mardi 26 février 2013 - par CHALOT

L’incohérence des rythmes et des positions

PAS DE CONFUSION ENTRE LES TEMPS DE L'ENFANT !

J'ai déjà expliqué mon positionnement pour le retrait ce cette réforme précipitée...

Je ne change pas de position. Il faut exiger le retrait et l'ouverture d'un réel débat national.

Ceci étant dit et rappelé, des débats ont lieu dans les villes et villages et de plus en plus d'acteurs et de décideurs proposent que l'amégagement soit repoussé à 2014 pour donner du temps au temps.

Certaines discussions surgissent ça et là comme celle relative au risque de municipalisation de l'école.

Les syndicats enseignants que beaucoup taxent un peu vite de corporatisme demandent à juste titre que l'on ne confonde pas les temps de l'enfant : l'école a une fonction, les accueils péri et post scolaires, une autre.

Ces deux temps sont complémentaires mais spécifiques.

Les mouvements enfance jeunesse d'éducation populaire disent la même chose avec force en demandant que les partenaires enseignants et parents reconnaissent le temps péri et post scolaire comme un temps éducatif à part entière.

Malheureusement, une certaine confusion et surtout une incohérence existent du côté de certains syndicalistes et comme je suis pour un débart réel ert serein, le mets les pieds dans le plat .

Quand le SNUIPP et FO, voire d'autres syndicats demandent qu'aucune activité disciplinaire scolaire ne soit municipalisée, ils ont raison

  • l'enseignement exige à la fois une qualification particulière et à la fois le respect de programmes nationaux ;

  • l'existence et la qualité de certains enseignements : artistiques, musicaux et sportifs ne doivent pas dépendre de la situation locale et de la possibilité de disposer de moyens.

  • L'égalité républicaine doit être de mise.

Pourquoi ces mêmes syndicats protestent quand une Municipalité décide d'arrêter d'envoyer des intervenants municipaux pendant le temps scolaire ?

S'il faut défendre les conservatoires de la ville de Paris, c'est comme entité éducative de qualité, disposant de professeurs forrmés et reconnus.

La défense des conservatoires et de ses personnels ne suppose pas le maintien des interventions pédagogiques de ces personnels durant les temps scolaires.

Ils peuvent très bien intervenir sur les temps péri et post scolaires.

C'est un débat intéressant et important.

Il faut être cohérent, donc refuser le double langage qui mène certains à dénoncer l'intrusion municipale pendant la classe côté cour et à à se mobiliser côté cour, contre le retrait des interventions existantes.

Ce débat va avoir lieu entre les municipalités et les équipes enseignantes dans le cadre de l'aménagement “des rythmes scolaires”.

Je ne me fais pas d'illusions : peu de municipalités résisteront à la demande contradictoire des enseignants...Les élections municipales ont lieu dans un an et il n'est pas possible de mécontenter les professeurs des écoles et beaucoup de parents.....

 

Jean-François Chalot



3 réactions


  • eugene eugene 26 février 2013 15:23

    Il est vrai que ça commence à gonfler, ces tirs de barrages visant à l’immobilisme, sous couvert de professionnalisme.
    On peut se gargariser de grands mots, derrière une fausse façade de défense de l’école républicaine, on ne peut que constater avec un peut d’effroi, où en est arrivé : C’est à dire à exiger des professionnels de l’animation, à la place de ce qui incombait auparavant à n’importe quel instit.

    Que je sache, on n’a pas réduit leurs salaires, quand la semaine a été écourté, il y a de ça 4 ou 5 ans, pour le dernier coup de déplâtrage, non ? Alors, quelle est la logique d’une rallonge, comme certains le demandent. ....

    Bon, on a inventé une espèce d’usine à gaz, avec des tuyaux de demi-jour, et forcément dit-on il nous faut des gaziers !
    Logique, non !
    Fallait tout de même oser, pour s’opposer à cette timide tentative de repriser l’ouvrage, et de revenir à une semaine un peu plus conséquente, au vue des résultats désastreux de l’école.

    Les contradictions sont pléthores dans l’éducation.
    L’an dernier les profs s’étaient opposés à être notés par leur directeur, alors que depuis tant d’années ils protestaient contre ces fameuses inspections.
    Et voilà qu’ils les revendiquaient tout à coup.
    La tête nous tourne, et même celle de Peillon, qui s’aperçoit à son grand désarroi que d’être ministre de l’éducation, et donner à manger au mammouth, c’est plus dangereux que la cage aux crocodiles.
    Des coups à lui faire envier d’être ministre de la grande muette.
    On entend tout et n’importe quoi, de façon outrancière : Salaires de misère ( ce qui est objectivement faux quand on voit le salaire médian et les avantages annexes de l’éducation nationale.
    Qu’ils y est de bons profs et des mauvais, ça, personne ne le conteste.

    Reste que normalement, comme on dit, c’est l’enfant qu’est au cœur du système.
    Pas évident à évaluer dans le temps, quand on voit cette longue descente aux enfers, qui n’est pas due tout de même qu’à la conjoncture économique.

     La perte de plus de 30 jours de scolarité en autant d’années, est ce un acquis pour les enfants, ou pour les profs ?

    Avec un billet comme ça, je vous dis la réponse du berger à la bergère, dans cette salle des profs qu’est agoravox. Mais il faut bien que quelqu’un fasse le sporting-partner, n’est ce pas ?


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 26 février 2013 16:32

    « l’école a une fonction, les accueils péri et post scolaires, une autre.

    Ces deux temps sont  complémentaires mais spécifiques. »

    Il est loin le temps où l’instituteur, « maitre d’école » était chargé à la fois de l’éducation et de l’instruction. Où il avait le devoir de surveiller (et d’animer ?) l’interclasse de midi. Où il s’investissait le jeudi dans les patronages laïques et l’été dans les colonies de vacances.
    Il était formé (et dressé) pour cela. Depuis Jospin notamment, les professeurs d’école sont considérés et (mal) formés comme des grosses têtes capables de transmettre professionnellement des savoirs. On a voulu aussi en faire des éducateurs mais on ne les a pas préparés à cette nouvelle tâche ; on s’est contenté de leur bourrer le crâne avec des savoirs universitaire de haut niveau...

    Alors aujourd’hui, il faut que le prof enseigne et que les animateurs/éducateurs se chargent des activités extra-scolaire.
    Un des problèmes qui se posent, c’est que te temps scolaire fait place à des activités pas spécialement « scolaires » (arts plastiques, musique et chant, éducation physique...) qui sont confiées dans certaines villes à des « professeurs » municipaux. Si bien qu’on ne sait plus qui fait quoi et quand le faire ?


  • Pingouin094 Pingouin094 27 février 2013 09:52

    Un des problèmes majeurs posé par l’actuelle réforme des rythmes scolaires est celle de la municipalisation d’une partie de l’école. Ce n’est pas un problème de principe théorique. C’est un problème concret d’inégalité entre les élèves.

    Les conservatoires de la mairie de Paris en sont un excelent exemple. Quelle chance ont les élèves parisiens de pouvoir en bénéficier. Mais c’est aussi injuste pour les élèves d’un petit village du cantal qui n’en bénéficieront jamais.

    Faut-il pour autant, au nom de l’inégalité entre tous les élèves sur le territoire national, nivelé « par le bas », et interdire à la mairie de Paris ses activités péri-scolaires ? Ce serait absurde.
    Mais faut-il donc renforcer cette inégalité, en multipliant par la loi, les moments péri-scolaires à la charge des communes - sans compensation financière ? Il me semble que non.

    Maintenant, on ne peut pas se contenter d’un statut quo. Mais le remettre en cause exige de se poser des questions majeures : Est-ce aux communes de prendre en charge l’enseignement sportif et culturel en primaire, ou à l’éducation nationale ? Et si c’est aux communes, comment assurer une péréquation entre les communes riches et pauvres.
    Autant de question que ne s’est pas posée la réforme des rythmes scolaires, et là est sa grande faiblesse.

    J’en parlais sur mon blog : « Réforme des rythmes soclaires, la municipalisation n’est pas dans l’intérêt de l’enfant »


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