jeudi 22 juillet - par Emile Mourey

Evangile de Matthieu, essai de décryptage

Au Ier siècle, la situation en Palestine était, me semble-t-il, la suivante : un mouvement né dans le milieu juif des descendants revenus de la déportation à Babylone veut rétablir en Israël le régime théocratique, tel qu'il existait avant la déportation, ce qui ne peut être toléré par l'occupant romain pour lequel l'autorité suprême est l'empereur. La croix devient l'arme dissuasive pour l'occupant, le symbole du sacrifice porteur d'espoir pour les esséniens. Les quatre évangiles sont des textes de combat pour soutenir ce courant essénien d'opposition... seul mouvement d'opposition crédible ayant un ou des plans de mobilisation de type militaire.

d'après la fresque de Gourdon, en Bourgogne, Ier siècle avant JC. photo https://vogage-roman-art.blogspot.com/2011/05/les-fresques-de-gourdon.html&nbsp ;&nbsp ;

 

Pourquoi Matthieu est le quatrième évangile. Pourquoi en l'an 48 ?

« Tibère Alexandre fit crucifier Jacques et Simon, fils de Juda de Galilée, qui du temps que Cyrénius faisait le dénombrement des Juifs, avait sollicité le peuple à se révolter contre les Romains » (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XX, chapitre III). Dès lors que je crois avoir montré dans mes articles précédents que les trois évangiles de Jean, Marc et Luc sont des textes de combat pour soutenir un courant essénien d'opposition à un occupant romain qui crucifiait, L'hypothèse logique est que si Josèphe mentionne cette crucifixion de l'an 48, c'est qu'elle s'inscrit dans ce conflit, même s'il est multiple et désordonné. Ce qui nous conduit à une autre hypothèse logique : un conseil essénien crucifié dont Josèphe cite, en 48, les deux principaux : un Jacques et un Simon, fils de Juda de Galilée : un Jacques qui ne peut être que le chef de la communauté chrétienne installée à Jérusalem, en Judée, un Simon qui ne peut être que le chef de la communauté essénienne dont la synagogue se trouvait sur la montagne de Gamala ; en Galilée, ou plutôt, deux tendances dans un grand conseil lorsqu'il se rassemblait, l'un voulant plutôt agir par la Parole, l'autre par les armes, dans l'héritage du Judas galiléen historique, dit de Gamala, après qu'il ait été chassé de Nazareth par les Romains.

Les deux principaux chefs représentatifs du mouvement ayant été crucifiés, il était important pour la communauté de les évoquer, en gloire, comme fils de l'Homme et fils de Dieu, pour la poursuite du combat... pacifique ou guerrier. 

L'épître aux Hébreux témoigne : "Souvenez-vous de vos chefs qui vous ont annoncé la parole de Dieu. Méditez sur leur vie et sur leur mort. Prenez exemple sur la foi qui les animait" (He 13,7). Et encore : "Mais celui qui a été abaissé un moment au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons maintenant couronné de gloire et d'honneur (dans le ciel), parce qu'il a souffert la mort : il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il goûtât la mort." (He 2,9). C'est clair : Jésus est descendu du ciel pour "goûter" la mort dans les crucifiés, puis, il est remonté au ciel pour trôner "en gloire" à la droite du Père.

Matthieu réaffirme ce que les évangiles précédents ont déjà révélé et en rajoute.

  1. Il donne la généalogie des conseils qui se sont succédés depuis celui d'Abraham à celui du conseil "Jésus". (Mt 1,1-18)
  2. Il "accomplit" la prophétie de la naissance de Jésus annoncée par Jacques dans son protévangile ainsi que la visite des mages. (Mt 1,19 à 2,12)
  3. Il rajoute une fuite en Egypte, probablement à la demande de la communauté juive qui s'y trouvait et qui se serait plainte de n'avoir pas été nommée dans les précédents évangiles. (Mt 2,13-15)
  4. Il évoque la tragique histoire des "enfants/séminaristes, Jean", fils (spirituels) du grand-prêtre Zacharie, certains exécutés par Hérode, d'autres qui se sont enfuis dans le désert. (Mt 2,16-18)
  5. Il n'oublie pas ce Jean du désert qui, devenu grand, baptise Jésus de Nazareth dans l'eau du Jourdain, rappelant l'onction qui intronisait les anciens rois d'Israël. (Mt 3, 1-17)
  6. Il reprend assez fidèlement la "reconquête" par Jésus de l'ancien royaume de Galilée... par la Parole... depuis la synagogue de Capharnaüm. (Mt 4,12 à 5,30)
  7.  Il condamne celui qui se marie avec la femme qui a été renvoyée et qui prend la femme d'un autre (Mt 5, 31-32). Sous-entendu : Hérode Antipas, le meurtrier de Jean-Baptiste, qui s'est remarié avec Hérodiade vers l'an 34, 14 ans plus tôt.
  8. Après avoir donné son nouvel enseignement (depuis la synagogue de Gamala), Jésus est descendu de la montagne (de Gamala) (Mt 8,1)... et voici qu'un lépreux s'est approché de lui (Mt 8,2) et voici que sa lèpre a été guérie (que celui qui veut comprendre comprenne !)... puis, Jésus guérit le serviteur du centurion (idem)... par la Parole.
  9. Gadara est un site des bords du lac de Galilée, probablement rivale de Gamala. Jésus y transvase ses mauvais esprits dans un troupeau de cochons (Mt 8,28-34).
  10. Matthieu rappelle le miracle de la femme qui perdait son sang et de la fille ressuscitée mais il ne dit pas qu'il s'agit de Tibériade comme je l'ai interprété en raisonnant à partir des dates de sa fondation que donne l'évangile de Marc - je cite : « Fillette, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt, (Tibériade ?) se leva et elle marchait, car elle avait douze ans (Marc 5,30-43) ; on sait que Tibériade fut fondée en l'an 19 et consacrée en l'an 22 de notre ère. Le miracle de Jésus, survenant douze ans après, nous donne la date de l'évangile de Marc : l'an 34, soit environ trois ans après l'évangile de Jean.
  11. J'ai fait l'hypothèse que les auteurs des évangiles auraient modifié une première rédaction disparue ou abandonnée de Jean pour ramener toute "l'affaire", de Tibériade à Jérusalem, notamment la crucifixion et la résurrection. En effet, la bourgade de Magdala ne peut voir le tombeau depuis son site qu'à Tibériade ; Jérusalem est beaucoup trop loin.
  12. Au pied de la croix, Matthieu reprend les évangiles précédents mais les complète en y ajoutant à Marie de Magdala et à Marie, mère de Jacob et de Joseph, la mère des fils de Zébédée et des femmes/populations qui regardent de loin (hypothèse : Marie, femme du Joseph des fresques de Gourdon, en Gaule. et autres Marie de la diaspora juive ?)

Jean avait annoncé que le "logos" était descendu dans le monde (Jn 1,9-14)...je corrige : dans la communauté essénienne. Matthieu ne dit pas autre chose si on lit attentivement son évangile. Il faut seulement comprendre que le Christ, fils de l'homme, est descendu en esprit dans la communauté très sainte tout en l'inspirant... dans l'attente de sa révélation sur la croix.

En vérité, je vous le dis, vous n'aurez pas fini de porter la Parole (de cet évangile) aux villes d'Israël que le fils de l'homme viendra (Mt 10, 23)... il y en a parmi vous qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu venir le fils de l'homme avec son royaume (Mt 16, 28). Lorsque vous verrez l'Abomination et la Désolation annoncée par le prophète Daniel (Mt 24, 15). Si quelqu'un vous dit : “Voici le Christ”, n'y allez pas, car il s'élèvera de faux Christs (Mt 24, 24). Comme l'éclair qui traverse le ciel du Levant jusqu'au Couchant, ainsi viendra le fils de l'homme (Mt 24, 27). Soyez vigilants, car c'est au moment que vous n'y penserez plus que le fils de l'homme viendra (Mt 24, 44). Veillez ! (Mt 25, 13). Lorsque le fils de l'homme viendra en gloire, avec son cortège d'anges, il s'asseoira sur son trône et il jugera les nations. (Mt 25, 31)

 Hélas ! l'évangéliste s'est trompé dans son estimation du temps. Cet événement extraordinaire qui devait se produire avant que sa génération ne meure s'est trouvé en effet précédé par tous les signes auxquels on pouvait s'attendre - les premiers troubles, puis la guerre de Jérusalem de 70 - mais il ne s'est pas produit. Jésus ne s'est pas révélé “en gloire” (extrait de mon Histoire du Christ, tome 2, chapitre 15, publié en 1996 sous le pseudonyme de Jean).

Voici comment on peut interpréter la pensée de Matthieu.

« 1) L'esprit de Jésus est bien descendu sur la terre. 
  Il est dans une communauté de Saints nés charnellement de Marie (la dernière Jérusalem dispersée, population galiléenne pieuse et servante) et spirituellement de Joseph (les prêtres descendants des prêtres "Joseph" d'Egypte). 
  L'esprit de Jésus anime tous les membres de cette communauté. Et voilà que les membres de cette communauté, en portant partout la “bonne parole” comme des missionnaires, répandent jusqu'à Jérusalem l'esprit de Jésus.
  2) Si l'esprit de la communauté est l'esprit de Jésus descendu du ciel, pourquoi le corps de la communauté ne serait-il pas, par analogie, le corps même de Jésus ?
  3) Si Jésus est, en corps et en esprit, dans la communauté élue, pourquoi ne se révèlerait-il pas dans le membre par excellence de cette communauté ? Il suffisait qu'il se trouve dans la communauté un idéalement " parfait” ou un idéalement "saint". (Mon Histoire du Christ, tome II, livre II, chapitre 2. publié en octobre 1996, extrait).

En n'évoquant que des "manifestations", la première épître de Jean confirme cette interprétation de Matthieu.

Selon cette première épître de Jean, la "Parole" est bien descendue dans la "chair" du monde. Le prologue de l'évangile de Jean l'avait proclamé. Les Juifs de Jérusalem - les siens - ne l'ont pas accueilli au contraire de la communauté essénienne. C'est ainsi que nous avons "connu" Jésus lorsqu'il s'est "manifesté" au sein de cette communauté (quand elle se réunit en conseil de Dieu). C'est ainsi que Jésus a souffert dans les membres de cette communauté qui portait la bonne parole dans le monde jusqu'au sacrifice de leur vie. Ils sont le Fils de Dieu, Fils de l'homme, que le Père a envoyé au monde pour le sauver et nous sauver. Témoins que nous avons été de leur amour pour nous jusqu'au sacrifice suprême, nous savons enfin, par ce sang versé qui lave nos péchés, que Dieu nous aime. Dieu, personne ne l'a vu, mais eux- nous l'ont fait connaître. ils nous ont donné de Son esprit. C'est ainsi que Dieu est en nous et qu'Il y demeure si nous continuons à nous aimer les uns les autres. C'est ainsi que nous aurons la vie éternelle.

Ce Jésus qui s'est "manifesté" et qui peut se manifester encore, il faut se tenir toujours prêt à l'accueillir. Dans l'évangile de Jean, premier évangile et non quatrième, il nous a promis la vie éternelle. Ayons confiance, car il se tient, dans le ciel, à la droite du Père, et il sera pour nous un avocat (Paraclet), même s'il nous arrive de pécher.... l'esprit que vous avez reçu de lui demeure en vous... demeurez-en lui, pour que, s'il vient à se manifester de nouveau - Jésus - nous ayons de l'assurance, et non pas la honte de nous trouver loin de lui, lors de sa venue.
 ... Voyez quel amour nous a donné le Père... Nous savons que si, Lui, vient à se manifester - le Père - nous le verrons comme Il est, semblable à nous. (d'après la Bible d'Osty).

autre traduction : 1Jn 3:2- Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu'il est (Bible de Jérusalem).

Au IIIème siècle, à Chalon-sur-Saône, dans le plus beau temple de l'univers, cathédrale actuelle, la population attendait toujours la venue du messie annoncé par les textes de Qumrân.

De l'essénisme au christianisme, l'ouverture aux nations.

Comme le relate Paul dans son épître aux Galates (Gal 2, 11-14, an 47 ?), Pierre s'était esquivé à ANTIOCHE pour ne pas être vu en train de manger avec des incirconcis. Le Jésus de Matthieu (an 48) remet les choses en ordre : Pierre mange avec les publicains et les pécheurs. « Je ne suis pas venu pour parler aux justes mais pour appeler les pécheurs »(Mt 9, 13). Face au monde entier, il s'écrie : « Venez à moi, vous qui peinez » (Mt 11, 28). Partout, il sème la bonne parole (Mt 13,3), et la Parole lève dans le monde comme le pain sous l'action du levain.(Mt 13, 33)
  Cette ouverture de Matthieu vers les nations s'accompagne d'une déception non dissimulée à l'égard des milieux juifs de la Palestine. Comme jadis les anciens prophètes, Matthieu, par la voix de Simon Pierre, jette l'anathème sur les bourgades et sur les villes qui ont eu l'honneur d'être citées dans les évangiles de Jean, de Marc et de Luc, et qui ne se sont pas converties. « Malheur à toi Khorazin ! Malheur à toi Bethsaïde (ville de pêcheurs au pied de Gamala) ! et toi Capharnaüm, jusqu'à l'Hadès tu descendras ; car si les miracles que tu as connus avaient été faits à Sodome, elle serait encore là aujourd'hui (Mt 11, 21-23). Malheur à toi Jérusalem, toi qui tues les prophètes et ceux que Dieu t'envoie. Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses petits. » Puis, montrant le temple d'Hérode autour duquel des ouvriers s'affairaient encore, il (Jésus) ou elle (l'Eglise de Pierre) dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, de ce temple (orgueil du pouvoir pharisien), il ne restera pas pierre sur pierre. »(Mt, 24, 3)...... Seul échappe à la colère de Pierre, le serviteur du centurion, probablement gaulois.... Avant de le guérir, Jésus s'écrie : « Chez personne en Israël, je n'ai trouvé une telle foi. En vérité je vous le dis, beaucoup viendront du Levant et du Couchant. Ils se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume de Dieu. Et les fils auxquels était destiné le royaume seront jetés dehors dans les ténèbres. Il y aura des sanglots et des grincements de dents ».(Mt 8, 5-10). 
  Ces paroles furent prononcées par Jésus avant la guerre de Jérusalem, avant la destruction du temple (mon "Histoire du Christ, tome II", chapitre 13, publié en octobre 1996, extrait)

Nous sommes là à un tournant important de l'Histoire. J'y vois le passage de l'éssénisme au christianisme. Pierre que le Jésus/logos de Jean avait surnommé "le rocher", descend de la montagne essénienne de Gamala et rejoint l'Antioche chrétienne de Paul. Paul n'a pas connu le Christ. Il ne s'est converti qu'après sa crucifixion dans l'évangile de Marc. Il ne peut donc écrire qu'en recopiant ou sur la foi de témoignages. Il réécrit pourtant son histoire dans l'évangile de Luc. Il écrit ensuite les Actes des Apôtres ou en dirige la rédaction.

Bref, à supposer que l'évangile premier de Jean n'ait été qu'une prophétie que l'auteur prévoyait d'accomplir, lui et sa communauté, lui ou un membre de sa communauté, à supposer que le pouvoir ait préféré réprimer, à Macheronte, la communauté essénienne de Jean par le fer plutôt que par la croix, le fait est que la crucifixion a bien eu lieu trois ans après, dans l'évangile de Marc, mais sans la résurrection apocalyptique attendue en plein ciel "avec son cortège d'anges"... ce qui explique et justifie le cri d'abandon du crucifié adressé à Dieu dans cet évangile de Marc, dans Matthieu mais pas dans Luc. (A noter que ma datation de l'évangile de Luc, en l'an 36, que j'attribue à Paul, coincide avec la date de sa conversion.)

"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" (traduction Claude Tresmontant)

Selon Marc : lorsqu'il a pris le vinaigre, ieschoua, alors il a dit, c'est achevé et il a penché la tête et il a rendu l'esprit (Jn 19,30) et à la neuvième heure, il a crié, ieschoua, avec une voix puissante : elâhi elâhi lemah schebaqtani, ce qui signifie en traduction : mon : dieu mon dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? (Mc 15,,34)

Selon Luc : et c'était maintenant environ la sixième heure, et alors il y a eu ténèbre sur tout le pays jusqu'à la neuvième heure et il s'est retiré le soleil et il s'est déchiré le rideau du temple par le milieu et il a crié avec une grande voix, ieschoua, et il a dit : mon père dans ta main, je remets à ta garde mon esprit. (Luc 23, 44-46) Luc n'a pas repris le "mon dieu mon dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" de Marc

Selon Matthieu : et à partir de la sixième heure, il y a eu ténèbre sur tout le pays jusqu'à la neuvième heure ; vers la neuvième heure, il a crié, ieschoua, d'une voix grande et il a dit "eli eli lema schebaqtani", c'est-à-dire : mon dieu, mon dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ; et ieschoua, il a recommencé à crier, avec une grande voix, et il est sorti, son esprit, et voici que le rideau du temple s'est déchiré, depuis le haut jusqu'en bas en deux, et la terre a tremblé, et les pierres se sont fendues, et les tombeaux se sont ouverts... (Mt 27, 46, 50-52) 

Psaume de David, prière et action de grâces du juste souffrant. (voyez ma restitution du ciel astrologique du début de mon article). 

  Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
  O Toi, Yahvé en qui nos pères ont cru
  Vers toi, ils ont crié et tu les as sauvés.
  Pourquoi lorsque je crie, le jour, tu t'éloignes
  Dans ton sanctuaire nocturne, tu ne me réponds plus.
  
  Ils se moquent de moi, ils ricanent des lèvres
  Et hochant la tête, ils se parlent entre eux :
  « Il a remis son être dans la main de son Dieu,
  Qu'Il le délivre, s'Il l'aime ! »
  
  Tu m'as tiré du ventre de ma mère
  Et aussitôt sorti, je me jetai vers toi.
  Ne t'éloigne pas à cet instant suprême
  Où personne d'autre ne peut m'aider que toi.
  
  Comme une eau qui s'écoule, ma chair se répand ;
  Mes os se disjoignent. Dans mes machoires à nu
  Ma langue colle et dans l'argile s'englue.
  Mon cœur est une cire qui fond.
  
  Les os de ma main, je pourrais les compter
  Et les os de mes pieds, je les vois, décharnés.
  Mon vêtement, ils l'ont joué aux dés.
  Et mes habits, ils se les ont partagés.(Jn 19, 24)
  
  Le lion ouvre sa gueule et les taureaux m'entourent.
  Les chiens hargneux, d'un œil fixe, me regardent.
  O Toi, ma force, mon bouclier et mon secours
  Ne t'éloigne pas, toi Yahvé qui me gardes.

  Délivre-moi du glaive où succombe l'impie,
  De la patte du chien et de la gueule du lion.
  Des cornes du taureau, protège, ô Dieu, ma vie
  Jusqu'au sommet du ciel, vers les lumières de Sion.
  
  Dans la grande assemblée, je proclamerai ta gloire
  Ô toi Yahvé qui m'as montré ta face
  Et aux peuples qui sortiront des races
  Mes descendants diront tout simplement 
  de croire.(Psaume 22,2, retraduction poétisée E. Mourey)

Chute de Gamala, citadelle essénienne, Rome triomphe. 

photo Wikipedia, la synagogue, auteur : Hanay...Sur le flanc de l’escarpement où elles étaient construites, les maisons se pressaient étroitement les unes contre les autres ; la ville semblait ainsi suspendue en l'air et s'effondrer sur elle-même du point culminant des rochers... 

« Les Romains mirent en position en trois endroits les béliers et ébranlèrent le mur : puis, se précipitant par la brèche avec un grand bruit de trompettes, un grand cliquetis d'armes et des cris de guerre, ils se jetèrent contre les défenseurs de la ville59. » « Forcés de tous côtés par le nombre », les défenseurs « battent en retraite vers les quartiers élevés de la ville, et, comme les ennemis les suivent de près, ils se retournent, les repoussent sur la pente et les égorgent, entassés dans des passages étroits et difficiles, Ceux-ci, ne pouvant refouler les Juifs qui occupaient la crête, ni se frayer un chemin à travers leurs propres compagnons qui s'efforçaient de monter, cherchèrent un refuge sur les maisons des ennemis, peu élevées au-dessus du sol. Mais bientôt, couvertes de soldats et ne pouvant supporter leur poids, elles s'écroulèrent. En tombant, il suffisait que l'une d'elles renversât celles qui étaient placées au-dessous pour qu'à leur tour celles-ci entraînassent les autres placées plus bas. Cet accident causa la mort d'un grand nombre de Romains, car, dans leur détresse, ils sautaient sur les toits, bien qu'ils les vissent s'affaisser. Beaucoup furent ainsi ensevelis sous les débris ; beaucoup fuyaient, estropiés, atteints sur quelque partie du corps ; un très grand nombre périssaient, étouffés par la poussière. Les habitants de Gamala virent dans cette catastrophe une intervention divine »...

« Ils redoublaient leurs attaques, repoussaient les ennemis vers les toits des maisons. Les Romains glissaient dans les passages escarpés : chaque fois qu'ils tombaient, les Juifs placés au-dessus d'eux les massacraient » « Trouvant à grand peine des issues, une partie des Romains sortirent de la ville. Vespasien ne cessa de rester auprès des troupes qui soutenaient cette lutte pénible : pénétré de douleur à la vue de cette ville qui s'écroulait sur son armée.. (Flavius Josèphe, guerre des Juifs, Wikipédia). 

Les combattants soutinrent le siège jusqu'au 9 novembre 67.

Question sur Qumrân ?

C'est donc bien sur la montagne de Gamala que l'épopée essénienne se termine, dans une défaite militaire, sur le point fort du terrain des esséniens galiléens, le point fort du terrain des esséniens judéens étant la montagne de Macheronte. Dans mon raisonnement militaire, Qumrân ne s'explique surtout que parce que le roi Jannée y a caché dans des grottes, des documents esséniens qu'il a pris à Gamala après s'être emparé de la place. Dans mon raisonnement militaire, le seul mouvement d'opposition crédible à la puissance romaine montante que je vois apparaître dans les textes est "la nouvelle alliance" du grand prêtre Simon d'Israël que ses successeurs ont stucturé. Répartis sur le territoire en "maisons de type monastique", je ne vois que les dits esséniens pouvant être mobilisés sur ordre, notamment pour la lutte finale contre les Kittim (Romains et Grecs). Les Pharisiens sont une sorte de clergé, les Sadducéens, des intellectuels, genre philosophes. (Réglement de la guerre des Fils de lumière).

Merveilleux tympan sculpté de Sainte-Foy de Gonques : les esséniens sont en Gaule.

Nous sommes au IIIème siècle, à l'époque des empereurs gaulois. Il s'agit de la scène du Jugement dernier à venir. Les bons sont élevés et sanctifiés, les pêcheurs précipités dans le Tartare des Juifs. Comme l'indique l'inscription du nimbe en lettres entremêlées REX JUDIX, le personnage central qui trône dans le ciel est à la fois juge et roi. Rex Judéorum, il est le roi des Juifs. Ce roi des Juifs qui n'est pas apparu pour sauver les 800 esséniens de Bethsaîde crucifiés par Alexandre Jannée vers - 84, il apparaîtra en "Roi Juge", dans le ciel, à la fin des temps.. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-evangiles-une-explication-228343
 
À sa droite, l'inscription SANCTORUM CETUS STAT XPISTO JUDICE LETUS, l'assemblée des Saints se tient debout, joyeuse, à côté de ce juge, indique clairement que nous sommes dans l'héritage de la pensée essénienne. Nous voyons l'Église, le pape et l'empereur gaulois Tetricus ; puis l'évêque, jeune, sûr de lui, tenant par la main et le guidant, un roi couronné, vieux et voûté, apportant docilement son offrande - la dîme - puis, le clergé prêchant le refus du péché, présentant les tables de la Loi, portant le livre de la Thora ; puis les saints et les saintes, puis le petit peuple des croyants. Nous avons là l’extraordinaire image de ce que voulait être la nouvelle société gauloise au IIIème siècle, au temps de Tetricus, empereur gaulois (271 - 274). En opposition complète à la société gallo-romaine, en opposition complète avec l’image d’un empereur romain richement habillé, assis sur son trône, Tetricus, empereur gaulois, se présente, debout, marchant, habillé comme un nouveau Moïse, son célèbre bâton à la main. 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-evangiles-une-explication-228343

Honneur à toi, Tetricus !

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

Emile Mourey, écrit au château de Taisey, 21 juillet 2021

 



62 réactions


  • jacques 22 juillet 18:01

    On va avoir tous les livres ?


  • The White Rabbit The White Rabbit 22 juillet 18:39

    D’architecture romane, l’église de Gourdon date du XI ème siècle.

    Les fresques qui s’y trouvent ne peuvent donc pas être du 1er siècle av JC comme vous l’écrivez !

    « A great deal of intelligence can be invested in ignorance when the need for illusion is deep. » (Saul Bellow)


    • Emile Mourey Emile Mourey 22 juillet 21:15

      @The White Rabbit
       Vous me l’avez déjà dit dans un précédent commentaire. Voilà pourquoi, sous l’autorité de Mme de Saint Pulgent, les restaurateurs des fresques ont effacé Dumnorix, le messie guerrier éduen qui descendait du ciel, croyant à un rajout. C’est un scandale !
      Autre scandale, les millions que Mme la Ministre de la culture déverse au mont Beuvray, faux site de Bibracte, pour essayer de comprendre comment ce territoire si riche en blé, selon César, a pu se dégrader jusqu’à devenir rocailleux. Pour l’honneur d’Agoravox, réfléchissez ! 


    • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 11:05

      @The White Rabbit

      Mon meilleur article sur presque 500 publiés, probablement le plus important et le plus mal reçu à ce jour. Je commence à comprendre... Vous êtes le parfait représentant d’un monde de fous, un monde de fous qui, au mont Beuvray, voit des villas romaines et un temple romain, puis César, en personne, y écrivant ses commentaires sur la guerre des Gaules, un monde de fous qui date du XIème siècle un ancien temple gaulois dont les fresques prouvent l’antiquité...bref, un monde de drogués, de vous jusqu’aux ministres dits de la Culture. 


    • Docteur Faustroll Lampion 23 juillet 12:09

      @The White Rabbit

      pffff encore du scientisme positiviste !


  • De nombreuses questions restent en suspens : Qu’est devenue la tribu de DAN ? Certains disent que c’est celle de Manassé. Le tétramorphe décrit les quatre Vivants : Luc pour le signe du TAUREAU, Marc pour le lion, Jean pour l’aigle scorpion et le verseau : Matthieu. Simple synchronicité de ces signes fixes : ils correspondent au thème de Freud (Taureau ascendant scorpion) et Jung (Lion ascendant verseau). Nous voila FIXES, CRUCIFIES.


  • Le Temple construit durant l’ère des TAUreaux, détruit durant l’ère des béliers. En fait, il y aurait eu QUATRE temples. https://books.openedition.org/cdf/6254?lang=fr. Etre ANGE : la destruction eu lieu le jour de la naissance de la vierge : un 8 septembre .https://www.herodote.net/8_septembre_70-evenement-700908.php. Il y eut plusieurs destruction du Temple. la première, celle de Nabuchodonosor (moins de 588 av J.C , la seconde, le jour de la naissance supposée de la vierge. 70 ans après Jésus CHRIST. Pour le moment, il est question de reconstruire le 3ème temple à Jérusalem


  • L’ère du verseau sera celle du fils de l’homme : Matthieu. Mais dans le signe, le soleil, la lumière, DIEU est en exil....le lion, la fausse lumière (tout ce qui brille n’est pas OR (hors)mais à l’intérieur : IN RI : IGNE NATURAE RENOVATUR INTEGRA. Le feu renouvelle tout dans la nature. Dit autrement : 

    VITRIOL est l’acronyme latin pour Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem, c’est-à-dire en français : “Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée”. ou couche de LEHMAN, la septième, la plus chaude de couleur jaune. LEH ou soleil du matin sur les PEUPLIERS en INDES.


  • wpjo 23 juillet 12:26

    « Jean avait annoncé que le « logos » était descendu dans le monde (Jn 1,9-14)...je corrige : dans la communauté essénienne. 

     ». Là, vous marquez un très bon point. En effet, le prologue de Jean se retrouve dans le manuscrit de Damas avec la seule différence que c’est Michael qui est incarné. Or Michael et le ’Messie de Dieu« , soit »Christos" en Grec, ont des racines étymologiques, ’Mischa-el’ et ’Machiah-el’, qui se ressemblent énormément.


  • wpjo 23 juillet 12:31

    « y en a parmi vous qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu venir le fils de l’homme avec son royaume (Mt 16, 28).

     ». ’Ne mouront point’ : est-ce que vous êtes sûr de cette traduction ? Je l’ai rencontrée dans l’apocryphe de st Thomas et là, l’expression fait du bon sens (et souvent ailleurs aussi), mais pas dans Mt 16-28.


  • wpjo 23 juillet 13:29

    Et sur un autre point je vous donne également (partiellement) raison : quand on juge que quelque chose d’ancien est un rajout sans en connaître précisément la raison, on le conserve et on ne le détruit pas. Ceci me paraît élémentaire en archéologie et restauration. J’aurais quand-même bien voulu voir quelques photos ou arguments qui dateraient votre église, et surtout les fresques, à l’époque romaine.


  • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 14:33

    Je suis à bout et écoeuré. Ce n’est tout de même pas la faute des évangélistes si nous n’avons rien compris à ce qu’il voulaient dire. Et ce n’est pas parce que nous n’avons rien compris qu’il faut fermer la porte qu’ils nous ont ouverte.


  • Antenor Antenor 23 juillet 17:47

    @ Emile

    Dans votre logique où les évangiles sont à comprendre comme des testaments des actions réalisées par les apôtres sous la bannière de Jésus, il y a trois problèmes.

    Le premier, vous le reconnaissez vous-même, est que Paul n’a pas connu le martyr dans l’ancien royaume juif (Jérusalem ou Tibériade, ici peu importe). Au yeux des autres nazareéns, un évangile de Luc porté par un Paul bien vivant aurait été sacrilège.

    Les deux autres problèmes sont Etienne et Jacques. Si Simon-Pierre a laissé l’évangile de Matthieu où sont passés les testaments des deux premiers ?

    Le problème peut se résoudre ainsi : il faut attribuer l’évangile « grec » de Luc à Etienne l’helléniste et celui de Jean à Jacques, son frère. Après son baptême, la première action du Jésus de Jean est de se rendre au puit de Jacob. Les apôtres « Jacques » symbolisent peut-être des Samaritains (Jacob/Israel) ralliés à Jésus

    L’évangile de Marc qui fait directement suite au Protévangile serait alors l’oeuvre testamentaire de Jean-Baptiste.

    L’ordre serait le suivant :

    - Marc / Jean-Baptiste vers 29

    - Luc / Etienne (repris par Paul) vers 33

    Jean / Jacques et Matthieu / Simon-Pierre en 48

    L’ordre Marc-Luc-Jean va dans un sens d’ouverture de plus en plus large des Nazaréens vers les Juifs, les Samaritains et même les Païens. Matthieu serait une sorte de synthèse finale « validée » par Simon-Pierre et après lequel plus personne ne pouvait prétendre écrire de nouvel évangile sous peine de s’exclure de la communauté nazaréenne. Ce qu’a peut-être fait Paul en reprenant l’évangile de Luc ?


    • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 19:18

      @Antenor

      Merci pour votre commentaire car je commençais à désespérer. Après mes quatre articles sur les quatre évangiles, qui m’ont demandé beaucoup d’efforts, je suis épuisé ; synthèses de mes deux ouvrages sur l’histoire du Christ, bien sûr que je souhaite un débat mais il faut commencer par le début, par l’histoire de Zacharie et par le soi-disant massacre des innocents par Hérode.


  • Antenor Antenor 25 juillet 14:48

    @Emile

    Si on compare avec le Protévangile de Jacques, Jean-Baptiste est le grand absent du récit de la naissance de Jésus dans l’Evangile de Matthieu. Alors que Luc respecte la mise en parallèle des deux naissances, chez Matthieu Jean-Baptiste arrive presque comme un cheveu sur la soupe trente ans plus tard. Dans le Protévangile de Jacques, Hérode semble croire que le messie nouveau-né est Jean-Baptiste. Il est également révélateur que Nazareth ne soit pas mentionnée dans le Protévangile. Si ce texte avait été écrit après les évangiles canoniques, on ne voit pas pourquoi le nom de Nazareth n’apparaît pas dans ce récit. Par contre, écrit avant, l’absence de Nazareth s’explique soit par souci de sécurité soit parce qu’en réalité le mouvement « Jésus » est né simultanément de plusieurs communautés « Marie », filles de Anne/Bethon/Ecbatane/Bethanie au-delà du Jourdain.

    Si vous avez raison de placer l’Evangile de Jean en premier, alors c’est par la bouche de Philippe qu’on apprend pour la première fois que Jésus est de Nazareth. Ce qui confirme que c’est lui en accord avec Jean-Baptiste qui a choisi de faire de la communauté de Nazareth (Sephoris ou Gamala ?) le coeur du mouvement. Dans ce même évangile de Jean, la première Marie mentionnée au pied de la croix est celle de Nazareth, Marie de Magdala n’arrive qu’en troisième mais est la première au tombeau. Ce qui peut indiquer que la crucifixion a eu lieu à Nazareth et la mise au tombeau à Magdala.


    • Emile Mourey Emile Mourey 25 juillet 15:57

      @Antenor

      Concernant Philippe, je crains de m’être trompé sur le personnage historique. Sur le lieu du crucifiement, je crois être sur la bonne piste bien que, pour satisfaire toutes les communautés, le consensus se soit fait sur Jérusalem. Oui, Marie est plusieurs. Trois sont localisées : à Nazareth/Sephoris, sur le site de Magdala, à Chalon-sur-Saône, dans la fresque de Gourdon. Magdala a « mal » enfanté Tibériade. Nazareth/Sephoris a enfanté Jésus à Gamala (cf récits de l’enfance : les prophétiseurs qui suivent sont bien obligés de s’inscrire dans une révélation antérieure sinon la dite révélation n’a aucun sens et n’est plus crédible.) Et la Marie du pays éduen a enfanté un Cleopas « avant » ce qui a « surcompliqué »l’affaire. Mais cette « révélation » n’est crédible et ne peut être crédible que si elle s’accorde avec l’Histoire.
      Jean n’est devenu « Baptiste » qu’en baptisant Jésus. Jean, fils allégoriques de Zacharie, grands prêtres opposés à Hérode, c’est l’affaire de l’aigle d’or par ou tout commence. Par contre, comme je viens de le dire, la « révélation » peut s’être écarté de l’Histoire en choisissant le lieu de la passion à Jérusalem plutôt qu’à Tibériade, ce que je pense.


  • Emile Mourey Emile Mourey 25 juillet 17:10

    @Antenor
     
    Vous dites : Si on compare avec le Protévangile de Jacques, Jean-Baptiste est le grand absent du récit de la naissance de Jésus dans l’Evangile de Matthieu.

    Je ne pense pas ; le massacre par Hérode des Innocents sont des « séminaristes » en stage « essénien » de deux ans, à Bethléem, cité de David. Survivants réfugiés dans le désert, ils sont le Jean des autres évangiles qui seront baptistes devenus grands.

    Nazareth ne soit pas mentionnée dans le Protévangile ?... Si, et il ne pouvait en être autrement, d’une part parce que Nazareth est, en réalité, Sepphoris , l’ancienne capitale du royaume d’Israël, d’autre part parce qu’une prophétie avait prophétisé au sujet du messie à venir : il sera nazaréen.

    Vous dites : c’est lui, Philippe, en accord avec Jean-Baptiste qui a choisi de faire de la communauté de Nazareth (Sephoris ou Gamala ?) le coeur du mouvement... L’arrivée des Babyloniens, c’est avant Philippe, mais vous avez raison de dire qu’il doit y avoir un lien entre ce Philippe et Jean-Baptiste. Ce Philippe, chef d’armée, chef de Gamala est peut-être l’a-pôtre Philippe des évangiles.


    • Antenor Antenor 27 juillet 15:10

      @ Emile

      Si une crucifixion a eu lieu à Jérusalem, c’est sûrement celle de l’évangile de Luc. C’est le seul évangile où les femmes au pied de la croix ne sont pas nommées. Chez Jean, la mère de Jésus est la première mentionnée, ce qui me fait penser que la crucifixion a eu lieu à Nazareth et qu’il s’agit bien de Sephoris vu le rôle joué par Antipas dans l’affaire. Il était en conflit avec les Nabatéens pour Gamala.

      Chez Marc et Matthieu, c’est Marie de Magdala qui est mentionnée en premier, ce qui plaide en faveur de votre hypothèse de Tibériade. On aurait donc une première persécution contre les partisans de Jean-Baptiste à Nazareth en 29 racontée par l’évangile de Jean.

      Ensuite, les Nazaréens contre-attaquent dans celui de Luc et vont porter leur parole à Jérusalem même. C’est le martyr d’Étienne. Au début de Luc, les habitants de Nazareth/Sephoris essaient de tuer Jésus. Il s’agit de l’évocation de sa première « mort » à la fin de l’Evangile de Jean. Vous faites le lien entre le récit de Cleopas à la fin de Luc et celui de Philippe et l’Ethiopien dans les Actes. Le premier suit la crucifixion de Jésus et le second la lapidation d’Etienne.

      Le Jésus de Luc serait donc bien l’Etienne des Actes. Le débat entre Philippe et Cleopas portait sans doute sur quel Jésus suivre : celui de Jean-Baptiste ou celui d’Etienne ? A la toute fin de Luc, Jésus conduit les disciples à Bethanie, ce qui montre que nous sommes bien à proximité de Jérusalem et non en Galilée contrairement aux autres Evangiles.

      Nouvel persécution en 48, cette fois à Tibériade, Marie de Magdala est la première sous la croix. C’est le martyr de Jacques dit le Majeur, frère de Jean, fils de Zébédée. Leur mère est bien présente à la crucifixion dans l’Evangile de Matthieu qui narre les évènements. Les Actes des Apôtres disent que Simon-Pierre en réchappe... mystère

      Dernière persécution en 62 raportée par Flavius Josèphe et l’Evangile de Marc. C’est le martyr de Jacques dit le Juste ou le Mineur « frère du Seigneur ». Sa mère et Marie de Magdala sont au pied de la croix. Il n’a pas ajouté de récit de l’enfance à son évangile puisqu’il est aussi l’auteur du Protévangile.

      Logiquement l’Apocalypse a dû être publié trois ans (jours) plus tard par Jean dit Marc qui pensait imminent le retour de Jésus sur terre.


    • Emile Mourey Emile Mourey 30 juillet 12:17

      @Antenor

      Gros coup de fatigue. Il faudrait relire tout ce qui a été écrit sur les troubles, révoltes, en Galilée de cette époque, les textes évangéliques ne nous en donnant qu’une image idyllique, y compris l’histoire du Judas chassé de Nazareth qui se retrouve en Judas de Gamala. Pourquoi le pro-romain Luc ne fait pas venir les femmes populations au pied de la croix... pourquoi il n’appelle pas les populations à venir manifester en masse ??? Il y a encore du travail.
      Etienne sont des grecs convertis. Le symbole d’Etienne Stephanus  offrant la dîme à Notre-Dame du Port est un symbole différent (lapidé, il voit le ciel ouvert et...) de la crucifixion du juif fidèle crucifié... deux symboles qu’il était dans l’intérêt du mouvement de conserver distincts.
      Quant à Magdala je pense que vous êtes d’accord avec moi  elle est attachée à sa terre et il faut en tenir compte.
      Merci pour votre commentaire.


  • Emile Mourey Emile Mourey 30 juillet 22:08

    @ Antenor

    Pas facile de s’y retrouver alors que les évangiles ne s’accordent pas toujours entre eux. Apparement, la réalité historique d’origine serait que Jésus soit un conseil de type essénien, fils d’un conseil Joseph siégeant à Sepphoris/Nazareth, l’ancienne capitale historique, le conseil Jésus siégeant dans la synagogue de Gamala, sur la hauteur. Les récits du pseudo Thomas relateraient, sous forme d’un récit d’enfance, l’expansion de la jeune cité (prise de la ville de Philippe, mise en valeur des terres, irrigation etc...)

    Au sud, Jean serait la descendance des « fils » de Zacharie qui ont voulu décrocher l’aigle d’or qu’Hérode avait placé à la façade du temple, enfants en stage essénien de deux ans à Bethléem, cité de David. Jean à qui Zacharie avait promis qu’il règnerait. Un Jean réfugié dans le désert, à Macheronte (?). Un Jean qui, dans le consensus évangélique, transmet le pouvoir à Jésus en lui donnant l’onction.

    Qui tient Gamala ? dans le dernier évangile de Matthieu, c’est Simon, un Simon qui fulmine, notamment contre Bethsaïde qui ne s’est pas converti à la suite de l’évangile de Marc qui y avait pourtant guéri un aveugle (Mc, 8, 22), un Simon que le Jésus de Jean avait rallié à son mouvement en rappelant qu’il était fils de Jean et en le désignant SImon le rocher (Jn 1, 42), un Simon qui, dans l’évangile de Marc, hésitait encore, ce qui explique que cet évangile le fasse pleurer de remords (Mc 14, 72).

    De tout ce que je viens d’expliquer, ne pouvons-nous pas en déduire que les quatre évangiles ont été rédigés dans un milieu essénien de Judée cherchant à se raller un milieu essénien de Galilée ?


    • Antenor Antenor 31 juillet 15:51

      @ Emile

      Oui l’enjeu de tout le Nouveau Testament est bien la conversion de Simon. Si Simon représente la dynastie légitime des grands prêtres sadocites « oniades », son ralliement au Christ des Evangiles entrainerait une grand partie de la mouvance essénienne. Mais pourquoi Flavius Josèphe ne fait-il jamais le rapprochement entre les Oniades et les Esséniens ? On a l’impression qu’il ment par omission. Entre les textes de Qumran et la description que Josèphe donne des Esséniens, il y a de nombreux points communs. Seulement Josèphe « oublie » totalement le volet militaire décrit à Qumran.
      Toujours chez Josèphe, c’est Philippe le Babylonien qui tient Gamala. Alors que la grande guerre contre Rome/Kittim s’annonce, les Oniades et les Esséniens semblent aux abonnés absents...

      Si on remonte au Protévangile de Jacques, les choses semblent claires : Jean, fils du prêtre Zacharie sera le messie-prêtre d’Aaron et Jésus le messie-roi d’Israel. Leur naissance apparaît comme une réaction à la déliquescense de la fin du règne d’Hérode. Le massacre des Innocents fait écho à l’affaire de l’aigle d’or mais aussi peut-être à la mise à mort par Hérode de ses propres enfants Alexandre et Aristobule, fils de Mariamne dite l’Asmonéenne. Dans le Protévangile, Simon se contente de suivre Marie à Bethléem. Situation subalterne évidemment inadmissible aux yeux des Oniades qui devaient logiquement prétendre au titre de messie-prêtre d’Aaron. 

      La situation demeure bloquée durant trente ans et il faut attendre que Jean-Baptiste renonce aux titres de messie et de prophète au début de l’Evangile de Jean pour que Simon envisage de reconnaître le messie babylo-galiléen. Jésus sera roi et Simon grand prêtre. Sauf qu’entretemps le concept de messie souffrant semble être venu sérieusement concurrencé celui de messie guerrier et Simon a eu là aussi du mal à se laisser convaincre. Surtout que la résurrection ne s’accompagne pas des grands bouleversements escomptés. L’attente du messie recommence à la différence que Jésus a remplacé le Maître de Justice.


    • Antenor Antenor 31 juillet 16:26

      @ Emile

      Par contre, il me paraît difficile d’envisager Gamala comme une colonie de Sephoris, Antipas l’a appris à ses dépends. Si vous placez Jésus à Gamala, cela signifie que cette implantation a dû se faire avec l’accord des Babyloniens d’Ecbatane et du Tétrarque Philippe. À la disparition de ce dernier, l’échec de l’intervention d’Antipas a montré que le rapport de force était plutôt en faveur de la rive Est de la Mer de Galilée. On peut d’ailleurs se demander quel rôle a joué Simon dans cet imbroglio.


    • Emile Mourey Emile Mourey 31 juillet 19:36

      @Antenor
      G’est le pseudo Thomas et la logique géographique qui me font établir un lien « filial » entre Nazareth (Sepphoris) et Gamala. Comme je l’ai écrit dans un précédent commentaire, je me suis trompé sur le Philippe de Bethsaïde ; il ne s’agit pas du tétrarque mais de Philippe de Bathyra ou Philippe fils de Joachim ; Voyez ce qu’en dit wikipédia et de son lien avec Gamala. Non seulement, cette implantation essénienne s’est faite avec l’accord des Babyloniens mais ils en sont à l’origine, les esséniens de judée se contentant d’un Jean. Ce Philippe est l’apôtre des Actes, il accompagne Saul/Paul avant la prise de Gamala par les Romains.


    • Emile Mourey Emile Mourey 31 juillet 19:47

      @Antenor

      tout à fait d’accord.


    • Emile Mourey Emile Mourey 31 juillet 20:41

      @Antenor

      Tout à fait d’accord avec votre commentaire de 15h 51. Quant au dilemme Jésus et Simon, je vois toujours Jésus à Gamala dans le conseil galiléen quand il siège dans la synagogue, et cela, même si Simon a renié trois fois sa présence quand il est descendu en Judée dans les évangiles judéens ;


  • Emile Mourey Emile Mourey 1er août 01:08

    @ Antenor

    votre commentaire de 15h51 est excellent... Les 4 évangiles sont les chefs-d’oeuvres de la littérature juive. Ils n’ont pu être élaborés, discutés, rédigés, que dans un milieu intellectuel riche : Jérusalem.


    • Antenor Antenor 1er août 14:48

      @ Emile

      Le début de l’Evangile de Jean est peut-être même encore plus subtile. Dans l’esprit de Simon, les choses devaient se dérouler selon le plan décrit dans les manuscrits de Qumran avec un prophète (Jean-Baptiste), un messie-roi (Jésus) et un messie-prêtre (lui-même). La répartition des rôles dans le Protévangile de Jacques était donc inacceptables en l’état.

      La situation figée depuis la mort d’Hérode semble enfin évoluer dans le bon sens quand Jean-Baptiste annonce qu’il n’est pas le Christ. Simon comprend que celui-ci renonce à être le messie-prêtre à son profit. Sauf que patatras, dans la foulée Jean-Baptiste affirme également qu’il n’est pas non plus le prophète ! L’évangile de Jean laisse même entendre à plusieurs reprises que Jésus est prophète.

      Et là Simon n’y comprend plus rien. En réalité, Jean-Baptiste détruit le modèle qumranien à trois personnages et ne prétend reconnaître qu’un unique messie : Jésus de Nazareth. Simon ne digère tellement pas le changement que les évangiles qui suivront (Marc, Luc et Matthieu) vont systématiquement affirmer que Jean était le prophète. On est donc en droit de se demander si Simon avait réellement fini par renoncer à son statut de messie-prêtre.

      En ce qui concerne Gamala, il est possible que le prénom de Philippe de Bathyra soit le reflet des bonnes relations entre le Tétrarque Philippe et les Babyloniens. Une sorte d’hommage de la part de ces derniers d’autant que le Tétrarque n’avait pas d’enfant. Il me semble que l’image générale qui se dégage est que Jean et Philippe se sont alliés pour tordre le bras à Simon. Jean avait la popularité, Philippe la puissance militaire et Simon la légitimité dynastique.

      Simon n’a pu reprendre pied à Gamala qu’à condition d’accepter le Jésus promu par Philippe et validé par Jean. Gamala a également dû servir de relais aux Juifs babyloniens d’Ecbatane en direction de Sephoris. Peut-être faut-il faire naître Marie à Gamala ? Le Tétrarque Philippe dont dépendait Gamala était le fils d’une certaine Cléopâtre de Jérusalem, peut-être y a-t-il aussi un lien avec Cleopas ?

      Toute la difficulté est d’arriver à déterminer à ce qui s’est précisément passé entre l’insurrection de Juda de Gamala et celle de son fils Menahem. Si le père obéissait sans doute aux ordres de Simon depuis Gamala, devons-nous en conclure que c’était également le cas pour le fils et qu’en 70 les Simon/Oniades n’avaient toujours pas renoncé à leurs rêves de messie-guerrier ? Et que Philippe a fait ce qu’il a pu pour empêcher la catastrophe en devenir ?

      A l’inverse, Menahem représente peut-être une faction essénienne qui contrairement à ses dirigeants aura refusé de reconnaître Jésus de Nazareth et continué à prôner la lutte armée. En tous cas, la situation des Esséniens à ce moment-là n’est vraiment pas claire. D’où les prudents silences de Flavius Josèphe qui achève pratiquement son récit de la Guerre avec la fermeture du temple d’Onias en Egypte.

      Matthieu 28.17 : Quand ils le virent, ils se prosternèrent devant lui. Mais quelques uns eurent des doutes.


    • Emile Mourey Emile Mourey 1er août 15:41

      @Antenor

      Oui, la question importante est de comprendre comment les évangélistes ont « géré » l’accomplissement de la « Prophétie ».


    • Emile Mourey Emile Mourey 2 août 17:14

      @Antenor

      Tu m’as placé dans un lieu d’exil parmi de nombreux pêcheurs qui étendent leurs filets sur la surface des eaux (Rouleau des Hymnes, V, 7 et 8). La mer Morte n’a ni poissons, ni pêcheurs. La mer de Galilée est riche de poissons, riche de pêcheurs. Je situe la capitale de la cité essénienne au bord de cette mer, la ville à Bethsaïde, la citadelle à Gamala, au pays de Damas.
      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/comprendre-l-avant-de-l-evangile-108545


    • Emile Mourey Emile Mourey 2 août 19:06

      @Antenor

      dans l’écrit essénien de Damas cette affirmation : « Le roi, c’est l’Assemblée » (l’Assemblée est le grand conseil de Dieu omniprésent dans les textes esséniens).
      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/jesus-suite-du-debat-avec-antenor-166386


  • Emile Mourey Emile Mourey 2 août 22:13

    @ Antenor

    Que conclure ? Si on se met dans la pensée scientifique, évolutive, d’Hubert Reeves, après l’épanouissement de la matière, après l’épanouissement du vivant, ne serions-nous pas là dans la phase de l’épanouissement de l’Esprit ? Transcendant le symbolisme juif de l’époque, n’est-ce pas l’Esprit que les évangiles voulaient faire fructifier ? Le mot y est omniprésent. Plût au ciel que le prochain pape le comprenne !

    Quant à l’islamisme radical, laissez-moi rire ! Je n’y vois que du judaïsme le plus rétrograde.


    • Antenor Antenor 3 août 19:23

      @ Emile

      Pour tenter de résumer :

       -88 : Prise de Bethome/Bemeselis/Ecbatane/Bethanie par Alexandre Jannée où s’étaient rassemblés ses opposants.
      Certains vont se réfugier sur les côtes phéniciennes (territoire d’Asher) = naissance d’Anne.
      Ils nouent des liens avec des Babyloniens de la région d’Antioche = mariage avec Joachim.

      -78 : Prise de Gamala par Alexandre Jannée. Les Asmonéens (futurs Jean) y supplantent les Esséniens (futurs Simon).

      -23 : Hérode cherche à protéger le Nord-Est de son royaume. Après de longues tractations, Anne convainc Joachim de s’installer à Ecbatane = naissance de Marie.
      Herode favorise les Esseniens. Retour de ces derniers à Gamala au détriment des Asmonéens ? A moins que la place forte ne soit sous le contrôle des Babyloniens ? Cohabitation forcée des futurs Simon, Jean et Philippe dans la région de Bethsaïd.

      -7 Naissance de Jean-Baptiste selon Jacques.
      Hérode tue ses fils Asmonéens = Massacre des Innocents.
      Naissance de Jésus selon Jacques et Matthieu. Fuite en Egypte.

      -4 : Répression d’Hérode après l’affaire de l’aigle d’or à Jérusalem = Mort de Zacharie.
      Fuite d’Elizabeth et Jean (à Bethanie / Ecbatane ? Réconciliation avec Anne ?)
      Mort d’Hérode.
      Révolte de Judas, fils d’Ezechias à Sephoris = arrivée de Jésus à Nazareth.

      6 : Recensement de Quirinius.
      Soulèvement de Judas le Galiléen / de Gamala = Naissance de Jésus selon Luc.

      29 : Baptême de Jésus par Jean à Bethanie/Ecbatane. Simon est appelé fils de Jonas au début de l’Evangile de Jean pour rappeler sa situation d’exilé et peut-être également parce que cela sonne presque comme Onias.


    • Emile Mourey Emile Mourey 4 août 00:59

      @Antenor

      Prise de Bethome/Bemeselis/Ecbatane/Bethanie par Alexandre Jannée ????
      Je ne sais pas ; Bethsaïde puis Gamala, oui, d’après Ffavius Joséphe... Les Asmonéens (---- Jean) y supplantent les Esséniens (----- Simon). Oui !

      Joachim est le nom des derniers rois d’Israël d’avant la déportation ; sa femme, Anne, est la population d’Israël de cette époque restée sur place. Elle l’a accueilli à son retour de Babylone, d’où la naissance de Marie, nouvelle jeune population d’Israël.... très pieuse.

      Cohabitation forcée des futurs Simon, Jean et Philippe dans la région de Bethsaïde ?... suivant l’évangile de Jean, habitent à Bethsaïde, Simon, Philippe et André, disciple de Jean ; Jean ? Je ne vois pas. Ils voient Jésus sur la montagne de Gamala (lorsque le conseil essénien siège dans la synagogue ???). Jésus donne à Simon le nom de Simon/le rocher, ce qui signifie qu’il l’installe sur le rocher de Gamala (nous sommes en l’an 30)

      A moins que la place forte ne soit sous le contrôle des Babyloniens... Oui.

      Retour à l’an 4 : Répression d’Hérode après l’affaire de l’aigle d’or à Jérusalem = Mort de Zacharie.
      Fuite de....... Jean ... dans le désert de Judée auprès d’Elisabeth, femme/population de Zacharie.....
       
      (à suivre)



  • Emile Mourey Emile Mourey 4 août 13:27

    @Antenor

    Réflexion faite, je pense qu’on s’égare en voulant rechercher systématiquement dans les évangiles, le reflet d’évènements historiques.

    L’évangile de Jean est, certes, en rapport avec la répression de la communauté essénienne de Macheronte vers l’an 30. L’évangile de Marc, trois ans après en l’an 33, évoque, certes, la fuite vers le refuge essénien de Gamala des esséniens du sud et de Nazareth persécutés ; mais si l’évangile de Luc n’est paru qu’en 38, quatre ans après, c’est qu’il avait un an de retard comme l’explique la parabole de Luc 13, 6-9. De même, je cite : Accablé d’injures, d’outrages et de misères pendant encore deux ans, Mahomet partit pour Taïf. Il y a entre Taïf et La Mecque, trois journées de marche (Tabari, page 97). Trois jours, n’est-ce pas le temps qu’il faut pour une résurrection ? N’est-il pas écrit qu’ils tueront le Fils de l’Homme, mais qu’une fois tué, trois jours après, il ressusciterait ? (évangile de Marc 9, 31).

    En revanche, si l’évangile de Matthieux n’est paru qu’en 48, c’est, tout simplement parce qu’il avait du retard... etc...

    Bref, les évangiles ont leur propre chronologie qui ne dépend pas forcément des événements historiques extérieurs, le chiffre mystique de 3 en est la preuve.

    Nous avons là l’histoire d’un peuple juif ancien dit essénien qui veut survivre dans ses croyances vers un accomplissement espéré, une histoire écrite probablement dans le milieu juif lettré de Jérusalem dans une écriture cryptée. 


    • Antenor Antenor 4 août 15:06

      @ Emile

      La lecture de ces textes au premier degré avec leur messie crucifié a sans doute une dimension prophétique. Il dépeint les évènements tel que les auteurs les espéraient. Mais cela n’empêche pas qu’elle se place dans un contexte historique décrit de manière métaphorique. Voyez Flavius Josèphe (Guerre 2.9.4. et Antiquités 18.3.2) ; que penser de cette histoire d’émeute réprimée par Pilate liée à la construction d’un aqueduc ? Pourrait-elle avoir un rapport avec ce porteur d’eau que les disciples doivent rejoindre avant la Pâque (Luc 22.10) ? La réalité a sans doute été beaucoup moins glorieuse que ce qui était espéré.


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 août 19:16

      @Antenor

      Oui. Génial.
      Luc 22, 8 : Jésus esprit envoie les esséniens de Galilée (Keipha/le rocher de Gamala) et les esséniens de Judée (Iôhanan, Jean de Macheronte ? ) à Jérusalem pour préparer la salle du repas de la Pâques.
      Luc 22, 10. Mais les deux disciples ne savent pas où. Jésus leur dit alors : quand vous allez arriver aux portes de la ville, le porteur d’eau (surnom péjoratif possible de la garde d’Hérode) va venir à votre rencontre pour vous contrôler. vous n’aurez qu’à le suivre, ce qui vous mènera au cénacle.

      et vous direz au maître de la maison (Hérode)

      ainsi te parle le rabbi (Jésus)
      où est-elle la salle
      dans laquelle je vais pouvoir manger le pesah
      avec ceux qui apprennent avec moi

      et lui il va vous montrer une chambre haute à l’étage
      grande et garnie de tapis [pour s’étendre]
      c’est là que vous ferez les préparatifs
      (dans la chambre haute du Cenacle)

      Non pas dans le Cénacle bas actuel (scandale d’ignorance !) mais dans la chambre haute du Cénacle d’origine, celle de la plaque en ivoire de mes articles.
      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-fabuleuse-sculpture-sur-ivoire-196387




    • Emile Mourey Emile Mourey 5 août 20:32

      @Antenor

      Porteurs d"eau ou buveurs d’eau ?... Jésus boit du vin... de Bourgogne ? Nos légionnaires gaulois de Bibracte auraient-ils apporté en Palestine quelques tonneaux de nos meilleurs crûs en même temps que notre messie Cleopas ?

      Bibracte en Bourgogne, bien sûr !


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 août 21:18

      @Antenor

      Grave erreur de ma part : les buveurs d’eau sont les Gaulois d’Hérode, les buveurs de vin sont Jésus et les disciples.


    • Emile Mourey Emile Mourey 9 août 12:55

      @Antenor

      Vous dites, par ailleurs : La lecture de ces textes au premier degré avec leur messie crucifié a sans doute une dimension prophétique. Il dépeint les évènements tels que les auteurs les espéraient. Mais cela n’empêche pas qu’elle se place dans un contexte historique décrit de manière métaphorique.

      Oui, certainement ! Il faut comprendre :

      • que Luc est un pseudo qui désigne une des quatre constellations du ciel antique par laquelle la parole de Dieu descend sur terre.
      • que Paul est l’apôtre qui a diffusé cet évangile de Luc.
      • que cet évangile est une oeuvre collective d’érudits.
      • que ces érudits ont débattu de ce texte dans le milieu juif de Jérusalem.
      • qu’il faut y voir des esséniens qu’il faut identifier au pseudo « Jean ».
      • que les quatre évangiles sont des appels en direction des esséniens de Gamala « Simon Pierre » en vue d’une union sacrée,
      • contre la romanisation et son paganisme,
      • pour le retour aux anciennes traditions de la civilisation juive,
      • mais, revue, corrigée et rénovée par une nouvelle réflexion descendue du ciel (Jésus).
      Comment interpréter le passage très révélateur de l’évangile de Luc ?
      • oui, le maître de la maison est bien la maison d’Hérode.
      • oui, le porteur de la cruche d’eau est bien sa « maison ».
      • oui, l’eau de la poterie de la cruche est bien l’eau insipide que boivent les Hérodiens, en opposition avec les jarres en pierre et le bon vin des noces de Cana.
      • oui, c’est bien le Jésus nouveau qui réveille les consciences et qui demande aux esséniens de revenir aux anciennes traditions.
      • Mais c’est le Rabbi qui sort de sa tombe avec toute sa majesté antique pour parler en maître à Hérode.
      Il s’ensuit
      • Qu’il ne faut voir là qu’une leçon de morale civique pour mettre en exergue un paganisme hérodien qui a oublié les anciennes traditions de la Pâques juive, et qu’en conséquence, le repas qui suit dans la pièce haute du Cénacle est une vue de l’esprit dans son sens littéral... mais surtout un appel à une union sacrée retrouvée comme l’Histoire en a connue dans un passé plus récent mais dans un style littéraire tellement élaboré que nos contemporains « ignares » se sont révélés incapables de comprendre.

    • Antenor Antenor 12 août 20:44

      @ Emile

      L’enchaînement des évangiles fonctionne un peu comme un dialogue entre « progressistes » (Jean, Paul) et « traditionalistes » (Pierre, Jacques). Les premiers ouvrent le bal avec l’évangile de Jean auquel les seconds répondent avec celui de Marc. Luc est une tentative de compromis reprenant Marc sur la forme mais Jean sur le fond et Matthieu une réponse mitigée à celle-ci. L’évangile de Luc en allant sur leur terrain oblige les auteurs de Marc à prendre clairement position dans celui de Matthieu.

      L’enjeu à travers ces « romans » est bien de fixer un nouveau cap aux Israelites mais outre les valeurs morales débattues plus ou moins ouvertement ces textes contiennent aussi des informations « tactiques » destinées aux chefs de communauté afin qu’ils sachent sur qui compter et de qui se méfier. Cette histoire de maître de maison évoquée en premier par Marc est une façon voilée de rappeler aux Jean/Asmonéens que contrairement à eux, les Simon/Esséniens ne sont pas persona non grata auprès des Hérodiens.

      Quelques belles reconstitutions de Jérusalem.


    • Emile Mourey Emile Mourey 13 août 11:25

      @Antenor

      Vous dites : Quelques belles reconstitutions de Jérusalem ????!!!

      Un vrai foutoir concernant la Jérusalem antique d’avant sa destruction.
      Voyez ma reconstitution à partir du plan de M. Herber(?) de la mosaïque de Mataba, de la fresque de Doura Europos, des fresques de Gourdon, de la sculpture sur ivoire, et de ma logique militaire https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/splendeur-de-chalon-sur-saone-et-148322

      J’y ai indiqué la tour de David suivant un dessin ancien ainsi que la tour Antonia, telles qu’on les voit sur la plaque en ivoire, ce qui prouve qu’elles n’avaient pas été détruites par les romains de Titus.
      J’écrivais, en fin d’article « que notre astucieux sculpteur avait ébréché la muraille pour qu’on puisse apercevoir l’entrée du temple... »
      ... un temple semblable à celui représenté sur ma plaque de cheminée montrant l’actuelle cathédrale de ma ville de Chalon -sur-Saône, troisième grand temple des Juifs... 
      ... un temple aux dimensions semblables... rien à voir avec les dimensions surdimensionnées que donne Flavius josèphe.

      Je m’arrête là, un moment car, avec ma maladie d’alzheimer, je fatigue...


    • Emile Mourey Emile Mourey 13 août 14:53

      @Antenor

      Vous écrivez. L’enjeu à travers ces « romans » est bien de fixer un nouveau cap aux Israelites...

      Oui, c’est un peu ça, mais il faut comprendre que c’est la répression d’Hérode contre les esséniens asmonéens (affaire de l’aigle d’or, exécution de Zacharie, fuite de Jean, massacre des innocents esséniens en stage de deux ans à Bethléem ; les Romains intervenant par l’épée à Qumrân et à Macheronte ; bref, tout cela qui explique que l’évangile de Marc, en réalité Jean/esséniens du sud, invite les esséniens de Gamala/Galilée du nord à venir célébrer ensemble le repas de Pâques dans une union retrouvée... en prenant d’assaut le Cénacle en cas de refus d’Hérode.


  • Emile Mourey Emile Mourey 6 août 11:22

    @ Antenor

    En fait, c’est très simple ; il y a une opposition entre Hérode, le maître de la maison qui boit de l’eau (il suffit donc de suivre un serviteur porteur d’une cruche d’eau pour retrouver sa maison) et Jésus qui va y apporter le vin nouveau de la nouvelle alliance.


    • Emile Mourey Emile Mourey 6 août 13:10

      @Antenor

      Un Hérode ou Ponce Pilate ? Au Cénacle ? Un projet d’y amener l’eau courante qui aurait été financé illégalement par le trésor juif ? Pourquoi j’ai identifié le cénacle sur la sculpture en ivoire ? je ne m’en rappelle plus ; mais vu le débat sur internet, cela mériterait que vous y réfléchissiez car moi, je fatigue. 


    • Antenor Antenor 8 août 22:00

      @ Emile

      Ce discret maître de maison qui donne accès à la chambre haute aux fauteurs de troubles est bien intrigant. Peut-être Herode Agrippa qui oeuvre en coulisses à la chute de Pilate et d’Antipas.

      En ce qui concerne Cleopas, il y a une ville qu’on a trop ignorée. C’est Ptolémais / Acre, le principal port de Galilée par où débarquaient les troupes. Marie de Cleopas, présente à la crucifixion dans Jean, symbolisait peut être la communauté des partisans de Jésus dans cette ville.

      Prenez soin de vous.


  • Emile Mourey Emile Mourey 19 août 10:39

    @ Antenor

    Cleopas ? Moi aussi, j’ai cru qu’il y avait un lien avec l’Egypte, non ! Il s’agit bien du Cleopas de Gourdon et cela explique toute l’histoire de l’europe chrétienne, une histoire qu’on ne peut que continuer avec ses rites et ses valeurs si la papauté et les chrétiens de bonne foi veulent bien le comprendre.

    Mais revenons à l’évangile de Luc 22, 8-13

    oui, le maître de la maison est bien la maison d’Hérode.

    oui, le porteur de la cruche d’eau est bien sa « maison ».

    oui, l’eau de la poterie de la cruche est bien l’eau insipide que boivent les Hérodiens, en opposition avec les jarres en pierre et le bon vin des noces de Cana.

    oui, c’est bien le Jésus nouveau qui réveille les consciences et qui demande aux esséniens de revenir aux anciennes traditions.

    Mais c’est le Rabbi qui sort de sa tombe avec toute sa majesté antique pour parler en maître à Hérode.

    Question ? Luc 22, 14-38

    Le maître de la maison, Hérode, a-t-il ouvert la porte du cénacle pour que le repas pascal décrit par l’évangéliste ait lieu. Historiquement, la réponse est non. Il s’ensuit qu’il faut lire la scène du repas (la cène) comme une prophétie à réaliser, ce que le christianisme a, en effet, accompli et peut accomplir encore, s’il le veut.

    Comment bien traduire Luc 22, 14 ?

    et lorsqu’il est venu le moment (traduction Tresmontant) ou lorsqu’il sera venu le moment ?

    Nous sommes bien dans la continuation du mystère essénien... chrétien :

     Et quand ils se réuniront à la table de la communauté... Ensuite, le messie d’Israël étendra ses mains sur le pain. Et ensuite, toute la congrégation de la communauté bénira. Et c’est selon ce rite qu’ils procéderont en tout repas quand ils seront réunis au moins à dix personnes... (Annexe au rouleau de la Règle, traduction A. Sommer)


  • Emile Mourey Emile Mourey 19 août 11:43

    @ Antenor

    Comment bien traduire Luc 22, 14 ?

    et lorsqu’il est venu le moment (traduction Tresmontant) c’est à dire : lorsqu’il sera venu, le moment ?


    • Antenor Antenor 19 août 17:38

      @ Emile

      Le « moment venu » est à placer sur deux échelles de temps. Le moment de célébrer la Pâque à l’échelle humaine et le moment de la manifestation du messie à l’échelle « prophétique ». Dans l’Ancien Testament, la Pâque marque un nouveau départ mais étonnamment dans les Evangiles, ce ne sont pas les premiers nés des « mauvais » qui sont frappés par Dieu comme dans l’Exode, c’est l’inverse.

      Par contre, je ne pense pas qu’il faille considérer la Céne et les Evangiles comme des prophéties. Ces dernières se trouvent dans les textes de Qumran et les Evangiles prétendent justement qu’elles ont été réalisées par Jésus de Nazareth. A travers l’image de Simon, c’est toute la mouvance essénienne dans l’attente de la manifestation de son/ses messie(s) qui est invitée à le reconnaître et à attendre son retour.

      Mais alors que la crucifixion de Jésus symbolise de manière idéalisée la persécution de communautés entières, c’est désormais le « Fils de l’Homme » dont on attend la manifestation céleste. C’est à dire un unique individu mort pendant les persécutions. Les différentes factions étant incapables de se mettre d’accord, elles laissent Dieu décider de son identité.

      Et Jean-Baptiste a peut-être voulu court-circuiter le messie galiléen. En faisant de lui le premier mort du mouvement, Antipas l’a involontairement placé au rang de premier candidat au titre de « Fils de l’Homme ». D’où l’importance pour les auteurs des évangiles synoptiques de le ramener au statut de prophète précédant le messie.

      En ce qui concerne le « maître de maison », il ne faut pas négliger les rivalités au sein du clan hérodien. Hérode Agrippa en exil à Rome avait peut-être des complices actifs à Jérusalem et qui auront pu vouloir utiliser les Nazaréens pour discréditer Antipas. L’émeute de l’aqueduc rapportée par Flavius Josèphe est le seul évènement connu qu’on puisse éventuellement rapprocher de l’arrestation de Jésus. Entre le récit idéalisé des Evangiles et les silences de Josèphe, il est compliqué de discerner la réalité.


    • Emile Mourey Emile Mourey 19 août 18:25

      @Antenor

      Vous dites : Le « moment venu » est à placer sur deux échelles de temps.
      Non ! Le moment venu n’est pas le moment présent du récit, d’autant plus qu’il est bien évident qu’Hérode n’a pas ouvert la porte ; c’est quand le moment sera venu.


    • Emile Mourey Emile Mourey 21 août 13:16

      @Antenor

      Je viens de relire votre commentaire. Vous avez raison ; c’est plus compliqué qu’une simple prophétie. Prophétie au « moment venu »qui voit un début de réalisation ?

      A supposer que la rédaction de l’évangile de Luc ait été rédigé, comme les autres, dans le milieu lettré de Jérusalem, essénien du sud, Jean. A supposer que le but de cet évangile ait été, comme les autres, un appel aux esséniens du nord, Galiléens de Gamala, Simon, à se retrouver dans l’union, dans la foi d’un Jésus reconnu de Nazareth par les deux partis, quels sont les indices qui pourraient aller dans ce sens ?

      C’est aux esséniens galiléens, Simon, que le Jésus des évangiles esséniens du sud, Jean, Marc et Luc, lance l’appel. Luc évoque une nouvelle alliance, un engagement promis ? puis un reniement... trois reniements de Simon... dans l’évangile de Jean, dans l’évangile de Marc, dans l’évangile de Luc. Il fait ensuite pleurer Simon de remord (Luc 22, 61-62) mais le mal est fait... les esséniens du nord n’ayant pas soutenu les esséniens du sud, le pouvoir romain arrête Jésus etc... bref, échec du projet d’alliance esséniens nord sud. Appel en direction des esséniens exilés en Gaule et revenus dans l’armée d’occupation, Cleopas : Jésus ressuscité se fait voir à eux, a lui, sur le chemin d’Emmaüs (Luc 24, 13-54)...






    • Antenor Antenor 22 août 09:59

      @ Emile

      Plus qu’un prophétie, le Protévangile de Jacques est une véritable sommation à l’encontre de Simon. Ses auteurs (Jean-Baptiste et Philippe ?) ont choisi la manière forte pour l’obliger à se positionner par rapport à leur Jésus babylo-galiléen.

      Si on essaie de se placer dans l’esprit des Esséniens de l’époque, lecteurs des textes de Qumran, une chose est claire ; le messie-prêtre d’Aaron ne peut être que Simon (dynastie légitimiste des Oniades). Par contre, en ce qui concerne le messie-roi d’Israel, il n’y a rien d’évident.

      D’un côté, l’impopulaire roi iduméen Hérode le Grand qui tente un rapprochement avec les Esséniens non seulement pour tenir tête aux Sadducéens et aux Pharisiens mais sans doute aussi pour être reconnu comme messie-roi. De l’autre, les Asmonéens (Jean) en chute libre ; ils ont la faveur du peuple mais un gros contentieux avec les Esséniens.

      A travers le Protévangile, les Asmonéens reconnaissent qu’ils renoncent au statut de messie-roi et ils proposent d’aller chercher celui-ci dans la diaspora babylo-galiléenne. Par contre, si les dirigeants esséniens refusent cet arrangement, les Asmonéens joueront le rôle de messie-prêtre à leur place. D’où la diabolisation d’Hérode dans ce texte afin d’obliger Simon à choisir clairement son camp.

      Plus qu’un rapport de force entre Esséniens du Sud et du Nord, on a affaire à des affrontements dynastiques et idéologiques. L’arrestation de Jésus n’est pas dûe à une absence de soutien de Simon. Au contraire, Simon est le seul à sortir son épée pour le défendre. Le concept de messie souffrant est probablement une « invention » des Jean que Simon accepte difficilement.

      Il est révélateur que l’autre Simon chez les douze Apôtres soit appelé le « Zélote » et que Judas soit appelé « fils de Simon » dans l’évangile de Jean. Cela signifie qu’au sein des Simon existait toujours des factions aspirant à un messie guerrier. Judas s’attendait sans doute à ce que le Jésus guerrier se manifeste au moment de son arrestation. Face à cet étrange messie crucifié, Cleopas devait également s’interroger. Si Marie de Cleopas était au pied de la croix comme l’affirme Jean ; cela signifie que la base populaire du « clan Cleopas » adhérait à ce Jésus.


    • Emile Mourey Emile Mourey 22 août 23:48

      @AntenorVous dites : Plus qu’un prophétie, le Protévangile de Jacques est une véritable sommation à l’encontre de Simon... ? 

      • Jacques, c’est Jacob, l’ancêtre, et des esséniens « Simon » du nord (Gamala) et des esséniens « Jean » du sud (Macheronte)
      • Il dit qu’il s’est exilé dans le désert à la mort d’Hérode, en - 4. Ce ne peut être qu’à Chalon-sur-Saône ou il a rejoint les 8000 juifs esséniens Simon exilés suite au crucifiement de 800 d’entre eux par Jannée, l’asmonéen, en - 86. En toute logique, il désigne Simon (de Gamala) pour succéder à Zacharie comme grand prêtre. Quant aux « fils spirituels » de Zacharie, Jean, ils ne sont que ceux qui annonceront la venue du Seigneur... et qui lui apporteront l’onction, c’est-à dire le titre de messie-roi.
      • En -47, Hérode est stratège de la Galilée. Sa troupe militaire est gauloise, composée de « Simon » descendants des anciens exilés. Ce(s) Simon (s) installent à Nazareth/Sepphoris un conseil nommé« Joseph » en souvenir du Joseph d’Egypte (ma thèse). Ce Joseph installe à Gamala un conseil/fils nommé Jésus (d’où les récits de l’enfance).
      • Tout est en place, mais force est de constater que ce sont les esséniens du sud « Jean » qui reprennent l’histoire du Jésus galiléen jusqu’à la crucifixion, Simon ne tirant l’épée que trop tard. Les quatre évangiles sont des textes écrits par les esséniens du sud pour convaincre les esséniens « Simon » à se retrouver dans l’unité.
      • C’est un échec, tout au moins en Gaule. Au IIIème siècle, c’est le messie de Qumrân dont on attend toujours la venue dans la cathédrale de Chalon, et à Sainte-Foy de Combes, il n’y a qu’un roi des Juifs qui apparaitra dans le ciel à la fin des temps.
      • Quant à Cleopas, voyez https://www.agoravox.fr/actualites/article/christ-gaulois-et-christ-des-230069

  • Emile Mourey Emile Mourey 21 août 13:33

    @ Antenor

    Fatigué, il m’arrive même de regretter d’avoir écrit tous ces textes, et pourtant, je ne vois pas comment le christianisme peut survivre avec ses valeurs s’il ne reconnait pas son histoire.

    Notre histoire a-t-elle un sens ? Avant le big bang, il n’y avait rien (Hubert Reeves), puis la matière, les étoiles, la vie, puis, dans les évangiles, l’Esprit (début évangile de Jean), esprit de justice, esprit d’amour (épitre de Jean...) ?


  • Emile Mourey Emile Mourey 21 août 13:56

    @Antenor

    Tout en conservant ses rites.


  • Antenor Antenor 24 août 21:37

    @ Emile

    On peut déjà observer une divergence entre la Judée et la Galilée à la fin du règne d’Hérode. L’affaire de l’aigle d’or à Jérusalem n’est pas un soulèvement armé comme celui de Juda à Sepphoris. Elle préfigure ce que sera la crucifixion de Jésus. Ce qui confirme que ce sont bien les « Jean/Asmonéens » de Judée qui sont à l’origine de cette nouvelle stratégie.

    Le Protévangile de Jacques est d’ailleurs très centré sur Jérusalem. Ni Nazareth ni la Galilée n’y sont mentionnés. Je l’interprète comme une menace supplémentaire de marginalisation à l’égard de Simon. L’auteur est traditionnellement identifié à Jacques le Juste, premier évêque de Jérusalem et évoqué dans l’apocryphe de Thomas.

    Tout l’enjeu des Evangiles a été de faire admettre à Simon et aux Esséniens cette évolution d’un messie guerrier vers un messie souffrant. Ce qui n’empêche pas qu’il soit roi des Juifs et effectue les signes de reconnaissance esséniens. A Chalon comme à Conques, pas de trace de messie guerrier.

    En ce qui concerne Joseph, derrière ce nom il faut peut-être comprendre que les Juifs Babyloniens ont noué des alliances à travers tout l’ancien territoire d’Ephraïm et Manassé qui les séparait de Jérusalem ? Et que c’est auprès des Babyloniens que Jacques a trouvé temporairement refuge en Batanée ?


    • Emile Mourey Emile Mourey 25 août 13:53

      @Antenor

       Zacharie grand prêtre de Jérusalem ? Il ne figure pas dans les listes officielles. Je pense que c’est un nom code pour désigner des prêtres hostiles à Hérode qui officiaient au temple, esséniens de la mouvance babylonienne de Gamala. Bethléem serait le lieu choisi pour y former des stagiaires esséniens en stage de deux ans. D’où le massacre des innocents relaté par Matthieu, avant ou après l’affaire de l’aigle d’or, d’où la fuite des Jean dans le désert de Judée (Elisabeth = population de Judée qui les accueillis), Marie étant la population de Galilée mariée au Joseph de Nazareth qui donnera naissance à Jésus). 

      En s’exprimant sous le pseudo de Jacob, l’auteur du dit « Protévangile de Jacques » se réclame du grand ancêtre. Rien à voir aves les Jacques des évangiles. Il est probablement un des prêtres « Zacharie » rescapé. Vous dites : Le Protévangile de Jacques est d’ailleurs très centré sur Jérusalem.... Oui...Ni Nazareth ni la Galilée n’y sont mentionnés ???? Bien sûr que si ! Son vrai titre est « la Nativité de Marie » et Simon est désigné pour succéder à Zacharie. 

      Vous dites : A Chalon comme à Conques, pas de trace de messie guerrier (à cette époque). Je réponds : Normal ! et j’ajoute : et pas non plus de messie venu. Les esséniens « Simon » de Chalon et de Conques sont arrivés en Gaule en - 84. Par ailleurs, rien ne prouve que la main tendue vers le Cleopas éduen par Luc 24,13-35 ait été suivi d’effet. Bien au contraire, Simon Pierre a été crucifié, et l’un des premiers chefs de l’église était apparenté au Cléopas éduen.

      Les scuptures dont j’ai donné une nouvelle explication, ma logique militaire, les fouilles que les archéologues se refusent de faire sur le site de Taisey, et toute notre Histoire qui suit, PROUVE, que Chalon-sur-Saône, fut le port par où est venue notre culture d’origine judaïque.

      Asmonéens esséniens ? Je doute. 


    • Antenor Antenor 28 août 15:12

      @ Emile
       
      Les parcours personnels de Flavius Josèphe et Paul montrent la porosité entre les différents mouvements. Officiellement, Zacharie/Matthias ne pouvait être que Sadducéen. Vous relevez d’ailleurs une influence sadducéenne dans l’Evangile de Jean. Les différents mouvements cherchaient sans doute à se noyauter les uns les autres. Le nom d’Elie est contenu dans celui d’Elizabeth. Ce qui peut signifier que pour l’auteur du Protévangile, Jean était bien appelé à jouer le rôle du prophète et non celui du messie-prêtre. Ce dernier devait effectivement être Simon dès le départ mais la fin du texte est étonnante. A cette époque le Grand Prêtre n’était pas désigné par ses pairs mais par Hérode ou le représentant de Rome. Si on suit « Jacques », les prêtres du Temple a priori sadducéens étaient officieusement prêts à placer à leur tête les descendants d’Onias et à se conformer au messianisme essénien ???


    • Emile Mourey Emile Mourey 28 août 16:39

      @Antenor

      Oui, cela doit être à peu près ça. Il faut rappeler que les esséniens ne se sont jamais appelés ainsi mais se désignaient par des qualificatifs tels que « saints », « pieux » etc...
      Dans mon raisonnement, c’est une organisation en lutte pour un nouvel Israël, une nouvelle alliance, fondée par Simon le Juste, mort en  190, poursuivie par sa descendance des Onias. Une organisation probablement ouverte, ce qui pourrait expliquer que des Pharisiens et des Sadducéens aient pu y entrer, mais surtout combattante.
      La prophétie (à réaliser) est que Jean, fils spirituels de Zacharie, soit roi d’Israël, et que le grand prêtre soit Simon (un Simon ?... essénien ?... babylonien ?...Galiléen ?... Gamala ?...Nazaréen ?... de Nazareth ?...) et, en effet, Joseph et Marie descendent de Nazareth pour accoucher Jésus à Bethléem.


  • Emile Mourey Emile Mourey 28 août 16:48

    @ Antenor

    Notez que dans le repas mystique de la fin des temps, Jésus est au centre, Jean est à sa droite, Simon à sa gauche.


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