jeudi 4 juin - par Michel J. Cuny

L’étrange pari de Charles de Gaulle : replacer l’élite à la tête des masses, et faire les yeux doux à l’Allemagne nazie (74)

Présentant l’article publié dans le numéro du 10 mai 1933 de la Revue politique et parlementaire par un Charles de Gaulle qui n’est encore que chef de bataillon, mais qui, par l’entremise du maréchal Pétain, a été affecté, dès novembre 1931 (il le restera jusqu’en 1937), au Secrétariat général du Conseil supérieur de la Défense nationale, Éric Anceau (historien, Sorbonne Université et SIRICE, rattaché à la Fondation Charles de Gaulle) écrit :

« Longtemps médité, l’article a été rédigé au cours du mois d’avril 1933. À ce moment-là, le climat international est très sombre. Si la conférence de Lausanne de l’été 1932 a mis fin au paiement des réparations allemandes, l’apaisement n’a été qu’un feu de paille. Les Japonais se sont emparés de la Mandchourie chinoise, témoignant de leur impérialisme. Mais surtout, Hitler vient tout juste d’accéder à la chancellerie, en Allemagne, le 30 janvier 1933, et de recevoir les pleins pouvoirs du Reichstag, le 23 mars. Ses desseins de politique extérieure, et en particulier sa volonté de remettre en cause le traité de Versailles, sont connus, et si de Gaulle ne les évoque pas explicitement dans son article, le danger allemand occupe une place centrale dans son argumentation.  »
(https://www.revuepolitique.fr/vers-larmee-de-metier-reedition-de-larticle-de-charles-de-gaulle-publie-dans-le-n-du-10-mai-1933-de-la-revue-politique-et-parlementaire/)

C’est d’abord le titre donné à cet article (Vers l’armée de métier) qui doit nous arrêter. Il est identique à celui qui serait utilisé un an plus tard (5 mai 1934) pour un livre qui en reprendrait des passages entiers, tout en y ajoutant certains prolongements, et la surprise d’une traduction allemande (1935)… ordonnée – à ce qu’il semble – par Adolf Hitler lui-même… Voilà bien qui fleure le scandale… Peut-être.

Significativement, les deux textes commencent par cette phrase plutôt énigmatique :
« Comme la vue d’un portrait suggère à l’observateur l’impression d’une destinée, ainsi la carte de France révèle notre fortune.  » (page 288 du document papier accessible ici : 

https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k14226c/f304.item.zoom#)

S’il arrive à « destinée » et à « fortune » de s’accorder parfois à la façon d’un… destin, il n’en reste pas moins que ce qui viendrait révéler notre « richesse » à un voisin dénué de tout scrupule, menacerait de nous apparaître comme devant susciter en nous une certaine inquiétude…

Serait-ce cette forme d’indiscrétion d’un militaire français initié aux grands enjeux politico-militaires de son temps (cf. sa présence dans le Secrétariat général du Conseil supérieur la Défense nationale) qui aurait porté les autorités allemandes à faire une publicité toute spéciale à cet ouvrage auprès de leurs propres concitoyennes et concitoyens ?

Dans l’immédiat, nous en resterons à l’article publié en mai 1933, tout en indiquant que, plus tard, nous pourrons nous attarder sur les inflexions apportées par le livre à cette version originelle, pour autant qu’elles se révèleraient plus particulièrement significatives d’un certain état d’esprit chez ce De Gaulle qui ne devrait pas manquer de laisser les Françaises et les Français devant une très redoutable question : celle de ce qui se sera tramé dans leur pays jusqu’à la première moitié du mois de juin 1940.

Voilà donc la brèche que Charles de Gaulle ne va pas tarder à élargir de façon plus ou moins stupéfiante, jusqu’à donner l’occasion à Adolf Hitler d’en faire un article de sa propre propagande :
« Si les frontières des Pyrénées, des Alpes et du Jura laissent en repos relatif le soldat et le politique, au contraire la brèche du Nord-Est les occupe indéfiniment. Sur sept cents kilomètres, de la Suisse à la Mer du Nord, la nature ne nous protège que de quelques pans de rempart. » (Idem, page 288)

Veut-on vraiment mesurer la gravité de la situation dans laquelle la France se trouve mise "tout naturellement" ?...
« Bien pis, la géographie y organise l’invasion par de multiples voies pénétrantes : vallées de la Meuse, de la Sambre, de l’Escaut, de la Scarpe, de la Lys, où les rivières, les routes et les rails s’offrent à guider l’ennemi. » (Idem, page 288)

« S’offrir à guider l’ennemi »… Serait-ce le souci de la seule nature ?... Et pour permettre au grand réviseur du traité de Versailles d’atteindre à quelle « fortune  » donc ?... Il nous tarde déjà de le savoir, mais la marâtre nature n’en a pas fini de paraître vouloir nous accabler de toutes les façons possibles :
« Fâcheuse quant au relief, la frontière du Nord-Est ne l’est pas moins par son tracé saillant. L’adversaire, qui frappe à la fois en Flandre, dans l’Ardenne, en Lorraine, en Alsace, à la Porte de Bourgogne, donne des coups concentriques. Les premiers pas en avant le mènent sur la Seine, l’Aube, la Marne, l’Aisne ou l’Oise, dont il n’a plus, dès lors, qu’à descendre le cours facile, pour atteindre la France au cœur. Il n’y a pas deux cents kilomètres entre Paris à l’étranger, six jours de marche, trois heures d’auto, une heure d’avion. Un seul revers aux sources de l’Oise et voilà le Louvre à portée du canon. » (Idem, pages 288-289)

Il est bien vrai qu’Hitler était un amateur d’art… Mais lui fallait-il impérativement s’armer de semblable façon rien que pour aller dévisager la Joconde au malicieux sourire ?...

C’est qu’il y avait bien mieux à faire… à condition de ne pas se laisser trop retarder par une quelconque bataille de la Marne. En effet…
« Du charbon que produit la France, les deux tiers sortent de terre à Lens ou à Valenciennes. Nos riches minerais de fer se tirent de Longwy, Briey, Nancy. Le peu de pétrole que nous pouvons extraire jaillit du sol de l’Alsace. Sur cent cinquante hauts fourneaux, cent vingt sont en Lorraine ou bien en Champagne. IL est tissé, au nord de la vallée de la Seine, les neuf dixièmes des draps français, les quatre cinquièmes des lainages. Il se fabrique aux bords du fleuve la plus grande part des produits chimiques, toutes nos autos, tous nos avions. En Brie, en Beauce, en Flandre, en Artois, sont nos meilleures terres à blé ; nos betteraves en Picardie et dans l’Ile-de-France. Or, à peine sort-on de Belgique, on est au milieu des métiers de Roubaix, des mines de Denain-Anzin ou des forges de la Meuse. Une seule étape mène de Sierck aux hauts fourneaux de Thionville. D’Allemagne, on peut tirer au canon sur Pechelbronn et au fusil sur Strasbourg. Point de marches devant nos trésors. » (Idem, page 289)

Alors, y viendras-tu, grand méchant loup ?... compte tenu des facilités dont le chef de bataillon De Gaulle t’offre l’infini catalogue, et pour y glaner tant de nos richesses si imprudemment offertes ?...
« Et justement, la région du Nord, où nous sommes surtout vulnérables, est celle-là même que les Allemands ont toutes les raisons naturelles de prendre comme direction de leur effort principal. » (page 289)

Or, l’humain peut lui-même rejoindre les "volontés" naturelles…
« Orientés par leurs voies ferrées, dont huit sur onze principales débouchent au nord de Thionville, tentés par les routes en palier de Westphalie et de Flandre, attirés vers Anvers et vers Calais par l’instinct de surveiller l’Angleterre, les Germains, en marchant vers les sources de l’Oise, ne feraient que se conformer à l’ordre naturel des choses. » (page 290)

Encore l’article de la Revue politique et parlementaire ne nous aura-t-il offert que des amuse-bouche… Un an plus tard, ce seront des plats entiers qui se mettront à déferler vers les appétits allemands, tout en accentuant jusqu’aux limites du possible les facilités d’accès que la France se révélerait en mesure d’offrir à l’ennemi héréditaire pour peu qu’il ne subsiste plus rien de tout ce que la Première Guerre mondiale avait fait verser de sang le long de cette même frontière nord-est…

Voyons comment cet abaissement du moral des troupes françaises avait été initié dans le même article du même chef de bataillon lançant une sorte de cri de guerre à qui saura l’entendre au sein de la République française :
« Voici venu le temps des soldats d’élite et des équipes sélectionnées. » (Idem, page 294) 

Basculement inévitable, semble-t-il…
« Il est de fait, dorénavant, que sur terre, comme sur mer et dans les airs, un personnel de choix, tirant le maximum d’un matériel puissant et varié, posséderait au début d’un conflit une supériorité terrible. C’est alors qu’on pourrait voir, suivant Paul Valéry, « se développer les entreprises de peu d’hommes choisis, agissant par équipes, produisant en quelques instants à une heure, dans un lieu, imprévus, des événements écrasants  ». Sans doute, cet avantage serait-il momentané. Pour peu que la foule trouve le temps de s’organiser et de s’instruire avec toute la rigueur qu’exige l’outillage, bref qu’elle cesse d’être la foule, les éléments spécialisés perdraient progressivement leur puissance relative. Mais pour un délai de plus en plus long, dans un espace de plus en plus large à mesure que s’accroissent la complication et le rayon d’action des moyens, les troupes professionnelles sont assurées de dominer. » (pages 295-296)

Une élite, donc, mais de « professionnels »… nettement démarqués de la nation en armes…
« Dès lors, cette force, immédiatement capable de prévenir et de riposter, qu’impose à la France sa " figure", c’est une armée de métier qui la lui donnera. » (page 296) 

Mais notre chef de bataillon veut pousser bien plus loin encore la promotion des élites et l’abaissement des foules dont il se fait le chantre…
« Le principe des masses armées a naturellement triomphé sans conteste pendant la période cruelle où les nations engagèrent jusqu’à leur existence. Divers signes font penser que ce stade est révolu. » (Idem, page 296) 

Or, si, pour le Molière du Médecin malgré lui, « il y a fagots et fagots… », pour notre De Gaulle, il y a guerres et guerres :
« Il faut convenir, d’ailleurs, que la substitution plus ou moins complète de combats bien réglés aux heurts furieux des masses en armes serait pour la race des hommes un bénéfice sans prix. » (Idem, page 297)

Dans la mesure du possible, il s’agit donc de basculer de la quantité à la qualité…
« Le moment semble venu d’ajouter à notre armée de cadres, de réserves et de recrues, élément principal de la défense française, mais lente à réunir, lourde à mettre en œuvre, et dont le gigantesque effort ne saurait correspondre qu’au dernier degré du péril, un instrument d’élite, apte à frapper à toute heure, en tout lieu, en toute occasion. » (Idem, page 298)

De façon très générale…
« Voit-on pas que le système de la qualité est en vigueur, dès à présent, dans maintes branches de la force ? » (Idem, page 299)

Ici, cependant, quelque chose d’assez inquiétant commence à pointer le bout de son nez :
« Certes, on devrait s’abstenir, pour traiter les volontaires, des procédés étroits dont nous sommes un peu coutumiers. Dès lors, « Messieurs les maîtres », bien logés et nourris, vêtus brillamment, insouciants célibataires, jouissant du prestige qui tient au maniement des moteurs, ondes et télémètres, pratiquant les sports qu’on envie, vivant en campagne d’avril à novembre et, tout en manœuvrant, faisant leur tour de France, se recruteraient aisément. » (Idem, page 300)

Le service du maintien de l’ordre à l’intérieur du pays – et tout spécialement à Paris – s’en trouverait décisivement transformé…
« Du jour où les troupes volontaires se trouveraient constituées, la Garde républicaine mobile, soit seize mille professionnels, créée pour remplacer dans le maintien de l’ordre les contingents servant à court terme, disparaîtrait sans inconvénients. » (Idem, page 300)

Et voici, maintenant, comment ficeler le tout…
« Surtout, les jeunes volontaires, ayant reçu en commun pendant six années la plus complète instruction technique et morale, fourniraient ensuite aux contingents et aux réserves des gradés de premier ordre. Comme d’autres, nous en ferons des chefs pour le peuple en armes. » (Idem, page 300) 

En conséquence de quoi…
« Recréer l’élite au profit de la masse, associer le nombre et la qualité, telle est la tâche qu’exigent de l’armée à la fois le progrès et la tradition. » (Idem, page 300)

Un an plus tard, le livre Vers l’armée de métier nous emmènerait bien plus loin encore !...

Pour en savoir plus sur le présent travail, veuillez suivre ce lien...
https://dejeanmoulinavladimirpoutin.wordpress.com/

Michel J. Cuny



9 réactions


  • La Bête du Gévaudan 4 juin 23:03

    L’occasion pour les A-Voxistes de se plonger dans la lecture de De Gaulle. Cela permettra à chacun de se rendre compte que le Général est en effet très loin du « Papy Gaucho » fabriqué par les journalistes depuis 40 ans... Aujourd’hui encore, on voit toutes sortes de gauchistes essayer de s’approprier De Gaulle et le repeindre en vieux gâteux croulant votant pour Mélenchon et ou Villepin.

    Or, il suffit de lire De Gaulle pour se rendre compte que De Gaulle était un « vrai droitard ». Nationaliste, militariste, catholique, royaliste, identitaire, élitiste, capitaliste et par moments nietzschéen. D’ailleurs, il suffit de se rappeler qu’il a été envoyé par ses parents faire son école chez les Jésuites en exil à Bruxelles parce-que la ripoublique laïcarde avait chassé les congrégations enseignantes. C’est donc ce monarchiste qui a sauvé la république et la démocratie : comprenne qui pourra.

    La lutte anti-nazie a été initiée par les droitards pendant que les gauchistes collaboraient avec le Reich. Les socialos étaient à Vichy, les pacifistes étaient à Paris et les communistes dans le Pacte Germano-Soviétique. Heureusement qu’il y a eu des « vilains fachos » comme De Gaulle ! S’il avait fallu attendre Mitterrand, Sartre et Marchais, on ne serait pas rendus !

    L’occasion d’inviter les A-Voxistes à lire non seulement les Mémoires (passage obligé) mais également les écrits de jeunesse : Le Fil de l’Epée, La France et son armée, Vers l’armée de métier... autant de chefs-d’oeuvres de la plume et de l’esprit.


    • rogal 5 juin 03:38

      @La Bête du Gévaudan

      Le paradoxe que vous pointez trouve sans doute sa résolution dans le Ralliement prôné par Léon XIII : la famille De Gaulle l’avait accepté, en dépit des sentiments très monarchistes de Madame Mère.

      J’appuie vos conseils de lecture.


    • Gasty Gasty 5 juin 08:22

      Pffff !...


    • La Bête du Gévaudan 5 juin 15:56

      @rogal

      tout à fait... mais le ralliement ne signifie pas l’alignement... ça marche pour l’OTAN comme pour la république... cela découle d’un réalisme politique et intellectuel, et non d’un alignement philosophique absolu.

      Quoi qu’il en soit, il est bon de constater et rappeler que c’est « ce gros droitard de De Gaulle » qui a lancé et conduit la résistance... Quand on voit tous les anti-fa actuels, qui sont essentiellement des fils de colons et fils de collabos, je pense que c’est à vomir.

      De Gaulle a été haï jusqu’au bout par la gauche... aussi bien socialiste que communiste... aujourd’hui, ils essayent de s’approprier l’icône... ils n’ont aucune dignité !

      Le système de valeurs qui a fait de De Gaulle un résistant est à l’exact opposé des valeurs gauchistes... que ça plaise ou non... et à un moment donné, il faut regarder cela en face.

      Eh oui, on est d’accord, les gens devraient lire De Gaulle dans le texte... c’est un excellent écrivain, original et talentueux... et ses bouquins vont défriser une certaine bien-pensance.


    • La Bête du Gévaudan 5 juin 16:06

      en un sens, l’auteur (qui est un communiste) a la dignité de l’honnêteté... il ne fait pas semblant de s’approprier De Gaulle... il est fidèle aux communistes historiques qui ont toujours craché sur De Gaulle et l’ont traité de réac’...

      donc, en un sens, bravo à l’auteur de l’article pour son honnêteté intellectuelle... il est différent de la plupart des hypocrites gaucho-tiersmondistes actuels.

      Après, ça me fait marrer car je connais de quoi l’auteur parle... donc j’ai annoncé il y a fort longtemps qu’il en viendrait à « épisode 375 De Gaulle ce facho »... ça me fait marrer parce-qu’il y a dissonance cognitive... oui, De Gaulle est un facho au niveau des valeurs... non De Gaulle n’est pas un collabo... Et c’est précisément parce-qu’il avait ces valeurs réactionnaires bien ancrées que De Gaulle sut s’opposer à la collaboration. Donc je ris de la contradiction.

      La gauche en a toujours été réduite à s’aligner derrière ce petit maquereau de Mitterrand, passé de la collaboration à la répression coloniale. Et aujourd’hui on voit Merluchon-la-Fripouille essayer de se faire passer pour un « maghrébin » et autres torrents de conneries.

      Les valeurs qui s’opposent authentiquement à la révolution fasciste sont les valeurs contre-révolutionnaires, libérales et conservatrices... ça énerve la gauche mais c’est ainsi... le fascisme n’est qu’un rameau du gauchisme philosophique.


  • Étirév 5 juin 07:31

    À propos d’élites... soulignons que toute élévation du type humain demande un régime aristocratique. La démocratie avilit en abaissant les bons, c’est une tyrannie qui s’exerce par un mouvement de traction morale, de bas en haut ; elle fait descendre, elle empêche les meilleurs de s’élever, elle abat les têtes qui dépassent le niveau des médiocres, empêchant ainsi l’éclosion des types supérieurs, elle supprime le respect et rend les petits insolents. C’est pourquoi la démocratie est intimement liée à la conception « égalitaire » si chère au monde « moderne ». Ce n’est donc pas pour rien que « démocratie » s’oppose à « aristocratie », ce dernier mot désignant précisément, du moins lorsqu’il est pris dans son sens étymologique, le pouvoir de l’élite. Une élite véritable ne peut être qu’intellectuelle ; c’est pourquoi la démocratie ne peut s’instaurer que là où la pure intellectualité n’existe plus, ce qui est, effectivement, le cas du monde actuel. Qu’est-ce exactement que cette loi du plus grand nombre qu’invoquent les gouvernants modernes et dont ils prétendent tirer leur seule justification ? C’est tout simplement la loi de la matière et de la force brutale, la loi même en vertu de laquelle une masse entraînée par son poids écrase tout ce qui se rencontre sur son passage ; c’est là que se trouve précisément le point de jonction entre la conception « démocratique » et le « matérialisme ». C’est le renversement complet de l’ordre normal. Dans le monde spirituel, et plus simplement encore dans l’ordre Universel, c’est l’Unité qui est au sommet de la hiérarchie, car c’est Elle qui est le Principe dont sort toute multiplicité. « L’argument le plus décisif contre la « démocratie », écrit René Guénon (La Crise du Monde Moderne, Chapitre 6, Le Chaos social), se résume en quelques mots : le supérieur ne peut émaner de l’inférieur, parce que le « plus » ne peut pas sortir du « moins » ; cela est d’une rigueur mathématique absolue, contre laquelle rien ne saurait prévaloir. » À propos des Allemands... rappelons tout d’abord, avec Dominique Aubier, qu’en hébreu, l’Allemagne se dit « Achkenaz ». Un Allemand est un Achkenazi. Dans « Achkenazi », il y a le mot « nazi ». Qu’est-ce que « Ach » et ce « K » ? « Asch », c’est le feu. « K », indique le contenant, la similitude. Le mot biblique qui dit « Achkenaz » avertit que le feu sera dans la structure quand le nazi surgira. Cette indication prend toute sa grandeur quand on se souvient qu’Hitler gouvernait le troisième Reich. « Reich », c’est « Rosch », « Resh » ou « Raïs », c’est-à-dire « Tête ». L’avènement d’Hitler consacrait donc un renseignement évolutif de première signification pour un homme de connaissance. Rappelons aussi, et cette fois-ci avec Eustache Mullins, que la panique des Juifs allemands face à l’invasion des Juifs galiciens agressifs et zélés qui ruinaient l’économie allemande trouva bientôt une expression politique. Le baron Oppenheim, un Juif allemand conservateur, et Max Warburg, un banquier juif dont le frère Paul était à la tête du Système de Réserve Fédérale des États-Unis, trouvèrent un politicien anti-juif nommé Adolf Hitler et financèrent son mouvement dans ses premières années. Le paiement initial était d’un million de marks. Avec cet argent, Hitler a formé un corps de troupes d’assaut en uniforme et a tenté un coup d’État en 1923. Quand cela a échoué, les banquiers juifs ont continué à le soutenir. Par conséquent, Max Warburg a vécu tranquillement en Allemagne jusqu’en 1939, pendant la période des « pogroms » nazis, et lorsqu’il a vu la guerre approcher, il a décidé d’émigrer aux États-Unis. Le journaliste George Sokolsky affirme que Max Warburg a été autorisé à quitter l’Allemagne avec toute sa fortune, malgré les réglementations monétaires strictes. Jusqu’à la déclaration de guerre de la Judée contre l’Allemagne d’Hitler du 24 mars 1933, les juifs d’Allemagne étaient tout à fait favorables au gouvernement d’Hitler. Le Dr Hermann Eich, un éminent éditeur allemand, a déclaré dans un livre récent que les Allemands étaient moins anti-juifs que tout autre peuple en Europe, ce qui est vrai. Les troupes d’assaut devaient effectuer leurs raids sur les magasins allemands la nuit, de peur que les Allemands ne les attaquent pour défendre les Juifs. Lorsque les bombardiers ont commencé à tuer des femmes et des enfants, l’ambiance a changé. Hitler ordonna que tous les Juifs soient internés dans des camps pour la durée de la guerre, car de nombreux Juifs avaient été pris en train d’afficher des signaux lumineux pour guider les bombardiers dans la destruction des villes et des zones résidentielles allemandes. Rappelons enfin que, dans « Le matin des magiciens », Louis Pauwels et Jacques Bergier nous rappellent ces étonnantes paroles tenu par H. Himmler : « À la conférence de la paix, en mars 1943, le monde apprendra que la vieille Bourgogne va ressusciter, ce pays qui fut autrefois la terre des sciences et des arts et que la France a ravalé au rang d’appendice conservé dans la vinasse. L’État souverain de Bourgogne, avec son armée, ses lois, sa monnaie, ses postes, sera l’État modèle S.S. Il comprendra la Suisse romande, la Picardie, la Champagne, la Franche-Comté, le Hainaut et le Luxembourg. La langue officielle sera l’allemand, bien entendu. Le parti national-socialiste n’y aura aucune autorité. Seule la S.S. gouvernera, et le monde sera à la fois stupéfait et émerveillé par cet État où les conceptions du monde S.S. se trouveront appliquées. C’est Himmler qui est chargé de l’organisation de la S.S. non comme une compagnie policière, mais comme un véritable ordre religieux, hiérarchisé, des frères lais aux supérieurs. Dans les hautes sphères se trouvent les responsables conscients d’un Ordre Noir, dont l’existence ne fut d’ailleurs jamais officiellement reconnue par le gouvernement national-socialiste. Le véritable S.S. de formation « initiatique » se situe, à ses propres yeux, au-delà du bien et du mal. L’organisation de Himmler ne compte pas sur l’aide fanatique de sadiques qui recherchent la volonté du meurtre : elle compte sur des hommes nouveaux. » NB : A toutes les époques, il y a eu des partis qui, voulant s’emparer d’un pouvoir auquel ils n’avaient pas droit, ont appuyé leurs prétentions sur une idée, un système, une théorie religieuse ou sociale, qu’ils ont propagée par violence, par fraude ou par ruse. Deux moyens furent notamment employés pour faire disparaître les témoignages gênants de la splendeur du régime qu’on venait renverser : la destruction et l’altération des textes. L’ère de destruction s’ouvrit au VIIIème siècle. On précise même la date : cela commença en 747 avant notre ère... Puis, lorsque ces partis triomphaient, ils avaient soin d’abord d’écrire l’histoire passée, la montrant comme une longue préparation de leur triomphe qu’ils justifiaient par une aspiration des foules existant depuis longtemps. Pour répandre l’histoire ainsi écrite, ils créaient un enseignement obligatoire dans lequel ils ne manquaient pas d’avilir leurs ennemis, ceux qu’ils avaient vaincus et qu’ils représentaient toujours comme des barbares ou des gens de mauvaises mœurs. Eux-mêmes se représentaient comme des sauveurs apportant tous les progrès. Or, tout cela était mensonge et il importe aujourd’hui de rechercher la vérité cachée, c’est-à-dire le plaidoyer des vaincus, leur véritable état social et moral. Soulignons au passage que Lors de la récente guerre d’Irak, rendue possible en raison des attentats du 11 septembre 2001, bien que sur les dix-neuf terroristes censés avoir frappé les États-Unis, aucun n’était Iraquien, souvenons-nous des opérations de pillages et du saccage intégral du musée de Bagdad, organisés « professionnellement », sous la passivité totale des forces « américaines » (sous leur protection même affirment certains), et de la destruction de tous ses ordinateurs et archives dans lesquels étaient recensées et photographiées toutes les pièces de l’inventaire, ainsi que du vol de la majeure partie des 40 000 manuscrits et de la totalité des quelques 80 000 tablettes de terre cuite recouvertes d’inscriptions cunéiformes… des tablettes sumériennes dont le décryptage commençait à s’avérer fort instructif en ce qui concerne les influences babyloniennes chez les rédacteurs de l’Ancien Testament… Chacun des grands moments de l’histoire, quand le monde change de figure, est marqué par un procès et toujours, chose étrange, par un procès truqué, où l’immolation du ou des condamnés expie l’indignité des juges et des bourreaux. La Passion du Christ en est l’archétype éternel, comme cela le sera plus tard, dans une moindre mesure, pour les Templiers, Jeanne d’Arc, Marie-Antoinette, etc. Blog : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/


  • Gasty Gasty 5 juin 08:22

    Pfff !....


  • Eric F Eric F 5 juin 10:05

    Que des élites issues du mérite assurent les postes dirigeants, c’est préférable à des castes et des mafias.
    Quant au titre de l’article, il est mensonger en parlant d’« yeux doux à l’Allemagne nazie », mais ce qui s’est produit c’est que les conceptions adressées au dirigeants politiques et militaires français ont été ignorées par ceux-ci, alors que certains dirigeants allemands en ont relevé l’intérêt.


  • Gaspard des Montagnes Gaspard des Montagnes 5 juin 19:57

    Pour qui veut comprendre la pensée du général de Gaulle et surtout les jeunes générations, au lieu de se perdre dans ces méandres brumeux et ambiguës, je conseille la lecture de ses mémoires (en Pléiade, pour le plaisir des beaux ouvrages) suivi de « c’était De Gaulle » d’Alain Peyrefitte !


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