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« Daniel est décédé » - AgoraVox le média citoyen
lundi 30 avril 2012 - par Ariane Walter

« Daniel est décédé »

C’est par cette phrase que mon gendre m’a appris la mort de mon ex-premier mari. Père de mes deux aînés. Walter et Ariane.

Il s’est baissé et a passé la tête par la petite porte de mon grenier, sans entrer. Sur un ton informatif. Sans aucun pathos. Comme s’il avait dit : « Les courses sont arrivées. »

Cette mort, nous l’espérions rapide. Depuis un an, quatre cancers, une chimio qui l’avait détruit, des AVC, une bouche qui pendait, un oeil aveugle et pour sa femme, un calvaire. La veille encore nous regrettions que l’euthanasie ne soit pas possible en France. La veille encore, je disais : « Oui, ce serait tellement mieux de lui permettre de finir dignement. »

Mais là, cette phrase « Daniel est décédé » qui aurait dû me faire dire : « C’est bien » m’a étouffée. J’ai dit stupidement : « Ah ! Bon ? » Comme si c’était étonnant. Dans l’impossible soulagement. Dans l’impossible douleur. Grand vide.

Et comme je restais abasourdie, face à lui qui restait calme, il m’a dit !

-On va chez Nicole. Tu viens ?

 

Daniel est mort à 13 heures. A 15 heures les pompes funèbres sont venues. A 16 heures le corps était enlevé. La maison était vide.

 Cette promptitude, je ne l’avais jamais constatée, mes proches décédés étant morts loin de moi ou à l’hôpital. Mais là, cette situation était surréaliste. Si vite. Quelque chose de sale avait disparu.

Je me souvenais de toutes ces veillées funèbres, racontées ou filmées, avec l’arrivée de toute une famille, ces cierges autour du lit, ces vieux veillant le mort. Je pensais aux enterrements de la Chine ancienne à ces hommes grimpant sur les toits, hurlant par trois fois le nom du disparu, à ces pleureuses égyptiennes, à ces maisons ouvertes pour que les voisins viennent. Je pensais à ce que m’avait dit ce guide tunisien, à Djerba, qu’il n’y avait pas de pompes funèbres dans son île car c’étaient les amis et les voisins qui s’occupaient de l’enterrement. Mais là, il n’y a plus de voisins. Personne ne se connaît. Les familles sont éloignées. Il n’y a que les pompes funèbres qui viennent en une heure vous enlever vos morts défigurés par la chimio. Pour 3800 euros !

3800 euros ! Dans le désespoir on se rattache toujours à des problèmes secondaires. Enfin secondaires… Je pense à toutes ces familles qui vivent en sursis, qui sont tout à coup confrontées à un deuil qui les anéantit et qui doivent sortir 3800 euros ! Votre mari vient de mourir et vous discutez le prix ! « Non, pas ces poignées !... Les coussins de soie…Non.. ». Et comme il est dur de dire « Non » car on passe pour un salaud au plus profond de soi, et on dit « oui » en abaissant la tête entre ses larmes. Certes il y a des assurances. Norwich Union. Mais il y a surtout un commerce qui, dans une société qui explose, fait de la mort un moment de terreur et de honte. Que font-ils ceux qui ont peu d’argent ? Ils empruntent à Cetelem à 17% ? En fait quelques jours après Nicole a bien compris que ce chiffre 3800 aurait pu être inférieur. Mais comment marchander la dernière image de ceux qui nous quittent ?

Quelqu’un me dit :

-Walter et Ariane arrivent demain à 14h à Aix.

Bien. Ma fille cadette Anna-Eva ira les chercher. J’envoie alors un mail à mon fils Grégory qui est au Japon. Sa réponse arrive aussitôt.

« Marre d’être à 13000km et de ne rien pouvoir faire quand quelqu’un meurt. Je viens. J’ai un billet à 1000 euros. Je suis à Marseille mardi matin à 11H. »

Ce n’est pas rien pour lui, 1000 euros. C’est le prix d’un geste humain.

 

Comme, on le sait, le pire engendre le meilleur, ce décès va m’offrir ce qui ne m’est pas arrivé depuis deux ans, mes quatre enfants, ensemble avec moi.

Le deuil le plus horrible que l’on puisse connaître dans une vie est la perte de ses enfants. Non, qu’ils meurent, mais qu’ils fassent leur vie loin de vous. On a tant fait pour eux, ils ont été les dieux du temple, la joie de toutes les soirées, les rires de tous les anniversaires, le cœur de tous les projets et l’on a couru sur toutes les routes pour qu’ils soient habiles en tout. Ils ont appris les langues, la danse, la musique, le tennis ou le théâtre .Ils ont été préférés à tout, même aux hommes, pères ou amants. Et ils ne sont plus là.

Sans qu’il n’y ait rien à dire que cette phrase : « C’est la vie ! ».

Sans qu’on puisse être triste car ils sont heureux.

Non. Ce n’est pas toujours la vie. C’est la vie moderne car dans les vieilles vies, on restait plus proches.

 Je dis tout de suite à ma fille :

-Je veux une photo de vous quatre et de moi.

Son ami est un photographe de talent et il a déjà fait pour moi de superbes photos de famille. Nana, ma dernière, la mosaïste, est aussi tranchante qu’un silex.

-Quoi ? Une photo ? Mais c’est n’importe quoi ! Tu sais pourquoi ils viennent ? Ils ne vont pas vouloir poser pour des photos !!

-Oui, mais moi, je veux une photo.

-Tu leur en parleras si tu veux. Mais c’est pas le moment !

-Je le veux.

C’est moi la gamine capricieuse.

 Quand nous nous retrouvons mes quatre enfants et moi, la rareté est multipliée par le fait qu’ils sont sans leur famille. Nous sommes, autour de la table comme autrefois, eux et moi, dans l’insouciance d’autrefois, à faire assaut de bons mots. Dans ce concours qui fait que les uns emportent les rires des autres. L’humeur est à l’humour. On se lave des mauvaises pensées.

 

C’est alors qu’a lieu la fameuse séance photo. On me fait plaisir. On se retrouve dans mon grenier. Le lit est à peine rebaptisé. On s’installe en vitesse. Ca ne va pas être du grand art. Et pourtant elle est là cette photo qui sera éternelle. Cette éternité qui n’est pas pour nous, on l’a quand même sur un bout de papier.

 Quelle fierté, pour un père ou une mère, que ses enfants, ses beaux enfants envolés, riches de leur talent, qui pour un instant, si bref, se retrouvent dans la maison de leur enfance. Que d’années dans une poignée de secondes. Que de souvenirs dont la plupart sont morts car on se souvient si peu. En un instant ma mémoire saisit un bouquet d’images des uns des autres . Et, la photo finie, quatre prises seulement, nous rions ensemble. Qui a dit quoi ? Qui a fait rire les autres ? A-t-on dit à Greg qu’avec ses chaussettes il gâchait la photo ?

 

Le lendemain c’est l’enterrement. Une crémation dans un de ces lieux modernes. Une grande bâtisse. Finie la grandeur des églises. Dieu est mort lui aussi.

Il y a plusieurs salons : le salon pivoine, le salon dahlia, le salon je ne sais quoi. Il y a une volonté de bien faire. Nous sommes dans une petite salle.

-Vous pouvez voir le corps.

Je ne sais pas pourquoi je dis « oui ». Parce que si je disais « non » ce serait lâche ou gamin. Quelqu’un qui ne veut pas voir la réalité en face. « Voir la mort en face ». Il est dans une petite pièce, cercueil posé sur des tréteaux, je m’approche et soudain je le vois. Méconnaissable. Un peu monstrueux parce que ce n’est pas lui. Etrange. Avec les lèvres ouvertes sur les dents. J’ai l’impression qu’il bouge, que la pièce bouge. Je suis là devant le grand mystère de la mort, dit-on. Bientôt tout va brûler. Le beau costume, le linon du linceul. Tout un pan de ma vie disparaît. Ces simples phrases : « Daniel et Nicole viennent ce soir ». « Tu as vu Daniel ? » « Daniel est passé ». On ne les entendra plus. Plus jamais. 

Nous nous étions séparés après dix ans de mariage. Nous étions restés amis. J’adore sa femme. Je la vous, appuyée contre un mur. Elle porte un manteau rouge qu’elle a mis comme une robe de chambre. Elle va fumer de temps en temps. Soudain entre une fille qui se précipite dans ses bras en pleurant et ce sont les larmes de cette fille que je ne connais pas qui me ruinent. Celles de mon fils le Japonais aussi. Il était à Tokyo lors du tremblement de terre, venait à peine d’ouvrir un cabinet d’ostéopathie, tous ses projets ont été ruinés, il est parti au Canada, revenu à Hokkaido et ce qu’il pleure dans ce deuil qui l’accable c’est peut-être sa vie d’exilé fracassée.

 

On nous conduit très poliment dans un autre salon. Je pense que c’est boulot sympa, croque-mort. C’est le seul métier où personne ne va vous cracher à la tête en vous faisant des reproches. Ils sont très chics. On arrive donc dans une pièce claire. Nous sommes une trentaine. Et commence cette cérémonie qui n’en est pas une mais qui fait tout pour y ressembler.

J’ai repris mes esprits. Je me tiens bien droite ; On entend alors le premier air que Nicole a choisi. Le forfait de son enterrement lui permet de choisir deux airs à son gré. De la musique qu’aimait le défunt.

Dès les premières notes, je crève de larmes. Daniel aimait l’opéra. C’est un air de la Traviata. Je ne sais même pas lequel. Elle se meurt elle-même et toutes les morts se font écho, portées par cette musique sublime.

On dit qu’à partir d’un certain âge on pleure plus facilement. J’en connais la raison. On a tant de fois refusé de le faire. On a tant de fois été courageux, on a tant de fois serré les dents, les larmes que l’on n’ a pas voulu verser sont comme dans un congélateur et tout à coup, le temps passant, il n’y a plus de place et à la moindre tentative d’en rajouter, tout ruisselle. Je me liquéfie.

Je me demande un instant quel est ce monde où l’on souffre tant. Je me demande si nous ne sommes pas élevés par des êtres supérieurs invisibles pour qui nous produisons des émotions et qui s’en délectent. Après tout, les vaches ne savent pas qu’on les élève pour les manger. Ce sont peut-être des Idées dans le vaste ciel qui ont besoin de chair et qui se couchent sur nous, invisibles, quand nous pleurons. Se délectant elles aussi de la Traviata.

Ou bien, autre solution, nous nous croyons vivants mais nous sommes morts. C’est ici-bas un cercle de l’enfer de Dante. Un des moins épouvantables. Nous devons y expier des fautes pour lesquelles nous avons déjà payé pendant des milliards d’années. Nous étions déjà en Enfer du temps des dinosaures. Et là, on s’approche de la fin . Voilà pourquoi nous avons des mains, des lèvres et de l’amour. Plus un ciel bleu et des fleurs. Un encouragement à être sages pour en finir, vite, enfin aller au paradis !

Les soleils couchants

Revêtent les champs

Les canaux, la ville entière

De Hyacynthe et d’or.

Le monde s’endort

Dans une chaude lumière

Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

 

 Je me remets à peine de mes larmes quand mon fils Walter s’approche du cercueil pour lire un texte qu’il a écrit. Il va réussir cet exploit de mettre de la joie et de l’humour au milieu de tant de chagrin.

Ah ! Oui, j’ai oublié de vous le dire : Daniel est mort un 1 avril.

 

Cher papa,

Tu nous impressionnes. Tu nous as quittés un premier avril. Il fallait le faire ! Il y a 365 jours dans l’année. Sur ces 365 jours, il y en a un, un seul de drôle et c’est celui-là que tu as choisi.

Je reconnais là ton sens de l’humour. Je trouve que c’est un jour qui te va bien, en tout cas plus que si tu avais choisi celui d’un saint !

Après des repas fastueux, après avoir échangé nos convictions philosophiques et religieuses, tu disais : « Moi, je suis athée. Je ne crois pas en l’immortalité. » Eh bien je crois qu’en choisissant ce jour tu nous as prouvé le contraire, tout en restant athée, ce qui est assez exceptionnel.

Ben oui, parce qu’avec cette date il y aura toujours quelqu’un qui mettra en doute cette affaire : « Quoi Daniel décédé un premier avril ! Mon oeil ! Ce n’est pas possible ! Je n’y crois pas ! »

Si ça ce n’est pas une forme d’immortalité !

Tu me disais que tu étais content de ta vie et que tu pensais l’avoir réussie, eh bien je crois que si tu étais là, tu dirais avec un grand sourire que tu as réussi ta fin. Et là-dessus je crois que tout le monde est d’accord !

 

La cérémonie se termine. Il pleut. Il n’ y a pas de livre de condoléances. Ce n’était pas compris dans le forfait. Pour 3800 euros, on ne peut pas tout avoir.

Nous nous séparons pour nous retrouver une heure après et manger ensemble. Ces fameux repas d’enterrement où les vivants sont heureux de ne pas être morts.

En attendant il me faut passer chez moi où ma mère est en train de mourir.

Il y a des périodes comme ça.

Heureusement qu’en ce moment, pour la première fois engagée politiquement, je suis toute à la joie de voir mon pays se réveiller. Avoir des projets. Parler enfin d’amour. Je vis des instants d’intense poésie. Sur ma voiture un auto-collant : Jean-Luc Mélenchon. Prenez le pouvoir…

 

Sur la route j’écoute l’Alleluia du « Requiem » de Mozart.

Il pleut. Je pleure. Je pleure . Il pleut.

Un coup d’essuie-glace.

Et le soleil au sommet de la route.



253 réactions


    • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 10:20

      Merci Olivier,

      Heureuse de t’avoir touché. Et de partager ainsi avec toi.
      Nous nous battons pour les mêmes causes et vu les circonstances, nous avons encore bien du travail !
      Bien à toi et joli premier mai !


  • stereo 30 avril 2012 20:15

    Ariane,

    D’emblée votre titre m’a interpelé, il y a deux ans j’ai perdu mon petit frère qui s’appelait aussi Daniel, il avait 56 ans, il avait le coeur sur la main et, ironie du sort, c’est ce même coeur qui l’a abandonné. Autant la vie peut nous donner des joies, autant elle peut être cruelle... Je compatis à votre douleur et vous présente mes très sincères condoléances. 
    Votre texte présente un humanisme que beaucoup de nos contemporains n’ont pas, c’est peut-être aussi pour cela que notre terre « tourne la tête en bas » mais l’espoir fait vivre dit-on, un jour, espérons, que la physique reprendra ses droits !
    Bien à vous et à vos proches.


  • Jorge Atlan 30 avril 2012 20:59

    Merci pour ces mots, pour le partage de cette expérience.
    Je m’étonnes toujours de notre capacité a nous tourner vers la vie, quand nous confrontons a la fin d’une autre vie. J’ai été surpris pour la photo et puis j’ai pensé a ce « besoin » que nous avons de laisser une trace.
    Je vous souhaite la sérénité et la paix devant cette perte.
    Mes condoléances sincères


    • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 21:59

      Merci Musima,

      Je partage tout à fait cette idée.
      Je l’imagine libéré, vagabondant joyeusement dans ce monde et dans l’autre.
      Et j’en suis certaine.


  • Defrance Defrance 30 avril 2012 22:03

     Bonjour et Condoleances Ariane, 

        Bien qu’ayant accompagné mon grand père qui était le fossoyeur du village pendant toute mon enfance, la mort m’a aussi « assommé » quand mon épouse est décédée, à un peu plus de 40 ans après 13 mois de Chimio . 

      Je m’y attendais, bien sur, mes grands enfant me reprochaient même de parfois le souhaiter, seul le dernier, a tout juste 4 ans « semblait » ne rien comprendre au drame qui s’éternisait ! 

      Tous les jours j’ai pleuré au volant et pourtant à trois ou quatre kilomètres de la maison j’arrivais toujours a reprendre le dessus, sans comprendre comment ? 

      Le comble est que j’ai appris l’éminence de la fin par les hauts parleurs de la gare Montparnasse qui ont fait un appel pour que je rentre le plus vite possible a l’hôpital ( je n’ai jamais voulu arrêter de travailler).

     Il y a eut ensuite le retour du corps à la maison, les veillés aux silences pesants, puis, le plus dur a vivre, le bruit de la visseuse électrique que j’entends encore plus de 15 ans après ! 

     Je ne sais pas si j’aurais pu en parler comme vous « à chaud » mais je suis sur que cela m’aurait « fait du bien » . 

     Mon dicton à ce propos est que ce moment , pour les très riches, comme les très pauvres est le même pour tous ! même avec une pile de lingots a coté du lit quand l’heure arrive ça ne sert a RIEN ! 

     

     


    • aloha aloha 30 avril 2012 22:05

      Votre témoignage est particulièrement touchant Defrance.


    • Defrance Defrance 30 avril 2012 22:44

       Merci, mais sachez que c’est TRÈS dur d’en parler car bien souvent, de vive voix les gens ne veulent pas entendre ?

        C’est en fait plus facile de l’ecrire !


    • aloha aloha 30 avril 2012 22:55

      C’est exact ! Fut un temps où, sur ce site, je me nommais Gül, et ai moi aussi écrit sur la mort d’un proche....


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 1er mai 2012 14:12

      Bonjour Defrance .


    • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 22:05

      Merci Defrance, pour ce témoignage émouvant. Que les périodes où la maladie peu à peu l’emporte sont longues et éprouvantes. On espère toujours car c’est la seule manière de supporter l’épreuve et tout va de mal en pis.
      Ce sont ensuite des détails que l’on retient. Et ce texte,dans le fond, est une succession de détails.

      Il est vrai que j’étais moins attachée à mon ex-mari. Nous nous étions quittés depuis plus de trente ans. Ce qui explique sans doute que mon deuil n’ait rien à voir avec le vôtre.
      Mais la mort, même d’inconnus nous gifle toujours cruellement.


  • Tanguy 30 avril 2012 22:17

    Chère madame je serai bref : vous avez touché le fond . Il est temps de remonter !


    • Defrance Defrance 30 avril 2012 22:49

       Vas donc voir Laverdure , en piqué, sans remonter ! 


    • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 00:54

      merci, merci Séléna, pour votre commentaire tout d’abord. Pour ce que vous révélez de ce besoin de se protéger, de taire ou au contraire de parler librement et profondément.
      Oui, entre nous ils y a eu des mots d’humanité car nos habitudes et nos joutes nous en détournent.
      je suis heureuse d’avoir été à l’origine, sans m’en rendre compte, de cette forme de paix.

      Quant à la prière indienne, c’est une splendeur que je vais garder.

      Comment douter de la grandeur de la mort quand on connaît la grandeur de la vie ?
      Merci encore pour tous vos posts toujours très intéressants .


    • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 00:46

      Très belle définition Séléna. Elle est le plomb et l’or de nos vies.


  • reveil reveil 1er mai 2012 01:59

    Ariane quelle beauté intérieure, j’aurai aimé être ton mari, mais vivant.


    • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 12:33

      Quelle déclaration pleine d’humour ! ! J’en suis saisie ! Mais je ne sais pas si je suis une bonne affaire pour un mari car ma beauté intérieure passe son temps à écrire !!! Tu sais ces êtres essentiellement sur leurs claviers !

      (Mais pas seulement quand même !!!)
      Clin d’oeil , baisers pour ce délicieux faire-part !
      Pour une fois un réveil à la musique agréable !


  • bloggerfou bloggerfou 1er mai 2012 02:16

    C’est bien ton texte.

    Ca prouve que les gens savent encore aimer.
    Amitiés.
    Leo.

  • rototo 1er mai 2012 02:58

    Merci pour ce texte Arianne ! je crois qu’on peut pas décrire des moments comme ca autrement !


  • mortelune mortelune 1er mai 2012 04:12

    Je trouve ton article formidable. Il rend à l’homme sa dimension humaine du partage.
    Beaucoup vont trouver à redire et vont dans le même temps trouver normal de regarder l’enterrement de Lady Diana. A croire que les moments difficiles des ’stars et grands de ce monde’ se partagent plus facilement que le commun des mortels. 


    C’est une aberration que quelques pochards puissent trouver normal de se joindre au deuil d’une personne célèbre et se détourner du deuil des autres.



     

    • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 09:25

      Bonjour Mortelune,
      J’apprécie tes interventions et que tu aies aimé me ravit. Que tu aies compris le sens de ma démarche. Bien à toi. Merci.
      Hé oui, le deuil a aussi un côté spectaculaire, mise en scène. Un côté violent et extrême. Quelle chose terrible et pourtant consolante quand on a perdu un être très cher, alors qu’on ne souhaite qu’être seul à pleurer que de se retrouver dans des églises ou des cimetières pleins de monde, le visage et les larmes offerts à tous. Dans une débauche de fleurs inutiles.
      Ecrire a quand même un caractère plus intime , même s’il le perd, évidemment au fur et à mesure que cet acte est partagé.


  • hector 1er mai 2012 09:09

     Avox est pas fait pour cà ;pour les ksos il y a facedebouc


  • Tall 1er mai 2012 14:32

    En tout cas, vu la douleur ressentie par l’auteure, je comprendrais fort bien qu’elle arrête, pour le coup, tout militantisme électoral pendant quelques temps.

    Car ces élections sont des préoccupations bien dérisoires relativement à ce rappel brutal de notre fragilité existentielle.

    Avec mes condoléances.

  • geotrouvetou geotrouvetou 1er mai 2012 18:32

    Je m’étais promis de ne plus rien commenter sur Ax mais j’ai lu votre article et tous ses commentaires.
    Permettez-moi de déroger à mon voeu pieux et surtout de vous présenter mes condoléances.
    Je salue votre courage de poster publiquement cette leçon de vie - un peu comme un exorcisme à la souffrance - tout comme je salue également celles et ceux qui ont été touchés par votre article, puis en partageant ce moment d’humanité avec vous. Le réconfort que vous avez pu y trouver me parait totalement souhaitable et légitime.
    Certes, bien peu oserait se dire comme vous l’avez fait. Ces différences d’expressions et de caractères montrent que nous ne sommes pas encore des robots et qu’il reste un peu de coeur avant l’interface chaise-clavier.


    • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 19:10

      Merci, géo, de cette exception qui justifie ma démarche , elle aussi exceptionnelle.
      Je pensais que ce texte serait peu lu et peu commenté. je suis heureuse qu’il ait donné lieu à tant de témoignages fraternels et touchants.
      Le vôtre en fait partie. Merci encore.


  • Emmanuel Glais 1er mai 2012 20:26

    Même si Mélenchon n’a aucunement véhiculé l’espoir chez moi, j’ai trouvé ce texte très beau. Il met le doigt sur des points de notre société qui ne sait plus vivre la mort. Mes condoléances.


  • Valeska 1er mai 2012 20:43

    Courage Ariane, un jour le soleil brillera de nouveau.

    Mon poisson rouge et moi même, te faisons un bisou.


  • desmotscratie 2 mai 2012 18:19

    Catharsique ...


  • lsga lsga 2 mai 2012 23:55

    -(¯`·.·´¯)->Sarkozy c fé éclaté<-(¯`·.·´¯)-« 


  • lsga lsga 3 mai 2012 00:00

    ლ(ಠ益ಠლ)


    sincèrement, je pensais que François Hollande se ferait battre. 

    Mais là, il a été brillantissime !


    une raclée pareille... on avait pas vu ça depuis longtemps !


    【ツ】


  • spartacus spartacus 4 mai 2012 16:15
    Même a droite on a coeur.
    Toutes mes condoléances sincères....


  • Montagnais .. FRIDA Montagnais 6 mai 2012 08:32

    Ce qui ne manquera pas de vous étonner, sur la photo, c’est que tout le monde est en train de rigoler.. On s’attendait plus à Te Deum, requiem et lamentations, comme dans le beau texte.


    Sincere condolences

  • Ariane Walter Ariane Walter 6 mai 2012 09:10

    Montagnais,

    Lorsque j’avais assisté à mon premier enterrement dans une province lointaine, j’avais été frappée par l’ambiance du repas où tout le monde se tapait la cloche en rigolant.
    Il y a un tel besoin de se sentir vivant dans ces moments-là.
    Je crois que cette photo, ici, la veille de l’enterrement, est une manière de retrouver les joies passées pour se donner des forces.
    Puis, je l’ai obtenue de haute lutte.

    Puis c’est aussi pour moi la photo d’un deuil. Car cette vie-là avec ces enfants n’existe plus et n’existera plus jamais.


  • Dominique TONIN Dominique TONIN 6 mai 2012 12:07

    Ariane,

    Stupéfiant cet article ! Sans doute aviez-vs besoin de vs épancher ? L’écriture étant pr vs une seconde nature et certainement, aussi, un exutoire !
    Recevez mes sincères condoléances, tant votre douleur me fait mal.
    Sachez aussi que j’ai vécu, il y a trois ans, ce genre de situation d’un proche. Il avait choisi d’en finir avec ce calvaire en pratiquant l’euthanasie. Il avait trouvé un praticien à la fois compréhensif et humaniste !
    Bon courage.

  • Gérard Luçon Gerard Lucon 6 mai 2012 14:59

    Bisous Ariane ... je viens juste de decouvrir ton texte


  • mireob 6 mai 2012 16:08

    Madame,

    Depuis quelques mois, je parcours ce site assez souvent. Aujourd’hui, je m’inscris non pas pour commenter ou publier, mais seulement pour vous dire que vous avez bien fait d’écrire ce « faire-part ».
    Que vos lecteurs me pardonnent cette incursion, ceci est bien un message personnel.
    En effet, je n’ai pas d’autre moyen pour vous adresser toute ma sympathie en cette circonstance.
     
    Dans une « vie antérieure », j’ai été votre élève ainsi que celle de votre ex mari.
    Il y a bien longtemps que j’ai quitté cette ville du Sud. Il m’arrive parfois de repenser aux années collège et le premier souvenir qu’il me vient c’est celui de vos cours. Je ne saurais dire combien ils étaient passionnants, vivifiants, grâce à votre talent, votre générosité et votre dynamisme.

    La nouvelle du décès de Monsieur me peine mais je sais que c’est là une délivrance, vivre c’est aussi souffrir et chacun le sait.

    Mes meilleures pensées.

    Mireille, une ancienne élève parmi tant d’autres....


  • Veniza Veniza 6 mai 2012 16:37

    Toute ma sympathie à vous Ariane,

    Courage !


  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 6 mai 2012 17:41

    Bonjour Ariane,
    Grâce au best of d’Agoravox j’ai découvert ton beau témoignage.
    Je le perçois comme tel et du fait que cette catégorie a existé ou existe peut-être encore sur Agoravox, je suis halluciné par les réactions de Fergus ou de la Tortue.

    Il me semble que ce qui fait la qualité première d’Agoravox c’est que c’est une sorte de cour des miracles où tout un chacun a droit de cité, droit de parole, au moins a priori et il n’est pas de catégorie de texte qui soit exclue par avance.

    Tu nous donnes un magnifique témoignage sur l’accueil de la mort des proches et je pense que la maîtrise avec laquelle tu as traversé puis restitué les émotions et sentiments tout à la fois délicats et complexes qu’une telle situation peut engendrer est de nature à en aider plus d’un à mieux maîtriser de tels moments lorsqu’il s’y trouvera confronté.

    Les témoignages, ça sert aussi à ça. Bien entendu, il y a toujours la dimension de partage émotionnel et donc ici de compassion qui a en soi une grande valeur car c’est encore une qualité d’Agoravox, à force de nous rencontrer dans cette cour des miracles nous entretenons une relation qui va au-delà des posts et des pseudos.

    Bref, je crois qu’il y a ici sur Agoravox une place légitime pour l’émotion. Mais je tiens à souligner qu’en supplément, tout témoignage, même à forte charge émotionnelle, est aussi extrêmement informatif et a donc doublement sa place dans cette belle cour des miracles.

    Donc merci à toi Ariane pour ce magnifique texte. Je pense que tu peux faire fi de tout ceux qui ont probablement du mal à gérer leur propres émotions et qui voient dès lors de l’indécence là où ce qui fait la beauté et l’énergie de la vie se donne à voir in statu nascendi, et donc, à profusion.


  • latortue latortue 6 mai 2012 19:10

    Laurent Salvador je vous cites
    ’’Agoravox, je suis halluciné par les réactions de Fergus ou de la Tortue.Il me semble que ce qui fait la qualité première d’Agoravox c’est que c’est une sorte de cour des miracles où tout un chacun a droit de cité, droit de parole, au moins a priori et il n’est pas de catégorie de texte qui soit exclue par avance.’’

    Vous êtes halluciné ,mais nous avons quand même le droit de donner notre avis poliment ,tout en présentant nos condoléances , je ne pense pas d’une part que agora soit bien le support adéquat a ce genre de situation ,mettre a la vue de tout le monde ce qui devrait rester a l’intérieur de soit ,c’est d’un formidable égoïsme ,et de plus afficher la photo de ses enfants dont l’image ne nous appartiens pas c’est plus que douteux .Agora n’est pas la cour des miracles ou plutôt si, car la violence qui s’y pratique est a l’égale de la violence qui se pratiquait au 17em siecle a la cour des miracles rempli de faux mendiant .et comme a la cour des miracles seul quelques privilégié mènent la danse et peuvent faire paraitre leurs articles quels qu’ils soient

    42 % pensent que cet article n’a pas sa place sur le site, le reste n’est que verbiage dégoulinant de condescendance mal placé dont pas la moitié pense ce qu’ils disent désolé .

    J’ai délja perdu des êtres chers très chers a mon cœur et je n’ai jamais éprouvé le besoin de me rependre sur un site internet pour faire mon deuil .Mais nous sommes dans un pays libre donc vous avez tout a fait le droit de penser ce vous vous dites, et l’auteur d’écrire ce qu ’elle veut, et aussi moi de réagir a ma façon.

    bonsoir


    • Annie 6 mai 2012 19:24

      Latortue,
      Je constate que vous ne désarmez pas. Agoravox est un site libre, où chacun peut publier son article si la modération y consent. Vous avez le droit de ne pas être d’accord, mais pourquoi revenir sans relâche sur un article qui selon vos propres chiffres est approuvé par 58% de personnes sur ago. Parce que vous avez le droit de le faire ? Ou parce que votre manière de faire votre deuil n’est pas celui d’Ariane ? Auquel cas, essayez de vous mettre à la place des autres, et si vous ne pouvez pas, n’en rejetez pas la faute sur les autres.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 7 mai 2012 05:41

      @ Latortue

      Quand je dis halluciné, je parle de ma réaction. Je ne dis rien sur vous. Alors pourquoi vous énerver ?

      Halluciné, je peux l’être d’autant plus que vous êtes d’accord avec l’idée qu’Agoravox est une cour des miracles.

      Partant, nul « catégorie » de texte n’est exclue a priori.

      Et les témoignages d’autant moins que, j’y insiste, cette catégorie existe ou a existé officiellement sur Agoravox.

      Ce que je devine dans votre propos, ça n’est pas tant une personne déstabilisée par les émotions des autres qu’une personne frustrée de voir ses textes non publiés quand d’autres semblent publier si facilement.

      ça c’est une problématique légitime. Mais encore faut-il se donner la peine de l’exprimer correctement et ne pas s’a(ban)donner à la réaction victimaire consistant à taper sur un texte simplement parce qu’il donne l’occasion de déverser sa frustration.

      Pour évoquer un peu cette question, je dirais qu’étant libertaire et darwinien, je pense que la sélection des textes ne devrait pas exister ou alors seulement à titre informatif de sorte que tous les textes seraient publiés mais avec une catégorisation et/ou une évaluation qui permettrait de les ranger en première, deuxième ou dernière page.

      La catégorisation et/ou l’évaluation pourrait très bien être évolutive en prenant en compte au fur et à mesure l’avis du lectorat de sorte que les articles plébiscités pourraient se retrouver en première page ou à l’affiche même contre l’avis initial du comité éditorial.
      Bon, je m’arrête là car ce n’est pas le lieu pour aller plus loin dans cette réflexion, qui a peut-être déjà eu lieu, mais qui, néanmoins gagnerait à être remise à l’ordre du jour.



    • latortue latortue 7 mai 2012 08:16

      Monsieur Salvador vous avez la réponse dans le replie de mon commentaire, qui démontre avec brio que la censure sur ce site est bien appliqué par une petite bande d’initié, ou qui se disent initié et qui monopolise le site a leur profit, laissant passer ceci ou cela ou censurant le reste .Bien sur que agora est une cour des miracles, mais dans le mauvais sens pas dans le bon .
      doit on se contenter de voter pour ou contre et n’accepter de poser un post que si il va dans le sens du texte ? ou est la liberté la dedans dont ce recommande les beaux parleurs .
      Ursulin
      Agora n’est pas le site pour ça désolé il y a d’autres sites pour ce genre de verbiage comme facebook ,ou avez vous vue que dans un journal quelconque tel ou tel journaliste écrit un texte sur la mort d’un membre de sa famille et en plus publie les photos de la dite famille comme pour se mettre en scène , désolé mais j’ai le droit de trouver ça indécent point barre n’en déplaise a l’auteur . Qui peut me replier belle preuve de liberté de ton sur Agora


  • Ariane Walter Ariane Walter 7 mai 2012 09:24

    La tortue,

    Puisque vous passez votre vie sur ce fil vous saurez que ces propos ne sont pas admissibles :

    42 % pensent que cet article n’a pas sa place sur le site, le reste n’est que verbiage dégoulinant de condescendance mal placé dont pas la moitié pense ce qu’ils disent désolé .

    Et si vous ne comprenez pas pourquoi, désolée.


  • Gérard Luçon Gerard Lucon 7 mai 2012 12:46

    @ Ariane, Morice qui a l’habitude de cartonner meme les gens qui le soutiennent a ete « en phase », et il prend 15 appreciations negatives ... des abrutis qui cartonnent Morice sans penser a ton article et a tes sentiments .. et moi j’ai un bourricot qui systematiquement me gratifie d’un « moins 1 » forfaitaire a chaque commentaire ... donc quand je t’envoie avec 5 jours de retard un simple « bisous » je suis « moinsse » par ce connard ...

    Donc encore une fois « Bisous Ariane », je n’ai pas d’autre mots sur le sujet, trop sensible pour beaucoup d’entre nous 


    • Valeska 7 mai 2012 19:10

      @Gerard. Je vous rassure, vous n’êtes pas un cas unique, dés que je poste un com, dans la seconde qui suit il y a -1 qui s’affiche. Certains ont des tristes vies et l’agrémentent à leurs façons (soupir).


    • Gérard Luçon Gerard Lucon 7 mai 2012 20:18

      @ Valeska, suite a ta reaction tu as gagne un -1 .. j’ai donc plusse pour revenir a zero ... tristes gens que ces fielleux qui plussent et moinssent a tout va et censurent probablement avec le meme vecteur qui les motive, leur propre connerie !


    • Valeska 7 mai 2012 23:10

      Si ça peut amuser un dingo de service pourquoi pas ... Je t’avouerais que dans le fond, je m’en fiche pas mal.


  • chapoutier 7 mai 2012 17:14

    bonjour Ariane
    de tout cœur avec vous et vos proches.
    les mots sembles toujours insipides et futiles pour dire que l’on comprends la douleur d’une perte.


  • Mor Aucon Mor Aucon 11 mai 2012 23:39

    Très beau texte qui n’a rien d’impudique puisqu’il parle vrai et dont je ne dirai rien sur le fond car là oui, ce serait réellement un manque de pudeur de ma part. Vous écrivez très bien et je pense qu’il est très dommage que vous gâchiez, parfois, ce style en propagande politique plutôt naïve.


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