndrome de L’Oréal...comment dominer le marché ? simple ,créons nous même notre principal concurrent : Roja-Garnier.....çà marche tres bien.

    ensuite ce principe commence à mal fonctionner petit à petit , car des gens sérieux vont s’engouffrer dedans et réellement essayer une société juste de fabrication collective et de partage, ce qui ne devrait exclure en rien la floraison des capacités et gouts personnels de chacun mais plus jamais en volant le collectif et en se servant des autres humain..ce que le financier mondialiste et amis acheté à vil prix ne veut pas car sa fin est alors imminente..


    • howahkan Hotah 25 juin 2015 12:12

      @howahkan Hotah

      ainsi ces gens ont soit créé une idéologie de pouvoir meurtrière soit en + carrément inventé des morts là ou il n’y en avait pas assez à leur goûts...

      bien sur ce qui est derriere le pseudo communisme et autres idéologies est le neocons-sionisme financier totalitaire et allies de circonstance...chaque homme ayant un prix comme une marchandise..ah que ne ferait t’ on pas pour essayer d’oublier que demain je serais mort..,

      L’idée était de présenter au monde un système répulsif « clé en main, » genre toutes les images des films tournées en Russie ou pays de l’est était toujours en hiver....sous la neige , le vent, la pluie le froid etc etc et aux us sous le soleil, femmes à poils, les obèses hors du cadre etc..

       comme on nous impose qui haïr et qui aimer, enfin pour ceux qui ont perdu leur cerveau à la foire du trône dans les manèges circulaires à rotation centrifugeuse trop rapide pour le cerveau qui part alors dans les virages smiley pour atterrir au rayon merguez !! ..

      ..., quitte bien sur à aussi beaucoup mentir, le tout pour comme maintenant faire arriver le sauveur devant toute la planète était censée se mettre à genou ...système pseudo communiste qui malgré tout allait réussir a commencer à fonctionner de + en + et qu’il fallait donc arrêter à tout prix avant que cela ne marche bien..travail pour tous etc d’où la nécessité de détruire L’URSS..bien sur..travail admirable fait par un agent us et un alcoolique pour finir le travail ......

      mais le plan n’était pas celui là car ,des 1940 tout l’occident aurait du etre sous hégémonie financière usioniste...par le truchement de leur sous marin allemand....et alliés...la France était elle deja une alliée des us donc allemande comme d’autres ???

      les russes ont empêché cela....au prix de 27 millions de morts, au total deux guerre capitalistes qui ont fait 80 millions de morts direct...un détail de l’histoire...la souffrance à ses propres héros..les morts n’ont pas tous la meme valeur de gâchis humain..

      Alors aujourd’hui meme scenario , le méchant c’est les islamistes et Soral et Dieudonné et tiens encore les russes...voila un méchant qu’il est bien !! ...si si..islamistes qui ont l’excellente idée de ne s’en prendre que à des islamiste, sûrement un problème de vue ?? soral ni Dieudonné ne s’en prenant pas aux islamiste du quotidien comme ils disent mais au faux terroristes organisés,armés et aidés par qui vous savez... ...les cons smiley..

      la terreur essaye de se propager pour essayer de nous refaire le coup des communistes après le coup des mauvais allemands bouh les vilains méchants ..le but et la méthode étant meme dans des livre..du chaos sortira l’ordre..eh... tu parles Charles...du chaos sortira plus de chaos...

      Bon on fait quoi ? on continue la competition donc la guerre ou on change de direction...

      sinon on va voir quel faux sauveur nous proposera t’ on , on a une idée...mais chut....silence....


    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 10:11

      @howahkan Hotah

      Bonjour,
      J’imagine que lorsque vous écrivez que le socialisme « a été depuis son début un sous marin es mêmes personnes qui essayent de diriger le monde de manière planétaire », vous vous référez aux travaux de Stutton. Il est exact que les bolchéviks ont reçu des fonds de leurs ennemis jurés (les financiers américains). Cependant, ce n’est pas pour des raisons idéologiques qu’ils ont aidé Lénine, mais pour des raisons beaucoup plus pragmatiques : la Russie autoritaire du Tsar, allié gênant de la France, empêchait les Etats-Unis de rentrer en guerre contre l’Allemagne au nom de la démocratie et de la liberté (avec le Tsar comme allié, c’était peu crédible). C’est pourquoi les financiers ont été ravis que les bolchéviks renversent le Tsar... Mais n’oublions pas :
      - Que l’une des premières décisions des bolchéviks fut d’annuler la dette russe et de nationaliser l’intégralité du secteur bancaire. 
      - Que les financiers de Wall Street ont ensuite massivement financé la contre-révolution tsariste.
      Bref, il me semble que voir dans Lénine le sous-marin du capitalisme mondialisé, comme c’est assez à la mode ces temps-ci, est une erreur...
      On peut reprocher beaucoup de choses aux blockéviks, mais pas d’avoir été au service des 1% qui gouvernent aujourd’hui.

    • Rétif 28 août 2015 23:34

      @Vincent O
      Lénine,sous marin du capitalisme ?
      Bien sûr que non !
      Il a seulement constaté vers sa fin que le communisme,après tout,n’était rien d’autre qu’un capitalisme
      d’Etat ! (bureaucratique) !


  • Le p’tit Charles 25 juin 2015 10:39
    Communisme = La foire aux illusions perdues...sur le plus grand cimetière du monde...

    • Dwaabala Dwaabala 25 juin 2015 11:11

      @Le p’tit Charles
      le plus grand cimetière du monde.
      Avez-vous seulement lu l’article ?


    • Le p’tit Charles 25 juin 2015 13:12

      @Dwaabala...Bonjour..c’est juste une interprétation du « Communisme »...en général pas de l’article dans son ensemble...vous auriez pu faire la différence.. ?

      Bonne journée.

  • soi même 25 juin 2015 10:51

    Que cela vous plaisez où vous plaisez pas, le communisme a fait 100 millions de morts.

    Arrêtez de vous justifier avec une citation du nouveaux Testament la paille et la poutre , reconnaissez le fait objectivement, comme nous sonnes en faite les témoins ce qui c’est tramé depuis 1890.

    http://www.schauungen.de/forum/index.php?id=200


    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 10:39

      @soi même
      Bonjour,

      Je n’ai pas contesté les cent millions de morts, mais ils ne font pas consensus parmi les historiens. Seulement, n’oublions pas :
      - Que le colonialisme a tué bien plus de cent millions de personnes
      - Que le capitalisme industriel a tué bien plus de cent millions de personnes
      - Que le néo-colonialisme et le néo-libéralisme ont tué plusieurs centaines de milliers de personnes.
      Bref, les régimes communistes n’ont pas été anormalement meurtriers par rapport aux autres. Encore une fois, cela n’excuse pas leurs crimes. Mais cela devrait nous inciter à nous préoccuper des crimes du néolibéralisme...qui est l’idéologie dominante aujourd’hui.

      Je n’ai pas pu lire votre premier lien, ne maîtrisant pas l’allemand. Votre second lien ne prouve rien du tout ! Staline et Roosevelt ont été pendant quatre ans des alliés objectifs contre Hitler, donc Roosevelt=Staline et capitalisme=communisme soviétique ?! à ce compte-là, Etats-Unis de Obama=Iran de Rohani=Russie de Poutine puisqu’ils se sont unis pour combattre l’Etat islamique...
      N’oublions pas non plus :

      - Que le fascisme est d’abord une émanation de l’oligarchie capitaliste (1922 : Mussolini marche sur Rome avec le soutien du « MEDEF » italien (la Comfindustria) et des banquiers ; première loi économique du régime fasciste : réduction de 90% des impôts sur les banques et les grandes sociétés...).

      - Que les banques américaines ont financé le Parti Nazi (parmi elles, la Banque d’Amérique de Prescott Bush, le grand-père de George W), et continué à commercer avec le régime nazi jusqu’au bout.

      - La victoire de l’Allemagne nazie sur l’Europe aurait été une catastrophe économique pour les Etats-Unis. Ceux-ci ne voulaient pas d’une économie protectionniste qui aurait freiné leur puissance. Ceci explique leur engagement contre l’Allemagne nazie, bien plus que la nouvelle monnaie allemande mise en place par Hitler...

      Bref, pas de collusion idéologique américano-soviétique...

    • soi même 26 juin 2015 11:25

      @Vincent O, dominator quarte et dimidie partis totius Imperii Romanie redresseur de tord de la veuve et de l’orphelin , l’enfer est sur Terre et il est toujours pavée de bonne attention, c’est our cela qu’il a y a une telle entendant des homme pour le massacre au mon de l’idéologie ......

      https://www.youtube.com/watch?v=l2F5qaHzkj0


  • oncle archibald 25 juin 2015 11:02

    « Le but de cet article n’est pas de convertir ses lecteurs au communisme : son auteur ne l’est même pas. »


    Heureusement que vous n’êtes pas communiste parce qu’alors qu’auriez vous écrit ! 

    Vous êtes juste anti occidental. Soit, et même en supposant qu’e l’on admette votre super argument « pas tant que toi », on va où ? Montrez nous ce qui fait que nous devrions opter pour le communisme. Les expérimentations de ce système ne démontrent pas à mon avis qu’il est la voie royale pour accéder au nirvana et au bonheur universel. 

    Pour moi il n’est qu’une dictature comme une autre, déguisée en démocratie, avec une « aristocratie » qui dépend de votre activité militante et non pas de vos mérites. 

    Plus dans les titres que revendique un régime on trouve « démocratique » et « populaire » plus on constate que les élections sont des plébiscites et que pour s’opposer au pouvoir en place il faut quasiment donner son nom et son adresse…. Les élections à résultats 99,9 % m’ont toujours fait rire !

    « République démocratique et populaire d’Algérie », « République démocratique et populaire de Corée », « République démocratique et populaire du Yemen » … Rien que des paradis !

    • leypanou 25 juin 2015 15:33

      @oncle archibald
      « Montrez nous ce qui fait que nous devrions opter pour le communisme » : où est-ce que l’auteur dit qu’on devrait opter pour le communisme ?

      Êtes-vous sûr de ne pas avoir quelques hallucinations de temps en temps ?


    • oncle archibald 25 juin 2015 16:09

      @leypanou : en plus de savoir lire le texte que l’on me propose je sais aussi lire « entre les lignes ».


      Cet article me fait penser à un bon mot de Salvador Dali : Picasso est communiste. Moi non plus ! Ca ressemble à cela lire entre les lignes ….

    • mmbbb 25 juin 2015 19:07

      @oncle archibald Picasso etait certes communiste mais il avait l’art du marketing


    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 10:48

      @oncle archibald
      Bonjour,

      Je pense juste qu’il faut cesser de regarder les communistes comme des sanguinaires et des dictateurs en puissance. Ce n’est pas parce que certains ont commis des crimes sanglants au nom du marxisme (Staline, Mao, etc...), que l’idée du marxisme est mauvaise en soi. Sinon, autant condamner l’idée républicaine sous prétexte des massacres de Cromwell dans l’Angleterre républicaine...

      J’ai essayé de montrer que des réformes socialistes (Chili, 1971. Nicaragua, 1984. Venezuela, 2006) n’entraînent pas nécessairement une réduction des libertés politiques et démocratiques. Je crois que ces expériences prouvent que l’on peut considérablement restreindre la liberté économique sans toucher à la liberté politique.
      (Par ailleurs, quand on voit le degré de démocratie dans les pays occidentaux, on peut aussi sérieusement se demander si le libéralisme économique n’est pas, à terme, incompatible avec la démocratie). 

  • Dwaabala Dwaabala 25 juin 2015 11:07

    J’ai voté des deux mains pour la publication.
    Une suggestion d’explication : pour ceux qui ne veulent voir que les 100 M. de morts du communisme, il n’y a pas en face un autre système qui serait le capitalisme, mais une donnée quasi naturelle dans laquelle la société vit et est appelée à vivre ad vitam æternam.


    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 10:54

      @Dwaabala
      Bonjour,

      J’espère que cette donnée (selon laquelle toute société est par essence meurtrière) n’est pas appelée à vivre ad vitam aeternam, mais qu’on peut espérer, un jour, y mettre un terme...après tout, avant le Néolithique, les sociétés ne vivaient pas dans un état de guerre perpétuelle, d’inégalité structurelle ou de violence omniprésente...
      Cependant il est clair que nous vivons dans un système économique dont les crimes excèdent largement les « cent millions de morts »...

  • CN46400 CN46400 25 juin 2015 11:21

    En fait, le capital qui est encore au pouvoir, est parvenu, pour le moment, à retourner en sa faveur une idée mortelle pour sa domination. 

    Plus que d’un projet, le communisme (à chacun selon ses besoins) est devenu, par la grâce des médias de son adversaire, la désignation de régimes politiques dont aucun n’a réalisé l’objectif réel du communisme. Dans le domaine de la confusion, on a, ainsi, largement dépassé le duo « frigidaire-réfrigérateur ».
    Par contre personne n’a réussi à établir un lien aussi puissant entre, par exemple « capitalisme » et « nazisme » ou « fascisme » ou « esclavage » ou « extermination » des indiens. De toutes façons le terme « capitalisme » n’est franchement employé que par ses opposants, comme si le capital, si peu sûr de sa légitimité, censurait lui-même sa propre réalité. Alors que ce système existe très concrètement, et qu’on n’hésite jamais à vanter ses possibilités, d’enrichissement entre autres (ex Drahi qui a trouvé 30 milliards d’€) dans les banques « ruinées » par les grecs......

    • César Castique César Castique 25 juin 2015 11:34

      @CN46400

      « ...le communisme (à chacun selon ses besoins)... »


      Ça j’adore, mais avant de m’engager, j’aimerais savoir :

      1. Par qui et comment seront déterminés les besoins de chacun ?

      2. Comment seront traités ceux qui ont besoin de beaucoup de truffes, de beaucoup de langouste et de beaucoup de filet de charolais ?

    • CN46400 CN46400 25 juin 2015 14:32

      @César Castique


      Le capitalisme ne fonctionne correctement que pour ceux qui profitent, en permanence, des inégalités. Manger des truffes à tous les repas n’est un scandale que par rapport a ceux dansent du ventre devant les buffets. Que chacun puisse normalement étancher sa faim et la truffe du bourgeois perdra son immoralité. 
      Le seul problème c’est que le capitalisme n’a jamais, et nulle part, permis une coexistence harmonieuse entre le bourgeois qui vit, plutôt bien, du travail d’autrui et le prolos qui, lui, est obligé de travailler pour vivre. En plus clair, le prolo paye sa truffe avec son travail et aussi celle(s) du bourgeois. Et, du coup l’ambiance s’en trouve contrariée.....  

    • César Castique César Castique 25 juin 2015 15:39

      @CN46400

      "
      Le capitalisme ne fonctionne correctement que pour ceux qui profitent, en permanence, des inégalités."

       

      On ne peut pas dire que ce soit une différence avec le communisme réellement appliqué. A cet égard, « La Ferme des animaux », en tant qu’oeuvre de fiction, est plus informative, quant à la rencontre de l’*édification du socialisme" et de la nature humaine, que n’importe quelle expérience de terrain.

       

      "Manger des truffes à tous les repas n’est un scandale que par rapport a ceux dansent du ventre devant les buffets."

       

      Manger des truffes à tous les repas est davantage un comportement de parvenu nomenklaturiste que d’entrepreneur capitaliste. Le type le plus riche que j’aie reçu à ma table – un ingénieur de génie -, me fait encore regretter d’avoir passé un matin et un après-midi à préparer un repas à prétention gastronomique, alors qu’une boîte de cassoulet William Saurin aurait amplement suffit à satisfaire ses besoins physiologiques. Je me suis aperçu qu’il n’en avait pas d’autres.

       

      «  Que chacun puisse normalement étancher sa faim et la truffe du bourgeois perdra son immoralité. »¨


      Puisque de toute façon il n’y aura plus de bourgeois, vous parlez de quelque chose qui n’existera plus. Et, malgré cela, il n’y aura jamais assez de truffes pour tout le monde, alors, ce seront Napoléon, Boule de neige, Brille-Babil et leurs séides qui se les partageront.


      « Le seul problème c’est que le capitalisme n’a jamais, et nulle part, permis une coexistence harmonieuse entre le bourgeois qui vit, plutôt bien, du travail d’autrui et le prolos qui, lui, est obligé de travailler pour vivre. »


      Lorsqu’un patron est soucieux du bien-être de ses employés et les traite en conséquence, vous parlez, avec toute la charge de mépris dont vous êtes capables, de « paternalisme », parce que votre pire ennemi, ce n’est pas l’esclavagiste, mais l’employeur qui éloigne le salarié de vos chimères émancipatrices.


      Il aura fallu les négociations avec Drahi pour que j’apprenne que les employés de Bouyghes détiennent près du quart du capital de l’entreprise et 30 % des votes, lors de l’assemblée des actionnaires. Je ne pense pas que ceux-là en aient quelque chose à cirer de l’abstraite propriété collective des moyens de production.


      Cela dit, vous n’avez pas répondu à ma première question, qui portait sur la détermination bureaucratique des besoins de chacun.


    • CN46400 CN46400 25 juin 2015 16:28

      @César Castique


      Evidemment il vous faudrait une petite dose de sérénité pour que vous puissiez assimiler correctement la formule « à chacun selon ses besoins » Dans ce cas vous comprendriez que cette formule caractérise évidemment un idéal à viser plutôt qu’une réalité à atteindre. C’est précisément au nom de cette visée que les communistes français ont installé la Sécurité Sociale, généralisé le principe de la retraite, nationalisé l’électricité..etc. Bref, introduit des éléments qui font qu’il y a dans la France actuelle beaucoup de personnes qui voient leurs besoins essentiels satisfaits sans être obligés de fournir un quelconque travail. Sans, pour autant, se sentir oblige de renvoyer l’ascenseur le jour des élections !

       En fait, la question actuelle est celle du socialisme :« à chacun selon son travail ». Le capital est, pour l’essentiel, chez Bouyghes aussi, détenu par des gens qui ne savent même pas (cdvi, sipav etc etc ) dans quelles entreprises il est investi. Seul compte pour eux la pente, positive ou négative, du taux de profit. Etre communiste c’est viser une situation où le prolos, celui qui doit travailler pour vivre, ait la plus large maîtrise possible de son existence . Et tant pis si cela se fait au détriment du capital et de ceux qui le possèdent. 

    • oncle archibald 25 juin 2015 16:37

      @César Castique 


      J’ajoute au sujet du « bourgeois qui vit, plutôt bien, du travail d’autrui et le prolos qui, lui, est obligé de travailler pour vivre » que je connais un grand nombre de « travailleurs » que Numerobis 46400 doit qualifier de « bourgeois » juste parce qu’ils gagnent bien leur vie en travaillant 12 heures par jour, et des gens qui travaillent très peu mais perçoivent un salaire plus que décent juste parce qu’ils ont bénéficié d’une « bonne planque » dans une administration, planques dont nos amis cocos sont très friands et qu’ils obtiennent facilement par leur militantisme.

      Ce qu’il souhaite Numérobis ça n’est pas que le prolo puisse se régaler d’un pavé de Charolais, mais juste que vous vous ne puissiez plus en manger à votre guise. 

      Numérobis est équipé d’oeillères comme les vieux chevaux de trait et n’a même pas remarqué que « la masse laborieuse », les mecs qui se font tomber du charbon sur la gueule toute la journée dans un bruit d’enfer façon « les damnés de la terre », ça n’existe plus nulle part, sauf peut être encore dans les pays communistes les plus arriérés façon Corée du Nord. 

      Je lui conseille de regarder un dictionnaire au mot « haveuse » et au mot « robotisation ». Son ex clientèle elle a compris depuis longtemps que les temps avaient changé et comme elle est facilement leurable elle s’est choisie une autre utopie. Elle admire désormais la Marine Française ! Qui aurait pu croire ça il y a seulement trente cinq ans à l’avènement de François premier de Latché !


    • oncle archibald 25 juin 2015 16:49

      @CN46400 : « Le capitalisme ne fonctionne correctement que pour ceux qui profitent, en permanence, des inégalités. »


      Et ceux qui s’acharnent à les gommer les inégalités, il en pense quoi Numéro 400 ? Beaux parents d’un de mes fils : lui espagnol immigré en France avec son père, elle fille d’un maraicher. Lui cuisinier et elle serveuse dans un petit restau à Paris. Vous connaissez ces métiers ? Il n’y a pas pire : très pénible et mal payé. Ils bossent quand même durement et économisent comme des ânes puis achètent ou créent je ne sais pas, un petit restau à eux. 

      Pendant des années ils gagnent beaucoup d’argent contre beaucoup de travail, revendent leur restau et achètent un petit bistrot qui ne marche pas à Perpigan. Ils en font le bistrot à tapas ou vient se régaler toute l’exécrable bourgeoisie de la ville. Ils le revendent et prennent leur retraite après avoir acheté quelques appartements qu’ils louent. Ils ont pu payer des études supérieures à leurs filles : toutes les deux enseignantes dont une a passé un doctorat d’état.

      On les met ou dans votre trieuse ? Travailleurs ? Bourgeois ? Capitalistes ? Ils font comment dans un pays communiste pour se sortir de la merde dans laquelle ils se trouvaient par le fait du hasard de leur naissance pour prendre « l’ascenseur social » ?


    • rocla+ rocla+ 25 juin 2015 16:57

      Manger tous les jours des truffes  des côtes de boeuf et les 

      langoustes , à la fin c ’est pénible .

      Deux oeufs frais de poule c ’est super . 

      Essayez , vous verrez .

      Mangez pendant trente jours des truffes c ’est pénible . 

    • César Castique César Castique 25 juin 2015 17:24

      @rocla+



      « Manger tous les jours des truffes des côtes de boeuf et les langoustes , à la fin c ’est pénible .. »

      Pour ceux qui en sont là, ce n’est pas une question de goût, mais de standing smiley

    • CN46400 CN46400 25 juin 2015 17:36

      @oncle archibald


       Les bourgeois vivent du travail d’autrui, ils sont une « infime minotité » (KM)
      Les prolos sont obligés de travailler pour vivre, ils sont « l’immense majorité » (KM)

    • Auxi 25 juin 2015 17:46

      @César Castique

      Je vais essayer de m’y coller, sans grand espoir étant donné votre mauvaise foi légendaire.

      1. Tout être humain a besoin : de nourriture, de vêtements, d’un toit, d’hygiène corporelle et mentale, de soins médicaux, d’instruction et de culture.

      2. Comme ils le méritent : à coups de pied au cul, voire davantage s’ils persistent.

    • rocla+ rocla+ 25 juin 2015 18:11

      @CN46400


      En fait on est pas obligé de travailler .

      Sauf si on veut se nourrir , se loger tout ça . 


      Avant le capitalisme c’ était déjà comme ça . 

      Il y a que les cocos qui voudraient juste s’ assoir à table et festoyer 
      sans rien foutre , sinon ils se sentent obligés . 



    • oncle archibald 25 juin 2015 18:36

      @CN46400 a écrit : «  Les bourgeois vivent du travail d’autrui, ils sont une « infime minotité » , les prolos sont obligés de travailler pour vivre, ils sont « l’immense majorité  »


      Ainsi donc le médecin, le chirurgien, l’avocat, le boucher et le boulanger du coin de ma rue, l’ingénieur, le géomètre, le chef du restau trois étoiles, les beaux parents de mon fils bistrotiers, qui sont complètement obligés de (beaucoup) travailler pour (bien) vivre sont des prolos et par définition aspirent à l’avènement du communisme qui va faire le bonheur de tous les prolos, fusse contre leur gré, après avoir réussi à pendre à la lanterne le dernier bourgeois avec les tripes du dernier curé …. Je le note, j’ai peur de l’oublier !

      Vous ne manquez pas d’air ! Ceux qui »sont obligés de travailler pour vivre« ne se limitent pas aux ouvriers d’usine et aux caissières de supermarché. En outre il y a des gens qui prennent plaisir à travailler, même des salariés, si-si-si ça existe, et il y en a même qui deviennent malades lorsqu’ils s’arrêtent de travailler. 

      Votre vision binaire de la société est affligeante mais ne me surprend en rien. C’est un »dommage collatéral« de votre idéologie à la con.

      Anecdote : le boulanger du coin de ma rue avait observé que comme lui je passais énormément de temps à travailler. Un soir ou je sortais de mon bureau vers 20h 30, au moment ou il allait fermer après avoir passé lui même la serpillère dans sa boutique pour qu’elle soit propre le lendemain à 6 heures à l’ouverture, il me héla par mon nom : Hé Machin* ! Avec la semaine de 35 heures on peut partir en week-end le mercredi à midi ! Ha-Ha-Ha ... gros rire.

      Nous sommes fort aise d’apprendre tous les deux que, es qualité de »prolos", nous aspirons au communisme qui fera notre bonheur malgré nous.

      * Machin est un nom d’emprunt, au cas où ...

    • rocla+ rocla+ 25 juin 2015 18:40

      @oncle archibald


      Le communisme a été inventé au siècle des lumières éteintes . 


    • CN46400 CN46400 25 juin 2015 18:56

      @oncle archibald


      Pas plus que les bourgeois n’ont une conscience automatique d’appartenir à une classe favorisée, les prolos n’ont automatiquement conscience d’appartenir à une classe défavorisée. Bien sûr ceux qui ont assez de revenus pour vivre comme des bourgeois (Chirurgien, ingénieur...etc) n’ont pas toujours tendance à se solidariser avec les autres prolos qui, comme eux, doivent travailler pour vivre ! Reste que ses gens, contrairement aux bourgeois, ne « dévalisent pas le travail ».

    • oncle archibald 25 juin 2015 19:10

      @CN46400 : Reste que ces gens, ces bosseurs, sous régime communiste, n’en foutraient plus une rame parce qu’ils n’y auraient aucun avantage ! 


      Sous régime communiste celui qui est favorisé dans l’échelle sociale, c’est celui qui est au polit-bureau !

    • mmbbb 25 juin 2015 19:20

      @CN46400 Il est un snobisme dans la cuisine de vouloir citer la truffe, le foie gras et des saveurs qui viennent de l’autre bout du monde Achetez un bonne baguette a l’ancienne cest a dire ayant bien levee un fromage de chevre frais un petit rouge Chinon par exemple et c’est vraiment delicieux Senderens celebre cuisinier s’est remis al a cuisine « simple » Il n’est pas besoin de depenser des centaines d’euros afin d avoir des plaisirs culinaires


    • OMAR 25 juin 2015 20:09

      Omar9

      Salut @rocla+

      Boire deux litres ou plus de piquette par jour, ça donne quoi ?

      Merci de nous faire profiter de ton expérience


    • César Castique César Castique 25 juin 2015 20:27

      @CN46400 @oncle archibald

      Je m’adresse aux deux en même, parce que j’ai trouvé chez Oncle Archibald, des éléments de réponse que je m’apprêtais à faire à CN du Lot, si j’ai bien compris…

      Vous écrivez, CN : « ...cette formule (A chacun selon ses besoins) caractérise évidemment un idéal à viser plutôt qu’une réalité à atteindre.  », parce que c’est votre interprétation., et qu’elle vous arrange. Quand Louis Blanc l’utilise pour la première fois, nous sommes en 1839, et la condition ouvrière est à la nôtre ce que la calèche est à l’Airbus A380. Il n’y a ni parallèle ni comparaison possible.

      Et on peut se demander ce que dirait Marx si un aller-retour en machine en remonter le temps lui permettait de redécouvrir ses « damnés de la terre », propriétaires de leur habitat, roulant voiture automobile et allant trois semaines à la mer en été et une semaine au ski en hiver, tandis que chacun de leurs enfants a sa chambre pour lui tout seul.

      Et ne venez pas me dire que les populations sont de plus en plus pauvres, parce qu’on est loin de chercher à cerner le phénomène. Mais si l’on tente de comprendre un peu mieux la réalité, on découvre que les villes à fortes proportions de populations immigrées et issues de l‘immigration sont nettement plus pauvres du triple point de vue de la proportion des foyers fiscaux imposables, du revenu médian et du niveau de vie moyen. Là aussi, les statistiques ethniques font cruellement défaut.,

      Si on reste dans l’esprit du XIXe siècle et du l’édification d’une société socialiste, aujourd’hui, la formule « A chacun selon ses besoins  » ne serait pas un idéal à viser, mais un objectif économique à atteindre, induisant l’adoption de formes de rationnement, dans la mesure où la lutte contre le gaspillage serait forcément prioritaire, puisque gaspiller équivaudrait, idéologiquement parlant, à saboter la production.

      Donc, l’à chacun selon ses besoins, conduirait très rapidement aux 250 gr, de pain par jour et par personne, aux 500 gr de viande par semaine et par personne de plus de 12 ans, à un blouson, deux futals, trois liquettes par année et par personne, et une paire de grolles tous les deux ans par personne toujours, gonzesses comprises.

      « C’est précisément au nom de cette visée que les communistes français ont installé la Sécurité Sociale, généralisé le principe de la retraite… »

      Il ne faut pas oublier que des institutions de ce genre ont été mises en place, bien avant, par Bismarck comme par Mussolini. L’Institut national de la prévoyance sociale (INPS), a été mis en place en 1933 (an XI de l’ère fasciste, selon la terminologie officielle). Dès lors, on imagine mal des communistes limitant leurs ambitions à l’imitation de mesures adoptées par des régimes abhorrés.

      « Etre communiste c’est viser une situation où le prolos, celui qui doit travailler pour vivre, ait la plus large maîtrise possible de son existence… »

      C’est illusoire dans l’optique de l’internationalisme prolétarien, dès lors que les peuples efficients devraient non seulement travailler pour eux-mêmes, mais encore s’échiner, solidairement et fraternellement, pour venir en aide, sur tous les plans, aux peuples économiquement peu performants, et qui sont condamnés à le rester longtemps encore, compte tenu de l’état embryonnaire où sont leurs pays respectifs.


    • César Castique César Castique 25 juin 2015 20:40

      @CN46400

      "
      Les bourgeois vivent du travail d’autrui, ils sont une « infime minotité »..."

       Si on comprend bien, il s’agit de rentiers qui passent la moitié de la journée sous des cocotiers caraïbes et qui, le soir, ne quittent les tables de jeux du casino, que pour se rendre au club échangiste... C’est ça ?

       Permettez-moi de préférer, et de loin, ce que Jaurès écrivait, à propos des patrons, dans « La Dépêche de Toulouse » du 28 mai 1990 : 

      « Il n’y a de classe dirigeante que courageuse.

      A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque.

      Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer.

      Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux.

      Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité, en prenant sur soi les dangers.

      Le courage, pour l’entrepreneur, c’est l’esprit de l’entreprise et le refus de recourir à l’Etat ; pour le technicien, c’est le refus de transiger sur la qualité ; pour le directeur du personnel ou le directeur d’usine, c’est la défense de la maison, c’est dans la maison, la défense de l’autorité et, avec elle, celle de la discipline et de l’ordre.

      Dans la moyenne industrie, il y a beaucoup de patrons qui sont à eux mêmes, au moins dans une large mesure, leur caissier, leur comptable, leur dessinateur, leur contremaître ; et ils ont avec la fatigue du corps, le souci de l’esprit que les ouvriers n’ont que par intervalles.

      Ils vivent dans un monde de lutte où la solidarité est inconnue.

      Jusqu’ici, dans aucun pays, les patrons n’ont pu se concerter pour se mettre à l’abri, au moins dans une large mesure, contre les faillites qui peuvent détruire en un jour la fortune et le crédit d’un industriel.

      Entre tous les producteurs, c’est la lutte sans merci ; pour se disputer la clientèle, ils abaissent jusqu’à la dernière limite, dans les années de crise, le prix de vente des marchandises, ils descendent même au dessous des prix de revient.

      Ils sont obligés d’accepter des délais de paiement qui sont pour leurs acheteurs une marge ouverte à la faillite et, s’il survient le moindre revers, le banquier aux aguets veut être payé dans les vingt-quatre heures.

      Lorsque les ouvriers accusent les patrons d’être des jouisseurs qui veulent gagner beaucoup d’argent pour s’amuser, ils ne comprennent pas bien l’âme patronale.

      Sans doute, il y a des patrons qui s’amusent, mais ce qu’ils veulent avant tout, quand ils sont vraiment des patrons, c’est gagner la bataille.

      Il y en a beaucoup qui, en grossissant leur fortune, ne se donnent pas une jouissance de plus ; en tout cas, ce n’est point surtout à cela qu’ils songent. Ils sont heureux, quand ils font un bel inventaire, de se dire que leur peine ardente n’est pas perdue, qu’il y a un résultat positif, palpable, que de tous les hasards il est sorti quelque chose et que leur puissance d’action est accrue.

      Non, en vérité, le patronat, tel que la société actuelle le fait, n’est pas une condition enviable.

      Et ce n’est pas avec les sentiments de colère et de convoitise que les hommes devraient se regarder les uns les autres, mais avec une sorte de pitié réciproque qui serait peut être le prélude de la justice !  » 


    • CN46400 CN46400 25 juin 2015 21:17

      @César Castique

      « les peuples efficients »
      C’est une formule malheureuse, Marx comme Jésus, pense que tous les peuples sont « efficients ». Il y a juste des inégalités de développement .
      Par contre vous avez raison sur Bismark, voire Mussolini ? Sauf que Bismark pensait surtout à l’efficacité, pour le capitaliste, du travailleur correctement traité. Du bon entretien de la force de travail aurait dit Engels....Reste qu’en 45 c’est le PCF qui a mis la France en ligne.... 


    • CN46400 CN46400 25 juin 2015 21:32

      @César Castique


      Le parcours politique de Jaurés est atypique, il a évolué de la droite vers la gauche. Quand il écrivait dans la Dépêche il était républicain mais pas encore socialiste, son article est néamoins intéressant. Après l’affaire de la verrerie de Carmaux, sa vision de la bourgeoisie a beaucoup évolué... 

    • rocla+ rocla+ 25 juin 2015 21:40

      @OMAR


      parle nous de la tienne d’ obsession de l’ alcool . 

      Tu ne parles que de ça , t’ as un manque ?

    • Dwaabala Dwaabala 25 juin 2015 22:16

      @oncle archibald
      Dans votre vision très étroite de la société, celle qui vous entoure, vous omettez ceux qui font travailler les autres pour augmenter leur capital


    • César Castique César Castique 25 juin 2015 23:05

      @Auxi

      « Je vais essayer de m’y coller, »


      Ce n’était vraiment pas la peine, parce que sans la moindre mauvaise légendaire, je n’ai jamais demandé la liste des besoin de l’humain, mais des précisions sur les modalités de quantification desdits besoins : calories, surface habitable minimum par personne dans un appartement, nombre annuel de chemises, de pantalons, de sous-vêtements, de chaussures...

      En d’autres termes, qui va décider, et comment, de quoi les autres ont réellement besoin pour que chacun ait selon « ses » besoins ?

    • oncle archibald 25 juin 2015 23:10

      @Dwaabala : et vous, voyez vous ceux qui mettent à bas le capital de leur entreprise plus leur maigre patrimoine plus le patrimoine laissé par leurs parents pour payer des indemnités de licenciement, juste parce qu’un jour un de leur gros client a confié son ouvrage à un concurrent ? Vous imaginez une seconde les conséquences d’une faillite non frauduleuse ? Un mec qui a fait vivre 400 personnes pendant des années et qui se retrouve du jour au lendemain tout à fait à poil tandis que ses ex salariés sont indemnisés à pole emploi ? Qui a la vision la plus étroite de la société ? Chacun parle de ce qu’il connait, et encore, pour certains ici je n’en suis pas sûr.


    • César Castique César Castique 25 juin 2015 23:17

      @CN46400

      « C’est une formule malheureuse, Marx comme Jésus, pense que tous les peuples sont « efficients ». »Comme je ne suis ni marxiste ni chrétien, je ne me sens pas plus lié par l’un que par l’autre. 



      Quant à savoir si la formule est malheureuse, c’est possible, et je peux la remplacer par peuples économiquement peu performants, sans savoir si c’est plus heureux.


      « ...surtout à l’efficacité, pour le capitaliste, du travailleur correctement traité. Du bon entretien de la force de travail aurait dit Engels... »


      Il ne vous a jamais traversé l’esprit que c’est peut-être ce qu’il veut, le travailleur, d’être correctement traité en-dehors de toute visée idéologique à la mords-moi ? 


      Si le discours marxiste ne prend plus dans la classe ouvrière, c’est que les perspectives sur lesquelles il prétend déboucher ne séduisent plus. Vous devriez y penser.

    • César Castique César Castique 25 juin 2015 23:23

      @CN46400

      S’agissant de Jaurès, j’ai côtoyé beaucoup de patrons qui ressemblaient à ceux dont il parle, et j’en côtoie encore. 

      Je n’en envie aucun, parce que j’ai, dans ma vie, des intérêts extraprofessionnels, auxquels je ne pourrais guère me consacrer, si j’avais la responsabilité de faire tourner une boîte et d’assurer la croûte de salariés et de leurs familles.

    • CN46400 CN46400 26 juin 2015 07:49

      @César Castique


      Votre marxisme est un peu sommaire. Marx distingue la propriété des moyens de production, qui permet l’exploitation de la force de travail d’autrui, de celle des moyens de consommation qui permet au prolétaire de reconstituer, ou d’entretenir, plus ou moins bien, sa force de travail.

    • CN46400 CN46400 26 juin 2015 07:58

      @César Castique


       Vous avez, évidemment raison, sauf que, dans le capitalisme actuel, ces patrons se font rares et ne sont plus représentatifs de la véritable bourgeoisie qui est essentiellement financière. Tout au plus peut-on dire qu’ils croient encore être des bourgeois alors qu’à tout moment une mauvaise conjoncture peut les transformer en véritable prolos. Ce qui arrive d’ailleurs couramment.

    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 11:19

      @César Castique
      Bonjour,

      J’arrive un peu tard, mais quelques éléments de réponse me viennent en tête concernant les objections faites à CN46400.

      - Sur le projet marxiste, « de chacun selon ses besoins... », et le pb qu’il y a à quantifier les besoins de chacun : n’oublions pas qu’avant de quantifier les besoins, on peut d’abord les contrôler. Le besoin de posséder cinq villas, un million d’€ par mois et dix voitures de luxe n’est pas naturel mais socialement créé. Il y a des moyens très simples et très libéraux (au sens politique du terme) de contrôler la naissance des besoins :
      ° Contrôle de la publicité et interdiction de toutes les publicités jugées néfastes
      ° éducation qui inculque des valeurs anti-consuméristes 

      - En France, on peut repenser la lutte de classes en opposant non plus le prolétariat et la bourgeoisie, comme à l’époque de Marx, mais le peuple (les 99% : ouvriers, chomeurs, employés, petits patrons, etc...) et l’oligarchie (les 1% des plus riches, qui détiennent les grosses sociétés, les banques, les médias...et une immense partie de la richesse nationale). 
      Pour repenser le concept de prolétariat, regardez d’où viennent les habits que vous portez en ce moment, renseignez-vous sur les conditions de travail de ceux qui les ont confectionnés, et comparez-les avec les descriptions de la misère ouvrière effectuée par Marx au XIXème siècle.
      Le débat sur l’émergence d’une classe moyenne en France est un faux débat, car il occulte le fait que la France se développe depuis le XIXème siècle en pillant les ressources du Tiers-Monde.

      - Encore une fois, le fait que des dictatures aient imposé des mesures socialistes ne condamne pas le projet socialiste lui-même ; sinon, on devrait mettre à la poubelle le projet républicain sous prétexte des massacres que l’on a commis en son nom.

    • jako jako 3 juillet 2015 12:21

      @oncle archibald
      « Sous régime communiste celui qui est favorisé dans l’échelle sociale, c’est celui qui est au polit-bureau ! » et c’est différent dans une société comme la notre ?


  • César Castique César Castique 25 juin 2015 11:22

    Il est possible que le communisme ait moins de 100 millions sur ce qui lui tient lieu de conscience, mais l’argument est bon, porteur, parce que facile à comprendre et à retenir. Donc, il faut continuer à l’utiliser face à des cocos, qui, pour leur part, ne se privent pas, par exemple, d’accuser de fascisme, tous ceux qui leur déplaisent. On ne va donc pas se gêner, avec ces malfaisants.

    Même si nous avons d’autres raisons d’estimer que le communisme, est une saloperie conduisant invariablement au totalitarisme, l’argument reste aussi spectaculaire que dissuasif. 

    Venons-en aux réalités de la doctrine :

    Marx, et dans une moindre mesure son acolyte bourgeois Engels, ont basé leurs théories sur une série de postulats, correspondant à des intuitions, dont aucun n’est, par définition, démontrable.

    La bourgeoisie décrite par Marx est caricaturale au-delà de toute expression, et le prolétaire qu’il nous dépeint correspond aux aspirations de l’homme artificiel inventé par des Lumières, qu’il conviendrait éteindre dans les plus brefs délais, à une époque où l’on parle beaucoup d’économies d’énergie,

    A partir de là, que tous les régimes communistes doivent utiliser le marteau pour enfoncer le vieil homme dans le moule de l’Homme Nouveau, est inéluctable. Que, par le passé, cela ait causé la mort de cinquante ou cent millions de morts, est finalement secondaire. 

    Cette inadéquation de la nature humaine et du communisme oblige les communistes à nier l’existence de la seconde, mais le marteau n’en reste pas moins « incontournable ».

    Parmi les communistes, un théoricien au moins, s’est rendu compte de cette faiblesse rédhibitoire, c’est Trotski qui, du coup, s’est lancé dans une tirade grâce à laquelle, il a pris place parmi les auteurs importants de science-fiction :

    « …l’homme commencera sérieusement à harmoniser son propre être. Il visera à obtenir une précision, un discernement, une économie plus grands, et par suite, de la beauté dans les mouvements de son propre corps, au travail, dans la marche, au jeu. Il voudra maîtriser les processus semi-conscients et inconscients de son propre organisme : la respiration, la circulation du sang, la digestion, la reproduction. Et, dans les limites inévitables, il cherchera à les subordonner au contrôle de la raison et de la volonté. L’homo sapiens, maintenant figé, se traitera lui-même comme objet des méthodes les plus complexes de la sélection artificielle et des exercices psycho-physiques.

    « Ces perspectives découlent de toute l’évolution de l’homme. Il a commencé par chasser les ténèbres de la production et de l’idéologie, par briser, au moyen de la technologie, la routine barbare de son travail, et par triompher de la religion au moyen de la science. Il a expulsé l’inconscient de la politique en renversant les monarchies auxquelles il a substitué les démocraties et parlementarismes rationalistes, puis la dictature sans ambiguïté des soviets. Au moyen de l’organisation socialiste, il élimine la spontanéité aveugle, élémentaire des rapports économiques. Ce qui permet de reconstruire sur de tout autres bases la traditionnelle vie de famille. Finalement, si la nature de l’homme se trouve tapie dans les recoins les plus obscurs de l’inconscient, ne va-t-il pas de soi que, dans ce sens, doivent se diriger les plus grands efforts de la pensée qui cherche et qui crée  ? Le genre humain, qui a cessé de ramper devant Dieu, le Tsar et le Capital, devrait-il capituler devant les lois obscures de l’hérédité et de la sélection sexuelle aveugle ? L’homme devenu libre cherchera à atteindre un meilleur équilibre dans le fonctionnement de ses organes et un développement plus harmonieux de ses tissus ; il tiendra ainsi la peur de la mort dans les limites d’une réaction rationnelle de l’organisme devant le danger. Il n’y a pas de doute, en effet, que le manque d’harmonie anatomique et physiologique, l’extrême disproportion dans le développement de ses organes ou l’utilisation de ses tissus, donnent à son instinct de vie cette crainte morbide, hystérique, de la mort, laquelle crainte nourrit à son tour les humiliantes et stupides fantaisies sur l’au-delà. L’homme s’efforcera de commander à ses propres sentiments, d’élever ses instincts à la hauteur du conscient et de les rendre transparents, de diriger sa volonté dans les ténèbres de l’inconscient. Par là, il se haussera à un niveau plus élevé et créera un type biologique et social supérieur, un surhomme, si vous voulez. »

    En attendant l’avènement de cet hitlérien produit du communisme triomphant, on comprend mieux la nécessité des camps de concentration, des pelotons d’exécution et de la balle dans la nuque, pour le redressement (au sens des maisons du même métal) de l’imparfait cheptel humain que le marxisme-léninisme hérite du capitalisme.

    Quand on a compris cela, on n’a pas besoin de cent millions de morts comme arme de dissuasion.


    • CN46400 CN46400 25 juin 2015 16:46

      @César Castique


       « acolyte bourgeois Engels »

       Je ne comprends pas pourquoi un bourgeois qui a découvert, avec Marx, que le système qui le nourrit est condamné par l’Histoire, soit traité « d’acolyte » alors qu’un bourgeois comme Drahi, ou Tapie qui se gobergent ouvertement soit considérés comme de géniaux personnages. 


    • César Castique César Castique 25 juin 2015 17:15

      @CN46400



      « ... que le système qui le nourrit est condamné par l’Histoire... »

      Si je suis devenu agnostique, c’est que j’avais trop de peine avec les dogmes. C’est pour la même raison que je ne pourrais pas être communiste

      « ...soit considérés comme de géniaux personnages. »

      Ça, vous devriez le demander à ceux qui les considèrent ainsi, pour ma part, il y a trois jours, je ne savais même pas qu’il existait un Drahi...

    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 11:34

      @César Castique

      Bonjour,

      Je ne vois pas ce que vous trouvez si hallucinant dans l’idée marxiste qui consiste à modifier les facultés de l’homme. Vous partez du présupposé erroné selon lequel il existe une nature humaine. En réalité, vous observez les gens autour de vous (des individus socialisés, nés dans une époque particulière et conditionnés par un contexte particulier) et faites comme si les facultés de ces gens étaient universelles, intemporelles, et correspondaient à la « nature humain ». Autrement dit, vous prenez l’homme français du XXIème siècle, né dans une société néolibérale, et dites : « voici l’Homme avec un grand H »...

      Or, on ne le dira jamais assez : la nature humaine n’existe pas. Il suffit d’observer les différences de mentalité entre un Américain, un Européen, un bouddhiste ou un Grec de l’Antiquité pour s’en rendre compte. Chaque société modifie en profondeur ce que vous appelez la « nature humaine », en développant certaines facultés et en réduisant d’autres facultés. La société capitaliste actuelle développe en l’homme la compétitivité, l’individualisme, l’amour de la possession et du paraître, etc, etc... il serait absurde de penser que cet homme, l’homme du XXIème siècle, est l’homme universel. Une société socialiste pourrait développer des valeurs collectives : l’empathie, le partage, etc...qui ne sont pas contraires à la nature humaine. D’un point de vue plus scientifique, ce phénomène s’appelle l’épigénétique. Entre 0 et 5 ans, le système génétique de l’individu (qui détermine les facultés physiques et mentales) est encore flexible, instable, malléable ; entre 0 et 5 ans, donc, les structures sociales influencent la configuration du système génétique. C’est pourquoi il est absurde de parler de « nature humaine »...puisque toute société, par essence, modifie la condition humaine.

      Très bonne explication de cette théorie dans ce docu, à partir de la 9 ème minute. https://www.youtube.com/watch?v=pj3Q9H6c44w

    • CN46400 CN46400 26 juin 2015 11:46

      @Vincent O


      Je suis assez d’accord avec votre post sauf quand vus vous contredisez : Une société socialiste pourrait développer des valeurs collectives : l’empathie, le partage, etc...qui ne sont pas contraires à la nature humaine.

    • César Castique César Castique 26 juin 2015 13:01

      @Vincent O

      "
       Il suffit d’observer les différences de mentalité entre un Américain, un Européen, un bouddhiste ou un Grec de l’Antiquité pour s’en rendre compte."

       Sartre disait comme vous, parce que s’il y a une nature humaine, son existentialisme – ce mythe qu’il a fallu inventer pour a remplacer celui du bon sauvage –, il est carbonisé.


      Pour moi, l’Américain, l’Européen, le bouddhiste et le Grec de l’Antiquité, sont également des animaux claniques, territoriaux et « racistes », qui ont une propension naturelle à s’assembler avec ceux qui leur ressemblent, qui sont plus enclins à sacrifier leur vie pour les leurs que pour des traîne-savates de passage, qui, tous, sont mûs davantage par leurs sentiments que par leur raison…


      Je pourrais continuer ainsi pendant des pages, en étayant par des exemples historiques, mais comme je ne cherche à convaincre personne, surtout pas quelqu’un qui ne se sent ni clanique, ni territorial, ni « raciste », je préfère faire un usage plus profitable de mon temps., je vous laisse bien volontiers vous débrouiller avec l’inconfort de la dissonance cognitive à chaque fois que vous vous retrouvez en face de manifestations de la nature humaine.


      Cela dit, à lire votre vision d’un avenir possible, il me semble que nous ne parlons pas tout à fait de la même chose.


      « Une société socialiste pourrait développer des valeurs collectives : l’empathie, le partage, etc...qui ne sont pas contraires à la nature humaine. »


      Elles ne sont pas contraires à la nature humaine, mais elles ne sont pas héréditaires, non plus.

      ll faut donc tout reprendre de zéro à chaque nouvelle classe d’âge et alors, au bout d’un certain temps, le volonté s’émousse, la fatigue s’installe, le naturel reprend le dessus. C’est ce qu’on constate actuellement, en Europe et en France, avec l’ « antiracisme » qui cartonnait sans remise en question, depuis environ quarante ans.


    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 14:18

      @César Castique

      Parler de dissonance cognitive alors que vous n’avez pas pris en compte l’argument qui contredit le votre est un peu fort.
      Regardez ça (à partir de 9 minutes jusqu’à 40 minutes environ) pour en apprendre plus sur le concept d’épigénétique, qui bat en brèche toute idée de nature, de nature humaine, de naturel. https://www.youtube.com/watch?v=pj3Q9H6c44w
      La nature humaine n’existe pas : ce fait est une donnée biologique, et pas seulement le délire de certains marxistes.

      PS : dire que l’antiracisme échoue ces temps-ci parce que le naturel reprend le dessus est assez hallucinant... c’est vrai que la paupérisation, la précarisation, le triomphe du néolibéralisme, la crise de 2008 ne sont pour rien dans la montée des sentiments racistes ?!
      à ce que je vois, vous êtes un darwiniste social assumé, qui refuse de comprendre 1) que la nature humaine n’existe pas. 2) que l’esprit de clan et de territoire cohabitent avec d’autres facultés innées en l’homme : l’empathie, etc...

    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 14:29

      @CN46400


      En fait, tout dépend ce que l’on entend par « nature » humaine...la « nature » humaine, c’est un ensemble de facultés mentales virtuellement présentes en chacun de nous à la naissance (l’agressivité, l’empathie, la compétitivité, l’esprit de groupe, la haine, l’amour, etc...) qui sont « activées » ou « désactivées » selon le contexte social. Selon l’éducation, telle ou telle faculté est développée, telle autre est délaissée. Parmi toutes ces facultés, aucune n’est plus « naturelle » qu’une autre.

      D’où l’erreur de tous ceux qui prennent l’une de ces facultés (que ce soit le racisme, comme César Castique, la compétitivité, comme les néolibéraux, ou la compassion, comme certains chrétiens) et l’érigent en faculté absolue, universelle.

       Bref, la « nature humaine », c’est tout et son contraire, c’est un ensemble de virtualités, de potentialités, qui s’activent ou se désactivent selon le contexte. En pratique, vous avez raison, il vaut mieux parler de condition humaine.

    • César Castique César Castique 26 juin 2015 17:33

      @Vincent O


      Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Vous me présentez un Robert Sapolsky qui abonde dans le sens qui vous arrange, en disant les choses qui l’arrangent, lui, en allant dans le sens de sa vision du monde. Mais vous n’êtes pas lui, et je ne peux donc pas vous opposer les objections que ses propos m’inspirent.

       

      Vous ne pourriez rien produire d’autre, à l’appui de ses thèses, que le fait qu’il soit professeur de biologie et de neurologie. Or, depuis que j’ai lu, « Dans le château de Barbe-Bleue », de George Steiner, que le prix Nobel 1965 « Jacques Monod a formulé publiquement la question que tant d’autres posaient en privé : faut-il persévérer si la génétique doit divulguer, sur la différenciation des races, des secrets dont la portée morale, politique et psychologique nous déborde ?  », j’ai tendance à me méfier des savants qui enferment leur science dans des préjugés idéologiques.

       

      Et ceux qui s’expriment, dans « votre » film, à commencer par Peter Joseph, appartiennent à cette catégorie d’allumés qui croient encore à cette « aptitude de chaque homme à devenir un être fraternel pour les autres » que le psychosociologue Eugène Enriquez enterre – l’aptitude, donc – dès la deuxième phrase de son essai le plus connu, « De la horde à l’Etat »

       

      Alors venons-en plutôt à ce que nous connaissons par nous-mêmes. Vous reprenez la vieille antienne du rejet de l’allogène pour cause de crise économique. En réalité, les difficultés conjoncturelles ne font qu’exacerber l’incongruité de la présence de ceux qui ne devraient pas être là, avec leurs « têtes d’ailleurs ».

       

      Il y a une trentaine d’années, à peu près tout le monde admettait l’existence d’un seuil sociologique estimé à 10-12 %. Le politiquement correct a eu raison de ce concept, mais dans l’intervalle, ce seuil a été explosé dans de nombreux quartiers, villes et régions. Il fallait être ensuqué à l’universalisme républicain pour croire que cette amorce de Grand Remplacement serait sans conséquences.

       

      Par ailleurs, le rejet est loin de se manifester seulement là où la crise frappe le plus durement, puisqu’il apparaît dans la plupart des pays d’Europe, y compris les plus favorisés, comme le Danemark, l’Allemagne, où Pegida a fait une première percée électorale, la Suède, les Pays-Bas, pour ne rien dire de la Suisse qui, grâce à la démocratie directe, fait figure de pionnière depuis un demi-siècle dans la lutte contre la surpopulation étrangère

       

      Alors voilà. Vous allez continuer à croire que la nature humaine, observable sur des milliers d’années, n’existe pas, et à le propager. Moi, je vais continuer à y recourir pour interpréter des réalités qui n’ont pas d’autres explications que le clanisme, la territorialité et le rejet instinctif des *EUX* par les *NOUS* et pour penser un modèle de société non chimérique qui offre quelques chances à notre civilisation de survivre en tant que civilisation, plutôt que de connaître le destin de Rome, tel que le décrivait le sociologue Francesco Alberoni, dans le quotidien « Il Giornale » du 5 avril :


       « Avec la chute de l’Empire romain, sont arrivés les peuples barbares, hordes de prédateurs, capables seulement de saccager les cités, ne sachant ni cultiver ni construire. Leur domination s’est prolongée pendant plusieurs siècles sous le signe de guerres continues, de la misère et de violences. »

       

      Et le temps presse : ils poireautent à Vintimille, ceux qui ne savent ni cultiver ni construire.


    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 20:17

      @César Castique

      Je pense qu’il ne faut pas rejeter les explications scientifiques sous prétexte qu’elles nous dépassent. Sur un sujet comme la nature humaine, il est tout de même avisé de se renseigner sur ce genre d’expériences (comme celles qui sont exposées dans ce docu), afin de ne pas s’enfermer dans des préjugés anthropologiques qui n’auraient aucun sens (type : la nature humaine est immuable).

      Encore une fois, ce que vous observez (l’instinct clanique et le rejet de ceux qui sont extérieurs au clan) est exact, mais il ne s’agit pas d’une « nature humaine » immuable qui aurait existé de tous temps et qui est condamnée à rester telle quelle. Autrement, comment expliquez-vous le formidable succès de religions comme le christianisme ou d’idéologies comme le socialisme, qui prônent une fraternité universelle ?

      Encore et toujours le Grand Remplacement...je ne ferais que deux remarques :
      1) Pour ceux qui, comme vous, sont farouchement opposés à l’immigration, il serait avisé d’étudier ses causes plutôt que ses effets ; parmi elles, le néocolonialisme français et européen en général, qui maintient les peuples d’Afrique dans une misère noire, et les pousse à immigrer vers le Nord. Il ne s’agit pas d’un Grand Remplacement, mais d’une recolonisation accompagnée d’effets secondaires (l’immigration).
      2) Si la majorité de la population se rendait compte de la scandaleuse répartition de la richesse et du pouvoir (que 0.001% de la population possède l’équivalent de 16% du PIB, etc...) vous ne croyez pas que cet esprit clanique se retournerait plutôt contre l’oligarchie capitaliste, et pas contre les immigrés ?
      Bien sûr, il y en aura toujours pour trouver qu’entre une oligarchie qui pille notre pays et quelques malheureux que la misère contraint à immigrer, ce sont ces derniers qui nous menacent...

  • Diogène diogène 25 juin 2015 11:35

    On ne peut pas réduire une idéologie à un ensemble de pays qui l’ont prétendument appliqué. Par exemple, en URSS, en RDA, Corée du Nord, Chine, Yougoslavie ou Albanie. Ces régimes se présentaient comme représentatifs de la classe ouvrière, du prolétariat alors que le pouvoir en place était une bureaucratie mise en place pour contrôler sans partage les leviers du pouvoir. On peut éventuellement interpréter ces régimes comme la conséquence de la théorie léniniste de l’avant-garde révolutionnaire que serait le Parti, régnant au nom de la classe ouvrière, mais de toute façon, on ne peut pas parler d’états ouvriers, furent-ils « dégénérés ».

    Le communisme est une politique, pas un régime. Le communisme est l’ensemble des politiques qui vont dans le sens de la mise en commun des moyens de production, donc de la fin des revenus du capital, du salariat exploité par les capitalistes, etc… Mais ce n’est pas du tout l’ensemble des régimes qui se revendiquent communistes, ni de leurs actes. Par exemple, lorsque la Chine « communiste » privatise des entreprises, ce n’est pas du communisme (assez évident à comprendre). A l’inverse, lorsqu’un état pratiquant une économie de marché tel que la France, le Royaume-Uni, l’Italie d’après-guerre ou le Portugal après 1974 nationalisent des entreprises, c’est une politique qui va dans le sens du communisme.

    Lla France qui a eu jusqu’à un tiers de son économie collectivisée (administrations + entreprises publiques + coopératives), a été au tiers socialiste, tandis que l’URSS qui a pratiqué une étatisation centralisée et non pas une collectivisation et n’a jamais eu recours à des élections pour déterminer sa politique et désigner ses dirigeants l’a été à 0%.


    • Jeff84 25 juin 2015 18:47

      @diogène
      Je préfère le critère du PIB, largement plus objectif : une économie où 95% du PIB est dépensé par des individus est 100% libérale (5% finançant les fonctions régaliennes). Une économie où 100% du PIB est dépensé par l’Etat est 100% socialiste.

      L’URSS a été 100% socialiste au début, le temps de foutre en l’air son économie et causer les grandes famines, puis a été obligé d’admettre environ 20% d’initiative privée pour que l’économie fonctionne quand même un peu.
      Donc URSS = environ 80% socialiste (il n’y avait pas de calcul officiel).
      France = 58% socialiste en 2014 (là par contre, il y a des chiffres officiels)

    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 12:06

      @Jeff84
      Bonjour,


      Votre analyse d’après le PIB montre que ce critère est insuffisant. La France d’aujourd’hui n’a plus grand chose de « socialiste » au sens de Marx, c’est-à-dire une société organisée par le principe « à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens ». On risque de confondre communisme et étatisme.

      Si l’Etat contrôle une grande partie de l’économie (comme en France) mais la gaspille en cadeaux aux riches (cf la dette), alors il est absurde de parler de « socialisme ». 

      Pour définir le degré de socialisme dans un pays, il faudrait prendre en compte :

      - La part du PIB contrôlée par l’Etat
      - Le contrôle des citoyens sur cette part de PIB (dans l’utopie communiste, les travailleurs répartissent eux-mêmes les ressources contrôles par l’Etat comme ils l’entendent). La simple collectivisation est insuffisante : il faut une socialisation pour que l’on puisse parler de socialisme.
      - La redistribution des richesses
      - L’ampleur des inégalités
      - L’extension de la sécurité sociale.

  • César Castique César Castique 25 juin 2015 11:43

    Pour rire un peu :


    « On » nous dit, ci-dessus, que le FMI, la Banque mondiale, l’OMC et l’OTAN, sont responsables de la mort de 60 millions de personnes par année.

    Malheureusement pour les « ons » - il n’y a pas de faute de frappe smiley - , il ne meurt pas 60 millions de personnes par année sur la planète, toutes responsabilités confondues.

    • oncle archibald 25 juin 2015 12:28

      @César Castique


      Effectivement, mais bon … Une grosse connerie affirmée doctement ça passe toujours mieux. Avec illustration à l’appui, encore mieux ! Donc pas de faute de frappe, juste un gros mensonge à usage de « démonstration » pour les « ons ».

      Des fois qu’il y aurait des septiques je cite la source sur laquelle je suis allé vérifier. D’après « conso-globe » : « La mortalité dans le monde correspond à 1,9 décès chaque seconde sur Terre, soit 158 857 décès par jour, soit près de 59 millions de décès chaque année. »

    • Lila K Lila K 25 juin 2015 12:39

      @César Castique
       
      Bruno Parmentier donne le chiffre (arrondi) de 160 000 décès par jour dans le monde. Effectivement, il y aurait donc moins de 60 millions de personnes qui meurent chaque années sur la planète : entre 58 et 59 millions de décès par an.
       


    • Lila K Lila K 25 juin 2015 12:43

      @oncle archibald
       
      « des sceptiques »  smiley


    • César Castique César Castique 25 juin 2015 12:50

      @Lila K

      « ...Bruno Parmentier donne le chiffre (arrondi) de 160 000 décès par jour... »



      J’avais en mémoire la fourchette 150-160’000 décès par jour ; par acquis de conscience, j’ai vérifié sur le site planetoscope.com, ils donnent 158’857, il doit être tenu par des minutieux


      « ...entre 58 et 59 millions de décès par an. »

      ... toutes responsabilités confondues, j’y tiens énormément smiley

    • César Castique César Castique 25 juin 2015 12:55

      @oncle archibald et Liéla K.



      Je n’avais pas vu la réponse d’Oncle Archibald, elle était en dehors de l’écran... smiley

    • oncle archibald 25 juin 2015 15:10

      @Lila K : sourire ! Bof … les septiques on les mettra à la fosse commune du même nom !


    • oncle archibald 25 juin 2015 15:11

      @César Castique : si en plus je fais péter l’écran le goulag n’est pas loin !


    • César Castique César Castique 25 juin 2015 16:05

      @oncle archibald

      « ...si en plus je fais péter l’écran le goulag n’est pas loin ! »


      En tant que vipère lubrique et hooligan, c’est loin d’être le pire des sorts que vous puissiez redouter. 

    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 14:48

      @César Castique
      C’est étrange. Sur quoi se base le site que vous mentionnez ?

      Voici le paragraphe :

      « L’UNICEF (pour les enfants), la FAO (pour l’agriculture), le PAM, l’OMS (pour la santé), l’UNESCO (pour la formation), l’OIT (pour le travail) et toutes les autres organisation spécialisées de l’ONU présentent chaque année leur rapport d’activité au Conseil Economique et Social (de l’ONU).
      Il ressort de l’abondance de documentation dont il a été saisi en 2007 que, cette année-là, trente-six millions de personnes sont mortes de la faim ou de ses suites immédiates. Que des maladies depuis longtemps vaincues en Occident sont la cause de la mort de neuf millions de personnes. Que sept autres millions de personnes sont mortes des suites de l’absorption d’eau polluée (...).
      Selon les chiffres publiés en 2007 par ces organisations, les décès causés par le sous développement des forces de production économique et par la misère extrême dans les pays du Sud se sont élevés à plus de cinquante neuf millions. (...)
      Dans l’hémisphère Sud, les épidémies, la faim, l’eau polluée et les guerres civiles dues à la misère détruisent chaque année presque autant d’êtres humains que la Seconde Guerre mondiale en six ans ».

      Jean Ziegler n’est pas connu pour être un affabulateur.

      Il renvoie à un ouvrage (la population mondiale au XXème siècle, de Jacques Dupâquier), qui défend les mêmes thèses.

      Que le chiffre des morts de l’extrême pauvreté soit de neuf ou de soixante millions, une conclusion s’impose : on ne parle jamais des « cent millions de morts du capitalisme », atteints des dizaines de fois... 

  • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter 25 juin 2015 11:55

    énième article, énième tentative de réhabilitation de la plus infâme et de la plus mortifère des saloperies idéologiques du 20 éme siècle.

    Les gardiens du goulag sont devenus les cocomiques associés

    Dans votre galerie de portraits de criminels, vous avez oublié le premier et le pire de tous : Lénine

    Vous avez aussi oublié de dire qu’aux cent millions de morts de la saloperie rouge, il faut associer ceux de la saloperie noire qui ne fut qu’une réaction à l’autre : relisez donc Ernst Nolte ou François Furet

    Fort heureusement ce délire mortifère que fut le communisme est en train de vivre ses derniers soubresauts. Il ne reste plus que quelques débiles et quelques grabataires pour y croire encore


    • Dwaabala Dwaabala 25 juin 2015 12:47

      @Sharpshooter
      N’insultez pas la mémoire des communistes qui sont tombés pour que vous puissiez débiter vos sottises aujourd’hui.


    • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter 25 juin 2015 13:25

      N’insultez pas , comme l’auteur , la mémoire des innombrables victimes de cette saloperie nommée communisme

      Faîtes vous partie des grabataires ou des débiles ? smiley


    • antisimpliste antisimpliste 25 juin 2015 13:51

      @Dwaabala
      C’est vrai que les communistes de l’URSS étaient d’ardents (les seuls ? les derniers ?) défenseurs de la liberté d’expression.
      AMEN.


    • Neo-str 25 juin 2015 22:37

      Sharpshooter,

      « et de la plus mortifère des saloperies idéologiques du 20 éme siècle ... »

      Ouais, autour de 10 millions de soldats tués pendant la seconde ...

      Bien qu’un mec qui porte l’insigne du 1 Rpima nous en rappelle le sacrifice de ceux qui ont un jour fait le chois de défendre leur patrie !

      Le bobo serait-il faire preuve d’humilité ... Hum ... J’en doute !  smiley


    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 14:50

      @Sharpshooter
      Vous n’avez visiblement pas lu l’article. Vous auriez vu que la « plus infâme et la plus mortifère des saloperies idéologiques du 20ème siècle » n’est pas le « communisme », ni le nazisme d’ailleurs, mais le néo-impérialisme (et son corollaire, le néolibéralisme).

      Mais visiblement, une victime de la faim provoquée par le capitalisme a moins de valeur qu’une victime de la répression stalinienne...

  • Massada Massada 25 juin 2015 12:47

    En dehors de Cuba, la Corée du Nord et la France où trouve t’on encore des communistes ?



    • Trelawney Trelawney 25 juin 2015 12:51

      @Massada
      A Guantanamo, et dans pas mal de prisons de part le monde


    • soi même 25 juin 2015 13:51

      Mais quand les légionnaires pénétrèrent dans la forteresse le 16 avril1, ils découvrirent que les défenseurs avaient mis le feu à tous les bâtiments, à l’exception des entrepôts de nourriture et qu’ils s’étaient suicidés en masse plutôt que de risquer une capture ou une défaite certaine. Les entrepôts avaient probablement été préservés pour montrer que les défenseurs avaient gardé la capacité de vivre et de choisir l’heure de leur mort.

      Il faut dire choisir un tel pseudo, montre sans ce trompé , une forte dose de cynisme mortifère ... !

         smiley


  • antisimpliste antisimpliste 25 juin 2015 13:28

    Et on parle pas des victimes de la grippe ! c’est horrible !
    Le stalinisme, c’est cool comparé à la grippe... on le dit jamais assez.


  • Surya Surya 25 juin 2015 13:37

    Votre article est intéressant à lire mais j’ai quelques remarques à faire.


    Tout d’abord, vous dites : « J’ai pu constater avec tristesse que l’anticommunisme s’est à peu près généralisé ». Je ne vois pas en quoi votre article va réconcilier les gens avec le communisme, et je ne vois pas non plus ce qui peut faire que l’on ne devienne pas anticommuniste avec ce qui s’est passé tout au long de l’histoire.
     
    - Tout d’abord, concernant votre article, chaque fois que vous citez un régime communiste, c’est bel et bien pour le mettre en relation avec les millions de morts qu’il a engendré. Lorsque vous citez un régime non capitaliste qui a fonctionné, vous parlez alors de « socialisme » et non plus de communisme. Comme si vous vouliez atténuer la dose de communisme injectée dans ce régime qui marche, ou a marché. Ou comme si vous reconnaissiez que ce régime qui marche, ou a marché, n’était pas fait de communisme pur et dur. Pour moi, socialisme et communisme sont deux choses différentes. Le parti communiste français, par exemple, ce n’est pas pareil que le parti socialiste français. Une « expérience socialiste », ce n’est pas pareil que l’application du communisme pur et dur qui, lui, mais ce n’est que mon avis personnel, ne peut pas faire dans la modération.

    - Ensuite, ce n’est pas parce que les régimes capitalistes ont fait, eux aussi, des millions de morts dans divers pays que l’on doit pour autant s’empêcher d’être anticommuniste. Avec ce qui s’est passé, [à savoir le fait que chaque fois que, et partout où, le communisme (et non pas le socialisme...) a été appliqué ça s’est soldé par une catastrophe, pas seulement humanitaire, mais aussi économique] c’est tout de même difficile de croire encore au communisme, non ? 
    Vous nous rappelez que certains régimes communistes ont été appliqués APRES l’instauration de la dictature. Ca change quoi finalement ? Les dictateurs qui ont instauré leur dictature devaient bien être, au départ, des communistes, sinon je suppose qu’après avoir instauré leur dictature, ils auraient appliqué le capitalisme, ou autre, et non le communisme...

    - Enfin, toute idéologie, quelle qu’elle soit, est néfaste si on ne l’applique pas dans la modération. Ca ne sert à rien de compter le nombre de morts de part et d’autre, dans le genre « toi, tu as fait bien plus de morts que moi ». Le capitalisme poussé à l’extrême fera des victimes, et le communisme c’est pareil. J’ai dis plus haut que je ne crois pas au fait que l’on peut appliquer le communisme autrement que d’une façon extrême. Sinon, ce n’est pas du communisme. C’est un succédané de communisme, du communisme édulcoré. C’est peut être (c’est sans doute, même) pareil avec le capitalisme. La preuve : on ne peut pas dire qu’on prend un peu chez l’un, un peu chez l’autre, et qu’il y a de bonnes idées dans les deux « camps ». Il faut en effet choisir son camp, comme à la guerre. Si ni le communisme, ni le capitalisme, par conséquent, ne peuvent fonctionner, reste à trouver ce qui fonctionnera. Et visiblement, on n’a pas encore trouvé. En attendant de trouver, on fonctionne encore sur le modèle de la guerre froide. Deux camps qui s’affrontent. Les uns détestent les autres, les autres détestent les uns, et tout le monde se regarde en chien de faience sans possibilité de dialogue. 

    Personnellement, je suis pour un mélange des deux. Une dose de capitalisme par ci, une dose de communisme par là. Il y a très certainement du bon à prendre dans les deux idéologies. 

    Par contre, qu’on ne vienne pas dire que le communisme qu’on a vu en action, ce n’était pas le « vrai » communisme, sinon je réponds que le capitalisme qu’on a vu en action, ce n’était pas le « vrai » capitalisme.

    • leypanou 25 juin 2015 15:25

      @Surya
      « sinon je réponds que le capitalisme qu’on a vu en action, ce n’était pas le « vrai » capitalisme.  » : c’est quoi le vrai capitalisme alors ? Un pays où tout le monde peut se soigner, où tout le monde a un travail, peut manger à sa faim, etc, etc...


    • Surya Surya 25 juin 2015 16:39

      @leypanou, bonjour

      Je pourrais vous répondre que le vrai communisme se trouve dans un pays où l’on n’a pas le droit de critiquer le régime (politique, mais aussi alimentaire) ; où les magasins sont vides (ou presque) en permanence, donc en théorie tout le monde mange à sa faim, mais en pratique, il n’y a pas grand chose à acheter, un pays où les opposants, s’ils ont réussi à conserver un esprit critique malgré la propagande acharnée dont ils sont nourris depuis leur enfance, sont envoyés :
      - au goulag
      - en camp de rééducation
      - à la mort
      c’est selon,
      où en théorie les soins de santé sont accessibles à tous mais en pratique ils ne sont pas forcément de très bonne qualité (voir ce qu’il s’est passé à Tchernobyl) et pendant ce temps là vous avez une petite élite de dirigeants qui bouffent tout le gâteau pendant que le peuple se serre la ceinture. 
      etc etc
      mais je ne vous répondrai pas tout cela, car les personnes qui continuent de nos jours, envers et contre tout (et tous) à croire dur comme fer au communisme, au fait que c’est tellement mieux que le capitalisme, ne font que se bercer d’illusions, et je n’aime pas briser les rêves des autres.

      Je suis comme tout le monde, vous savez. Je crois au communisme quand je lis ses principes sur le papier. C’est super, sur le papier. Dans la réalité, ça n’a jamais marché (le capitalisme non plus pour toutes les raisons que vous évoquez) et je ne me mets pas la tête dans le sable pour ne pas le voir.

      Le communisme fait miroiter l’égalité et le bonheur pour tous, mais c’est totalement hypocrite car ça ne marche que sur le papier, le capitalisme ne fonctionne que si vous marchez sur les pieds des autres pour passer le premier.

      Faut trouver autre chose.

    • leypanou 25 juin 2015 17:14

      @Surya
      Avoir écrit ceci : « le capitalisme ne fonctionne que si vous marchez sur les pieds des autres pour passer le premier. Faut trouver autre chose. » est déjà la preuve d’une conscience de ce qui se passe réellement.

      Mais en attendant de trouver autre chose, qu’est-ce qu’on peut faire ?


    • Surya Surya 25 juin 2015 19:07

      @leypanou

      J’ai conscience du fait que toute idéologie, si elle est poussée à l’extrême, mène à la catastrophe. Je ne suis pas contre le capitalisme en tant que tel, c’est à dire contre le principe même du capitalisme. Tout est une question de dosage. Je ne suis pas contre le communisme en tant que tel non plus, mais là aussi, tout est une question de dosage. 
      Si vous vivez dans une société ultra capitaliste, où, en effet, la seule chose que vous pouvez faire pour garder la tête hors de l’eau c’est marcher sur les pieds de votre voisin pour en avoir plus que lui, où la seule valeur c’est le fric et vous êtes déconsidéré et méprisé si vous n’en avez pas assez aux yeux des autres, alors vous n’êtes pas en meilleure posture que si vous vivez dans une société ultra communiste où vous n’êtes rien en tant qu’individu, l’état est tout, absolument tout, décide pour vous, ne vous laisse aucune liberté, où tout ce que vous pouvez faire c’est vous taire et espérer que votre voisin n’ira pas vous dénoncer parce que vous avez dit un mot de travers, interprété comme une critique à l’égard de votre gouvernement ou votre leader... Pas génial non plus comme style de vie, il faut bien l’admettre, sinon les gens qui vivaient dans les pays situés derrière le rideau de fer n’auraient pas voulu sortir à out prix du modèle communiste. 

      Qu’est ce qu’on peut faire en attendant mieux ? J’en sais vraiment rien. Commencer par accepter l’idée qu’il n’y a pas une seule vérité mais plusieurs possible, et que la politique doit s’adapter aux évolutions du monde, essayer de ne pas être dogmatique, ce serait peut être un bon début. A part ça, je n’ai pas d’idée.

      Mais il n’y a donc aucun groupe de gens qui essayent de réfléchir à tout ça et définir un autre modèle de société ? 

    • Jeff84 25 juin 2015 19:30

      @Surya

      Le libéralisme poussé à l’extrême, c’est l’impossibilité pour quiconque de vous empêcher de faire ce que vous voulez tant que vous ne violez pas les droits d’autrui (liberté, égalité de droit, propriété). Absolument rien à voir avec l’argent.
      Faudra m’expliquer comment vous arrivez à des massacres avec ça...

    • Surya Surya 26 juin 2015 09:44

      @Jeff84 bonjour,


      A la base, vous avez raison dans ce que vous dîtes, bien sûr. Le capitalisme est en effet la totale liberté laissée à l’individu de faire ce qu’il lui plait, du moins tant que etc... mais je crois que vous oubliez le fait que l’un des objectifs du capitalisme consiste à faire du profit, un maximum de profit. La course au profit laisse forcément beaucoup de gens sur le carreau car il est évident que si tout le monde peut, sur le principe, y arriver (voir les « self made men » partis de rien par exemple, ce n’est pas une légende) la vérité c’est qu’il n’y a en réalité pas suffisamment de places à l’arrivée pour tout le monde. C’est pourquoi il me semble, (mais ce n’est qu’une impression personnelle et je me trompe peut être) que dans une société ultra capitaliste, on a plus de chance de passer la ligne d’arrivée en vainqueur si l’on est un individualiste forcené qui fonce tête baissée vers son objectif sans se soucier de donner un coup de main à droite et à gauche, voire même si l’on ne répugne pas à arnaquer (légalement) les autres, histoire de se faire plus de fric. Par exemple vous lancez sur le marché à grand renfort de pub un produit qui est une vraie arnaque car le truc ne marche pas, puis vous refusez de rembourser car vous avez mis une clause écrite en tout petit spécifiant que etc. Vous ne faîtes rien contre la loi, c’est tout à fait exact, vous vous dîtes qu’après tout le client n’avait qu’à être moins crédule et pas acheter votre produit, mais c’est l’esprit, la mentalité qu’il y a derrière qui me gêne. 
      Il me semble que plus l’on vit dans une société où l’on considère la richesse et l’argent comme des valeurs primordiales, plus cela va encourager les gens à devenir individualistes et égoïstes, voire un peu malhonnêtes s’il le faut.
      Par contre je ne suis pas en train de dire que les gens seraient forcément moins individualistes, plus altruistes ou plus honnêtes dans les sociétés communistes. Il n’y a qu’à voir ce qu’il s’est passé dans certaines de ces sociétés pour en être convaincus.

    • Jeff84 26 juin 2015 10:26

      @Surya
      Non, absolument pas. Toute ma vie, j’ai aidé toutes les personnes que j’ai pu, de toutes les manières que j’ai pu, sans jamais rien demandé en échange, et je ne peux pas commencer à vous dire tous les bienfaits que j’en ai retiré au niveau économique (aux autres niveaux, je pense que nous n’aurions pas de désaccord). Je suis expert-comptable, et plus des 2/3 de mes clients sont arrivés par ce biais. De plus, je sélectionne mes clients principalement en fonction de la moralité, et vous savez quoi ? Aucun n’a jamais déposé le bilan, sur une bonne centaine, alors que le taux d’échec est d’environ un tiers.

      Etre un connard ou être malhonnête n’est jamais une bonne stratégie, quel que soit le niveau. Marcher sur la tête des autres est le plus sûr moyen d’échouer. Celui qui réussit est celui qui traite les autres comme lui-même, celui qui propose l’échange le plus juste pour les deux parties. Celui qui ne respecte pas ces principes gagnera sur le court terme, mais il se retrouvera invariablement seul à la fin, et donc pauvre puisque la richesse vient essentiellement des échanges.

      Et malheureux. Bernard Madoff croupit en prison pour le restant de ses jours, sa famille l’a abandonné, son fils s’est suicidé, et il dit qu’il est quand même moins malheureux que quand il trompait tout le monde.

      Cela a d’ailleurs été prouvé dans le dilemme du prisonnier, la stratégie optimale étant toujours celle de l’honnêteté bienveillante (« tit for tat »).


    • Euripide_320 Vincent O 26 juin 2015 20:55

      @Surya
      Bonjour Surya,


      Vous faites bien de souligner ces quelques points que je n’ai pas eu le temps de développer.

      - Si on veut être précis sur les termes, Communisme=société totalement égalitaire, autogérée, démocratique, etc...Socialisme=processus qui se donne pour but de parvenir à terme au communisme.Ce qu’on oublie, c’est que personne n’a prétendu avoir réalisé le communisme dans l’histoire. L’URSS (Union des Républiques socialistes, et pas communistes) se voulait une période dictatoriale transitoire d’industrialisation et de productivisme intense, contraire à la répartition démocratique du pouvoir et au contrôle ouvrier sur les entreprises (=le communisme, qui devait venir plus tard) ; même chose pour la Chine et les autres régimes.Vous avez raison dans le sens où ces régimes ont choisi un socialisme direct, radical et brutal...au mépris de l’intégrité des populations.
      Or, il y a plusieurs voies qui mènent au communisme.Le Parti Communiste«  français est en réalité »socialiste«  : il veut réaliser une progression démocratique vers le communisme ; tout comme l’était la SFIO de Jaurès.Le Nicaragua sandiniste, par exemple, était un régime marxiste-léniniste, qui avait pour but de réaliser, à terme, le communisme. Il n’y a pas eu de goulags, ni de censure, ni de crise humanitaire...

      - Je suis d’accord avec vous dans le sens où les maoïstes, staliniens, khmers, etc...ont appliqué l’idéologie socialiste de manière extrême et dogmatique. La collectivisation, souvent, était une vaste ineptie, réalisée sans aucun égard par rapport aux structures économiques et sociales traditionnelles, qui a eu des conséquences économiques catastrophiques. ça n’empêche pas de penser le communisme, comme une sorte d’idéal à atteindre, peut-être dans plusieurs siècles, par une transformation progressive et démocratique des structures sociales, non ? (c’était ce que voulaient les sandinistes et le gouvernement de Salvador Allende).

      - Concernant le fait que les dictatures socialistes ont été dictatoriales avant de devenir socialistes...ça change tout. ça veut dire que le socialisme n’est pas la cause du goulag, de la censure, etc...le socialisme s’est rajouté à tout cela. Vous me dites que »Les dictateurs qui ont instauré leur dictature devaient bien être, au départ, des communistes« . C’est exact. Mais en quoi est-ce que cela condamne l’idée communiste ? Vous êtes pour un mélange de capitalisme et de communisme. Hitler l’était aussi. ça ne fait pas de vous un nazi pour autant ! C’est là que je voulais en venir...le fait que Staline ait été marxiste ne condamne pas le marxisme, tout comme le fait que Cromwell ait été républicain ne condamne pas la République...

      - Je suis assez d’accord avec vous : il faut appliquer n’importe quelle idéologie avec modération. Mais je suis sûr que tous les communistes de France sont également d’accord avec vous. C’est là que je voulais en venir : regardez leur programme ; il n’est pas »communiste« , mais socialiste, et finalement assez modéré... Personne ne veut réaliser le communisme en une seule nuit.

      En revanche, je ne suis pas d’accord avec vous sur le dernier point : nil’URSS ni la Chine n’étaient pas communistes, mais socialistes ; le »communisme" est resté une utopie non réalisée...depuis 6000 ans. Si vous voulez savoir ce qu’est une société communiste, étudiez les populations qui ont vécu avant le Néolithique. Il y a là, je le pense, une différence fondamentale entre capitalisme et communisme ; l’utopie communiste est envisageable sans goulags, sans famines, etc..l’utopie des capitalistes (des néolibéraux et des libertariens en tout cas) est inenvisageable sans une classe de miséreux, et donc sans catastrophe humanitaire.

  • njama njama 25 juin 2015 14:05

    100 millions tout rond !
    déjà c’est super très suspect ... voilà un décompte qui est étrangement équarri à la machette pour forcer le trait !
    On retrouve le même mécanisme ailleurs, la grippe espagnole qui n’a rien de communiste en aurait fait autant, par extrapolation purement statistiques, 100 millions aussi ! quoique d’autres sources nous indiquent 10, 20, 30 ou 60 millions de victimes, les (soi-disant) contaminés étant aux personnes décédées. On signalera qu’équitablement elle a indistinctement touché les communistes et les non-communistes.
    Cherchez l’erreur messieurs, dames ... les sources historiques sont très difficiles à trouver, et tout au plus peut-être n’y-aurait-il pas eu à la suite de cette pandémie plus de 500 ou 600.000 morts, la contamination ayant été colportée par les armées alliées US vers l’Europe, puis vers le Canada. Business is business, noircir le tableau aidait à promouvoir la vaccination.
    Concernant les victimes de génocides, le nombre de réfugiés, expatriés, déplacés, disparus, a souvent été ajouté aux nombres de morts, comme pour le cas du génocide arménien.

     


  • antisimpliste antisimpliste 25 juin 2015 14:05

    Et en 1937 à Barcelone, les anarchistes, ils se sont tous suicidés !
    C’est pas les communistes qui les ont exterminés...
    et la Makhnovchtchina ? pareil : suicide collectif...
    les marins de Cronstadt ? épidémie de morts suspectes d’origine inconnue ?
    Si les nazis ont tué des gens parce qu’ils ne les aimaient pas, les communistes en ont tués... pour leur bien...
    Je ne vois pas d’autres explications. (A moins que l’auteur ne maîtrise pas bien le sujet...)


  • njama njama 25 juin 2015 14:25

    Communisme = 100 millions de morts !
    ce chiffre provient du Livre noir du communisme publié en 1997
    En réponse à cette Edition Le livre noir du capitalisme qui établit un bilan identique sera publié quelques mois plus trad en 1998.

    « Ce livre dénonce, globalement, ce qu’il considère comme des méfaits imputables au capitalisme. Sont ainsi qualifiés de « crimes du capitalisme » les morts causées par la traite atlantique (commerce des esclaves), par les guerres et les répressions coloniales, par la majorité des guerres du XXe siècle (dont celles des deux guerres mondiales), par la guerre civile et les famines en Russie, puis en URSS durant les périodes de guerre civile et d’intervention étrangère, par la répression de la Commune de Paris (1871), par la répression de mouvements sociaux, par le fascisme, par l’Allemagne nazie. »

    Le livre énonce ainsi un bilan de 100 millions de morts pour la période observée, allant de 1900 à 1997.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Livre_noir_du_capitalisme
    Capitalisme = 100 millions de morts
    Un partout, la balle au centre ...


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