mardi 3 janvier 2006 - par Bernard Lallement

Des ’bienfaits’ de Mitterrand aux vertus du passé

Par les temps qui courent, discerner l’avenir devient une mission quasi impossible. Jacques Chirac, pour ses vœux, a eu beau enfourcher une nouvelle paire de lunettes, l’horizon qu’il nous invite à partager se résume au patriotisme, aux valeurs de la république (prononcé pas moins de neuf fois) et à « croire en la France ». Après onze ans de règne, on hésite entre l’incantation, et le constat d’impuissance et d’échec.

Aussi, dans un tel contexte, rien d’étonnant à voir ressurgir les valeurs d’antan comme palladium de l’avenir.

À quelques jours de la commémoration du dixième anniversaire de sa mort, François Mitterrand serait le meilleur président de la Ve République, selon un sondage CSA pour Libération.

Malgré ses secrets, ses affaires et ses amitiés troubles, pour 35 % des personnes interrogées, il reste le préféré des Français, devançant Charles de Gaulle, avec 30 %, et l’actuel locataire de l’Élysée, qui ne recueille que 12 % des sympathies, dont seulement 19 % à droite.

60 % des sympathisants de gauche approuvent cette mitterrandolâtrie, ce qui ne manquera pas de susciter quelques vapeurs du côté des éléphants de la rue de Solférino où soufflait, jusqu’à ces derniers temps, le vent du droit d’inventaire.

Pour l’intégration des jeunes, la démocratie et la lutte contre le chômage, l’ancien président socialiste reste le plus efficace, alors que Chirac l’est pour la sécurité, l’économie, la place de la France dans le monde et, bien plus inattendu, la construction européenne. En effet, pour les sondés, le non au référendum était, manifestement, un gage plus important d’unité de l’Europe que l’acceptation du traité de Maastricht.


Une histoire chancelante

Il est vrai, qu’en ce moment, la mémoire et notre histoire semblent subir les turbulences de la maladie d’Alzheimer.

Ainsi, pour clôturer l’année 2005, Arno Klarsfeld a donné une interview à Libération et est revenu sur son rôle face à « la loi, l’Histoire et le devoir de mémoire ».

Après avoir rappelé, avec toute la modestie qui le caractérise, les propos de l’historien Henri Rousso : « Je suis l’avocat de la vérité », il répond à une question de Libé :

« Quels sont les « bienfaits » de la colonisation ?

Arno Klarsfeld : La France a construit des routes, des dispensaires, apporté la culture, l’administration… Je ne suis pas un spécialiste du sujet, mais le nier serait de l’aveuglement historique. »

Que dirait notre ancien soldat israélien, si de jeunes Allemands appliquaient ses évidences au IIIe Reich  ? Après tout, nous devons au National-socialisme les premières autoroutes, Heidegger et Carl Schmitt sont venus jusqu’à nous et continuent d’influencer nos idées, le régime nazi entretint une telle pépinière de savants qu’après la guerre ceux-ci émigrèrent aux USA ou en URSS, et nous bénéficions encore de leurs découvertes. Le nier ne serait-il pas de « l’aveuglement historique », et au nom de quelle obscure doctrine la lecture de l’histoire devrait-elle être incommensurable selon la rive du Rhin de laquelle on l’observe ?

Quel étrange paradoxe que de voir le révisionnisme, condamné par ailleurs, s’instiller au travers d’une mission officielle !

L’incertitude du devenir conduit toujours les gouvernants à ressusciter le passé à l’aune de leurs illusions, et gageons que, demain, Jacques Chirac deviendra une valeur refuge, bien au-delà des 1 % de ses concitoyens qui ne souhaitent pas, aujourd’hui, le voir se représenter.

De même, il se trouvera bien un ministre pour missionner une personnalité inculte en histoire, afin de penser les « méfaits » de la colonisation, en considérant comme nuls et non avenus tous les travaux antérieurs sur la question.

Décidément, notre mémoire est bien sélective et… chancelante.

Photo : Reuters - Dessin : Le Monde



9 réactions


  • Christophe (---.---.98.228) 3 janvier 2006 12:33

    apporté la culture

    Ah bon, nous, français sommes les dépositaires de LA culture, la seule, l’unique.

    De quel droit divin je vous pris Mr Karlsfeld ?

    Et ce genre de personne est considéré comme un intellectuel. Cela met en évidence un niveau intellectuel de plus en plus contestable chez nos représentants intello-culturels !


  • claude (---.---.178.50) 4 janvier 2006 01:33

    une nouvelle paire de lunettes vaut bien le chapeau de monsieur Mitterand.A chacun son genre...Pour le reste je me permets de vous suggérer de revoir la presse concernant le faux attentat de l’observatoire monté de toutes pièces par un homme qui ,malgré cela, a pu devenir le président des français. Ne vous inquiétez pas ,l’histoire jugera...Pour le présent et l’avenir, laissons toute la place .


  • Mathieu (---.---.44.33) 4 janvier 2006 11:14

    Sans chercher à débattre sur le fond, il y a dans cet article quelques points qui me choquent.

    Est-ce que « chercher des aspects positifs » signifie « réhabiliter intégralement » ? Qu’il s’agisse de colonisation, de IIIe Reich ou de n’importe quoi d’autre. Pourquoi serait-il interdit de penser que la construction d’un réseau routier efficace est un bienfait, fût-il un apport du IIIe Reich (qui est au demeurant un vaste crime et une débilité profonde de l’histoire, je précise comme si c’était nécessaire) ? Considérer ceci relèverait, selon vous, du révisionnisme... Quel totalitarisme intellectuel !!! Votre opinion d’Arno Klarsfeld (et d’autres) est une chose, elle vous appartient, comme vous appartient l’honnêteté de votre pensée. Je la trouve très idéologique, « hurlante avec les loups », et pour tout dire dans le vent...

    Quant au commentaire de Christophe, Arno Klarsfeld aurait peut-être dû dire que la France a apporté « UNE culture ». Cela aurait peut-être été plus vrai, plus modeste. Peut-être est-ce ce qu’il a voulu dire, ou peut-être pas mais je trouve votre attaque un peu virulente, à moins que vous ne connaissiez pertinemment le fond de sa pensée, voire le résultat à venir de son travail... La question qui me paraît essentielle est, plutôt que de savoir si la France possède LA ou UNE culture, de savoir par quels moyens cette culture a été apportée. Et la réponse mettra peut-être en lumière des aspects négatifs... et/ou positifs de ces moyens.

    La bien-pensance n’est pas morte, elle a même de beaux jours devant elle.


    • Christophe (---.---.58.18) 5 janvier 2006 01:06

      Lorsque l’on aborde la question de la culture, la question n’est pas de savoir si la France à une culture ou LA culture ; il faut poser le problème dans l’autre sens, eu égard au respect de la culture des pays colonisés.

      De savoir si nous avons apporté une culture laisse supposer que la culture d’origine de ces peuples colonisés est considérée comme nulle ou du moins négligeable dans l’approche.

      Lorsque vous abordez la bien pensance, il me semble que c’est exactement la démarche qui est généralement empruntée ; prendre son monde en référence en négligeant celui des autres. Donc la question essentielle, dans le contexte de la colonisation n’est pas de savoir quelle culture leur a était apportée ; mais bien de savoir deux choses :

      1) Est-ce que ces peuples demandaient à ce qu’on leur apporte une culture (entendu différente de la leur) ?

      2) Avons-nous respecter leur culture ou non ? C’est donc votre question du comment leur avons-nous apporté.

      Si à la première question vous répondez non, il n’est pas nécessaire de se poser la seconde puisque nous somme dans le cadre de ce que vous critiquez : le terrorisme de la vertue !

      De plus, ce qui reste quelque peu ennuyeux concernant les propos de Mr Klarsfeld, est qu’il s’exprime sur un sujet pour lequel il admet être un quasi ignorant. Dans ce cas, il vaut mieux se taire et s’informer précisément avant de se prononcer ; du moins c’est le comportement des véritables intellectuels me semble-t-il !

      Cordialement.


    • Christophe (---.---.58.18) 5 janvier 2006 01:14

      Pour information : « Je ne suis pas un spécialiste du sujet, mais le nier serait de l’aveuglement historique. » Sont les propos de mr Klarsfeld. Jugement de valeur d’un ignorant du sujet ???

      En traduction claire : « je ne connais pas le sujet, mais de tenir des propos à l’inverse de ce que je viens d’avancer (sans connaître, je précise) serait de l’aveuglement historique. » Voilà un joli exemple de bien pensance, n’est-ce pas ???

      Mais peut-être y a-t-il une autre interprétation ?


    • Mathieu (---.---.44.33) 5 janvier 2006 09:17

      Au sujet de LA ou d’UNE culture, je rejoins un peu plus votre pensée développée. Mon propos était plus sur la forme que sur le fond (bien que j’aie de grosses réserves sur le fond de pensée de l’auteur de l’article, pour en avoir lu plusieurs) et je suis tout à fait d’accord avec la nécessité de se demander si ces peuples étaient ou non demandeurs d’une autre culture. Encore reste-t-il la question de savoir si le fait d’apporter UNE culture différente revient systématiquement à supprimer ou à nier la culture existante. Je ne le crois pas (sinon, que dire des cultures immigrantes en France ces dernières années ? Et comment certains bien-pensants « immigrationnistes » les défendront-ils alors ?), même si ça peut parfois être le cas et ça l’a peut-être été dans le cas de la colonisation.

      Quant aux propos de Klarsfeld, ne peuvent-ils être lus sous l’angle suivant ? « Je ne connais pas bien le sujet mais ce que je viens d’affirmer, ce sont des évidences ». Parce que je n’y vois, moi, que des évidences (mais qui méritaient peut-être quand même d’être rappelées) : des routes, une ou la culture... Sont-ce des bienfaits ? A discuter. Si c’en est, suffisent-ils à adoucir les méfaits ? A discuter aussi...

      Mais Bernard Lallement préfère se livrer à des parallèles hasardeux et faciles pour fustiger le révisionnisme et le IIIe Reich... Et plutôt qu’une réflexion poussée, je vois là une malhonnêteté intellectuelle malheureusement très répandue.

      Cordialement à vous.


  • Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.213.189) 9 janvier 2006 13:11

    Dix ans après ses funérailles, dans la presse François Mitterrand est passé d’intrigant douteux à « homme hors du commun », « personnage extraordinaire »... Les journalistes s’en donnent à coeur joie dans le concert de louanges et la mythification de l’homme Mitterrand. Extraordinaire François Mitterrand ?

    Foutaise !

    Mitterrand fut Président de la République française, c’est tout. Le reste n’est que légendes, embellissements, histoires revues, déformées à travers un prisme sentimental bien consensuel. C’est que les années apaisent bien des amertumes dans le coeur humain, et en une seule décennie les pires défauts du « cher disparu » se transforment en « qualités exceptionnelles »... Sous la baguette magique du temps, François Mitterrand, mortel semblable à tous les autres, est devenu une sorte de prince de la République, un génie énigmatique, une légende historique...

    Dix ans après sa mort, ses mensonges les plus pervers ne sont plus que finesses politiques et pouvoirs de séduction ! Sa mégalomanie pharaonique n’est plus aujourd’hui que l’oeuvre désintéressée d’un « visionnaire » ayant « le sens aigu de l’Histoire »... Le culte odieux de la personnalité qu’il a insidieusement développé tout au long de ses deux septennats, en 2006 s’est transformé miraculeusement en panache de monarque. Légitime effet de la fonction que cette soif de grandeur architecturale, pensent en choeur ses anciens détracteurs... C’est même le signe des grands, ça ne peut pas tromper, n’est-ce pas ?

    Comme le discours change vite en dix ans !

    De manipulateur machiavélique Mitterrand est devenu une sorte de de Gaule sauveur du pays, une espèce de Saint-Louis rédempteur, un genre de Roi Soleil qui nous en met plein la vue ! En dix ans seulement, le vice a été fait vertu. Curieux retournement de veste d’une presse unanime... Hier vénéneux, aujourd’hui comestible, le champignon Mitterrand avec son écharpe et son chapeau est une silhouette fédératrice, un réceptacle à glorifications. La mite est devenu un mythe. Ironique effet du temps sur nos défunts dirigeants...

    Destin extraordinaire que la vie de François Mitterrand à en croire le discours ambiant ? Je ne vois rien d’extraordinaire au destin de Mitterrand. La preuve : il est mort depuis dix ans. Lors de la commémoration du dixième anniversaire de sa mort on a pu voir Laurent Fabius se ridiculiser publiquement en portant chapeau et manteau à la Mitterrand... Le chapeau de Fabius porté à la Mitterrand, nouvel attribut des « princes de la République » ? Singerie pitoyable d’un clown de l’Énarque qui ose se prendre au sérieux ! Et tout ça pour servir la cause ambiante, pour être dans le bon ton. Le maître-mot de tous ces rendeurs d’hommage : ne surtout pas égratigner la fable ! Tous constatant que la légende a plutôt bien pris, dégonfler la mayonnaise passerait pour une faute de goût. Nécessairement impopulaire.

    Mitterrand ne fut qu’un pauvre type comme nous tous, un homme ordinaire, un simple mortel, un médiocre comme nous le sommes tous sans aucune exception. Cessons de sacraliser nos semblables sous prétexte qu’ils portent un grand chapeau ou qu’ils ont le pouvoir de lever des armées en bougeant le petit doigt ! Empereurs, rois, esclaves, vagabonds, alcooliques, ouvriers d’usine, PDG, homme à deux têtes, à trois pattes, mathématicien, balayeurs de rues, génies ou dingos : tous dans le même sac ! Rien que des humains, de simples mortels, des êtres imparfaits, faillibles.

    Les hommages médiatiques rendus à François Mitterrand ne sont qu’un vaste cirque, loin, très loin de la vérité, de l’âpre vérité politique dépouillée de ces flatteurs, mensongers artifices.

    Raphaël Zacharie de Izarra [email protected] 2, Escalier de la Grande Poterne 72000 Le Mans FRANCE Téléphone : 02 43 80 42 98 Freebox : 08 70 35 86 22


  • Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.213.189) 9 janvier 2006 13:19

    FAIBLESSE D’ESPRIT

    Dix ans après ses funérailles, dans la presse François Mitterrand est passé d’intrigant douteux à « homme hors du commun », « personnage extraordinaire »... Les journalistes s’en donnent à coeur joie dans le concert de louanges et la mythification de l’homme Mitterrand. Extraordinaire François Mitterrand ?

    Foutaise !

    Mitterrand fut Président de la République française, c’est tout. Le reste n’est que légendes, embellissements, histoires revues, déformées à travers un prisme sentimental bien consensuel. C’est que les années apaisent bien des amertumes dans le coeur humain, et en une seule décennie les pires défauts du « cher disparu » se transforment en « qualités exceptionnelles »... Sous la baguette magique du temps, François Mitterrand, mortel semblable à tous les autres, est devenu une sorte de prince de la République, un génie énigmatique, une légende historique...

    Dix ans après sa mort, ses mensonges les plus pervers ne sont plus que finesses politiques et pouvoirs de séduction ! Sa mégalomanie pharaonique n’est plus aujourd’hui que l’oeuvre désintéressée d’un « visionnaire » ayant « le sens aigu de l’Histoire »... Le culte odieux de la personnalité qu’il a insidieusement développé tout au long de ses deux septennats, en 2006 s’est transformé miraculeusement en panache de monarque. Légitime effet de la fonction que cette soif de grandeur architecturale, pensent en choeur ses anciens détracteurs... C’est même le signe des grands, ça ne peut pas tromper, n’est-ce pas ?

    Comme le discours change vite en dix ans !

    De manipulateur machiavélique Mitterrand est devenu une sorte de de Gaule sauveur du pays, une espèce de Saint-Louis rédempteur, un genre de Roi Soleil qui nous en met plein la vue ! En dix ans seulement, le vice a été fait vertu. Curieux retournement de veste d’une presse unanime... Hier vénéneux, aujourd’hui comestible, le champignon Mitterrand avec son écharpe et son chapeau est une silhouette fédératrice, un réceptacle à glorifications. La mite est devenu un mythe. Ironique effet du temps sur nos défunts dirigeants...

    Destin extraordinaire que la vie de François Mitterrand à en croire le discours ambiant ? Je ne vois rien d’extraordinaire au destin de Mitterrand. La preuve : il est mort depuis dix ans. Lors de la commémoration du dixième anniversaire de sa mort on a pu voir Laurent Fabius se ridiculiser publiquement en portant chapeau et manteau à la Mitterrand... Le chapeau de Fabius porté à la Mitterrand, nouvel attribut des « princes de la République » ? Singerie pitoyable d’un clown de l’Énarque qui ose se prendre au sérieux ! Et tout ça pour servir la cause ambiante, pour être dans le bon ton. Le maître-mot de tous ces rendeurs d’hommage : ne surtout pas égratigner la fable ! Tous constatant que la légende a plutôt bien pris, dégonfler la mayonnaise passerait pour une faute de goût. Nécessairement impopulaire.

    Mitterrand ne fut qu’un pauvre type comme nous tous, un homme ordinaire, un simple mortel, un médiocre comme nous le sommes tous sans aucune exception. Cessons de sacraliser nos semblables sous prétexte qu’ils portent un grand chapeau ou qu’ils ont le pouvoir de lever des armées en bougeant le petit doigt ! Empereurs, rois, esclaves, vagabonds, alcooliques, ouvriers d’usine, PDG, homme à deux têtes, à trois pattes, mathématicien, balayeurs de rues, génies ou dingos : tous dans le même sac ! Rien que des humains, de simples mortels, des êtres imparfaits, faillibles.

    Les hommages médiatiques rendus à François Mitterrand ne sont qu’un vaste cirque, loin, très loin de la vérité, de l’âpre vérité politique dépouillée de ces flatteurs, mensongers artifices.

    Raphaël Zacharie de Izarra [email protected] 2, Escalier de la Grande Poterne 72000 Le Mans FRANCE Téléphone : 02 43 80 42 98 Freebox : 08 70 35 86 22


  • Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.60.222) 13 avril 2006 17:02

    LE SIDA, MALADIE DE L’ÂME

    A mes éventuels détracteurs,

    Faites l’effort inhabituel de ne pas détourner les yeux de ce texte, de le lire jusqu’au bout, aussi vomitif soit-il pour votre sensibilité allergique aux propos prenant des apparences trop vénéneuses. Ayez cet héroïsme qui n’est ni de droite ni de gauche mais qui est simplement vertical.

    Certes je ne dis pas que je suis un être donnant aux premiers abords l’impression d’être bon et altruiste. Je dis simplement que j’ose émettre le fruit de mes réflexions, outrancières mais sincères. Je ne m’appelle pas Marcel Dupont, je m’appelle Raphaël Zacharie de Izarra. Je ne suis ni de droite ni de gauche, je suis Izarrien.

    J’ai conscience de déplaire avec ce texte sur le SIDA qui n’a cependant pas la prétention d’être l’émanation la plus pure de la « Vérité Universelle », mais plus modestement d’être l’écho sans compromis de ma réflexion que j’estime encore assez pertinente et saine pour pouvoir publiquement l’exprimer sans que j’aie à en rougir.

    Raphaël Zacharie de Izarra

    =======

    POUR LE DROIT D’EMETTRE UNE PENSEE DIFFERENTE, QUI N’EST NI INTOLERANCE NI HOMOPHOBIE POUR AUTANT

    Je ne me suis personnellement jamais senti concerné ni par le SIDA ni par les dangers de la drogue ni par les accidents de la route le samedi soir après minuit.

    Le SIDA dans nos pays riches est inadmissible car nous sommes trop civilisés pour mourir d’autres maladies que celles, plus traditionnelles, produites par l’obésité, l’excès de confort, de viande, de corps gras, de léthargie physique, morale et mentale. Ces maladies cardiaques, spirituelles ou hépatiques contractées au cours d’une vie d’habitudes honnêtes d’occidental moyen sont beaucoup plus acceptables que l’exotique SIDA qui lui tue sournoisement depuis les toilettes de discothèques, depuis les sordides bakrooms, depuis les emblématiques ghettos de sodomites, et surtout depuis les soirées « amicales » entre étudiants...

    Le SIDA a été le révélateur de nos bassesses, de nos moeurs d’occidentaux dégénérés. Avec cette maladie nos dépravations privées ont été mises sur la place publique.

    Je n’ai jamais donné le moindre sou pour aider à lutter contre le SIDA. Je n’en suis ni fier ni honteux. Je ne me sens personnellement pas concerné, voilà tout. On nous dit qu’il faut aider la recherche parce que cette maladie peut frapper n’importe lequel d’entre nous. C’est la raison que les organisateurs de soirées charitables avancent pour susciter le don des citoyens. Hé bien moi je ne me sens pas concerné à titre individuel, je ne donne par conséquent pas d’argent pour la recherche contre le SIDA puisque le critère mis en avant est l’identification de l’homme de la rue aux malades du SIDA.

    Il se trouve que je ne suis pas un « homme de la rue ». Mais un honnête homme, un bel esprit, une âme d’exception.

    Ai-je encore le droit dans cette démocratie où la part belle est faite aux plus insignifiantes, aux plus éhontées minorités, de me différencier par mes qualités et non par ma médiocrité, comme c’est le cas chez mes contemporains soucieux d’être acceptés à travers leurs déchéances étalées sans pudeur ? Puis-je encore être ultra minoritaire dans mes hauteurs ? Ou aurait-il mieux valu que je sois un sodomite patenté pour être unanimement reconnu dans ma différence ?

    A l’image des bougres fréquentant les bakrooms du Marais, de Carpentras ou de Trifouillis-les-Oies revendiquant leur droit à se donner du plaisir entre pédérastes, je revendique la beauté de mon esprit, la grandeur de mon âme, la qualité de mon être. Là où le vulgaire sodomite est applaudi pour son courage d’avouer avec une particulière fierté l’involontaire différence sexuelle héritée de par sa naissance, moi je suis hué, conspué, raillé, voire taxé de « facho » parce que j’ai l’audace de dire que par acquis, par choix j’aime la Vertu, la Beauté, la Lumière. Tolérance à deux vitesses : les dénaturés et obsédés sexuels innés sont dans notre société mieux admis, reconnus, applaudis que les défenseurs de valeurs plus éthéréennes guidés par l’éclat de leurs esprit et non par l’instinct de leur chair.

    Paradoxe : lorsqu’une minorité revendique des bassesses, elles est saluée. Lorsque une majorité met en avant des valeurs traditionnelles, elle est dénigrée. Dans ce second cas, le plus grand nombre ne fait pas loi dans notre étrange démocratie de jouisseurs et de ruminants en tous genres... Moi qui croyais naïvement que la démocratie c’était la loi du plus grand nombre, à l’image du vote où les 51 pour cent de OUI avaient nécessairement raison face aux 49 pour cent de NON... Je constate que la démocratie n’est en fait pas la loi du plus grand nombre, ou à défaut la loi du plus vertueux, du plus éclairé, du plus sage, mais tout simplement la loi du plus sot, du plus lénifiant, du plus pervers.

    Ou même, comble du comble, la loi du plus petit nombre.

    Petit nombre de grandes et belles âmes, en compensation ? Non. De préférence une minorité de corrompus, de dévoyés, de petits esprits.

    Ainsi de nos jours il est interdit d’être NORMAL et de le revendiquer avec fierté et soulagement. Le terme NORMAL est devenu politiquement incorrect. Pour prendre un exemple concret et quotidien, devant les handicapés physiques ou mentaux les bien-portants n’osent plus se définir eux-mêmes plus comme des gens NORMAUX.

    Il y a peu de temps encore il fallait remplacer le mot NORMAL par le mot VALIDE, moins offensant pour le handicapé qui se sentait alors rejeté, déconsidéré, nié dans sa triste différence. Le terme VALIDE était pourtant édulcoré, hypocrite, frileux à souhait, bref socialement assez correct pour être accepté à la fois par les malades et les bien-portants, aussi décérébrés les uns que les autres... Mais cela n’a pas suffit pour endormir encore plus nos cervelles déjà bien ramollies.

    La sottise a donc progressé d’un cran : le terme VALIDE, voyez-vous c’est déjà dépassé. Aujourd’hui même le mot VALIDE doit être pris avec des pincettes supplémentaires. Des pincettes pour prendre d’autres pincettes, en somme.

    A présent il est beaucoup plus correct, lorsque l’on n’est atteint d’aucune tare physique ou mentale, de se définir en des termes de plus en plus « courtois » : les gens VALIDES d’hier sont devenus des gens « DITS VALIDES ».

    Quand s’arrêtera la bêtise ambiante ? Décidément, le SIDA est une vraie maladie de l’homme, une maladie dans tous les sens du terme.

    Je ne fustige nullement les faiblesses humaines en elles-mêmes ici, compréhensibles, mais le vice consistant à glorifier les écarts de conduite, à les étaler publiquement sans pudeur comme si c’étaient des vertus.

    L’essentiel de mon discours se résume à ceci :

    Je reproche aux homosexuels de naissance de s’être donné la peine de naître pour revendiquer leur fierté d’être ce qu’ils sont, tandis que moi je suis fier d’être ce que je suis non par le simple fait de ma naissance, mais par l’effort de mon esprit.

    En cela je revendique le droit d’être respecté pour mon choix de vie et non pour les tares ou privilèges iniques hérités à ma naissance.

    Je ne fais que modestement illustrer le discours de Beaumarchais à travers son fameux Figaro reprochant à son maître d’être simplement né maître et d’en tirer vaine fierté, alors que lui se targuait d’avoir de l’esprit.

    Je n’appréhende pas le SIDA en termes de châtiment divin ou avec des frémissements vengeurs dans ma plume comme certains de mes détracteurs seraient éventuellement tentés de le penser, mais plus modestement comme la banale conséquence du hasard et aussi des comportements inconscients des gens. Je ne dis pas que c’est bien ou que c’est mal, je dis que c’est ainsi. Je ne dis pas non plus que c’est bienfait pour les infectés, au contraire je les plains et ne souhaite que leur guérison. Le SIDA tue de manière inique, certes. Mais de tout temps vivre signifie être confronté à la mort, et ce tous les jours. Traverser la rue comporte un certain risque mortel, celui de se faire renverser par un véhicule. Motorisé ou non. La vie comporte un certain nombre de risques ayant pour conséquence de la perdre, et souvent fort bêtement.

    Le SIDA fait mal à nos sociétés sur-protégées car soudain la mort y surgit dans toute sa crudité, se répandant par voie lubrique et non plus par voie gastronomique, suicidaire, routière, alcoolique ou hépatique. En outre c’est une maladie que nous partageons avec les pays pauvres. Le seul point commun funeste que nous ayons avec eux. C’est cela qui nous est si intolérable. Les épidémies étaient encore acceptables dés lors qu’elles étaient traditionnellement cantonnées aux pays sous-développés. De même nous tolérerions beaucoup moins la famine si elle sévissait en Europe.

    Le Sida a également la particularité odieuse de révéler nos comportements inavouables et écarts extra-conjugaux. Ca n’est pas un reproche que je fais, juste un constat, dénué de jugement. Je n’ai pas l’intention d’ailleurs de juger. Je suis plein de compassion pour les malades. Cela ne doit pas m’interdire pour autant d’émettre un son de cloche personnel. Je ne dis pas que le discours ambiant sur le SIDA est bien ou mal. Il est honorable, estimable, respectable.

    Simplement ça n’est pas mon discours.

    J’exige que l’on tolère ma différence. L’on tolère bien, et de manière excessivement complaisante encore, la différence revendiquée, clamée, sur-proclamée des sodomites et autres licencieux de tous bords. Que les tenants d’opinions opposées aux miennes portent sans faillir leur fardeau de contradictions et de vin mêlé d’eau, je porte mon fagot de bois vert de mon côté.

    Je ne suis ni homophobe ni intolérant, bien au contraire. Je suis juste Raphaël Zacharie de Izarra, et c’est ça que l’on me reproche surtout.

    Raphaël Zacharie de Izarra

    [email protected] 2, Escalier de la Grande Poterne 72000 Le Mans FRANCE Téléphone : 02 43 80 42 98 Freebox : 08 70 35 86 22


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