samedi 15 décembre 2012 - par alinea

Curiosité ou sécurité ?

La curiosité est un vilain défaut ! On ne me l'a pas seriné sinon je l'aurais entendu, je veux dire compris, mais cela fait partie des choses qui viennent de nulle part, rôdent sans vraiment gêner !

Seulement, il m'apparaît que d'autres, nombreux, ont reçu le message, l'ont intégré et, après vingt-cinq ans, allez, l'ont appliqué.

Inutile d'aller voir quelques « curiosités » ! celles-ci sont toujours l'oeuvre de m'as-tu-vu ou bien carrément des produits de grande distribution, qui n'élèvent pas beaucoup l'âme.

Certes on peut être curieux de la physionomie de sa voisine, du nombre de ses amants ou de la paye de son mari, à moins de faire des études statistiques ou une thèse de sociologie, en commençant par le menu, la curiosité ne génère pas toujours des horizons de choix ! Elle est confondue avec le voyeurisme, l'indiscrétion et subit visiblement une onde négative dans l'esprit des bien-pensants. Mais elle est toujours énergie, il faut bien l'admettre ; après, ce que l'on fait de cette énergie...

Mais non, la curiosité est vie, parce qu'elle laisse un espace intérieur ouvert à l'imprévu, à l'inconnu et donne à ressentir une petite titillation d'excitation, une énergie soudaine, un geste !

La vie est mouvance et impermanence, la curiosité nous incite à être l'instigateur de ce mouvement.

Mais elle doit s'allier à la conscience, qu'elle accroît, à la pensée qui intègre les découvertes, à l'intuition qui nous protège et à l'économie qui nous préserve.

 

Elle peut nous amener dans des contrées obscures où on perd son latin ou bien nous faire défoncer le crâne de l'autre pour y faire des trouvailles : bien souvent on reste sur sa faim. Elle est fantasque à notre image, ou raisonnable mais elle n'est pas un intérêt : l'intérêt déjà a ses appuis ; elle n'est pas motivation qui court souvent après des mirages ; non, elle est une gratuite rieuse qui peut nous faire pleurer à la fin du voyage.

Mais elle reste bien la perle de notre santé car elle désinhibe nos peurs, élargit nos horizons et nous laisse ouverts.

Elle nous tient en vie quand, au fond du désespoir, du deuil, elle est vaillante, une braise qui couve, une flamme dans la nuit qui nous souffle « attend demain ».

Il ne faut pas tuer la curiosité qui guide l'enfant vers des sensations nouvelles, tenir debout, se lâcher d'une main, voir au loin ; elle est libido, instinct de vie, énergie primordiale.

Elle entraîne les jeunes gens vers la griserie, de la vitesse, de la drogue : elle tue sans garde-fous. Étonnante de duplicité, elle est innocente pourtant, elle ne joue que son rôle et a besoin d'un répondant.

On peut la dire irrationnelle qui nous fait faire des choix inconsidérés, car la belle n'a pas d'assurance : à nos risques et périls et dans l'errance, elle, n'a pas peur de nous perdre !

Mais plus souvent elle nous apporte la persévérance, la force d'aller jusqu'au bout d'un chemin, là ou derrière le mont s'étend une nouvelle plaine, au bout d'une aventure, là où après l'expérimentation se tient l'expérience, là où derrière le désir peut se trouver l'amour. Sûr qu'il peut pleuvoir sur la plaine, que l'échec peut advenir et que l'amour n'était que passion, mais si on l'apprend, c'est bien grâce à elle !

Mais elle est si fragile, un rien l'inhibe, l'éteint et l'on en prend si peu soin.

Elle n'est pas désir parce qu'elle ne connaît pas son objet mais elle en est une cousine, peut-être moins centrée sur elle-même !

On peut être curieux comme un Gémeaux hermaphrodite, butiner sans faire son miel, et distribuer ce butin, pollen, à qui veut ; on peut être curieux comme un Scorpion, à toujours fouiller plus profond, en faire son miel et l'offrir ; on peut être curieux comme un Verseau qui va de par le monde, s'arrête à toutes les trouvailles et inventions, en faire son beurre et sa tartine ; on peut être curieux comme un Sagittaire, de pays en pays, de pensée en pensée, d'exploit en exploit, en faire des compilations et les vendre. ( à prendre avec des pincettes dépourvues de sérieux !).

 

Quand le tour a été fait d'un lieu, d'une activité- la curiosité n'est pas un appétit vorace à satisfaction immédiate, quoique cela dépende du tempérament de notre curieux,- quand plus rien ne vient soulever le cœur par une appréhension avant une découverte, la curiosité s'évanouit, frustrée de nourriture, elle dépérit.

Alors mieux vaut partir, recompter ses acquis, les classer et les fondre comme un alchimiste, ressourcer l'énergie et aller voir ailleurs.

À un certain âge, vers la fin de l'adolescence, au début de la maturité, l'être s'est construit, quand il se spécialise, qu'il pose les jalons de sa destinée, quand il a quelque chose à défendre, à protéger, alors, à la curiosité il oppose la sécurité. Quand on bâtit une citadelle il nous faut bien sûr la défendre mais peu d'entre nous érige une si humble demeure qu'il ne vient à l'esprit de ne pas l'enceindre de remparts. Aujourd'hui la moindre maisonnette est cernée par de hauts murs qui protègent une intimité pourtant bien ordinaire et qui empêchent de voir.

De même pour la personne : plus elle est ordinaire, plus elle doit être fortifiée de l'extérieur...

Donc à la curiosité vivace s'oppose, bien souvent, dans le cœur de l'homme, la sécurité.

Et c'est quand celle-ci gagne que tout part en vrille ! On sait faire ce qu'on fait, tout roule, on est compétent et c'est alors que subrepticement, l'incompétence s'insinue ; elle prend les allures d'un manque de soin ou d'attention, un relâchement, une inertie de la motivation, l'éloignement de défis ou d'enjeux qui s'étaient substitués à la curiosité initiale. Pour parer à ce délitement, les gens se constituent en groupes, en syndicats, en partis. En partie.
De fil en aiguille, et parce que personne n'a vu la curiosité mourir en lui, ces groupements se construisent autour de la sécurité ; cela passe évidemment par l'identité : on trouve ses semblables, on se réchauffe dans des associations ayant pour but d'afficher les différences et plutôt que les penser, les relativiser pour évoluer, le groupe les durcit, les fige et exagère. Ainsi les vegan qui peuvent aller jusqu'au fanatisme, les homosexuels, les anti-IVG, les racistes,etc. Même les partis en lutte contre le pouvoir n'échappent pas à cette règle : aucune ouverture n'y règne, juste la certitude de sa vérité qui doit s'exprimer et définir les siens contre les autres. Certes j'enfonce une porte ouverte : l'homme a toujours fonctionné ainsi, cependant cela ne me semble pas contribuer à l'évolution des mentalités !

D'une manière générale, la curiosité s'émousse en vieillissant même si dans certains cas elle n'a jamais été prépondérante, pour tout un tas de raisons que je ne saurais évoquer ici mais qui touchent à des problèmes familiaux, sociaux, extrêmes. Mais peu importe l'âge, vient presque toujours le moment où il est plus indispensable de protéger son « moi » acquis que de continuer à voguer sur des océans inconnus. Plus le moi est précaire, plus il a besoin de reconnaissance et plus tous les moyens sont mis en œuvre pour y parvenir.

De cette reconnaissance vue comme nécessaire et de ce désir de sécurité, on arrive tout naturellement au groupe, à l'élite.

Pourtant, être sans gardes pour un cœur ouvert est plus sécurisant que le bouclier du groupe pour un cœur fermé ; on ne s'éloigne pas de la curiosité puisque je la prends au sens large, comme libido, et au sens jungien : énergie vitale et non plus freudien : énergie sexuelle.

Un cœur ouvert qui est à sa place dans le monde – et quelque soit sa place-, est protégée plus qu'un être à une place usurpée, avec des gardes ! L'abandon est invulnérable. Mais s'abandonner n'est pas s'offrir, c'est juste son inverse...

À cette place juste, on peut dire « je » ; c'est une forme d'humilité ; certes cela est pris trop souvent pour un « moi je » arrogant tandis que le « nous » qui n'est qu'un « je » autorisé par le groupe, peut être perçu comme anodin.

Bien sûr le « nous » est précieux mais tout dépend de ce qu'il désigne ; un « nous » qui s'oppose au pouvoir, le « nous » du peuple a toute sa crédibilité ! Mais s'il s'oppose au pouvoir, en toute légitimité, il peut tout aussi bien s'opposer aux autres : « nous, français », « nous, catholiques », « nous, homos »,etc.

Le « je » paraît donc bien timide ! ( Il faut exclure de ce bavardage, le « Moi, Président ! » ou le « moi » chef de parti !! Encore qu'il faille chercher plus loin que l'apparence car la configuration de ce « je » peut être égale à « nous » !!! mais peut être aussi une imposture ; en tout cas, l'affirmation d'un pouvoir !).

Donc si le groupe, qui rappelons-le nous sécurise plus qu'il nous pousse à la découverte, nous autorise à exprimer, voire imposer, plus loin que l'on ne voudrait notre opinion, qui elle-même n'est souvent qu'adhérence- on lui préfère adhésion, qui fait moins sparadrap mais plus cotisation, partie essentielle de tout groupe qui se respecte, mais bon-, s'il nous soutient, nous renforce et nous donne audace, la solitude, elle, nous handicape. Car il faut du courage voire de la bravoure, peut-être même de la bravitude, pour affirmer ses vérités face à un groupe récalcitrant ! ( c'est bizarre, mon traitement de texte n'est pas à jour, il souligne de rouge le mot « bravitude » ! Pourtant si Ségolène a proféré quelque chose de bien dans sa vie, c'est bien ce néologisme !).

Mais dans ce cas, l'affirmation est-elle opérante ? Utile ? Parce que lorsqu'on est seul, il est bon d'avoir la jugeote de prendre la mesure de la situation ; donner des bâtons pour se faire battre en se mettant à ce point en état d'infériorité n'est évidemment pas la meilleure manière de faire passer ses idées.

Donc l'appartenance au groupe conforte et sécurise, mais en interdisant à la curiosité de nous guider, elle nous mortifie.

Nous voyons ainsi les masses s'engouffrer dans les salles obscures, voir le même film promu par les plus riches publicitaires ; nous voyons des piles hautes comme des hommes de livres vantés à la Une des papiers spécialisés ou des Journaux télévisés ; nous voyons des queues infinies d'adeptes de gourous chantant attendre en transe le moment de leur satisfaction musico-orgastique, et tout à l'avenant.

Il faut vraiment une chance inopinée dans un temps vacant pour voir lire ou entendre une vraie découverte. Et encore, peu nombreux sont ceux qui oseront la partager ! Il vaut mieux, en toute circonstance, attendre confirmation et autorisation. Il se peut qu'on se soit trompé, que l'on trahisse, bien involontairement, son manque de goût, son inculture ou sa stupidité.

Ici même on nous attire en haut de page sur les auteurs les plus vendeurs ! Pourtant, il n'y a pas de vente ; en bas parfois des perles restées vierges de tout commentateur.

Peut-être la curiosité ne peut-elle pas s'adapter à un monde à ce point régi par des horaires, des calendriers, des rendez-vous d' affaires.

Il me semble pourtant qu'il s'agit bien de facilité et de paresse et cette attitude majoritaire frustre le minoritaire curieux qui trouve lui aussi toujours les mêmes aux mêmes endroits ou personne là où il aimerait échanger. La hiérarchie est structurée : les auteurs, les vrais, ne s'aventurent nulle part ailleurs ; les meilleurs d'entre eux ne sont pas même présents sur leur propre fil. On sait à qui on a affaire et point de surprise.

Un commentaire à l'encontre ne sera pas lu au delà de la deuxième ligne, dès que la position de son auteur se sera dévoilée.

Il y a celui qui commente dans un langage millimétré sadique-anal après une lecture très structurée ; un autre qui virevolte ses phrases nouveau roman sans souci de se faire comprendre ; un troisième dont le fond tempérant des phrases conciliantes évoque un tempérament sans tricheries ; un autre a l'humour sarcastique, l'autre joue sur les mots, il y a une cul-serré qui s'offusque, une autre qui déverse son immense générosité, il y a celui qui veut se faire reconnaître, celui qui se montre, celui qui se donne, un autre argumente sérieusement et derrière chaque personnage ou chaque personne : un cœur ; chacun se livre à l'autre ; tous ont besoin de sa curiosité. On ne peut découvrir le cœur de tous, on ne peut pas le toucher, mais il bat.

Pourtant l'effet général est bien le passage protégé des anciens, le sens interdit des petits nouveaux ou leur appropriation protectrice ; on boude l'auteur qui nous a déçu, et surtout, surtout, la majorité va vers ses propres centres d'intérêt, là où il aura à dire !

L'anonymat total, des signataires d'articles ou de commentaires ôterait peut-être une part des idées préconçues ? Et l'esprit avisé, cherchant à s'y retrouver, pourrait par ses bévues provoquer de belles empoignades !?

Il n'y a pas la moindre once d'apport si on ne va pas chercher. C'est que l'on sait sûrement que l'on n'a pas à apprendre de ses semblables ; ainsi donc aurions-nous été bien formatés ? La vérité, le savoir, l'idée, la pensée originale, tout, tout viendrait « d'en haut » ?

La curiosité qui nous laisse innocents nous tient rarement longtemps dans la spécialisation, hormis l'être exceptionnel qui peut passer sa vie à étudier Bach et à y découvrir encore et encore des subtilités. Or nous vivons dans un monde où seul l'expert a le droit de parole, ce qui rabaisse le curieux au triste sort de l'éclectisme. Et rien n'est plus méprisable ! Même l'ouvrier doit être spécialisé pour plus de rentabilité.

La curiosité qui nous éloigne de tous les poncifs du mercantilisme de notre société, n'est pas à cultiver, elle paraît sinon rebelle du moins pas assez maîtrisable. Et ne voir qu'une seule tête, pour les dirigeants, c'est quand même plus commode !

D'ailleurs- et c'est une parenthèse- n'a-t-on pas promu des outils merveilleux qui nous confinent, même dans la rue, même dans le train, à notre si douillet intérieur ?

Alors il se peut bien qu'à la marge du troupeau, le curieux s'autocensure pour ne pas, à tous les coups, se faire moquer ou rejeter...tandis que chez les autres la curiosité ne se dirige que vers ce qui est offert !

Mais surtout ! Que les curieux ne s'avisent pas de faire groupe, la curiosité d'un groupe ( c'est presque un barbarisme) semble rarement constructive...



229 réactions


  • easy easy 17 décembre 2012 11:48

    Auto-hypnose
    (suggéré par Volt)

    Je vais vous en raconter une

    J’avais 14 ans à Saigon et ne n’avais aucun mainstream à portée (rejeté de tous bords)
    Je fantasmais de me rendre intéressant auprès de deux voisines trooooojolies

    Un soir, il faisait chaud, elle étaient assises sur l’escalier devant leur maison. Nos maisons étaient genre une tous les 50 m dans une résidence de 20 maisons.

    La rue passant devant leur maison et la mienne n’était pas éclairée

    Je m’étais dit que je pourrais attirer leur attention en faisant le fantôme

    Les fantômes au Vietnam sont ceux du film Oncle Boommee
    Ils apparaissent en allure normale et souvent papotent puis disparaissent
    (Il y a aussi la version plus spectrale blanche mais c’est alors plus lointain et ça ne papote pas)

    Moi je lisais les BD françaises et je trouvais que Quick et Flupke avaient eu une bonne idée de jouer les fantômes en se couvrant d’un drap et en traînant derrière eux une ficelle et des boîtes de conserve vides pour faire tintamarre. Ils avaient réussi leur objectif d’attirer l’attention sur eux

    En l’occurrence j’ai enfilé mon kimono blanc, confectionné une ficelle avec de boîtes et j’ai démarré un sprint devant m’amener au terme de 50 m de course devant la maison des belles

    J’ai couru en regardant droit devant moi et en me répétant « Je suis un fantôme » « Je suis un fantôme »
    Cela dans un tintamarre inhabituel à mes oreilles (je n’avais pas répété le coup avant)
    Je te trouvais dans une situation inédite.

    Et bien au moment où je suis parvenu à leur hauteur, regardant toujours droit devant moi sans les avoir jamais regardées, je me suis vu fantôme et j’ai eu la trouiiiiiiille de ma vie

    Je n’ai plus jamais recommencé et je déteste me déguiser


    • Shawford34 17 décembre 2012 11:59

      Comme technique de drague, le coup du fantôme eut été « imparable » smiley

      Dès lors n’est ce pas aussi ou plutôt le fait qu’elles soient arrivées elles même à cette conclusion qui a propvoqué l’électrochoc ? smiley


    • easy easy 17 décembre 2012 12:15

      Oui, je pense que c’est comme ça qu’il faut comprendre la mécanique


      Mais avec une nuance.

      Ce n’est pas qu’elles m’aient cru fantôme qui m’aura impacté mais que j’aie cru qu’elles y aient cru. Je regardais droit devant moi, je ne les sondais pas.
      J’ai projeté-introjecté toute cette croyance en aller-retour, sans vérifier si elles y croyaient, faisant moi-même les questions et les réponses (pas de mainstream à portée) et je me suis mis en boucle, effet Larsen assuré.

      Quand je dis que le Mainstream nous est vital, je sais de quoi je parle

      En l’occurrence j’ignore ce qu’elles ont cru, je n’ai pas osé les revoir avant des semaines tant je me sentais ridicule. J’estime qu’elles ont tout de suite vu que c’était moi et qu’elles m’avaient trouvé farceur. Du coup je déteste faire des farces, même jouer le Père Noël ne me branche pas


    • Shawford34 17 décembre 2012 13:13

      Si tu le veux bien easy, et si tu as un tant soit peu soin du fait que je reste dans cette conversation (soyons bien clair, je ne préjuge donc en rien de la nécessité que j’y figure et encore moins de l’intérêt qu’il y a à converser avec Alinea et Volt en dehors de ma petite personne), veille bien par contre à séparer mainstream et allstream, et tu l’auras bien compris, en particulier en raison de la question du 11/09.

      Car s’il t’importe avant tout d’être en connexion avec le mainstream sans préjuger du fait qu’il ne soit que le courant principal ou « officiel » au milieu du courant comprenant tous les courants, on aura du mal à avoir une discussion sans préjugés respectifs de l’un vis à vis de l’autre (à tout le moins de mon propre angle de vue).


    • easy easy 17 décembre 2012 13:29

      Vraiment, je ne saisis pas Shawford

      Je traite du 11/09 comme du reste, cette affaire ne fait aucun relief particulier pour moi. Tu peux m’expliquer ton souci ?


    • Shawford34 17 décembre 2012 14:01

      Non juste pour ce qu’en droite ligne de ce que tu répondais hier à Alinea à savoir :

      Je veux bien reconnaître que le Main détermine la doxa, la Loi, mais ce Main résulte d’une moyenne entre les berges extrêmes des opinions. Le Main surgit du All que nous connaissons et considérons en entier (pour nous placer, selon nos stratégies conscientes et inconscientes, quelque part entre les berges)

      ...on ait un tant soit peu conscience dans nos discussions de ces stratégies conscientes ou inconscientes sus décrites.

      Car quand tu envisages la question du 11/09 (et j’ai bien compris que ce n’était qu’un exemple pour toi à cet instant là) et pour toujours reprendre tes propos, tu dis alors Il est juste de dire que le centre fait la doxa et la Loi, il est juste de dire qu’il attire à lui les indécis,

      En l’occurrence je ne suis pas du tout sûr que les indécis soient attirés vers le mainstream, vers la pensée unique constituant la version officielle.

      T’inquiète, par contre je ne veux pas par contre épiloguer pour autant sur le 11/09. Je peux parfaitement discuter de tout sans en faire une question ni de principe ni constamment latente mais « en âme et conscience » smiley


    • easy easy 17 décembre 2012 14:59


       **** En l’occurrence je ne suis pas du tout sûr que les indécis soient attirés vers le mainstream, vers la pensée unique constituant la version officielle. ****

      Bin disons qu’à mon sens (et c’est vraiment tous sujets, le 11/09 m’étant cadet des cadets) le main comprend très certainement des décidés. Puis, s’y ajoutent une couche d’indécis.

      Dans toutes les positions du allstream, il y a obligatoirement des décidés.
      Et que font les indécis ?
      Bin je spécule qu’ils filent au centre

      Comment expliquerais-tu (sur tout sujet) que les indécis n’iraient pas automatiquement au centre, si on les forçait à prendre position ?


      Je ne te demande pas ta position 11/09. Les positions de qui que ce soit à ce sujet ne m’intéressent pas et je ne participe pas aux débats à ce sujet. 
      Ou si je te le demandais, ce serait seulement pour apprendre comment aura cheminé ton raisonnement, ce sera à titre documentaire et psychologique uniquement.

      Dis-moi seulement si ce sujet ou plus exactement ce qu’on en dit en termes ’mainstream...’ t’es aposématique ou aussi banal qu’un autre ?

       



      Sinon

      Je vois que j’ai oublié de parler de la ’pensée unique’
      Le allstream existe bien qu’il ne soit possible de le définir que sujet par sujet, en citant les positions extrêmes sur chaque sujet.

      Quant à la pensée unique, je ne sais pas ce que c’est et m’a toutes les allures d’un fantôme



      Si l’on appelle pensée unique la version étatique, OK, je pige. Banal, ça a toujours existé, mais on n’avait jamais pensé à appeler ça de cette manière 
      Si l’on appelle pensée unique le fait que des gens répètent la doxa d’Etat, OK, je pige aussi. Banal, ça a toujours existé mais on n’avait jamais songé à appeler ça de cette manière.

      Comment se fait-il qu’aujourd’hui, pas en 1789, pas en 1790, pas en 1792, pas en 1848, pas en 1871, pas en 1914, ajujourd’hui seulement (et semble-t-il depuis le 11/09) on en vienne à péjorer cette masse qui adhère à la version Etatique et que pour péjorer on dise d’eux qu’ils sont dans la pensée unique ?

      Péjorer le trublion, péjorer le zélote de l’Etat, je pige, c’est logique de tous les affrontements
      Mais le biais de cette accusation par « Pensée unique » me semble insensé et extrêmement propice au dilogue de sourds.


      En quoi le processus d’adhésion d’une partie des gens à la version étatique est si nouveau qu’il ait mérité une appellation nouvelle et aussi bizarre (en fait ultra anti panurgique) ?

       

      Au Vietnam, il y avait une version des faits présentée par l’Etat. 
      Des gens y adhéraient, d’autres pas.
      Les uns les autres se sont tapés dessus.
      Mais jamais personne n’a eu l’idée de dire « Pffff, c’est la pensée unique » puisqu’elle n’a jamais été unique

      Il me semble qu’en Corée du Nord, si quelqu’un dit « Pfff, t’es dans la pensée unique » il déconnerait grave puisqu’il ne se considérerait pas dans son examen

      S’il y a 3 333 333 Coréens pensant pareil et un seul Coréen pensant différemment, je ne vois plus de pensée unique et si c’est cet unique trublion qui le dit, je le prendrais pour quelqu’un qui manque de rigueur en s’oubliant.

      Dire « Pfff, tu répètes la pensée de l’Etat, la doxa » ça a du sens car cette affirmation n’exclut pas qu’il puisse y avoir d’autres pensées dont au moins celle du dénigreur

      Je ne pige pas comment on peut en venir à dire à quelqu’un « Pfff tu as la seule pensée qui existe »




      Pourrais-tu, STP, déployer ton talent afin de m’expliquer pourquoi depuis peu, les personnes qui pensent comme l’Etat, sont dans la pensée unique alors qu’ils ne sont que dans une des pensées (p’tet majoritaire mais peu importe)

      Ou

      Sur quel sujet, parmi tous ceux qui secouent notre société, vois-tu une vraie pensée unique (bonne ou mauvaise) et auquel cas tu en serais forcément sinon, tu en conviendras, elle ne serait pas unique.


      En attendant que tu m’éclaires en confiance, je trouve pensée unique encore plus oxymorique que par exemple « Manifestation pacifique » 

      N’hésite pas à te répandre sur le 11/09 si ça t’es nécessaire pour ton explication, ça ne me gênera nulle part. Ce sujet ne m’est d’aucune importance. 


    • Shawford34 17 décembre 2012 15:49

      J’espère pouvoir répondre à l’ensemble de tes questionnements en répondant justement à ta question liminaire, à savoir : si ce sujet ou plus exactement ce qu’on en dit en termes ’mainstream...’ (m’)es aposématique ou aussi banal qu’un autre ?

      (c’est en tout cas comme ça que je le ressens, comme un lien transversal sur l’ensemble de la problématique que tu as ici décrit)

      Et la réponse sera pour moi forcément à double détente :

      - oui ce sujet est 100% aposématique car il fait aussitôt tilt en moi,

      - mais pas aposématique parce qu’il me fait peur mais bien au contraire m’attire et ce, DANS LE SENS où il englobe tous les autres.

      Mais il n’englobe pas tous les autres parce qu’il déterminerait ma position de principe sur tout autre sujet qui se profilerait, mais parce que justement il répond à ton autre problématique à savoir les personnes qui pensent comme l’Etat, sont dans la pensée unique alors qu’ils ne sont que dans une des pensées

      En clair la question du 11/9 n’est pas seulement la question d’une prise de position sur un fait historique, mais une question de civilisation, de paradigme.

      Et là je rattache là les wagons avec nos échanges plus bas où intervient Alinea : dans le 11 septembre la question est avant tout de savoir si on a le droit ou pas de remettre en cause la version, la doxa, si on a -a minima le droit ou pas de simplement réclamer ou pas une nouvelle enquête.
      Et là dessus je t’invite à considérer scrupuleusement ce point : comment est classé celui qui (comme je l’ai fait pendant des années sur ce site et comme je le fais encore quand le sujet affleure) défend simplement la position de demander une nouvelle enquête sans vouloir pour autant se prononcer sur une quelconque théorie alterative ?
      Et bien vérifie, tu verras il ou elle est classée de facto parmi les conspirationnistes ou complice des mêmes, ce qui revient au même.

      Et par là dire « Pffff, c’est la pensée unique » c’est être condamné de facto à être classé dans les marginaux, car tu n’as pas ici le droit de penser autrement, cette pensée devant être unique à tel point que beaucoup (tous aux moins tous ceux qui tiennent le manche) appellent de leur vœux à une Loi imposant ici un délit de négationnisme à l’image de la Shoa.

      Or par rapport à ce que je répondais donc plus bas, je ne me positionne pour ma part que par rapport au droit, à savoir en fonction de ce que MON ETAT m’a enseigné sur la notion d’Etat de Droit en Fac de Droit.

      Sur le 11/9 on t’interdit de facto d’avoir une opinion en droit, il te faut forcément te placer sur le terrain politique et/ou factuel, qui ici est 100% dogmatique.

      Par là c’est donc bien avant tout un problème de paradigme, le problème d’une Civilisation qui renie ses propres principes de fonctionnement en tant qu’Etat de Droit, parce que sur cette question, et bien IL NE FAUT PAS SE POSER DE QUESTIONS

      Et en cela il y a bel et bien un avant et un après 11 septembre, et en ce qui nous concerne une position étatique qui colle avec la pensée unique devenue obligatoire (mais il reste bien évidement un allstream avec d’autres pensées, et même d’ailleurs une frange très de plus en plus importante de la population en totale rupture de ban, celle notamment qui parmi les indécis ne va plus forcément vers le centre).


    • easy easy 17 décembre 2012 16:18



      Ahhhhhh !
      Je comprends que ça fait 10 ans que je ne comprenais pas

      Tout ce qui fait hautement débat depuis 10 ans est donc dans
      D’un côté le droit de se poser et de poser des question
      D’autre part et surtout dans le fait qu’il y en a qui disent d’une manière ou d’une autre, qu’il n’y a pas de questions à poser. Que s’en poser ou en poser est absurde ou parano.

      C’est bien ça ?

      Bin dis-donc, je t’assure n’avoir jamais perçu cette difficulté ou à quel point elle avait un effet aposématique, hystérisant.

      Ca doit venir du fait que j’ai eu trop l’habitude d’être lapidé (vraiment mais avec des petits cailloux) pendant mon enfance

      J’aurais participé à ces joutes enflammées sur le 11/09 et on m’aurait traité de tous les noms d’oiseau parce que j’aurais posé des questions, ça ne m’aurait fait qu’ordinaire, pas aposématique.


      Il y aurait donc, sur le 11/09 un drame dans le drame du drame


      Bon, bin je propose qu’on classe cet effet dans les conséquences de la tendance très forte à se théâtraliser et à tout théâtraliser (faut voir les décors des émissions de papotage !)

      Car vois-tu Shawford, bientôt, si ce c’est déjà fait, le plus important pour les enflammés du 11/09, ce n’est pas le 11/09 ou ses vraies conséquences mais ce qu’ils peuvent en tirer sur le plan narcissique.

      Est-ce qu’un type qui porte, devant une caméra, des sacs de riz lors d’une mission ONG accorde plus d’importance à la finalité officielle ou à la sienne perso ?

      Est-ce que Dialo, Banon, ont fait leur cinéma pour la chose commune ou pour ce qu’elles pouvaient en tirer perso ?

      Est-ce que BHL mouline pour la chose commune ou pour son culte ?



      (Il est vrai que nous pourrions utiliser aposématique avec son sens tout inverse, ce qui compte c’est que la chose nous hystérise, en attirance ou en répulsion)



      Merci Shawford, je me coucherai moins bête


    • Shawford34 17 décembre 2012 16:29

      Il faut en conséquence bel et bien et plus que jamais trier le bon grain de l’ivraie, je te le concède smiley smiley

      Mais il ne faut non plus chercher plus loin le développement inéluctable des Anonymous, mouvement dans lequel le narcissisme ne peut s’assouvir que devant son miroir, par pour rayonner en société (ce serait antinomique, à moins qu’il existe des parties entre anonymous dés-anonymisés, mais là c’est LSD time smiley ).

      En cela l’antidote à notre temps existe bel et bien !!


    • easy easy 17 décembre 2012 17:17

      Bin c’est que la starisation de soi a bien des formes dont celle consistant à se savoir important parce qu’en loucedé on a fait dérailler un train. Personne ne sait qui est la star mais elle le sait et ça lui suffit souvent (ou avec deux trois potes dans la confidence si possible)


    • Shawford34 17 décembre 2012 17:26

      Hum, encore faudrait il qu’il soit déterminable de savoir quel anonymous a fait dérailler quoi que ce soit par sa propre action au sein de mouvement commun (basé sur le fait d’empécher justement ces phénomènes)... et de toute façon le jour où les anonymous feront dérailler quoi que ce soit d’important (on parle de choses ne concernant pas que les geeks), c’est que la masse critique des mêmes anonymous sera parvenue au point et au moment où tout le monde sera déjà rentré dans la Résistance, donc ton argument m’apparaît comme peu convaincant. What else smiley


    • alinea Alinea 17 décembre 2012 18:13

      easy, je réponds sur la pensée unique, mais je n’ai pas parlé du 11 septembre.
      Je n’en dirai qu’un mot « la fabrication du consentement » ; via les médias dominants, le cinéma, les séries, la parole donnée exclusivement aux « stars » ( et quelque soit leur spécialité). Cet état de fait est unique et nouveau ; on a lobotomisé- en vue d’un consumérisme bon teint- les cerveaux qui ne sont pas disponibles ! Il n’y a donc pas « pensée », d’accord, mais « consentement ».


    • easy easy 17 décembre 2012 20:19

      Shawford

      Je ne dirai rien sur les Anonymous puisque je ne sais rien de ce qu’ils bricolent


      Hors Net, il y a des gus lançant des pavés depuis les ponts d’autoroute, d’autres plaçant des crochets sur les caténaires, qui coupent des arbres, qui brûlent une forêt
      Ce sont là des gens qui cherchent à se rendre importants, qui peuvent contempler leurs dégâts à la télé, tout en restant inconnus de tous.

      La starisation face à soi seul existe et ce n’est pas nouveau. Il y a déjà très longtemps que des gens vandalisent des choses en douce de tout le monde. Cf Chevalier de la Barre. Mais de nos jours c’est devenu très fréquent. Tags, scooters ou voitures brûlés c’est par milliers

      Mais sans doute divergeons-nous sur le sens de starisation. Peut-être pensez-vous à la chose depuis le public (qui a alors besoin d’une star identifiée) alors que je la pense depuis l’incendiaire (qui n’a pas besoin d’être identifié pour jouir, au contraire)


    • Shawford34 17 décembre 2012 20:40

      Mais faut quand même au moins nous dire star d’eux même par rapport à quoi, easy

      Là tout me semble dit dans votre qui peuvent contempler leurs dégâts

      Hé ho réfléchissez y deux secondes, vous êtes dans la peau d’un conspirationniste vous ? Vous pouvez sonder avec précision leurs intentions ?
      Vous pouvez en déduire avec certitude qu’ils veulent forcément faire des dégâts ?
      Et pourquoi pas au contraire ne penseraient ils pas plutôt à sauver ainsi la Civilisation ? Pourquoi ne seraient ils pas plutôt mus par la simple nécessité de garantir certain principes de droit ?

      A tout le moins, vos conclusions s’appliquent pour tout sujet au monde possible.
      Pourquoi choisiraient t’ils spécialement le sujet du 11/9 pour devenir stars d’eux même, du voisinage ou de quoi que ce soit d’autre ?

      Franchement, je m’excuse mais vous me donnez tout d’un coup l’impression de vous accrocher à ça comme à une bouée de sauvetage !


    • easy easy 17 décembre 2012 21:02

      Alinéa 

      La fabrication du consentement


      On pourrait en dire bien des choses

      Je m’en tiendrais à un seul aspect.
      Pour qu’il nous soit venu à l’idée d’inventer ce concept de fabrication du consentement, il a fallu que nous y ayons vu une usine, une industrie
      C’est le cas.
      Elle existe
      Depuis que les professeurs entrent dans les maisons.

      Autrefois, pour que des gueux se mettent d’accord sur la construction d’un chemin, ils se réunissaient et bataillaient d’arguments sans qu’aucun ne parle en professeur. (Encore que le curé, s’il n’en mêlait, aurait tenu ce rôle et pris le ton logos)
      En tous cas dans une auberge et à la maison, entre gueux, on ne pratiquait pas le logos (et je reste bien dans son acception universitaire, non dans son acception large)


      Les choses ont énormément changé déjà en 1850 quand les innombrables contremaîtres commençaient à prendre un ton un peu professoral du genre Taylor (Que de la raison. Il y a une Raison d’ordre supérieur que vous ne pouvez pas comprendre bla bli bla blo)

      Avec la télé introduisant les premiers professeurs docteurs dans les maisons, ça a été la cata.
      Les enfants pratiquaient vite ce ton universitaire devent leurs parents complexés se sentant étrangers dans leur propre pays

      Depuis, les Bourvil et autre Fernandel ayant disparu de la télé, plus aucun gueux ne voit de langage simple athos pathos de type français à la télé. Il y a du langage ordinaire mais il est francé.

      Les seuls qui, à la télé semblent encore parler Français sont les professeurs, les universitaires.
      Les gueux ont donc l’impression que tout doit passer par le logos
      On a vu défiler des pubs sur toutes sortes de produits ménagers, présentés par des gus en blouse blanche, façon docteur.

      La mère Denis, out

      Le langage universitaire encore inaccessible à beaucoup, n’étant pas le leur, les hypnotise.
      Et ils y obéissent

      Ils écoutent Attali, BHL mais sont infoutus de pondre vraiment, de leurs tripes, un équivalent.

      Les plus jeunes, tout de même plus formés au logos, foncent dedans, ils lisent, ils lisent, ils lisent. Et yaka voir sur ce site, plus personne ne pratique ethos pathos comme vous l’avez fait deux fois de suite.
      Tous déversent des tombereaux de références universitaires

      C’est cela l’usine du consentement
      Et il n’y a qu’un moyen pour casser cette tendance, c’est dire j’aime j’aime pas  ; je suis je ne suis pas.
      Ce qui se produit ici et là tout de même lorsqu’un sensible, un musicien, un Lalane, un Sébastien, un Coluche, une Maïté, une Bardot, un Depardieu, disent quelque chose qui leur vient du coeur à la télé. (Sarkozy et Hollande ont été élus sur J’aime J’aime pas + des Attali autour afin de les autoriser) 


      Sans la télé. Zéro télé.
      Le phénomène aurait été beaucoup moins rapide. Mais le langage de bouche à bouche des millions de bac + 3 pétris de Sartre et de Nietzsche aurait produit le même effet autoritaire.

      Tout ce qui est sentimental est passé au scanner médical. Le docteur dit ce que vaut le sentiment. Quoi qu’il dise du sentiment de quelqu’un, c’est son regard technico logos qui domine, c’est lui qui fait autorité.
      Sarkozy dit un truc, Hollande dit un autre truc, t’as toujours un médecin qui va le redire en version logos. Et ce n’est évidemment pas la graphologie, les tests DRH qui vont réduire la tendance.

      Même le discours des astrologues a changé pour devenir plus technique. Même la machine qui tire les boules du loto est hyper technique, ce n’est pas quelqu’un qui tourne une roue à la main. 

      Ethos et pathos sont éternels, on aime ou on aime pas aujourd’hui comme il y a dix mille ans. Personne ne se sent largué devant un discours sentimental. Personne ne peut être hypnotisé par le sentiment puisque c’est son quotidien. Tout sentiment le renvoit à sa douce, à sa mère, à ses enfants. 
      Le logos nous éloigne de nos gens, de nos chéris, il nous hypnotise et nous lui obéissons.
       






    • easy easy 17 décembre 2012 21:16

      Ouille !
      Vous étiez resté sur le 11/09 !

      En ce cas nous étions sur deux planètes différentes

      Je dis que l’incendiaire planqué solitaire tire du plaisir à casser.

      Concernant ceux qui participent au débat 11/09, je n’en sais rien.
      Il me semble qu’il peut y avoir mille cas, depuis des gens qui veulent vraiment que les choses aillent mieux jusqu’à des gens qui répètent la dernière chose qu’ils ont entendue pour ne pas avoir l’air out.


      Des amis m’ont demandé mon avis sur le WTC. J’ai répondu : J’ai vu des images, beaucoup, j’ai lu des trucs, beaucoup. Vous aussi j’imagine. Alors je ne vois aucune nécessité de les redire d’autant que ce serait très long et très embrouillé. Je ne suis pas un magnétophone.

      J’attends encore celui qui saurait m’y intéresser mais je n’en suis pas du tout pressé. Ben Laden même topo, Palestine même topo, Hollande Sarko même topo. Je préfère parler pour dire des choses nouvelles ou rarement dites.


    • alinea Alinea 17 décembre 2012 21:40

      Il y a pire que ça, easy ; il y a la nette volonté des ultra-libéraux, d’endormir le peuple devenu inutile !


    • easy easy 17 décembre 2012 22:53

      Là, Alinéa, vous abordez un des objets de cette usine.
      Et je n’en disconviens pas.

      Ici, j’ai seulement voulu vous dire où se trouvait, à mes yeux, la machine à rendre les gens obéissants.

      Je vais encore convoquer le Vietnam pour offrir une mise en perspective.
      Je l’ai déjà dit, le régime est communiste du genre à l’être pour toujours.
      Partout, il y a des hauts-parleurs qui distillent une propagande. Ce discours est du genre Castro, Mao etc.
      Ce logos politique entre dans les oreilles des gens sans produire le moindre effet.


      Pourquoi ce logos ne les hypnotise pas ?

      Parce qu’il n’y a que ces hauts-parleurs qui le diffusent (sans contenu informatif, pas d’actualités) et que les gens entre eux parlent tous un langage ethos pathos. Ils chantonnent beaucoup et ce sont des paroles d’amour.


      Alors qu’en France, yaka voir sur ce site, tout le monde pratique la langue d’Attali, de BHL, de Jorion...peu importe que ce soit D ou G, 

      Le logos est moins intensif dans les SMS, les mails que les gens s’échangent. On ne l’entend pas non plus au téléphone, pas non plus au marché mais on l’entend déjà dans les magasins (etiquette technique, médicaments, Hi Fi, voiture, etc)

      Pour l’instant il reste en France un peu d’ethos pathos mais la place du logos devient de plus en plus grande et non l’inverse.
      C’est donc la pensée technocratique qui progresse
      Et sur Avox, nous y participons tous à cette manière de pensée. A part quelques exceptions du genre Nabum, Taverne, ou vous quand vous parlez de chevaux, de vos amours.

      Faire un tour chez les Himbas, ou même dans le peuple du Maroc, c’est déjà ressentir le gouffre qui nous sépare d’eux sur ce point. 



      Un jour, dans les discussion de back office sur Wikipédia, j’avais posé cette problématique en d’autres termes. J’y disais que ce qui est écrit sur Wiki au sujet des milliers de peuples du monde n’est que logos et que ça ne nous permet pas du tout de sentir l’âme et le coeur de ces gens là. Je disais qu’il est conséquent qu’on dise tant de choses sur eux alors qu’ils ne sont pas présents.

      Imaginez que des milliers de choses se disent sur vous de manière doctorale et que vous n’en sachiez rien. 
      Imaginez le choc que ça vous ferait le jour où vous découvrirez ça et en comprenant bien la subilité des mots utilisés pour parler de vous.

      A mon sens, en les calculant (sens vulgaire d’aujourd’hui) comme nous le faisons depuis toujours et encore maintenant avec Wiki, nous les formatons dans notre esprit de telle sorte à ne plus les voir qu’à travers nos regards technocratiques. Un méchant technocrate peut donc nous expliquer avec son logos hypnotique que les Himbas devraient subir ceci ou cela, nous serions d’accord. Nous les conditionnons déjà d’ici. C’est comme s’ils étaient déjà sous le contrôle de nos drones. 

      Les autres contributeurs de Wiki m’ont répondu qu’ils en avaient conscience mais qu’il n’y avait aucune solution.

      Un Himba sous la loupe d’un scientifique n’est plus un Himba (Les sauvages l’ont pressenti qu’ils ont refusé d’être pris en photo)


    • alinea Alinea 17 décembre 2012 22:59

      easy : vous n’avez pas lu mon commentaire sur le fil de l’article « le narcissique pervers » ?
      je vous rejoins là !!!


  • alinea Alinea 17 décembre 2012 12:42

    C’est drôle ce que vous dîtes sur le main stream ! main : n’est-ce pas principal ?
    Ce courant n’est pour moi que la mixture nivelée par le bas des données, voire des idées reçues et, forcément nous y sommes sensibles puisque c’est notre bain ; moi je vois bien un fleuve là,qui nous attire dans son courant ; nager à contre-courant est fatiguant aussi, au fur et à mesure qu’on vieillit, on lâche prise : on renonce. Mais les marges,les rus les rivières qui arrivent dans ce fleuve le transforment peu à peu ( je ne vous dirai pas non, qu’on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau.....) ; le mainstream est une réalité, donc on ne peut s’y soustraire ; on peut juste y être comme un poisson dans l’eau, ou une grenouille au bord, ou un oiseau qui y fait des piqués pour pêcher ; les petits rus sont les influences d’autres mainstream dans d’autres contrées !
    Vous nous dites qu’au Vietnam le mainstream est culture ; ici la culture populaire a été anéantie, trahie par les siens, il n’y a plus que la Pensée Unique ! C’est un pouvoir, tandis que la culture populaire est une force...


    • easy easy 17 décembre 2012 13:26

      Oui Alinéa, Main est bien principal ou central
      Et en tous cas depuis Internet et les fora, ce que chacun de nous entend c’est All, pas seulement Main

      Je veux bien reconnaître que le Main détermine la doxa, la Loi, mais ce Main résulte d’une moyenne entre les berges extrêmes des opinions. Le Main surgit du All que nous connaissons et considérons en entier (pour nous placer, selon nos stratégies conscientes et inconscientes, quelque part entre les berges)


      Je trouve qu’au Vietnam, France ou Mali, le allstream fait la culture.

      Mais là où le allstream est peu remuant, où il ne bouge pas trop, la culture est stable, les jeunes ont celle de leurs grands-grands-grands-parents. Les vieux édifices restent au goût du jour. Ça donne l’impression que ces pays sont attachés à de vieilles choses, à des traditions.

      Là où le allstream bouge beaucoup (parfois sous l’effet d’une devise hypnotique et dynamisante appelant à toujours plus) il y a cassure fatale entre les générations. Les vieux singes et vielles pierres ne font plus raccord. Ça donne une impression de modernité et de perte de traditions.

      Parmi les toucourant les plus remuants, le français a la caractéristique d’être dit, fortement dit, clairement et doctoralement dit par cent mille universitaires, socio et psychologues. (Cela sans doute parce que la Liberté n’a que deux débouchés possible : plus dire et plus gagner). Notre toucourant est ultra dit, ultra écrit, moderne, décroché des vieilles pierres, donc de la famille, et non populaire (tant la langue française enseignée à l’école est élitiste et tant il y a de logos en dépit des Interville et autres Koh Lanta)


  • easy easy 17 décembre 2012 13:56


    Les EU

    J’ai un sang qui a été sauvé par les EU en 45 et un sang qui a été tué par les EU en 70

    Je n’ignore rien de ce que le fait d’avoir été sauvé par les EU peut produire comme conséquences sur les Français, je n’ignore rien de ce que le fait d’avoir été tué par eux peut produire comme conséquences sur les Viets

    Et là-dessus, pour faire bonne mesure, le contentieux France Vietnam n’est pas mince.

    Que dois-je faire ?

    Me neutraliser. Nécessité fait loi. 

    1-1 = 0

    C’est ça ou je passe schizo.

    Neutraliste, pyrrhoniste, je n’ai plus qu’une réaction, c’est de secouer la tête de G à D quand je vois les tensions que les autres cultivent.


    • Shawford34 17 décembre 2012 14:23

      Pour la question clivante qui nous intéresse et relevée plus haut, j’ai fait mon choix : neutraliste c’est forcément adopter la position conforme au droit en dehors des questions de fait : ainsi dans le cas précité il y a t’il eu ou pas enquête dans les règles de l’art ou pas, point barre.
      Jamais de discussion sur les faits, le process, les coupables, les mobiles : le droit, rien que le droit tel qu’il nous est professé en occident conformément à la marche normale d’un Etat de Droit (et ayant fait 10 ans en Fac de Droit, j’ai les armes suffisantes pour en apprécier la substance tout au moins sur le plan juridique).

      Voili voilà je n’y reviendrai pas smiley


    • alinea Alinea 17 décembre 2012 14:33

      Shawford : Jean-Claude Michéa explique très bien cette évolution ; son « complexe d’Orphée » est un bijou pour qui veut comprendre notre monde !


    • Shawford34 17 décembre 2012 14:56

      Alinea j’ai dès lors aussitôt cherché ce que ce philosophe dit du sujet qui nous intéresse mais je n’ai rien trouvé.

      Et comme je ne connaissais d’ailleurs pas Michéa (honte à moi), j’ai rapidement pris connaissance dès lors de ce que recoupe son Complexe d’Orphée et crois donc comprendre où vous voulez en venir smiley


    • jaja jaja 17 décembre 2012 15:08

      Alinéa il m’étonnerait que Michéa le réactionnaire, pourfendeur de Mai 68, soit bien en cour dans ta famille politique... Je dis ça je ne dis rien.. je suis déja parti mais en te laissant quand même la critique de Max Vincent...

      http://www.lherbentrelespaves.fr/michea.html


    • easy easy 17 décembre 2012 15:11

      Je sais être une chimère
      Je sais ne pas pouvoir voter au risque de me déchirer

      D’où le fait que je regarde les évolutions, les révolutions, sans les entraver.
      (Mais je secoue la tête quand ça va au sang)

      Les autres m’apparaissent normaux, ils font ce qu’ils ont à faire en tant que personnes ayant les deux pieds sur le même endroit. Ils peuvent voter. Ils peuvent trancher.

      Moi je ne peux que regarder et analyser les moteurs des uns et des autres.


    • alinea Alinea 17 décembre 2012 15:44

      Jaja : il y a toujours à prendre et à apprendre de l’intelligence : sa déconstruction de notre société est une aide précieuse à qui veut comprendre ; j’ai lu déjà un lien ( que peut-être tu as donné il y a longtemps), et je ne me bagarrerais pas là-dessus : je m’en fous ; je me nourris de ce qui me parle et, personnellement, je suis « deconstructive » et toujours critique... il n’est pas un maître à penser, il ne propose rien : il décortique et déconstruit, avec un savoir que jen’ai pas ; alors ! j’en profite.


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