mardi 14 mai - par Laconique

Jacques Ellul : L’Illusion politique

 

Dans L’Illusion politique (1965), Jacques Ellul analyse notre rapport au politique, et dresse le constat suivant : nous attendons tout de l’État, qu’il s’occupe des problèmes matériels et qu’il assume les valeurs spirituelles. Cette attitude est pour Ellul nocive, elle condamne l’homme moderne à s’enfoncer dans un bourbier stérile d’idéologies et de propagandes, et à nourrir des espérances toujours déçues. Pourrons-nous un jour guérir de notre névrose politicienne ?

 Lu L’Illusion politique de Jacques Ellul. Le texte – qui a été publié il y a plus de cinquante ans, en 1965, révisé et augmenté en 1977 – a forcément vieilli sur certains points. Certaines références (l’URSS) sont périmées. Dans l’ensemble, néanmoins, l’ouvrage reste étonnamment et même plus que jamais actuel. Certains phénomènes analysés par Ellul se sont prodigieusement développés depuis 1965, ce qui ne donne que plus de poids à son argumentation.

 Il n’entre pas dans mon propos de rendre compte ici de façon complète et exhaustive de tous les thèmes abordés par Ellul dans un essai d’une densité qui ne se pratique plus guère de nos jours. Je me contenterai de relever les points les plus significatifs, en citant autant que possible le texte lui-même.

 Qu’est-ce que l’illusion politique pour Ellul ? C’est le propre de la pensée moderne, pour laquelle la politique prend toute la place laissée vacante par Dieu. C’est la conviction que tout est politique : « L’illusion politique réside dans la conviction ancrée au cœur de l’homme occidental moderne qu’en définitive tous les problèmes sont politiques, et qu’ils sont susceptibles d’une solution par la politique, qui d’ailleurs offre la seule voie praticable » (p. 251). « Tout penser en termes de politique, tout recouvrir par ce mot (en s’inspirant de Platon et de quelques autres, pour les intellectuels), tout remettre entre les mains de l’État, faire appel à lui en toute circonstance, déférer les problèmes de l’individu à la collectivité, croire que la politique est au niveau de chacun, que chacun y est apte : voilà la politisation de l’homme moderne. Elle a donc principalement un aspect mythologique. Elle s’exprime dans des croyances et prend par conséquent aisément une allure passionnelle » (p. 40).

 Il suffit de lire les commentaires sur les sites d’actualité, ou les articles sur des sites d’expression libre comme Agoravox, pour constater à quel point l’obsession politique est capable de s’emparer de tous les esprits. La haine délirante suscitée par certains hommes politiques (Emmanuel Macron, Jean-Claude Juncker) reflète en réalité une attente phénoménale à l’égard du politique. On attend véritablement du politique qu’il prenne en charge la vie de chaque instant, qu’il « change la vie », et on reporte sur le président, sur le gouvernement, sur l’Union Européenne, le poids de toutes les frustrations et de toutes les limitations inhérentes à la condition humaine. La France me semble particulièrement prédisposée à ce type de névroses, pour des raisons historiques. C’est en France que l’héritage romain est demeuré le plus vivace (l’Église ayant davantage modifié les perspectives en Italie). Il ne reste rien du passé gaulois, la France, conquise par César, attend tout du politique et de ses hommes providentiels – comme l’histoire l’a maintes fois illustré, souvent pour notre plus grand malheur. L’État romain, centralisé, autoritaire, omnipotent, hante encore l’imaginaire des citoyens et des représentants.

 Or, plusieurs phénomènes rendent cette attente totalement illusoire. Ellul consacre de nombreuses pages, sur lesquelles je ne m’étendrai pas, à la bureaucratie. La politique ne se joue pas au niveau des hommes politiques, mais au niveau des fonctionnaires chargés de rédiger les textes législatifs et de les faire exécuter sur le terrain. L’anarchiste Ellul fait le constat des proportions toujours plus grande prises par l’État moderne, qui régule tout, et dont la structure bureaucratique échappe en fin de compte au contrôle effectif des gouvernants.

 Ensuite, et Ellul retrouve ici un de ses thèmes de prédilection, cette valeur attribuée au politique est illusoire du fait de la nature foncièrement technicienne de notre société, dans tous les domaines. L’homme politique à la Plutarque, qui change le cours de l’histoire par ses choix et par la force de sa volonté, a définitivement disparu. Désormais il n’y a plus de choix, puisque tout est de l’ordre du nécessaire technicien. Les hommes politiques sont interchangeables, et en fin de compte c’est la parole de l’expert, du technicien, qui emporte la décision : « Le véritable choix aujourd’hui, dans les problèmes politiques, dépend des techniciens qui ont préparé la question et des techniciens qui devront mettre à exécution la décision. D’où un amenuisement de la fonction politique » (p. 70). « De moins en moins se rencontrent de pures décisions « politiques ». Si la politique est toujours définie comme l’art du possible, c’est aujourd’hui le technicien qui détermine avec une exactitude croissante ce possible » (p. 71). Et en effet, quelle compétence peut avoir un homme politique, quel que soit son parcours, sur nucléaire, le climat, le marché de l’automobile, la genèse des mouvements terroristes ? En définitive ce sont toujours les experts, les spécialistes, les techniciens, qui déterminent les orientations de fond, l’homme politique n’étant là que pour avaliser la décision et la faire passer auprès de l’opinion publique.

 On arrive là à un autre aspect très abondamment développé par Ellul dans L’Illusion politique : le rôle de l’opinion publique dans les sociétés modernes abreuvées par ce que l’on appelle les « mass media ». Au cours des siècles passés, l’homme n’était véritablement affecté que par le réel, par ce qui touchait sa vie de tous les jours : le pain à gagner, la situation familiale, etc. Le reste, « révolution de palais, décisions de guerre, changement d’alliances, tout cela était très loin du sujet vaquant à ses œuvres personnelles. Il connaissait peu ces faits, sinon par les baladins et trouvères ; il s’y intéressait comme à la légende, et sauf quand il était au centre de la guerre, il n’en supportait que très lointainement les conséquences » (p. 144-145). Dorénavant, c’est le monde entier qui est rentré dans le champ d’observation de chacun, et ce sont les media qui jouent le rôle de filtres entre l’individu et le monde. C’est le règne de l’actualité, l’actualité dont chacun est devenu en quelque sorte dépendant. Or ceci produit une distorsion inévitable de la réalité : « Nous poserons comme une espèce de principe que la prédominance de l’actualité produit une incapacité politique fondamentale de l’individu, aussi bien gouvernant que citoyen » (p. 92). L’actualité annihile toute possibilité d’une réelle prise de conscience politique chez l’individu. Elle génère un univers fantasmagorique, dans lequel les tremblements de terre succèdent aux statistiques sur la conjoncture économique, aux obsèques de célébrités et aux matches de football, sans aucune hiérarchisation dans l’esprit d’un téléspectateur hypnotisé. Elle crée un « effet de dispersion » (p. 92), une « incapacité pour l’homme d’intégrer l’information dans une élaboration constante, parce qu’il n’en a jamais le temps » (p. 94), un « homme sans mémoire » (p. 98). Dès lors, les opinions politiques de l’homme moderne n’ont plus aucune profondeur, elles ne sont plus soutenues par des lectures, des analyses de fond, mais par émotions passagères et épidermiques : « Il ne peut alors effectivement que réagir, au même titre que la célèbre grenouille de Hales. Il aura des « opinions » purement viscérales, provenant de préjugés et du milieu, d’intérêts et de propagandes, etc. Cela aussi est étroitement lié à sa situation d’homme plongé dans l’actualité » (p. 94).

 Dans cet univers des « mass media », seul existera ce qui est susceptible de produire des images, de susciter une réaction émotionnelle chez le citoyen. La politique devient une entreprise de manipulation mentale, une succession de récits fictifs, un spectacle : « Ce citoyen de l’actualité se fixe aussi sur de faux problèmes, ceux qui lui sont imposés par l’information, qui font partie du « spectacle politique ». La politique prend aujourd’hui souvent en effet la forme du spectacle, spectacle pour le citoyen, comme spectacle offert par les hommes politiques pour régaler leur clientèle » (p. 97).

 Les media ont par ailleurs un rôle normatif et uniformisant quant à la création d’un « récit commun » du groupe et de l’époque. Tous les faits n’ont pas la capacité de s’inscrire dans ce « récit commun », et donc de devenir in fine des « faits d’actualité politique » : « Un fait n’est en réalité politique que dans deux hypothèses : d’abord lorsque le gouvernement ou un groupe puissant a décidé d’en tenir compte, ensuite lorsque l’opinion publique considère ce fait comme tel et comme politique. C’est donc, non point le fait en lui-même, mais le fait traduit pour l’opinion publique qui maintenant est appelé fait politique, parce que le gouvernement doit gouverner en fonction de cette opinion publique » (p. 147). Cela signifie que si certains faits « ne prennent pas » dans l’opinion, pour une raison ou pour une autre (décalage avec la mentalité commune, avec les hiérarchies culturellement en vigueur, avec le discours que toute société tient implicitement sur elle-même), alors ces faits disparaissent à proprement parler, ils deviennent inaptes à intégrer le cours de l’histoire et à modifier celle-ci : « Il y a des faits qui n’existent pas, parce que l’opinion n’en est pas avertie. Ce sont, comme dans les régimes de dictatures, des faits fondamentaux, que presque tout le monde a (implicitement) intérêt à ne pas connaître. (…) En 1962, nous trouvions [ce] phénomène avec le travail forcé aux États-Unis. (…) Une population évaluée à 500 000 personnes était réduite en esclavage (wet blacks), et cependant l’opinion publique ignore purement et simplement le fait, qui par conséquent n’existe pas sur le plan politique. Il a fallu une enquête de l’O.N.U. pour le révéler, et encore avec combien de contestations et de limitations. (…) Et dans notre propre pays, le phénomène du camp de concentration est également hors du champ de la conscience. Qui a connu l’existence du camp de concentration de Gurs en 1939, ou d’Eysses ou de Mauzac en 1945 ? Qui a connu les conditions de vie dans ces camps ? Personne ou presque » (p. 148-149).

 La politique n’est plus détermination, dans la liberté, d’un destin commun, reposant sur des valeurs, mais réaction à un récit artificiel créé, non pas par des entités occultes ou malveillantes, mais par un mécanisme technico-culturel impersonnel, par l’adéquation des faits à un cadre normatif implicite et aux possibilités de restitution par les techniques audiovisuelles. Le télégénique crée l’histoire, avec toutes les distorsions que cela implique. Un mouvement comme celui des « gilets jaunes », ne rassemblant au fil des semaines qu’un nombre dérisoire de participants radicalisés (quelques milliers), mais abondamment relayé par les chaînes d’information en continu, aura finalement plus de poids politique, laissera une plus grande trace dans l’histoire que les marées humaines défilant en 2013 contre le « mariage pour tous ». Le féminisme alimentera tous les canaux d’information, sera légitimé par Hollywood, la publicité et les séries télévisées, mais les discriminations subies par les hommes, sur les plans financier, professionnel, judiciaire, psychologique, ne seront pas en mesure d’intégrer le récit normatif de l’époque sur elle-même.

 Enfin, Ellul reproche au politique de se présenter comme une « solution générale », bien commode pour justifier son inertie, son conformisme et se donner bonne conscience. Ce qui se dissimule derrière les grands mots de « peuple » et de « démocratie » – après lesquels il n’est pas permis de répliquer quoi que ce soit – ce qui se dissimule derrière l’exaltation du politique, c’est en fait souvent un terrible aveu de faiblesse, de vulnérabilité, et une fuite face à ses propres responsabilités. Le groupe tient chaud, dédouane de tout, autorise toutes les licences et toutes les violences (« le secteur politique se définit comme étant celui où précisément s’exerce la violence », p. 110). Ellul pointe l’attente vis-à-vis du politique comme une entreprise d’autojustification, comme une paresse existentielle : « Personne n’est en définitive responsable de l’affaire, personne n’est chargé ni de la justice, ni de la vérité, ni de la liberté : c’est affaire d’organisation, affaire collective. C’est « on ». Si ces valeurs ne sont pas réalisées, si les choses vont mal, cela veut dire que l’organisation est mauvaise, ou qu’il y a un saboteur, un titulaire du Mal, qui empêche que je sois juste grâce à la justice objective de la société. On accusera dès lors cet Ennemi, et bien entendu le Pouvoir, puisque c’est le Pouvoir qui doit assurer l’organisation juste et l’élimination de l’Ennemi corrupteur » (p. 254-255). Ellul parle d’une « fuite rigoureuse devant une responsabilité personnelle d’avoir à accomplir soi-même le bien ou le juste » (p. 255). Et en effet, pourquoi se soumettre à la modération, à la courtoisie, au devoir ? Je suis d’ores et déjà juste, et justifié, puisque je suis « gilet jaune », ou communiste, ou altermondialiste, ou féministe, ou vegan.

 En définitive, le grand intérêt de L’Illusion politique, c’est de manifester notre rapport véritable à la politique, rapport si profondément intégré qu’il en devient inconscient. Nous attendons tout de la politique, celle-ci a même supplanté la morale, c’est ce qu’Ellul appelle « l’autonomie du politique ». Le bien et le mal, le juste et l’injuste s’effacent par rapport au souhaitable, au possible, c’est-à-dire par rapport au politique : « En réalité, ce ne sont plus les valeurs qui nous servent de critère de jugement pour estimer le bien et le mal, c’est le politique qui devient aujourd’hui valeur suréminente par rapport à laquelle s’ordonnent les autres. C’est lui qui, avec ses épigones (nationalisme par exemple), devient la pierre de touche du bien et du progrès. Le politique est par soi excellent. Le progrès de l’homme dans la société aujourd’hui consiste à participer au politique » (p. 45). À l’heure où le politique est en effet paré de toutes les vertus, où les philosophes et les intellectuels prennent la tête de liste des grands partis historiques aux élections européennes (Bellamy chez les Républicains, Gluksmann chez les socialistes), cette position de recul, de méfiance critique par rapport à l’État et à la politique est éminemment salutaire. Il est toujours bon de se détacher des chimères, si nobles soient-elles, et d’aspirer à la vérité. Le fait que Jacques Ellul ait été un penseur chrétien n’entre peut-être pas pour rien dans ce positionnement non-conformiste. Que nous dit la Bible ? « Rendez à César ce qui est à César » (Matthieu, 22, 21). « Comprenez et voyez la gravité du mal que vous avez fait envers Yahvé en demandant pour vous un roi ! » (1 Samuel, 12, 17.)



11 réactions


  • Gollum Gollum 14 mai 09:38

    Mouais pas emballé par Ellul (que je ne connais guère) qui ne va pas assez loin à mon goût...

    Car ce qui cacrtérise le politique c’est le primat donné à l’action, à la raison...

    Or la raison veut dire le vrai, le bien, les valeurs...

    Or Nietzsche (anti-chrétien, ceci dit au passage) va bien plus loin qu’Ellul puisqu’il remet en cause cette prétention de notre capacité à dire le Vrai et le Bien...

    Et c’est bien plus dérangeant car on ne sait plus ce qu’il faut faire..

    Les sciences modernes avec les notions d’interdépendance universelle (que l’on trouve dans le Bouddhisme) nous montrent qu’avec notre rationalité limitée, quand on croit agir Bien le résultat peut être une véritable catastrophe. Les exemples abondent, notamment au niveau biologique.. où l’interdépendance est la règle.

    Le Taoisme chinois l’avait bien compris aussi. Alors que le christianisme, on cherche encore... D’où la répugnance des taoïstes pour l’agir. Et que pour eux la meilleure façon d’agir est d’être dans le non-agir.

    Et pour être dans le non-agir il faut être en harmonie avec le Tao. C’est l’union au Tao (bref, être Un avec le Tao) qui donne à l’homme et à ses actions une conformité avec l’interdépendance universelle et la non toxicité de ses actions.. L’intellect et la raison sont court-circuités par une intelligence supérieure qui prend alors les rênes de l’agir, par le non-agir...

    Mais essayez d’expliquer ça à un occidental persuadé que la raison est le summum des capacités humaines... smiley

    Et qui n’a toujours pas intégré ce que la pensée chinoise peut apporter à l’Occident.

    Je précise que le véritable christianisme, pas celui qui nous est vendu, est en phase avec le Taoisme. 

    Quand le Christ dit : Cherchez le Royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroit, cela veut bien dire qu’il faut être en union avec l’Un et qu’alors nos actions seront fécondes, non plus dominé par la raison, qui par essence, clive et divise (c’est le Malin de la Tradition) mais par le non-agir chinois (le wu-wei) qui nus rétablit d’emblée dans l’Unité et la fécondité qui va avec.

    Amen. smiley


  • Raymond75 14 mai 09:49

    Cet article est intéressant, et suscite de ma part trois réponses :

    ** Seul l’état, et des organisme supra nationaux comme l’UE par exemple, sont à même de définir les lois qui régissent la société. Il est donc normal, si l’on souhaite des évolutions sociales quelles qu’elles soient, de ’tout’ attendre de l’état. Les comportements individuels, même s’ils vont dans ce que l’on pense être le bon sens, ne suffisent pas à structurer une société.

    ** La France est un des pays ou les droits sociaux et les aides sociales sont les plus avancées ; lorsque l’on traverse une période de grandes difficultés, chômage, maladie, logement, il est donc normal que l’on se tourne vers l’état pour savoir si on peut être aidé. Mais une aide ne peut qu’être un complément à un comportement personnel positif, qui vous pousse à chercher une solution pour s’en sortir. Tout le monde n’a pas cette capacité, et certains sombrent alors dans l’assistanat. Il est facile de tout perdre : chômage + maladie, divorce + chômage, longue maladie, etc ... Il faut alors être aidé, mais aussi aidé psychologiquement.

    ** En France toujours, les diplômes obtenus à 20 ans déterminent toute votre vie : à cinquante ans on vous demandera d’abord vos diplômes, puis éventuellement on s’intéressera ensuite à ce que VOUS avez fait ! Et donc, peu de choses on été faites pour favoriser, et surtout encourager, une réelle formation continue et qualifiante pour les adultes. La conséquence est que l’on a tendance à baisser les bras, et à ne pas chercher, si elles existent, des possibilités pour repartir dans une autre voie. Je suis convaincu que c’est une des raisons, avec le dénigrement de la formation professionnelle par l’Éducation Nationale, qui fait que le taux de chômage ne baisse pas depuis trente ans. Et c’est ce qui fait que l’on attend trop de l’état ...


  • Jean De Songy 14 mai 14:05

    « Une erreur fondamentale et dévastatrice est d’instaurer un système politique basé sur le désir. La société et la vie ont été organisées sur la base de ce qu’un individu veut, pas sur ce qui est bon pour lui ou elle [...] A notre époque et dans cette partie du monde nous dépendons étourdiment de la démocratie et du système parlementaire, même si ce sont les expérimentations les plus insensées et les plus désespérées de l’humanité… C’est dans les pays démocratiques que la destruction de la nature et la somme des désastres écologiques s’est accumulée le plus… [pas de politique possible de l’enfant unique dans une démocratie ...] Notre seul espoir réside dans un fort gouvernement central et un contrôle inflexible du citoyen individuel. » Pentti Linkola

     

    Sinon Ellul c’est du copier/coller Heidegger à la sauce marxiste (c’est formateur pour comprendre « l’outil marxiste », aliénation, fétichisme, rapports, forces, classes de production etc.) et par là la logique hégélienne. Mais c’est pas très sophistiqué, rien à voir avec Marx par ex. Ellul est meilleur sur le moyen-âge...

     

    Mais le gogochon n’y comprendra rien, il doit lire NatteEtTouffa Diahlo, le philosophe de l’ex-France Soumise, où Hanouna.


    • Ecométa Ecométa 14 mai 18:07

      @Jean De Songy
      Ce n’est pas le système politique qui est basé sur le « désir », mais un système économique voué au consumérisme ; ce n’est pas, là, de l’économie au sens complexe du terme, mais une consommation portée à son paroxysme !


    • Jean De Songy 14 mai 19:52

      La démocratie, pas « tout système politique »
       
      Ellul nous ressuce du Marx (« du chou réchauffé » dirait Hobbes.) :
       
      « Toute émancipation n’est que la réduction, du monde humain, des rapports à l’homme lui-même.
      L’émancipation politique, c’est la réduction de l’homme d’une part au membre de la société bourgeoise, à l’individu égoïste et indépendant, et d’autre part au citoyen, à la personne morale.
      L’émancipation humaine [la vraie] n’est réalisée que lorsque l’homme a reconnu et organisé ses forces propres comme forces sociales et ne sépare donc plus de lui la force sociale sous la forme de la force politique. »
      Karl Marx, Sur la question juive


  • Ecométa Ecométa 14 mai 17:14

    Mais quel est le propre de la politique ?

    A l’origine, de gouverner, d’organiser la vie sociétale dans la cité, dans la ville et par extension dans la Nation, ceci, dans le cadre , en ce qui nous concerne, d’une Nation Républicaine, d’une République et de ses principes républicains ; de la Res-publica... donc de la chose publique, du bien commun !

    Dans un tel cadre institutionnel, institutionnel politique : n’est-il pas normal d’attendre beaucoup de la politique ?

    Nous devons attendre beaucoup de la politique et des hommes et femmes politiques qui l’incarnent ! Par contre des « politiciens », qu’ils sont tous devenus, c’est certain, hélas, nous n’avons effectivement pas grand chose à attendre !

    Nous avons, là, un vrai problème de « valeur d’usage » de la politique.

    Une première valeur d’usage en termes de « finalité démocratique », de gouvernance réellement démocratique, comme plus grand dénominateur commun, qui en tout entendement ;

    allie « Ontologie » et « Déontologie », et convient aussi bien au citoyen lambda qu’à l’homme ou à la femme politique pétris de démocrate républicaine.

    Puis il y a la « valeur d’usage politicienne, à fins de parvenir au pouvoir et d’imposer son seul point de vue sans aucune considération réellement démocratque ; sans une considération »Ontologique« d’aucune sorte et forcément sans aucune »Déontologie« que celle de parvenir par tout moyens au pouvoir !

    En toutes choses, politiques comme économiques, aussi de sciences : nous devons toujours nous interroger, avant tout, en termes d’Ontologie ; sur la vraie »nature« des choses, et ensuite en termes de moyens en adéquation avec cette »Ontologie« , donc forcément en termes de »Déontologie« s’y référant , 

    Ainsi, d’un point de vue »Ontologique, la nature de la politique comme d’ailleurs de l’économie, est sociétale, et il serait temps d’en tenir compte ! 


  • astus astus 14 mai 17:16

    Bonjour Laconique

    Merci pour cet article intéressant qui nous fait, ou pas, partager la pensée d’un auteur.


  • Xenozoid 14 mai 18:14

    tout specialistes a ce probleme ,si en plus on dit politique au lieux et économie alors bien sure se sont des pantin préfessionnels ,les journalistes aidant,le spécialiste est blanc ou noir.il parle de caste de gens qui se comprennent et les autres

    c’est ma laconie


  • Jean De Songy 14 mai 20:17

    L’ERREUR D’ELLUL

     

    cette valeur attribuée au politique est illusoire du fait de la nature foncièrement technicienne de notre société,

     

    Ceci est connu [La Technique, le « on » de Heidegger], Ellul remplace le fétichisme de la marchandise par le fétichisme de la Technique (risque déjà vu par Hegel début 19e...) mais elle n’implique aucunement la fin du politique, au contraire elle va en démultiplier la puissance (la Chine et ses caméras IA, où ses bébé à QI de 200 par ex). La Technique sert une idéologie, le capitalisme de la Séduction ds l’archipel boobalandais libéral-libertaire, la puissance en Chine, elle est certes immanente à l’humain mais comme son imagination pratique, qui elle peut changer :

     

    « Avec la technique, la neutralité spirituelle a rejoint le néant spirituel. Après avoir fait abstraction de la religion et de la théologie d’abord, puis de la métaphysique et de l’État, on semble à présent faire abstraction de toute culture et avoir atteint la neutralité de la mort culturelle [...] Le processus de neutralisation progressive des divers domaines de la vie culturelle touche à sa fin parce qu’il a atteint la technique. La technique n’est plus un terrain neutre [...] toute politique forte se servira d’elle [...] Il n’y aura de jugement définitif que l’on aura constaté quelle espèce de politique est assez forte pour s’assujettir la technique moderne et quels sont les véritables regroupements en amis et ennemis opérés sur ce terrain nouveau  » Carl Schmitt La notion de politique.

     

    Et évidement la Technique au XXIe siècle va s’encapsuler dans une idéologie transhumaniste comme elle le fut dans l’impérialisme, le nationalisme, le communisme où l’hacienda des Séouds. Et même elle se nie complètement dans l’écologie fondamentale, le romantisme, le naturalisme. Ellul est un gocho régressif. Un naturaliste de la logique de l’essence, de l’immédiateté de la Nature, un idéaliste subjectif, bref un comique dirait Marx où Hegel.

     


  • lala rhetorique lala rhetorique 15 mai 09:15

    Le livre date de 1969 donc avant que l’on soit via le crédit et autres intrusions financières, dans la financiarisation de l’économie. Par ailleurs, que les peuples attendent en démocratie, tout de leurs élus, me semble logique et normal, puisque les impôts, en principe, servent à cela. Car si l’état ne doit plus protéger, et aider le peuple, pas la peine de payer des hommes politiques et élus devenus inutiles. En démocratie, un élu est élu du peuple, pas de Dieu !


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 28 mai 21:00

    Y’en a un paquet qui ferait bien de le lire ^^


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