samedi 15 décembre 2012 - par alinea

Curiosité ou sécurité ?

La curiosité est un vilain défaut ! On ne me l'a pas seriné sinon je l'aurais entendu, je veux dire compris, mais cela fait partie des choses qui viennent de nulle part, rôdent sans vraiment gêner !

Seulement, il m'apparaît que d'autres, nombreux, ont reçu le message, l'ont intégré et, après vingt-cinq ans, allez, l'ont appliqué.

Inutile d'aller voir quelques « curiosités » ! celles-ci sont toujours l'oeuvre de m'as-tu-vu ou bien carrément des produits de grande distribution, qui n'élèvent pas beaucoup l'âme.

Certes on peut être curieux de la physionomie de sa voisine, du nombre de ses amants ou de la paye de son mari, à moins de faire des études statistiques ou une thèse de sociologie, en commençant par le menu, la curiosité ne génère pas toujours des horizons de choix ! Elle est confondue avec le voyeurisme, l'indiscrétion et subit visiblement une onde négative dans l'esprit des bien-pensants. Mais elle est toujours énergie, il faut bien l'admettre ; après, ce que l'on fait de cette énergie...

Mais non, la curiosité est vie, parce qu'elle laisse un espace intérieur ouvert à l'imprévu, à l'inconnu et donne à ressentir une petite titillation d'excitation, une énergie soudaine, un geste !

La vie est mouvance et impermanence, la curiosité nous incite à être l'instigateur de ce mouvement.

Mais elle doit s'allier à la conscience, qu'elle accroît, à la pensée qui intègre les découvertes, à l'intuition qui nous protège et à l'économie qui nous préserve.

 

Elle peut nous amener dans des contrées obscures où on perd son latin ou bien nous faire défoncer le crâne de l'autre pour y faire des trouvailles : bien souvent on reste sur sa faim. Elle est fantasque à notre image, ou raisonnable mais elle n'est pas un intérêt : l'intérêt déjà a ses appuis ; elle n'est pas motivation qui court souvent après des mirages ; non, elle est une gratuite rieuse qui peut nous faire pleurer à la fin du voyage.

Mais elle reste bien la perle de notre santé car elle désinhibe nos peurs, élargit nos horizons et nous laisse ouverts.

Elle nous tient en vie quand, au fond du désespoir, du deuil, elle est vaillante, une braise qui couve, une flamme dans la nuit qui nous souffle « attend demain ».

Il ne faut pas tuer la curiosité qui guide l'enfant vers des sensations nouvelles, tenir debout, se lâcher d'une main, voir au loin ; elle est libido, instinct de vie, énergie primordiale.

Elle entraîne les jeunes gens vers la griserie, de la vitesse, de la drogue : elle tue sans garde-fous. Étonnante de duplicité, elle est innocente pourtant, elle ne joue que son rôle et a besoin d'un répondant.

On peut la dire irrationnelle qui nous fait faire des choix inconsidérés, car la belle n'a pas d'assurance : à nos risques et périls et dans l'errance, elle, n'a pas peur de nous perdre !

Mais plus souvent elle nous apporte la persévérance, la force d'aller jusqu'au bout d'un chemin, là ou derrière le mont s'étend une nouvelle plaine, au bout d'une aventure, là où après l'expérimentation se tient l'expérience, là où derrière le désir peut se trouver l'amour. Sûr qu'il peut pleuvoir sur la plaine, que l'échec peut advenir et que l'amour n'était que passion, mais si on l'apprend, c'est bien grâce à elle !

Mais elle est si fragile, un rien l'inhibe, l'éteint et l'on en prend si peu soin.

Elle n'est pas désir parce qu'elle ne connaît pas son objet mais elle en est une cousine, peut-être moins centrée sur elle-même !

On peut être curieux comme un Gémeaux hermaphrodite, butiner sans faire son miel, et distribuer ce butin, pollen, à qui veut ; on peut être curieux comme un Scorpion, à toujours fouiller plus profond, en faire son miel et l'offrir ; on peut être curieux comme un Verseau qui va de par le monde, s'arrête à toutes les trouvailles et inventions, en faire son beurre et sa tartine ; on peut être curieux comme un Sagittaire, de pays en pays, de pensée en pensée, d'exploit en exploit, en faire des compilations et les vendre. ( à prendre avec des pincettes dépourvues de sérieux !).

 

Quand le tour a été fait d'un lieu, d'une activité- la curiosité n'est pas un appétit vorace à satisfaction immédiate, quoique cela dépende du tempérament de notre curieux,- quand plus rien ne vient soulever le cœur par une appréhension avant une découverte, la curiosité s'évanouit, frustrée de nourriture, elle dépérit.

Alors mieux vaut partir, recompter ses acquis, les classer et les fondre comme un alchimiste, ressourcer l'énergie et aller voir ailleurs.

À un certain âge, vers la fin de l'adolescence, au début de la maturité, l'être s'est construit, quand il se spécialise, qu'il pose les jalons de sa destinée, quand il a quelque chose à défendre, à protéger, alors, à la curiosité il oppose la sécurité. Quand on bâtit une citadelle il nous faut bien sûr la défendre mais peu d'entre nous érige une si humble demeure qu'il ne vient à l'esprit de ne pas l'enceindre de remparts. Aujourd'hui la moindre maisonnette est cernée par de hauts murs qui protègent une intimité pourtant bien ordinaire et qui empêchent de voir.

De même pour la personne : plus elle est ordinaire, plus elle doit être fortifiée de l'extérieur...

Donc à la curiosité vivace s'oppose, bien souvent, dans le cœur de l'homme, la sécurité.

Et c'est quand celle-ci gagne que tout part en vrille ! On sait faire ce qu'on fait, tout roule, on est compétent et c'est alors que subrepticement, l'incompétence s'insinue ; elle prend les allures d'un manque de soin ou d'attention, un relâchement, une inertie de la motivation, l'éloignement de défis ou d'enjeux qui s'étaient substitués à la curiosité initiale. Pour parer à ce délitement, les gens se constituent en groupes, en syndicats, en partis. En partie.
De fil en aiguille, et parce que personne n'a vu la curiosité mourir en lui, ces groupements se construisent autour de la sécurité ; cela passe évidemment par l'identité : on trouve ses semblables, on se réchauffe dans des associations ayant pour but d'afficher les différences et plutôt que les penser, les relativiser pour évoluer, le groupe les durcit, les fige et exagère. Ainsi les vegan qui peuvent aller jusqu'au fanatisme, les homosexuels, les anti-IVG, les racistes,etc. Même les partis en lutte contre le pouvoir n'échappent pas à cette règle : aucune ouverture n'y règne, juste la certitude de sa vérité qui doit s'exprimer et définir les siens contre les autres. Certes j'enfonce une porte ouverte : l'homme a toujours fonctionné ainsi, cependant cela ne me semble pas contribuer à l'évolution des mentalités !

D'une manière générale, la curiosité s'émousse en vieillissant même si dans certains cas elle n'a jamais été prépondérante, pour tout un tas de raisons que je ne saurais évoquer ici mais qui touchent à des problèmes familiaux, sociaux, extrêmes. Mais peu importe l'âge, vient presque toujours le moment où il est plus indispensable de protéger son « moi » acquis que de continuer à voguer sur des océans inconnus. Plus le moi est précaire, plus il a besoin de reconnaissance et plus tous les moyens sont mis en œuvre pour y parvenir.

De cette reconnaissance vue comme nécessaire et de ce désir de sécurité, on arrive tout naturellement au groupe, à l'élite.

Pourtant, être sans gardes pour un cœur ouvert est plus sécurisant que le bouclier du groupe pour un cœur fermé ; on ne s'éloigne pas de la curiosité puisque je la prends au sens large, comme libido, et au sens jungien : énergie vitale et non plus freudien : énergie sexuelle.

Un cœur ouvert qui est à sa place dans le monde – et quelque soit sa place-, est protégée plus qu'un être à une place usurpée, avec des gardes ! L'abandon est invulnérable. Mais s'abandonner n'est pas s'offrir, c'est juste son inverse...

À cette place juste, on peut dire « je » ; c'est une forme d'humilité ; certes cela est pris trop souvent pour un « moi je » arrogant tandis que le « nous » qui n'est qu'un « je » autorisé par le groupe, peut être perçu comme anodin.

Bien sûr le « nous » est précieux mais tout dépend de ce qu'il désigne ; un « nous » qui s'oppose au pouvoir, le « nous » du peuple a toute sa crédibilité ! Mais s'il s'oppose au pouvoir, en toute légitimité, il peut tout aussi bien s'opposer aux autres : « nous, français », « nous, catholiques », « nous, homos »,etc.

Le « je » paraît donc bien timide ! ( Il faut exclure de ce bavardage, le « Moi, Président ! » ou le « moi » chef de parti !! Encore qu'il faille chercher plus loin que l'apparence car la configuration de ce « je » peut être égale à « nous » !!! mais peut être aussi une imposture ; en tout cas, l'affirmation d'un pouvoir !).

Donc si le groupe, qui rappelons-le nous sécurise plus qu'il nous pousse à la découverte, nous autorise à exprimer, voire imposer, plus loin que l'on ne voudrait notre opinion, qui elle-même n'est souvent qu'adhérence- on lui préfère adhésion, qui fait moins sparadrap mais plus cotisation, partie essentielle de tout groupe qui se respecte, mais bon-, s'il nous soutient, nous renforce et nous donne audace, la solitude, elle, nous handicape. Car il faut du courage voire de la bravoure, peut-être même de la bravitude, pour affirmer ses vérités face à un groupe récalcitrant ! ( c'est bizarre, mon traitement de texte n'est pas à jour, il souligne de rouge le mot « bravitude » ! Pourtant si Ségolène a proféré quelque chose de bien dans sa vie, c'est bien ce néologisme !).

Mais dans ce cas, l'affirmation est-elle opérante ? Utile ? Parce que lorsqu'on est seul, il est bon d'avoir la jugeote de prendre la mesure de la situation ; donner des bâtons pour se faire battre en se mettant à ce point en état d'infériorité n'est évidemment pas la meilleure manière de faire passer ses idées.

Donc l'appartenance au groupe conforte et sécurise, mais en interdisant à la curiosité de nous guider, elle nous mortifie.

Nous voyons ainsi les masses s'engouffrer dans les salles obscures, voir le même film promu par les plus riches publicitaires ; nous voyons des piles hautes comme des hommes de livres vantés à la Une des papiers spécialisés ou des Journaux télévisés ; nous voyons des queues infinies d'adeptes de gourous chantant attendre en transe le moment de leur satisfaction musico-orgastique, et tout à l'avenant.

Il faut vraiment une chance inopinée dans un temps vacant pour voir lire ou entendre une vraie découverte. Et encore, peu nombreux sont ceux qui oseront la partager ! Il vaut mieux, en toute circonstance, attendre confirmation et autorisation. Il se peut qu'on se soit trompé, que l'on trahisse, bien involontairement, son manque de goût, son inculture ou sa stupidité.

Ici même on nous attire en haut de page sur les auteurs les plus vendeurs ! Pourtant, il n'y a pas de vente ; en bas parfois des perles restées vierges de tout commentateur.

Peut-être la curiosité ne peut-elle pas s'adapter à un monde à ce point régi par des horaires, des calendriers, des rendez-vous d' affaires.

Il me semble pourtant qu'il s'agit bien de facilité et de paresse et cette attitude majoritaire frustre le minoritaire curieux qui trouve lui aussi toujours les mêmes aux mêmes endroits ou personne là où il aimerait échanger. La hiérarchie est structurée : les auteurs, les vrais, ne s'aventurent nulle part ailleurs ; les meilleurs d'entre eux ne sont pas même présents sur leur propre fil. On sait à qui on a affaire et point de surprise.

Un commentaire à l'encontre ne sera pas lu au delà de la deuxième ligne, dès que la position de son auteur se sera dévoilée.

Il y a celui qui commente dans un langage millimétré sadique-anal après une lecture très structurée ; un autre qui virevolte ses phrases nouveau roman sans souci de se faire comprendre ; un troisième dont le fond tempérant des phrases conciliantes évoque un tempérament sans tricheries ; un autre a l'humour sarcastique, l'autre joue sur les mots, il y a une cul-serré qui s'offusque, une autre qui déverse son immense générosité, il y a celui qui veut se faire reconnaître, celui qui se montre, celui qui se donne, un autre argumente sérieusement et derrière chaque personnage ou chaque personne : un cœur ; chacun se livre à l'autre ; tous ont besoin de sa curiosité. On ne peut découvrir le cœur de tous, on ne peut pas le toucher, mais il bat.

Pourtant l'effet général est bien le passage protégé des anciens, le sens interdit des petits nouveaux ou leur appropriation protectrice ; on boude l'auteur qui nous a déçu, et surtout, surtout, la majorité va vers ses propres centres d'intérêt, là où il aura à dire !

L'anonymat total, des signataires d'articles ou de commentaires ôterait peut-être une part des idées préconçues ? Et l'esprit avisé, cherchant à s'y retrouver, pourrait par ses bévues provoquer de belles empoignades !?

Il n'y a pas la moindre once d'apport si on ne va pas chercher. C'est que l'on sait sûrement que l'on n'a pas à apprendre de ses semblables ; ainsi donc aurions-nous été bien formatés ? La vérité, le savoir, l'idée, la pensée originale, tout, tout viendrait « d'en haut » ?

La curiosité qui nous laisse innocents nous tient rarement longtemps dans la spécialisation, hormis l'être exceptionnel qui peut passer sa vie à étudier Bach et à y découvrir encore et encore des subtilités. Or nous vivons dans un monde où seul l'expert a le droit de parole, ce qui rabaisse le curieux au triste sort de l'éclectisme. Et rien n'est plus méprisable ! Même l'ouvrier doit être spécialisé pour plus de rentabilité.

La curiosité qui nous éloigne de tous les poncifs du mercantilisme de notre société, n'est pas à cultiver, elle paraît sinon rebelle du moins pas assez maîtrisable. Et ne voir qu'une seule tête, pour les dirigeants, c'est quand même plus commode !

D'ailleurs- et c'est une parenthèse- n'a-t-on pas promu des outils merveilleux qui nous confinent, même dans la rue, même dans le train, à notre si douillet intérieur ?

Alors il se peut bien qu'à la marge du troupeau, le curieux s'autocensure pour ne pas, à tous les coups, se faire moquer ou rejeter...tandis que chez les autres la curiosité ne se dirige que vers ce qui est offert !

Mais surtout ! Que les curieux ne s'avisent pas de faire groupe, la curiosité d'un groupe ( c'est presque un barbarisme) semble rarement constructive...



229 réactions


    • alinea Alinea 15 décembre 2012 17:55

      Robin d’Émois : je n’exploite pas les chevaux ; je n’ai jamais gagné 1 sou sur eux ! Je me livre à l’exercice quotidien de leur faire des clôtures, nettoyer leur terrain, les brosser, jouer avec eux et, monter sur le dos d’un seul, trop rarement, avec son assentiment le plus complet !!!


    • volt volt 15 décembre 2012 17:59

      prenez garde à là mais t’as fort.


    • Romain Desbois 15 décembre 2012 18:05

      oui c’est ça , tu es manadière bénévole...

      Hypocrite un jour, hypocrite toujours.


    • alinea Alinea 15 décembre 2012 18:44

      Absolument Romain : absolument bénévole ! Ceux qui me connaissent et qui m’aiment bien, eux-mêmes, n’ont jamais compris ! Alors, je ne vous en veux pas !!!!!!!!!!!


    • Romain Desbois 15 décembre 2012 19:25

      Et vous vivez de quels revenus, que l’on cesse tout malentendu ?


    • alinea Alinea 15 décembre 2012 19:27

      Doit-on prendre garde à tout ? Au mauvais goût ? Aux représailles ?
      Oui, sans doute...ayant l’habitude d’être incomprise tout en étant claire, j’ai pris celle très mauvaise de ne rien risquer qui accentue le trait ; à vous lire, les uns et les autres, je caracole et me sens...comment dire ? Un pavé dans la mare !!


    • alinea Alinea 15 décembre 2012 19:31

      Petits boulots à côtés, dans mes capacités !! je vis de très peu. « décroissante » était un qualificatif de mon premier « profil » !!! C’est pourquoi je ne me mêle jamais des thèmes :« seuil de pauvreté » et autres du même acabit. Je me livrerais trop si je disais que la vraie pauvreté, c’est l’absence de « capital » social et « capital » culturel" !!


    • volt volt 15 décembre 2012 21:53

      vous seriez un sucre pour la police Alinea. le renoncement n’est jamais chose à dire, il est reçu comme agression, c’est une remise en cause trop radicale. vous n’êtes tenue à rien de répondant, si ce n’est cette tendre et belle histoire d’amour-haine qui vous prend dans les bois.


    • alinea Alinea 15 décembre 2012 22:10

      Bien vu Volt : quand on est neuf quelque part, on est toujours un enfant ; c’est peut-être au fond pour cela que la plupart ne se remet jamais foncièrement en question, ni ne s’aventure dans des terrains inconnus, pour ne jamais subir la « honte » de l’enfantillage à un âge avancé !


  • Jason Jason 15 décembre 2012 20:55

    Shawford, Alinea, Easy, Vous voyez dans Avox une structure trop sophistiquée et semblez vouloir y trouver des textes et réflexions d’une qualité que l’on rencontre rarement. Ce me semble.

    Avox m’apparaît comme une sorte de brocante où chacun y dit ce qui lui plaît, avec ce qu’il sait. Les articles sont très variés, du plus casse-pieds au plus léger.

    Cependant, je reste curieux et je lis, parfois en diagonale, ce qui attire mon attention du moment. C’est tout.


    • Shawford34 15 décembre 2012 21:02

      Jason, que vous répondre ? Peut être un medley entre « à l’impossible nul n’est tenu », « à chacun selon ses moyens » et peut être pourquoi pas aussi un « we will glowing in te dark (que voulez vous j’adore la musique pop de Coldplay) » en forme de parti pris toujours renouvelé  smiley


    • Shawford34 15 décembre 2012 21:05

      Jason, que vous répondre pour ma part ?

      Peut être bien un medley à mi chemin entre :
      « à l’impossible nul n’est tenu »
      ’à chacun selon ses moyens (et ses envies)« 
      et »we will glowing in the the dark" en forme de parti pri toujours renouvelé et parce que j’adore Coldplay smiley


    • Shawford34 15 décembre 2012 21:07

      zut le premier post est passé alors que je croyais que je me l’étais fait squeezé, bref, je l’avais en tout cas pas trop mal restitué de mémoire smiley


    • alinea Alinea 15 décembre 2012 21:10

      Jason:la structure n’est peut-être pas compliquée mais une sorte d’auberge espagnole où chacun apporte son plat que certains trouvent indigeste, ou croquignolesque, mangeable ou apprécié.
      C’est peut-être en cela que, toutes proportions gardées, cela reste un espace de liberté et c’est peut-être pour cela qu’on se trouve, se retrouve, se perd, au gré et au fur et à mesure des rencontres !
      Ne boudons pas notre plaisir, même infime même éphémère !


  • easy easy 15 décembre 2012 21:05

    Le moi

    Encore une curiosité.

    Freud et Lacan en ont parlé différemment.
    Et je pense que globalement, lorsqu’est né le concept de narcissisme, le moi nous est devenu aposématique (ainsi que le mot pédophile plus récemment)

    Nonobstant les analystes et ce qu’ils en ont fait, le Moi ou le Je des Français a fortement changé de sens depuis Jeanne d’Arc (situation de départ) puis 1792 (roi des Français) puis Louis Philippe, puis Ferry (avec l’Ecole) puis le baby Boom, puis la contraception-avortement
    Il est passé de Moi-le-serf-de-mon-seigneur à Moi-citoyen à Moi-individu. Le prénom étant placé avant le nom de la famille.

    De nos jours, par exemple au Vietnam, le Moi est (sauf en Justice) un Moi-fils-de ou Moi cousin-de selon l’interlocuteur, ce qui rend les choses compliquées lorsqu’il y en a plusieurs.
    Le Moi viet inclut un rattachement aux autres. Le nom de famille est placé avant le prénom.

    Il peut donc sembler paradoxal qu’au Vietnam on dise Moi-fils-de j’ai lu un livre incluant le lien social mais que dans son contenu ontologique que je m’épuiserais vainement à expliquer ici tant il y a de matrices à changer, que cela veuille dire également « en toute autonomie décisionnelle », même quand c’est un petit bouchon qui le dit.


    En France, le Moi ou le Je est devenu très individualiste mais on peut dire « J’ai lu » pour prétendre, plus tard, n’avoir lu que sous influence ou injonction
     
    Au Vietnam, on peut très bien lire sur injonction mais on ne dit alors pas Je lis sans préciser par d’autres mots que c’est sur ordre.

    Autant vous dire qu’au Vietnam, une femme ne peut pas prétendre avoir couché sur ordre si elle ne dispose pas d’arguments en béton. Mais dans le même temps, l’homme est également automatiquement responsabilisé. Il lui serait très difficile de prétendre qu’il a violé sur ordre ou incitation.




    Alors que le Français se veut et se croit très individualiste (Oh la la surtout pas mouton, surtout pas comme les autres) le moindre Moi de quelqu’un d’autre le fait sursauter et il prépare son gun.

    Au bilan il m’apparaît qu’ici nous avons tellement analysé (découpé, disséqué) les bestioles, les gens et les concepts, que tout se retrouve en pièces détachées et qu’il n’y ait plus de lien.




    Concernant logos ethos pathos
    Les philosophes Grecs et les scholastiques ont énormément développé le Logos (Sorbonne) pour produire le ton professoral (Ies profs, politiques, juges et docteurs sont absents de leur discours, on peut attaquer leur thèse pas leur personne. Sauf en religion mais c’est un autre chapitre)

    Au Vietnam le logos qui existe vient d’un siècle d’occupation française. Les gens l’utilisent pour enseigner, pour écrire des articles de journal mais sur les forums, ça vire fortement à l’ethos pathos
    Une chanson ce n’est pas « Les copains d’abord » c’est « Mes copains d’abord » . C’est un dialogue, disons une lettre entre une femme et son bien aimé au loin. C’est « Ne me quitte pas »

    Les gens n’ont pas idée de dénoncer le moi de l’autre.
    Les accusations que se lancent les gens donnent le plus souvent dans le « Tu racontes un mensonge » ou « Tu te vantes  », (il n’y a pas de professionnalisation, pas de menteur ou voleur) ils ne peuvent pas verser dans « Tu es egocentrique » ou « Tu es un pervers narcissique »


    Sur la professionalisation des perversions telles que menteur, voleur, il existe la forme « Tu es une personne qui ment/vole » ce qui n’est pas aussi professionnel qu’ici et surtout, l’accusation est précédée du mot personne.

    Toute désignation, vraiment professionnelle ou pas, même pour un animal, même pour un fou, est forcément précédée de sa qualité et de sa dignité naturelle. Il n’est donc pas possible de dire de quelqu’un qu’il est inhumain.

     


    • alinea Alinea 15 décembre 2012 21:18

      Il y a donc peut de « jugement » posé comme véridique, important ou définitif ! Ici, ce genre d’attaque, sans précautions exotiques, est l’expression involontaire souvent, d’un manque d’arguments ou d’un manque de volonté d’argumenter. Le moi est visé, trop visé, blessé ; c’est dingue nos dérives...
      j’ai écrit à un moment : « je me demande ce qui nous est arrivé pour que nous ayons cette propension exclusive à vouloir se faire reconnaître.. »
      je me le demande encore !


    • Shawford34 15 décembre 2012 21:29

      C’est tout à fait vrai ce que vous dîtes Alinea (et bien sûr passionnant au delà, easy)...

      ...et cela me met justement dans une introspection insondable par rapport à deux occurrences de ce fil, comme autant d’incompréhensions (avec Romain Desbois) ou carrément d’accrochages (avec Sabine), sans arriver vraiment à dénouer ce qu’y s’y joue malgré votre précieuse mise en perspective, easy.
      Vu votre expertise en ces domaines, et si le cœur vous en dit, vous sentiriez vous d’attaque pour essayer de m’, de nous éclairer, si vous situez ces deux « passes d’a(r)mes » dont je parle ici ?

      PS : pour le Vietnam, j’étais sacrément à côté de la plaque, quoi que(?)


    • volt volt 15 décembre 2012 21:44

      easy / deux points : ne manquez la définition du moi par lacan qui est un chef-d’oeuvre du genre « le moi est le point d’intersection des mouvements d’identification »  ; 

      et surtout, sur cette affaire moutonnière, vous me semblez passer outre un peu vite une obsession française, la rage de l’égalité. Ainsi au lieu de débattre par exemple sereinement ce qu’il en serait rien que de l’égalité en domaine de répartition des richesses, c’est toute forme d’aristocratie (vitale) qui est combattue de principe - ce qui n’est pas toujours un signe de Santé.

    • alinea Alinea 15 décembre 2012 21:50

      Volt : le problème de l’égalité tel qu’on nous le propose en ce moment m’a remplie de hargne, éteinte aujourd’hui, mais j’avais à ce propos écrit, en partie sans doute, ce que j’en pensais dans un article " devise, es-tu toujours la plus belle !’.
      Peu voyageuse, je n’avais pas saisi son aspect franco-français !


    • easy easy 15 décembre 2012 22:12

      Je continue avec d’autres aspects du moi

      Au Vietnam, il n’y a pas d’articles comme les nôtres.
      Il n’y a déjà pas de pluriel ou de singulier

      Il n’y a pas de masculin féminin (Dans le Monde, elles sont plutôt rares les langues qui genrent tout objet ou concept)

      Tout végétal s’indique d’abord par Cay qui le précède en tant qu’article et ce mot Cay veut dire plante. Ensuite vient le mot désignant la sorte ou l’espèce de plante. Exemple Cay tre plante bambou.

      Tout animal s’indique par Con (avec le O de notre coq) qui le précède en tant qu’article et qui veut dire animal. Vient ensuite l’espèce d’animal. Exemple Con cho animal chien



      Or pour dire « La personne humaine » on dit Con nguoi....Il y a donc comme article précédent le mot nguoi (personne humaine) le même article Con qui précède n’importe quel animal. Même dans la forme la plus universitaire, Con précède les mots chien, éléphant, personne humaine, garçon, fille...
      On ne peut pas se prétendre d’une autre nature qu’animale 

      Pire, quand on demande à quelqu’un combien il a d’enfants, on lui demande combien il a de Con, rien de plus. Con veut également dire enfant. Et comme les gens chérissent leurs enfants, on se retrouve avec le même mot Con tout seul qui veut dire enfant chéri que dans Con cho (le chien) 

       « Viens ici enfant chéri » se dit vient ici Con


      Et pour faire bonne mesure

      Toute personne se trouvant devant quelqu’un ayant à peu près l’âge de ses parents se désignera comme étant Con (donc enfant connoté chéri) et appellera cet aîné par un terme en Oncle ou Tante connoté chéri (D’où le fameux Oncle Ho Chi Minh)

      Depuis l’animal le plus insignifiant au soldat devant son général en passant par l’enfant le plus chéri on retrouve le même Con (utilisé seul, tel quel, sans rien de plus dans les rapports sociaux et familiaux, alors qu’on y ajoute l’espèce d’animal quand il s’agit d’une bestiole ou de La personne humaine

      Le moindre orphelin traînant dans la rue à vendre des allumettes sera appelé Con donc enfant chéri par tout le monde. C’est exactement le même mot et le même ton qu’emploie une mère pour appeler son enfant et un gamin des rues.


      Le plus gentil des bisounours français qui parlerait à des Viets du Vietnam grâce à une sorte de traduction littérale, passera pour quelqu’un de très impoli mais comme ils en ont vu passer beaucoup des Français et parmi les plus arrogants, ils secoueront un peu la tête et c’est tout.


    • easy easy 15 décembre 2012 22:34

      @ Volt
      Bien entendu

      J’adore Lacan pour tout dire

      Mais en gros, tout ce que je lis qui sort de cerveaux français, CL Strauss compris, me rend à la fois heureux de voir des gens faisant des efforts pour piger le bidule humain mais triste qu’ils soient si méconnaissants des toutes autres visions possibles. (Minkowski c’est déjà mieux) Du coup, j’apprécie plutôt les PE Victor, les Malaury qui ont vraiment vécu à fond un contexte différent (et qui n’ont pas tiré des théories pour autant)

      Une autre culture, ça ne peut pas se comprendre en sa position logos. Elle ne peut se comprendre que par l’ethos et le pathos, Il faut donc s’y impliquer. (et les curés d’ici ayant vécu là-bas, ont vraiment mieux compris que les ethnologues)

      Quand j’oublie toute autre culture, j’acclame les grands penseurs français. Mais quand je pense selon d’autres cultures, ils me semblent Paris-centriques et je trouve qu’ils n’apportent rien aux Français sinon un resserrement sur eux-mêmes. 
      (On raille les Ricains qui ne savent pas situer la France. Un jour j’ai feint l’égaré et j’ai demandé à des passants, dans le métro Châtelet, où se trouvait le Manneken Pis. Ils m’ont tous indiqué quelque vague direction dans Paris jusqu’à ce que je tombe sur un Erasmus) 


    • alinea Alinea 15 décembre 2012 22:37

      certes ce sont des orientalistes qui ont plutôt fricoté avec les sages qu’avec les gueux, mais Huxley Hesse, Jung, sont quand même sortis de leur trou ; vous me direz ! ils n’étaient pas français ; c’est bien vrai !!!!!!!!!


    • volt volt 15 décembre 2012 22:38

      à propos de langues easy, l’arabe a cette propriété que j’ai jamais réussi à élucider/interpréter, mais qui doit en dire long : il n’y a pas que singulier et pluriel, il y a le duel, duel féminin ou duel masculin, possiblement lui-même singulier ou pluriel, c’est très singulier.


    • volt volt 15 décembre 2012 22:44

      oublier les dix derniers mots après « possiblement » - la fatigue... c’est cette avance dans les fuseaux horaires... vous êtes déjà hier je suis déjà demain smiley faites de beaux rêves, curieux, et sécurisés.


    • easy easy 15 décembre 2012 22:47

      Je réalise à l’instant quelque chose
      Lorsque je vous explique le Con des Viets, mon ton est certes logos mais j’insiste sur les conséquences ethos pathos en sachant très bien comment les Français sentent les choses pour leur part.
      Si j’avais expliqué les choses sans insister sur les conséquences entre Viets, vous auriez eu du mal à les réaliser. Vous n’auriez pas pensé au cas des orphelins par exemple.

      Il y a des Indiens d’Amérique du Nord ignorant le temps (chronos) sinon d’un point de vue des cycles annuels. Quand on lit cette info de la part d’un ethnologue, on est instruit de ce qu’il nous dit on se croit cultivé mais on ne pige pas ce que ça peut avoir comme conséquences. On ne peut pas un instant se mettre à leur place.
      On ne vit rien de neuf.


  • alinea Alinea 15 décembre 2012 22:26

    Ils n’ont pas eu Descartes ni le christianisme : le langage est l’émanation d’une civilisation
    « On ne peut pas se prétendre d’une autre nature qu’animale » Quelle joie !
    Je me tue à répéter que lorsqu’on on aura retrouvé ( et à nouveau accepté) notre animalité, tout ira déjà beaucoup mieux !
    Comment le Vietnam peut-il conjuguer cette évidence, cette culture de bon sens et s’être à ce point « américanisé’ ?
    Ne me répondez-pas ( ou si) mais je le sais, » d’instinct" !


    • easy easy 15 décembre 2012 22:58

      De force, Alinéa, ils ont été américanisés de force, comme les peaux-Rouges qui ont survécu.

      Bin vous voilà avec un beau papier de plus.
      Bonne nuit à tous.

      Demain je passerai dire un mot de Kurtz tel que Shawford et moi l’avons cité



    • alinea Alinea 15 décembre 2012 23:05

      Merci easy ; je pensais « de force » mais aussi « grâce à leur force » ; il ne perdent rien d’eux-mêmes dans cette tourmente ; l’orient possède cette force vraie que j’aime et qui nous manque !
      Bonne nuit.....


  • easy easy 16 décembre 2012 13:08

    Bonjour à tous,

    Je reprends le cours de nos explorations curieuses d’hier
    Je vais parler sans maniérisme, sans politesses, en vous faisant donc confiance
    Ça pourrait partir dans tous les sens, je n’ai pas de trame ou de ligne directrice en tête, j’improvise 

    Je vais poser des pavés séparés, en pas japonais.


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 13:17

      You’re welcome....


    • Shawford34 16 décembre 2012 13:45

      Right buddys,

      et tant qu’à faire évite si possible tout codage d’initiés (par affectation de langage, de spécialisation « professionnelle » ou tout simplement d’antécédents sur les dazibaos ici présents smiley ).


  • easy easy 16 décembre 2012 14:13

    J’ai déjà dit quelques choses sur le mot aposématique, mais je n’ai pas dit pourquoi je l’introduisais

    Les biologistes qui ont inventé ce mot sont partis de l’idée de l’animal arborant des couleurs très voyantes procède d’une démarche inverse de celle plus commune des autres animaux. Les biologistes considèrent que les uns veulent se montrer alors que les autres veulent se camoufler. Dans les deux cas, les biologistes attribuent une volonté à l’animal, à la chose de la couleur. Ils disent donc que la couleur des dendrobates est aposématique. Le sens du mot est donc « Allure d’une chose qui veut avertir quelle est mortelle » . Mais implicitement, ces biologistes entendent que la couleur aposématique vise quelque cible, la couleur s’adresse aux prédateurs, elle ne s’adresse pas à la Lune. Ils entendent que c’est sur un prédateur que la couleur produit un effet terrifiant. Ils entendent que cette couleur est aposématique aux prédateurs mais certainement pas à la Lune ou aux partenaires. Cette couleur n’est pas aposématique absolue ou universelle. 
    Ce n’est que si nous introduisons ce mot dans le langage courant en insistant sur la non universalité de son effet, que ce sera intéressant. 
    Cela nous permettra de sortir un peu de « La Lune est belle » pour aller vers « La Lune m’est belle » 

    (Nos signalétiques en jaune et noir sont directement inspirées de certaines dendrobates et le rouge aussi. Etant entendu que nos spécialistes de la signalétique ont vu que leur choix collait bien avec notre culture et se sont moqués de savoir si ce choix était pertinent dans d’autres cultures. Etant également entendu qu’ils ont fait toutes sortes de tests de visibilité nuit jour, qu’ils ont vérifié quelles sont les longueurs d’onde du spectre visible qui atterrissaient sur notre rétine sans effort du cristallin. C’est parce qu’ils ont remarqué que les décors intérieurs étaient rarement vert qu’ils ont décidé que la signalétique de secours serait verte d’autant que ça collait bien avec nos sémaphores routiers)
     
    Si nous nous mettions à utiliser ce mot qui sommeillait dans les tiroirs des biologistes, il pourrait nous aider à acquérir une nouvelle notion qui nous ferait mieux saisir ce qu’est le mainstream et comment chacun s’en inspire et y contribue. 

    Car pour l’instant, nous disons d’une chose qu’elle est terrifiante, diabolique, effrayante...Nous ne disons pas « Cette chose m’est effrayante, m’est diabolique, m’est terrifiante » . En oubliant d’ajouter le m’ , nous généralisons notre sentiment, nous imposons notre sentiment, nous le mainstreamons

    Nous pourrions entreprendre le nettoyage des mots d’usage pour les démainstreamer mais ce serait très difficile. Nous ne pourrions pas nettoyer tout ce qui a déjà été écrit.
    En utilisant un mot neuf et en insistant sur son sens individuel, nous pourrions nous offrir un appui externe au mainstream pour nous offrir une perspective sur lui.

    Laissons donc les mots Terrible, Effrayant, Diabolique poursuivre leur carrière mainstreamante mais utilisons aposématique en insistant sur le fait que son effet effrayant se produit sur soi mais pas forcément sur un autre. 

    Il n’y aurait intérêt profond à utiliser aposématique que si nous ajoutons le m’
    « Cette chose m’est aposématique »

    Je ne doute pas qu’en dépit de cette précaution aposématique finira à terme par être mainstreamé donc utilisé sans m’ mais d’ici là, nous aurons profité d’une mise en prespective du mainstream 


    Pendant quelques années nous dirons non pas «  Buerk, le violet aux lèvres est terrifant  » 
    mais « Buerk, le violet aux lèvres m’est aposématique »

    Plus tard nous dirons probablement « Buerk, le violet aux lèvres est aposématique » 

    Mais dans l’intervalle, nous aurons appris à faire la nuance entre nos sens et celui des autres, nous aurons appris à ne pas imposer nos percepts aux autres, à ne pas nous imposer mutuellement nos percepts 

    Et il faudrait bien entendu faire surgir d’autres mots ayant sens de « M’est agréable » « M’est pénible » « M’est caressant » ....


    • Shawford34 16 décembre 2012 14:33

      Si tu le veux bien easy, en dehors de l’intérêt réel et indéniable de tels penchants (va pour notre éducation aposématique smiley ) qui sont donc bel et bien à tester (mais n’ayant encore aucune idée de comment s’y prendre), je t’invite également à suivre de plus près les différents commentaires de Lord Franz of the F. in S.  en particulier quand il se met en mode second degré au vitriol comme c’est le cas depuis quelques jours,

      Il parvient selon moi à reproduire très bien par des procédés syntaxiques standard les mécanismes que tu décrits présentement, à savoir produire une argumentation décapante tout en second degré qui finit par induire une prise de conscience du fait de la grosseur énorme des traits et ressorts utilisés par ce génie de la prose smiley


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 14:51

      Shawford : le seul problème du lord en question est qu’il est « élitiste » ; sa prose, tout comme celle de Volt bien souvent, prend pour acquis la complicité de ses lecteurs ; n’étant pas débile, ni l’un ni l’autre, ils savent pertinemment que leur prose ne concernera que les « acquis » à leur position et les partageux de leur culture et de la tournure de leur esprit. Cela, personnellement ne me gêne en rien, même si, à l’occasion d’une culture que je n’ai pas, le message reste sibyllin ; je lis dans les astres, le tarot ou le Yi-King, parce que j’en connais la symbolique. La symbolique d’un individu que je ne connais pas par ailleurs peut m’être tout à fait ésotérique.
      Ainsi donc, pour ma part, je suis partisane d’un langage clair ; sauf si on n’a rien à faire d’être compris ou pas et qu’au fond, on se réserve à une petite minorité ! Comme je suis anti-élitiste par tous les pores de ma peau, j’ai une réserve, alors que j’apprécie cette manière de dire, dans la mesure où elle sort des sentiers battus, ne s’impose pas et colore les mots !


    • Shawford34 16 décembre 2012 15:02

      Hum Aliena, je te suis tant et si bien dans ta critique que je lutte bel et bien avec Lord depuis quelques temps pour qu’il s’éloigne de ses romans élitistes et verbeux pour se mettre en mode second degré.

      Et c’est d’ailleurs bien pourquoi dans mon commentaire précédent j’ai pris soin de dire « depuis quelques jours », et je t’invite dès lors par toi même à voir la différence entre certain de ses monologues interminables d’il y a quelques temps et les joyaux vitrilolesques fort compréhensibles des deux/trois derniers jours.

      Pour autant je te suis tout autant si ce n’est encore plus sur la nécessité d’essayer d’avoir un langage clair et non énigmatique, sachant que cela n’empêche a priori en rien de tenir un discours intelligent et structuré (et c’était même l’objet de mon commentaire à l’intention d’easy suivant ton you’re welcome, isn’it ? smiley )


    • volt volt 16 décembre 2012 15:21

      Oooh. 

      C’est valable pour un pourcentage de posts, puis c’est excusable surtout, chacun ses motivations... Tout oiseau a des centaines de plumes, parfois le charretier doit vous suivre, ailleurs, moins d’une personne est visée, plus loin encore, c’est très possible : absolument personne... Le poète doit travailler, dit Mallarmé, en vue de plus tard ou de jamais. Travailler en vue de Jamais, voilà une belle énormité ; ça suppose, au moins, des temps parallèles.

  • alinea Alinea 16 décembre 2012 14:36

    Je souscrit entièrement à votre emploi du « je » et du « me » tout en n’ignorant pas que, paradoxalement ( quoique) dans la pensée unique, ou le courant principal(!), dire « je » est taxé d’arrogance. Il est difficile d’aller contre le courant car même après explication, la notion n’est pas gardée. J’ai eu des quiproquos qui ont frisé la rupture, dans mon emploi du « je » que je ne donnais pas comme subjectif mais juste comme conscience de « l’extravagance » de mon propos ou de mes prises de positions, face au mainstream.
    C’est donc pas gagné ; ceci dit : aposématique serait une « volonté » d’effrayer un prédateur ; un peu comme le chat qui se hérisse face au chien qui le poursuit et qui, bien souvent, dans ce langage symbolique, obtient gain de cause. Si bien qu’on ne pourrait pas l’utiliser pour qualifier toutes les horreurs de nos « dominants » dont, à mon avis, le comportement est assez dédaigneux du vulgaire que nous sommes, dédaigneux au point de ne pas nous prendre pour d’éventuels « prédateurs » de leurs abus. Les biologistes ont-ils déniché des attitudes aposématiques chez les prédateurs ?


    • volt volt 16 décembre 2012 16:01

      Tous les acrobates, prestidigitateurs, danseurs et musiciens d’orchestre des grands navires de croisière sont tristes. Ces masques grisonnants aux traits souvent tombants et pincés tiennent captifs douze grands soleils de nuit, soleils de cristal, géants, où l’on peut voir distinctement une étoile bleu neptune et une autre dorée. Dans la buanderie une petite armoire, du linge ancien, empilé là dedans, abandonné. Glissée bien à l’intérieur, une vieille pince à linge, décolorée, dont le métal central déjà rouillé gardait pourtant tout son ressort. Elle tenait le navire.

      C’est élitiste où j’continue ?

    • alinea Alinea 16 décembre 2012 18:00

      Volt : pour moi ce n’est pas élitiste : poétique et imagé ; là où ça le devient ou deviendrait c’est si, là derrière se cachait un message important qui m’échapperait, du genre « les carottes sont cuites » ; car pour comprendre « les carottes sont cuites » il faut un préalable, un sous-entendu ; je vous l’ai dit déjà, un malentendu ne peut être sous entendu ; mais tout dépend de ce que l’on veut ! soit dire quelque chose, soit évoquer quelque chose qui pourra bien devenir un contresens à force de n’avoir pas de code commun ; ce code, c’est la langue ou bien des référents culturels communs à un groupe ; si je vous parle avec les référents culturels de mes vieux amis, j’ai conscience que vous pouvez ne pas me comprendre ; si je n’ai pas envie ou si je me fous de n’être pas comprise, alors tout baigne ; je ferais une erreur d’appréciation s’il me tenait à coeur d’être comprise et que je parle la langue de mon clan !


    • easy easy 16 décembre 2012 21:01

      Je suis du même avis Alinéa


  • easy easy 16 décembre 2012 15:13

    Le mainstream nous est indispensable 


    Si je nais sur une île en seule compagnie de loups, de rats ou de fourmis, ces derniers mainstreamant entre eux, je percevrais ce mainstream et je m’y collerais à 100% dans toute la mesure de ce que mon corps permettra.

    Et je serais content selon le content que ce mainstream indiquera. Etant ultra minoritaire, je n’aurais pas idée d’influencer le mainstream mais les autres tiendront compte de ma bizarrerie puisque je ne peux pas exactement faire comme eux et le mainstream variera un petit peu vers moi. 

    Si j’arrive sur la même île à mon âge et avec ce que j’ai déjà comme concepts et percepts, pétri de mainstream (Français + Viet + mondial) je vais devenir d’abord très malheureux. Je fantasmerai (Espoir éveillé) de papoter au téléphone au moins avec Vandame, avec n’importe qui relevant de mon ancien mainstream.

    Ma pensée ne se conservera pas en son état actuel plus d’une semaine. Au bout d’un mois, tout volera en éclats, en commençant par les concepts les plus asbtraits et parisianistes. Au bout d’un an il ne restera de ma pensée que deux trois alfas. Je ne saurais même plus compter.

    Quant à parler, n’en parlons pas.

    Si nous sommes deux naufragés, nous ne nous disputerons surtout pas. Quel que soit mon partenaire, il me sera hyper précieux.

    (Mais à trois, tout passerait au contraire compliqué avec meurtre à la clef à moins que nous convenions immédiatement de nous interdire le triangle de Karpman)


    Si je pige vite que cette situation d’isolé peut me rendre fou de détresse puis fou à lier ; je vais peut-être convenir d’adhérer sans manières et au plus vite au mainstream des bestioles que je trouverais. Ce sera alors une démarche hyper consciente 
    Mais je sens que ce sera très difficile et que mes chances de ne pas paniquer sont minces.

    Il y a eu souvent des prisonniers se sachant emmurés à perpétuité, qui ont convenu d’adhérer au mainstream des cafards et qui s’en sont bien tirés. Il y en a un de ces prisonniers cafardés qui avait reçu la visite de son tortionnaire, à la Bastille je crois, et ce tortionnaire ayant compris l’intérêt du cafard pour ce damné, l’a écrasé. Ce prisonnier lui a dit « J’eusse préféré que vous eussiez cassé mon bras » 



    Il me semble possible qu’un Français pas trop gambergeur puisse supporter la solitude prolongée sans devenir fou, mais j’en doute déjà. Il lui faut au moins le mainstream de l’alcool.

    Mais pour un gambergeur du genre Nietzsche, ce serait catastrophique de ne plus pouvoir se baigner régulièrement dans son mainstream originel. Les gambergeurs écrivent donc, ils ont besoin de cogner leur pensée sur quelque punching ball. Nous avons beaucoup plus besoin d’être contrariés que d’être compris.

    (Gros sujet à aborder alors concernant les fous que nous isolons de nous)


    (Le suicide est ici mal compris et pourrait être compris différemment mais il vaut mieux qu’il reste mal compris par le mainstream. Il ne doit être mieux compris qu’à titre individuel)


    Un chien ne vivant plus que parmi des hommes, adhère au mainstream des hommes. Un canard aussi. Lorentz a bien étudié l’éthologie de quelques bestioles, mais il nous invitait implicitement à piger la nôtre d’éthologie

    Le cheval a été un énorme partenaire de nos vies mais il était peu mainstreamable (alimentation trop différente, très délicate...). Il est beaucoup moins humanisable, domestiquable, qu’un cochon, qu’une souris.
    Dès que nous n’en avons plus vu l’utilité, nous l’avons jeté. Sans quelques passionnés aux yeux mouillés de reconnaissance pour lui, il n’y en aurait plus. Et bien nous ne savons pas grand chose de son éthologie tant nous avons réduit ses possibilités de relationner entre chevaux.

    Il va donc sans dire que je trouve absurde et dangereux le procès que nous faisons depuis 50 ans à notre mainstream. Dont j’ai déjà dit que chacun convient qu’il existe, qu’il est mauvais (en France) mais que nul ne sait définir.

    Le mainstream nous est indispensable pour adosser notre pensée et la structurer. Il nous influence, il limite notre intelligence, mais c’est ainsi limité que nous nous sentons bien tout en ayant nos degrés de liberté pour vagabonder autour en faisant les malins.
     
    Nous avons à nous en nourrir et à le nourrir.


    Un mainstream mondial ?
    Pourquoi pas, je n’en vois ni intérêt spécial ni inconvénient spécial. L’important c’est d’avoir une pensée limitée, adossée à des repères partagés (qui évoluent forcément) et de danser autour.
    On ne peut pas danser dans le vide.
    Il nous faut un plancher, une eau, un air, quelque chose qui nous porte et nous offre une portance.

    Je suis donc opposé aux propositions de s’ermiter sinon en fin de vie, histoire de découvrir ce qu’est l’isolement, par curiosité.
    Ce que le moment ultime avant la mort nous offre de toutes manières


    • Shawford34 16 décembre 2012 15:33

      Vrai vrai vrai, mais alors si je prends le post de volt quasi concomitant au tien présent, easy, ça serait bien dommage de « Travailler en vue de Jamais,... (car) ...voilà une belle énormité »

      Franchement il y a bel et bien affaire ici même sur cet espace qui s’appelle Agoravox, de façon neutre pour nous en nourrir et () le nourrir, ce mainstream

      Pensez seulement tout les trois à l’utilité et à la nécessité de jouer un rôle de modérateur désintéressés sans que rien ni personne nous ai rien demandé pour essayer de faire la « police » et oeuvrer pour la modération, etc.. sur cet espace : en clair un mouvement d’anonymous à intérieurement même d’Agoravox.
      Cela pourrait avoir une utilité tout comme des vertus incommensurables, rien que pour essayer d’arriver à faire une chose gratuite, désintéressée et visant le non-égotique !


    • Shawford34 16 décembre 2012 15:47

      Bon je sais, je viens encore de dire une énormité.

      Mais pensez bien quand même à l’utilité d’avoir certain agoravoxiens solidaires dont le seul et unique but serait de d’oeuvrer dans le sens d’agir contre les penchants égotiques de leurs pairs et par la même contre les leurs mêmes (de facto en s’affublant du même pseudo anonymisé)

      Ce serait vraiment du lourd, du très très très lourd !!


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 21:10

      Shawford : ça serait bien si la connivence des compères ne devenait pas un pouvoir ! parce qu’au fond : tout est là. Et le pouvoir s’acquiert, comme dit easy, par l’hypnose...et tous ses avatars !


    • Shawford34 16 décembre 2012 21:50

      100% d’accord et c’est bel et bien ce sur quoi il serait dès lors intéressant de « travailler » à oeuvrer raisonnablement, sans quête de pouvoir, comme ça ici entre ectoplasmes sans autre lien ni serment, en terrain neutre et même hostile, au fur et à mesure de l’introspection et des échanges, n’est ce pas un incroyable challenge ?
      Bonne soirée


  • easy easy 16 décembre 2012 16:30

    En France, on dit « Le nuage »

    A quoi sert ce Le ?
    Uniquement à distinguer entre un ou plusieurs
    Il a un contenu de genre qui ne sert à rien.
    Il ne sert à rien sinon à embrouiller
    Le français inclut d’emblée une brouille

    Qui est augmentée avec la polysémie.
    « Hier, il faisait trop chaud, j’ai pris ma glace, j’ai ouvert la porte, je suis desendu, j’ai....à droite....à gauche...puis, je l’ai mise devant mon visage, j’ai ouvert grand la bouche et j’y ai regardé le fond de ma bouche »
    On découvre le sens de glace après trois heures de lecture

    Et pendant ces trois heures, on aura suivi l’écrivain, on aura descendu les escaliers, on aura tourné à D puis à G, tout ça avec un grumeau de brouille dans la tête. Comment pourrions-nous nous concentrer complètement avec un tel grumeau de questions en tête ?




    En vietnamien on ne peut pas se retrouver en telle situation de brouillard, le sème apparaît très vite. 

    Les articles n’indiquent jamais un genre (masculin/ féminin), ce qui serait une absolue absurdité lorsque l’article genrant s’applique à tout, y compris aux nuages (mais les Français touvent cette absurdité normale)

    Ils n’indiquent pas non plus un singulier ou un pluriel (La pluralisation, tant qu’elle ne dit pas le chiffre, ne sert pas à grand chose sinon à généraliser. « Les Français » généralise)

    L’article viet indique la catégorie naturelle de l’objet non notre regard ou comptage sur lui, non notre regard sexé sur lui)
    L’article viet indique : plante, animal (et l’homme en fait obligatoirement partie), liquide, point, machine, objet inerte....


    En viet
    Un garçon se dit enfant masculin Con trai
    Une fille se dit enfant féminin Con gai
    S’il y en a plusieurs, on ajoute des mots indiquant les dimensions de l’enveloppe ou du périmètre considéré. 
    Alors qu’en français, dès qu’on dit Les garçons ça peut vouloir aussi bien dire les garçons autour de nous que tous les garçons du monde

    Le Français vire très vite et très automatiquement à la généralisation. Ici, Les hommes peut très bien avoir le sème de tous les hommes du monde. 
    Et il projette automatiquement sur les autres hommes du monde ses idéations et schèmes.

    En viet on ne peut dire le sème tous les hommes du monde qu’en précisant bien tous les hommes du monde






    En français on dit « La mère » et « La merde »
    En viet on dit « personne mère » et « objet merde »

    Les conséquences, car il n’y a que les conséquences qui nous sont vraiment intéressantes à connaître, sont grandes et je ne parviendrai pas à en faire le tour à mon grand regret. Sur ce point, je vous abandonne à vos propres spéculations sur ce qui peut découler de cette différence.
    Mais au moins puis-je dire qu’en aucun cas une mère (ou un enfant, ou un chien) ne peut être chosifiée. C’est strictement impossible. Du coup, les procès en chosification de quelque victime (triangle de Karpman) dont nous nous repaissons ici, n’ont aucun sens aux yeux des Viets.

    Il y a dans le français tous les ingrédients pour tout chosifier et nous nous retrouvons ensuite à nous accuser mutuellement de chosification. Nous sommes forcément hystériques (selon une acception élargie) ou mis en résonnance, en Larsen avec nos propres outils lingusitiques. 

    Si seulement nous avions conscience qu’il serait possible de concevoir une langue (hyper déterminante de la pensée) d’une autre manière. Hélas non, 99% des Français ne peuvent concevoir qu’il soit possible de papoter autrement que selon la même logique linguistique.

    Heureusement que nous avons pu voir des écritures s’écrivant de D à G, en verticale, sinon, nous serions persuadés qu’on ne peut écrire que de notre manière.


    Les conséquences de la chosification/non chosification sont innombrables et je suis saisi de vertige devant leur quantité.

    Je ressens une panique à ne pas savoir par quel bout commencer.

    Tiens le travail salarié par exemple.
    Ou bien les putes.

    La langue viet est ainsi faite que le concept consistant à chosifier une personne n’est pas possible : salarié, pute, esclave, ne peuvent pas être associés à un concept d’objet tel l’étron ou le caillou. Même un âne ne peut pas être un objet. Même une machine ne peut pas être un objet. Même le mot voiture est précédé d’un article qui indique que c’est une machine à transporter et que ce n’est pas à ranger dans la même classe que les cailloux.
     

    Marx, toussa, me fait pleurer.
    On essaye de corriger une perversion de notre système par des émeutes, des fers et des bombes alors que le mal est dans notre langue.
    Plus on fait de discours en langue française, plus on s’enferre sur ses perversions fondamentales.
    Poétisons, versifions, Zolons, Hugons, Rimbaudons, Révolutionnons, Communons tant que nous voudrons, le mal reste toujours là.





    Je n’ai aucun scrupule à déformer ou néologiser les mots français, au contraire

    Il existe ici un procès intenté contre ceux qui changent le sens des mots.
    Je me marre
    Enfin j’en pleure plutôt.
    Car nos mots sont à mes yeux à réformer et quand je vois combien sont nombreux ceux qui brandissent la nécessité de les préserver dans leur temple, je me dis qu’on n’est pas sorti de l’auberge.

    Mais mais mais, je sais aussi qu’il serait catastrophique de tout casser d’un coup. Nous avons besoin du mainstream avec sa viscosité-plasticité bien comprise, nous devons contribuer à le déplacer lentement, nous ne devons pas l’incendier sous peine de devenir tous des fous.


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 18:22

      La langue française appartient à tous ; elle n’a pas d’auteurs, elle est vivante et bouge sans cesse ;le mouvement que l’on voit en ce moment est plutôt un appauvrissement car « universaliser » c’est « réduire », au plus petit dénominateur commun. Je (fais partie de ces gens qui), quand je cherche « le » mot qui exprime au plus près ma pensée sans recourir à une périphrase, le trouve presque toujours dans un ancien sens devenu obsolète. Nous sommes moulés dans notre culture et notre langue : pourquoi faudrait-il changer cela, en foutant tout en l’air d’un coup. Vous êtes la preuve qu’en sortant de sa langue et en entrant dans une autre ( et même sans aller si loin que l’Orient), on repère les choses, on en comprends l’essence, et cela n’est-il pas suffisant ?
      Je parle de la langue française mais, vous l’aurez compris, cela est vrai pour toutes ; c’est cette diversité qui est riche, pourquoi la laminer ? Vous pourriez tout aussi bien trouver mille exemples de ce que l’on peut exprimer en français ( et qui vous sont chers) et que l’on ne peut pas exprimer en vietnamien ni même en allemand !


  • easy easy 16 décembre 2012 17:05

    Je vous ai dit qu’une dame rencontrant un gamin de rue, orphelin ou pas elle n’en sait rien, l’appellera, à défaut de connaître son nom, enfant (ou neveu) et cela en sachant qu’elle appelle le plus chéri de ses enfant : enfant (parfois elle l’appelle par son prénom s’il y a d’autres de ses enfants dans la maison) 

    Quand l’enfant est près de sa mère, elle lui dit des mots doux en l’appelant tout simplement Con (qu’il soit garçon ou fille)
    (C’est un O de notre coq, non le nasal de notre sale con)

    Puisque tout enfant de rue est appelé comme s’il était de la famille de celui qui l’appelle, il y a déjà la familiarisation automatique et généralisée.
    A se demander si cette dame n’irait pas à appeler un petit Martien ayant l’air jeune par le même Con qu’elle accorde à son propre enfant. Bin oui. C’est ce qu’elle ferait.
     
    Il est impossible à un Viet de parler à son pire ennemi sans d’abord lui reconnaître la classe animale puis la classe humaine puis la classe famille.
    Pour un Viet, tous les gens du monde relèvent de la famille
    Il existe une forme permettant de parler à quelqu’un en la désignant et en se désignant no-famille. Mais cette forme est utilisée en conférence, en tonalité universitaire, donc logos pur. Les gens ordinaires ne l’utilisent pas et certains ne savent même pas que cette forme neutre existe.

    Affaiblissement du sème famille alors ?
    Bin non puisque ce sème est appliqué ces centaines de fois par jour à ceux qui nous sont le plus chers.
    Il n’y a pas affaiblissement du sème famille il y a profit de tous les gens du monde à ce sème dont la réalité quotidienne implique le plus chéri

    Quoi qu’on fasse, la langue viet courante, de la maison e de la rue, inclut ethos et pathos puisque d’une part il n’y a pas de chosification possible (en dehors des cailloux) et que d’autre part il y a de l’affect par cette familiarité.



    En France, non seulement on ne pratique pas ce principe familiériste mais on crie au contraire au scandale lorsque quelqu’un est familier.

    Comment peut-on croire qu’on a des chances de devenir fraternels alors qu’on interdit la familiarité, qu’on la péjore, qu’on peut même faire procès à quelqu’un parce qu’il a été familier ?

    Le Français est extraordinaire
    Il est le premier du Monde à avoir clamé qu’il fallait être fraternel alors qu’ontologiquement et profondément il ne veut pas l’être.


    • Shawford34 16 décembre 2012 17:15

      Je ne suis pas forcèment d’accord avec ta conclusion ou plutôt j’y répondrai par une maxime « c’est dans le pire que l’on trouve le meilleur (et vice versa) » : le pathos accompagne le logos et l’ethos mais aucun des trois éléments ne peut exister sans les deux autres.
      Les deux autres se combinent donc autrement que chez les viets, à tout le moins on ne peut tout réduire selon moi au sens littéral du langage
       Sachant qu’énormément de choses sont « expressibles » dans la langue française.

      Vois par exemple quand hier soir Alinea vient rectifier un de ses commentaires (post de 19:33 à Sabine) : « le détachement » NON ! la « distanciation »


    • easy easy 16 décembre 2012 17:58

       *** Sachant qu’énormément de choses sont « expressibles » dans la langue française. ***

      Il semblerait qu’en raison de notre embrochement sur notre linguistique nous soyons obligés d’énormément gesticuler de formes.

      Ce qu’une dame dit à un enfant de rue au Vietnam au travers d’un seul mot, il nous faut déployer ici une considérable caisse à outils manières, pour le dire.

      Ici la manière est déterminante (manque alors les smileys dont nous avons déjà parlé ici)

      Une dame viet qui appelle un vendeur de fruit Enfant comme elle appelle son propre enfant, lui offre directement l’ethos et le pathos (le smiley est déjà dans ce seul mot)

      Ici, il faudrait appeler quelqu’un dans la rue ami, copain, camarade pour qu’il y ait un contenu ethos pathos. mais le faire c’est immédiatement se prendre une gifle « Je ne te permets pas de m’impliquer dans ton champ ethos-pathos. Ne me Touche pas »

      Ici, le Tu offrirait de l’ethos pathos, mais il peut être aussi bien gentil que méchant.
      Par ce Tu ou Toi on peut désigner aussi bien un aimé qu’un méprisé.

      Le Tu français ne contient pas un lien indiscutable, c’est un lien dont seul celui qui l’émet détient la clef. Celui qui l’émet aliène l’autre de manière unilatérale

      Alors que quand j’appelle quelqu’un tonton ce lien est celui d’une classe qui ne m’appartient pas. Je ne peux pas péjorer ou majorer cette appellation à la guise

      Quand un Français appelle quelqu’un monsieur il ne peut pas péjorer ou majorer ce mot mais ce mot est alors neutre et vide de pathos
      Quand un Français appelle quelqu’un Tu, il peut le péjorer ou majorer à sa guise

      Au Vietnam, nul ne trouve offense à être appelé neveu ou oncle, au contraire, ici appeler quelqu’un par Tu, c’est un drame possible à la clef.
      Il y a une tension dans tous les mots que les Français utilisent pour désigner les autres. Une tension qui rend les rapports toujours tendus et stressants et chacun va très vite à faire procès à l’autre rien que sur la manière dont il a été appelé.



    • alinea Alinea 16 décembre 2012 18:37

      Alors easy, il s’agira d’une délicatesse d’attitude dans une situation donnée ; oui alors, ce qui s’exprime de manière évidente pour tous dans des sociétés où l’individu n’est pas hyper valorisé, ne se fera pas de même en français ; mais c’est la situation qui le dira.
      La langue française est une langue éminemment poétique parce qu’elle laisse une grande liberté au locuteur. Si maintenant je te dis « tu » easy, tu ne le prendras pour une familiarité méprisante et si je continues à vous dire « vous », vous ne le prendrez pas comme une distance qui protégerait mon « quant-à-moi » !
      J’ai fait une thèse en linguistique ( non aboutie comme je l’ai dit à Volt dans un autre com) ou notre système aspectuel avait toute son importance .Nous avons le système aspectuel le plus complexe de toutes les langues, en simplifiant c’est parce qu’il a besoin du contexte, de la phrase d’un récit ou de la situation d’un discours. Cette liberté donnée n’existe pas en russe par exemple, ni en anglais !


    • Shawford34 16 décembre 2012 18:47

      Je conçois fort aisément que lors d’un première approche, « sans autre forme de procès », sans contexte affectif prédéfini, toussa, il y a dès lors une froideur, ça ne fait aucun doute suite à ces démonstrations.

      Mais d’une part je maintiens qu’un langage c’est un tout et d’autre part je m’interroge donc sur comment se fait il que le français ait pu malgré tout devenir le langage diplomatique et le langage romanesque par excellence ?

      Peut être bien que la froideur, c’est aussi une pudeur, une réserve qui donne un pendant indispensable à l’imposition physique de la masse de l’autre, de cet autre à soi même qui va par son langage pénétrer quoi qu’il arrive ma sphère intime.

      A l’appui de cette réflexion, quiconque a fait de la PNL sait que dans une discussion quelconque il y a 90% de signifiant pour 10% de signifié : la gestuelle, l’intonation, le comportement de l’émetteur du message s’impose avant tout, ce qui est dit, quelque soit ce qui est dit, est dès lors forcèment un épiphénomène.

      Dans peut être bien que notre langage permet à sa façon justement de compenser la dureté du contact entre deux êtres.

      Reste maintenant bien sûr encore à distinguer langage parlé et oral, mais on devrait quand même bien retrouver au final un peu de toussa smiley

      PS : je viens de lire entretemps le message laissé par Alinea ,et je conserve le mien en l’état (désolé moi j’ai pas le verbiage élitiste adapté : aspectuel, toussa toussa smiley smiley )


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 18:57

      Shawford ! quelle attaque, moi qui ne peux supporter l’élitisme ! sauf à tâcher d’employer le bon mot ( qui n’est pas souvent un bon mot) !!!!!!!!!!!


    • Shawford34 16 décembre 2012 19:02

      C’est pour ça des fois, un bon smiley, ça peut faire l’affaire, on risque pas l’élitisme, et même bien au contraire ce serait l’infantilisme assuré dixit Romain Desbois, c’est donc le bonus pathos smiley smiley


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 19:18

      Shawford : pour le bonus pathos : smiley
      ( les leçons de Jojo ne seront jamais oubliées !!!)
      Au fait ! 34, c’est votre âge ou votre département ????? smiley


    • Shawford34 16 décembre 2012 19:26

      On est bien décidément sur un article consacré à la curiosité smiley

      34 parce que Shawford tout court n’était plus disponible (mon premier pseudo sur AV il y a quelques Lunes de ça), alors je voulais 33 comme mon département de naissance mais je sais pas pourquoi, ma réinscription en Shawford33 n’a pas marché
      Shawford34 par contre c’est passé, j’ai reçu le mdp, et en plus ça tombe bien car c’est un hommage au département de naissance de mon héros : http://bordeauxstripper.free.fr/


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 19:35

      Shawford : je vous avais vu négociant en vin du bordelais, en Chine ; puis, réalisant le « 34 », j’ai pensé à mon département limitrophe ! Comme vous n’êtes toujours pas en tête de gondole, je poste, et vais voir de ce pas votre « idole » !


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 19:41

      Très élitiste ce lien- ou ésotérique- ce héros ! je n’ai rien compris ; un ami ? Oui ; disparu ? Peut-être mais qui était-il ? Mystère


    • Shawford34 16 décembre 2012 19:42

      Le Languedoc, tout à fait, département de naissance, si ce n’est de mon idole, en tout cas du héros en cagoule que j’ai créé et derrière lequel se cachait un très proche ami né à Montpellier, comme Rémi Gaillard


    • easy easy 16 décembre 2012 20:38

      Ce que je dis de la langue française vaut probablement pour les langues frangines, je ne suis pas philologue
      Or elles ont toutes un même berceau, une même Maman

      Les diplomates dont tu parles Shawford, étaient de ce chaudron (et de ce chaudron européen sont partis des missionnaires qui ont imposé la langue européenne dans le monde)

      D’autre part, c’est cela qu’il faudrait remarquer surtout, c’est que le langage diplomatique n’est pas du tout favorable à ethos pathos

      Il y a toujours un sous-jacent d’ethos pathos puisque ces choses existent, mais ethos et pathos sont cachés, dissimulés par cette langue superbement conçue pour produire de la distance et de la froideur

      La gueusaille ne parlait pas cette langue
      Elle était celle des princes qui devaient tuer père mère et frères


    • easy easy 16 décembre 2012 20:49

      ***** J’ai fait une thèse en linguistique ( non aboutie comme je l’ai dit à Volt dans un autre com) ou notre système aspectuel avait toute son importance .Nous avons le système aspectuel le plus complexe de toutes les langues, en simplifiant c’est parce qu’il a besoin du contexte, de la phrase d’un récit ou de la situation d’un discours****

      Cette aspectualisation me semble obligatoire tant les articles sont froids
      Nous sommes obligés de compenser par les manières ce que les mots trop froids n’expriment pas.
      Les smileys nous aident à contourner la nécessité de laborieuses manières. On pose une phrase simple, on ajoute un smiley et ça le fait


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 21:17

      Le système aspectuel est quelque chose de très grammatical bien que personne ne l’enseigne jamais dans les écoles !
      dans une langue il y a les temps : passé, présent, futur... Les modes ( subjonctif : très français ! est-ce un hasard par rapport à ce que vous dîtes easy ?)
      L’aspect c’est : accompli, inaccompli ; qui concerne une action, dans quelque contexte que ce soit !
      En anglais nous avons : le prétérit ( accompli) et le present-perfect ( inaccompli. Point barre.
      Et dans toutes les langues c’est comme en anglais.
      Nous nous n’avons pas de marques définies nous avons un passé simple, qui peut être l’un et l’autre selon le contexte, un imparfait, idem, et ainsi de suite.
      C’est une richesse aussi, easy !!!


    • easy easy 16 décembre 2012 21:31

      En viet, le verbe aller c’est Di (tous les mots sont monosyllabiques)

      On ajoute un mot devant ou derrière ce verbe intangible et on comprend que l’action est accomplie ou à accomplir 

      C’est déjà simple
      Là-dessus, le langage de la rue le fait connaître à tous, (pas besoin d’aller trop à l’école)
      Et là-dessus tout s’écrit comme ça se prononce

      (Pour avoir une mauvaise note en orthographe, faut le faire exprès)

      En viet, on ne peut faire le savant qu’en désignant des objets ou concepts rares.
      En France, on peut déjà crâner rien qu’en disant « Il eût fallu que je le susse »


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 21:37

      Vous oubliez un petit détail easy : c’est que le vietnamien est une langue à tons, comme toutes les langues orientales ; ces tons, qui sont difficiles à entendre pour une oreille occidentale non avertie, est, au fond, tout le flou que nous avons dans le contexte ou la situation. Vous ne parlez pas de l’écriture ; il y a, que je sache, plus d’orientaux qui viennent facilement à nos petites lettres que d’occidentaux qui engloutissent les idéogrammes ? non ?


    • easy easy 16 décembre 2012 22:06

      Tiens, en voilà un sujet !

      Demain j’en ferai un pavé


  • easy easy 16 décembre 2012 17:07

    Je vais maintenant fouiller dans ce qui s’est déjà dit ici, dans vos commentaires, me remainstreamer afin de rester en ligne


  • easy easy 16 décembre 2012 17:31

    Volt nous a signalé que
    **** l’arabe a cette propriété que j’ai jamais réussi à élucider/interpréter, mais qui doit en dire long : il n’y a pas que singulier et pluriel, il y a le duel, duel féminin ou duel masculin, possiblement lui-même singulier ou pluriel, c’est très singulier. ****


    Nous voilà instruits d’un fait.
    Nous voilà cultivés
    Mais qu’y comprenons-nous sinon qu’il existe des gens voyant différemment (ce qui est déjà une bonne chose) ?

    De même que nous sommes instruits du fait que les Hopis n’ont pas notre notion du temps mais que nous sommes infoutus de deviner les conséquences que ça a (de nous mettre un instant à leur place), nous sommes infoutus de deviner les conséquences de ce duel des arables

    C’est donc une chose que les ethnologues et philologues nous instruisent des particularismes tels qu’ils leur apparaissent dans leur lunette logos ou universitariste, ce serait autre chose qu’ils pensent à nous dire les conséquences de ces particularités des uns et des autres sur le sensible, sur le ressenti de chacun. Et cela en tenant compte de notre endroit pour en souligner les contrastes.

    Espérons donc qu’un jour un medium viendra nous dire les conséquence de l’intemporalité des Hopis et du duel des arabes 

    Personnellement, bien qu’ayant déjà le regard double du caméléon, je ne parviens pas à deviner ces conséquences. J’espère donc un médium ou plutôt deux media. Chacun pour sa spécialité bi-regard.


    (Il a existé des types extraordinaires tel Alexandre de Rhodes ou des grands orientalistes qui ont été capables d’avoir plus de deux regards. J’en bave)


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 18:44

      Il peut ne s’agir par exemple que d’un « je » « tu » qui ferait un « nous » alors qu’il y aurait un autre « nous » ! pour « nous » « vous »
      En Afrique, l’arc-en-ciel n’a que cinq couleurs ; chez les Inuits, pour dire « la neige » on a quatorze mots ! On comprends bien, tout de suite de quoi il s’agit. Je suis sûre que l’on sait pourquoi il y a le « duel » ou « duo » en arabe même si « nous » ne le savons pas !


    • easy easy 16 décembre 2012 20:42

      Il existe aussi des particularités des peuples aux différents percepts
      Les illusions d’optique qui marchent sur nous sont parfois sans effets sur d’autres


  • Jason Jason 16 décembre 2012 17:38


    « Le Français est extraordinaire
    Il est le premier du Monde à avoir clamé qu’il fallait être fraternel alors qu’ontologiquement et profondément il ne veut pas l’être. »

    La fraternité telle que l’on voudrait la voir s’exercer ou pratiquer est un horizon, un désir tout simplement. On peut penser que, de même que personne ne fait une grande affaire de ce que le soleil se lève chaque matin, on ne parle pas de ce qui existe déjà et est ancré dans les esprits.

    Il en est de même, à mon avis, de tous les films ou des émissions qui nous montrent des policiers toujours efficaces, des avocats au grand coeur, ou des gens fraternels. Si cela était le cas dans la vie courante, on n’en parlerait pas. Pourquoi mettre en relief quelque chose de banal ?

    La fraternité, dont la définition reste très vague, fait donc l’objet d’une particulière attention.

    Maintenant vous dites : « il ne veut pas l’être ». Peut-être ne le peut-il pas. Pourquoi ? C’est une autre affaire.


    • easy easy 16 décembre 2012 18:19

       **** Peut-être ne le peut-il pas. Pourquoi ? ****

      Ahhhh , je ne sais pas Jason, je ne sais pas


      Je refile sur un exemple de situation

      Un soldat français est blessé,
      Il est dans l’infirmerie
      Il pense à sa famille, à sa douce.
      Il y a une infirmière.
      Elle est gentille, compassée toussa

      Elle saura mettre les formes, les manières pour faire passer du pathos, de doux smileys
      Mais la catégorie des mots qu’elle utilisera seront des mots froids.

      Je reprends autrement ;
      Si l’infirmière ne communique que par écrit et que ses mots passent à la censure militaire, ils seront « Comment allez-vous ce matin ? »
      Aucun problème avec la censure militaire, tout le monde est content.
      Mais le blessé a été désigné en Vous.

      Au Vietnam, toujours avec une censure militaire, l’infirmière écrira « Comment va grand-frère ? »

      En sachant que c’est exactement ainsi, que sa bien-aimée lui poserait la question, exactement, mot pour mot

      Le soldat viet blessé entend dès l’infirmerie une femme lui parler comme sa tendre épouse lui parlerait. Et là j’ai considéré des âges égaux, Si l’infirmière est plus âgée, le soldat entendra les mêmes mots que lui diraient sa mère « Comment va fils »

      Je pense, Jason, qu’il y a incompabilité entre l’égalité la liberté et la fraternité.

      Nous sommes un des rares pays du monde à avoir des mots pour devise nationale alors que tous auraient pu nous imiter. Il doit y avoir une ineffable raison à cela
       
      Les ineffables contiennent quelque chose de précieux que la langue française a piétiné en croyant mordicus que le dicible suffisait amplement







    • easy easy 16 décembre 2012 18:25

      Rectification
      Nous sommes un des rares pays du monde à avoir Ces mots pour devise nationale alors que tous auraient pu nous imiter. Il doit y avoir une ineffable raison à cela


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 18:49

      Jason : il y a peut-être simplement la fabrication d’une patrie imposée par le haut et qui ne correspond pas à une réalité « des gens ». Un Empire ! L’Europe, honnêtement, que veut bien vouloir dire « je me sens européen » ! Aucun pathos là-dedans, ça c’est sûr.
      Si la volonté d’unir des gens est artificielle, si elle est voulue pour des intérêts plus ou moins louches, en tout cas qui ne concernent que certains, tout le reste n’est que voeu pieu !


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 18:52

       easy : je ne sais pas si l’article que j’ai écrit sur notre devise pourra vous être utile, je ne l’ai pas relu et comme toujours, ce n’était qu’un moment de ma réflexion !


    • easy easy 16 décembre 2012 19:46

      Je ne l’ai pas lu Alinéa,

      Je vais en parler dans un nouveau pavé 





  • easy easy 16 décembre 2012 18:23

    Bon, j’arrète là le pas japonais (à l’instar de la traduction, le double regard est fatigant)

    Je réagirai à vos éventuels commentaires


  • easy easy 16 décembre 2012 20:28

    Je vais reparler ici de notre devise en parlant aussi de l’hypnose

    Le principe de l’hypnose paraît mystérieux à tous, (Beaucoup n’y croient pas)

    Il est simple et je vais m’appuyer sur la vidéo Mesmer chez Métro
    pour l’expliciter

    Il me semble que comme pour le mainstream, il serait temps que nous ayons une mise en perspective de ce qu’est l’hypnose car l’air de rien, nous sommes constamment sous petites hypnoses.



    L’hypnose idéale, parfaite, est celle produite par Mesmer, ceux du music-hall et par les médecins du genre

    Je prends donc le cas illustré par Mesmer / Métro que vous pourrez trouver en vidéo sur le Net


    La veille, il est annoncé dans le journal Métro qu’un hypnotiseur va venir faire une démonstration.
    Depuis la veille, tout le personnel y pense, le soir en s’endormant tous pensent à ce qui va se passer le lendemain.
    Ils sont déjà tous à 5% sous hypnose tant leur esprit focalise dessus.

    Le jour J arrive.
    Mesmer est annoncé dans l’ascenseur, chacun ne pense plus qu’à ça et ne parle plus que de ça. Ils sont tous à 10% sous hypnose et s’il survient un bruit insolite dans la rue, il n’y en a déjà plus un seul qui y fera attention.
    Il y en a même deux ou trois qui ont déjà oublié de passer un coup de fil pourtant urgent.

    Mesmer les réunit et leur annonce clairement qu’il va les hypnotiser et en dit les détails qui seront visibles selon cette focalisation. Tout le monde, patron compris l’écoute, personne ne l’interrompt, il commande et tous les esprits boivent ses paroles. Ils sont tous à 15% sous hypnose.

    Il demande 10 volontaires.
    Dix personnes disposées à lui obéir se détachent du groupe principal. Dès la seconde où un volontaire s’est avancé, il s’est engagé devant la mase et ne peut plus se ressaisir parce que ce serait ridicule. Cette impossibilité de reculer en raison du ridicule lui fait exclure automatiquement de changer d’attitude. Alors il la maintient vers l’obéissance.

    Le groupe principal est déjà coupé du mainstream de la rue, il est réduit à un mainstream très étroit, personne ne pense à quoi que ce soit d’autre.

    Alors les dix qui s’en détachent sont encore plus isolés du mainstream de la rue. Si par exemple il y avait un incendie dans les couloirs, les premiers à réagir seront ceux qui se tiennent le plus loin de Mesmer, ce ne seront pas ceux du groupe de dix qui sont déjà hypnotisés à 70%.


    Puis Mesmer en appelle un premier et il lui dit tout ce qu’il y a de plus bête et fondamental. Posez le pied ici, là, très bien, posez la main ici, parfait. Il s’agit d’indications sur l’équilibre. Nous tenons debout sans y penser alors que ce n’est pas facile. Or là, Mesmer demande au cobaye de penser à cet équilibre pourtant intinctif. C’est parce que nous ne pensons pas à notre équilibre ni à notre respiration ni à notre regard que notre pensée reste disponible à autre chose, au mainstream par exemple.

    Mesmer demande à son cobaye de penser à des choses qui ne sont pas à penser. Le cobaye est à 100% sous hypnose.

    Il peut alors lui ordonner le lâcher prise complet, le fruit est mûr, il n’a plus qu’à en amortir la chute.
    Pendant ce temps, les autres cobayes se sont imaginés à la place du premier cobaye, et sont passés à 90% sous hypnose. Mesmer peut les convoquer à toute vitesse et ils vont passer à 100% en un éclair





    Dans la vie de tous les jours maintenant.

    Un ami ne dit, viens me rejoindre à une soirée extra.
    Il me tente, je lui fais confiance, je m’habille et me présente à l’adresse en question que je découvre totalement.
    Je sonne, j’espère que mon ami sera là etc.
    Je suis tendu vers l’espoir que ça va continuer.
    La porte s’ouvre, lui a l’air à l’aise, moi j’ai les yeux qui roulent partout pour découvrir la chose nouvelle, soudain mon ami me dit « Fais attention Easy, ne marche pas sur ce tapis, ce serait offense, marche plutôt sur celui-là, ce sera bien vu »
    Me voilà à lui obéir au millimètre. Ensuite il me présentera à des gens en me disant quelle attitude avoir et je vais constamment lui obéir. Je vais oublier toutes mes affaires urgentes, père et mère, femme et enfants, etc

    C’est de l’hypnose partielle.

    Dans une entreprise il se passe constamment ce genre de chose.
    Dans les réunions aussi etc




    En 1789, 1792, les révolutionnaires étaient mal comme on dit.
    Ils ne savaient pas du tout où ils allaient.
    Quelques uns tel Lafayette avaient des références avec la démocratie américaine, avec la révolution anglaise, mais pour autant, ils balisaient. Le peuple pouvait très bien faire n’importe quoi. Il fallait très vite focaliser son attention sur quelque pendule, drapeau, musique mais surtout objectif


    Le concept d’égalité (zéro caste) était hyper neuf pour 98% des Français et faisait très peur à la gueusaille qui n’avait jamais été préparer à prendre des décision importantes.

    Ce seul concept aurait théoriquement dû nous suffire ; Mais il était d’allure si aposématique pour tant de gens (puisque jusque là il leur était profondément interdit de se croire à caste égale avec les aristocraties, y compris à travers les fondamentaux religieux) que les révolutionnaires paniqués l’ont entouré de deux concepts extirpés d’une position dormante, non-dite, où ils jouaient déjà plein rôle.

    Ils ont entouré l’Egalité aposématique de « marchez » et de « respirez »


    Jamais personne n’a été libre de tuer ou voler. La liberté chacun, dans tout pays, est un concept creux ou mou, qu’il est impossible de brandir en absolu. La fraternité c’est pareil. Tous les peuples ont toujours pratiqué une fraternité molle, ineffable, au cas par cas. Il n’est impossible d’en faire un absolu puisque déjà des vrais frères se tapent dessus.

    L’égalité n’a pas de perspective contrairement à la liberté ou même la fraternité. L’égalité est un endroit, très facile à obtenir et une fois qu’on là, ce poit mort, bien rien.

    Les deux autres concepts bien qu’étant en meilleure place dans le fonds de caisse, peuvent s’ils sont érigés en haute valeur, posséder une direction à prendre, toujours perfectible. Ce sont deux concepts ayant une possible dynamique

    Egalité c’est fait et il n’y a plus rien à y faire de majeur et reste alors à exploiter au mieux individuel cette liberté brandie en idéal.

    Il n’y a que deux libertés possible à développer, celle de la pensée voire du dire et celle de s’enrichir.

    Cette devise n’offre qu’une unique dynamique individuelle possible : vers le dire plus et vers le gagner plus.


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 20:47

      Alors, pourquoi « plus » et pas « mieux » ?
      parce que l’on est pris de court ; on n’a pas réfléchi au problème ; les choses nous tombent dessus, OK, on fait avec. Mais, au fond du fond du coeur de chacun d’entre nous, reste un besoin, un désir, qui n’a pas de mot, qui est le même pour tous !
      les riches les puissants ne sont pas enviables parce qu’ils ne trouvent pas dans leur pouvoir et leurs richesses la satisfaction de ce fond ; le peuple non plus qui galère.
      Quelques hurluberlus seulement !
      Alors, la solution n’est-elle pas d’éviter les grands mots qui ne veulent rien dire parce qu’ils veulent dire ( dans le pathos) des choses différentes pour chacun et de mettre chacun devant l’obligation de ’ sa santé mentale", devant la sagesse ?
      On peut sortir de l’hypnose... il n’y a pas de malédiction...........


    • easy easy 16 décembre 2012 20:57

       *****Alors, pourquoi « plus » et pas « mieux » ?*****
      Bah, disons que pour tout concept (sauf celui du Mieux), envisager sa dynamique va instincitvement à penser d’abord en Plus

      Puisque Egalité est bloqué au = (facile à atteindre et qui ne délivre pas d’orgasme)
      Puisque seules Liberté et Fraternité peuvent éventuellement avoir une dynamique, nous aurions pu dire « Plus de liberté » et « Plus de »Fraternité"

      Or la Liberté est -pour chacun- ce qu’il peut faire lui
      Tandis que la fraternité c’est de qu’il attend des autres à son égard

      Résultat des deux concepts mous érigés en idéaux, c’est la liberté qui a été chosie par chacun et dans les seuls exutoires possibles dire et s’enrichir




    • alinea Alinea 16 décembre 2012 21:01

      Qui rôde ici qui me moinsse ?
      Un amant délaissé ? Un jaloux ?
      Un quidam aigri qui se laisse porter par le courant, d’ères ?
      Un fantôme fantaisiste qui veut m’interroger ?
      Un persécuteur d’âme.
      Un passant qui s’ennuie ?
      ou l’un de vous, devenu ennemi ?
      Qui soudain n’osant plus la controverse, s’éloigne et laisse un signe ?
      Un lâche ? Ou pressé qui ne peut s’attarder ?
      Êtes- vous sûrs qu’Avox est bien ce lieu où l’on peut échanger ?
      Je rigole, je m’en fous
      Vous remercie de tout !!!!!


    • easy easy 16 décembre 2012 21:16

      C’est dingue !
      Le moinsage

      Fallait être français pour inventer un truc pareil


    • volt volt 16 décembre 2012 21:38

      easy, si je tiens votre exposé sur l’hypnose pour très incomplet (vous ne tenez compte ni du travail sur le timbre de la voix, sur la respiration, les yeux, le regard... et surtout, ce coeur de l’affaire qui procède par : auto-hypnose), par contre sur les exemples concrets que vous donnez, c’est un pur délice, à développer sans modé.


      quant au deuxième volet, c’est plus acrobatique : avouons que liberté comme égalité ne présentent pas de trop gros problèmes ; il s’agit de poser mathématiquement des domaines de défintions, puis de tracer les courbes dérivées, fastoche. 
      Là où ça se Corse, plus sérieusement, c’est dès qu’on dit : Fraternité... 
      Oublions là même maman sous-entendue, déjà ma Soeur, !ce beau mensonge... à dire d’un homme à une femme c’est pas tout rond ; je ne vous parle pas de l’entre-femmes (demandez à mon coiffeur) ; 
      bref, sans parler de ce qui s’ensuit, c’est-à-dire la manière surtout dont s’étendent les ramifications entre liberté égalité fraternité, une fois la vaste question de cette dernière plus ou moins éclairée, si tenté que ce soit peau cible.

      les anciens sur la question n’avaient pas trop à manoeuvrer, ils s’en tenaient à l’orthos (que vous rajouterez non sans joie à votre panier ethos, logos, pathos), Orthos, le très-droit, dieu du serment, flamme et matricules... Il est nécessaire (que le pôle soit grec ou sémite) qu’il s’agisse d’une divinité tueuse, autrement ça marche pas, et les serments fidèles finissent en serrements de salon, puis ça glisse. 
      Ainsi - malheur à nous - il se pourrait que de principe, la Fraternité exige une peine de maure.

      mais je vaticine sous le poids des pavés...

    • easy easy 16 décembre 2012 21:59

      Superbe complément Volt

      Il est flagrant que ce que je dis dans mes pavés a un côté cadenassé alors que chaque point, pourtant vrai, peut être réouvert.

      Il y a comme une possibilité à tout dire d’être encore redit

      Tant mieux n’est-ce pas !

      Je cadenasse quasiment toujours mes discours afin que mon lecteur suive le fil comme dans un couloir. Mais je compte bien qu’ensuite et surtout sur un forum ouvert et traversé par un puissant mainstream, chacun ouvrira de nouvelles fenêtres mais surtout perspectives.

      C’est la perspective qui me semble intéressante : Une idée, par rapport à une autre

      Les couloirs de visite que je propose ont certes des murs de part et d’autre (qui appellent à être défoncés) mais ils conduisent d’un endroit à un autre. On s’y déplace.
      Edgard Poe aussi déplace son lecteur. Il démarre d’un endroit banal puis le conduit vers un extraordinaire. Mais là, son lecteur est seul, pas sur un forum traversé de vents en tous sens.

      En nous mettant à l’écart en ce dimanche sur ce topic d’Alinéa, nous avons pu vivre un peu l’effet Poe dans un couloir long de 10 000 km


    • volt volt 16 décembre 2012 22:17

      10.000 oui c’est un chiffre clé, celui de l’excellence, à s’y tenir. 

      A cette fin, haussman ne fut sans doute pas le seul modèle, 
      une place n’est pas une autoroute, 
      tous les aménagements demeure possible,
      et certains fils sont précieux, selon leur partage.

  • easy easy 16 décembre 2012 21:14

    Arrive le chapitre de la conjugaison

    Je ne vais pas le développer ce soir mais je signale seulement que ça n’existe pas en viet
    On y ajoute des mots comme hier, ou plus tard et ça suffit
    Il n’y a même pas de conjugaison selon la personne.

    Conjuguer selon 6 personnes dont les indéfinis, est un délire qui n’est utile que pour les langues maniéristes

    Un enfant de France doit se farcir d’apprendre cette folie qui ne lui enseigne strictement aucun fond et qui ne l’envoie qu’aux seules bonnes manières. Et quelles manières sinon les aristocratiques 

    Gaspiller sa jeunesse à apprendre des manières sans le moindre contenu poétique pour seulement éviter de passer pour un âne, un inculte, c’est profondément aliénant au mépris et à la prétention


    La conjugaison à elle seule permet de caster les gens entre eux

    La conjugaison à elle seule produit l’éminence du savoir dans la relation aux autres

    Ajoutons y les accords grammaticaux et la coupe sera pleine

    Cette langue est éminemment prétentieuse

    Il n’y a qu’un seul moyen d’être un Français humble, faire des fautes partout


    • alinea Alinea 16 décembre 2012 21:26

      Je sens que vous auriez envie de la révolutionner easy ! je vous en décourage, cela n’est pas easy !
      En revanche j’imagine que votre âme est ailleurs et je le comprends bien ; pourquoi alors, rester ici ? de là-bas aussi vous pourriez tout aussi bien gloser avec nous, sur le sexe des anges ou sur le masculin de l’arbre ?


    • easy easy 16 décembre 2012 21:38

      Outchhh !
      Là vous posez un gros paquet de bonnes grosses questions personnelles

      Ou la la !
      Chaud !
      Trop chaud !

      Allez, bonne nuit Alinéa

      Je repasserai ici demain pour voir s’il y a des choses à dire en fonction d’éventuelles réflexions mais pour ma part, il me semble avoir vidé à peu près mon sac.
      Je ne pourrais aller plus loin qu’en parlant davantage des conséquences de toussa


    • volt volt 16 décembre 2012 21:47

      à bientôt alineasy smiley


  • easy easy 17 décembre 2012 09:43

    Bonjour à tous

    Révolutionner

    Alinéa, d’autres aussi peut-être, auraient envisagé que j’aie quelque envie de révolutionner quelque chose

    Là comme ça, à chaud, je dirais que non.

    Pourtant, comme Shawford l’avait souligné samedi lorsqu’il m’avait mis mat en disant que mon a-finalisme était propre à ma psyché (Alors qu’à l’évidence ma nourriture psychique a été constituée des trouvailles de ceux qui ont cherché la Finalité quitte à mettre la Terre sens dessous dessous) je suis a-révolutionnaire tout en ayant constamment mangé des fruits et surimis issus de révolutions.

    Je suis a-révolutionnaire alors que je ne suis que révolution ; jusque dans mes sangs.

    Si les autres retournent la Terre dans tous les sens pour y trouver le Sens, je les laisse faire et si des gens font la révolution, je les laisse faire. Je m’adapte à ce qui en résulte

    J’ai créé des contextes marqués mais à petite échelle, Familiale, pas au-delà.

    Dans tous les secteurs d’activité économique j’ai apporté des mieux ergonomiques et sensuels mais je ne faisais que participer à un mouvement préexistant. J’ai inventé des bidules mais aucun mouvement.

    Je m’assigne plutôt la tâche de voir les Mouvements du mainstream puisque c’est de là que partent les Mouvements physiques de la grosse Bête et ses accouchements.
    En observant les révolutions pondre des chimères (viables, je ne péjore pas), j’observe comment j’ai été conçu (Je suis chimère viable, je ne me péjore pas).


  • easy easy 17 décembre 2012 10:17


    Le mainstream

    Je ne vais pas reparler de son fond ni de son intérêt mais de sa définition

    Qu’on l’appelle mainstream ou courant central, ça verse dans centre.
    Le centre est à mon sens la doxa.
    Et c’est la doxa qui fait le Nomos sociétal


    Mais notre nourriture n’est pas constituée que du centre. Nous avons tous lu les versions les plus extrêmes du 11/09
    C’est l’ensemble des opinions qui sont entrées dans nôtre tête et un bon paquet d’entre nous se sont efforcés d’ajouter des opinions supplémentaires élargissant cet ensemble. Les compétitions se font sur les marges de l’ensemble.
    C’est sur les marges qu’il y a une dynamique.

    Le centre nous fascine par sa masse, sa Puisssance
    Les marges nous fascinent par leurs insolentes danses et leurs ventilations ; par leur relation plus forte avec le physis aussi.


    Il est juste de dire que le centre fait la doxa et la Loi, il est juste de dire qu’il attire à lui les indécis, mais faux de dire que seul ce centre nous nourrit et fait nos opinions.

    Marion Cotillard, ce n’est pas elle qui a inventé la version à laquelle elle croit et cette version est plus sur un bord que sur le centre. Elle s’est donc bien nourrie d’idées de marge comme tout le monde. Il se trouve qu’elle a fait le choix de retenir une de ces idées situées en marge mais elle connaît toutes les thèses.

    En attendant d’avoir trouvé un autre terme pour désigner l’ensemble des opinions des Français (qui se chevauche pour partie avec celui des Viets et qui ne chevauche quasiment pas celui des Himbas) je l’appelle mainstream mais dans ma tête c’est allstream. Allstream dans lequel chacun distingue bien le centre, le main (Surtout depuis Internet et les fora parce qu’avant c’était beaucoup plus difficile)

    C’est de lui, de ce allstream dont je parle quand je dis qu’il nous est indispensable et que rien n’est à maudire dans le allstream.


    • Shawford34 17 décembre 2012 10:53

      Tu veux déjà qu’on s’engueule on dirait easy smiley smiley


    • easy easy 17 décembre 2012 11:06

      Va chercher tes gants canaille, je t’attends dans la cour

      (Ça me fait repenser au duel entre Serge Lifar et le marquis de Cuevas dont j’adore l’épilogue)


    • Shawford34 17 décembre 2012 11:13

      Je viens de lire que le borgne JMLP était un des témoins du duel. Tant qu’à faire, si j’avais à choisir, ce serait plutôt Marion Cotillard pour ma part smiley


    • easy easy 17 décembre 2012 11:22

      Oh punaise, je n’y avais pas pensé
      Se battre contre elle et finir dans ses bras, je veux mon n’veu


  • easy easy 17 décembre 2012 10:40


    Sur l’hypnose

    Hier soir Volt avait ajouté aux choses qui font l’hypnose
    **** le travail sur le timbre de la voix, sur la respiration, les yeux, le regard... et surtout, ce coeur de l’affaire qui procède par : auto-hypnose ****

    Sans aucun doute.

    Lorsque certains entreprennent de dire le procédé, ils vont eux-même à focaliser sur ce que fait l’hypnotiseur et ont alors leur regard tout orienté vers lui. On pourrait ajouter encore bien ds détails dans cette direction.

    Moi, j’ai dit une partie de ce qui se passe en direction de l’hypnotiseur et une partie de ce qui se passe dans l’autre sens, quand on observe en se retournant.
    Où l’hypnotisé décroche de ses contingences et vigilences habituelles, de sa prudence ou phronésis.

    En insistant autant sur ce qui est observable dans la direction de l’hypnotiseur que ce qui est observable dans la direction opposée, je pense offrir une mise en perspective.

    Je pense qu’on comprend ainsi mieux pourquoi quand on est concentré sur quelque chose de nouveau, on oublie la casserole habituelle qu’on a laissée sur le feu ou sa fille dans la voiture.


  • easy easy 17 décembre 2012 11:03

    Liberté Egalité Fraternité


    Une devise indiquerait soit une situation à conserver ’Honni soit qui mal y pense’
    soit un objectif, avec une dynamique alors

    En y repensant, je vois que si en 1789, l’égalité (effrayante aux yeux de beaucoup) pouvait sembler acquise le temps de poser ses Lois et qu’elle serait alors devenue valeur à conserver, sans dynamique, cette égalité ne s’est pas faite tout de suite et tout compte fait elle a tout de même une dynamique que n’avaient pas prévue les Pères de la Révolution.

    Ils n’avaient pas prévu que tous les hommes allaient vouloir voter, que toutes les femmes, que tous les enfants...que mille réclamations égalitaristes allaient surgir, dont le mariage pour tous...Finalement l’égalité prévue fixe ne cesse de bouger vers son absolu.
    Et encore ne s’agit-il là que d’égalité dans le droit
    Alors qu’il pourrait un jour être suggéré de passer à une égalité d’état, de situation, de sort...

    Quant à la Fraternité ajoutée en 1790 aux deux premiers objectifs, elle ne pouvait pas avoir de dynamique directe mais elle a trouvé un biais dynamique en « Je t’oblige à t’occuper de moi comme d’un frère » D’où l’obligation des entreprises envers leurs salariés, de l’Etat envers les rescapés de guerre, la sécu, la retraite....

    La dynamique de la fraternité consiste à faire procès au plus fort pour qu’il me porte.

    Et si le plus fort doit toujours porter le plus faible, cela rejoint l’égalité de situation ou de sort 


    • Shawford34 17 décembre 2012 11:25

      Si tu le permets, je lis avec une attention maximale tout ce que tu nous dis sur l’hypnose, le mainstream (allstream), sur la linguistique, la physis, mais là sur la devise j’ai peur que tu t’embarques dans une aventure vaine.

      Et ce tout simplement parce qu’il manque le contexte précis où ces mots emblématiques ont été inscrits au frontiscipe, et surtout le contexte, les tenants et aboutissants de quand ils ont été prononcés la première fois et par qui, dans le contexte très précis d’il y a plus de 200 ans. (Fut ce un élan général, une coïncidence, une manœuvre isolée ou des bourgeois dans leur ensemble, etc.., seuls les éléments précis de la cause seraient éclairants)
      On peut ainsi à notre époque en tirer les conséquences de et pour notre époque, mais on ne peut selon moi tirer de quleconques conséquences de l’origine de l’apport de cette devise en dehors de la discussion sur ces devises dans le seul contexte historique de ces devises.


    • easy easy 17 décembre 2012 12:05

      J’en conviens

      Je veux bien renoncer à spéculer sur l’origine

      Reste que cette devise (probablement plus que toute autre au monde, Haïti compris) nous hypnotise et que nous rapportons tout à elle.
      Comme elle comporte le terme égalité qui peut nous entraîner très loin et deux termes que les autres peuples laissent dormants, notre mainstream est très remuant.



      Autre sujet
      Il découle de ce mouvement trop rapide que les générations ne sont plus raccordées entre elles.
      La valeur famille ne peut pas suivre 

      Or la famille et l’héritage matériel sont liés

      Si la famille disparaît, l’héritage va disparaître (car au regard de notre devise, sa justification n’est pas des plus pertinentes)

      Nous serons encore plus individualistes mais moins voraces cae nul ne pourra plus justifier une accumulation délirante

      Si l’héritage disparaît, pas de problème pour les individus, au contraire (chacun accumulera moins)

      Mais je ne vois pas comment l’Etat pourra revendiquer ses Héritages, dont celui de sa légitimité territoriale.

      Les mouvement actuels du mainstream affaiblissent le jus sanguinis et le jus soli


    • alinea Alinea 17 décembre 2012 12:46

      Je suis trop laxiste ! Je manque d’autorité : a-t-on jamais vu qu’on discute sur le thème de la curiosité d’une devise qui faisait l’objet d’un article il y a un siècle. C’est pas chez Olivier Cabanel qu’on verrait ça !
      C’est curieux tout de même
       smiley


  • easy easy 17 décembre 2012 11:20
    Volt nous dit
    **** les anciens sur la question n’avaient pas trop à manoeuvrer, ils s’en tenaient à l’orthos (que vous rajouterez non sans joie à votre panier ethos, logos, pathos), Orthos, le très-droit, dieu du serment, flamme et matricules... Il est nécessaire (que le pôle soit grec ou sémite) qu’il s’agisse d’une divinité tueuse, autrement ça marche pas, et les serments fidèles finissent en serrements de salon, puis ça glisse. 
    Ainsi - malheur à nous - il se pourrait que de principe, la Fraternité exige une peine de maure. ****

    Cette remarque me semble pertinente pour les Anciens

    Et de nos jours ?

    Tant qu’on érige Liberté en Valeur, elle contrarie tout Orthos tueur.

    Vers 1600 Julien et sa soeur Marguerite de Ravalet sont pris en flag d’inceste. Ils sont décapités par l’Orthos
    De nos jours, ça ne serait pas envisageable.
    Non, je me trompe, je rectifie : de nos jours ce ne serait plus envisageable


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