Féminisme à cheval
Un groupe de femmes organisent des happenings en portant des fausses barbes. Une façon de faire honte aux hommes de leur « pouvoir » sans s’en approcher.
Sur le papier qu’on a eu, on trouve deux textes : un texte général sur leur groupe et un texte circonstancié à la conférence-débat. Elles veulent « remettre le féminisme en selle ». Elles veulent « partir à la conquête des territoires du pouvoir, sous toutes ces formes ».
Elles sont effarées, excédées, effrayées... etc. par la domination masculine... « Partout où les femmes se sentiront écrasées par la domination » il faut qu’elles surgissent avec de fausses barbes. Les hommes se sentiraient, eux, « en terrain conquis ». Il faut leur dire « que les femmes veulent en être » et pour cela « jouer le jeu de la masculinité », « arborer les attributs du pouvoir ».
Que feront les femmes du pouvoir ? On le verra. Pour l’instant, le mot d’ordre est de le prendre !
Au recto, le texte daté et circonstancié s’intitule « Quiris et Futura » présente les organisateurs de la conférence. Puis leur prête des intentions sous forme de questions fermées : « sied-il aux femmes de réfléchir ?... Savent-elles seulement ce que démocratie numérique signifie ?... »
Nulle part, elles n’écrivent le nom des femmes qui pourraient être à la tribune et qui n’y sont pas. Ni ce qu’elles y diraient, puisqu’elles présentent la conquête du pouvoir comme un combat sans autre but que le pouvoir lui-même.
« En nous proposant de réfléchir entre vous, vous nous obligeriez, messieurs. » « entre vous » : ni « avec vous » ni « parmi vous ».
Aucun de ces hommes à la tribune n’a pensé qu’il ne seyait pas aux femmes de réfléchir. Ils n’ont jamais rien dit ou écrit qui permette une telle assertion. De même qu’aucun ne porte la barbe.
Ces femmes qui se plaignent qu’aucune femme ne soit à la tribune ne se soucient en aucune façon de s’y mettre elles-mêmes. Quand la salle aura la parole aucune de ces femmes ne sera encore là pour s’exprimer sur le sujet.
Cette manifestation n’est pas du tout dans le réel. Cette manifestation n’atteint pas le réel. Elle n’est que dans le symbolique. La barbe n’est pas un attribut du pouvoir ! Si ces femmes veulent atteindre le but qu’elles déclarent vouloir atteindre, elles peuvent multiplier ce type d’action, si on peut appeler cela une action, autant de fois qu’elles veulent, cela ne déplacera pas une puce. Elles prêtent des intentions mauvaises à des gens, pour leur faire honte et tout se passe comme si elles ne visaient rien d’autre. En tout cas, elles n’atteindront rien d’autre. Elles disent : « Regardez comme nous, les femmes, ne sommes pas considérées, voyez où sont ceux qui font le mal, condamnez-lez moralement avec nous... » Elles ne visent en aucune façon à résoudre le problème qu’elles posent (une inégalité de pouvoir entre hommes et femmes).
Envoi : Mesdames, je vais tâcher de vous empêcher de prendre ce texte comme anti-féministe, et de voir, au contraire, le travail positif du négatif pour parler comme Hegel. Ce texte est un texte féministe qui vise à produire d’autres lignes d’actions que celles qui consistent à clouer au pilori les méchants hommes, qui, soit disant, voudraient être entre eux et ne voudraient pas des femmes.
Deuxième envoi : Il y a une différence entre le jaloux et l’envieux. Cette différence est très mal portée par le langage et pas du tout par les gens. L’envieux veut détruire (l’objet ou le propriétaire de l’objet) et le jaloux veut gagner l’objet de sa jalousie. Ne soyez pas envieuses, soyez jalouses.
Troisième envoi : N’attendez pas que les hommes, avec leurs barbes tels que vous les décrivez, s’écartent pour vous faire une place. Ils ne le font pas entre eux.
Quatrième envoi : Puisque vous vous imaginez que les hommes souhaitent réfléchir entre hommes (et sans femmes) et organisent de le faire, (subtilement, par des barrières invisibles dont ils sont seuls coupables et responsables) :

