mardi 15 décembre 2020 - par velosolex

France inter : La loi des 5 W, et la mort de John Le Carré

 

Comment construit-on un journal audio ? Parler de la mort de Gérard Houillet, qui fut jadis l’entraîneur des bleus, est-elle l’information qui doit faire l’ouverture d’un journal ? C’est pourtant ainsi que le journaliste d’inter a ouvert son journal à 13 heures, ce 14 Décembre. La disparition d'Anne sylvestre, à 86 ans avait donné le premier titre de l’info, prenant la moitié du journal le premier Décembre.

    Sans remettre en cause l’immense qualité de la créatrice des « fabulettes », et le trou sidérant qu’elle va laisser dans la création Française, une telle OPA sur l’information dans un journal de la radio publique, émettant à la mi journée était-elle raisonnable, au vu de la richesse de l’information…

   Survenue le même jour que le décés de Gerard Houillet, la disparition annoncée de John Le Carré, auteur Anglais internationalement reconnu ne pouvait peser lourd. Aucun commentaire ! Exit l’auteur de « L’espion qui venait du froid » et de tant de chefs d’œuvres, écrits depuis un demi siècle.

    C’est ainsi, le journal général d’inter de 13 h. Le même rata pour tout le monde ! Si ça vous plaît pas, et que vous voulez manger à la carte, faut aller sur la toile. Ou lire le journal. Car même dans les gazettes régionales, ces informations apparaissent. John le Carré. https://bit.ly/37kjaKV « Des livres lumineux sur un monde de mensonges » titre aujourd’hui par exemple « Le Figaro ».

        « Il n’aura pas connu l’avènement de ce Brexit qu’il honnissait tant. John le Carré s’est retiré du monde avant de voir ses rivages de Cornouailles s’éloigner de l’Europe continentale. Dans son dernier livre, il avait mené une charge brutale contre le divorce du royaume avec l’Union européenne. Un acte « totalement irrationnel » selon lui. L’écrivain britannique était ainsi, l’âge n’avait pas lissé son caractère ni raboté ses passions, au contraire. Devant une course du monde qu’il ne goûtait guère, sa colère n’avait fait qu’enfler. « Avec le grand âge, je suis devenu plus radical que je ne l’ai jamais été », avait-il lui-même reconnu. »

 

    John Le Carré aurait mérité une place dans le staff de l’équipe de Gerard Houillet. Ce british était un sacré bon technicien, avec une vraie science sur toutes les stratégies de jeu, reconnu sur tous les terrains de jeu du monde, autant à l’ouest qu’à l’est. Spécialiste aussi de l’Angleterre véreuse, tricotant des intrigues sur ces types au dessus de tous soupçons, qui passèrent jadis de l’ouest à l’est, et parfois inversement. Mais John Le Carré a su très bien surmonter la dissolution de l’état soviétique, qui aurait pu couper son inspiration…

     Bref, un type bien utile à interviewer, même post mortem, à cette époque de Brexit atteint de hoquet, avec son Bojo chaque jour au réveil, répétant le même bulletin météo, comme dans le scénario d’« Un jour sans fin »

 

      Je me suis demandé comment ils fabriquaient leur journal à inter, moi qui ne suit qu’un naïf ne connaissant rien au métier, et de l’impératif de boucler l’affaire à temps. J’ai bien quelques clichés en tête, datant terriblement, avec des rédacteurs autoritaires manageant leur équipe en les engueulant, comme dans un ces films de Capra, de Hawks ou des frères Coën. En cherchant de ci de là je me suis fait mon idée, avec le matériel de récupération que j’ai pu trouver dans le tout venant. J’ai laissé forcément des traces, et certains sites me promettaient déjà une formation de journaliste en quatre mois, par vidéo conférences payantes.

     C’est dingue comment on est pisté très vite, malgré le masque covid réglementaire. Encore plus vite que dans un roman de John Le Carré, qui vous apprenait qu’on est jamais trop prudent. J’avais déjà des contacts…

 

       Je vais vous faire mon rapport de vive voix.

    Il y a des protocoles incontournables dans la vie d’un journal. Le matin il y a une réunion de rédaction, afin de dégrossir les sujets. J’ai plus ou moins mis à jour ce qu’on peut appeler le timing primitif ( Le journal - 24 heures dans une rédaction) https://bit.ly/3qUK6bS

Extrait :

-La première chose à faire est de relire les notes que vous avez prises pendant la conférence de rédaction. Cela vous permettra de vérifier que vous avez bien compris ce qui a été décidé pendant cette réunion. Grâce à cette relecture, vous pourrez vérifier également quels sont les éléments ou informations qui vous manquent ou qui sont incomplets.

-Inscrivez sur une liste les tâches à accomplir jusqu’au journal. Vous devez écrire ces éléments dans un ordre logique. Il s’agit ici de faire une sorte de « check list » de votre journal, sur le modèle de celle utilisée par l’équipage d’un avion avant le décollage. Vous pourrez barrer la liste au fur et à mesure de l’accomplissement des différentes tâches.

-Lisez la note de liaison rédigée par votre confrère, présentateur de l’édition précédente. De la même façon lisez le script de son journal. Si vous n’avez pas pu écouter l’édition précédente en direct, procurez-vous une copie et écoutez-la.

-Lisez les lancements des reportages qui sont déjà en boîte. Les reporters doivent laisser leurs reportages avec des éléments de lancement en précisant l’angle choisi.

-Ecoutez attentivement les sons qui sont disponibles. Notez les débuts et les fins de chaque son pour vous aider à rédiger les lancements. Notez la durée de chaque son.

-Communiquez avec les reporters. Faites-vous préciser les choses qui vous interpellent à la lecture des lancements et à l’écoute des sons. Renseignez-vous pour savoir qui est sur le terrain et quand ils vont rentrer. Téléphonez aux correspondants des autres rédactions pour vérifier que vous avez bien tous les éléments.

-Enfin pensez au rythme et à l’équilibre du journal. Avant de commencer à rédiger, ayez une idée précise de la forme finale de votre journal. Pour cela, posez-vous quelques questions : Est-ce que vous avez assez d’informations en bref ? Est-ce que vous n’avez que des papiers-plus-son ? Avez-vous des informations pour chaque grande région du pays ? N’avez-vous pas trop de sujets politiques et rien sur la vie quotidienne ?

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       Je suis sorti un peu déçu à la lecture de cette liste d’obligations et de devoirs, me rappelant à la fois l’école et le catéchisme. Et tenant aussi de la liste de courses.

    Avec ça en tête, on pouvait sans doute briller à un entretien de sélection à radio France, mais pas au « secret intelligence service ». Allez savoir si avec tous les bouquins de John Le Carré que j’ai lus, je pourrais pas donner le change. Toutes les compétences sont appréciées. Enfin, ça dépendait qui on avait en face, de l’autre coté du bureau d’embauche.

    J’avais imaginé je ne sais pourquoi, qu’un souci d’éthique, et de représentation des événements les plus importants du jour présidaient aux choix des sujets pour les journalistes d’un journal.

      Mais le réel est dur, et mon oreille en coin du 13 heures, m’a rappelé davantage l’art du boutiquier, ou du fleuriste, tâchant de composer une vitrine alléchante, pas trop rébarbative, faisant varier les couleurs, et ne fâchant personne par sa crudité, ou une faute de mauvais goût. Tiens, ça me rappel un bon titre de Le Carré : "La constance du jardinier", une balade mortifère au pays de big pharma. C'est tout à fait d'actualité. 

    En cherchant encore un peu sur le net, j’ai trouvé quelque chose qui fait sens. Une sorte de mantra qui est à l'information, ce que 3,14 est au cercle. C’est simple ! Il faut répondre aux 5 W (de l’anglais : « What Who Where When Why, ou en français : Quoi Qui 0ù Quand Pourquoi ? »

 

    Cela constitue la règle fondamentale, incontournable, impérative du journalisme. Il ne peut pas y avoir de compromis sur les quatre premiers W, nous dit on. L’auditeur a besoin de repères : Où ça s’est passé, quand, qui est concerné, qu’est-ce qui s’est passé ! »

    Ca, c’est du débriefing ! C’était assez facile à comprendre et à se rappeler. Applicable d’ailleurs à beaucoup de situations. Je me suis demandé si Gerard Houiller en avait pas fait profit auprès des bleus ? Il faut tout de même savoir ce qu’on fait quand on traverse le terrain avec une balle au pied. Où est le but, et à qui on va envoyer la balle, quand, et pour quel usage ?

     Je ne sais pas qui avait inventé la recette. Mais elle me semblait en concordance parfaite avec le monde de John Le Carré. Et plus loin dans le temps avec celui de notre cher Sherlock Holmes. 

("Hé Bien ! C’est formidable. Au début, j'ai cru que vous étiez intelligent, mais je m'aperçois que ça n'était pas si malin, au fond  !" - Mr. Wilson dans La Ligue des rouquins), où Holmes expose un vrai raisonnement, logique, rationnel, basé sur l’observation, la déduction, et la synthèse, et qui ne laisse aucune place à l'intuition.

        What-Who-Where-When-Why….. « Elementary my dear Watson ! » Encore mieux en Anglais qu’en Français. D’un seul coup je comprenais pourquoi c’était des journalistes de langue anglaise qu’avaient fait tomber Nixon. Cette série de clés anglaise à prise W était impressionnante, propre à déboulonner n’importe quelle affaire.

    Un doute m’est venu. Et si l’enquêteur utilisait cet arsenal pour authentifier l’auteur d’une crotte de chien, oubliant le cadavre criblé de balles qui est allongé sur le trottoir d’en face ?

 

 

 

     Cela n’a pas été le cas toutefois pour cette courageuse journaliste Mexicaine, Regina Martinez, qui est morte d’avoir voulu faire son métier.

   Depuis, vingt-cinq médias internationaux ont enquêté sur la violence meurtrière dont sont victimes les journalistes au Mexique. . https://bit.ly/2IT3nJI

    Ce genre de personnes se remettant sur l’enquête vous fait retrouver la foi en la gente humaine, après que les assassins vous l’ai fait perdre.

    Sur inter, j’ai tout de même trouvé le journal de 13 heures bien décevant, (écoutable en pod cast https://bit.ly/2IPSqsn ). Il me semblait tenir au mieux de la composition artistique, au pire relevé d’un exercice de manipulation.

   Le silence est en soit une forme de complicité, aurait pu dire Sherlock Holmes !

     Au fond il suffit simplement de faire son métier, c’est à dire ce que les autres exigent de vous :

« En soi, la pratique du mensonge n’a rien d’éprouvant. C’est une question d’habitude professionnelle, une ressource que la plupart des gens peuvent acquérir."

« L’espion qui venait du froid, de John Le Carré-1973 » 

 

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https://bit.ly/2LqlAPx John Le Carré, les autres et moi – JDD

 

     Le chroniqueur d’inter s’est attardé sur les tests de recherche du covid pratiqué au Havre, la ville d’Edouard Philippe. Puis s’est appesanti sur le résultats d’un sondage fait sur un millier des « 16-26 ans » concluant à un accroissement formidable de la confiance des jeunes envers les élus et personnels politiques, (du local au national dans le même lot)... Beaucoup, peut-être encouragés par les résultats des marcheurs-néophytes en politique, se verraient pourquoi pas faire une carrière…

      Macron à un projet de référendum dans les cartons. Pour cela il compte rebondir sur les propositions de la conférence citoyens, prenant ce qui l’arrange, rejetant le reste dans le tri sélectif. Même s’il faut pas l’emmerder avec les gros SUV fabriqués en France, il ne sera pas dit qu’il sera un acteur incontournable de l’écologie. On n’en saura pas plus avant le prochain numéro. Après le credo habituel sur le monde de la culture discriminé par le covid, le journaliste a proposé de faire un voyage d’une semaine dans la tête d’un CRS. Non je me trompe. Il s’agissait de celle d’un garde forestier.

     Bon, je passe sur le menu frotin, le masque miraculeux trouvé par les israéliens. Trump, le cramponné enfermé dans les chiottes de la maison blanche devient un maronnier. Mais pas un mot sur les manifs du week-end, contestant la loi « de sécurité globale » les arrestations arbitraires. « Inutile d’en parler coco ! » Des nouvelles qui préoccupent tout de même les autres pays, avec des vidéos qui font si taches qu’on veut les interdire, plutôt que s’attaquer aux causes. .Le haut commissariat aux droits de l'homme de l'ONU a fait part de ses sérieuses préocupations au sujet de ce texte controversé, et qui déclenche une telle fureur ! Les libertés fonfamentales remontant à plus d'un siècle sont en danger !

 

       Ce n'est pas non plus en écoutant le 13 heures d'inter qu'on pourra apprendre, contrairement à l'importance que les journaux ont accordé à cette information, que l'écrivain Italien Corrado Augias, a rendu sa légion d'honneur. Il estime que le président Macron n'aurait pas dû concéder cette médaille à un chef d'état, c'est à dire le président Egyptien Sissi, qui s'est objectivement rendu complice d'atroces criminels.

    Il n'y a pas que le covid pour imposer des masques.  https://bit.ly/3oPn0l6&nbsp ;&nbsp ;

 

      Peut-être est il plus judicieux de tirer des bords sur nos chers morts ? Cela met tout le monde au garde à vous, et occupe l’espace médiatique. A un jour près Giscard a failli se télescoper à la page des obsèques avec Anne Sylvestre. On en aurait fait une fabulette, parlant de la rencontre de Blanche-Neige et du chasseur.

     Pas sûr que c’aurait été jugé de bon goût ! L’humour est bien plus difficile à manipuler actuellement que la langue de bois.

    Mais enfin ils sont morts à un jour d’écart, comme il convient. Les nécros étaient prêtes dans les boites. Une célébrité par jour ! Peut-être est là un quota à ne pas dépasser ? Pour la mort des anonymes dont les circonstances sont fâcheuses, au point de rendre l’événement remarquable, c’est un autre problème. 

      Mais il semble que certains jugent inutiles d’en parler.

      Je pense par exemple à ce silence assourdissant entourant l’homicide de ce jeune Anglais de 24 ans, mort chez lui, près de Cajarc, dans le Lot, pauvre victime d’un chasseur sévissant en bande organisée, lors d'une battue aux sangliers….

     Ce drame a pourtant fait la une non seulement des journaux régionaux, mais a bénéficié aussi d’une grande couverture médiatique de la plupart des grands titres. https://bit.ly/3qZ8ARa

     Il est possible que l’info ait été diffusé sur inter et les chaînes publiques, mais en catamini, en tous cas pas dans les grands titres. Comme dans toutes les affaires liées à un sujet sensible, ce triste accident fait sens, car situé à la rencontre du partiiculier, de l'événementiel, et des lobbys agissant. .

      L’événementiel, c’était ce confinement, dont certains politiques ont permis aux chasseurs de s’exonérer des règles, et de se balader avec un fusil dans la campagne, l’arme létale faisant abstraction ou remplacement de toute autorisation de sortie.

     On comprend que le tableau de chasse soit si fâcheux, au terme de cette battue aux sangliers, que certains journalistes n’ont même pas eu besoin de conseils pour s’autocensurer, et préférer parler d’autre chose. Dans cette affaire, poser la règle des 5 WWhat-Who-Where-When-Why revient à poser cinq chefs d'accusation. 

     On comprendra la timidité à la traiter et ce comment des informations faisant sens s'avèrent explosives. Là où un journal comme « Le canard enchaîné » se met à cancaner, d’autres rentrent vite au poulailler.

    Un jeune homme est mort. Cela a été un drame pour ce qui restait de sa famille, mais d’un village, voir d’une région. Il faisait l’unanimité par sa gentillesse et sa générosité, toujours prêt à donner un coup de main aux autres. Bien que nés de parents Anglais, Morgan Keane était né dans la région. Il appartenait à cette communauté Franco Anglaise, déjà secoué par le Brexit.

    Morgan Kean avait toute la vie devant lui. Il aurait pu devenir écrivain. Un nouveau John Le Carré.

     Il y a des gens qu’on a connus que par les journaux, ou par les livres qui restent longtemps vivants en nous.

    Ils surnagent du tri sélectif des jours.

 



23 réactions


  • sylvie 15 décembre 2020 11:02

    Merci, j’ai entendu vaguement parler de cette affaire incroyable, le pire c’est que cela se passe trop souvent.


  • nono le simplet nono le simplet 15 décembre 2020 11:20

    salut à toi !

    ahhhh ! le chasseur autorisé et le chercheur de champignons ou de châtaignes interdit ... la seule satisfaction que j’en ai tiré c’est que mon voisin, propriétaire d’une centaine d’hectares mais non chasseur, a reçu comme tous les ans un lièvre en cadeau ... il a failli partir à la poubelle ... je l’ai récupéré à temps et j’ai fait 6 bocaux de pâté dont 3 pour mon copain ... un beau mâle avec un kg de viande une fois désossé ... le lièvre n’est pas mort pour rien ... 

    par contre, si on lui avait offert un promeneur ou un chercheur de champignons en cadeau ça aurait fait plus de bocaux .... mais aussi plus de boulot ...


    • velosolex velosolex 15 décembre 2020 13:00

      @nono le simplet
      La chasse est déjà en scandale. Qui se double en période de confinement. Des imbéciles ont fait pression pour déroger au droit commun. Le résultat est si accablant ! . Les balayeurs ont droit eux aussi à une dérogation de sortie pour pousser les morts sous le tapis


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 décembre 2020 13:22

      @velosolex

      La chasse n’ est pas pour moi un scandale si Nono m’envoie un bocal de pate de lièvre...


    • velosolex velosolex 15 décembre 2020 15:05

      @Aita Pea Pea

      l’éphéméride des jours est tout de même très inquiétant. Plus de grands projets. Peut être gagne t’on en retour à apprécier les choses les plus simples. J’adore les histoires du quotidien, celles des gens de l’ordinaire qui ne le sont jamais. Ce matin, à la poste, je me suis dit que j’aurais pu écrire un billet, en écoutant les gens. Faut dire que j’habite un petit village du Finistère, où le temps s’est un peu arrêté, et qui est resté dans le jus des années 70, l’époque où j’avais lu ce beau livre de Pérec. « la vie mode d’emploi » 

      La dame de la poste, Martine, prend son temps avec chaque client. Toujours un petit mot à chacun, un art de prendre des nouvelles, de faire des recommandations et de rebondir. Une intermittente du spectacle de la poste à temps complet. C’est un plaisir de l’écouter. Elle tente toujours d’imposer les timbres de collection, si l’on peut dire ainsi. Mais l’image de Notre dame sur l’un deux la fait promotionner cet exemplaire à tous ces clients.

      Martine possède ce talent qu’avait les boutiquiers dans le temps de magnifier le moindre objet en vitrine. Un client, un sexagénaire brut de coffrage, pas rasé comme on en voit pas mal ici, est venu chercher un colis, son masque sur le nez 

      « C’est mon cadeau de Noël, ma sœur qui l’envoie ! Y en a pour 200 euros ». 

      « Ah bon ! mais il faut attendre Noël pour l’ouvrir ! Votre sœur serait pas contente si vous l’ouvrer avant. »

      « J’peux pas. C’est des médicaments....

      Bon...Martine a piqué un peu du nez..

      Mais c’est vite reprise. Lui a dit qu’il pouvait être content d’avoir une sœur qui tenait tant à lui. Il a acquiescé. Il y avait deux ou trois clients qui souriaient dans la poste trop grande pour ce petit village, qui tient à ses services publics.

      C’était comme une nouvelle de Tchekhov. Un auteur plein d’humanité aussi. La lecture est un formidable outil de survie et de résilience. On peut dépasser les doses prescrites. 

      Moi je venais envoyer une part de pudding à une copine de Quimper, car une amie anglaise me l’a confié afin de le partager à mes connaissances. Je peux pas t’ en envoyer un bout mais le cœur y est. Mon histoire a réconcilié Brigitte aussi avec les colis de Noël. Le pudding c’est une gourmandise, et un médicament de l’âme qui se conserve bien, et qui peut être envoyé par la poste. 

       »Je vous met des timbres de collection ? Comme ça votre amie sera doublement contente " m’a t’elle dit.

      Je pouvais pas refuser. 


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 décembre 2020 15:40

      @velosolex

      plus de grands projets... Sur Valenciennes Toyota embauche 500 cdi et Bombardier 400 ...Sur je me réjouis, mais bon je dois être un salaud .


  • Rantanplan Arschloch 15 décembre 2020 11:20

    Désinformation !

    Les chasseurs avaient tous rempli leur attestation de déplacement dérogatoire et coché la case n° 5 : « Déplacements de personnes en situation de handicap et leur accompagnant ».


  • Francis, agnotologue Francis 15 décembre 2020 12:03

    « Le journalisme consiste pour une large part à dire : ’’ Lord Jones est mort ’’ à des gens qui ne savaient même pas que Lord Jones existait. » (G. K. Chesterton)


  • velosolex velosolex 15 décembre 2020 12:53

    Ca consiste aussi à faire croire aussi que la mort de Lord Jones, et plus importante que celle des gens qu’il a tué !


  • agent ananas agent ananas 15 décembre 2020 14:03

    Un journaliste c’est soit une pute, soit un chômeur, pour reprendre la citation de Soral ... Pour Carl Bernstein, devenu célèbre pour son enquête sur le Watergate, le journaliste est aussi un espion. Lire son exposé de 1977 après les travaux de la commission Church.

    Il y a bien sur quelques rares exceptions, comme Robert Fisk récemment décédé, qui ne peut se défendre maintenant qu’il est attaqué par les larbins des médias mainstream. Soral a raison ...

    Quant à John Le Carré il allé rejoindre mon amie Yvette à qui il avait dédié son Constant Gardener ...


    • velosolex velosolex 15 décembre 2020 15:00

      @agent ananas
      Je pense qu’on trouve dans la profession la même proportion de suivistes de connards et d’opportunistes que dans chaque profession. Il y a tout de même plus de 2000 journalistes en taule, avec certains pays qui se distinguent plus que d’autres. On peut nommer en tête, la Turquie, l’Egypte, mais beaucoup se pressent derrière. Au Mexique c’est plus simple, on les exécute.

      C’est étonnant, mais partout où j’ai passé, dans n’importe quel secteur, du primaire ou tertiaire, j’ai retrouvé sensiblement la même dynamique de groupe, déjà en réalité depuis la maternelle : Les fayots, les grandes gueules, les endormis,

      Après ça, je n’ai pas dit grand chose. Pour le journalisme, la limite est déjà défini par la qualité de la plume, mais aussi par la politique éditoriale du journal. Deux ou trois grands patrons gouvernent la presse, sans parler de la pression des publicités détestant qu’on critique les produits qu’ils tachent de promotionner dans les pages achetées. 
      Avec ça, il y a les limites de ce qu’un lecteur est capable d’accepter. Pas d’article trop long, étranger à son champ de compréhension. Finalement c’est moins ingrat décrire des romans. Mais n’est pas John Le carré qui veut. Nous voici dans une autre jungle celle de l’édition


    • HELIOS HELIOS 16 décembre 2020 11:09

      @agent ananas

      Le problème ne vient pas des journalistes, mais des rédactions  !

      Qu ce soit au Figaro, France Inter, sur France Info... ce sont les rédactions qui sont dirigées non plus par des journalistes, mais par des opportunistes politico-corrects qui anticipent l’envie des puissants et des mafieux pour leur démontrer leur soumission. D’ailleurs ils ont été placés là où ils sont par des conseils d’administration.
      Ne pas oublier que le Canard Enchainé, par exemple, est exactement du même niveau car c’est le miroir (vous savez, l’image inversée) des autres publications.

      Alors, il faut bien savoir que chacun defend sa chapelle, mais se pose quand même le problème global de notre société posé sur tous ceux qui détiennent un petite fraction du pouvoir.
      Cette petite fraction du pouvoir pourrait donner plus de responhsabilité, plus de retenue mais comment faire comprendre a ceux qui ont « oublié » leur education, leur philosophie et leur culture.

      Le monde est un monde de sauvages où ceux qui décident sont ceux qui n’ont aucune valeur morale, il n’ont que la roublardise, la manipulation et « l’associalité » qui leurs ont permis d’arriver là où ils sont. 
      Jamais vous me ferez croire, non, j’abuse, mon age me demontre que je sais que les hommes qui ne respectent rien au nom de je ne sais quelle defense des autres, à travers un pouvoir qu’ils ont arraché a ceux qui l’avaient, soient respectueux de leurs administrés.
      Prenons l’exemple de Jean Castex, tous ses discours plein de protection pour ceux qu’il soumet ne cache pas l’erreur de croire qu’il etait un homme respectueux avant d’etre au gouvernement et que maintenant il est contraint par la situation sanitaire. Il a toujours été une graine d’autocrate et dont la formation lui a permis son « caméléonisme local » maintenant national.

      La nature des gens ne change pas, a choisir entre un truand pour nous gouverner, au nom de son efficacité, fait de nous quand même des truands.
      Je préfére un homme de Valeur, quitte a me defendre, plutot que de déleguer une efficacité illusoire a ceux avec lesquels je ne partage rien.

      La presse en général est exactement soumise a ce phenomène, s’il y a des tendances a défendre selon les positions des journalistes, il ne doit pas y avoir de manoeuvres telles que celles que nous subissons aujourd’hui.

      Un exemple ? vous avez tous vu la pub sur ces 2 femmes Marie bien blanche même dans son prénom et Leila  bien bronzée comme son prenom également faite pour un « produit » et en réalité support d’une perception multiculturelle et LGBT de notre société ? Quelle propagande metropolitaine (au sens elite urbaine).

      Je trouve cela insupportable, Que n’ont-il au minimum, inversé les prénoms pour adoucir la violence de l’attaque contre l’histoire de notre société qui accepte pourtant sans problème cette multiculturalité comme une liberté fondamentale ?

      Donc, qui a choisi, signé, aupres de l’organisme publicitaire, cette pub si ce n’est une « rédaction » ou « direction d’antenne » qui n’a aucun respect pour l’ensemble des téléspectateurs ? ... comme l’info dans un effet miroir : je dis, je dis pas !


    • velosolex velosolex 16 décembre 2020 12:44

      @HELIOS
      Il faut simplement déjà une bonne culture classique, propre à éveiller le sens critique. Le panorama de la presse présentant un fait sous différentes interprétations, et volonté manipulatrices ne peut que développer encore plus alors sa capacité à extraire le vrai du faux. Umberto Ecco, et plus Barthes ont écrit pas mal de choses à ce sujet. La propagande est le vieux nom des guerres d’influence de toutes sortes, présentes dans le discours médiatique depuis l’invention de la presse. Parler de ce qui se passe actuellement nous laisse confondus. La régression est entamée depuis une génération. Il semble qu’à très court terme, la capacité de lecture d’un événement n’existera plus. je ne parle même plus de la capacité critique, mais simplement de l’alphabétisme. Le smartphone va être de plus en plus le poisson pilote des requins décélérés, sensibles uniquement à la lumière affichée sur leurs écrans. 

      Pour la radio, France culture est une exception. Je pense que le jour où elle sera davantage écoutée, les responsables seront invités à être moins critiques. Cet ilot de résistance envers la médiocrité bénéficie de sa faible notoriété. 


    • HELIOS HELIOS 16 décembre 2020 13:10

      @velosolex

      j’approuve, d’autant que j’ai quasiment le même constat.

      au fait, « requins décélérés »... plutôt « requins décérébrés » ??? ah, le correcteur automatique ....


    • velosolex velosolex 16 décembre 2020 17:08

      @HELIOS
      Merci
      J’ai beau me relire je pense que je laisse toujours des fautes énormes. (A ma décharge j’ai fait cet article en quelques heures avant hier. 
      Elles appartiennent à l’involontaire, et non à l’intention, et se cantonnent à l’orthographe, contrairement à bien des journaux, qui en dépit d’un grosse équipe rédactionnelle, ont des oublis étonnants quant au traitement prioritaire et hiérarchisé de l’information. 
      L’écoute du journal de 13h m’avait mis un peu plus en colère que d’habitude.
      Pas un mot sur John Le Carré, mais traitant en ouverture du journal sur le décès d’un ex entraineur de foot..
      Impasse sur la répression de la police sur les manifs du week end., au sujet d’une loi scélérate visant à supprimer une liberté fondamentale....
      Décoration du président Sissi par la chef de l’état en catimini non évoquée....
      C’était véritablement le journal qui aurait du faire la une, passé aux oubliettes au profit d’un journal bis. ..


  • sylvie 15 décembre 2020 17:34

    En Belgique on a eu l’affaire Riga


  • norbert gabriel norbert gabriel 15 décembre 2020 19:49

    Salut c’est un détail mais c’est Houllier et non Gérard Houillet, ...


  • Adèle Coupechoux 15 décembre 2020 20:12

    Merci pour cette bien tragique histoire.

    C’est sûr que les médias ne vont pas nous alerter sur les passe-droits et autres dérogations clientélistes... 


  • I.A. 16 décembre 2020 16:22

    M’ouais... l’info, vous la communiquez très bien vous même, avec quelques autres, sur Agoravox !

    Alors pourquoi aller se souiller les oreilles ?

    La radio comme la tv, aujourd’hui, on l’allume pour faire « bruit de fond », tant elles sont devenu des anti-modèles parfaits.

    Ça permet finalement aux complotistes d’écrire d’excellents articles... Merci pour celui-ci.


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