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John C. Woods : le bourreau mythomane qui a souillé la justice de Nuremberg - AgoraVox le média citoyen
mardi 7 octobre 2025 - par Giuseppe di Bella di Santa Sofia

John C. Woods : le bourreau mythomane qui a souillé la justice de Nuremberg

À l'aube du 16 octobre 1946, dans le gymnase crasseux de la prison de Nuremberg, des ombres vacillaient sous des potences de fortune. Les dignitaires nazis, artisans d'une horreur indicible, grimpaient un à un vers leur châtiment, escortés par des soldats aux regards figés. Pourtant, ce rituel de justice sombra dans le chaos : cordes mal ajustées, chutes ratées, et un bourreau, John C. Woods, dont l'incompétence transforma la sentence en calvaire. Sergent-chef américain au passé douteux, cet imposteur bâtit sa légende sur des mensonges, faisant d'une exécution historique un spectacle d'agonie prolongée, une tache honteuse sur la victoire alliée.

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Un charlatan grimpe à la potence

John C. Woods ne naquit pas pour manier la corde fatale, mais pour tisser des fables qui mènent au pouvoir. Né en 1911 à Wichita, Kansas, dans une famille modeste, il erra d’un métier à l’autre : ouvrier du bâtiment, employé chez Boeing, avant de s’engager dans la marine en 1929. Sa carrière sombra vite, torpillée par une désertion et un diagnostic psychiatrique cinglant : "infériorité psychopathique constitutionnelle", un verdict qui le jugeait inapte au service. Réintégré dans l’armée en 1943, il évita le front comme un pestiféré, mais sauta sur l’occasion en 1944, lorsque l’armée chercha un bourreau pour pendre criminels de guerre et soldats fautifs. Woods se porta volontaire, gonflant son CV avec aplomb : il jura avoir assisté à deux pendaisons au Texas et deux en Oklahoma. Pure fiction, car ces États, passés à la chaise électrique, n’utilisaient plus la corde à l’époque.

 

John C. Woods, el verdugo del ejército de Estados Unidos que ejecutó a la  cúpula nazi condenada en Núremberg y mintió en su currículum

 

L’armée, acculée par un manque criant de bourreaux qualifiés, avala cette fable sans sourciller. La pendaison, rare aux États-Unis où l’électrocution dominait, exigeait un savoir-faire oublié, et Woods, avec son bagout, devint l’homme providentiel. Promu sergent-chef, son salaire doublé, il fut muté au centre de formation disciplinaire de Paris, où il pendit 34 soldats américains pour viols, meurtres ou désertions et une quarantaine de nazis à Landsberg ou Bruchsal. Les archives révèlent au moins onze ratés : cordes trop courtes, chutes mal calculées, laissant les victimes agoniser. Plus tard, Woods fanfaronna, prétendant 347 exécutions, un chiffre que les registres ramènent à une soixantaine. Son ascension, un mélange d’opportunisme et de vide institutionnel, permit à ce mythomane trapu de s’emparer d’une tribune historique.

Cette négligence militaire n’était pas anodine. L’urgence de rendre justice après la guerre, couplée au mépris américain pour la pendaison, considérée comme archaïque, ouvrit la porte à un charlatan. Des rumeurs de son instabilité et de sa désertion circulaient, mais l’armée, pressée, ignora les signaux. Une anecdote raconte que Woods refusa un rapatriement pour "achever le boulot" à Nuremberg, signe d’un ego dévorant. Ainsi, un menteur de bas étage s’éleva au rang d’exécuteur des criminels les plus notoires du siècle.

 

Nuremberg Trials retouched - The International Military Tribunal (IMT). A  black and white photo of a group of men - PICRYL - Public Domain Media  Search Engine Public Domain Image

 

L’art britannique contre le bricolage américain

Outre-Manche, les Britanniques transformaient la pendaison en science précise. Leur technique du long drop calculait la longueur de corde selon le poids du condamné, garantissant une chute qui brisait la nuque en un instant, épargnant l’agonie. Des bourreaux comme ceux de la famille Pierrepoint, véritables artisans de la mort, maniaient des cordes tendues pour un craquement net, un drop de 1,2 à 2,5 mètres, offrant une fin rapide, presque clinique. À Hamelin, en 1945, ils exécutèrent des nazis par dizaines, dans une odeur de sciure fraîche et un claquement sec de trappe, chaque pendaison réglée comme une horloge macabre.

À Nuremberg, Woods dressa trois potences dans un gymnase peint en vert olive, un lieu où l’odeur de sueur sportive se mêlait à celle de la peur. Johann Reichhart, bourreau allemand ayant officié sous le IIIe Reich, fut consulté pour la construction. Il avertit que la chute était trop courte et la trappe trop étroite, risquant des blessures sanglantes. Woods ignora ces conseils, optant pour un standard drop américain : cordes uniformes, inadaptées aux gabarits robustes comme celui de Keitel. L’objectif, une fracture cervicale, fut sacrifié à une méthode grossière, héritée d’une nation préférant les volts aux nœuds. Les cordes, testées sur des sacs, négligeaient le poids individuel, condamnant les victimes à une strangulation lente.

Ce bricolage n’était pas un accident. Woods, vantant sa "vitesse", méprisa les bases techniques que Reichhart, fort de milliers d’exécutions, avait tenté d’imposer. La trappe exiguë, mal conçue, mutila des visages, le sang coulant avant même la corde. Une justice hâtive, où l’amateurisme yankee éclipsa l’expertise britannique, transforma un châtiment solennel en un fiasco cruel, indigne de l’enjeu historique.

 

Rope and Ashes | Affiants | Nuremberg. Casus pacis

 

Une nuit d’horreur : les pendus torturés

Hermann Göring échappa à la corde en avalant du cyanure, laissant dix criminels nazis affronter Woods : Joachim von Ribbentrop, Wilhelm Keitel, Ernst Kaltenbrunner, Alfred Jodl, Alfred Rosenberg, Hans Frank, Wilhelm Frick, Fritz Sauckel, Arthur Seyss-Inquart, Julius Streicher. Dans le gymnase obscur, sous les yeux d’officiers alliés, de journalistes comme Kingsbury Smith et de prêtres murmurant des prières, ils montèrent un à un. Ribbentrop, pâle, bredouilla un vœu de paix ; Streicher, défiant, cracha un "Heil Hitler" et une référence antisémite à "Purim Fest 1946". Mains liées, capuchon noir, ils gravirent les marches grinçantes vers le nœud coulant.

 

CPI(M) Puducherry ☭ on X: "74 years ago on the night of October 16, 1946,  by the verdict of the Nuremberg Tribunal, the following Nazi (Aryan)  criminals were executed by hanging in

 

La "vitesse" de Woods, dix exécutions en 106 minutes, cacha un carnage. Les cordes, trop courtes, et les chutes, mal calculées, ne brisèrent pas les nuques. Les condamnés, au lieu d’une mort instantanée, suffoquèrent dans une danse macabre, leurs grognements étouffés résonnant sous les capuchons. Ribbentrop et Sauckel agonisèrent 14 minutes ; Keitel, stoïque maréchal, lutta jusqu’à 28 minutes, son crâne heurtant la trappe trop étroite, éclaboussant de sang. Smith décrivit des râles prolongés, des pieds battant l’air ; pour Streicher, Woods tira sur le corps, étouffant ses cris. Le gymnase vibrait de chocs sourds et de cordes grinçantes.

Les détails glacent : la trappe minuscule lacéra les visages, Keitel et Ribbentrop saignant abondamment avant de pendre. Les prêtres, témoins impuissants, entendirent des confessions brisées par des spasmes ; des rapports médicaux, minimisés, parlent d’un carnage, avec des cœurs battant jusqu’à 24 minutes pour certains. Une anecdote méconnue rapporte Streicher murmurant "Adele, ma chère épouse" sous le capuchon, un ultime souffle avant le vide. Woods, indifférent, trancha les cordes, les corps traînés derrière des rideaux noirs. Une justice qui, par incompétence, prolongea l’horreur qu’elle voulait clore.

 

Une justice entachée et un bourreau foudroyé

L’armée américaine étouffa le scandale, ses rapports officiels vantant une exécution "propre" pour sauver la face. Woods, lui, pavoisait : "Jamais vu une pendaison aussi réussie", refusant un retour au pays pour traquer d’autres nazis. Mais les témoignages crevèrent l’abcès : Kingsbury Smith décrivit les râles, les visages ensanglantés ; le magazine américain Time, dès le 28 octobre 1946, dénonça des pendaisons "cruellement ratées". Des photos fuitées montrèrent les blessures de Frick et Keitel, contredisant le narratif officiel. Les prêtres, horrifiés, parlèrent de confessions étouffées par l’agonie.

 

Rope and Ashes | Affiants | Nuremberg. Casus pacis

Fichier:Dead wilhelmkeitel.jpg

 

Les révélations s’accumulèrent : officiers alliés murmurèrent sur la trappe défectueuse, les cordes inadaptées ; des archives médicales, tardives, confirmèrent des agonies prolongées. L’urgence de Nuremberg, l’obsession de clore vite, permit ce déni, mais la presse flaira le fiasco moral. Une rumeur affirme que Woods sourit en tirant sur Streicher, un geste révélant son insensibilité. L’opinion publique exigea des comptes, mais l’armée s’enferma dans le silence.

Le destin de Woods, ironique, scella son histoire. Le 21 juillet 1950, à Eniwetok, lors d’essais nucléaires, il s’électrocuta en réparant un éclairage, une mort rapide, contrairement à ses victimes. Une théorie, démentie, évoque un meurtre par d’ex-nazis d’Operation Paperclip ; plus probable, sa maladresse le foudroya. Enterré au Kansas, Woods laissa un héritage amer : une justice souillée par l’incompétence, où un charlatan transforma le châtiment en supplice.

L’affaire Woods demeure une cicatrice sur l’Histoire : un mythomane incompétent, promu par négligence, fit d’un acte de justice une agonie indigne. Les pendus de Nuremberg, monstres du IIIe Reich, subirent une strangulation lente, écho cruel de leurs propres crimes. Cette tache, loin d’effacer l’horreur nazie, rappela que même la victoire peut trébucher sur la médiocrité humaine, laissant un goût d’inachevé dans la bouche de l’Histoire.



15 réactions


  • njama njama 7 octobre 2025 18:53

    Bourreau c’est pas une promotion...

    Sauf à tomber d’une bonne hauteur, un pendu n’a pas de rupture des cervicales, et quand bien même, il peut rester conscient... dans la plupart des pendaisons (suicides) c’est l’asphyxie qui provoque la mort... raison pour laquelle leurs mains sont attachées pour qu’ils ne cherchent pas à se désentraver de la corde...

    Certes la guillotine, ou les exécutions en Arabie Saoudite, c’est plus expéditif, mais par pendaison pas de trace d’hémoglobine

    In Memoriam : La fin tragique des amants de Vérone dans sa version saoudienne

    Récit de la journée du vendredi 17 juillet 1977 à Djeddah (âmes sensibles s’abstenir...) Roméo et Juliette dans la version wahhabite 

    De la décapitation comme mode de régulateur social.

    Cent personnes ont été décapitées au premier semestre 2015 en Arabie saoudite pour des crimes de droit commun, record mondial absolu de tous les temps, sans la moindre protestation des alliés de la dynastie wahhabite, les États Unis, qui abrite le siège des Nations Unies, la France, la Patrie des Droits de l’Homme, et le Royaume Uni, la Patrie de l’Habeas Corpus, alors que faire face à ses besoins, le Royaume a lancé un appel d’offres pour le recrutement de nouveaux bourreaux. Récit d’une décapitation.

    https://www.renenaba.com/arabie-saoudite-decapitation-romeo-et-juliette-dans-sa-version-wahhabite/


  • njama njama 7 octobre 2025 19:52

    Un bourreau n’est qu’un exécutant, il s’en est trouvé à toutes les époques, pour les bûchers, les tortures,... d’une décision de Cour de Justice, ou d’un tribunal militaire, ou d’inquisition... 

    Un bourreau éventuellement une personne qui martyrise (qqn), physiquement ou moralement, par perversité ou sadisme, ce qui n’est pas le cas de figure avec John C. Woods

    Je ne comprends pas où vous voulez en venir Guiseppe avec votre article ... ? incompétence « un mythomane incompétent, promu par négligence »... 

    un pauvre bougre... ,


  • njama njama 7 octobre 2025 20:10

    Giuseppe di Bella di Santa Sofia, puisque vous vous présentez comme chrétien, une foi bien honorable..., par analogie évoquons l’exécution d’un galiléen nommé Jésus condamné pour ... sédition (spirituelle) propre à troubler l’ordre public dans notre langage moderne...

    Ses bourreaux n’avaient pas été particulièrement compatissants selon les récits (chemin de croix), sauf peut-être ce légionnaire romain qui, au final, lui donnera (par compassion ?) un coup de lance au cœur pour abréger ses souffrances...

    Autant que votre article serve à quelques extrapolations, par analogies fussent-elles anachroniques... ce qui n’est pas gênant puisque l’histoire se répète...


    • njama njama 7 octobre 2025 20:21

      Il faut noter que dans l’iconographie les deux compères à la gauche et à la droite du Christ, condamnés de droit commun, voleurs, dissidents, brigands... n’eurent pas semble-t-il cette faveur de compassion et moururent inéluctablement par asphyxie suspendus à leur croix...cruauté ou non... ? ou juste issue prévisible de ce genre d’exécution ?

      « les soldats clouèrent Jésus sur la croix et mirent aussi les deux malfaiteurs en croix, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche », mais il n’est jamais précisé de quel larron il s’agit (Mt, 27:38 ; Mc, 15:27-28 ; Luc, 23:33)


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 8 octobre 2025 10:26

      @njama

      Votre parallèle entre le fiasco de Nuremberg et la crucifixion du Christ, bien qu’anachronique, frappe juste. En tant que chrétien, je condamne fermement la peine de mort et la torture, des pratiques contraires à l’Évangile, qui appelle à la miséricorde et à la dignité humaine. Je milite contre la peine de mort et la torture, au sein d’une association chrétienne, depuis des décennies. 

    • La Bête du Gévaudan 9 octobre 2025 02:17

      @njama

      Concernant la crucifixion, la « tradition romaine » consistait à briser les jambes des condamnés au bout d’un certain moment pour en finir... les deux larrons eurent donc les jambes brisées... quant au Christ, on lui perça « le côté » (et non le coeur) avec une lance et « il en jaillit de l’eau et du sang »... cela correspondait aux prophéties qui annonçaient « on ne lui brisera pas un os »... 

      Il en résulte donc que les trois condamnés virent leurs souffrances abrégées, selon deux modes opératoires différents... l’un habituel (briser les jambes), l’autre exceptionnel (percer le côté avec une lance)... je ne sais pas si se vider de son sang est plus ou moins court que d’étouffer rapidement... 

      En effet, les crucifiés avaient un petit parapet sous les pieds afin de « faire durer le supplice »... ils pouvaient s’appuyer ainsi pour reprendre un peu leur souffle et ne pas mourrir rapidement... c’était une torture... quand le moment était venu, le bourreau brisait les tibias, et le condamné mourrait alors rapidement. 


  • Étirév 8 octobre 2025 05:56

    Chacun des grands moments de l’histoire, quand le monde change de figure, est marqué par un procès et toujours, chose étrange, par un procès truqué, où l’immolation du ou des condamnés expie l’indignité des juges et des bourreaux. La Passion du Christ en est l’archétype éternel, comme cela le sera plus tard, dans une moindre mesure, pour les Templiers, Jeanne d’Arc, Marie-Antoinette, etc.
    NB : Malgré le terrible fardeau des réparations imposées à son encontre par le traité de Versailles (1919), l’Allemagne connaîtra une relance économique « incroyable ». Celle-ci a été rendue possible grâce à la « Haute Finance » et ses transferts massifs de capitaux cachés derrière les plans « Dawes » (1924) et « Young » (1928).
    Vers la fin des années 20, pour faire suite aux plans « Dawes » et « Young », et dans le but de faciliter le paiements des réparations pour mieux dévaliser l’Allemagne (conservant ainsi une situation instable et potentiellement explosive, dans laquelle l’Allemagne ferait office de détonateur), les banquiers internationaux créeront, en Suisse, une institution financière (amenée à avoir un « bel » avenir) dotée de la totalité des prérogatives diplomatiques d’un État (notamment en matière d’immunité de ses membres) et qui ne rendra de compte à personne : la Banque des Règlements Internationaux (B.R.I.). La B.R.I. deviendra, alors, la principale machine ouvrière de la Deuxième Guerre Mondiale.
    Précisons que la B.R.I. a été créée par une initiative, à la fois, de Norman Montagu (Gouverneur de la banque centrale d’Angleterre), John Foster Dulles (secrétaire d’État des États-Unis), J-P Morgan (banquier d’affaires) et de Haljmar Schacht (fonctionnaire subalterne auprès de l’autorité bancaire allemande créée par les alliés à l’issue de WW1 et qui devint ministre de l’Économie du IIIème Reich de 1934 à 1939). À toutes fins utiles, faisons remarquer que, malgré l’importance de sa fonction dans le régime Nazi, Haljmar Schacht fera partie des trois seuls accusés du Tribunal de Nuremberg qui seront acquittés, tous les autres seront condamnés à mort ou à la réclusion perpétuelle.
    Dans son dictionnaire étymologique des noms géographiques, André Cherpillod dit que le nom de « Nuremberg » (Nürnberg, dérivé du vieux haut allemand Nuremberc : NEU-ROM-BERG) signifie « la Montagne de la Nouvelle Rome » ; une « Montagne » contre laquelle Isaïe mettait en garde lorsqu’arriverait la fin des temps (Is II.2). Aussi, qu’est-ce donc que cette « Nouvelle Rome » issue de « Nuremberg », cette parodie de justice, si ce n’est la « City », sans oublier d’y annexer sa pure création, l’ONU, ainsi que la fondation de l’État d’Israël ? Au sujet de ce dernier, citons l’ouvrage de Marcel Bulard, intitulé « Le Scorpion, symbole du peuple juif dans l’art religieux des XIVème, XVème, XVIème siècles » : L’auteur, parti de l’examen de peintures de la chapelle Saint-Sébastien de Lans-le-Villard (Savoie), a rassemblé tous les documents similaires qu’il a pu découvrir, et il en a fait une étude très détaillée, accompagnée de nombreuses reproductions. Il s’agit de figurations du scorpion, soit, sur l’étendard porté par la Synagogue personnifiée, soit plus fréquemment, dans la représentation de certaines scènes de la Passion ; dans ce dernier cas, René Guénon écrit (Formes traditionnelles et cycles cosmiques) que « l’étendard au scorpion est généralement associé à des étendards portant d’autres emblèmes et surtout les lettre S P Q R, manifestement pour indiquer à la fois la participation des Juifs et celle des Romains (« Ar-Rum » ?), chose assez curieuse et qui semble avoir échappé à l’auteur ». « On pourrait remarquer aussi, ajoute-t-il, que ces mêmes lettres, disposées dans un autre ordre (S Q R P), évoquent phonétiquement le nom même du scorpion. Quant à l’interprétation de ce symbole, écrit encore Guénon, l’auteur, s’appuyant sur les « Bestiaires », ainsi que sur la poésie dramatique de la fin du moyen âge, montre qu’il signifie surtout fausseté et perfidie ».
    Pour l’anecdote (mais pas que), citons cet extrait du livre de Jüri Lina (qui semble avoir eu accès à une bonne partie des archives soviétiques secrètes au moment de la « Perestroïka »), intitulé « Sous le signe du Scorpion » : « L‘empire soviétique fut instauré à 14h04, le 8 novembre 1917, dans la capitale de la Russie, Saint-Pétersbourg. En astrologie, le soleil était précisément juste au centre du signe du Scorpion. Ainsi, le Scorpion peut être considéré comme le symbole et le gardien du pouvoir soviétique. (…) Dans le règne animal, ajoute-t-il, il est une créature venimeuse, vivant de préférence dans les ténèbres. Il est réputé pour piquer ceux de son espèce… qui se mettent en travers de son chemin. »
    De la « City » de Rome à la « Cité » of London ou l’Empire Romain d’hier et d’aujourd’hui


  • juluch juluch 8 octobre 2025 16:19

    Les incompétents dans ce domaine si particulier il y en a eu surement des tonnes....

    Et Puis le malheur des nazis pendus après se que certains ont fait.....

    Quoi qu’il en soit ce bourreau a eu son destin.


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 8 octobre 2025 16:37

      Bonjour @juluch,

      Votre réflexion touche un point sensible. Oui, l’incompétence de John C. Woods à Nuremberg n’est sans doute pas un cas isolé dans l’histoire des exécutions, mais son fiasco, par son ampleur, ternit une justice historique. Les crimes atroces des nazis ne sauraient excuser l’agonie infligée par ses cordes mal ajustées. Chrétien, je rejette totalement la peine de mort, voyant en elle un écho de cruauté. Quant au destin de Woods, foudroyé par une électrocution ironique, il scelle son histoire d’un sceau tragique.

  • jjwaDal jjwaDal 8 octobre 2025 19:30

    On juge un arbre à ses fruits et les conséquences de la prétendue justice issue du procès de Nuremberg sont inexistantes. Ce sont bien les structures sociales qui existaient en Allemagne (et pas que) qui ont permis à un artiste peintre raté de faire des dizaines de millions de morts (par intermédiaires) le tout quasiment sans quitter son bureau. C’est bien parce qu’en tant que citoyens, ces individus avaient appris à obéir inconditionnellement à la loi, en tant que fonctionnaires aux ordres des chefs, en tant que militaires aux ordres sans poser de questions et en tant que militaires en tant de guerre étaient astreints à une soumission inconditionnelle aux ordres reçus (sinon on les auraient éliminés et remplacés par d’autres) qu’ils ont fait ce qu’ils ont fait.
    Ils n’étaient que des lampistes, des effecteurs du système et Hitler l’était aussi d’ailleurs qui a utilisé un système qu’on lui a livre « clés en mains ». On s’est bien gardé de toucher à un système qui donne un pouvoir absolument démesuré de contrôle et de coercition à quelques personnes, ultimement une au sommet, alors même que le système de promotion favorise encore et toujours l’arrivée au sommet des plus violents, les plus rusés, les plus prédateurs et souvent les plus psychopathes.
    Nuremberg n’a servi à rien car si on rejouait l’histoire les mêmes seraient pris dans les mêmes jeux de contraintes et feraient les mêmes choses.
    En filigrane, le système et les mécanismes qui ont abouti à la seconde guerre mondiale sont toujours présents et accuser des acteurs d’avoir participé à une boucherie revient à les accuser de ne pas s’être supprimés pour ne pas en faire partie contraints et forcés.
    Ce ne sont pas ces hommes qu’il fallait supprimer mais bien les conditions qui avaient fait d’eux ce qu’ils étaient devenus. Le monde n’a pas gagné un iota en sécurité collective après leur élimination sordide.


    • pierrotb 8 octobre 2025 21:27

      @jjwaDal
      Interessant votre réponse/ texte. Il me semble quand meme que la démocratie a évolué depuis. Je en suis pas un spécialiste de l’Allemagne mais leur régime a évolué vers une coalition. Le président a peu de pourvoir. Il y eu la disparition du service militaire aussi. Sinon que faudrait il changer pour ne plus revoir cela ?


    • La Bête du Gévaudan 9 octobre 2025 02:54

      Les procès de Nüremberg ont en effet été critiqués par de nombreux juristes depuis l’origine... cela-dit sans sympathie aucune pour ces chefs nazis, dont l’idéologie était aussi crétine que cruelle...

      le système de promotion favorise encore et toujours l’arrivée au sommet des plus violents, les plus rusés, les plus prédateurs et souvent les plus psychopathes.

      C’est un des arguments pour la monarchie héréditaire... le principe démocratique, électif par nature (soit par le scrutin bourgeois, soit par le plébiscite des masses), favorise les ambitieux, les retors, les prédateurs, les partisans, les démagogues et les violents... un roi héréditaire par le sang peut se placer naturellement au-dessus de ces passions humaines... l’histoire montre que, finalement, le hasard de l’hérédité n’a pas fourni plus de timbrés ou d’incapables que le choix prétendument rationnel de l’élection moderne. 

      Les partisans du libéralisme classique et de la monarchie traditionnelle sont souvent des partisans du droit naturel et du pouvoir limité... ils mettent en garde, précisément, contre les dangers des tyrannies modernes qui, sous prétexte d’établir le bonheur sur terre, font parfois advenir des despotismes et des crimes pires que ceux d’autrefois. Le socialisme (sous toutes ses formes) et la démocratie (bourgeoise ou autoritaire) recèlent en leur sein ces dangers potentiels que vous évoquez... La modernité a d’excellents aspects, mais les sanguinaires Robespierre, Hitler, Staline, etc. sont aussi les enfants de la modernité. Il faut en avoir conscience...


    • jjwaDal jjwaDal 9 octobre 2025 05:45

      @pierrotb
      Tout évolue donc bien sûr il y a eu évolution, mais à l’os, les trois personnages les plus puissants du monde en 2025 (tous meurtriers si j’en crois mes sources) peuvent lancer le feu nucléaire sans consulter les principaux intéressés et sont entourés de conseillers qui ne s’opposeront jamais à la volonté du chef. 
      Les solutions ne sont pas descriptibles en deux phrases, vous pouvez vous en douter...


    • pierrotb 23 octobre 2025 10:25

      @jjwaDal
      Vous avez raison pour le feu nucléaire mais cela ne s’est jamais produit sauf pour Hiroshima. Mais c’est une arme essentiellement de dissuasion. C’est vrai qu’il manque des contre pouvoirs dans nos démocraties. Mais l’Allemagne n’est pas un mauvais modèle. Pour en avoir discuté avec des Allemands (des). Il y a eu beaucoup de conséquences suite à leur aveuglement pour un tyran nazi. Notamment leur culpabilité énorme et leur antimilitarisme.


  • SilentArrow 9 octobre 2025 12:25

    @Giuseppe di Bella di Santa Sofia

    Cela me rappelle le film « The Green Mile » avec Tom Hanks où il y a aussi une exécution sabotée par le « bourreau ».


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