Féminisation et statistique
Peut-on associer un trait particulier à un homme, à une femme ? La domination généralement associée au masculin est-elle le pendant de la beauté liée le plus souvent au féminin ?

Lorsqu’on compare deux espèces même proches, on commence généralement par regarder la moyenne d’une caractéristique des uns par rapport à la moyenne des autres. Pour se livrer à cet exercice il est prudent de se donner comme point de comparaison une particularité facilement mesurable et quantifiable, par exemple la taille, la hauteur. À cet égard, les hommes sont plus grands que les femmes. En France, en 2006, la taille moyenne des hommes était de 1,78 m et celle des femmes de 1,64 m. Cette taille n’était que de 1,66 m pour les hommes et 1,54 m pour les femmes cent ans avant. La différence, en un peu plus d’un siècle, est de 12 cm pour les hommes, ce qui les met à l’abri du grandissement concomitant des femmes (10 cm). Depuis 20 ans cependant, dans beaucoup de pays, la croissance de la taille stagne. Toutefois, il suffit de se promener quelques minutes en ville pour constater que beaucoup de femmes sont plus grandes que des hommes. C’est la raison pour laquelle il est avisé de considérer une courbe dite de Gauss en traçant le nombre de personnes d’une taille donnée en fonction de leur taille. Les courbes homme-femme ne se superposent pas et il est aisé de déterminer combien de femmes sont plus grandes que des hommes dans une situation donnée.
Il est possible de poursuivre la réification des êtres humains, c’est à dire leur transformation en nombres, pour obtenir davantage de précisions.
La taille moyenne des hommes dépend de l’endroit où ils vivent. Au Mozambique, la moyenne des hommes atteint à peine 1,60 m comme au Sri Lanka, tandis qu’ils mesurent plus de 1,78 m en Ukraine ou en Biélorussie. Par contre, dans tous les pays, un écart important entre hommes et femmes subsiste.
Les choses se compliquent encore car de multiples autres facteurs influencent d’une façon très significative les tailles des hommes comme des femmes. Il est strictement impossible de lister tous les paramètres individuels qui ont une influence significative sur la taille moyenne d’une population (à peu près homogène pour que la notion de moyenne ait un sens). Il est acquis que le mode d’alimentation, les facteurs de santé et d’innombrables facteurs environnementaux interférent au plus haut point. Mais le ‘mur génétique’ se retrouvera constamment : dans des conditions comparables, les femmes restent plus petites que les hommes.
De plus, l’atteinte d’une certaine taille est connue pour donner un type donné de comportement, ce comportement pouvant influer sur l’alimentation et donc aussi la taille. Ce comportement qualifié de non-linéaire est omniprésent dans les processus du vivant. Parmi les corrélations surprenantes, les hommes de grande taille ont une descendance plus nombreuse : les hommes qui ont le plus grand nombre d’enfants ont 5,5 cm de plus que la taille moyenne des hommes du même groupe. Le nombre de partenaires sexuels au cours de la vie est aussi corrélé à la taille : les hommes de plus de 1,85 m ont divorcé et se sont remariés deux fois plus que les hommes de moins de 1,65 m. Cependant, un écart de taille entre hommes et femmes est là encore toujours constaté quelles que soient les populations et il en est de même dans la plupart des autres espèces animales. Il n’y a aucun moyen connu de ne pas respecter (en moyenne) le patrimoine génétique : ni un métissage total, ni une ségrégation absolue entre d’éventuelles ‘races’, ne permettent une égalité des tailles sauf à faire appel à des manipulations génétiques devenues récemment accessibles.
Il est possible de mesurer à ce point la difficulté d’attribuer avec certitude une caractéristique physique bien délimitée à un homme plutôt qu’à une femme. Il est plus simple de considérer que la démarche n’a pas de sens. Qu’en est-il si on essaie d’estimer les différences concernant un paramètre diffus, mal défini, non mesurable directement, comme l’intelligence.
Le seul indice dont on dispose est le poids du cerveau : il est de 1 450 g pour le cerveau des hommes et de 1 300 g pour celui des femmes. Mais il n’est pas acquis que volume du cerveau soit relié avec les capacités intellectuelles même si on dénombre 16 % de neurones en plus chez les hommes. Par contre, il est certain que le cerveau des hommes et des femmes ne fonctionne pas (tout à fait) de la même façon comme il l’a été démontré par imagerie médicale. Lors de tests de langage, les hommes utilisent préférentiellement la partie gauche de leur cerveau alors que les femmes font appel aux deux hémisphères. Il n’en résultait toutefois pas des performances radicalement différentes. Les femmes obtiennent généralement de meilleures performances dans les domaines de l’attention, de la mémorisation des mots et des visages, de la prise de décision collective. Les hommes ont eux de meilleurs résultats dans le repérage tridimensionnel et la vitesse d’exécution. La mesure des QI embrouille plutôt les idées qu’il ne fournit des pistes de compréhension : il y a divers types d’intelligence, liés à la raison, aux émotions, au degré d’animalité… correspondant à diverses séries de tests. Des biais considérables sont de plus introduits par les auteurs des questionnaires à ces tests. Les hommes ont longtemps présenté des QI supérieurs aux femmes, mais pour la première fois depuis l'invention de cette mesure, il y a une centaine d'années, les deux sexes obtiennent maintenant des scores similaires.
Reste le bon sens et l’observation.
Les filles seraient bavardes, plus précoces et plus douées pour maîtriser les langues et se livreraient autant que possible à la séduction. Les garçons ont peut-être de meilleures aptitudes à se repérer dans l’espace mais surtout ils sont formatés pour la domination. Une enquête a montré lors d’études de management d’entreprises que pour 71 % des répondants, le leadership féminin possède des qualités spécifiques : l’écoute (7/10), la communication (5/10) et l’empathie (4/10). La vision stratégique n’est que minoritairement associée au leadership féminin avec 25 % des répondants. Le pragmatisme semble également échapper (du moins en partie) aux femmes (18 % des répondants).
Que les hommes se montrent plus aptes à diriger les entreprises (publiques et privées) actuelles ne pose aucun problème car les Hommes politiques peuvent changer les règles du jeu pour qu’il n’en soit plus ainsi. Et c’est ce qu’ils font, indépendamment des partis, indépendamment des pays, indépendamment de toute option politique religieuse, philosophique. Il n’a échappé à personne que le féminisme et la promotion des minorités sexuelles représentent le plus gros des efforts de communication de beaucoup de gouvernements. Les arguments déployés n’ont aucune importance, ils ne font qu’habiller un choix stratégique profond et ils correspondent seulement à la nécessité de convaincre une partie de la population tout en diabolisant les autres. C’est d’ailleurs le seul rôle qui reste pour les décideurs visibles, ceux qui sont élus, ceux qui animent les débats, ceux qui font croire (de plus en plus vainement) que les démocraties existent encore. Mais ce sont les autres, les invisibles, qui décident selon une loi dite naturelle : les forts doivent dominer les faibles.
Ce message est inaudible dans une démocratie. Les forts ont donc construit un sacré fait de virtualités insaisissables et d’algorithmes, de l’ordre de 80 % des transactions financières sont commandées par un ordinateur. Le nouveau dieu-marché est devenu le maître, les élus ne sont plus que ses apôtres. Ils répandent la bonne parole en déployant des trésors d’habiletés pour convaincre les incroyants. Puisque le paraître prime l’être ou le faire, la séduction devient un atout bien plus important que la domination pour les classes dirigeantes visibles. Le féminin et la beauté prennent le premier rang des atouts : peut-on résister à un sourire ?
À long terme, une société ne survit qu’en écrasant celles avec lesquelles elle n’est pas compatible. Le féminin est aussi l’arme dont disposent les pays occidentaux pour vaincre les nations qui elles sont sous le joug d’Hommes forts (ce peut être une femme), autoritaires voire fascisants. Il ne s’agit donc pas d’un idéal mais d’une arme pour détruire des ennemis, la seule d’ailleurs dont peut encore disposer les occidentaux. Le féminin est présenté comme incontournable pour accéder au Monde rêvé par tous, fait de délices et de félicité. Un rêve qui participe à la nécessaire cohésion de la multitude. Ce rêve ne tient toutefois pas en compte les laissés-pour-compte de la mondialisation, les ‘meilleurs’ ont trouvé plus dociles, moins chers, tout autant qualifiés, bien loin de leurs terres d’origine et ils délaissent leurs compatriotes. La stratégie centrée sur le féminin est jugée pertinente car elle fait oublier qu’il existe des pauvres, qu’il existe des riches, et que les premiers ont cru naïvement qu’ils étaient sur le même bateau que les seconds.
Le féminin ne serait-il que le cache-sexe attrayant d’une société de plus en plus inégalitaire, en charge de marginaliser culturellement et socialement les plus démunis ?




