mercredi 12 décembre 2012 - par Robert GIL

Insécurité, incivilité et indifférence

L’insécurité est sans cesse ramenée sur le devant de la scène à l’occasion de la moindre élection, afin qu’elle pénètre suffisamment dans nos cerveaux pour en faire le problème numéro un de toutes nos préoccupations. Mais avant d’équiper les moindres recoins de nos cités et campagnes de « vidéo surveillance » ou de donner carte blanche à la police comme le suggèrent certains, il est bon de rappeler que bon nombre d’entre nous transgresse les règles dès qu’ils sont assis derrière un volant en mettant parfois en danger la vie des autres, et que dans le monde du travail les accidents tuent chaque jour des personnes parce que les entreprises ne respectent pas toujours les lois en vigueur.

La tolérance zéro pour parvenir à la délinquance zéro est une utopie, car dans toute forme de sociétés il y aura toujours des individus qui enfreindront la loi. Et un des grands paradoxes est l’exemple de ceux qui prêchent la sévérité envers des petits délinquants ou pour des incivilités plus ou moins graves, mais qui vont sans hésitation voter pour des hommes politiques impliqués dans bons nombres « d’affaires ». Peut-on demander au citoyen lambda d’être au dessus de tout soupçon et fermer les yeux sur les agissements de personnes censées être les garants de la « respectabilité » et de « l’honnêteté » ?

Et avant de se lancer dans de grandes campagnes démagogiques sur l’insécurité, commençons par nous mobiliser contre toutes les « incivilités » qui nous empoisonnent parfois la vie : les stationnements en double file, les déjections canines sur les trottoirs, le nombre de décibels de certains deux roues ou d’autoradio, le téléviseur du voisin qui hurle jusqu’à minuit, la tondeuse le dimanche à 7H du matin.

Parce que chacun de nous est susceptible de commettre toutes ces incivilités, nous souhaiterions l’indulgence pour nous-mêmes mais la sévérité pour les autres. Nous sommes révoltés par un tag sur la porte de notre garage, mais nous faisons faire les besoins de notre chien sur le trottoir du voisin, nous râlons sur le comportement d’un scooter, mais nous nous garons en double file.

Nous sommes prêts à accepter des lois de plus en plus répressives pour nombre de délits alors que nous possédons déjà un arsenal juridique et répressif impressionnant. Prenons la sécurité routière par exemple, plutôt que des radars, ne serait-il pas plus judicieux de former une vraie police de la route pour traquer les vrais chauffards, et non pour “pigeonner” celui qui va bosser le matin en roulant à 65 au lieu de 60 km/heures, une vraie police de la route, formée pour assurer la sécurité et pour sensibiliser les conducteurs au danger de la route, plutôt que faire du fric !

Et que penser de l’insécurité sociale, et des casseurs qui sont bien à l’abri derrière leur bureau et qui n’hésitent pas à détruire des millions d’emplois au nom de la rentabilité des dividendes distribués aux actionnaires. C’est derrière les façades des conseils d’administration que se joue l’avenir de millions de salariés qui seront livrés au chômage et à la précarité. Ces décisions ont au final une part active importante dans le problème de l’insécurité et de la délinquance que nous subirons ensuite au quotidien.

L’insécurité est l’affaire de tous, nous devons la défendre dans la rue contre les décisions des managers et actionnaires totalement omnibulés par l’appât du gain. Mais il faut aussi se demander combien d’entre nous sont capables d’intervenir si une personne est agressée en pleine rue ou dans un bus en plein après midi ? L’indifférence est peut-être la première cause de l’insécurité !

Sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2012/12/11/insecurite-incivilite-et-indifference/

Voir aussi : REGARDEZ OU VOUS METTEZ LES PIEDS



4 réactions


  • Hervé Hum Hervé Hum 12 décembre 2012 10:07

    Bonjour Robert Gil,

    Votre article dit bien qu’en fait il est faux de croire que « la liberté commence là où s’arrête celle d’autrui », car c’est se condamner à la liberté d’autrui.

    Ce n’est pas non plus celle consistant à dire que « la liberté n’est ne pas faire à autrui ce qu’on ne veut pas qu’on nous fasse ». Car cela ne dis que ce que soi même on veut et non ce que l’autre veut !

    Bref, les faux adages conduisent à de mauvais comportement !!!

    Non, la liberté c’est la responsabilité de ses actes et la responsabilité c’est la capacité de répondre de ses droits et devoirs envers autrui. (voir mon article droit, devoir et responsabilité)

    Je reviens toujours à ma petite formule :

    La liberté exige une grande discipline intérieure, la servitude un minimum et l’esclavage aucune car la discipline est imposé de l’extérieur.

     


    • Hervé Hum Hervé Hum 12 décembre 2012 10:20

      Ah, petite précision,

      La liberté exige une grande discipline intérieure, la servitude un minimum et l’esclavage aucune car la discipline est imposé de l’extérieur.

      Mais on peut remplacer la liberté par la responsabilité car l’un ne va pas sans l’autre.

      Cela veut dire que plus un pays se dote de lois répréssives, moins ses citoyens sont libres et responsables, sont réduits à la servitude et à l’esclavage. Et que moins un pays à besoin de se doter de lois répressives, plus ses citoyens sont libres et responsables.

      La point d’achoppement est bien la responsabilité individuelle. Seuls les irresponsables ont besoins d’êtres dirigés et commandés. De fait ,il est dans l’intérêt de nos « dirigeants » politiques et des élites économiques de maintenir un fort taux de gens irresponsables pour contrôler les personnes responsables par la peur des premiers.


  • jacques lemiere 12 décembre 2012 11:04

    Sécurité, éducation ..ce sont des sujets politisés et leur politisation les rend justement intraitables... morano traitant loyal de complice des assassins, la gauche traitant gueant de fasciste....c’est ridicule et stérile..


    la répression n’est absolument pas contraire au traitement social elle est complémentaire..
    La façon dont on voit la récidive est frappante et le prisme des faits divers ,pitoyable.

  • Inquiet 12 décembre 2012 11:15

    La tolérance zéro implique un degré de sévérité tel qu’il n’existera plus de barrière à commettre d’autres délits d’importance supérieure au délit que le délinquant à d’ors et déjà commis, puisque le peine maximale potentiellement prononçable est déjà atteinte.


    Cela explique en partie, pourquoi aux Etats Unis, dans lesquels on trouve des états intransigeants en terme de sévérité des peines, dont la peine de mort, cela ne limite en aucune manière la violence.
    Les Etats Unis sont aujourd’hui toujours un pays où la violence civile est la plus prononcée.
    Etonnant non ?


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